Les intervenants et les résumés des communications
(par ordre alphabétique)

 

Nota : pour les communications à plusieurs intervenants, le résumé n’est présenté qu’une fois, les auteurs sont classés par ordre alphabétiques. La mention « présence à confirmer » figure pour les auteurs de communication dont l’inscription n’avait pas été enregistrée à la date limite. Pour trouver un nom d’auteur vous pouvez utiliser la commande « rechercher » dans le menu « édition » de votre navigateur Internet.

 

 

 

 

A - B - C - D - E - F - G - H - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - Z 

 

 

 

 

A

 

ABALLÉA François (francois.aballea@univ-rouen.fr)

Professeur des universités / Université de Rouen, Groupe de Recherche Innovations et Sociétés (GRIS)

RT n° 25 Travail, organisation, emploi

Pourquoi le succès de la sociologie des professions ?

Depuis une vingtaine d’années, la sociologie des professions a connu un succès incontestable en France. Ce succès est d’autant plus notoire que, bien qu’il y ait eu dès le début des années 1960, des réflexions qui pouvaient s’en approcher, notre tradition consistait plutôt à aborder les questions du travail en termes de rapports sociaux de classe. La communication proposée cherchera à comprendre le succès, en France, de ce paradigme. Elle montrera qu’il a été retravaillé dans un sens critique notamment en resituant les logiques professionnelles dans une perspective critique voire macro-sociologique. Nous soulignerons ensuite que l’usage d’un certain nombre de concepts associés à une sociologie des professions, celui de professionnalité par exemple, sont susceptibles d’unifier un double mouvement contradictoire : la transformation du travail ouvrier, et en ce sens on pourrait parler de professionnalisation, et les transformations des relations de travail dans un sens d’un renforcement des logiques institutionnelles, en ce sens on pourrait parler de déprofessionnalisation. Nous faisons , in fine, l’hypothèse que le paradigme professionnel permet de faire la jonction entre des analyses centrées sur les relations au travail dans une approche microsociologique et les analyses centrées sur la relation de travail induites par la réévaluation des rapports de forces résultant des contextes économiques ou politiques.

 
ABIDI Abdelhamid (abdelhamidabidi@yahoo.fr)

Doctorant, chargé de cours / Centre nantais de sociologie-CENS, Département de sociologie, Université de Nantes

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Savoir et savoir-faire dans le métier du meunier en Tunisie

Les meuniers des olives en Tunisie constituent un corps de métier institué autour d’un savoir et un savoir-faire étroitement liés aux techniques de production. Cumulés par l’histoire, ces connaissances tacites [Karl Polanyi, 2003] sont transmises soit de père en fils ou du maître à son apprenti [Bernard Zarca, 1986]. Face aux transformations actuelles que connaît le secteur oléicole, ces artisans de l’huile d’olive, se trouvent dans une situation sans précédant. Leur identité, liée au savoir-faire, est de moins en moins affirmée. La main d’œuvre spécialisée est en phase de disparition au sein d’une reconfiguration du marché de l’emploi et l’absence d’institutions de qualification de leurs acquis. Il s’ensuit que ces meuniers sont exposés à un marché international où sa logique de fonctionnement ne reconnaît pas la somme des savoirs contextuels eu égard à la marginalisation des modes de production artisanale au sein d’une mondialisation qui standardise les produits et réduit les différences [Sassu, 2001]. La place des techniques dans ce système de savoir est importante. Elles constituent un support de savoirs et un sentier par lequel ils sont transmis. Sans les presses d’olives, le meunier ne peut rien transmettre à son fils ou à son compagnon. Ainsi, les techniques sont un vecteur social par lequel s’exprime et se construit les valeurs de la compétence et de l’identité artisanale des producteurs d’huile. Marcel [Mauss, 1947].

 
AGULHON Catherine (catherine.agulhon@alicemail.fr)

Statut Maître de conférences / CERLIS, Paris 5

RTf n° 4 Sociologie de l'éducation et de la formation

La formation continue à l'université, un levier pour quel changement ?

De nombreuses réformes travaillent l’université française. La construction d’un modèle européen semble induire une inflexion incontournable vers un modèle plus libéral. L’autonomie de l’université tout comme la professionnalisation des cursus sont des injonctions qui s’inscrivent dans ce modèle. Or, de manière plus feutrée, cette hybridation du service public était entrée dans l’université dès 1971 avec la création de services de formation continue qui se disputent un marché avec d’autres organismes de formation. Financement des formations, construction des contenus et des certifications, recrutement des intervenants et des stagiaires, tout distingue ces services des facultés. Ces dernières années, leur intervention de plus en plus systématique dans la mise en œuvre des formations professionnelles et des certifications par VAE leur donne à la fois plus de visibilité et de légitimité à faire évoluer les normes d’organisation et de fonctionnement des universités. Et, ainsi, ces services favorisent l’hybridation du modèle universitaire français.

 
AIHARA Masayo (masayo_aihara@yahoo.co.jp)

Doctorant en sociologie (4e année) / Université Toulouse II Le Mirail, laboratoire CIRUS-CERS.

RT n° 39 Identité - subjectivité - revendication - changement social

Mariage au Japon : un laissez-passer pour une meilleure vie

De nos jours, au Japon, le problème de la chute du taux de natalité (Shoshi-ka) est d’une actualité brûlante. Ce phénomène est communément associé à la tendance à l’élévation en âge du premier mariage (Bankon-ka). Alors même que dans la plupart des pays occidentaux, il ne représente en rien un passage obligé, le mariage japonais est encore une institution respectée. Ce mariage fortement institutionnalisé constitue un lourd obstacle, avant tout pour les «anti-mariagistes», mais aussi pour les «pro-mariagistes». Le mariage est définitif et indispensable pour un couple qui veut être reconnu socialement : nulle alternative possible. C’est facile d’imaginer que les «anti-mariagistes» japonais ont la grande difficulté de s’en affranchir. Mais le fait est beaucoup plus compliqué et plus délicat pour les «pro-mariagistes», qui souhaitent de demeurer dans cette institution légitime. L'inimaginabilité d’une alternative au mariage rend souvent les célibataires en proie à une obsession, car la plupart des pro-mariagistes ne doute jamais à propos du mariage institutionnalisé. Ces célibataires considèrent le mariage légitime comme le sommet de la vie, et le célibat comme une défaite. Alors qu’en France, le mariage n’est qu’une façon de vie en couple, au Japon, le mariage est un laissez-passer pour une meilleure vie. Nous analysons ces sentiments complexes par des questionnaires visant une population de femmes japonaises âgées de 30 à 40 ans (mariées ou non-mariées) au Japon ou en France.

 
AÏM Olivier présence à confirmer (olivier.aim@wanadoo.fr)

Doctorant / Laboratoire du Gripic. Celsa, Paris IV Sorbonne

RTf n° 37 Sociologie des médias

Télévision de l'expérience, télévision de l'expérimentation : les nouveaux visages de l'émotion médiatique

Les nouveaux formats de l'émotion télévisuelle s'appuient sur une conception quadrillée des corps, des visages, des regards. Soumis à une nouvelle forme de panoptisme, le dispositif émotif tire son mode de fonctionnement d'un jeu renouvelé entre l'expression de soi et l'expressivité extirpée par les nouvelles disciplines du regard (tel un nouveau "dispositif de visagéité" pour parler comme Deleuze et Guattari). Expérimentale, la télévision pousse jusqu'à son paroxysme la dualité de la notion : à la fois expérimentation construite par le média et expérience vécue par les corps télévisés et le corps social qui partage l'émotion produite selon le principe du spectacle. La question panoptique permet de comprendre notamment comment la "télé-réalité" se construit sur le dispositif "omni-regardant" (Foucault) d'une émotion qui s'abrite pour mieux se déverser derrière la promesse épistémique (ou plutôt osons le terme : "épistémoïde") de "l'expérience pour voir". De sorte que se redéfinissent alors les frontières télévisuelles entre le savoir (docere), l'émouvoir (movere) et le divertir (delectare). C'est l'ensemble de ces questions actuelles que l'analyse de quelques émissions récentes de télévision pourrait nous permettre d'approfondir.

 
AÏT ABDELMALEK Ali (ali.ait-abdelmalek@wanadoo.fr ou ladec@uhb.fr)

Maître de conférences H. D. R. en sociologie et Directeur du LADEC-LAS / Université de Rennes 2, Haute-Bretagne

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

La violence en milieu rural : une représentation sociale et un objet d'étude

Après avoir montré les limites d’une sociologie de la violence, on fera simplement quelques observations concernant les violences dites « rurales ». Les valeurs paysannes admettaient, jusqu’au siècle dernier, la violence comme « mode de règlement des conflits » ; les historiens ont ainsi montré que la justice avait de la peine à maîtriser les rapports sociaux dans les campagnes (rixes intervillageoises, comportements qualifiés de « sauvages », etc. ). Dans la société rurale, vengeance et défense de l’honneur sont encore des composantes essentielles du statut social ; prenant appui sur les travaux d’anthropologues, on rappellera que les conflits internes aux familles et entre maisons rivales sont souvent liés à la transmission inégalitaire du patrimoine. A cette première source de violence s’ajoute celle des dissensions au sein de la famille sur des questions d’autorité et de partage des tâches. Au-delà de la réelle solidarité, forte dans les hameaux, les différends sont nombreux : limites de propriété, droits de passage, questions d’irrigation, concurrence, etc. Portés devant le juge de paix, la grande majorité des conflits trouvent là leur solution. D’autres se prolongent en s’intégrant dans des cycles de vengeances débouchant au pénal sur des incendies (arme des pauvres) ou des guets-apens pouvant se terminer par la mort des protagonistes. La violence a aussi une dimension collective…

 
AÏT ABDELMALEK Ali (ali.ait-abdelmalek@wanadoo.fr ou ladec@uhb.fr)

Maître de conférences H. D. R. en sociologie et Directeur du LADEC-LAS / Université de Rennes 2 - Haute-Bretagne

RTf n° 10 Sociologie de la connaissance

Perspective systémique en sociologie des professions : de l'évolutionnisme au constructivisme en sociologie

La réflexion sur les professions et sur les territoires est, à la fois, ancienne et récente. Elle coïncide d’abord avec la naissance de la sociologie : l’intensification de la division du travail, le processus de spécialisation dans les usines et les structures bureaucratiques, les transformations des rapports sociaux et les principes sur lesquels s’appuie la nouvelle société (capitaliste, industrielle et moderne) sont au cœur des théorisations d’Emile Durkheim et de Max Weber, figures généralement reconnues comme fondatrices de la sociologie. Leurs réflexions annonçaient la majorité des objets et champs d’étude couverts par la sociologie : Marx dénonce l’exploitation de la classe ouvrière et son aliénation, en analysant les relations entre le capital et le travail comme “ nouvelle forme de rapports sociaux ” ; Weber constate le “ désenchantement du monde ” lié au processus de rationalisation croissante qui débouche que le capitalisme et les organisations bureaucratiques ; enfin, s’inquiétant de la cohésion sociale, Durkheim voit dans les interdépendances dues à la spécialisation une nouvelle forme de division du travail substituant la solidarité “ organique ” à la solidarité “ mécanique ”. Ces réflexions ont porté également sur le développement de l’Etat qui se chargeait, de plus en plus, de réguler les rapports sociaux.

 
ALBER Alex (a.alber@libertysurf.fr)

Doctorant / Laboratoire printemps, Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Entre expertise et sacerdoce : la compétence dans la rhétorique professionnelle des officiers

Face à la contractualisation croissante des carrières militaires engendrée par la professionnalisation des armées, les officiers occupent une position ambiguë. Alors qu’ils ont de longue date revendiqué un statut de "professionnels de la défense" en tant que dépositaires de savoir-faire spécifiquement militaires - par opposition aux soldats citoyens de la conscription -, ils se retrouvent aujourd’hui parmi les dernières incarnations du modèle d’engagement à vie de type "vocationnel", valorisant le désintéressement. Aussi leur rhétorique professionnelle est-elle hybride, puisqu’elle s’appuie conjointement sur la revendication de compétences techniques et sur la mise en avant de qualités transcendantes (sens du sacrifice, de l’honneur, patriotisme). Si les premières ne leur sont pas exclusives, les secondes constituent un “ cœur de métier ” que l’on peine vraiment à considérer comme un ensemble de compétences au sens propre, et qui appellent une analyse plus approfondie tant elles interrogent la notion même de travail. La communication proposée entend montrer comment les officiers, bien qu’intégrés dans une organisation Etatique, agissent à bien des égards comme une profession établie et comment le discours posant comme principe le caractère incomparable du "travail" civil et du "service" sous les drapeaux peut, dans certains cas, s’apparenter à une stratégie lisible avec les schèmes de la sociologie des professions.

 
ALBER Alex (a.alber@libertysurf.fr)

Doctorant / Laboratoire Printemps UMR 8085 CNRS, Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines

RTf n° 8 Sociologie du militaire : sécurité, armées et société

Structuration du champ des orientations idéologiques chez les Saint-cyriens, l’ « Esprit de corps » en question

Sur la base de données quantitatives inédites obtenues au travers d’une enquête par questionnaire élaborée par le C. R. E. C et soumise aux élèves-officiers entrant et sortant de Saint-Cyr en 2002, la contribution proposée aspire à décrire les orientations idéologiques des futurs officiers français en les rapprochant notamment des raisons de leur engagement et de leur perception du métier des armes. Sans contredire l’apolitisme revendiqué de ce milieu, cette étude, qui évite d’aborder frontalement ces thématiques au combien sensible dans le vivier des futures élites militaires du pays, permet néanmoins de mettre en lumière la manière dont les opinions sur différents sujets de sociétés sont structurées en fonction notamment des filières d’appartenance et des armes de prédilection. Un certain nombre d’éléments donnent en effet à voir une population moins clairement unanime que ce à quoi on pourrait s’attendre, mettant en lumière plusieurs facteurs cohérents de structuration des perceptions notamment politiques au sein d’un groupe professionnel revendiquant par ailleurs unité et unicité. . .

 
ALEXANDRE-BAILLY Frédérique (alexandre-bailly@escp-eap.net)

Professeur associée / ESCP-EAP

RTf n° 15 Jeunesse, âges de la vie, générations

Entrer dans le monde du travail avant l'heure : la vie particulière des apprentis de l'enseignement supérieur

L'apprentissage est peu développé dans l'enseignement supérieur, si bien que les apprentis doivent trouver eux-mêmes leur place, tant dans leurs institutions scolaires que dans leurs entreprises. Leurs professeurs et leurs managers ont parfois tendance à plus remarquer leurs absences, pour cause d'alternance, que leur présence. Cette alternance plus formelle qu'une simple succession de stages ou qu'une césure en cours d'études contribue pourtant à marquer les apprentis du sceau du sérieux et de l'implication. On peut cependant se demander si les étudiants qui choisissent cette formule ne sont pas dès le départ plus sérieux que les autres à moins qu'ils ne soient tout simplement plus inquiets quant à leur insertion professionnelle. L'étude des journaux de bord de 60 apprentis d'une grande école de gestion, répartis dans trois promotions différentes nous permet d'explorer le rapport à l'entrée dans le monde du travail, avant, pendant et après l'apprentissage, de ces étudiants un peu particuliers, jeunes devenant adultes avant leurs pairs.

 
ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle présence à confirmer (allouche@iresco.fr)

Chercheure CNRS, maître de conférences / Iresco(CNRS), Groupe de sociologie des religions et de la laïcité / Université Paris XII Val de Marne (Créteil)

RTf n° 43 Sociologie des religions

Religion minoritaire et identité nationale : la place des Juifs et du judaïsme dans l’imaginaire national français à travers les manuels scolaire

Quelles représentations des Juifs et du judaïsme renvoient, les manuels d’histoire des lycées en France aujourd’hui ? Déployant leurs contenus à l’intérieur du cadre des Instructions Officielles émanant du Ministère de l’Éducation Nationale, quelle place les Juifs et le judaïsme occupent-ils dans la mémoire nationale que les manuels sont chargés peu ou prou de mettre en forme en toute objectivité ? Une réflexion sur la place des juifs dans la mémoire nationale, engage nécessairement une réflexion sur la place des minorités dans un Etat-nation. Et « si enseigner l’histoire c’est s’inscrire dans une mémoire dont on peut dessiner les contours et permettre aux élèves de mieux comprendre hier afin de mieux maitriser demain, si faire de l’histoire c’est entrainer à l’exercice de la raison, si l’histoire permet à des groupes sociaux de fonder leur cohésion sur des valeurs communes », pour toutes ces raisons, la légitimité de l’utilité sociale de l’histoire est fondée. Les manuels scolaires ne sont pas des ouvrages d’érudition savante, mais le recueil de ce qu’ « il faut » savoir, à travers ce que tracent les Instructions Officielles. Souvent premier et seul outil de transmission du savoir aux jeunes, «lieux de mémoire nationale » il semble légitime de s’interroger sur leur place dans la lutte contre l’enracinement et la perpétuation de préjugés concernant les Juifs (par exemple ceux qui les confinent à un rôle d’étrangers en France).

 
AMBLARD Frédéric présence à confirmer (frederic.amblard@univ-tlse1.fr)

Maître de conférences / Université de Sciences Sociales - Toulouse

Gr. ad hoc n° 1 Sociologie et systèmes complexes

Quel formalisme pour la modélisation informatique en sociologie : entre formalisation statique du discours et formalisation des processus sociaux

La question de la modélisation dans les sciences humaines et sociales et en particulier en sociologie, pose la question de la formalisation des modèles qui repose également nécessairement sur le but poursuivi par le modélisateur. Que propose donc l'informatique et ses formalismes graphiques ou algorithmiques que ne proposaient les formalismes mathématiques ? Nous isolerons particulièrement deux cas d'utilisation des modèles en sociologie et deux formalismes issus des sciences de la computation correspondants. Le premier concernera la formalisation du discours sociologique, où par l'utilisation d'un langage graphique on essayera de construire une présentation structurée d'un discours ou une organisation entre les objets du monde du discours. Le second exemple s'intéressera à la formalisation des mécanismes générateurs en utilisant une formalisation algorithmique. Pour chacun des exemples nous insisterons sur l'ambiguïté ou non du formalisme utilisé et sur la relation qui existe entre le modèle et sa formalisation.

 
ANDRÉ Géraldine (geraldine.andre@fucam.ac.be)

Chercheuse doctorante / Groupe de Recherche Sociologie Action Sens (Facultés Universitaires Catholique de Mons)

RTf n° 15 Jeunesse, âges de la vie, générations

Le sens du travail. Analyse des représentations du travail chez les jeunes dans une région post-industrielle

Cette communication se propose d’analyser les relations au travail au sens large du terme (travail salarié, petits boulots, travail au noir, économie souterraine, voir même l’engagement dans « l’assistance ») entretenues par des jeunes de l’enseignement technique et professionnel (ou passés par ces deux formes d’enseignement) dans le bassin de Charleroi, ancienne région industrielle de la province du Hainaut en Communauté française de Belgique. Á travers l’étude de parcours de vie, plus particulièrement scolaires, de ces jeunes destinés à des postes peu qualifiés, l’accent sera mis sur leur rapport aux options scolaires et le sens des nombreux changements d’option, la relation à l’école, au monde du travail et la signification du passage entre ces deux sphères avant la fin de la scolarité obligatoire. Une des finalités de la recherche sur laquelle s’appuie la communication est de voir si une culture liée à des collectifs d’appartenance, par exemple de type ouvrier, permet de donner du sens à des formations et des métiers dévalorisés tant dans le paysage éducatif belge que sur le plan salarial. L’observation montre pour certains des jeunes l’inexistence de tels collectifs d’appartenance. La communication se penchera également sur la manière dont ces jeunes-là se représentent le sens de leur formation et du travail.

 
ANDRÉ Virginie (Virginie.Andre@univ-nancy2.fr)

ATER / Crapel/Atilf CNRS (UMR 7118) Université Nancy 2

CIEKANSKI Maud (Maud.Ciekanski@univ-nancy2.fr)

Post-doctorante / Crapel/Atilf CNRS (UMR 7118) Université Nancy 2

RTf n° 16 Sociologie clinique

La construction collaborative entre chercheur et acteurs de l’intelligibilité du « discours en situation »

A partir de deux approches méthodologiques portant sur l’analyse des faits de langue en situation de travail (en entreprise/en formation) nous questionnons la spécificité de la démarche de recherche visant la compréhension des interactions langagières constitutives du travail. Nous exposons les méthodologies choisies, issues de cadres théoriques distincts, pour la construction des données en fonction de la spécificité des terrains de recherche. L'une relève de l’approche ethnographique et place la notion de « situation » au cœur de la démarche de recherche, pour mettre au jour les aspects relationnels, culturels, économiques et financiers de l’objet étudié ; l'autre s’inspire de la clinique de l’activité et place la notion d’ « action située » au cœur de la démarche, pour mettre au jour l’interprétation et la signification des actions en situation de travail propres aux sujets qui les accomplissent. L’analyse contrastive des deux approches permet de discuter des enjeux de l’observation (des acteurs, par les acteurs en situation), et donc de la place et du rôle de chacun, dans la construction des données extralinguistiques pour éclairer les données linguistiques enregistrées en situation de travail. Elle permet de discuter du rôle de tiers joué par le langage dans la relation entre locuteurs observés et chercheurs et des enjeux de la restitution d’une intelligibilité du « discours en situation », coproduite à des fins de recherche, à des acteurs plus en quête de prescriptions.

 
ANGERMÜLLER Johannes (johannes.angermueller@gse-w.uni-magdeburg.de)

Wissenschaftlicher Assistent (maître de conférences) / Département de sociologie, Université de Magdeburg

RT n° 20 Méthodes

Analyser des formations discursives : la linguistique de l’énonciation, une méthode pour la recherche sociologique ?

S’inscrivant au carrefour des sciences sociales et des sciences du langage, cette contribution cherche à articuler deux problématiques qui préoccupent l’analyse du discours depuis la fin des années 60 : celle de formation discursive et celle de l’énonciation. Si la notion de formation discursive telle qu’elle a été définie par Michel Pêcheux (« ce qui peut et doit être dit par un sujet ») est peu prise en compte aujourd’hui, je souhaiterais réinterroger ici cette notion en l’envisageant sous l’angle de sa dimension énonciative. On considérera ici l’énoncé comme l’unité élémentaire d’une formation discursive, une entité hétérogène qui mobilise des contextes énonciatifs différents tout en mettant en scène des « voix » contradictoires. Je m’efforcerai, à partir d’un énoncé programmatique du discours altermondialiste, d’en montrer son hétérogénéité et de découvrir les formes et règles qui le lient à d’autres énoncés. Si l’analyse énonciative dispose aujourd’hui de nombreux outils (polyphonie, deixis, scénographie, argumentation, point de vue…), on peut s’interroger sur les conséquences théoriques d’une telle méthodologie. Plutôt que de considérer l’objet social comme une totalité constituée, l’analyse énonciative mettra en valeur les failles et frontières qui traversent le terrain social.

 
APPAY Béatrice (beatrice.appay@wanadoo.fr)

Chercheur au CNRS / Cerlis (CNRS-Université Paris 5)

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Un événement structurant à double titre : le licenciement des caissières employées à temps plein

Au départ, la recherche portait sur les effets de la flexibilité dans le cadre dérogatoire du travail à temps partiel à la fin des années 1990. Les caissières à temps plein ne faisaient pas partie de l’objet de recherche initial, sauf comme contrepoint ou comme personnes intervenant dans les monographies. Les « hasards » de l’enquête ont voulu que je sois confrontée involontairement au cours de l’enquête, à deux licenciements de caissières à temps plein, en direct, au moins pour l’un d’entre eux. Ceci m’a amenée à prendre en compte la précarisation du « noyau dur » des temps pleins, apparemment protégé et non concerné par la flexibilisation du travail telle qu’elle s’opérait via le temps partiel et la variabilité des horaires, à reconstruire mon objet. De la juxtaposition de récits à la confrontation aux évènements de l’enquête, on arrive à une synergie qui permet d’accéder au sens social des récits bien au delà des dynamiques personnelles. Il s’agit de proposer ici une réflexion sur ce qu’est un événement doublement structurant : structurant dans les parcours des personnes, événement qui marque un tournant de l’existence ; structurant pour la construction de l’objet de recherche, l’infléchissement de la problématique et l’interprétation des données en termes de dynamiques sociales.

 
ARPAILLANGE Christophe présence à confirmer (chris.arpaillange@netcourrier.com)

Fonctionnaire territorial / GIP-GPV des Hauts de Garonne

MONTANÉ Michel-Alexis présence à confirmer (m.montane@sciencespobordeaux.fr)

Chercheur associé / CERVL - UMR CNRS 5116 - Sciences-Po Bordeaux - CCAS de Pessac
Chargée d'étude Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine

RTf n° 5 / RTf n° 15 Classes, inégalités, fragmentation / Jeunesse, âges de la vie, générations

Les services publics et les jeunes urbains : d’une vision duale de la jeunesse au risque d’un traitement différencié des jeunes urbains

Cette proposition est issue d’une enquête dirigée par Jean-Pierre Augustin (Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine). Les services publics (SP) étudiés paraissent en décalage vis-à-vis des perceptions et pratiques des jeunes urbains, saisies à partir d’entretiens collectifs de recherche au sein de SP ainsi que de questionnaires administrés dans des lieux “neutres. ” Notre hypothèse est qu’il existe une dissonance entre SP et jeunes urbains : les éléments cognitifs et organisationnels propres aux acteurs institutionnels “offreurs” structurent, davantage qu’une demande préexistante, le mode de constitution des SP. Au risque de redoubler les inégalités d’accès et d’usage. Du côté de l’offre de SP, la juxtaposition d’un discours universaliste et de pratiques issues du “ nouveau management public ” aboutit à des formes duales de SP, fonction de l’appartenance socio-territoriale des jeunes usagers. Si l’opinion de ces derniers sur le service public en général est plutôt positive, deux types d’usages se développent. 1) Les SP à faibles contraintes d’utilisation sont appréciés : l’attitude “ consumériste ”, rejetée par les institutions, est perceptible. Reste à évaluer si leur usage est moins répandu chez les jeunes issus des catégories populaires 2) Le jugement est plus réservé sur les SP ciblant les jeunes “ en difficulté ” et dont l’usage peut paraître plus encadré. Des pratiques d’évitement et le recours à des substituts (réseaux personnels) sont alors observables.

 
ATIFI Hassan (hassan.atifi@utt.fr)

Maître de conférences 71e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de Technologie de Troyes) FRE 2848

GAUDUCHEAU Nadia (nadia.gauducheau@utt.fr)

Maître de conférences 16e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de Technologie de Troyes) FRE 2848

MARCOCCIA Michel (michel.marcoccia@utt.fr)

Maître de conférences 71e section / Equipe Tech-CICO (ICD, CNRS / Université de Technologie de Troyes) FRE 2848

RTf n° 37 Sociologie des médias

L'expression des émotions dans les forums de discussion Internet

Les travaux en psychologie sociale ou en sociolinguistique des interactions ont mis en évidence l’importance du non verbal pour l’expression des émotions et le rôle central de la connaissance interpersonnelle pour le partage des émotions. Partant de ces observations, les forums de discussion internet peuvent apparaître comme des dispositifs rendant a priori problématiques l’expression et le partage des émotions. En effet, l’utilisation du code écrit, l’asynchronie des échanges, l’anonymat et le caractère public sont autant de paramètres qui pourraient limiter l’émergence de ces phénomènes. Pourtant, l’observation empirique de messages extraits de différents forums de discussion (français et marocains) permet de noter de nombreuses manifestations émotionnelles, par exemple l’expression des émotions par les smileys et les émotions racontées dans les séquences de dévoilement de soi. Nous décririons ces formes d’expression et présenterons quelques hypothèses d’analyse de leurs fonctions. Expliciter ses émotions permet de compenser l’absence de contact visuel réciproque. Cela favorise la création de lien et la dimension communautaire des forums. L’expression émotionnelle est aussi liée aux objectifs poursuivis dans de nombreux forums : demander de l’aide et susciter l’empathie. On notera enfin que l’expression des émotions s’explique avant tout par la nature hybride des forums de discussion, qu’on peut définir comme des dispositifs de communication interpersonnelle de masse.

 
AUBERT Aurélie (aurel.aubert@wanadoo.fr)

ATER / Université Paris 3

RTf n° 37 Sociologie des médias

De l’émotion à la dénonciation civique : une étude du courrier citoyen reçu au service de la médiation de l’information de France 2

Exprimer ses émotions à la suite d’un événement médiatisé et de la focalisation sur une situation personnelle douloureuse est un acte courant pour les téléspectateurs qui sont de plus en plus nombreux à le faire, via le service de la médiation de l’information de France 2, en envoyant un courrier (le plus souvent un e-mail). Ils cherchent ainsi à commenter les images et leur mise en scène, avant de s’indigner et, parfois, d’agir. Au travers d’exemples empruntés à l’actualité internationale traitée par France 2 en 2001 et 2002 et des réactions d’émotion qu’ils ont suscitées, l’objet de la communication est de s’interroger sur la manière dont les téléspectateurs se réapproprient un événement et mobilisent leurs émotions dans une démarche de dénonciation civique. Pour aller vers cette démarche citoyenne, le passage par l’affect et l’émotion semble fondamental car il permet d’installer l’individu dans un collectif. L’émotion perçue au travers des récits médiatiques devient, dans certains cas, soumise à des obligations sociales et morales. L’émotion est alors un ressort de l’action dont ces courriels sont un témoignage. Si l’événement suscite un « engagement collectif à domicile » selon Daniel Dayan, la formulation d’une émotion par écrit s’apparente aussi, pour les téléspectateurs qui font la démarche d’écrire aux médias, au fait d’exprimer son appartenance à une communauté citoyenne dont les droits et les devoirs fournissent des répertoires d’indignation constructifs.

 
AUBERT Laura (laubert01@yahoo.fr)

Doctorante / Université Victor Segalen Bordeaux 2, Département de Sociologie, LAPSAC

RTf n° 13 Droit et justice

Les alternatives aux poursuites pénales : effectivité versus efficacité ?

Depuis la fin des années 80, les alternatives aux poursuites pénales inaugurent une 3ème possibilité pour les magistrats du parquet dans l’orientation des contentieux pénaux. Au cours des années 90, le nombre de mesures ainsi réalisées et leur part dans le traitement judiciaire n’ont cessé de progresser. Au sein de cette 3ème voie, coexistent deux démarches qui correspondent peu ou prou aux deux dimensions – quantitative et qualitative – de la crise pénale. Dans la première, l’objectif est de combler le « vide » associé au classement en apportant des réponses en amont des tribunaux, sans encombrer davantage les juridictions de jugement : leur essor procède d’une recherche d'effectivité. La seconde démarche initie un traitement plus qualitatif et différencié des faits délinquants. Ces réponses engagent une autre façon d’appréhender le passage à l’acte, l’infraction devenant le symptôme de situations plus complexes. Elles visent au-delà de la réparation, la résolution des conflits ou encore la prévention des conduites à risques, avec en corollaire une volonté d’efficacité et le souci de rompre avec la logique pénale rétributive. A partir d’une enquête quantitative et qualitative menée sur les ressorts des TGI de Bordeaux et de Bobigny, cette communication s’attachera à mettre en évidence le poids de ces deux logiques, la façon dont elles se combinent et/ou se hiérarchisent au gré des contextes locaux, afin d’éclairer l’évolution consacrée par ces alternatives.

 
AUBOUSSIER Julien présence à confirmer (auboussier_julien@hotmail.com)

 / Université Lumière Lyon 2, laboratoire : Médias et identités

RTf n° 21 Mouvements sociaux

Le label « altermondialisation » dans l’espace des discours médiatiques

Nous assimilons le fonctionnement du terme « altermondialisation » au sein de l’espace des discours médiatiques à celui d’un label. Le Dictionnaire encyclopédique [Hachette, 1998] le définit comme une « marque délivrée par un organisme officiel, que l’on appose sur certains articles pour attester de leur qualité, leur origine ou le respect de certaines normes ». Le label « altermondialisation » est délivré par les médias, instance de validation sociale, à certaines mobilisations collectives pour attester d’une part, de leur attachement à un master frame construit autour de la dénonciation des effets de la mondialisation néo-libérale et, d’autre part, pour attester du respect de certaines règles. Ainsi, le label apparaît comme un gage de cohérence : il contribue, au sein de l’espace symbolique des discours médiatiques, à une homogénéisation des différentes luttes en les rendant constitutives d’une même réalité et participe à stabiliser une représentation du mouvement. Mais il existe aussi un caractère coercitif inhérent au label qui s’illustre, par exemple, quand la violence intervient. Son introduction dans le répertoire d’action d’une composante du mouvement conduit ainsi à l’exclusion symbolique de celle-ci. Si le label participe à la fondation et à la pérennisation symbolique du groupe, il participe également à l’imposition des critères d’appartenance et donc à une représentation du groupe qui entre en interaction avec celles des acteurs militants.

 
AUDOIN-MARTIN Alexandra (alexandra.audoinwanadoo.fr)

Doctorante sciences de l'éducation, professeur certifiée de l'enseignement agricole en éducation socioculturelle / Université Paris8, CESOL

RT n° 1 / RTf n° 31/ RT n° 35 Savoirs, travail, professions / Sociologie du sport et des activités physiques / Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

Engagement associatif et activités artistiques, sportives et culturelles transgressives

Le hip-hop et la glisse urbaine constituent un ensemble de pratiques en vogue. Leur situation dans notre société (intégration, reconnaissance) reste pourtant marginale et alternative. A la fois pratiques transgressives, libres et intégrées dans un système économique, elles sont traversées de contradictions. Nous nous intéressons tout particulièrement aux engagements -associatifs ou non- des amateurs de ces activités. Ils visent au développement de pratiques, à la reconnaissance d'un mouvement culturel, à l'acceptation de leurs modes alternatifs de pratique sportive ou artistique. Les militants se démarquent par une attitude volontaire, dynamique et contestataire. Leur démarche est politique dans le sens où ils œuvrent pour la vie locale et défendent des valeurs. Ils s'inscrivent dans des logiques stratégiques et utilitaires, associant des visées personnelles (accéder à un débouché professionnel…) et collectives (améliorer les conditions de pratique …). Enfin, ils sont animés par la passion et leurs parcours associatifs sont influencés par la prégnance de l'affectif. Leur "combat" se situe à différents niveaux : local, national … De cette manière, ils se constituent en réseaux et rejoignent ponctuellement de grandes causes ou des mouvements sociaux d'envergure. Nous nous proposons de montrer aussi de quelle manière ces pratiques réalisent la synthèse entre culture et sport ; et enfin comment elles illustrent la tendance actuelle à des formes libres et non instituées de loisirs.

 
AUERBACH Bruno présence à confirmer (bruno.auerbach@mageos.com)

Doctorant / Université Paris 5-GEPECS

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

Production scientifique et sanctions éditoriales : l’autonomie des sciences sociales à l’épreuve de l’édition

Malgré l’importation formelle du modèle, issu des sciences « dures », du partage de la production scientifique et de la vulgarisation entre l’article de revue spécialisée et le livre, ce dernier support occupe toujours en sciences sociales une place centrale mais ambiguë, à la fois en tant que scène d’exposition primaire des travaux de recherche et en tant que vecteur d’exotérisation. Le développement de dispositifs de régulation interne aux disciplines se restreint dès lors d’une dépendance par rapport aux circuits éditoriaux qui conditionnent à la fois la sélection, la diffusion et la réception (à travers l’inégale capacité de consécration des éditeurs) des textes et participent de ce fait directement aux procédures d’évaluation institutionnelle (la productivité des chercheurs) et disciplinaire (l’intérêt de leurs travaux) des œuvres. Cette situation conduit à s’interroger sur les principes de sélection mis en œuvre par les éditeurs et sur leurs conséquences. Le croisement systématique du corpus des thèses soutenues entre 1995 et 1999 avec celui des thèses publiées, en histoire et en sociologie, en fonction de leurs thématiques, périodes et aires culturelles couvertes, et de leur lieu de soutenance, conduisent à mettre en exergue l’hétéronomie à laquelle équivaut la dépendance matérielle des dispositifs de communication des résultats dans ces disciplines.

 
AVANZA Martina présence à confirmer (avanza@ens.fr)

Doctorante, ATER / GTMS (CNRS EHESS)

RT n° 12 Sociologie économique

Le crédit des classes populaires en France de la Libération aux années 70 : le face-à-face au commerçant, l’exemple d’une boutique à Lens

Objet : le crédit de face-à-face, petit entrepreneur immigré, relation client-commerçant Méthode : entretiens ethnographiques, archives de l'entreprise, archives de la banque de France, statistiques à partir des fichiers clients Problématique : la construction non institutionnelle des marchés, sociologie de la transaction Dénoncées par les autorités depuis la Libération comme un crédit usurier des commerçants (des taux à 60%) ou encore un crédit irrationnel et immoral des classes populaires, les ventes à crédit de textiles par démarcheurs à domicile ont pu perdurer jusque dans les années 70 dans les angles morts des technologies politiques, administratives et financières de l’époque, incapables de réprimer ce « crédit noir » pourtant estimé au tiers du crédit à la consommation. Contrairement à beaucoup de travaux en sociologie économique démontrant le rôle central des institutions publiques pour la construction des marchés, à partir d’une étude de cas dans le bassin lensois de l’entre-deux-guerres à nos jours, ce marché joue alors d’autres institutions sociales, ici la sociabilité ouvrière et l’interconnaissance entre commerçants (immigrés juifs polonais) et clients (ouvriers mineurs catholiques polonais) pour se reproduire. Ce marché se caractérise par le contrôle interpersonnel et la dépendance des classes populaires à l’égard des commerçants, relation de dépendance cassée par la bancarisation massive des années 70 introduisant l’institution contre l’interconnaissance.

 
AVENET Eléonore (neteleo75@yahoo.fr)

Etudiante master 2 recherche sociologie / Université Paris 5-Sorbonne

RTf n° 33 Famille, vie privée, vie publique

La conciliation dans les familles monoparentales

Nous proposons d’étudier le thème de la conciliation entre la sphère professionnelle, la sphère familiale, et éventuellement la sphère personnelle, dans les familles monoparentales, afin de mettre en évidence les difficultés organisationnelles et financières, qui exercent une pression quotidienne sur ces parents isolés (notamment les difficultés et les coûts liés à la garde des enfants, les horaires professionnels incompatibles avec la sortie de l’école, etc.). Cette recherche, dans une perspective de genre, pose le problème de la difficulté dans la vie quotidienne de ces femmes, ces mères seules face aux contraintes parentales et financières. Les questions que nous nous posons sont donc de savoir comment ces mamans « solos » arrivent-elles à concilier (seules) vie professionnelle et vie familiale ? Comment ces femmes parviennent-elles à gérer à la fois le quotidien, les enfants, le travail ? Peuvent-elles avoir une vie personnelle dans ces conditions ? Ces interrogations nous amènent en définitive à nous intéresser à la vie quotidienne de ces mères seules, afin de voir quelles sont les solutions choisies afin de mener au mieux cette conciliation.

 
AZAÏS Christian (christian.azais@u-picardie.fr)

Maître de conférences (HDR) / CRIISEA/Université de Picardie Jules Verne & IRISES UMR 7170 Paris Dauphine

RTf n° 34 Sociologie politique

Insertion par le politique et insertion par l’économique ou comment lire la démocratie dans des univers contrastés ?

Dans le cadre d’une recherche sur l’insertion par l’économique et le politique, des dispositifs d’insertion –démarche quartier, en Seine Saint-Denis, et budget participatif dans la banlieue de São Paulo – ont été étudiés. Ces mécanismes destinés à des populations défavorisées renvoient à la crise de la démocratie représentative et pointent une tendance qui est de faire de la démocratie un enjeu local, les discussions sur la « citoyenneté » au Brésil dans les années 80 en ont jeté les premiers jalons. De quel principe démocratique s’agit-il ? Un premier ensemble de réflexions porte sur le politique et le « territoire », le politique et le territoire entendus comme processus sociaux en perpétuelle construction. Comment est-on passé d’une « communauté de destin » à une « communauté de vie » quotidienne ? Avec la décentralisation, les acteurs sociaux trouvent des canaux de dialogue censés les rendre plus responsables. De quelle marge de manœuvre effective disposent des populations soumises à des aléas de conjoncture économique ? Le second ensemble de réflexions met en avant la dimension comparative pour expliquer des phénomènes apparemment identiques se produisant dans des contextes différenciés. En proposant de comparer des phénomènes contrastés, l’analyse du changement d’échelle s’impose. Cette assertion introduit la question du lien entre des instances appartenant à des grandeurs différentes et celle du rapport entre le politique et l’économique.

 

B

 
BACOU Magalie (bacou@univ-tlse2.fr)

Doctorante en sociologie / Université de Toulouse Le Mirail, Equipe d'accueil doctoral Simone-SAGESSE, laboratoire Certop-CNRS

RTf n° 15 / RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

La division sexuelle du travail dans l'animation

Du fait de ses caractéristiques spécifiques, les métiers de l’animation en centres de loisirs constituent en quelque sorte un « archétype du travail féminin ». Les stéréotypes sexués abondent également sur le plan idéologique, notamment par le recours revendiqué aux « qualités féminines » pour encadrer des activités auprès d’enfants. Il s’agit là d’un des facteurs explicatifs de la féminisation du secteur de l’animation, dont il reste à déterminer les conséquences en matière de socialisation sexuée des enfants. Toutefois, il convient de souligner le fait que la féminisation des métiers de l’animation s’accompagne d’une grande valorisation de la mixité sexuée dans ce secteur. Cette valorisation se traduit notamment par une volonté d’accroître le nombre d’hommes recrutés, afin de tendre vers une égalité numérique des sexes dans les équipes de travail. Si la volonté de promouvoir la mixité sexuée fait l’unanimité des acteurs et les actrices de ce secteur, plusieurs discours de justification de la mixité peuvent néanmoins être identifiés. A partir d’une enquête exploratoire basée sur une quinzaine d’entretiens menés auprès d’animateurs-trices et de directeurs-trices de centres de loisirs et sur une série d’observations participantes, nous avons pu identifier la présence d’un système principal de légitimation de la mixité sexuée. Après avoir décrit ce système, nous nous proposons d’analyser la division sexuelle du travail dans les équipes d’animation.

 
BACQUE Marie-Hélène

Maître de conférences / Université Paris7

FIJALKOW Yankel (cy.fijalkow@wanadoo.fr)

Professeur / Université d’Evry

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Mixité sociale et production d’un ordre public local. Une expérience dans le logement social parisien

 La notion de mixité sociale est utilisée dans différentes perspectives dont, parfois, une volonté de reconquête des espaces urbains par les couches sociales dominantes. Depuis 2002, l’OPAC de la Ville de Paris développe une expérience contraire visant à installer des ménages modestes dans des immeubles qu’il a acquis dans des quartiers aisés. Le rapport social qui se met alors en place résulte de deux nouveautés : la transformation de locataires du privé en locataires HLM (notamment le passage d’une gestion paternaliste et routière à une gestion bureaucratique) ; l’intégration de nouveaux occupants appartenant à des groupes sociaux moins valorisés dans un environnement différent. Notre recherche, réalisée à la demande de l’OPAC et s’appuyant sur une approche quantitative et qualitative, montre que l’on ne peut poser la question de la mixité sans considérer les modes de gestion qui apparaissent beaucoup plus ouvertement conflictuels. Ainsi la « question de la mixité » s’avère-t-elle avant tout construite comme un problème public par les gestionnaires et par quelques habitants. En contrepoint, les espérances importantes des ménages pauvres à l’égard de leur nouveau quartier, renforcent leur volonté de donner le change en contrôlant leurs pratiques de l’espace et en multipliant scrupuleusement l’observation des règles de vie. Les modes de cohabitation renvoient à des trajectoires, diverses.

 
BAILLY Evelyne (Evelyne_bailly@yahoo.fr)

Chargée d’enseignement / Université de Nantes, UFR de sociologie

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

La construction d’un dispositif de reproduction par les ostéopathes non-médecins

Les ostéopathes non-médecins occupent une place de plus en plus importante dans l'espace social et également dans le champ médical. Ces ostéopathes, au savoir socialement reconnu, s'opposent à la subordination aux médecins. Ils demandent un statut équivalent à celui des chirurgiens-dentistes qui autoriserait un exercice autonome avec des compétences délimitées. Inscrits dans un processus de professionnalisation, ils ont construit la profession sur le modèle des professions établies. Ils ont créé des structures dans lesquelles ils s'incarnent. En l'absence d'une formation spécifique en ostéopathie, afin d'assurer leur renouvellement, ces ostéopathes non-médecins ont imposé leurs propres dispositifs d'enseignement pour diffuser leur savoir, à l'image de l'enseignement universitaire. Ils ont fixé un cadre pour que les différents établissements de formation diffusent un même modèle d'enseignement. Ils ont fixé des règles pour régir leur activité professionnelle.

 
BAJOS Nathalie (bajos@vjf.inserm.fr)

CR1 / INSERM U569

FERRAND Michèle (michele.ferrand@csu.cnrs.fr )

DR2 / CSU-CNRS

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

Scripts, risque et genre : pratiques sexuelles et contraceptives en Afrique

Les travaux de Simon et Gagnon, articulant scénarios socio-culturels, scripts individuels et interrelationnels ont permis une meilleure analyse de ce qui se jouait effectivement entre deux individus au moment de l’acte sexuel. À travers une enquête qualitative sur les pratiques sexuelles et contraceptives dans quatre pays du continent africain, nous voudrions montrer comment le modèle explicatif qu’ils ont mis en place doit être renforcé par deux dimensions pas assez développées dans leurs propos : - d’une part le caractère double du “risque” couru lors des rapports sexuels : l’infection aux IST et la grossesse non souhaitée. À côté des scénarios sexuels doivent donc être pris en compte ceux qui concernent la procréation et l’enjeu de la parentalité dans les conséquences des actes sexuels. - d’autre part, les rapports de genre et l’asymétrie des positions sociales des hommes et des femmes dans la pratique de la sexualité comme d’ailleurs dans l’ensemble des pratiques sociales. La mobilisation de la théorie des scripts dans les quatre pays de l’enquête pose enfin la question de la pertinence de l’utilisation de systèmes conceptuels élaborés dans des sociétés à ethos égalitaire, pour comprendre le fonctionnement de sociétés à ethos hiérarchisé. C’est sur ces trois points que portera notre communication, visant à affiner les différents niveaux d’analyses et à “remplir” les boites noires que constituent les notions de scénarios, script, niveau individuel et interpersonnel dans des sociétés non occidentales.

 
BALASINSKI Justyne présence à confirmer (j.balasinski@gmail.com)

Maître de conférences / Université de Nice Sophia Antipolis

RT n° 27 Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs

De l'usage de Bourdieu dans l'étude des régimes soviétiques : une occasion manquée

A partir de l'interrogation sur l'universalité des modèles bourdieusiens construits dans le cas particulier de la France, et notamment de l'étude des "principes de différenciation caractéristiques" régissant les sociétés, l'article analyse leur potentiel de transposition dans un des pays de l’ancien bloc soviétique : la Pologne. . La communication s'appuie sur les travaux de Bourdieu consacrés aux questions culturelles. Leur unique incursion sur le terrain polonais dans L'Amour de l'art [1969] présente des points aveugles qui tiennent précisément à la non prise en compte des déterminants politiques spécifiques des différenciations en marche en Pologne. D'autres travaux et théories de Bourdieu présentent pourtant un intérêt, comme c'est le cas de la notion d'autonomisation des champs culturels développée dans Les Règles de l'Art [1992], utile pour expliquer la construction des relations entre l'art et la politique pendant la période du régime de type soviétique. La communication présente les travaux polonais de sociologie de la culture dans leurs références et utilisations des théories de Bourdieu. Si cette dimension n'apparaît encore que sporadiquement dans les recherches polonaises, entre autre à cause des difficultés de réception et des réticences théoriques, l'article conclut néanmoins sur leur potentiel pour étudier la dimension politique de l'art, en particulier avec la traduction des Règles de l'art en polonais en 2002.

 
BALZANI Bernard (Bernard.Balzani@univ-nancy2.fr)

Maître de conférences associé en sociologie / Université Nancy 2/UFR AES, laboratoire GREE/2L2S

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Dynamiques de professionnalisation dans les AI : émergence d'un nouveau segment professionnel de l'intervention publique

Le dispositif des associations intermédiaires a progressivement structuré l’activité de ses professionnels et a défini les logiques organisationnelles qui traversent, depuis près de dix ans, le champ de l’insertion par l’activité économique. Mais peut-on parler de transformations organisationnelles sans se référer aux permanents-salariés de ces structures ? La question qui se pose est de savoir si cette évolution a généré la constitution d’un groupe professionnel, dont il faudra énoncer les caractéristiques et les critères d’unité. Inversement, il faut se demander quel rôle ont joué les logiques professionnelles sur les logiques organisationnelles et quels effets ont eus les premières sur les secondes. Le secteur d’activité de l’insertion par l’activité économique a contribué à la transformation d’un ensemble de pratiques professionnelles, parfois des métiers, en professions. Il s’agit donc de comprendre si, au travers d’un processus de professionnalisation, nous n’assistons pas, en fait, à l’émergence d’une nouvelle profession (au sens anglo-saxon de l’expression). Nous assistons à un mouvement de pérennisation des emplois de permanent dans les structures observées, ce qui contribue très certainement au développement de l’emploi de permanent salarié, constituant une forme nouvelle de l’action associative, initialement conçue sur le seul modèle du bénévolat. Ces évolutions nous interrogent sur l’émergence ou non d'un espace professionnel spécifique pour les AI.

 
BANENS Maks (Maks.Banens@univ-lyon2.fr)

Maître de conférences / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2

MENDÈS-LEITE Rommel (Mendes-Leite@club-internet.fr)

ATER / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

Homophobie et homo-aversion

Dans le cadre de la recherche « Nouvelles apparitions d’homosexualités, nouvelles discriminations », nous réfléchissons sur la notion d’homophobie. Apparue dans le champ de la psychologie, l’homophobie a été définie à l’origine comme une phobie, c’est-à-dire une crainte ou une angoisse. Très vite, le terme s’est étendu sur toutes les formes de discrimination de l’homosexualité, psychologiques comme sociales. Cet extension sémantique a été critiquée par Eric Fassin, qui propose de distinguer entre aspects psychologiques (homophobie) et sociaux (hétérosexisme). D’autres, tels Didier Eribon et Georges-Louis Tin, maintiennent l’idée d’un continuum entre toutes les formes de discrimination, en référence à la théorie de l’hétérosexualité contrainte d’Adrienne Rich. Selon celle-ci, la construction de l’hétérosexualité est fondée sur la forclusion du même sexe en tant qu’objet sexuel. L’homosexualité refoulée étant à la base de l’hétérosexualité, l’homophobie est alors à la base de l’hétérosexisme social comme des apparitions individuelles du rejet homosexuel. La théorie de l’hétérosexualité contrainte permet donc de faire le lien entre les différentes manifestations de discrimination de l’homosexualité. Toutefois, elle repose sur le supposé problématique de la bisexualité originelle. Il est possible que la notion d’homo-aversion soit mieux à même de décrire le continuum de discrimination de l’homosexualité, sans nécessiter l’hypothèse d’une sexualité originelle et refoulée.

 

BANENS Maks (Maks.Banens@univ-lyon2.fr)

Maître de conférences / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2

MENDÈS-LEITE Rommel (Mendes-Leite@club-internet.fr)

ATER / GERA & CED, Université Lumière Lyon 2

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

La sexualité comme processus : temporalité, liminarité, ambigüsexualité

La sexualité – et à fortiori l’identité sexuelle – est généralement pensée comme étant stable. Nos recherches nous amènent plutôt à la considérer comme un processus, pouvant changer (ou non) tout au long de la vie de l’individu. Dans cette perspective la temporalité devient un aspect fondamental pour saisir la dynamique de la vie sexuelle des individus. Les enquêtes quantitatives (davantage que les qualitatives) en sciences sociales et en santé publique suivent cette logique dans la mesure où elles interrogent souvent les informateurs sur la vie sexuelle actuelle et passée. Il est néanmoins plus rare qu’on s’intéresse aux étapes « intermédiaires » vécues entre deux phases de « stabilité » sexuelle et identitaire. Le concept de liminarité est utile pour penser les phénomènes impliquant les interstices, l’entre-deux, ainsi que la transition entre deux états. Il aide à cerner l'importance du contexte et du sens, ainsi que l’analyse des phénomènes psychosociaux en tant que processus. Dans nos recherches ce concept apparaît pertinent notamment pour analyser les changements apportés à la suite d’une rupture biographique, comme la découverte d’une séropositivité au VIH, d’un cancer ou encore d’un événement à l’origine d’un handicap. Il est intéressant pour saisir le processus de changement identitaire, comme nous l'avons constaté lors de notre recherche sur la bisexualité masculine. Il peut aussi aider à penser et à analyser certaines expressions des genres et des sexualités.

 
BARBIER Jean-Claude (jean-claude.barbier@univ-paris1.fr)

Directeur de recherche CNRS / équipe Matisse, UMR CES, Université Paris I Panthéon Sorbonne

RT n° 6 Politiques sociales, protection sociale, solidarités

La comparaison avec les autres pays prise dans le débat politique

L’actualité du débat politique en France (2004-2005) semble démontrer un accroissement de l’instrumentalisation des « exemples étrangers » par le personnel politique ; pour l’essentiel, il s’agit pour ce dernier de capter des ressources potentielles de légitimité. Dans cette situation, la recherche en sciences humaines et sociales se trouve confrontée, nous semble-t-il, à des exigences méthodologiques et épistémologiques renforcées : la relation de la recherche à la politique n’est certes, elle non plus, pas nouvelle (Max Weber), mais les conditions contemporaines du respect de la neutralité axiologique le sont sans doute, au moins en partie. C’est ce sujet que s’efforcera d’explorer la communication qui s’inscrit dans le cadre de réflexion de notre programme comparatif. Elle s’attachera notamment à préciser les pré-requis d’une démarche comparative scientifique jalouse de son indépendance et qui ne se laisse pas enfermer dans l’expertise ou le au conseil du gouvernement en place, tout en ne sombrant pas dans le solipsisme. Cette réflexion oblige aussi à poser la question des différences de situation qui existent, à ce propos, entre sociologie et économie.

 
BARBIER Marc (barbier@grignon.inra.fr)

Chargé de recherche / UMR INRA SADAPT Equipe PRAxis

DORÉ Antoine présence à confirmer (antoine.dore@wanadoo.fr)

Doctorant / CIRAD-INRA

RT n° 30 Sociologie de la gestion

Mise en dispositif de la surveillance et de la gestion des risques liés au criquet pèlerin : le cas de la Mauritanie

La rationalisation de la lutte contre les nuées de Criquet pèlerin coïncident avec l’émergence des projets de développement agricole dans les ex-pays colonisés. Suivant différents registres, la gestion des invasions fait aujourd’hui l’objet de controverses sur la définition et l’évaluation des modes de lutte. Il est alors pertinent de considérer le fonctionnement des dispositifs à travers lesquels la lutte est l'objet d'une action organisée. Cette communication rend compte de l'observation participante du Centre de Lutte Anti-Acridien de Mauritanie. Partant des travaux en sociologie de la gestion et de l'action organisée, nous proposons une lecture du fonctionnement d’un tel dispositif à fort héritage colonial. Nous analysons la construction de l’information sur la dynamique des invasions dans le cadre de procédures façonnées par les Nations Unis et mises en œuvre par les services nationaux de lutte. A partir d’une présentation compréhensive de la fabrique localisée d’une gestion collective, nous aborderons ainsi la question de la coexistence et de la mise en cohérence de différents modes de coordination entre des mondes professionnels et culturels multiples qui sont en tension dans la rationalisation de la lutte. En conclusion nous revenons sur les conditions dans lesquelles la complexité d’un problème se trouve réduite en une situation gérable et les questions que cela posent en termes de gouvernance des risques.

 
BARBIER Rémi (remi.barbier@cemagref.fr)

Maître de conférences / Ecole nationale du génie de l'eau et de l'environnement de Strasbourg

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Ironie, apathie, dévoilement : à propos des récalcitrants à la démocratie participative

Face à la multiplication des oppositions et conflits, la « participation du public » s’est progressivement imposée comme une démarche susceptible de faciliter l’implantation des équipements collectifs de traitement des déchets. Cette vision pragmatique rejoint une autre évolution, juridique, dont la Convention d’Aarhus et la Charte de l’environnement, récemment adoptées, sont des illustrations majeures. Au demeurant, depuis quelques années, les formules de participation se sont multipliées et les acteurs professionnalisés. Pour autant, en dépit de ce consensus apparent, on observe un certain nombre de « ratés » dans le fonctionnement concret de la participation : difficultés à mobiliser les participants, contestation parfois violente lors des réunions publiques, remise en cause de la sincérité des porteurs… Certes, on peut pour partie imputer ces « ratés » à une difficulté d’apprentissage par les acteurs des comportements adéquats, ou aux effets parfois inattendus de procédures encore insuffisamment maîtrisées. On se propose dans cette communication d’explorer une autre hypothèse, selon laquelle ces « ratés » renvoient à des « comportements bien fondés » des personnes ordinaires. Dans cette perspective, nous présentons et mettons en discussion les notions d’ironie, d’apathie et de dévoilement critique. En abordant ainsi la participation par son envers, on se propose de mieux en cerner les promesses mais aussi les limites.

 
BARBUSSE Béatrice (b.barbusse@wanadoo.fr)

Maître de conférences / Université Paris 12

RT n° 1 / RTf n° 31 Savoirs, travail, professions / Sociologie du sport et des activités physiques

Sociologie et management des sportifs professionnels : vers une identification de la composante managériale du métier d'entraîneur de sport collectif

A partir d’une recherche-action d’une durée de trois saisons au sein d’une équipe masculine professionnelle de handball, il s’agit de présenter les contours de la composante managériale du métier d’entraîneur de sport collectif. Si le travail de ce dernier revient surtout à élaborer, planifier et mettre en œuvre l’entraînement de son équipe, dans un cadre sportif professionnel une de ses missions consiste aussi à être « un manager de proximité » performant. En quoi consiste précisément cette composante managériale ? Quel rôle joue-t-elle dans la production de la performance sportive ? Quelle part de travail représente-t-elle dans la fonction d’entraîneur et/ou de coach ? Sur quels outils repose-t-elle ? Quelles compétences requiert-elle ? Quel(s) type(s) de formation peut répondre aux besoins managériaux des entraîneurs ? L’objet de cette communication est de donner des éléments de réponse à toutes ces questions. Dans un premier temps, les résultats de notre recherche permettent de remettre en cause certaines idées reçues, de mettre au jour certaines connaissances en matière de management des sportifs professionnels et de proposer in fine une définition de la composante managériale du métier d’entraîneur professionnel. Dans un second temps, il s’agira de repérer les compétences managériales requises par le métier d’entraîneur professionnel de sport collectif et de faire quelques préconisations en matière de formation professionnelle.

 
BARNIER Louis-Marie (Lmbarnier@wanadoo.fr)

Post-doctorant / Genre Travail et Mobilité, Nanterre

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Professionnalisation ou déprofessionnalisation du salarié ? De l’usage de la professionnalisation dans la loi sur la formation professionnelle de 2004

Compétence individuelle ou inscrite dans un cadre collectif, savoir théorique ou acquis par un long apprentissage, parcours individuel ou intégration dans un groupe social stable porteur de la connaissance, la professionnalisation recouvre aujourd’hui des usages complémentaires, recouvrant des lectures contradictoires de la qualification. L’étude d’un atelier de maintenance aéronautique montre comment le collectif transmet le savoir, gère l’intégration dans le groupe par un tutorat plus ou moins formalisé, valide l’acquisition des savoirs dispensés. Cette professionnalisation s’entend alors au sens d’intégration dans un groupe professionnel, aux frontières reconnues, au savoir identifié, à l’évolution en son sein normalisée, autour d’un compromis entre directions et collectifs de travail qui laisse une part importante à la reconnaissance par les pairs. Dans la loi de mai 2004 sur la formation professionnelle, la formation se trouve réduite dans les contrats de professionnalisation voire devient facultative pour les périodes du même nom. La nouvelle figure du salarié qui se dessine ici est celle d’un salarié instable, dont la connaissance théorique est relativisée, et qui doit s’insérer par le seul apprentissage dans un collectif de travail dont les processus de construction sont niés. Nous faisons l’hypothèse que la référence à cette notion repose sur la relecture de chacune de ces dimensions pour en pervertir les termes dans le sens défini d’une nouvelle normalité flexible.

 
BAROZET Emmanuelle (ebarozet@uchile.cl)

Enseignante chercheuse, docteur en sociologie de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris / Université du Chili, Département de Science Politique et Département de Sociologie

Gr. ad hoc n° 2 Réseaux sociaux

Relecture de la notion de clientélisme en Amérique latine : une forme diversifiée d’intermédiation politique et sociale

Sur la base d’une recherche menée au Chili et en Bolivie, puis élargie à une analyse comparative latino-américaine, nous nous proposons de réfléchir sur les transformations subies au cours des dernières décennies par les réseaux politiques clientélaires. Nous présenterons une synthèse théorique et historique, en partant d’une étude détaillée des types d’échange qui définissent les structures d’intermédiation en Amérique Latine, tout en insistant sur les facteurs qui expliquent les variations de cette forme d’intermédiation politique et sociale. Nous argumenterons qu’au cours de 30 dernières années, les relations clientélaires sont passées en Amérique Latine de systèmes fermés de dépendance client/patron à des systèmes d’intermédiation plus compétitifs. Ces derniers sont sans doute plus compatibles avec l’exercice de la démocratie, mais ne sont pas exempts de travers importants, en particulier dans un contexte de croissante décentralisation. La diversification des liens clientélaires oblige à mener une réflexion sur le concept de clientélisme en tant que forme de capital social et ses applications contextualisées, ce qui permettra de mieux appréhender les formes de redistribution des ressources publiques et privées au sein de systèmes sociaux particulièrement inégaux. Cette présentation repose sur une recherche financée par le MAE en 2002-2003, par le projet Fondecyt n°1030243 (Conicyt-Chile, 2003-2005) et le projet Dicyt 030593B de l’Université de Santiago (2005-2006).

 
BARRETEAU Olivier (olivier.barreteau@cemagref.fr)

Chercheur / UMR G-EAU (Cemagref)

RICHARD-FERROUDJI Audrey présence à confirmer (audrey.richard@cemagref.fr)

Doctorante / UMR G-EAU (Cemagref) et GSPM (EHESS/CNRS)

RT n° 20 Méthodes

Concert'eau : un outil de sociologie expérimentale pour l'étude de dispositifs de gestion locale et participative de l'eau

Concert’eau est un jeu développé et utilisé comme outil d’enquête pour l’étude de l'appropriation de dispositifs de gestion locale et participative de l'eau. Cette étude s'intéresse aux fonctionnalités et à l'usage de différentes pièces qui forment un dispositif de gestion de l'eau (comité consultatif, comité de rivière, documents, animateur, etc.). Nous abordons ces dispositifs à partir du cadre d'analyse des « régimes d'engagement » (Thévenot, 2006). Nous regardons comment les dispositifs accueillent et composent différents biens du plus proche au plus public. Face à cette problématique, Concert’eau vise à mettre des joueurs en situation de concertation en favorisant un engagement dans le régime de la «justification» et en proposant des épreuves de composition d'une pluralité de biens. Pour cela, nous avons suivi une démarche de «modélisation d'accompagnement » (Bousquet et al. 2002), qui part d'un cas de gestion de l’eau réel modélisé selon un cadre d'analyse et qui s’appuie sur l’utilisation conjointe de différentes modalités d'enquête : entretiens, observations et expérimentation. La communication présentera et discutera cette démarche selon plusieurs axes : l’enjeu d’expérimentation, l’utilisation de situations de jeu, les difficultés de construction et de mise en œuvre, la relation du chercheur au terrain et enfin les résultats obtenus sur notre problématisation de l’appropriation des dispositifs de gestion locale et participative de l'eau.

 
BARREY Sandrine (sandrine.barrey@inapg.inra.fr)

Post-doctorante / INRA, département SAD

DENIS Jérôme (jerome.denis@enst.fr)

Maître de conférences / Télécom

RT n° 12 Sociologie économique

Opérations de qualification et mise en forme de l'offre : produits, actes de présence et figure de l'offreur

Les travaux des sociologues et des économistes s'inscrivant dans la lignée des analyses produites par "l'économie des conventions" ont réussi avec succès le passage d'une problématique de la qualité à celle de la qualification de l'offre. S'ils révèlent les opérations de qualification nécessaire à produire toute une série d'ajustements entre l'offre et la demande, ces travaux n'interrogent cependant pas les procédures concrètes par lesquelles l'offreur se rend visible sur les marchés et se constitue en institution avec laquelle les acteurs économiques doivent compter. Nous proposons d’interroger ce travail de construction d’une "figure de l’offreur" en nous intéressant au secteur de la distribution, où la question de la présence visible de l’offreur sur les marchés est particulièrement sensible. Comment les distributeurs font-ils pour « exister » sur le marché au-delà des seuls produits qu’ils distribuent et dont ils ne maîtrisent pas, pour la grande majorité, la de conception ? Quelles opérations de qualification engagent-ils dans ce processus ? L'étude s'appuie sur un travail empirique réalisé dans le secteur télévisuel ainsi que dans le secteur de la grande distribution alimentaire. Tout en rendant compte de leurs spécificités, nous montrerons en quoi ces deux types d’entreprise marchande sont traversés par des enjeux forts de visibilité et comment elles parviennent à faire acte de présence sur les marchés en tant qu’identité collective.

 
BARRIER Julien (j.barrier@cso.cnrs.fr)

 / Centre de Sociologie des Organisations IEP Paris / CNRS

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

Financement, organisation et politiques de la science : les transformations du système français saisies par la trajectoire d’un laboratoire

Au cours des vingt dernières années, le système français de recherche et d’innovation a connu de profondes transformations, le modèle colbertiste des grands programmes cédant la place à un système plus décentralisé, caractérisé par l’émergence de multiples acteurs et de nouvelles modalités de soutien à la recherche. Cette communication, qui s’inscrit dans la perspective d’une sociologie des institutions scientifiques, au croisement des études sociales de la science et de la sociologie des organisations, propose de saisir ces transformations au « ras du sol » en retraçant la trajectoire d’un institut de recherche universitaire en physique appliquée. En s’appuyant sur la réalisation d’une trentaine d’entretiens et de l’exploitation d’archives, cette communication analyse les modes de construction, de financement et de gestion des projets de recherche de l’institut depuis la fin des années 1970, en les mettant en regard de l’évolution des champs scientifiques et des politiques de la science. Elle souligne ainsi les évolutions du travail d’articulation (Fujimura) mené par les chercheurs ; ce dernier répond de plus en plus à une logique de marché dans la mobilisation de ressources et l’identification de partenaires académiques et industriels. Il s’agit finalement de s’interroger sur les relations entre travail de recherche et politiques de la science, en cherchant à comprendre les dynamiques organisationnelles qui traversent les institutions que sont les laboratoires.

 
BARTHE Jean-François présence à confirmer (Barthejf@aol.com)

Sociologue, maître de conférences associé / CERTOP-CNRS, UMR 5040Université de Toulouse-le Mirail

BESLAY Christophe (beslay@univ-tlse2.fr)

Sociologue, maître de conférences associé / CERTOP-CNRS, UMR 5040, Université de Toulouse-le Mirail

FILION Normand présence à confirmer (normand@univ-tlse2.fr)

Maître de conférences en sociologie / CERTOP-CNRS, UMR 5040Université de Toulouse-le Mirail

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Le plombier et le chauffagiste. Identité professionnelle et définition de la professionnalité

Le métier de plombier chauffagiste apparaît d’une très grande diversité, tant du point de vue des statuts et des types d’entreprise que des activités exercées. Cette profession n’est ni homogène ni clairement ordonnée en fonction de principes qui pourraient la définir, l’entrée dans la profession est ouverte, la formation n’est pas un structurant fort du métier, ni les instances ou les dispositifs qui tentent de “ mettre de l’ordre ” dans l’exercice du métier (certifications, labels, organisations professionnelles…). Les discours recueillis auprès de professionnels ont permis de dégager des critères d’auto-définition de la profession. Il en ressort une identité professionnelle construite en opposition à une image du “ bricolo ”, du “ mauvais ” ou du “ faux ” professionnel. Au travers des discours sur les pratiques, se dessine une représentation du “ bon ” ou du “ vrai ” professionnel (ainsi “ légitime ”), d’un idéal-type, référent subjectif des constructions identitaires. Ses caractéristiques ne renvoient ni à la formation, ni à quelque critère de certification externe, mais à la maîtrise de la technique et des savoir faire, acquis par expérience, aux formes d’engagement professionnels (amour du métier, travail bien fait) et à l’éthique de la relation commerciale (écoute des besoins, relation de confiance avec un client fidélisé, primat de la qualité de la prestation sur le prix, respect des positions concurrentielles…).

 
BARTHELEMY Fabienne (f.barthelemy@cso.cnrs.fr)

Doctorante / Centre de sociologie des organisations

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Dynamiques de stabilisation d’un nouveau type d’opérateurs sur le marché du travail de l’intervention sociale

La présente communication a pour objectif de questionner les mécanismes de stabilisation d'un nouveau type d'opérateurs, communément appelés "médiateurs sociaux", sur le marché du travail de l'intervention sociale. Comment ces opérateurs ne partageant pas les normes structurant l’accès et le maintien sur le marché du travail peuvent-ils s’y inscrire et trouver une place durable ? Cela amène à questionner la forme de stabilisation que les opérateurs vont développer. Comment penser les formes de la stabilisation d’une nouvelle catégorie d’intervenants sur le marché du travail de l’intervention sociale ? La notion de professionnalisation est-elle à même de rendre compte des processus qui sont à l’œuvre ? Nous proposons de traiter ces questions à partir de l'analyse comparée de trois équipes de médiateurs sociaux.

 
BARTHÉLÉMY Fabienne (f.barthelemy@cso.cnrs.fr)

Doctorante / Centre de sociologie des organisations

RT n° 12 Sociologie économique

Dynamiques de stabilisation d'un nouveau type d'opérateurs du social : la solvabilisation par le marché des subventions et des prestations

La communication propose une analyse des mécanismes de stabilisation d’un nouveau type d’opérateurs, communément appelés « médiateurs sociaux », sur le marché du travail de l’intervention sociale et une réflexion sur les outils conceptuels à même d’en rendre compte. Entrés sur ce marché du travail au titre de programmes publics de soutien de l’emploi, ces opérateurs doivent composer avec une incertitude quant à la pérennisation de leur activité et de leur poste de travail. Comment assurer la pérennité de l’offre de travail pour des postes subordonnés à l’allocation de fonds publics de courte durée ? C’est en combinant l’entrée sur le marché des subventions et le développement d’échanges marchands avec certaines catégories de professionnels de structures locales que ces opérateurs tentent de trouver un ancrage durable. L’entrée sur le marché des subventions fait naître de nouvelles préoccupations pour ces acteurs du social : la mise en place de dispositifs de rationalisation des pratiques, d’intermédiation entre l’offre et la demande de service, de mesures de « captation » d’une clientèle, sur laquelle les opérateurs vont pouvoir se fonder pour revendiquer l’allocation de subventions, et la construction d’indicateurs destinés à répondre aux exigences chiffrées des financeurs. Nous montrerons que les outils de la sociologie économique permettent de rendre compte de ce processus de stabilisation sur le secteur de l’intervention sociale par le développement de logiques marchandes

 
BARTIAUX Françoise présence à confirmer (bartiaux@demo.ucl.ac.be)

Chercheuse qualifiée du FNRS et Chargée de cours / Institut de Démographie, Université catholique de Louvain

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Après le tri des déchets ménagers : vers l’environnementalisation du quotidien ?

Depuis près d’une dizaine d’années, presque toutes les municipalités belges ont mis en place services et équipements visant à encourager ou obliger les ménages à trier leurs déchets ménagers. Ces nouveaux comportements ayant été rapidement adoptés, se pose la question de savoir s’ils ont été associés à d’autres modifications de comportements afin de diminuer les conséquences environnementales des pratiques des ménages. Cette question renvoie à la discussion sur l’opposition ou l’articulation des conduites réflexives et des routines dans les pratiques de consommation quotidienne, comme dans les pratiques induisant une consommation d’énergie. Les premiers résultats montrent que, mise à part une faible minorité de consommateurs, le tri des déchets ménagers n’est pas souvent un premier pas vers l’environnementalisation du quotidien, en raison de deux processus au moins utilisés par les personnes interrogées : d’une part, une compartimentalisation parfois très poussée des pratiques et de leurs problématisations et d’autre part, durant les entretiens, une utilisation emblématique et euphémistique de ces pratiques de tri. Une hypothèse est proposée pour interpréter ces résultats. Cette communication se base sur une enquête quantitative réalisée en 1998 auprès de 7000 ménages en Belgique et sur une quarantaine d’entretiens approfondis effectués en 1997-1999 et 2004-5.

 
BARUS-MICHEL Jacqueline (j.barus@wanadoo.fr)

Professeur émérite / Université Paris7 – LCS

RTf n° 16 Sociologie clinique

Complexité et ambiguïtés d'une sociologie qui se veut clinique

L'implication ne se réduit pas à l'intérêt ou à la part subjective prise par le chercheur ou le patricien à une situation, démarche qui s'oppose à un regard qui se veut objectif sur ce qui resterait des faits. On peut en parler encore en termes d'une identification contrôlée propre à saisir aussi de l'intérieur la complexité et les ambivalences de l'expérience sociale. Les situations et expériences se présentent sous l'espèce de représentations et de significations dans le registre spécifique du langage ; ce qui nécessite une interprétation des processus par lesquels ces significations se nouent et se dénouent. Les références théoriques reflètent elles-mêmes l'implication de leurs auteurs dans l'histoire. Non seulement le chercheur (ou praticien) a ses propres options, mais le dialogue qu'il ouvre, la co-construction de nouvelles représentations entraînent une transformation mutuelle avec des répercussions sur la pratique ultérieure. Le sociologue travaille sur le changement, qui ne peut s'abstraire d'options politiques ou idéologiques. L'autonomie du sujet, la démocratie dans les rapports sociaux en sont, encore faut-il les expliciter et savoir en quels termes les mettre en œuvre : pour les individus (les adapter), dans le micro-social, le macro-social, (transformer la société) ? Et alors, le sociologue est-il aussi un politique, doit-il entrer dans le débat social en expert ou clinicien, doit-il se dévoiler à titre personnel ?

 
BASTARD Benoit présence à confirmer (b.bastard@cso.cnrs.fr)

Directeur de recherche au CNRS / Centre de sociologie des organisations (CNRS / Sciences Po)

MOUHANNA Christian présence à confirmer (mouhanna@hotmail.com)

Chercheur / Centre de sociologie des organisations (CNRS / Sciences Po)

RTf n° 13 Droit et justice

Une justice dans l'urgence : le traitement en temps réel des affaires pénales

Le traitement en temps réel (TTR) vise à améliorer l’efficacité judiciaire en rapprochant le moment de la comparution de celui de l’infraction. Le parquet, répondant aux demandes des policiers, prend immédiatement les décisions concernant la suite à donner aux affaires. Naguère expérimental, ce dispositif touche maintenant l’ensemble des tribunaux de grande instance. Les services du TTR constituent un centre névralgique pour l’action du ministère public. Les substituts prennent la permanence à tour de rôle. Le fonctionnement en temps réel a changé leur travail, qui prend la forme d’échanges téléphoniques orientés vers le recueil des informations en vue d’une décision immédiate. L’introduction du TTR transforme les modalités de l’action judiciaire, au détriment des voies classiques. Différentes formes de réponses rapides se développent – convocation par officier de police judiciaire ou comparution immédiate – ainsi que des solutions extrajudiciaires – médiation, rappel à la loi. La multiplication des voies pénales, associée à la pression en faveur d’une évacuation des procédures, pousse à la rationalisation des modalités de décision. La généralisation du TTR s’accompagne de la diffusion, au parquet, de normes de pratiques – barèmes ou mémentos - visant à systématiser la réponse aux affaires. La mise en œuvre du TTR s’accompagne d’une tendance à l’uniformisation des décisions. On se dirige vers une certaine « automatisation » de la justice.

 
BASTIN Gilles (gilles.bastin@iep.upmf-grenoble.fr)

Maître de conférences en sociologie / Institut d'Etudes Politiques

RTf n° 37 Sociologie des médias

Le journaliste et son double : stratégies textuelles à la frontière entre un espace public imprimé et un espace public électronique

Le développement très rapide depuis quelques années de l’usage de l’Internet comme un mode d’accès à l’information et comme un mode d’expression publique a conduit à de nombreux commentaires opposants deux médias : les médias dits « traditionnels » et les « nouveaux » médias. L’opposition est souvent fondée sur des matériaux prenant en compte la pénétration dans le public (mesures d’audience) et sur les rhétoriques développées par certains acteurs des « nouveaux » médias qui insistent à dessein sur le caractère plus participatif des médias électroniques et sur l’engagement personnel qu’ils supposent de leurs animateurs. La question des types d’espaces publics constitués autour de ces deux médias n’a cependant pas encore été traitée sur une base pragmatique. On manque notamment d’éléments probatoires sur les stratégies textuelles à l’œuvre dans le texte et l’hypertexte. Si l’on veut mesurer le degré de pénétration des émotions dans l’espace public, il est pourtant nécessaire de poser cette question. La nature même de l’espace public électronique conduit-elle à lever certaines barrières mises par exemple par la profession journalistique à l’expression de la singularité ou des émotions dans le texte médiatique ? Les « rituels d’objectivité » ont-ils toujours cours dans les médias électroniques ? C’est cette hypothèse que je me propose de tester à partir d’analyses de statistique textuelle sur un corpus constitué d’articles imprimés et de textes publiés en ligne par des journalistes tenant un blog en même temps qu’ils écrivent pour leur journal. Le corpus est soumis à une analyse de classification hiérarchique par le programme Alceste. Des mondes lexicaux sont donc constitués et leur comparaison permet d’apporter des éléments de réponse aux questions posées plus haut.

 
BATAILLE Philippe (batailleph@aol.com)

Maître de conférences / Lille 3, GRACC

RTf n° 21 / RT n° 24 Mouvements sociaux / Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

La formation de l'action collective chez des femmes atteintes d'un cancer

Une recherche sur des malades atteints d'un cancer montre un écart entre la réaction des femmes et celles hommes. Au-delà des explications épidémiologiques, les entretiens prolongés et les réunions de groupe montrent que les femmes discutent la structure d'une normalité soignante et médicale dans laquelle elles refusent d'évoluer. Plus souvent que les hommes, elles admettent que le cancer va changer le cours de leur vie. Elles dénoncent les relégations et les discriminations qu'elles rencontrent depuis cette information sur elles. Mais surtout, l'expérience vécue de la maladie les incite à conscientiser les formes les moins apparentes du pouvoir, comme accéder à une information médicale qui est un savoir sur soi. La maladie donne à voir les ordres en place et le poids des dominations ordinaires. En brutalisant la vie, le cancer polarise les supports sociaux et les remparts identitaires, tout en les transformant pourtant. Acceptant cette mise en visibilité soudaine, les femmes se perçoivent dans leur rapport aux autres, recherchant aussi la proximité avec d'autres femmes. La parole qui dénonce devient alors action en soi et sur soi. Sont mis en causes des représentations sociales et des attributs identitaires. La parole d'acteur malade indique aussi la force d'une contestation lorsqu'elle part du particulier et du singulier pour rejoindre l'universel, d'où le recours à la logique des droits.

 
BAUCHAT Barbara (barbara.bauchat@free.fr)

Doctorante en sociologie / Centre d'étude des mouvements sociaux, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

RTf n° 5 Classes, inégalités, fragmentation

La bourgeoisie aujourd’hui : entre ancrage et mobilité

La bourgeoisie se caractérise généralement par un fort enracinement dans une ville, dans une région. Or, les parcours de mobilité à l’échelle nationale ou internationale, les jeux de multilocalisation, les effets des restructurations industrielles remettent en question ce lien entre ville et bourgeoisie et semblent ainsi faire progresser une fraction de la bourgeoisie jusque là peu fréquente : la bourgeoisie de passage. C’est une bourgeoisie qui ne reste que quelques années (de deux à quatre ou cinq ans le plus souvent) dans une ville et, en raison des mutations ou opportunités professionnelles de l’homme, est amenée à déménager régulièrement. Ces hommes exercent principalement des fonctions de cadres bancaires, cadres du privé et du public, chefs d’entreprise, militaires…L’essor de cette fraction de bourgeoisie nous amène à nous poser plusieurs questions sur ce que représente la bourgeoisie provinciale aujourd’hui : La mobilité géographique modifie-t-elle (ou redéfinit-elle) le “ statut ” de bourgeois ? Les liens entre bourgeoisie et ville seraient-ils en train de s’estomper ? Quelles relations entretiennent bourgeoisie de passage et bourgeoisie enracinée ? Comment ces familles réussissent-elles malgré tout à créer de l’ancrage ? Nous abordons ces questions en nous appuyant sur une enquête réalisée dans les villes de Metz et de Strasbourg par entretiens approfondis dans des familles bourgeoises enracinées et de passage.

 
BAUDOT Pierre-Yves présence à confirmer (pybaudot@yahoo.com)

Post-doctorant / UMR 5205 Triangle (CNRS/ENS-LSH /IEP de Lyon/ université Lumière Lyon2)

RTf n° 17 Gestion politique du corps et des populations

Le référentiel palliatif : l'émergence d'une politique publique de gestion de la mort en France

C’est en août 1986, avec la publication de la « circulaire relative à l’organisation des soins et à l’accompagnement des malades en phase terminale » qu’est institutionnalisée une politique publique de soins palliatifs en France. L’approche proposée ici ne veut pas tant s’intéresser aux aléas, évolutions et reculs, perceptibles dans la mise en place de celle-ci qu’à l’émergence d’un « référentiel » palliatif (en suivant ici le modèle cognitiviste d’analyse des politiques publiques). Deux points seront particulièrement abordés : 1-La production de savoirs relatifs à la fin de vie : La production d’une politique publique de gestion de la fin de vie est indissociable de la production d’un « rapport au monde ». En matière de fin de vie, ce sont des savoirs médicaux (relatifs notamment à la requalification de la thanatopraxie) mais aussi de sciences humaines (histoire, sociologie, anthropologie) qui sont mobilisés. 2-La circulation internationale des savoirs relatifs à la fin de vie. Ces savoirs sont produits au sein d’un dispositif général qui assure leur circulation. L’institutionnalisation rapide dans plusieurs pays (UK, 1967 ; Canada : 1977 ; France : 1987) de ces politiques publiques peut-elle être perçue comme la conséquence de l’émergence, à l’échelle internationale, d’un référentiel palliatif ? Seront ici analysés des réseaux internationaux, des associations, des revues.

 
BAUMONT Isabelle (baumont_isabelle@yahoo.fr)

Doctorante, allocataire / Paris V-Cerlis

RT n° 23 Sociologie du travail, activité et techniques

Vocation ou incorporation ? Gardez les moutons et vous serez bergers

Les travaux classiques sur l'identité professionnelle ne questionnent pas ou peu le "corps" dans l'activité de travail. De même, les bergers salariés, en majorité d'origine citadine, reconstruisent leur trajectoire comme portée par une vocation enracinée dans l'image symbolique du berger. L'analyse comparée de données issues d'une quinzaine d'entretiens compréhensifs auprès de bergers et d'une expérience de trois ans en tant que bergère salariée montre que le processus d'identification des bergers à leur métier ne se comprend que mis en rapport avec les caractéristiques concrètes de la pratique pastorale. En gardant son troupeau, en s'appropriant un espace, un temps et des conditions de vie spécifiques, l'individu "incorpore" son troupeau et le pâturage. Le berger ne devient berger, ne s'identifie comme tel, que s'il acquière un ensemble de conduites motrices qui, en marquant son corps, marquent sa subjectivité. Le rejet du monde urbain, la "passion" pour les bêtes, l'amour de la "nature", évoqués par les bergers comme à l'origine de leur vocation, sont moins des préalables à l'exercice du métier que le résultat d'une pratique quotidienne. Les conditions de la pratique, qui demandent un fort investissement personnel, marquées par de lourdes contraintes (temps de travail, traitement salarial, conditions de vie) sont un rouage déterminant du fonctionnement du groupe professionnel, dont elles contribuent à maintenir les normes et les valeurs, légitimant les conditions de travail.

 
BEATO Fulvio (beato.fulvio@tiscali.it)

Professeur émérite / Università degli studi di roma, Laboratorio di ricerca “ambiente, rischio e territorio”

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

La perception sociale du risque : la qualité de l’air intérieur

Cette communication repose sur une synthèse critique d’un rapport de recherche du Laboratoire “Environnement, Risque et Territoire”, réalisée pour l’Agence de Protection de l’environnement (l’APAT). Dans un premier temps, nous définirons le cadre théorique et conceptuel de la recherche. Après une brève présentation des deux écoles qui s’opposent (en voie de rapprochement), la théorie culturelle du risque (Mary Douglas) et l’approche psychométrique de Paul Slovic, nous formulons l’hypothèse d’une incidence probable de certaines formes qui composent le capital culturel (au sens de Bourdieu), à savoir le capital institutionnel et le capital incorporé, sur la perception du risque. Dans un second temps, nous présenterons les techniques et la méthodologie de la recherche. Il s’agit d’une enquête classique menée dans deux communes de la ville de Rome, sur 700 individus représentatifs de la population (échantillon stratifié). Dans un troisième temps, nous exposerons les principaux résultats de la recherche. Pour ce qui concerne la différenciation des conceptions et des comportements face au risque selon les catégories sociales, le résultat de la recherche américaine selon lesquels les femmes sont plus préoccupées par le risque que les hommes ne sont pas confirmés. De la même manière, le niveau d’information n’a pas l’influence qu’on lui a attribuée au moment de la formulation des hypothèses de recherche.

 
BEAUZAMY Brigitte présence à confirmer (Brigitte.Beauzamy@ehess.fr)

Doctorante et assistante de recherches / CADIS (EHESS) / CIR

RTf n° 34 Sociologie politique

L’individu au cœur des mobilisations en coalition : l’exemple des mobilisations altermondialistes

Un événement contestataire altermondialiste comme un contre-sommet est caractérisé par la pluralité des groupes politiques qui y participent, et qui présentent une grande diversité, tant en ce qui concerne l’idéologie que le répertoire d’action. La forme organisationnelle du collectif, flexible, permet à des coalitions fragiles de mener à bien des projets de mobilisations innovants. Les individu(e)s les plus impliqué(e)s dans ces collectifs jouent un rôle essentiel tant dans la phase de naissance du collectif – ce sont elles et eux qui déterminent les objectifs essentiels – que pendant la mise en place de l’action proprement dite. Ces individus très mobilisés travaillent à élargir la coalition aux acteurs qu’ils estiment essentiels à intéresser à leur projet, mettant en œuvre les ressources que leur procure en particulier leur multi-appartenance organisationnelle. Les individus multi-positionnés jouent donc un rôle essentiel pour faire fonctionner concrètement des mobilisations en coalition. A partir du répertoire des rôles et des fonctions remplis par les individus dans la forme du collectif, nous analyserons comment une analyse centrée sur l’individu est indispensable pour fonder l’usage du concept de champ multi-organisationnel dans le cas des mouvements altermondialistes et anti-capitalistes.

 
BEAUZAMY Brigitte présence à confirmer (Brigitte.Beauzamy@ehess.fr)

Doctorante et assistante de recherches / CADIS (EHESS) / CIR

RTf n° 21 / RT n° 24 Mouvements sociaux / Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Critiquer l’articulation entre la domination de genre et la domination ethnicisée : perspectives féministes dans les mouvements altermondialistes

La participation des mouvements féministes aux forums et actions altermondialistes contribue à introduire une perspective centrée sur le genre dans l’analyse critique du capitalisme néo-libéral. En particulier, la mise en évidence des problèmes spécifiques aux femmes des pays du Sud, ou aux femmes migrantes au Nord, constitue un point de jonction entre les analyses féministes et la critique mise en place dans les mouvements altermondialistes des rapports Nord-Sud dans un contexte de mondialisation. Cette orientation permet, en revanche, aux mouvements féministes des pays du Nord de mettre l’accent sur les rapports de domination ethnicisée dans leurs analyses, renonçant à une position universaliste dénoncée en particulier par les auteures se reconnaissant dans le « black feminism ». De quelle manière cet objectif d’articulation entre l’analyse des rapports de domination de genre et de domination ethnicisée est-il atteint dans un contexte altermondialiste ? Nous nous centrerons sur les analyses de la situation des femmes migrantes réalisées par les mouvements féministes présents dans les Forums Sociaux Européens, dont nous retracerons la généalogie des arguments théoriques. Cependant, la participation des mouvements féministes aux rencontres altermondialistes s’effectue dans un contexte où ils ne peuvent se prévaloir d’une position de force, relativement à d’autres tendances de ces mobilisations, ce qui implique pour eux des processus de recadrage.

 
BECK Corinne présence à confirmer (cbeck16@wanadoo.fr)

Maître de conférences / Université de Nantes

RÉMY Elisabeth présence à confirmer (elisabeth.remy@inapg.inra.fr)

Ingénieur de recherche / INRA UMR SAD APT, Paris

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Singularité des dispositifs visant la cohabitation homme/animal du Moyen Age à nos jours

Proposition pour l’Atelier 2. Cette communication présente les résultats d’une recherche en cours alliant approches historique et sociologique pour interroger les sciences du vivant. Comme le précise Gusfield (2003), l’histoire est essentielle pour la sociologie d’une part parce qu’elle permet de comprendre l’émergence de notre présent ; d’autre part parce qu’elle apporte une base de comparaison susceptible de nous aider à comprendre la façon dont le temps et l’espace affectent le comportement et les événements. En prenant à titre d’exemple un animal particulier (la loutre) et représentatif d’un milieu spécifique (les zones humides) notre objectif est de tenter d’une part de comprendre la dynamique des interactions homme/animal à travers le temps et l’histoire parfois mouvementée de leur cohabitation spatiale ; d’autre part de montrer la singularité des différents processus à l’œuvre. A travers ces échanges, ce sont les rapports des sociétés humaines à leurs milieux et à la biodiversité en particulier qui se trouvent ainsi abordés. On ne saurait en effet relater cette histoire des relations des hommes et des loutres sans retracer, en parallèle, l’histoire des milieux accueillant ces animaux. C’est aussi l’évolution des comportements de l’homme et ceux de l’animal : histoire des attachements à l’animal, histoire de l’agencement des espaces de vie spécifiques et de négociations de leurs intérêts respectifs.

 
BECQUERET Nicolas présence à confirmer (nicolasbecqueret@yahoo.fr)

ATER / Université Paris 3, Sorbonne Nouvelle, UFR Communication

RTf n° 37 Sociologie des médias

Quels discours radiophoniques pour le partage de l'émotion ?

Nous proposons de focaliser l’attention sur les programmes radiophoniques qui permettent aux auditeurs de s’exprimer à l’antenne en direct par téléphone, précisément lorsque les propos visent à produire une émotion. Pour cela, nous observerons les processus à l’œuvre dans trois programmes distincts qui jouent sur ce registre. Des séquences extraites des émissions de Christophe Hondelatte sur RTL (discours d’information), de Macha Béranger sur France Inter (discours relationnel) et de Julien Courbet sur RTL (discours de médiation et actionnel) seront analysées. Afin d’observer les types d’émotions provoqués nous présenterons, dans un premier temps, les cadres contraignants ces différentes situations discursives. Nous verrons ensuite comment s'y déploient les propos des locuteurs au moment ou la visée émotionnelle s’impose. En dernier lieu nous présenterons notre méthodologie d'analyse de la réception et tenterons de savoir dans quelle mesure les effets visés sont liés aux effets réels.

 
BECQUET Valérie (becquetv@club-internet.fr)

Chercheur contractuel / Centre de sociologie des organisations (FNSP/CNRS)

RTf n° 15 Jeunesse, âges de la vie, générations

Le recours à la démocratie participative dans le champ de la jeunesse. Justifications politiques et normes d'action à Paris

La création des conseils de la jeunesse était intégrée au contrat de mandature du Maire de Paris. Cet engagement pris à l'égard des parisiens s'inscrivait dans le cadre de la mise en place d'une politique municipale en direction des jeunes mais aussi, dans le cadre du développement de la participation des parisiens à la gestion municipale. Le 20 novembre 2001 est adoptée au Conseil de Paris, la délibération portant création des conseils de la jeunesse au niveau des arrondissements. Elle est suivie en février 2003 d'une délibération entérinant l'existence du conseil parisien de la jeunesse. A partir d'une enquête menée d'avril 2004 à avril 2005, qui portait sur la mise en place et le fonctionnement de ces conseils, cette communication tentera de décrypter les justifications mobilisées par les acteurs pour démontrer la pertinence du recours à cet outil à Paris et en direction d'un public jeune. Puis, dans un second temps, elle s'intéressera aux normes d'action privilégiées pour mettre en œuvre les objectifs poursuivis afin d'interroger l'instrumentation des discours politiques. Au travers de ces deux dimensions, ce sont les notions de citoyenneté, de publics politiques et socialisation politiques qui seront explorées, ainsi que les modes de traitement par le politique des jeunes. La communication se limitera à ces deux dimensions et laissera de côté l'analyse du fonctionnement réel du dispositif.

 
BECQUET Valérie (becquetv@club-internet.fr)

Chercheur associé / Centre de sociologie des organisations (FNSP/CNRS)

RTf n° 34 Sociologie politique

Militants en devenir. La construction des carrières militantes au Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne

Héritier de la Jeunesse Agricole Chrétienne, le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne est un mouvement de jeunesse créé en 1965. Dirigé et animé par des jeunes, il s'adresse à des personnes âgées de 15 à 30 ans vivant principalement en milieu rural. Se revendiquant à la fois des mouvements d'action catholique et de l'éducation populaire, il offre aux jeunes la possibilité d'agir sur leur territoire à travers une "vie d'équipe" et de prendre, par la suite, des responsabilités dans l'animation du mouvement, tout en les sensibilisant à tout un ensemble de questions économiques, sociales et politiques soulevées dans leur projet politique. L'étude des trajectoires militantes au sein du mouvement, de l'entrée à la situation actuelle (soit une période de 5 à 13 ans) permet de comprendre les processus d'attachement à ce collectif conduisant à y rester et à y prendre des responsabilités. A partir de 52 entretiens semi-directifs réalisés auprès de militants, cette communication a pour objectif de mettre en évidence les variables structurantes de la carrière : d'un côté, des variables endogènes qui renvoient par exemples aux opportunités, aux rétributions et aux méthodes pédagogiques et, de l'autre, des variables exogènes qui font écho aux situations personnelles (familiales, amicales, scolaires, etc.). Il s'agira également d'analyser les agencements entre ces variables et leurs justifications afin de mettre en valeur l'existence de trois carrières typiques au sein du MRJC.

 
BÉGAULT Béatrice (Beatrice.Begault@ensiacet.fr)

Responsable Médiathèque, doctorante / Université Toulouse III Paul Sabatier, EA 827, Laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales (LERASS), Médiations en information et communication spécialisées

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

Ecriture et légitimation des recherches face à la publication électronique : le cas des sciences de l’ingénieur

Au 17e siècle les « journaux » scientifiques avaient pour mission de rassembler les savants pour des recherches en commun mais aussi de contrôler toute l’activité scientifique. Ils avaient donc déjà à la fois un rôle d’expertise et d’arbitrage. La revue apparaît comme un vecteur de la diffusion scientifique permettant une plus grande visibilité des travaux. Dans les années 1990 l’ensemble du système de communication de la science se trouve affecté par le recours à Internet à différents niveaux selon les disciplines. Actuellement la revue électronique semble avoir trouvé son audience et son lectorat particulièrement en sciences dures. Mais ces nouveaux usages bouleversent-ils les conditions et les enjeux de diffusion des résultats ? Pour répondre à ce questionnement nous avons conduit une démarche fondée sur une exploration qualitative menée auprès d’une population de chercheurs d’une école d’ingénieurs. Après avoir étudié les manières de faire de ces chercheurs confrontés quotidiennement à la lecture des revues électroniques, il s’agit maintenant d’observer si l’usage de l’électronique conduit à développer de nouvelles normes et pratiques d’écriture. Les scientifiques sont aussi considérés par les sociologues des sciences comme des « écrivains » (Vinck, 1995), la communication ayant un rôle fondamental dans leurs travaux (Garvey, Latour, Merton). A terme ce premier travail exploratoire devrait permettre de poser des hypothèses à vérifier par une étude quantitative.

 
BELDJERD Sofian (sofian.beldjerd@univ-poitiers.fr)

Doctorant, ATER / Paris 5 (Cerlis) - Université de Poitiers (Cerege)

RTf n° 11 Sociologie de la consommation

La construction de la valeur esthétique de l’objet comme modalité de son appropriation

Cette communication présentera les premiers résultats d’un travail de thèse portant sur la relation esthétique individuelle aux objets du quotidien (éléments du mobilier, de la décoration intérieure et de la vêture). Les phénomènes de familiarisation esthétique des entours matériels seront envisagés ici comme des modalités de leur appropriation – entendue comme processus consistant, à travers l’usage, en une re-production personnelle de produits étrangers à soi. La réflexion sur la structuration réciproque de l’individu et de ses « belles choses » se trouvera, de la sorte, inscrite dans le cadre d’une sociologie de la consommation (dont on considèrera qu’elle étend son champ d’analyse au-delà des seules situations d’achat). Il s’agira ainsi de montrer que, loin de se réduire aux perceptions/appréciations auxquelles l’objet peut donner lieu au moment de son acquisition marchande, sa valeur esthétique se constitue (ou se défait) tout autant au cours de l’usage. On cherchera alors à identifier les étapes successives de la qualification et de l’appréciation esthétique de ces objets justiciables, aux yeux de leurs possesseurs, d’une attention formaliste. On s’intéressera, également, à leurs trajectoires dans les espaces privés et intimes (domestiques et professionnels). Enfin, on s’attachera à décomposer différentes relations pratiques et symboliques nouées avec ces entours matériels (en particulier, au cours des – rares - situations de perception esthétique/critique des objets).

 
BELHADJ Marnia présence à confirmer (Marnia.Belhadj@univ-poitiers.fr)

Chargée de recherche / Maison des sciences de l'homme

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Les enjeux de la catégorisation et de la professionnalisation des intervenants du travail social descendants de migrants

La mise en place des politiques de la Ville et de développement urbain ont profondément transformé les cadres d’exercice des professions sociales et ont conduit les organismes de recrutement à identifier de nouvelles catégories d’acteurs susceptibles de relever le défi de l’insertion et de l’exclusion. Leur travail s’organise principalement autour de l’aide, de l’intervention, de la prévention et de l’accompagnement des populations les plus fragiles et les plus vulnérables habitants un secteur ou un quartier défini socialement et territorialement. Ces fonctions mobilisent également des compétences ou des savoirs particuliers : connaissance du milieu, et de l’environnement social et territorial dans lequel le dispositif est mis en place. Beaucoup de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur issus eux-mêmes des quartiers populaires des grandes villes, et désireux de faire reconnaître leurs compétences ont trouvé là un moyen, de concilier à la fois leur formation universitaire, et leurs aspirations professionnelles. Quelles en sont les conséquences et les enjeux tant pour le secteur social du développement urbain que pour les professionnels du travail social ? La recherche tente de comprendre à travers les parcours et les projets des intervenants sociaux et les attentes des organismes de recrutements, les logiques menant à la fois à une catégorisation et à un renouvellement des pratiques et des conceptions en œuvre dans ce champ d’activité.

 
BELHADJ Marnia présence à confirmer (Marnia.Belhadj@univ-poitiers.fr)

Chargée de recherche / Maison des sciences de l'homme

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

La redéfinition des rôles et des rapports familiaux par les descendantes de migrants algériens

L’éducation sexuée que connaissent les enfants de migrants au sein de leur famille et les conditions d’une plus grande mixité qu’offre l’environnement scolaire et sociétal les conduit souvent à s’éloigner du système de valeurs inculquées par leurs parents. Ce cas de figure s’observe plus particulièrement dans les familles où il existe une stricte séparation des rôles entre les sexes et où les filles plus que les garçons tentent de s’en distancer en construisant leur propre système de valeurs. La fréquentation scolaire, de groupes de pairs, la participation à des activités sociales et la pratique d’une activité professionnelle sont autant d’occasions pour elles de faire l’apprentissage de l’autonomie et de remettre en cause l’ordre familial traditionnel. L’acquisition d’un statut professionnel est de ce point de vue un moyen à la fois symbolique et concret pour renverser les rapports de domination et accroître leur rôle familial. Le simple fait de participer aux charges familiales change les données de départ et redéfinit les rôles entre les sexes. Si la place du chef de famille demeure, la suprématie des hommes est sérieusement remise en cause. Cette recherche qui a fait récemment l’objet d’une publication, est le résultat d’une enquête réalisée à partir de l'analyse d'une centaine de récits de vie recueillis auprès de filles de migrants algériens. Il s'agit d'étudier les stratégies mises en place pour conquérir leur autonomie et réélaborer les modèles traditionnels.

 

 
BÉLIARD Aude (aude.beliard@ens.fr)

Doctorante allocataire-monitrice / Maison des sciences de l'homme

RT n° 7 Vieillesse, vieillissement et parcours de vie

Les personnes âgées atteintes de troubles de la mémoire et leur entourage familial : définitions de la dépendance, décisions et mobilisations

On a assisté en France à une convergence des politiques sociales et médicales, qui posent le problème de la dépendance de façon globale, en organisant des réseaux de soins favorisant le maintien à domicile des personnes âgées. Un tel système compte sur l’aide informelle pour coordonner l’aide professionnelle. Pour cerner les inégalités face au vieillissement, il est donc crucial de comprendre les logiques familiales de définition de la dépendance et de mobilisation autour des parents âgés. Dans le cas des troubles de mémoire, ces enjeux de définition sont centraux. Ce n’est pas le diagnostic médical qui détermine la prise en charge, mais la façon dont il est suscité, interprété, diffusé ou non, parfois refusé par ceux qui sont en mesure d’imposer une décision. Il s’agit alors de se pencher sur les différents diagnostics « profanes » : lequel s’impose dans la décision ? Comment fonctionnement familial et élaboration des diagnostics profanes interagissent-t-ils ? Pour reconstituer la diversité des points de vue, je m’efforce de multiplier les entretiens dans une même famille sans oublier les personnes exclues des décisions, réalisant ainsi des monographies de familles prises dans un moment de bouleversement et de décision. J’étudierai ici le moment de l’obtention d’un diagnostic médical, à partir d’une enquête (observation des consultations, monographies de famille, travail statistique sur les archives médicales) dans un service hospitalier de « consultation mémoire ».

 
BÉLIARD Aude (aude.beliard@ens.fr)

Doctorante allocataire-monitrice / Centre Maurice Halbwachs (Equipe Enquêtes, Terrains, Théories) et Université Paris 8

RTf n° 33 Famille, vie privée, vie publique

Les personnes atteintes de troubles de la mémoire et leur entourage familial : décisions et mobilisation lors de l'obtention d’un diagnostic médical.

On a assisté en France à une convergence des politiques sociales et médicales, qui posent le problème de la dépendance de façon globale, en organisant des réseaux de soins favorisant le maintien à domicile des personnes âgées. Un tel système compte sur l’aide informelle pour coordonner l’aide professionnelle. Dans ce contexte, il est crucial de comprendre les logiques familiales de mobilisation (ou d’absence de mobilisation) autour des parents âgés. Dans le cas des personnes souffrant de troubles de mémoire, ce n’est pas le diagnostic médical qui induit directement la prise en charge, mais la façon dont il est suscité, interprété, diffusé ou non, parfois refusé par ceux qui sont en mesure d’imposer une décision. Il faut alors se pencher sur les différents diagnostics « profanes » : lequel s’impose dans la décision ? Comment fonctionnement familial et élaboration des diagnostics profanes interagissent-t-ils ? Ces questions impliquent de reconstituer la diversité des points de vue (en multipliant les entretiens dans une même famille, sans oublier les personnes exclues des décisions) dans des moments de bouleversement et de décisions (cette ethnographie de familles en situation de crise soulève des enjeux de méthode spécifiques). J’étudierai ici le moment de l’obtention d’un diagnostic médical, à partir d’une enquête (observation de consultations, monographies de familles, travail statistique sur les archives médicales) dans un service hospitalier de « consultation mémoire ».

 
BELLENGER Julie (jbelj@hotmail.com)

Doctorante / CERCEC EHESS

RT n° 6 Politiques sociales, protection sociale, solidarités

La pauvreté en Russie

S’il est question de la pauvreté en Russie depuis une quinzaine d’années, ce n’est pas parce que le nombre de pauvres a augmenté depuis la chute de l’union soviétique mais parce que la pauvreté a changé de visage. Le contexte instable de ce pays et ses nouvelles règles ont modifié les conditions de vie économiques et sociales de la population dont une grande majorité se définit comme pauvre, sentiment justifié par les pourcentages. Ainsi, à côté d’une pauvreté dite « traditionnelle » (familles nombreuses, monoparentales, chômeurs, prostituées, sans abris, mendiants, enfants des rues, retraités, émigrés) s'est développée une « nouvelle pauvreté » qui touche presque toutes les catégories sociales (agriculteurs, salariés payés par le budget d’Etat). La mesure de ce phénomène en Russie est difficile et exige que l’on prenne en considération 3 indicateurs : revenu inférieur au minimum de subsistance (pauvreté monétaire) ; possession ou absence de biens (pauvreté en terme de privations) ; sentiment de pauvreté (pauvreté subjective). A travers l’étude d’un groupe socio-professionnel considéré pauvre mais dont le statut social ne prédispose pas à être désigné comme tel (les salariés qualifiés du secteur public : enseignants, médecins), on montre que chacune de ces approches prise isolément est insuffisante pour comprendre ce phénomène. Ce sentiment naît en effet de la confrontation d’un bien-être passé idéalisé avec un présent précaire et du déni d'un avenir incertain.

 
BELORGEY Nicolas (nicolas.belorgey@ens.fr)

Doctorant / Centre Maurice Halbwachs - équipe "Enquêtes, Terrains, Théories".

RT n° 7 Vieillesse, vieillissement et parcours de vie

"On nous a dit qu'en adhérant on serait prioritaires aux urgences". Les usages sociaux d'un réseau de soins par des malades en fin de vie

Quels usages les gens âgés font-ils des réseaux de soin ? Une enquête ethnographique, relayée par l’analyse statistique de questionnaires ad hoc, a été menée sur les patients d’un réseau de soins régional, tentant de prolonger l’existence de malades âgés en assurant leur suivi rapproché : « éducation » lors de l’hospitalisation, coordination entre médecins hospitaliers et de ville, coups de téléphone et visites à domicile d’infirmières et de diététiciennes. Loin de se conformer à la vision médicale de corps malades plus ou moins réceptifs aux injonctions de soin, les patients investissent le réseau de logiques sociales. Les usages qu’ils en font peuvent être conformes aux normes médicales mais aussi déviants, soit qu’ils assimilent le réseau à leur propre déchéance, soit qu’ils l’instrumentalisent. Ces usages variés s’enracinent dans leurs systèmes de référence profanes, dans leurs carrières de malades, ainsi que dans un rapport à la mort et aux soignants construit socialement et au fil de leur histoire personnelle. L’analyse statistique montre que les pratiques des patients sont d’autant plus conformes aux normes médicales, et prolongent d’autant plus leurs existences, qu’ils ont un niveau social élevé, qu’ils bénéficient d’un entourage familial proche, qu’ils sont déjà avancés dans leur carrière de malades, qu’ils ont confiance dans le pouvoir curatif des soignants, et que leurs trajectoires familiales et sociales les détournent de l’idée de mort.

 
BELORGEY Nicolas (nicolas.belorgey@ens.fr)

Doctorant / Centre Maurice Halbwachs - équipe ETT

RT n° 12 Sociologie économique

Les pratiques gestionnaires des soignants

Un certain discours gestionnaire sur l’hôpital présente les soignants comme irrationnels et appelle à de profondes réformes organisationnelles du secteur. Ne comporte-t-il pas toutefois certaines zones d’ombres quant à la compréhension du travail accompli dans les hôpitaux ? Une enquête ethnographique en milieu hospitalier montre au contraire que les soignants sont rationnels et organisés. Derrière la non-économie dont certains qualifient leurs pratiques, on découvre une économie très stricte de ces pratiques. Si on ne la voit pas au premier abord, c’est en raison de son encastrement dans un contexte médical qui la nie en tant qu’économie. Ainsi, les soignants mobilisent des outils gestionnaires (ils gèrent des malades sous contraintes de moyens), mais orientés selon des fins différentes de celles fréquemment prêtées à la gestion (minimisation des coûts sous contrainte de qualité des soins). En outre, ces outils sont plutôt ordinaux que cardinaux. La relation des soignants aux questions budgétaires est souvent ambiguë (« le problème monétaire est là mais on… en tout cas moi je ne le vois pas » déclare une enquêtée) mais leur attitude est largement ouverte à des motifs cognitifs téléologiques, parmi lesquels des calculs coûts / bénéfices. On peut ainsi formuler une définition sociologique de la gestion, en termes de division du travail, qui permet de lever le paradoxe d’acteurs accomplissant des tâches gestionnaires mais ne les reconnaissant pas comme telles.

 
BELORGEY Nicolas (nicolas.belorgey@ens.fr)

Doctorant / Centre Maurice Halbwachs - équipe ETT

RT n° 30 Sociologie de la gestion

Les pratiques gestionnaires des soignants

 Un certain discours gestionnaire sur l’hôpital présente les soignants comme irrationnels et appelle à de profondes réformes organisationnelles du secteur. Ne comporte-t-il pas toutefois certaines zones d’ombres quant à la compréhension du travail accompli dans les hôpitaux ? Une enquête ethnographique en milieu hospitalier montre au contraire que les soignants sont rationnels et organisés. Derrière la non-économie dont certains qualifient leurs pratiques, on découvre une économie très stricte de ces pratiques. Si on ne la voit pas au premier abord, c’est en raison de son encastrement dans un contexte médical qui la nie en tant qu’économie. Ainsi, les soignants mobilisent des outils gestionnaires (ils gèrent des malades sous contraintes de moyens), mais orientés selon des fins différentes de celles fréquemment prêtées à la gestion (minimisation des coûts sous contrainte de qualité des soins). En outre, ces outils sont plutôt ordinaux que cardinaux. La relation des soignants aux questions budgétaires est souvent ambiguë (« le problème monétaire est là mais on… en tout cas moi je ne le vois pas » déclare une enquêtée) mais leur attitude est largement ouverte à des calculs coûts / bénéfices. On peut ainsi formuler une définition sociologique de la gestion, en termes de division du travail, qui permet de lever le paradoxe d’acteurs accomplissant des tâches gestionnaires mais ne les reconnaissant pas comme telles.

 
BELTON Leslie (leslie.belton@enpc.fr)

Doctorant / Laboratoire Ville, Mobilité, Transports

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Les travailleurs mobiles et leurs points fixes : une construction de l’espace comme résultat d’une négociation

Les travailleurs mobiles et leurs points fixes : une construction de l’espace comme résultat d’une négociation Les travailleurs mobiles, qui tendent à traverser des espaces de plus en plus variables et hétérogènes sur des temps de plus en plus courts, constituent un objet privilégié pour observer de nouveaux modes d’appropriation de l’espace. Comment s’approprient-ils ces lieux où ils ne font que passer et avec lesquels ils sont de moins en moins familiers ? Cette familiarité, qui contribue à fournir des repères dans la mobilité, est introduite par l’élaboration de points fixes par le travailleur mobile. Un point fixe est une construction plus ou moins matérielle opérée par l’individu lui-même, qui lui permet de s’approprier des lieux multiples. En se basant sur les résultats d’une étude qualitative (auprès de 30 travailleurs qualifiés de mobiles), on constate qu’un point fixe peut être tant l’agencement personnalisé d’un véhicule que la manière dont le travailleur s’investit sur des installations techniques, mais également la nécessité de pouvoir joindre à tous moments et n’importe où sa famille ou de pratiquer telle ou telle activité personnelle. Chaque travailleur mobilise différents points fixes qui lui sont propres. Ces derniers peuvent être remis en causes par les injonctions d’acteurs tels que les supérieurs hiérarchiques et/ou les clients. L’enjeu dans l’appropriation de l’espace est alors la négociation de l’individu avec ces acteurs à propos de ses points fixes. De façon similaire au modèle E V L d’A. O. Hirschmann (1972), les résultats de cette négociation sont déterminants pour le travailleur puisqu’elle peut remettre en cause sa mobilité même.

 
BÉNARD François présence à confirmer (francois.benard@sp2000.asso.fr)

Doctorant / Ecole Doctorale de Géographie de Paris - Centre de recherche sur les Réseaux, l'Industrie et l'Aménagement (CRIA - Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

La redevance incitative : un outil de mise en cohérence de la politique publique de gestion des déchets

La politique publique de gestion des déchets a notamment pour objectif de modifier les comportements de deux types d’acteurs. D’un côté, les entreprises sont mises à contribution d’un point de vue légal (élargissement de leur responsabilité), technique (diminution du poids des emballages, utilisation de matériaux recyclés) et financier (contributions aux sociétés agréées). De l’autre côté, les particuliers sont appelés à acheter de façon responsable et à trier leurs déchets. On tire de ce constat deux conclusions majeures. D’une part, si la politique à destination des entreprises utilise des outils nombreux (normes, incitations financières, …), la politique tournée vers les usagers repose principalement sur la base du volontariat. D’autre part, les deux acteurs sont considérés comme des entités autonomes aux comportements non interactifs ; or, l’offre des entreprises impacte sur la consommation des ménages, et les comportements d’achat des consommateurs influent sur l’activité des producteurs. Dans ce cadre, la redevance incitative apparaît comme un outil de rééquilibrage de la politique publique tournée vers les usagers, et de mise en relation des consommateurs et des entreprises dans le « système déchets » : les premiers, modifiant leur comportement d’achat, inciteront d’autant les entreprises à changer leur comportement de production. Parce qu’elle boucle ce modèle, d’aucuns considèrent la redevance incitative comme l’un des enjeux de la prochaine mandature municipale.

 
BENECH-LE ROUX Patricia (benech-leroux@cesdip.com)

 / Cesdip

RT n° 3 Normes, déviances et réactions sociales

L'évolution du métier de Procureur de la République

Notre proposition de communication s’intègre dans le 4ème thème consacré aux professionnels du système pénal dans la société française contemporaine. Nous présenterons les premiers résultats (provisoires et partiels) d’une recherche collective portant sur les évolutions du métier de procureur de la République aujourd’hui. La recherche s’intéresse aux pratiques et aux compétences développées par le procureur qui sont au cœur des définitions identitaires de sa fonction. La compétence est prise ici dans sa double dimension (prérogatives comme pouvoir et modes d’action comme savoir). Les procureurs se sont vus en effet dotés de fonctions nouvelles venues se greffer à celles qui leur étaient traditionnellement dévolues. A la fois porteurs d’une politique pénale locale (s’appuyant par exemple sur le développement des alternatives aux poursuites, et plus récemment sur les poursuites alternatives : composition pénale, plaider coupable), représentants de la justice dans les instances de politiques locales de sécurité et de prévention de la délinquance (CCPD, CLS, contrat de ville, etc. ) et contrôleurs des investigations policières, ils ont pu dégager une latitude dans les choix de leur action et de la définition de leur fonction en développant certains aspects. Toutefois, ils restent dans une position de subordination hiérarchique vis-à-vis de leur ministère de tutelle et du parquet général (injonction de politique pénale et aussi gestionnaire). En outre, la mise en œuvre de leurs missions dépend aussi des ressources qu’on leur octroie. Aussi, de par les tensions qui traversent de la sorte le métier de procureur, leur position au sein de la magistrature et de l’institution judiciaire, mais aussi dans la cité, est soumise à question.

 
BENEDETTO-MEYER Marie présence à confirmer (marie.benedettomeyer@francetelecom.com)

Sociologue / France-Telecom R&D, laboratoire SUSI

RT n° 30 Sociologie de la gestion

Enseigner la « conduite du changement » : le sociologue passeur d’une nouvelle conception de la gestion ?

La « conduite du changement », nouvel élément incontournable de la formation d'un futur cadre ou ingénieur, est largement enseignée et théorisée par les sciences de gestion. Mais cette « discipline » mobilise également des notions ou des travaux issus des sciences sociales (théories de la motivation, analyse stratégique, …). La question est alors de savoir, dès lors que le sociologue est « mobilisé » à travers ces références, quel peut être son positionnement vis-à-vis de cette discipline émergente ? Plus encore, peut-il se positionner comme « passeur » d'une « autre » conception de la conduite du changement ? A travers quelques exemples d'ouvrages ou manuels se rapportant à cette thématique (certains se réclamant de la gestion et d’autres de la sociologie), j’essaierai d’identifier s’il existe ou non une manière sociologique de traiter la conduite du changement et en quoi elle se distingue de la perspective gestionnaire. Dans un second temps, je mobiliserai ma propre expérience d'enseignante en conduite du changement dans une école d'ingénieurs pour interroger la capacité à développer un enseignement sociologique sur ce thème. Je mettrai sur ce point l'accent sur deux difficultés rencontrées : la difficulté d'enseigner une perspective critique sur les pratiques gestionnaires sans tomber dans la naïveté ou le manichéisme et la nécessité de résister aux attentes des étudiants en matière de modèles voire de recettes tout en leur donnant des outils concrets d'analyse et d’action.

 
BENNOUR Abdelmajid (bennour.majid@neuf.fr)

Enseignant / CESOL

RT n° 35 Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

La question de la participation habitants : solidarité, contestation, gestion

Comment la participation se concrétise dans la vie quotidienne, dans les quartiers, dans les villes, dans les instances représentatives de régulation sociale, etc. ? Au delà d’une curiosité purement sociologique, cette question se pose d’abord de manière récurrente aux divers acteurs institutionnels ou de terrain qui promeuvent la participation auprès des habitants de certains quartiers. De même les associations, et avec elles, les habitants, déplorent l’insuffisance de participation ou critiquent la participation qui leur est proposée. D’où une autre question : que doit-on entendre par participation ? Serait-elle un critère de démocratie ? Ou un instrument de régulation sociale ? Les modalités, les objectifs et les résultats attendus de la participation seront forcément conditionnés à l’une ou l’autre de ces deux représentations. Une expérience participative ne peut être évaluée sans interroger d’abord les représentations sociales qui l’accompagnent. Enfin, la loi peut-elle contribuer à la réalité de la participation des habitants ? Est-ce qu’il faut que le législateur - et le peut-il – précise les conditions dans lesquelles cette participation peut se faire et avec quels résultats ? Peut-il également prévoir des sanctions en cas de « non-participation » ou de non-mise en œuvre de celle-ci ? Se pose alors le problème des critères d’évaluation. C’est peut-être pourquoi le législateur s’en est tenu, jusqu’ici, à une formulation générale. C’est-à-dire au principe.

 
BENQUET Marlène (marlenebenquet@hotmail.com)

Étudiante en master 2 de sociologie / ENS-LSH

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Les comportements pornographiques au carrefour des identités de classe et de genre

Tenter de faire l’analyse des pratiques et des positionnements normatifs adoptés face aux produits pornographiques suppose de rompre avec une approche de la pornographie en termes d’analyse de contenu pour centrer le travail sur les différents types de réception de ces images. L’objectif est de déterminer la distance existante entre les systèmes de genre individuels et les représentations des rapports sociaux de sexe véhiculés par la pornographie. Cette distance détermine différents types de positionnement individuel. La question posée est donc la suivante : de quelle manière l’identité de genre et de classe de l’individu s’articulent-elles dans les systèmes de genre individuels ? Dans quelle mesure le positionnement social et genré des individus conditionnent–ils des comportements pornographiques distincts ? Il ne s’agit pas seulement de comparer des pratiques masculine et féminines ou des pratiques populaires et bourgeoises, mais de saisir comment les rapports sociaux de sexe se déploient différenciellement en fonction de l’appartenance de classe des individus. L’enquête vise donc à comparer les pratiques et positionnements normatifs d’hommes et des femmes issus de milieux sociaux distincts de manière à saisir comment ces deux identités se combinent pratiquement pour produire des systèmes de genre individuels différents, plus ou moins proches des représentations pornographiques.

 
BENQUET Marlène (marlenebenquet@hotmail.com)

Étudiante en master 2 de sociologie / ENS-LSH

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

Comportements pornographiques et sexualité

L’enquête qualitative menée cette année porte sur un type de comportement sexuel, les comportements pornographiques. Contrairement aux études portant sur les contenus pornographiques eux-mêmes, il s’agit de décrire les modes de réceptions individuelles à la fois pratiques (quels usages sont faits de la pornographie ?) et normatifs (quels discours sont élaborés sur la pornographie ?) de ces représentations. Mais les comportements pornographiques, comme tout comportement sexuel, ne peuvent pas être étudiés indépendamment des autres secteurs de la vie sociale. Si le travail vise d’une part la description de la diversité des réponses individuelles possibles à ces représentations, il tente d’autre part de situer socialement et sexuellement ces comportements, c’est-à-dire de déterminer la manière dont ces comportements s’inscrivent dans la construction d’une identité sociale et genrée. Notre hypothèse est que les réponses individuelles aux injonctions de genre pornographiques sont situées socialement. Organisée autour d’une interrogation sur les catégories de comportement sexuel, de genre et de représentations sexuelles, notre enquête porte sur trois groupes d’amis mixtes d’environs vingt-cinq ans, caractérisés pour le groupe 1 par un fort capital économique, pour le groupe 2 par un fort capital culturel, et pour le groupe 3 par un faible capital économique et culturel. Sept entretiens ont été réalisés dans chaque groupe alternativement par un enquêteur femme puis homme.

 
BENSAADI Ahcene présence à confirmer (ahcene@ehess.fr)

Doctorant / EHESS/CADIS

RT n° 39 Identité - subjectivité - revendication - changement social

Les jeunes issus de l'immigration, enjeux culturels et dilemme de l'intégration

 La question identitaire est un élément important dans la compréhension de la réalité d’un groupe et dans la structuration des interactions des individus avec leur environnement social. Cette question acquière une importance encore plus significative quand il s’agit de jeunes issus de l’immigration. En effet, et loin de toute considération culturaliste, la compréhension du processus de construction identitaire chez ces jeunes est à notre yeux un moyen judicieux pour comprendre les enjeux culturels, politiques et idéologiques qui affectent leur manière de s’inscrire dans la société française. Contrairement aux idées largement diffusées et selon lesquelles l’attachement aux valeurs héritées de la culture familiale (que j’appelle aussi parentale), est à l’origine de la difficulté de certains d’entre eux à s’identifier et à s’insérer dans la société française, cette étude démontre qu’il existe d’autres facteurs encore plus déterminants qui interviennent dans ce processus. Après avoir présenté le contexte culturel et social dans lequel ces derniers évoluent, nous exposerons la nature des rapports que ceux-ci développent avec les deux univers auxquels ils appartiennent et la façon dont ils mobilisent les différents éléments qu’ils y puisent pour se définir d’abord et pour donner une légitimité et un sens à leur « présence » dans la société française.

 
BÉRARD Yann (berardy@rennes.iep.fr)

Doctorant / IEP de Rennes/Centre de recherches sur l'action politique en Europe (CRAPE/UMR CNRS 6051)

RT n° 27 / RT n° 29 Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs / Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions / Sociologie politique

Is small so beautiful ? L’internationalisation des activités d’ingénierie-conseil auprès des collectivités locales en Europe

S’il est difficile d’assimiler l’ingénierie-conseil à un métier particulier, c’est qu’elle renvoie d’abord à l’instauration d’une relation (avec un client, un public-cible) qui objective une situation d’expertise. Généralisable à un grand nombre de secteurs, l'ingénierie-conseil auprès des collectivités locales se caractérise également par un fort mouvement d’internationalisation, qui n'est ni nouveau, ni propre à elle. Ce phénomène pose ici toutefois une question spécifique qui renvoie autant au statut épistémologique que social de l’expertise. Car si l’ingénierie-conseil opère dans un contexte transnationalisé, d’un pays à un autre, comment appréhender alors le contenu et la forme de l’expertise ? En quoi cela change-t-il la nature des savoirs mobilisés ainsi que celle des supports de production/diffusion employés pour les faire circuler ? Enfin, si l’ingénierie-conseil s’internationalise, cela signifie-t-il forcément des politiques identiques partout et pour tous ? Pour tenter de répondre à ces questions, on se propose de fournir le matériau d’une enquête en cours portant sur les activités de deux bureaux d’études privés, l’un allemand, l’autre français, intervenant à l’étranger dans les secteurs des transports urbains et de l’appui au développement. Cette enquête, qui a fait l’objet d’une immersion prolongée dans les deux entreprises, s’appuie sur l’analyse fine des interactions à l’œuvre entre consultants, élus et bailleurs de fonds, à partir d’une série d’études de cas.

 
BÉRAUD Céline présence à confirmer (celineberaud@club-internet.fr)

Prag (professeur agrégé détaché dans l'enseignement supérieur), docteur en sociologie / Prag à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (rattachée à l'IESR) Membre associé du Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits Religieux (EHESS, CNRS)

RT n° 20 Méthodes

Voyage dans l’ « ecclésiosphère » : mener une enquête auprès du clergé catholique

Si l’accueil est le plus souvent bienveillant, le principe même de l’acceptation de l’enquête n’est pas toujours évident, tout particulièrement au sein du « catholicisme de l’identité ». Ainsi ai-je été confrontée à des stratégies d’évitement par rapport à mes demandes d’entretien. Lorsqu’une rencontre a été possible, la retenue des personnes interrogées a pu encore poser problème. Les clercs qui sont des « professionnels de l’expression orale », font preuve d’une aisance discursive qui peut rapidement se transformer en langue de bois. Loin de constituer des échecs, ces différentes situations disent beaucoup « en creux » sur le rapport des clercs à leur institution et au reste de la société. Les catholiques qui se définissent comme minoritaires, considèrent leur Église comme une institution précaire, voire exposée au reste du monde qui lui serait hostile. La sociologie, associée à la période contestataire des années 1960 et 1970 avec laquelle certains ont voulu rompre, est parfois présentée comme une « contre-théologie ». On lui reproche d’accompagner, par un processus de prophétie autoréalisatrice, le mouvement de crise qu’elle décrit. Dès lors, il n’est pas étonnant que la situation d’entretien puisse être redoutée. On peut aussi y voir l’intériorisation de l’illisibilité sociale du message catholique dont les clercs ont développé une conscience aiguë. Domine chez un grand nombre d’entre eux la crainte d’être incompris par tout acteur qui n’en serait pas membre.

 
BÉRAUD Céline présence à confirmer (celineberaud@club-internet.fr)

Prag (professeur agrégé détaché dans l'enseignement supérieur), docteur en sociologie / Prag à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (rattachée à l'IESR) / Membre associé du Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits Religieux (EHESS, CNRS)

RTf n° 43 Sociologie des religions

Aumôniers et "nouveaux clercs" dans la prise en charge de la cure d'âme

Au milieu des années 1980 était développée la problématique des « nouveaux clercs » selon laquelle les « clercs traditionnels » subissent, dans la prise en charge de la cure d’âme, une sévère concurrence émanant des « spécialistes des relations humaines et de la santé » capables de mobiliser un savoir considéré comme scientifique. La concurrence semble avoir fait place, au moins partiellement, à des formes de collaboration comme le montrent les interactions des aumôniers avec les professionnels profanes des établissements publics dans lesquels ils sont nommés, ainsi qu’avec les membres du secteur associatif qui peuvent y intervenir. Le constat d’une « sorte de dissolution du religieux dans un champ plus large » se vérifie encore davantage aujourd’hui. Mais les permanents des institutions religieuses, tout particulièrement catholiques, ne s’en trouvent pas pour autant exclus. Ils mobilisent des compétences profanes relevant notamment de la psychologie. La problématique actuelle ne réside donc pas tant dans l’éviction du religieux que dans la mouvance de ses frontières avec le non-religieux. Elle ne se comprend qu’en lien avec les populations bénéficiaires de l’activité d’accompagnement, dans laquelle se mêlent croyants et non-croyants. Les frontières entre religions paraissent, elles aussi, plus poreuses. Du fait de leur nombre, le rôle des aumôniers catholiques s’étend aux fidèles d’autres confessions bénéficiant d’un moindre encadrement institutionnel.

 
BERCOT Régine (Regine.bercot@numericable.fr)

Professeur / Université Paris 8, Laboratoire Genre Travail et Mobilité (GTM)

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Risque et action pour le conjoint du malade Alzheimer

On s’intéressera aux individus qui maintiennent une relation avec leur conjoint, malades Alzheimer. Notre thèse est que le conjoint se situe au cœur de la maladie ; la désignation comme “ aidant ” reflète une conception tronquée de la position du conjoint. Notre contribution montrera comment, tout en étant en posture d’aidant, le conjoint occupe en fait une position qui fait de lui un individu à risque. En effet, les conjoints ont à se mobiliser pour affronter les problèmes et rester bien portant. Comment le conjoint maintient-il, ou plutôt construit-il sa capacité d’action et de résolution des problèmes dans un contexte de crise ? Pour analyser ceci nous proposerons de nous nous référons au concept de régime d’action.

 
BERNARD Julien (ju.bernard@voila.fr)

Doctorant, chargé de cours / Université de Poitiers, laboratoire Icotem

RTf n° 17 Gestion politique du corps et des populations

Du défunt aux endeuillés : genèse, modalités et conséquences pratiques d'un déplacement du rapport à la mort

L’étude des formes actuelles de définition sociale des comportements appropriés à la situation des funérailles permet de constater l’une des transformations symptomatiques de la redéfinition du rapport à la mort : le déplacement du centre d’intérêt des groupes sociaux en charge du secteur funéraire, pompes funèbres en tête, de la figure du défunt vers le groupe des endeuillés. L’orchestration des techniques de modulation des émotions en est une des modalités. L’ouverture à la concurrence du secteur peut être à l’origine de cette mutation. La prestation des pompes funèbres peut être comprise comme une stratégie marchande de publicité en acte vis-à-vis d’une clientèle potentielle, implicitement indexée au capital économique présumé des familles et du défunt. Dans cette tendance, le défunt ne serait donc plus le personnage central des obsèques mais une sorte de prétexte à zèle. En inspiration du troisième point de l’appel, la proposition s’appuie sur un travail de thèse méthodologiquement basé sur une observation participante d’une centaine de funérailles depuis la position d’employé "porteur de cercueil" et sur un travail d’entretiens auprès d’agents de pompes funèbres sur le thème de leurs pratiques professionnelles, de la mise en scène des funérailles et de la gestion des émotions. Elle se propose de questionner ainsi la prise en charge du défunt et des endeuillés, ses modalités et l’enjeu dont elles peuvent être l’expression.

 
BERNARD Sophie (sopberna@u-paris10.fr)

ATER / IDHE, Université Paris X-Nanterre

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

"C'est pas un homme qui va travailler dans les dentelles !" De l'impossible mixité dans la grande distribution ?

Margaret Maruani et Chantal Nicole-Drancourt avaient déjà mis en évidence il y a une quinzaine d’années que le secteur de la grande distribution se caractérisait par une “ gestion sexuée du temps de travail ” : d’un côté les caissières, majoritairement des femmes, employées à temps partiel ; d’un autre côté les managers de rayon, essentiellement des hommes, employés à temps plein. Pourquoi une telle scission entre hommes et femmes ? Les femmes ne postulent-elles qu’en caisse et les hommes uniquement en rayon ? Ou est-ce l’organisation qui opère cette répartition sexuée des postes au moment du recrutement ? En somme, les femmes sont-elles exclues des postes à responsabilités par l’organisation ou s’en excluent-elles elles-mêmes ? S’appuyant sur une enquête réalisée dans un hypermarché située en banlieue parisienne, cette contribution vise à faire émerger la question de la “ conciliation ” des temps professionnels et des temps domestiques comme clé de lecture des mécanismes par lesquels se construit une répartition sexuée du personnel de la grande distribution. Nous nous intéresserons également aux “ exceptions ”, à ces femmes qui occupent un poste de manager de rayon et à ces hommes qui travaillent en caisse. Nous verrons que ces “ exceptions ” ne constituent nullement la preuve de l’enclenchement d’un mouvement vers une véritable mixité professionnelle, mais révèlent au contraire d’autres disparités internes liées aux représentations sexuées des individus.

 
BERNARD DE RAYMOND Antoine (antoine.deraymond@idhe.ens-cachan.fr)

Doctorant / Laboratoire : IDHE

RT n° 12 Sociologie économique

Fruits et légumes et travail environnemental

La construction d’une législation restreignant l’usage des pesticides en agriculture pose aux producteurs de fruits et légumes à la fois la question des solutions techniques possibles pour répondre à ce défi et celle de la qualification de ces solutions et de leur valorisation marchande. Du coup, pour comprendre comment se développent les questions environnementales dans la filière fruits et légumes, il faut à la fois saisir les possibilités qui s'offrent aux producteurs à partir des itinéraires culturaux existants, et les outils institutionnels ou contractuels utilisés par les agriculteurs pour valoriser leurs efforts pour préserver l'environnement. D’abord, nous montrerons quelles solutions techniques s’attachent à quels types d’exploitations. Ensuite nous étudierons quels sont les choix institutionnels effectués par les agriculteurs pour obtenir une valorisation marchande de leur travail environnemental. Nous constaterons ainsi que l’agriculture biologique est fortement associée à une agriculture traditionnelle, dans de petites exploitations, et qu’elle reste de ce fait une « niche ». Ensuite, nous verrons qu’après être passé surtout par de la Certification de conformité, le travail environnemental des agriculteurs passe de plus en plus par des contrats privés mis en place par des distributeurs pour réguler leurs approvisionnement. Ces contrats sont internationaux et concurrencent le développement du référentiel national pour l’agriculture raisonnée.

 
BERNARDEAU Denis
HELY Matthieu (matthieu.hely@ens.fr)

ATER / Centre Maurice Halbwachs (UMR CNRS 8097)

RT n° 35 Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

Les paradoxes du salariat dans le secteur associatif : servir un projet d’utilité sociale ou consentir à sa propre exploitation ?

Les acteurs du secteur associatif sont souvent étudiés, par les sciences sociales et la sociologie, sur le mode du militantisme et de l’engagement dans l’espace public en empruntant, en cela, aux analyses issues de la science politique et de la sociologie des mouvements sociaux. Cette approche, si elle n’a plus à prouver sa pertinence, n’épuise pourtant pas la complexité de l’univers associatif. En effet, l’accroissement important de l’emploi salarié associatif, la « professionnalisation » du bénévolat pour lequel la bonne volonté affichée n’est plus un critère suffisant pour garantir l’accès à la pratique et l’institutionnalisation du volontariat, comme statut composite et intermédiaire entre le bénévolat désintéressé et le salariat de droit commun, sont des éléments qui modifient très profondément les fondements du secteur associatif. A tel point, qu’il n’est pas absurde de considérer ce dernier comme un véritable « marché du travail ». Ce parti pris heuristique et théorique amène à réutiliser les outils forgés par la sociologie du travail, tel qu’elle s’est développée dans le cadre des analyses la société industrielle, pour les appliquer au monde associatif. Deux dimensions seront abordés dans le cadre de cette communication : le rapport au travail et le rapport à l'emploi entretenus par les salariés employés dans les "entreprises associatives".

 
BERNARDOT Marc (cyberns@wanadoo.fr)

Maître de conférences sociologie / Université de Lille 1, Clersé-CNTS UMR 8019

RT n° 7 Vieillesse, vieillissement et parcours de vie

Le grand âge en foyer de migrants : nouvelles figures, nouveaux enjeux

Tout comme l’Algérien a été le pivot de la représentation du travailleur immigré durant les Trente glorieuses, le vieil immigré logé en foyer est devenu la figure centrale de l’appréhension du phénomène du vieillissement des populations étrangères en France. Non seulement cette focalisation est réductrice, dans la mesure où l’essentiel des étrangers vieillissants sur le sol français ne vit pas de ce type de logement, mais sa diffusion occulte la diversité des situations et son hétérogénéité sociodémographique. Cette contribution se propose de déconstruire la catégorie de « vieil immigré isolé » et de montrer la diversité des situations sociales et sanitaires dans le monde des foyers entre d’une part des retraités « hyperaffiliés » et d’autre part des populations, dont des vieux migrants, qui subissent le foyer comme un logement contraint et restreignent leur environnement social à ce seul espace résidentiel. Pour faire face à la croissance exponentielle du « grand âge » dans les foyers de travailleurs, les réponses des pouvoirs publics tardent et risquent de laisser se développer des « lieux de vieillissement séparés ».

 
BERNET Eric (bernet.eric@club-internet.fr)

Doctorant non allocataire / Laboratoire ISOS (Interaction Sociale dans les Organisations Sportives) Université de Bourgogne

RTf n° 4 / RTf n° 31 Sociologie de l'éducation et de la formation / Sociologie du sport et des activités physiques

Les parcours étudiants dans la filière STAPS

Suite à la suppression du concours d’entrée en 1995, la filière STAPS a connu une augmentation exponentielle de ses effectifs. Celle-ci a profondément modifié le recrutement et la sélectivité de cette filière. Cette communication est basée sur un suivi rétrospectif, pendant quatre années, des cohortes d’étudiants primo-entrants dans cette filière en 1999 et 2000 au sein de l’Université de Bourgogne. Ces données nous permettront d’analyser les caractéristiques sociales et scolaires des nouveaux entrants, quand s’opère la sélection et quels en sont les déterminants ainsi que l’orientation suite au DEUG. Suite à ces trois éléments, nous présenterons les prolongements possibles de cette recherche. Mots clés : étudiant, filière STAPS, recrutement, sélection, orientation. Bibliographie : Bernet, E., 2005, Les antennes universitaires et la démocratisation, le cas de l’Université de Bourgogne. Comparaison entre le site mère de Dijon et l’antenne du Creusot, dans les filières AES et STAPS. Mémoire de master 2ème année de sciences de l’éducation non publié, Université de Bourgogne, Dijon. Duru-Bellat, M., 1995, « Des tentatives de prédiction aux écueils de la prévention en matière d’échec en 1ère année », Savoir Éducation-Formation, 3, 399-416. Guillerm, M. , 2005, « Les sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) », Note d’Information, n° 05-13, MEN-DEP.

 
BERNIER Sandrine (sandrine.bernier@club-internet.fr)

ATER sociologie / Université F. Rabelais TOURS

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Risques et normes sociales. Les risques technologiques en Indre et Loire

Dans mon étude je cherche à montrer l’importance des normes sociales et des formes de déterminisme qui pèsent sur les personnes dans notre société au début du XXIème siècle, à partir des risques technologiques. Les perceptions des personnes sont orientées par l’essor des technologies qui se sont produits depuis plusieurs siècles, marquant les esprits d’une approche bien particulière, basée sur la rationalité scientifique. On cherche à comprendre ce qui se passe pour lutter contre la possibilité de risque. Le risque industriel est refusé car on attend que tout soit explicable. Or tous les phénomènes imprévisibles n’ont pas toujours été perçus comme des sources d’inquiétudes. La société construit une perception sociale du risque et elle l’établit progressivement. Elle transmet un système de valeurs, elle façonne des « comportements à risque » jugés acceptables ou non et c’est ce système de valeurs qui maintient en place la structure de la société. Celle-ci détermine des choix dans les risques à prendre ou à éviter en les hiérarchisant entre eux. L’acceptabilité d’un risque, c’est aussi prendre en compte parfois une complexité de facteurs qui s’accumulent et qui sont déterminés pour comprendre et donner du sens à ces logiques suivies. Dans cette étude j’apporte une dimension importante au terrain local dans le but d’apporter des éléments de réponses aux perceptions de risques que nous avons aujourd’hui. Cela revient à s’interroger sur ce qui dans le social à un moment donné fait

 
BERNOUX Philippe présence à confirmer (philippe.bernoux@ish-lyon.ccnrs.fr)

Directeur de recherches honoraire / Laboratoire GLYSI-SAFA, institut des sciences de l'homme

RTf n° 40 Sociologie des institutions

Pour une lecture de l'institution ouverte sur la temporalité, l'avenir et le projet

Un des caractères reconnu généralement à l'institution est son inscription dans la durée. Or, cette durée peut être vue de manière statique - l'institution existe dans la mesure où elle a une existence suffisamment longue pour exister dans le champ social -. Elle peut être aussi référée à et être inscrite dans un processus, davantage qu'elle ne l'est habituellement. Si c'est le cas, il faut alors la considérer dans sa temporalité, et le faire non de manière statique, mais dans un processus faisant une place à l'idée d'avenir. Le temps de la temporalité est inscrit dans une durée, qui ne relève pas de la nécessité mais qui est ouvert sur un projet. Celui-ci est bien sûr rattaché à un passé mais le remodèle et le dépasse. Il s'agit peut-être d'une caractéristique de la post-modernité dans laquelle nous serions déjà engagés. On analysera le lien entre institution et projet à travers l'analyse de situations d'entreprise faisant apparaître la dimension - où l'absence de dimension - de la temporalité et du projet et remodelant ainsi le concept d'institution.

 
BERTAUX Daniel (bertaux@ehess.fr)

Directeur de recherches émérite au CNRS / Centre d'Etudes des Mouvements Sociaux

RTf n° 5 Classes, inégalités, fragmentation

Sur la production des énergies humaines ou production anthroponomique

Ils l'avaient entrevu : "La production d'une société est double : production des choses et production de la vie, production des êtres humains (Menschen) eux-mêmes" (Marx). Mais le marxisme orthodoxe assimila "production de la vie" et re-production matérielle ("triviale" - ? -) de l'énergie humaine physique, et s'en désintéressa. D'où l'absence dans cette tradition de pensée du travail domestique, de la socialisation, de la révolution des soins médicaux et de la révolution éducative engagées simultanément à la fin du XIXème siècle. Or ces deux "révolutions anthroponomiques", la sanitaire et l'éducative (celle-ci révolutionne la production des qualités de l'énergie humaine) n'ont depuis jamais cessé de se développer. S'y ajoutent l'extraordinaire expansion contemporaine des "services aux personnes" de toute nature, du care au tourisme en passant par la restauration. . . bref un immense continent vierge qui s'offre à la pensée : au Sud, impérieuses demandes de développement "humain" de populations peu solvables (Rapports du PNUD, travaux d'Amartya Sen) et crises anthroponomiques récurrentes (famines, SIDA, pandémies). Au Nord, demandes - fort solvables - de care et de fun de populations aisées vieillissantes. Mais toutes ces activités "anthroponomiques" si diverses font-elles système ? Leur ensemble est-il régi par une seule et même logique sous-jacente (qui ne semble pas être une logique marchande, comme celle qui régirait les activités "économiques") ? Quelle est alors cette logique ?

 
BERTAUX-WIAME Isabelle (bertaux_wiame@yahoo.fr ; bertaux@u-paris10.fr)

Chargée de recherche, CNRS / Genre, Travail, Mobilités, CNRS-Université Paris-10, 200 avenue de la République, 92000 Nanterre

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Vie privée/vie professionnelle : retour sur un rapport fondamental de la construction des trajectoires sociales

A partir d'entretiens biographiques issus de différents terrains, nous proposons à la discussion une analyse du processus de construction du rapport vie privée/vie professionnelle. Cette question a été débattue à propos des seules femmes actives souvent en termes de conciliation et de compromis. Qu’en est-il actuellement alors que le processus d’intégration des femmes au marché du travail, notamment des femmes diplômées, paraît irréversible ? Plus que jamais les modalités entre vie privée/vie professionnelle sont centrales dans la construction des trajectoires aussi bien masculines que féminines, notamment lorsque les entreprises imposent à leurs salarié-e-s un parcours professionnel « nomade ». Nous tenterons de montrer comment l’imbrication forte caractérisant le secteur des métiers indépendants de la vie professionnelle avec la vie privée n’est pas absente du contrat de travail tacite entre l’Etat-employeur et ses agents, comment les nouvelles modalités de management du secteur privé–flexibilité, gestion individualisée des carrières, mobilité fonctionnelle et géographique-engagent une redéfinition des frontières entre le privé et le professionnel qui n’est pas sans avoir un impact sur les rapports au travail des hommes et des femmes, sur leurs arrangements conjugaux. La notion –toujours délicate pour les sciences sociales- de « subjectivité » pourra servir de fil conducteur à l’analyse des permanences et des transformations du rapport privé/public.

 
BERTHELEU Hélène (bertheleu@univ-tours.fr)

Maître de conférences sociologie / Département de Sociologie Université de Tours - Laboratoire Citeres (cité - territoires - Sociétés) UMR CNRS

RT n° 2 Migrations et relations interethniques

L’"ethnicisation" ou la forme française des relations ethniques : sociologie d’un processus ou pathologisation des situations ?

Les sociologues qui œuvrent aujourd’hui dans le champ des “ relations interethniques ” ont fait de l’ethnicité un concept dynamique désormais non essentialiste et non substantialiste. Si le potentiel heuristique du concept tient dans l’idée que ces rapports ethniques, du fait de leur caractère transversal, sont intrinsèquement des rapports à la fois économiques, politiques et culturels, on tend encore trop souvent à les considérer comme des relations culturelles ou pseudo-culturelles se développant “ à côté ” ou se combinant à, ou encore comme masquant ces rapports économiques et politiques. Dans le contexte français, si le concept d’ethnicité peine à trouver un véritable écho théorique, l’expression “ ethnicisation des rapports sociaux ” désignant ce processus important de la saillance des catégorisations ethniques, est aujourd’hui largement adopté. Toutefois, le constat de l’ethnicisation devient parfois une explication en soi, suggérant même qu’il y a là une forme pathologique des relations qui masque des rapports qui “ normalement ” devraient être politique et/ou économique. En questionnant la popularité de cette expression en France, on voit comment elle contribue à occulter les relations interethniques telles qu’elles sont à l’œuvre actuellement en Europe. Le succès de l’“ ethnicisation ” serait finalement l’aveu de l’impensé de l’ethnicité.

 
BERTON Fabienne (berton(at)cnam.fr)

CR1 / Cnam, LISE UMR CNRS 6209

RT n° 25 Travail, organisation, emploi

Quelle(s) voie(s) entre une théorie de l'action trop pleine et une théorie de l'institution trop déterminante ?

La nécessité méthodologique de disposer d’un cadre de réflexion qui permette de penser les actions individuelles sans renoncer aux déterminations sociales s’exprime de plus en plus fortement aussi bien en sociologie qu’en économie pour des auteurs soucieux de rendre compte de la réalité des transformations du travail. Plusieurs positions sont exprimées en ce domaine : Certains auteurs considèrent que l’obstacle épistémologique du dualisme individualisme/holisme est insurmontable : il est impossible de construire une articulation entre théorie de l’action et de l’institution et les tentatives menées conduisent soit à trop remplir l’acteur de contenus institutionnels, soit à adopter une théorie de l’institution trop déterminante. D’autres auteurs travaillent à résoudre cet obstacle. Depuis quelques années, de nombreux travaux ont cherché à mieux articuler phénomènes individuels et phénomènes collectifs. Pour cela, il semble tout d’abord nécessaire de considérer qu’il est possible dans le cadre d’un individualisme méthodologique élargi ou complexe d’appréhender des entités collectives à partir d’une position individualiste, de même qu’il est possible a contrario d’appréhender des actions individuelles dans le cadre d’une approche holiste elle-aussi complexe.

 
BERTRAND Dominique présence à confirmer (bertrand@enitiaa-nantes.fr)

Directeur de recherche / INRA ENTIAA Nantes

RAYMOND Adeline présence à confirmer (Adeline.raymond@univ-brest.fr)

Maître de conférences / CRAPE délégation CNRS et ARS

MUNOZ Georges (Jorge.munoz@univ-brest.f)

Maître de conférences / CRAPE délégation CNRS et ARS

RT n° 1 / RT n° 19 Savoirs, travail, professions / Santé, Médecine, Maladie et Handicap

Conditions de travail et accréditation : incidences dans l’activité de travail des professionnels de santé

L’accréditation peut être appréhendée comme un processus d’acquisition de nouvelles normes collectives de travail. En effet, il est recherché, à travers sa mise en place, non seulement une meilleure maîtrise de la gestion de l’hôpital mais également une modification des conduites des professionnels des établissements de santé. Ces derniers s’engagent dans une procédure où la formation à la nouvelle démarche est explicitement présentée et exposée. Durant ce processus, les acteurs apprennent un nouveau langage, acquièrent des nouveaux outils d’évaluation des pratiques, insèrent la démarche dans un mouvement plus large de transformation des pratiques. Autrement dit, l’accréditation se présente comme une tentative de modification de la vision des pratiques et de l’exercice de l’activité professionnelle à l’hôpital. L’accréditation, dans le cadre particulier des établissements de soins connaît une histoire récente en France puisqu’elle est apparue dans les années 90. De ce fait, la littérature qui permet de mesurer son impact sur les conditions de travail et l’amélioration des soins reste sommaire. Nous proposons de présenter ici les résultats d'un travail d'enquête quantitative sur l'introduction de l'accréditation dans les hôpitaux publics et privés. L'étude se fonde sur une exploitation de l'enquête organisations et conditions de travail effectuée par la DRESS.

 
BÉRU Laurent (laubelolo@hotmail.fr)

Doctorant / Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, Département de Communication, Laboratoire C. H. R. I. M. E.

Gr. ad hoc n° 2 Réseaux sociaux

Des réseau(x) généalogique(s) et géographique(s) au sein des études en communication nord-américaines. Le cas des universités critiques

Le présent texte propose d'analyser les rencontres interuniversitaires états-uniennes et canadiennes, et plus particulièrement celles qui se réalisent au sein des études en communication. Pour ce faire, nous mettrons en évidence le fait que les étroites coopérations et les durables collaborations scientifiques, réunissant dans temps et dans l’espace les enseignants-chercheurs nord-américains critiques qui proviennent de diverses facultés, diverses associations scientifiques et/ou divers laboratoires de recherche, entretiennent la vitalité d’un certain discours marxien. Nous posons l’hypothèse que la solidité des réseaux critiques se cristallise sur la base de l’appartenance aux thèses et aux idées progressistes, et se concrétise lors de journées d’étude, au cours de colloques ou de conférences (et ce notamment pendant les réunions de certaines associations scientifiques). En prenant autant appui sur la sociologie des réseaux sociaux (Granovetter, Lemieux, Degenne, Forsé, Mercklé) que sur la sociologie de la science (Merton, Knorr-Cetina, Bourdieu, Shinn, Latour), l'étude proposée souligne la filiation et l’unification liant les générations ascendantes et descendantes de chercheurs critiques, et le(s) réseau(x) qui en découle(nt). Nous nous intéressons particulièrement aux connections intergénéalogiques et interuniversitaires.

 
BESSIERE Céline (celine.bessiere@ens.fr)

Agrégée-répétitrice ENSS, doctorante / ETT du Centre Maurice Halbwachs et CERLIS

GOLLAC Sibylle (sibylle.gollac@ens.fr)

ATER / Paris V, équipe ETT du Centre Maurice Halbwachs

RT n° 12 Sociologie économique

Reprendre mais entreprendre. Le paradoxe des entreprises familiales contemporaines

Cette communication s’appuie sur deux enquêtes ethnographiques de longue durée auprès de familles d’indépendants (exploitations viticoles, entreprises familiales d’artisanat). La reprise d’une entreprise familiale suppose une triple transmission : celle d’un patrimoine productif, celle d’un métier et celle d’un statut de chef d’entreprise. Malgré le poids de ces transmissions familiales — qui font d’eux des « insiders » — les entrepreneurs que nous avons rencontrés se présentent comme des « outsiders innovants ». Ils disent créer une entreprise, réaliser un « projet » personnel et se réaliser à travers celui-ci. Ils se démarquent des pratiques de leurs parents dans l’exercice de leur métier. Ils mettent ainsi en avant leur goût du risque, d’être son propre patron, d’avoir des responsabilités, de s’engager dans de nouvelles activités. Ayant intégrés eux-mêmes les normes méritocratiques du monde salarié, ces chefs d’entreprises refusent d’être seulement considérés comme des héritiers et doivent expliciter ce qui fait d’eux des entrepreneurs. En cela le terrain des entreprises familiales permet aux sociologues de mettre au jour ce que les entrepreneurs et ceux qui ont contribué à leur socialisation (parents, instances scolaires et professionnelles) nomment l’esprit d’entreprise et valorisent comme tel.

 
BESSIÈRE Céline (celine.bessiere@ens.fr)

Agrégée-répétitrice ENSS, doctorante / Equipe ETT du Centre Maurice Halbwachs et CERLIS.

RTf n° 33 Famille, vie privée, vie publique

Le découplage progressif des scènes résidentielles et professionnelles dans les entreprises familiales

Une enquête ethnographique de longue durée menée auprès de « jeunes viticulteurs » et de leurs apparentés permet d’établir les transformations des rapports entre scènes domestiques et professionnelles dans les entreprises familiales sur trois générations. La génération des « grands-parents » des « jeunes viticulteurs » de l’enquête était caractérisée par une superposition des deux scènes au sein de maisonnées exploitantes pluri-générationnelles. La génération des « parents » a entamé un processus de séparation des scènes domestiques, remettant en cause la cohabitation intergénérationnelle. Les femmes ont, en effet, cherché dans l’espace domestique la constitution d’une sphère privée autonome et d’un lieu de réalisation de soi, loin de leur statut peu reconnu d’aide familiale sur l’exploitation. La troisième génération poursuit cette recomposition des rapports entre scènes domestiques et professionnelles. Les jeunes viticulteurs et leurs compagnes entérinent la séparation résidentielle d’avec les parents, qui a été initiée à la génération précédente. La nouveauté provient du découplage des scènes professionnelles, du fait de la généralisation du travail salarié des jeunes femmes, en dehors de l’exploitation. Elle correspond non seulement aux aspirations des jeunes femmes à une émancipation individuelle au travers d’un emploi salarié, mais aussi aux calculs de leurs conjoints qui y voient une manière de soutenir financièrement l’exploitation familiale. Nous analyserons les conséquences économiques et familiales de ce découplage qui caractérise — au-delà de la viticulture — les entreprises familiales contemporaines.

 
BESSIERES Dominique (dominique.bessieres@univ-reims.fr)

Maître de conférences / Université de Reims Champagne-Ardenne, Equipe d’Accueil 3313 : Analyses et Etudes des professionnalisations - IUT de Reims

RT n° 27 / RT n° 29 Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs / Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

La compétence et la professionnalisation : nouveaux vecteurs de légitimité du travail du chercheur ?

Les disciplines universitaires ont un rôle en termes de labellisation (Latour), d’habitus, de compétences et de trajectoire professionnelle. Elles correspondent au processus de complexification de la société (Durkheim). En tant que groupe professionnel, les chercheurs sont porteurs de compétences et de savoirs disciplinaires spécifiques : problématisation, méthodologie, savoir-faire rédactionnels et communicationnels. Ceci atteste l’importance des paires dans la validation des résultats pour être reconnu par la communauté scientifique (enquêtes). Mais, l’exercice solitaire de la fonction de chercheur ne semble plus correspondre à l’air du temps. Aujourd’hui, la dimension collective (réseaux, collégialité) semble délimiter une forme de professionnalisé (Gather-Thurler) valorisée dans la société (Boltanski et Chiappello, Lienhart). La reconnaissance d’expertises pluridisciplinaires des chercheurs est-elle de même nature ? Les théories de la légitimation (Weber, Cotteret, Sfez…) pour mieux correspondre à la société et à ses croyances actuelles incitent à voir dans le développement des recherches pluridisciplinaires un enjeu de crédibilité du chercheur. C’est-à-dire en augmentant le champ de ses compétences entrent -ils dans une perspective de légitimation ?

 
BESSIN Marc (bessin@ehess.fr)

Chargé de recherche CNRS / Centre d'Etude des Mouvements Sociaux, Institut Marcel Mauss, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Le registre des émotions dans les temporalités biographiques : épreuves subjectives et bifurcations en contexte d’individualisation

Le processus d’individualisation structure des parcours de vie plus déstandardisés. Les moments forts qui les scandaient changent de nature : d’événements programmés qui délimitaient les étapes biographiques, les repères temporels deviennent le lieu de négociation avec soi-même et avec autrui, où se re-déterminent les relations d’ordres. L’injonction normative à construire sa propre trajectoire rend pertinente cette analyse des épreuves subjectives et des bifurcations. Les enjeux théoriques et méthodologiques de cette posture sont nombreux, on se limitera ici à souligner l’importance qu’y prend le registre des émotions. A partir de recherches sur les parcours de vie, on montrera comment les événements biographiques peuvent classiquement être à l’origine d’émotions plus ou moins restituées selon les positions dans les rapports sociaux et en fonction de logiques de reconnaissance. Mais les repères temporels du parcours de vie sont aussi le produit des affects et des doutes qui réorganisent parfois le sens de la vie des acteurs et le récit qu’ils en font. Il n’est pas sûr que les clarifications de posture épistémologique, en particulier sur le statut donné au récit, celui des acteurs ou celui que constitue l’analyste, épuise cette part du sensible dans l’analyse des temporalités biographiques. Car l’enjeu est aussi de dépasser les dichotomies classiques renvoyant les affects à tout ce qui échappe à la raison et réduisant les contingences aux limites de l'intelligibilité.

 
BESSIN Marc présence à confirmer (bessin@ehess.fr)

Chargé de recherche CNRS / Centre d'Etude des Mouvements Sociaux, Institut Marcel Mauss, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

RT n° 24 / RTf n° 15 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Les perspectives du care et du genre pour contribuer à un renouvellement de la sociologie du travail social

Si ces dernières années, les problématiques du genre / rapports sociaux de sexe ont largement imprégné les différents champs de la sociologie française, celui de la sociologie du travail social y est resté hermétique, lequel constituait pourtant, dans les années 70 avec les théories du contrôle social, un haut lieu de la sociologie critique. Pourquoi un tel déni, alors que la féminisation des métiers du social et les fonctions de reproduction des rôles sexués de l’intervention sociale apparaissent comme des problématiques évidentes et incontournables dans ce secteur ? Les discours sur le travail social s’appuient sur des dichotomies classiques privé-public, émotion-raison, passif-actif, proximité affective-distance professionnelle, etc. qui entretiennent la division sexuelle en son sein. En critiquant le dilemme « éthique de la sollicitude / éthique de la justice », les perspectives politiques du care ont permis de renforcer les problématiques du genre pour dépasser ces dichotomies. On peut ainsi mieux comprendre comment l’idéologie de la professionnalité dans le travail social a contribué à maintenir à distance toute analyse de l’intrication des rapports sociaux. De plus, les analyses combinées du care et du genre ouvrent un possible renouvellement des questionnements du secteur social car elles renversent les évidences de l’ordinaire, en montrant la banalité de la fragilité et de la dépendance plutôt que de postuler l’autonomie des individus.

 
BESSON Rachel (rachel.besson@u-bordeaux2.fr)

Anthropologue, chercheur associé / ADES-SSD UMR 5185

RT n° 19 Santé, médecine, maladie et handicap

« On ne diagnostique pas la schizophrénie ! ». Raisonnement diagnostique et expérience clinique des médecins généralistes et scolaires

Les médecins généralistes et scolaires sont parmi les premiers soignants à recevoir des jeunes gens présentant des troubles de la personnalité qui se révéleront être des manifestations initiales d’une schizophrénie. Comment les déchiffrent-ils ? A partir de quelles connaissances, sur quelles expériences s’appuient-ils pour identifier le trouble psychotique naissant ? Nous proposerons des éléments de compréhension de ces approches cliniques à partir d’une enquête reposant sur une cinquantaine d’entretiens réalisés auprès de médecins généralistes et scolaires du département de la Gironde. Pour ces professionnels, interpréter les signes d’une schizophrénie débutante se fait rarement à partir de connaissances acquises au cours de leurs études médicales. Dans bien des cas, ils mobilisent des savoirs acquis lors de leurs premières rencontres, professionnelles et/ou privées, avec une personne schizophrène. Nous montrerons que les limites de leurs connaissances sur cette forme de psychose constituent des incertitudes qui, loin de représenter un handicap au cours de la consultation médicale, participent à suspendre le raisonnement clinique de ces praticiens. Ainsi, en particulier pour les médecins généralistes exerçant en secteur libéral, elles contribuent, avec d’autres arguments, à légitimer l’absence de diagnostic, les préservant ainsi de l’annonce.

 
BESSY Olivier (olivier.bessy@wanadoo.fr )

Maître de conférences / Université de La Réunion

RTf n° 31 Sociologie du sport et des activités physiques

Avancées et limites du processus de diffusion du sport. L'exemple des marathoniens

Déjà posée en 1979 par Le Pogam, la problématique de la diffusion sociale de la pratique sportive est récurrente dans le champ de la sociologie du sport. Mais depuis quelque temps, cette question semble un peu délaissée. L’enjeu de cette communication est de lui redonner un réel intérêt sociologique en montrant le rôle joué par la dynamique sociale du modèle des loisirs dans la mise en œuvre du processus de diffusion sociale du sport mais aussi en faisant observer la persistance d’inégalités sociales dans l’accès à ces mêmes loisirs. L’exemple du marathon nous servira ici d’analyseur. Les données présentées s’inscrivent dans une mise en perspective socio-historique en comparant des données déjà publiés (Defrance, 1985 ; Yonnet, 1985 ; Faure, 1987 ; Segalen, 1994) et des résultats d’une enquête réalisée en 1998 (Bessy & Lapeyronie) auprès de 1000 marathoniens. L’échantillon qui se veut le plus représentatif possible est composé de quatorze marathons choisis en fonction de quatre critères discriminants (effectif, géographie, concept et image). Les résultats de notre enquête montrent que si un élargissement de l’aire sociale de diffusion du marathon peut être souligné entre 1985 et 1998, il ne doit pas oblitérer la faible présence des employés et surtout des ouvriers. Cette différence sociale illustre le retard historique pris dans ce type de pratique par ces groupes sociaux qui restent encore davantage frappés par des inégalités en matière d’accès aux loisirs sportifs.

 
BÉTHOUX Élodie (bethoux@idhe.ens-cachan.fr)

ATER / IDHE UMR CNRS 8533

RT n° 12 Sociologie économique

Les entreprises multinationales, l'Europe et les relations professionnelles : un examen de la notion d'"entreprise européenne"

Cette communication part d’une interrogation sur l’entreprise multinationale – sa nature, ses frontières, ses ancrages – et sur la façon de l’appréhender sociologiquement. Renvoyant à l’étude de l’internationalisation des économies, elle se propose d’examiner la notion d'"entreprise européenne", pour questionner notamment l’hypothèse de la "déterritorialisation" des firmes multinationales. Dans un premier temps, à partir d’une analyse documentaire, nous revenons sur les débats économiques, les ambitions politiques et les solutions juridiques qui ont tenté de cerner les attributs, de questionner la réalité (historique et contemporaine) ou de promouvoir l’existence de l'"entreprise européenne". Dans un second temps, en nous appuyant sur des études monographiques, nous abordons cette question par le prisme des relations professionnelles, en examinant le développement d’une instance représentative du personnel originale – le comité d’entreprise européen – mise en place depuis une quinzaine d’années dans les entreprises multinationales dites "de dimension communautaire". Les enjeux, syndicaux, pratiques et cognitifs, qui entourent la mise en place et le fonctionnement de ces nouvelles instances conduisent en effet les acteurs économiques et sociaux à s’interroger constamment sur "ce qui fait" leur entreprise ou leur groupe, sur la pertinence du découpage de ses frontières (externes et internes) et sur la spécificité de son ancrage dans le territoire des États européens.

 
BEVORT Antoine (abevort@free.fr)

Professeur d'Université / CNAM-LISE

RTf n° 34 Sociologie politique

Sociologie et démocratie

L’imaginaire démocratique (du citoyen participant actif à la vie de la cité) affronte une situation paradoxale. D’une part, la démocratie semble s’imposer comme le seul horizon politique, la seule pensée du vivre ensemble possible. D’autre part, elle suscite un certain désenchantement, un « malaise », si ce n’est un certain scepticisme, comme si la démocratie était « en panne ». En fait, cette situation n’est pas tout à fait inédite. La pensée de démocratie a toujours était teintée de scepticisme, notamment dans les milieux intellectuels et sa pratique prudente, si ce n’est réticente, parmi les « professionnels » de la politique. Dans un récent ouvrage, La haine de la démocratie, Rancière estime que la critique de la démocratie est inscrite dans le programme sociologique même qui consisterait à « refaire un tissu social homogène qui succède par delà la déchirure révolutionnaire et démocratique au tissu ancien de la monarchie et de la religion (p. 72) ». C’est cette interpellation qui sera mise à l’épreuve dans la communication, principalement à partir de l’analyse des écrits de trois de ses fondateurs, Tocqueville, Durkheim et Weber sur les questions de l’individualisme, de la régulation, de la légitimité et de la représentation dans une démocratie de masse. La communication examinera en conclusion dans quelle mesure les prudences de ses fondateurs survivent dans la littérature sociologique plus récente.

 
BIDART Claire (claire.bidart@univmed.fr)

Chargée de recherche CNRS / Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail, UMR6123 (CNRS, Univ. de la Méditerranée, Univ. de Provence)

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Parcours, décisions, influences : le rôle de l'entourage relationnel dans les processus d'entrée dans la vie adulte

Les parcours de vie ne se déroulent pas en solitaire dans un univers neutre mais s'inscrivent dans des contextes sociaux et des environnements relationnels qui définissent des contraintes et des ressources pour l'action ; ces entourages montrent également des éventails diversifiés de modèles possibles pour l'acteur. Peuvent ainsi constituer des "exemples" les parents, amis et simples connaissances rencontrées au cours des activités et des circulations. A partir d'une enquête longitudinale qualitative auprès d'un panel de jeunes rencontrés tous les trois ans, nous cherchons à identifier les dynamiques de socialisation au moment de l'entrée dans la vie adulte. Le réseau relationnel de ces jeunes construit une interface entre les différents univers sociaux dans lesquels il se déploie et la dimension individuelle des acteurs. Nous interrogeons ici plus particulièrement la place et le rôle des "autruis significatifs" dans les moments-clés de leur parcours. Lorsque ces jeunes font des choix, bifurquent, demandent un avis ou discutent de questions personnelles, les personnes qui les conseillent contribuent à leur orientation. Ces jeunes se déclarent ainsi souvent influencés par des membres de leur entourage. En identifiant ces "autruis significatifs" ainsi que les qualités des liens qui les unissent aux jeunes, nous voudrions ici montrer la pertinence de l'analyse des entourages relationnels dans leurs interactions avec les parcours individuels.

 
BIDART Claire (claire.bidart@univmed.fr)

Chargée de recherche CNRS / Laboratoire d'Economie et de sociologie du travail, UMR6123, CNRS, Université de la Méditerranée, Université de Provence, Aix en Provence

Gr. ad hoc n° 2 Réseaux sociaux

Relations, influences et orientations

La force des liens se retrouve peut-être dans les ressources pratiques auxquelles ceux-ci donnent accès, mais aussi dans leur capacité à orienter les actions, les choix et les parcours de ceux qu'ils entourent. Les avis, les conseils, les exemples, les modèles offerts par l'entourage sont susceptibles d'influencer les trajectoires biographiques, en particulier lors des carrefours ou des bifurcations qui se présentent lors du cheminement. Mais quels liens sont ainsi mobilisés pour offrir non pas forcément une aide concrète, mais plutôt un appui, une balise, une ressource cognitive ? Qui sont ces "autruis significatifs" que l'on reconnaît comme guides et qui contribuent à construire la personne dans la durée ? Quelle est leur place dans l'ensemble du réseau relationnel ? La qualité du lien et la dimension affective sont-elles pertinentes, ainsi que les qualités des personnes en contact ? Quelles proximités caractérisent les partenaires écoutés lors des grands choix ? Comment cela évolue-t-il dans le temps, au long des mutations caractérisant l'entrée dans la vie adulte ? A partir d'une enquête longitudinale reconstituant à intervalles répétés les réseaux relationnels de jeunes, nous explorons ici les dimensions impliquées dans les processus d'influence interpersonnelle.

 
BIDET Marie présence à confirmer (marie.bidet@gapp.ens-cachan.fr)

Doctorante / ISP - GAPP (ENS Cachan)

RTf n° 13 Droit et justice

Légiférer sur un sujet brûlant : l'exemple de la loi Besson II

« Bohêmiens », « Romanichels » et autres « nomades » ont depuis toujours fait l’objet d’une attention particulière de l’Etat. Visés par des législations censées garantir l’ordre public, ils sont l’objet de mesures discriminantes instaurées par le droit. Pourtant on a l’impression d’être passé d’une politique visant le contrôle de ces « voyageurs » à des politiques davantage placées sous le signe de l’accueil comme l’indique le titre de la loi Besson II qui oblige tous les départements à se doter d’un schéma d’accueil des « gens du voyage » et toutes les communes de plus de 5000 habitants à créer une aire d'accueil. Quelle est la nature réelle de ce changement et comment peut-on l’expliquer ? Notre contribution vise ainsi à étudier la genèse de la loi Besson II à travers l’exploration des dynamiques et des mobilisations sociales qui en sont à l’origine. Nous verrons dans un premier temps ce que les législations précédentes ont apporté à la construction de la loi Besson II mais aussi comment le législateur s’en est inspiré. Dans un second temps, nous identifierons les différents facteurs, locaux et nationaux, qui ont favorisé l’émergence de cette loi et influencé son contenu. Enfin nous montrerons en quoi les interactions entre les différentes forces en présence témoignent d’une loi « délicate » : si un accord commun se dégage sur le principe, un clivage perdure sur les modalités de sa mise en œuvre.

 
BIDOU-ZACHARIASEN Catherine (catherine.BIDOU@dauphine.fr)

Directrice de recherche CNRS / IRISES UMR 7170 Université Paris Dauphine

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Mixité sociale et luttes d’appropriation dans un quartier parisien en cours de rénovation

L’intervention proposée sera basée sur les données d’une recherche en cours d’achèvement menée dans le quartier Sainte Marthe, Paris 10 ème arrondissement. A l’origine populaire et industrieux, le quartier fait l’objet depuis un certain temps déjà d’une récupération spontanée par diverses couches de populations. Migrants arrivés par vagues successives, squatters, artistes… ont au cours des années transformé la physionomie du quartier. Une OPAH (opération publique d’amélioration de l’habitat) engagée depuis peu par la municipalité doit aboutir à une amélioration du cadre bâti, sans remettre en question la diversité sociologique des habitants. La notion de mixité sociale est au principe même de cette action publique. Au cours de ce travail, entrepris sous une forme classique d’anthropologie urbaine à partir d’observations participantes et de longs entretiens semi-directifs auprès des différentes catégories de populations, nous nous sommes efforcés de saisir comment « l’espace quartier » -à travers ses différentes dimensions- était intégré dans les organisations et les trajectoires de vie des différents types de populations. Nous verrons comment, au delà de leurs rapports aux différents types d’espaces -privés, semi-privés, publics de proximité, public tout court…- et de la grande variété de modes de sociabilité qui s’y expriment, l’espace de cet habitat et de ce quartier assez spécifiques, constitue une ressource sociale que les uns et les autres peuvent se constituer

 
BIEBER Anne (annebieber@free.fr)

Doctorante / Université Marc Bloch - Strasbourg- Laboratoire - CNRS 7043 "Cultures et sociétés en Europe"

RT n° 3 Normes, déviances et réactions sociales

Réaction, adaptation et conversion carcérale du détenu

La prison en tant qu’institution pénale à vacation à punir et à réinsérer, mission qui va se diluer dans le traitement de l’ensemble de la population carcérale, prévenue ou condamnée et s’adapter à la personnalité des personnes placées sous main de justice, c’est l’individualisation de l’exécution des peines. Par ailleurs, chaque établissement possède son règlement intérieur qui dépend de la qualification de l’établissement, de la population carcérale accueillie et de la spécificité des locaux, cette organisation est complétée par des règles informelles qui viennent faciliter la vie en détention. Il existe donc un ensemble de « normes » plus ou moins certaines et identifiées qui viennent jalonner le parcours carcéral du détenu, ainsi qu’un système de valeur enfermant bien souvent les uns et les autres dans leur rôle et statut de détenus ou personnels pénitentiaires. C’est également l’identification des attentes et pratiques des juges d’application des peines qui vont conditionner et motiver les détenus à devenir acteur de leur peine. L’adaptation de chaque détenu à l’institution carcérale passe donc par la connaissance et l’appropriation de ces normes et valeurs qui va créer un nouveau rapport à l'institution. C’est ici que se profile donc le caractère stratégique de l’engagement des reclus dans la culture carcérale, faire son temps le plus rapidement possible, dans les meilleures conditions possibles en essayant tout de même de capitaliser certains attributs pour la sortie.

 
BIGOT Etienne (etienne.bigot3@libertysurf.fr)

Doctorant en sociologie / Université de Franche-Comté laboratoire LASA-UFC

RTf n° 10 Sociologie de la connaissance

Le débat sans débord

Penser librement est-il jamais pensable ? Nos connaissances devraient permettre d’interroger ce qui s’avance ici comme fondamental dans nos sociétés libres. La notion de limite interfère dans l’imbroglio de la communication. Si les images possèdent l’efficacité du choc, ce sont les mots qui leur donnent tout leur poids. Dans le contexte d’une société démocratique assourdie et assourdissante, l’enjeu est doublement double. L’individu doit s’exprimer mais aussi se taire, la société l’encourager à se prononcer mais aussi à acquiescer silencieusement. L’équilibre des « terreurs douces » repose sur le modèle de la médiation. Mettant à profit toute contradiction pour y mettre fin, la médiation est utilisée pour décoder des discours politiques, médiatiques et généraux. Des couples conflictuels, manichéens ou monistes, sont produits afin de valider « naturellement » des conclusions et de les spécifier comme vérités. Si la médiation est un outil de codage du discours, elle le décode tout en proposant une la clef pour nous connaître « nous-mêmes ». Ingrédient indispensable de la figure sociale moderne, la médiation produit de nouvelles façons de s’exprimer qui effacent les aspérités. Elle annihile toute lutte au profit d’une « hiérarchie plate », laisse entendre des discours entendus à la place des révolutions de mots. Avec elle, tout va pour le mieux dans un monde qui finit bien. L’espérance de ce qui arrive toujours fait rendre raison à la crainte de ce qui risque de se produire

 
BIGOT Sylvie présence à confirmer (bigotsylvie@hotmail.com)

Doctorante allocataire de recherche / LASAR-Université de Caen Basse-Normandie

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

La théorie des scripts sexuels appliquée à l’escorting

Cette communication illustre la manière dont la théorie des scripts sexuels élaborée par Gagnon et Simon peut être mobilisée pour décrire et interpréter l’escorting, une forme de prostitution particulière par sa dimension technologique (recrutement par Internet), et par la configuration qu’elle prend : une relation tarifée de quelques heures entre deux personnes qui se sont mutuellement choisies. L’escorting est à mi-chemin entre une relation prostitutionnelle classique et une relation amoureuse. N’étant ni tout à fait l’un, ni tout à fait l’autre, les scénarios culturels servant de toile de fond à l’élaboration de scripts chez les escortes et chez les clients empruntent aux deux registres. Ces références culturelles sont ensuite, au niveau individuel, interprétées, mélangées aux souvenirs d’expériences passées, pour nourrir l’imaginaire sexuel et former ainsi des scripts intrapsychiques. Nos entretiens semi directifs ont permis de mettre en évidence que ce n’est pas tant le fait d’être escorte ou client qui conditionne les scripts intrapsychiques que l’importance accordée aux scénarios culturels, soit amoureux soit prostitutionnels. La rencontre va donc être l’ajustement, voire la confrontation, de ces deux scripts qui puisent dans des références culturelles a priori contradictoires. Nous montrerons que, lorsque les scripts intrapsychiques divergent, la rencontre se déroule alors quasi-systématiquement selon un script interpersonnel basé sur des références prostitutionnelles

 
BIGOTE Capucine (capucinebigote@hotmail.com)

Doctorante allocataire de recherche / Laboratoire Georges Friedmann, université Paris 1

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Les intervenants éducatifs en CER : "les braconniers du social". Quelle reconnaissance des compétences développées ?

Les intervenants éducatifs en Centre Educatif Renforcé, personnels non qualifiés, occupent les postes que les éducateurs diplômés délaissent. La communication vise à analyser les enjeux de cette ouverture du marché du travail, les dynamiques de création des compétences développées par ces salariés dans la prise en charge des mineurs délinquants et les stratégies mises en œuvre pour les faire reconnaître par les autres membres du secteur social, ceux là même qui les ont longtemps déconsidérés.

 
BIHR Alain (abihr@wanadoo.fr)

Professeur d'université / Université de Franche-Comté / Laboratoire de sociologie et d'anthropologie de l'Université de Franche-Comté

RTf n° 5 Classes, inégalités, fragmentation

La portée heuristique du concept marxien d'expropriation

La communication ici proposée s’articulerait en trois moments. Le premier reviendrait sur le concept d’expropriation, pour rappeler la place centrale qu’il occupe dans l’analyse marxienne tant du capital comme rapport de production que dans la structure des classes sociales dont ce rapport est un moment constitutif essentiel. Le second montrerait que la portée de ce concept dépasse de loin la seule sphère économique, pour s’étendre potentiellement à l’ensemble des champs de l’existence individuelle et collective, de l’expropriation des individus à l’égard de la maîtrise de leurs conditions matérielles d’existence jusqu’à leur expropriation à l’égard du sens même de leur existence. Dans un troisième temps, il s’agirait de montrer comment ce concept permet de jeter les bases de solutions originelles de quelques problèmes pendants de la sociologie de classes et des inégalités sociales, notamment ceux concernant le statut des ‘couches moyennes salariés’, la fragmentation statutaire actuelle du prolétariat (et plus largement du salariat) et les soi-disant nouvelles formes de pauvreté et d’exclusion.

 
BILAND Emilie (emilie.curinier@ens.fr)

Doctorante / Equipe Enquêtes Terrains Théories, Centre Maurice Halbwachs, ENS Paris

RTf n° 34 Sociologie politique

Professionnels de la "démocratie participative" en "banlieue rouge" : un personnel municipal en porte-à-faux

Rencontrés au cours d’une enquête ethnographique menée en 2003-2004 dans les comités de quartiers de Gennevilliers, les agents municipaux chargés d’animer ces dispositifs se trouvent dans une position problématique tant au sein de l’administration que dans leurs relations avec les élus et avec les habitants. Leur rôle de fer de lance de la modernisation de l’administration communale est bien difficile à tenir. Leur rapport aux habitants est ambigu, entre encadrement et familiarité. L’observation des comités renseigne sur le partage des rôles entre élus et fonctionnaires, mais aussi sur les possibilités de « transgression » que permet leur position professionnelle. La codification de ce nouveau « métier » est rendue délicate par la coexistence de deux générations d’agents municipaux : des quadragénaires, d’abord animateurs auprès d’enfants, aujourd’hui fonctionnaires titulaires, et de jeunes contractuels, souvent titulaires d’un DESS. Si tous se disent ancrés à gauche, leur rapport aux élus et à l’héritage communiste diffère. Plus ouvertement critiques vis à vis de la politique municipale, les nouvelles recrues adhèrent à la logique de professionnalisation bureaucratique, en accord avec les perspectives ouvertes par leur capital scolaire. A contrario, c'est la possibilité de convertir leur capital professionnel en capital politique qui représente une opportunité pour ceux qui vivent leur carrière sur le mode de la proximité avec les élus.

 
BLANC Martine (martine.blancmerigot@laposte.net)

Maître de conférences / Université de Rouen, GRIS

PEYRARD Catherine (catherine.peyrard@wanadoo.fr)

Maître de conférences / Université de Rouen, GRIS

RT n° 25 Travail, organisation, emploi

La construction des collectifs de travail : entre objectivisme et subjectivisme, entre reproduction et action

Nous partons de deux recherches. L’une concerne l’accueil par les pratiques professionnelles des écrits électroniques et leur transformation réciproque. L’autre porte sur la question de la flexibilisation et du travail en réseau. Dans un premier temps, nous essaierons de retracer à partir de quels éléments nous avons commencé à poser nos questions, à bâtir l’architecture de la recherche. Dans un deuxième temps nous essaierons de rendre compte de comment nous avons travaillé nos terrains et en particulier la question des collectifs de travail. Aujourd’hui, les milieux professionnels se caractérisent par leur labilité et leur mobilité. Les groupes se font et se défont du fait de la précarisation de l’emploi, du fait de la flexibilisation du travail, du fait des façons nouvelles de travailler ensemble, permises par les tics, selon que l’on soit proche ou lointain dans le temps et/ou l’espace. La construction des liens est sans cesse remise en chantier. Les engagements de chacun sans cesse mobilisés alors même que les situations locales sont sans cesse retravaillées et orientées par les situations globales. L’analyse des subjectivités devient cruciale alors même qu’elles sont encastrées au sein de processus qui se présentent comme des contraintes lointaines. La conduite simultanée de l’analyse des subjectivités et des contraintes objectives devient un passage obligé pour élucider les différents niveaux de transformations des collectifs de travail et leurs articulations.

 
BLANCHARD Melissa présence à confirmer (melissa_blanchard@yahoo.com)

Doctorante en socio-anthropologie Université de Provence/Università di Modena e Reggio Emilia (Italie) / Université de Provence, MMSH, LAMES

RT n° 2 Migrations et relations interethniques

Des trajectoires différentes : parcours migratoires et carrières professionnelles des femmes sénégalaises à Marseille

Cette communication s’intéressera à l’analyse des carrières professionnelles et personnelles des femmes sénégalaises migrantes à Marseille qui s’investissent dans une activité économique indépendante. L’objectif est de comprendre comment l’expérience migratoire et l’insertion de ces femmes dans le milieu professionnel influent sur leur prise d’autonomie, autant au plan matériel que symbolique, par rapport à l’emprise que la communauté et la famille exercent sur leurs destins. Une attention particulière sera portée sur l’investissement de ces femmes dans des activités commerciales, pour illustrer dans quelle mesure elles peuvent être considérées comme des véritables initiatives entrepreneuriales, porteuses d’insertion économique et d’un projet d’accomplissement personnel et social et quels effets elles ont sur le processus d’individualisation de ces actrices sociales. Nous nous interrogerons aussi sur l’influence de la mobilité spatiale et de la circulation dans la réussite de ces processus et sur l’utilisation stratégique et consciente qu’en font les femmes. Nous voulons comprendre dans quelle mesure l’investissement dans une activité économique indépendante et dans un parcours migratoire souvent effectué « en solitaire » conduisent à un changement dans la place occupée par ces femmes au sein de leurs contextes sociaux d’identification : la cellule conjugale, la famille d’origine, la communauté migrante, la communauté religieuse et la confrérie.

 
BLANCHARD Soline (soline_b1@yahoo.es)

Etudiante Master 2 Recherche Sociologie / Université Toulouse-Le Mirail, Equipe Simone-SAGESSE

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Les "ressources féminines" de la fonction Ressources Humaines

La communication se propose d'analyser, dans une perspective constructiviste, la féminisation de la fonction Ressources Humaines (RH). La fonction RH apparaît historiquement comme "masculine" et s'est développée autour d'une division du travail "classique". La féminisation accélérée de ses effectifs au niveau cadre est concomitante de celle de la catégorie "cadres administratifs, comptables et financiers". Parmi les facteurs explicatifs, on trouve : une pénurie d´hommes alors que la fonction a connu une forte croissance depuis cinquante ans ; la mise en place de cursus universitaires spécifiques que les femmes ont pu suivre ; une relative dévalorisation de la fonction qui a pu conduire certains hommes à se diriger vers des fonctions plus prestigieuses ou rémunératrices ; une évolution des attentes dans la gestion des salarié-e-s, avec lesquelles les supposées qualités féminines seraient en adéquation. Si la fonction semble offrir des opportunités de carrière aux femmes, elle se conjugue pourtant toujours au masculin, et des formes de ségrégation verticale et horizontale persistent. Si le thème de la féminisation suscite un intérêt modéré au sein du groupe professionnel, l'idée d'une dévalorisation de la fonction est à resituer dans le cadre des conditions de son émergence, des profondes mutations qui la traversent, et du manque de légitimité dont elle semble encore pâtir.

 
BLOCH Françoise (francoise.bloch@univ-lyon2.fr)

Ingénieur de recherche / GRS-ISH-CNRS

RT n° 24 / RTf n° 15 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Pourquoi et pour qui travaille-t-on à l’heure du capitalisme prédateur ? Les prémisses d’un retournement de pensée

 J’aborderai tout d’abord les caractéristiques du nouvel « esprit » du capitalisme prédateur qui déplacent les frontières de classes, de genre et d'origine nationale en les redessinant dans un contexte de déréglementation mondiale ; malgré la résistance des travailleurs/ses qui tente de la freiner mais est aussi freinée par la fragmentation sociale, les corporatismes, les particularismes nationaux et l’opacité des mécanismes financiers, le processus en cours met en concurrence tous contre tous et toutes contre toutes et tous, renforce la contrainte qui s’exerce sur les individus et provoque des comportements d’anti-socialité où chacun est contraint de ne penser qu’à soi voire de se rendre complice du processus. Puis, par un retournement de pensée, j’analyserai pourquoi et pour qui nous travaillons en montrant le sens profond de la division du travail dans sa triple articulation de la solidarité (vie économique ou domaine des besoins), de la liberté (vie spirituelle/culturelle ou domaine des capacités) et de l’égalité (vie juridique ou domaine des droits) et combien tout en dissociant ces trois dimensions il nous faut les articuler. Enfin j’appliquerai ce retournement de pensée à la délégation de la prise en charge des enfants qui institue, de facto, une nouvelle division sociale et internationale du travail entre femmes sans que soit défini ce que prendre soin des enfants veut dire et montrerai combien celle-ci renforce les comportements d’anti-socialité.

 
BLONDEL Frédéric présence à confirmer (frederic.blondel@freesbee.fr)

Maître de conférence / Université de Haute Alsace

RTf n° 16 Sociologie clinique

Démarche clinique et production de savoir sociologique

Une recherche-action avait pour objectif de comprendre les raisons pour lesquelles une activité de médiation sensorielle et d’accompagnement au bien être pour des personnes polyhandicapées s’essoufflait alors que les professionnels des établissements manifestaient un engouement de plus en plus grand pour cette activité. Le commanditaire souhaitait associer étroitement les professionnels au motif que l’approche participative devait leur permettre de faire le point sur leurs pratiques et de comprendre les raisons de son fléchissement relatif, et enfin d’aboutir à des préconisations «réalistes » du fait de leur connexion au terrain. D’où l’option de la mise en place d’une pédagogie de recherche-action. Réfléchir à l’accompagnement au bien être des publics polyhandicapés a conduit le groupe de recherche à s’interroger sur la manière dont les professionnels considèrent l’individu polyhandicapé. Cette question fondamentale peut être formulée de la sorte : Comment passe-t-on d’un ordre de considération où l’individu polyhandicapé est perçu comme un «objet de soins » à un autre ordre de considération où il est perçu comme un « sujet désirant » ? Nous voudrions montrer, ici, que la nature et les contenus de la connaissance sont étroitement liés aux méthodologies utilisées et que le croisement de certaines d’entre elles permet d’élaborer un savoir à la fois plus objectif sur l’objet étudié et un savoir plus subjectif sur les pratiques singulières relatives à l’accompagnement.

 
BLONDIAUX Loïc (loic.blondiaux@iep.univ-lille2.fr)

Professeur d'Université / IEP de Lille, CERPAS (CNRS-Université Lille II)

RTf n° 34 Sociologie politique

Ce que l’institutionnalisation du débat public fait aux controverses locales d'aménagement : retour sur deux expériences

La réflexion sur les nouvelles formes de démocratie participative ou délibérative achoppe régulièrement sur la question des effets des dispositifs institués en vue de faire participer les citoyens à la discussion d’enjeux collectifs. Dans quelle mesure ces dispositifs ne font-ils que traduire ou amplifier des rapports de force existants ? Quel peut-être l’impact de l’introduction d’un dispositif de discussion à finalité participative sur les acteurs d’une controverse ? Telles sont quelques unes des questions appelées notamment par la mise en place d’une procédure comme celle du Débat public, menée sous l’égide d’une autorité administrative indépendante : la Commission Nationale du Débat Public. Cette communication se propose de revenir sur deux expériences de débat public relatives à deux projets de lignes à Très Haute Tension. Après avoir situé le contexte de ces deux projets d’aménagement et rappelé les spécificités du dispositif mis en place en insistant notamment sur le rôle clé joué par ses animateurs, il s’agira d’analyser la manière dont les différents acteurs du dossier peuvent se positionner par rapport à une telle procédure, sont affectés par elle et se l’approprient. A travers une analyse du déroulement des débats, il s’agira d’envisager l’impact des choix procéduraux accomplis par les organisateurs du débat et les tensions que ceux-ci font surgir chez les acteurs en présence. Il s’agira enfin de s’interroger sur la portée réelle de tels dispositifs.

 
BLOY Géraldine (geraldine.bloy@u-bourgogne.fr)

Maître de conférences / Université de Bourgogne

RT n° 19 Santé, médecine, maladie et handicap

Le sociologue et l'élite émergente de la médecine générale : entre opportunités de collaboration et nécessaire distanciation

 Je me propose dans le cadre du thème "Usages de la sociologie de la santé" de revisiter une recherche récente sur la transmission en médecine générale (MG). J'ai noué à cette occasion de multiples contacts avec des médecins qui aspirent à constituer une élite universitaire de la MG - discipline qui peine à fonder sa légitimité institutionnelle et scientifique. Dans une telle configuration, il semble particulièrement intéressant d'examiner les formes d'ouverture ou de protection que ce petit milieu (hétérogène) a manifestées vis-à-vis de ma curiosité sociologique. La rencontre d'une demande sociale (besoin de faire (re)connaître ce qui est fait dans les Départements de MG), alliée dans certains cas à une curiosité intellectuelle, a pu constituer un atout et faciliter la progression de l'enquête. On doit réfléchir dans ces cas favorables aux modalités de construction de la confiance mais aussi se demander jusqu'où ces collaborations heureuses orientent le déroulement de la recherche et font peser des contraintes sur la production ou l'exposition des résultats. L'accueil du sociologue s'avère dans d'autres cas ambivalent, les craintes et enjeux qui se nouent autour de sa présence parmi ceux qui prétendent développer une "Recherche en MG" autonome, voire exclusive, sont à analyser. Promotion de la MG et développement de la sociologie de la MG, les causes ne se recouvrent certainement pas. Cela implique-t-il que la zone d'intersection puisse ou doive rester complètement vide ?

 
BODIN Romuald (romubd@aol.com )

Doctorant / CSE, EHESS

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

De la division sexuée des tâches dans l'éducation spécialisée

Le caractère très féminisé des professions du travail social est un fait connu qui semble placer l’éducation spécialisée dans une position d’exception. En 2000, par exemple, seulement 66, 9% des éducateurs spécialisés diplômés étaient des femmes alors que la même année ce taux était de 90, 4% pour les assistants de services sociaux, de 98, 9 % pour les aides à domicile, de 97, 6% pour les conseillers en économie sociale et familiale ou encore de 95, 4 % pour les éducateurs de jeunes enfants. On aurait pourtant tort d’y voir la simple expression d’une pratique professionnelle unique partagée par tous les éducateurs et, par essence, moins “ féminine ” que celle des autres professions du social. Si tel était le cas, en effet, cette surreprésentation relative des hommes concernerait l’ensemble des activités de l’éducation spécialisée. Or ce n’est pas ce que l’on observe. Il existe en réalité une véritable division sexuée des tâches socio-éducative. Certains types de dispositifs sont très féminisés alors que d'autres sont au contraire, très masculinisés. Ce travail se propose de montrer (à partir d'une approche statistique et d'entretiens réalisés avec les professionnels) ce sur quoi repose cette spécificité de l'éducation spécialisée, comment cette division par genre renvoie à toute l'organisation du secteur, c'est-à-dire à une véritable hiérarchisation des dispositifs socio-éducatifs qui le constituent.

 
BODIN Romuald (romubd@aol.com)

Doctorant / CSE, EHESS

RT n° 3 Normes, déviances et réactions sociales

La rationalisation du social

L’analyse conjointe des représentations professionnelles recueillies par le biais d'entretiens et des données statistiques fournies par la DREES concernant le secteur de l'éducation spécialisée nous donne le moyen de saisir progressivement, par étapes successives, et de façon inattendue l’existence d’un agencement spécifique de l'espace de l'action sociale et éducative, c’est-à-dire d’une organisation, d’un classement et d’une hiérarchisation qui non seulement concerne l'ensemble des dispositifs d’encadrement socio-éducatif mais aussi et surtout les populations encadrées par ces dispositifs. On retrouve ainsi, quelques 20 années plus tard, les analyses réalisées par Robert Castel ("La gestion des risques"), concernant le passage progressif d’une logique disciplinaire à celle d’une gestion rationalisée des populations et des parcours individuels. Toutefois, notre contribution consistera à montrer que cette logique s’est aujourd’hui très fortement élargie car les analyses de Robert Castel ne concernaient que les secteurs du psychiatrique et du médico-psychologique, affirmant que le sous secteur de « l’enfance inadaptée », par exemple, restait en quelque sorte épargné par cette évolution. Il s’agira donc de montrer que ce n’est plus le cas aujourd’hui.

 
BOHUON Anaïs (anais.bohuon@staps.u-psud.fr)

Doctorante, allocataire/monitrice / Université Paris Sud XI, Unité de recherche sur les Cultures sportives (CRESS EA1609)

LOUVEAU Catherine (catherine.louveau@staps.u-psud.fr)

Professeure des universités / Université Paris Sud XI, Unité de recherche sur les Cultures sportives (CRESS EA1609)

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Le sport comme épreuve de la féminité : « virilisation » des sportives et test de féminité

En accédant au sport et a fortiori à des sports « de tradition masculine », les femmes furent le plus souvent considérées comme transgressant leurs assignations « naturelles ». « Ce n’est pas un sport de femme », « le sport menace-t-il leur beauté ? », l’incompatibilité du sport avec « la féminité » et la mise en question de l’identité de sexe des sportives sont maintes fois réitérées. C’est sur des mises en jeu du corps mais surtout sur des morphologies, des apparences, que l’argumentaire des doutes s’est focalisé. Le soupçon sur l’identité sexuée des sportives s’est construit sur des appréciations de « cas douteux », de « femmes masculines », amalgamant les costaudes, les dopées, les homosexuelles et les intersexuées. C’est ce « trop de virilité » qui amènera, dans les années 60, la mise en place d’un « test de féminité » pour les sportives concourant dans les compétitions internationales. Voulu par les instances sportives et par des médecins, ce test doit établir que les concurrentes sont de vraies femmes (XX), le souci étant qu’elles concourent « à armes égales ». Controversé quant à ce qu’il prétend garantir et « mesurer » de la féminité, le test sera supprimé en 2000 pour les épreuves olympiques mais demeure appliqué dans certaines compétitions internationales. Dans les observations comme dans les argumentaires qui fondent sa mise en place et son maintien, ce test peut être considéré comme un analyseur du procès de virilisation durablement fait aux sportives

 
BOHUON Anaïs (anais.bohuon@staps.u-psud.fr, anaisb1981@yahoo.fr)

Doctorante, allocataire de recherche-monitrice, deuxième année / UFR STAPS- Université Paris Sud XI CRESS (EA 1609) - URCS (SPOTS)

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Médecins et athlétisme féminin : Leur rôle dans l’accès des femmes aux trois dernières disciplines instituées officiellement

Les femmes en s’engageant dans les sports « de tradition masculine » sont confrontées à des résistances qui rendent parfois leur accès à ces disciplines difficiles. L’athlétisme féminin se caractérise ainsi par une ouverture différentielle des épreuves. La question de départ consiste à se demander pourquoi les sportives ont eu un accès si tardif aux dernières disciplines instituées officiellement, comme le triple saut, le marteau et la perche. L’argument biologique, véhiculé par les médecins qui expliquent que les différences de sexe ont des origines génétiques et hormonales, tend à les rendre immuables, d’autant qu’elles se forment ici sur le terrain du physique, de la force et de la puissance. L’hypothèse de départ est donc d’étudier le rôle des médecins dans cet accès et de suggérer qu’ils peuvent être des «entrepreneurs de morale» (Becker, 1985)A partir d'entretiens réalisés auprès de médecins du sport, des entraîneurs nationaux et des athlètes pionnières de ces disciplines, nous montrerons que l’influence des médecins n’a pas été aussi déterminante qu’attendu. Leur ascendant est réel, lorsqu’il s’agit du suivi médical des athlètes féminines mais les notions de fragilité et de maternité qui, depuis des décennies, caractérisent la spécificité du féminin, ont été davantage prises en compte par les institutions dirigeantes détenant le pouvoir décisionnaire. La domination masculine, ancrée dans les esprits de ces instances l’a emporté sur le discours médical contemporain.

 
BOIGEOL Anne (boigeol@ihtp.cnrs.fr)

Chargée de recherche / Institut d'histoire du temps présent, CNRS

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Le genre comme ressource politique dans l'accès au "gouvernement du barreau" : l'exemple du barreau de Paris

Etre de sexe masculin a longtemps constitué une condition implicite de participation aux élites gouvernant la profession. De sorte que les femmes ont de fait été exclues des instances de gouvernement du barreau : conseil de l’ordre et bâtonnat, et depuis peu Conseil national des barreaux. Après avoir été inexistante la participation des femmes est devenue marginale puis plus importante sans toutefois refléter l’état de la profession, qui est, au niveau du nombre, une profession mixte. Dans cette communication on montrera comment, à la faveur du processus de rationalisation des procédures d'élection, les femmes et les groupes qui étaient traditionnellement exclus de la représentation ont pu accéder en nombre plus important aux instances de gouvernement de la profession. On montrera aussi les usages différenciés du genre suivant le sexe, et suivant qu'il s'agit d'un usage individuel ou collectif. L’analyse est essentiellement centrée sur le barreau parisien en raison non seulement de sa taille mais de l’importance des enjeux qui s’y nouent.

 
BOIS Géraldine (geraldinebois@hotmail.com)

Doctorante / Groupe de Recherche sur la Socialisation, Université Lyon II

RT n° 14 Sociologie des arts et de la culture

Les écrivains aux marges du champ littéraire : l’enquête sociologique confrontée aux luttes internes au champ littéraire

L’intervention propose d’analyser la manière dont une enquête sociologique (en cours de réalisation) se confronte à la question des luttes pour la reconnaissance dans un univers social (le champ littéraire) qui se caractérise, de par sa faible institutionnalisation, par des conflits permanents de définition de ses frontières. Des visions plus ou moins légitimes de l’écrivain s’affrontent et ces luttes de définition sont au cœur de la recherche, qui prend pour objet les écrivains situés aux marges du champ littéraire (éditant chez de petits éditeurs régionaux, à compte d’auteur ou auto-édités, mais pouvant dans une certaine mesure prétendre au titre d’écrivain par le biais de nombreux lieux de visibilité, de consécration et de sociabilité). L’ouverture du champ littéraire à ces auteurs a provoqué des réactions de la part des différents types d’acteurs concernés par l’étude, des commanditaires (la recherche s’inscrivant dans le cadre d’une étude sur les écrivains commandée par la Région et la Drac Rhône-Alpes) et institutions littéraires aux écrivains destinataires de l’enquête. Les effets produits par les catégories mobilisées par le sociologue permettent ainsi de mettre en évidence des luttes internes au champ littéraire. L’analyse de ces réactions (qui peuvent être des réactions de remise en cause ou au contraire d’appropriation des catégories de l’enquête), et de ce qu’elles disent des positions des acteurs dans le champ, sera au centre de l’intervention.

 
BOISMENU Gérard (gerard.boismenu@umontreal.ca)

Professeur titulaire / Université de Montréal / Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle

RT n° 6 Politiques sociales, protection sociale, solidarités

Les conditions d’analyse des déterminations politiques de la restructuration de l’État social

J’entends discuter du mérite des principales propositions contenues dans les récents travaux, pour en arriver à une perspective qui met en relief les configurations institutionnelles, comme des ensembles particuliers de conditions de faire la politique. La notion de configurations institutionnelles renvoie autant aux normes et règles formelles des institutions qu’aux acteurs collectifs, à leurs systèmes d’interaction et aux usages et univers discursifs et idéologiques. J’examinerai la thèse du « New Politics », qui insiste sur le renouvellement des facteurs pertinents depuis l’ère du désengagement, tout autant que la vraisemblance de la contribution du « power ressources » au cours de la même période. Par ailleurs, les formes institutionnelles seront retenues, par exemple les « veto points » et les régimes fédératifs, de même que les types de démocratie. Un examen critique des démarches et des résultats, permet de discriminer une série de variables que l’on peut mettre en relation dans une démarche conséquente, visant à définir le cadre d’une recherche dont l’objet est d’identifier des configurations institutionnelles qui sont associées à des changements différenciés de l’État social. Cette discussion est orientée au sens où elle vise à dégager des propositions fortes pour une recherche sur les déterminations politiques de la restructuration de l’État social qui mettrait à profit des méthodes quantitatives et des méthodes qualitatives.

 
BOISSIER Annabelle (annabelle.boissier@gmail.com)

Doctorante / Genèse et Transformation des Mondes Sociaux, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, GTMS-EHESS, Paris

Gr. ad hoc n° 2 Réseaux sociaux

Carrières Artistiques et "Académies Informelles". Le réseau local de reconnaissance comme stabilisateur du statut d'Artiste International.

Le système de reconnaissance en art contemporain se structure en « Académies Informelles » (réseaux fluctuants d’individus et d’institutions déterminant la valeur en art). Ces académies informelles opèrent des choix, mais sont aussi soumises aux phénomènes de mode qui peuvent propulser au plus haut niveau de reconnaissance des artistes pour les faire redescendre aussi vite. L’une des plus grandes difficultés pour les artistes est donc la stabilisation durable de leur degré de reconnaissance. Pour les artistes extra occidentaux, en particulier des artistes thaïlandais qui font l’objet de ma recherche, cette stabilisation fait face à d’autres difficultés. Comme il l’a été montré par A. Quemin, ces académies informelles, qui se situent à l’articulation des institutions et du marché, ont accordé une place à ces artistes au sein des institutions au détriment du marché. Une stratégie de stabilisation semble cependant se dégager. Si les artistes ont généralement choisi d’élire domicile en Europe ou aux Etats-Unis, ils cherchent de plus en plus à imposer leur lieu d’origine comme espace d’interaction légitime pour les académies informelles. L’alternative pour ces individus, les plus soumis au caractère instable de leur inscription au sein du réseau international, est de créer à leur tour des académies informelles sources de vivier d’artistes et d’innovation.

 
BOISSONADE Jérôme (jboisson@msh-paris.fr)

Maître de conférences / Université du Littoral (ULCO), Institut des Mers du Nord, IPRAUS

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Travail de légitimation des rassemblements de jeunes comme “espaces publics de confrontation”

La plupart des observateurs ont noté le silence de nombre de parents des jeunes émeutiers lors des récents évènements survenus en banlieue. Le principe d’une protestation par procuration est généralement avancé pour expliquer cette réaction. Cependant, notre hypothèse repose sur l’idée que ce positionnement des parents serait aussi la conséquence d’un travail constant de leur progéniture. Les jeunes participant quotidiennement à des rassemblements mobilisent en effet régulièrement réseaux, parents et amis, afin de légitimer ces regroupements ordinaires. Ces derniers semblent relever de formes de sociabilité parfois conflictuelles mais aussi d’une visée publique (règlements de disputes…). Considérer les rassemblements comme “espaces publics de confrontation”, permet de réinterroger toute une série de notions et de concepts habituellement utilisés à propos des “bandes de jeunes” : désorganisation, territoire, groupe, ou encore reconnaissance. Dernier terme auquel nous nous attacherons plus particulièrement. Non pas en traitant directement du contenu des demandes de reconnaissance de ces jeunes, mais plutôt des relations qu’ils développent avec leur entourage, pour travailler au quotidien ces demandes. Cette hypothèse s’appuie sur une observation participante menée au sein de rassemblements de jeunes en banlieue parisienne à l’occasion d’une thèse de doctorat, et d’entretiens semi-directifs à réaliser auprès de parents d’adolescents vivant au sein d’ensembles d’habitat social.

 
BONICI Marie (marie.bonici@free.fr)

Doctorante en sociologie, ATER / Laboratoire GRASS (CNRS-Iresco) et Université Paris 8 - Saint-Denis

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Apport méthodologique du traitement symétrique des deux catégories de sexe

Comment comparer les sexes sans que cela se traduise par une assimilation d’un sexe par l’autre et sans gommer la dynamique des rapports sociaux de sexes ? La méthode du traitement symétrique des deux sexes permet de réaffirmer que les catégories de sexe sont des constructions sociales et historiques, inscrites dans les rapports sociaux de sexe et les autres rapports sociaux. De plus, elle permet de montrer que ces catégories appartiennent à un même monde social et que leurs caractéristiques et pratiques sociales respectives sont définies dynamiquement. Elle permet aussi de faire apparaître d’autant mieux les inégalités de traitement, en montrant qu’elles ne sont pas, en fait, soumises aux mêmes lois. Et ainsi, la critique concernant l’assimilation des sexes n’est plus valide. Je discuterai de cette question d’un point de vue méthodologique en m’appuyant sur l’article de Nicole-Claude Mathieu : "Paternité biologique, maternité sociale… De l’avortement et de l’infanticide comme signes non reconnus du caractère culturel de la maternité" (1977), lequel discute du traitement symétrique des sexes comme méthode de comparaison. De plus, j’utiliserai les enquêtes de terrain réalisées pour mon DEA et ma thèse. Le sujet est la division sexuelle du travail domestique et la construction de la parentalité dans le couple à la naissance du premier enfant. Je montrerai comment j’ai comparé les deux catégories de sexe et ainsi élaboré des catégories d’analyse pour répondre à mes questions.

 
BONICI Marie (marie.bonici@free.fr)

Doctorante en sociologie, ATER / Laboratoire GRASS (CNRS-Iresco) et Université Paris - Saint-Denis

RTf n° 33 Famille, vie privée, vie publique

Division sexuelle du travail domestique entre les conjoints d'un nouveau-né et les pratiques parentales associées

A partir de l’enquête de terrain que j’ai réalisée avec une quinzaine de couples, dont le bébé avait quelques semaines, je voudrais exposer mes hypothèses concernant la division sexuelle du travail entre les conjoints dans cette nouvelle situation et l’exercice de leur parentalité. J’ai défini le travail domestique comme les tâches ménagères et le travail lié au bébé, et constitué une liste de vingt-neuf tâches, depuis la grossesse jusque l’immédiat post-accouchement. Tout d’abord, les femmes prennent en charge le travail domestique et l’organisent. Mais elles font un peu moins de tâches ménagères pendant la grossesse (le conjoint les aide un peu plus). Et les hommes participent aux tâches du travail, à la demande de leur conjointe, et sur des tâches précises d’ordre symbolique (couper le cordon ombilical) et relationnel (donner le bain au bébé). Ensuite, j’ai noté la mobilisation par les femmes d’un réseau qui les aide dans les tâches (les femmes de la famille de la conjointe), alors que l’homme ne semble pas en mobiliser. Concernant les pratiques parentales, je me suis basée sur l’analyse du travail domestique, en définissant deux catégories de tâches, celles d’ordre sociale et celles relationnelle et en comparant la fréquence de leur réalisation. J’ai ainsi posé comme hypothèse que la parentalité des hommes est plutôt de type "occasionnelle" et "relationnelle" et que celle des femmes est "quotidienne" et "sociale".

 
BONNET Estelle présence à confirmer (Estelle.Bonnet@ish-lyon.cnrs.fr)

Maître de conférences / Université Lumière Lyon 2 Glysi-Safa (ISH Lyon)

COLLET Beate présence à confirmer (Beate.Collet@univ-lyon2.fr)

Maître de conférences / Université Lumière Lyon 2, Délégation CNRS au laboratoire Printemps UVSQ

MAURINES Béatrice présence à confirmer (Beatrice.Maurines@ish-lyon.cnrs.fr)

Maître de conférences / Université Lumière Lyon 2Glysi-Safa (ISH Lyon)

RT n° 20 Méthodes

Bricolages méthodologiques autour d’une population mouvante : le cas des mobiles géographiques pour raison professionnelle

Des interrogations méthodologiques se sont posées à nous lors de la réalisation d’une recherche portant sur les conséquences de la mobilité géographique professionnelle sur la vie privée et/ou familiale. L’étude a été menée par entretiens biographiques auprès de couples dont l'un des conjoints est absent du foyer familial pour une à plusieurs nuits par semaine. La constitution de la population d’enquête et de ses modalités de passation nous ont amenées à opérer un certain nombre de choix méthodologiques que nous discuterons en abordant de manière transversale la question de la réflexivité dans le processus de recherche. Ces choix portent en particulier sur : - la rencontre des informateurs, mobilisés par réseaux d’interconnaissances du chercheur et des interviewés. Quels intérêts ou biais éventuels pour la recherche ? - la réalisation d’entretiens individuels avec les deux conjoints du couple : intérêt de travailler auprès de l’un ou des deux conjoints, avantages et inconvénients de la passation des entretiens par un même ou un intervieweur différent, impact du lieu de passation (résidence familiale ou professionnelle) sur le contenu de l’entretien…- la réalisation d’entretiens téléphoniques en raison de l’éloignement et de la disponibilité des enquêtés : quels spécificités par rapport à l'entretien de face à face ? Ces questions seront évoquées à partir des bricolages et ajustements propres à une démarche inductive et à une population aux frontières mal définies.

 
BONNET François (francois.bonnet@sciences-po.org)

Visiting scholar (post-doc) / Center for Urban and Policy Research, Columbia University

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Contrôler les immigrés dans les espaces urbains : une comparaison Lyon - Milan

Dans les sociétés contemporaines, les gares et les centres commerciaux font partie des rares endroits qui mélangent des populations différentes, que ce soit par l’âge, le statut ou l’origine. Ces espaces permettent de mettre au jour les logiques de discriminations dans l’exercice de la production de l’ordre et du contrôle de la délinquance. Les policiers et les agents de sécurité contrôlent-ils des individus pour des infractions, comme le veut le droit pénal ? Ou, comme le suggère une littérature déjà consolidée, produire de l’ordre dans les sociétés urbaines contemporaines revient à gérer des groupes sociaux classifiés selon leur dangerosité ? Une enquête de terrain menée dans deux gares et deux centres commerciaux à Lyon et à Milan auprès des acteurs de la production de l’ordre (90 entretiens) montre sans équivoque que les immigrés (en Italie) et leurs enfants (en France) constituent des groupes sociaux considérés comme menaçants qui sont contrôlés comme tels. Comment expliquer cette focalisation ? L’explication marxienne repose sur la criminalisation des hommes jeunes au chômage. Cette analyse est pertinente dans le cas français mais pas dans le cas italien, où les immigrés travaillent massivement. Le cas italien suggère une lecture cognitive de la construction de la différence entre groupe sociaux, à travers laquelle la perception d’un groupe comme déviant permet, dans une perspective durkheimienne, de réaffirmer la cohésion du groupe dominant aux dépens du groupe dominé.

 
BONNET Vincent (bonnetv@wanadoo.fr)

Doctorant en socio anthropologie / Université de Franche-Comté laboratoire : LASA-UFC

RTf n° 10 Sociologie de la connaissance

Des "savoirs situés"

C'est au double sens du génitif que les savoirs des malades se disent dans l' "activisme thérapeutique". D'une part en tant que la conception du malade est elle-même intriquée dans une conception de la place de l'homme dans la société et dans l'environnement. De l'autre en tant que la conception des savoirs est elle-même intriquée dans une conception de la place de l'existant (et non pas simplement du vivant) dans le champ médical comme ailleurs, sauf à verser dans une politique de la vie pure, du déni de prise en compte de ce qui nourrit et contraint de tels savoirs. C'est ce qui nourrit et contraint ces savoirs, c'est-à-dire ce qu'il faut essayer d'entendre sous cette formule, que nous tenterons d'expliciter à partir de la lutte contre le sida en général, et de celle de l'association Act Up-Paris en particulier.

 
BONNEVAL Loïc (Loic.Bonneval@univ-lyon2.fr)

Doctorant (ATER) / Université Lyon 2 GRS

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Les agents immobiliers, révélateurs de l'appropriation marchande des espaces

Peu étudiés, les agents immobiliers sont de bons révélateurs de l'appropriation marchande des espaces. Si l'on s'en tient à ceux qui pratiquent la transaction dans le domaine résidentiel, il apparaît qu'ils participent à la valorisation différentielle des sous-marchés locaux. L'objectif de cette présentation consiste à éclairer les logiques spatiales selon lesquelles se déploie leur activité. Dans un premier temps nous analyserons les choix de localisation des agences, qui révèlent une plus ou moins grande valorisation des espaces. Les questions soulevées sont les suivantes : les zones investies sont-elles les marchés traditionnellement porteurs ou ceux ayant connu un développement récent ? Les agents consacrent-ils des transformations ou sont-ils principalement acteurs de la reproduction des structures spatiales du marché ? Il s'agira ensuite d'approfondir l'analyse du rapport entre la localisation des agences et la sectorisation de leur activité. Nous mettrons notamment en avant le rôle de la proximité dans le travail des négociateurs. Ces deux axes permettront de voir en quoi les intermédiaires participent à la construction des sous-marchés locaux. Pour cela, nous combinerons deux matériaux complémentaires issus d'une thèse en cours sur les agents immobiliers dans l'agglomération lyonnaise : une base de données permettant un suivi exhaustif des agences immobilières à Lyon depuis cinq ans, et des données de questionnaire destinées à cerner leur rapport à l'espace.

 
BONNY Yves (yves.bonny@uhb.fr)

MCU / Université de Rennes 2

RTf n° 40 Sociologie des institutions

Deux théorisations de la notion de désinstitutionalisation

Cette communication visera à confronter deux théorisations de la notion de désinstitutionalisation, celle de Touraine et Dubet d’une part, de Freitag de l’autre. En un premier sens, cette notion renvoie à l’hypothèse développée par plusieurs auteurs que nos sociétés connaissent aujourd’hui un processus de détraditionalisation radicalisé, qui modifie en profondeur le rapport que les acteurs entretiennent à l’égard aussi bien des formes institutionnelles jusque-là faiblement réflexives comme la famille que des grandes institutions intégratrices et socialisatrices de la modernité comme l’État-nation ou l’école républicaine. La désinstitutionalisation signifie ici l’entrée en crise des modèles culturels et des encadrements collectifs naturalisés, ainsi que des figures sacralisées des institutions modernes et des philosophies sociales de la correspondance entre l’acteur individuel et la société. Mais cette première forme de désinstitutionalisation, qui peut être interprétée positivement en termes d’autoproduction de la société et d’autodétermination des acteurs, peut s’articuler avec une autre dynamique de désinstitutionalisation, beaucoup plus problématique, par laquelle c’est la capacité d’encadrer et d’orienter significativement les rapports sociaux, que ce soit sur une base culturelle ou sur une base politique, qui serait atteinte. À travers la confrontation de ces deux lectures, l’objectif sera de dégager les voies d’une théorisation renouvelée de la notion d’institution.

 
BORDES Véronique présence à confirmer (bordesveronique@wanadoo.fr)

Docteur en Sciences de l'Education / CREF, Université Paris X Nanterre

RTf n° 15 Jeunesse, âges de la vie, générations

Comment les institutions locales définissent la jeunesse

Cette communication propose de comprendre comment, en mettant en place des politiques en direction de la jeunesse, les institutions locales en donnent une définition construite par des « experts » adultes. Comment, alors, se mettent en place ces politiques locales à partir d’un besoin politique de « paix sociale ». Comment, ensuite, les jeunes se saisissent de ces espaces pour les modeler selon leurs besoins. Ce travail permet de comprendre que la mise en place de politiques locales en direction de la jeunesse est un processus complexe. En observant un service jeunesse, on peut penser, à première vue, que l’institution impose des cadres à la jeunesse en fonction des représentations qu’elle a de ce groupe d’âge et des impératifs politiques d’une « bonne gestion » de la jeunesse. En observant encore, on assiste à des mises en scènes de la jeunesse qui tendent à nous montrer une jeunesse manipulatrice, imposant sa loi. Pourtant, deux ans d’observations quotidiennes permettent de mettre à jour un processus complexe d’interactions qui conduit la jeunesse et l’institution locale, par le jeu d’échanges, de conflits et de négociations, à construire une politique locale adapté aux besoins, permettant du même coup à la jeunesse de « prendre place » dans le jeu social.

 
BORDES Véronique présence à confirmer (bordesveronique@wanadoo.fr)

Docteure en Sciences de l'Education / CERIC Université Paris X Nanterre

RTf n° 40 Sociologie des institutions

Jeunesse et institution locale : des processus de socialisation réciproque pour un ajustement de l'organisation des politiques en direction de la jeunesse

Cette contribution propose de comprendre comment au sein d'une institution locale, le service jeunesse d'une ville de la banlieue parisienne, en développant des activités en direction de la jeunesse, entre dans un processus de socialisation réciproque avec les jeunes qu'elle sollicite. Ce processus, s'il apparaît comme un agent de paix sociale, se révèle, après un temps d'observation, comme un véritable réajustement du fonctionnement de l'institution locale. Quel rôle joue la jeunesse dans ces modifications ? Comment l'institution évolue ? Se désinstitutionalise-t-elle ou s'adapte-t-elle simplement, jour après jour, aux besoins locaux de la jeunesse ? On pourra s'interroger sur le fonctionnement institutionnel d'une municipalité et plus particulièrement un service jeunesse, sur les places de chacun et sur la conséquence dans le déroulement de la vie locale.

 
BORDIEC Sylvain (sylvain.bordiec@csu.cnrs.fr)

ATER sociologie / Université Paris VIII/CSU/CNRS

RTf n° 5 Classes, inégalités, fragmentation

La socialisation juvénile dans les quartiers populaires par des institutions spécialisées : analyse d'un processus d'acculturation

 En France, dans les quartiers dits « difficiles », on peut dénombrer des institutions destinées aux jeunes très diverses. La coexistence des travailleurs sociaux classiques et des acteurs locaux souvent bénévoles et non diplômés dans le domaine du travail social est au principe d’une tension déterminante dans la construction de ces pratiques de contrôle et de protection des jeunes. La communication se centrera sur les parcours plus ou moins longs, assidus et volatiles de jeunes au sein de ces structures. À travers l’étude des activités proposées et des relations nouées avec les personnels d’encadrement, compte tenu des décalages entre les valeurs culturelles des uns et des autres, la carrière d’usager sera analysée comme une acculturation à d’autres mondes sociaux. Ces parcours amènent les jeunes, au fil de l’actualité des institutions, à évaluer sur un mode particulier ce qui les sépare des autres catégories de la population. L’oscillation entre ouverture et fermeture à de nouvelles possibilités est une propriété fondamentale des carrières examinées : la tension existant entre la mise en question du style de vie populaire et l’assignation à la condition sociale d’origine structure la socialisation par ces institutions. À partir d’un matériau issu d’une enquête de terrain commencée en octobre 2003 dans un quartier du nord-ouest de Paris, il s’agira de saisir la façon dont les parcours d’usagers des structures influent sur les dispositions des jeunes de milieu populaire.

 
BORDIEC Sylvain (sylvain.bordiec@csu.cnrs.fr)

ATER sociologie / Université Paris VIII/CSU/CNRS

RT n° 35 Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

Ceux qui font « quelque chose » pour les jeunes. Analyse d’un processus d’adhésion à l’engagement associatif bénévole

En France, dans les quartiers dits « difficiles », on peut dénombrer des associations destinées aux jeunes très diverses. La coexistence des acteurs locaux souvent bénévoles et non diplômés dans le travail social et l’animation et des travailleurs sociaux classiques donne à voir les différentes façons dont le problème social des jeunes s’impose chez les personnels d’encadrement. La communication se centrera sur les parcours de bénévoles, issus du même quartier, insérés dans ce type d’institutions. À travers l’étude de leurs actions et des relations nouées avec leurs homologues et leurs publics, la carrière d’encadrant bénévole sera analysée comme une socialisation spécifique au problème de la jeunesse. L’implication dans la cause juvénile organise le quotidien de ces acteurs associatifs et influe sur leurs dispositions. Les bénévoles enquêtés ont pour point commun une sensibilité à la question des jeunes qui détermine un investissement associatif vécu et présenté sur le mode de l’évidence. Cependant, les valeurs défendues par ces acteurs génèrent des oscillations constantes entre complicité et concurrence avec les institutions d’encadrement voisines. À partir d’un matériau issu d’une enquête de terrain commencée en 2003 dans un quartier du nord-ouest de Paris, compte tenu des visions différenciées de la situation des jeunes, il s’agira d’analyser les conditions de production du sens donné à l’action bénévole auprès de la population juvénile.

 
BORELLI Gaetano présence à confirmer (borrelli@casaccia.enea.it)

 / ENEA (Italian National Agency for New Technologies, Energy and Environment)

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Energy, environment, information, risk : Social studies on Thermonuclear Fusion

Since 1998 ENEA has developed social studies on thermonuclear fusion in Europe for International Project ITER, the experimental step between today’s studies of plasma physics and tomorrow's electricity-producing fusion power plants. In 1997 the European Community launched a program of Socio-Economic Research on Fusion (SERF), to answer a set of questions. Our interest is on one of these questions : will experimental fusion devices and series production power plants be socially acceptable ? The public interest and involvement in fusion affairs increases dramatically, when the more imminent issue of the placement of a major fusion research facility in the neighbourhood arises. A study was conducted in Porto Torres based on the “European Awareness Scenario Workshop” procedure, previously developed under the auspices of the European Commission, to promote the citizen’s participation in collective decisions concerning technology. A second study was conducted on the possibility to adopt citizen’s participation methodology for Cadarache which in 2001 was considered by the France government as a possible site for ITER. A third study was conducted on100 students of different European nationalities on energy and risk of fusion. The last, in progress, is conducted on International press analysis of articles containing news about European ITER agreement site and evaluation of its impact on public opinion via European general risk experts.

 
BORNAND Elvire (bornand-elvire@cegetel.net)

Doctorante / LAMES, MMSH, Université de Provence, Aix en Provence

RT n° 6 Politiques sociales, protection sociale, solidarités

La prise en compte de l'individualité dans le traitement social du chômage

Les politiques l’emploi constituent un objet de recherche hybride, tant cette politique emprunte ces outils d’interventions à des domaines de compétences décentralisés, tels l’insertion sociale et la formation professionnelle continue. Deux thématiques fortes structurent la constitution et l’organisation de ces politiques : l’individualité et le territoire. L’utilisation de ces catégories de représentations comme grille de lecture du réel provoque un basculement d’un traitement de difficultés générales conjoncturelles et structurelles liées au fonctionnement du marché du travail à la mobilisation de dispositifs spécifiques visant des individus aux caractéristiques dûment contrôlées au sein d’espaces géographiques particuliers. . Si dés l’instauration du RMI, on pouvait voir apparaître l’idée d’une contrepartie nécessaire et d’un contrôle souhaitable des trajectoires individuelles, les nouvelles mesures de lutte contre le chômage renforcent la notion d’individualité. Nous entendons par là qu’une série d’épreuves est mise en place pour débusquer ce que les théoriciens des jeux appelleraient les passagers clandestins. Les différentes institutions prenant part au traitement du chômage voient une partie de plus en plus importante de leurs missions centrée sur le contrôle des individus qui ne devraient pas être aidés. L’action publique se structure sur une double suspicion : l’une portant sur les individus visés par l’action, l’autre sur les agents chargés de la mise en œuvre.

 
 
 
BORNAND Elvire (bornand-elvire@cegetel.net)

Doctorante / LAMES, MMSH, Université de Provence, Aix en Provence

RT n° 30 Sociologie de la gestion

Les enjeux de la mobilisation de nouveaux principes de gestion dans l'action publique

On ne peut analyser l’action publique sans se poser la question de l’apparition et la diffusion de nouveaux principes de gestion. Trois séries de pratiques ont retenu notre attention, chacune constitue une tentative de rationaliser la gestion et l’organisation des politiques publiques. L’évaluation, consiste à ajouter une nouvelle étape dans la mise en œuvre de l’action publique, elle s’est très vite diffusée dans les pratiques. De nouvelles valeurs liées aux métiers apparaissent dans la redéfinition des plans de formations internes. Enfin, les démarches qualités s’imposent comme un outil propre à favoriser une définition plus efficiente des rôles et des processus. Quelques soient leurs spécificités, ces trois phénomènes ont en commun d’être présentés comme un moyen de rendre l’action publique non seulement plus efficace car plus rationnelle mais aussi plus juste. Qu’il s’agisse de contrôler à posteriori si les moyens ont été correctement affectés, de valoriser des compétences spécifiques ou de tenter de répondre de manière standardisée à un ensemble de dysfonctionnements potentiels, ces instruments font écho à une nouvelle lecture de la réalité. Cette nouvelle lecture influence la définition même des politiques publiques. Il s’agit d’un nouveau régime de l’action publique dont ces principes de gestion ne sont qu’un instrument certes mais de poids puisqu’ils sont présentés comme le seul mode de transformation légitime de l’action.

 
BORY Anne (anne_bory@yahoo.fr)

Allocataire moniteur 2ème année / Université Paris I, laboratoire Georges Friedman

RT n° 6 Politiques sociales, protection sociale, solidarités

Entreprises privées et solidarités, le mécénat en France et aux Etats-Unis

Les entreprises privées prennent aujourd’hui en charge des solidarités locales, nationales et internationales dans le cadre de leur mécénat. Elles subventionnent des associations et des organismes publics (écoles, hôpitaux) en leur fournissant de l’argent, du matériel ou des bénévoles. Les entreprises mécènes et les organisations qui les fédèrent légitiment leur intervention par les retombées économiques positives du mécénat et par l’importance de leurs moyens, leur maîtrise de fonctionnements productifs efficients, et l’originalité de leur approche. Se voulant plus flexibles et innovantes que les organismes publics, elles diffusent leurs modes de fonctionnement à des acteurs associatifs jugés trop peu professionnels. La coexistence de fonds privés et publics dans les budgets associatifs donne lieu à une forme de concurrence, et ce mécénat « solidaire » apparaît à bien des égards comme une tentative de redéfinition a minima de la place de l’Etat dans la prise en charge de ces solidarités. Enfin, les logiques de sélection des associations « éligibles » créent un modèle uniforme de prise en charge des solidarités et de hiérarchisation des « causes rentables ». Cette communication repose sur une thèse menée essentiellement en région parisienne et à New York, à partir d’entretiens menés avec des responsables du mécénat, des salariés et des acteurs associatifs et publics, d’observations participantes, et de l’analyse de la littérature publiée par les mécènes.

 
BORY Anne (anne_bory@yahoo.fr)

Allocataire moniteur 2ème année / Université Paris I, laboratoire Georges Friedman

RT n° 35 Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

Entre travail et bénévolat, la coordination du mécénat d’entreprise comme profession « entre deux mondes »

Depuis une quinzaine d’années, les entreprises mécènes françaises et américaines se concentrent de plus en plus sur la solidarité et le bénévolat de leurs salariés auprès d’associations. Cette évolution a entraîné la création de postes spécialisés au sein des entreprises. Ces salariés, à la fois en marge de l’activité principale et proches de la direction, du fait du statut stratégique du mécénat, consacrent une part importante de leur temps à négocier puis défendre leur place dans l’entreprise. Leur intégration à des équipes souvent restreintes les isole relativement du reste des salariés, et fait de leurs homologues dans les entreprises concurrentes leurs collègues les plus proches, qu’ils rencontrent grâce à plusieurs associations professionnelles. Souvent issus du monde associatif ou bénévoles confirmés, ces salariés occupent une position d’intermédiaires entre différents mondes sociaux (Strauss), mais ne semblent pas toujours détenir le pouvoir lié à une position de « marginaux sécants » (Crozier). Le caractère brouillé des frontières entre travail et bénévolat pour ces salariés se retrouve également chez les salariés- bénévoles les plus actifs. Cette étude de la mobilisation de logiques associatives et bénévoles dans le monde marchand et de ses répercussions sur la vie professionnelle de différents acteurs se base sur une recherche doctorale menée en France et aux Etats-Unis, qui s’appuie sur des entretiens et des observations participantes.

 
BORZEIX Anni (anni.borzeix@shs.polytechnique.fr)

Directrice de recherche / CRG-CNRS

RT n° 23 Sociologie du travail, activité et techniques

Le travail d’un réseau : le cas de « Langage et Travail ». Qu’avons nous « fabriqué » ?. Qu’est ce qui « s’est fabriqué » autour de nos rencontres ?

Cette double question exprime l’ambiguïté de l’exercice réflexif auquel je (AB) « nous » (le réseau) expose et que je « vous » propose. L’analyse portera à la fois sur nos intentions – ce que nous avons voulu faire – et sur les résultats de nos activités - quel est le « produit » de notre travail scientifique ? Une première solution consiste à travailler sur les traces matérielles que sont les documents écrits, 4 ouvrages collectifs et 9 Cahiers, édités de 1991 à 1997. Mais le bilan des output du travail accompli ne peut s’arrêter à ces documents. Comme on a travaillé entre les disciplines (plus qu’à leur intersection), on voudrait réfléchir à ce que nous avons produit entre les lignes de ces écrits et surtout à ce que nous avons fait, au sens d’accompli, en organisant des rencontres, au delà de ces traces matérielles. Or l’activité « réelle » d’un réseau est tout sauf facile à décrire, même pour quelqu’un qui a participé de près à l’expérience, trop directement engagée dans l’action, comme ce fut mon cas. Le récit qui suit porte d’une part (1), sur les circonstances de la création du groupe ; il fait appel à la mémoire, la mienne, mais surtout il est le fruit d’une lecture personnelle, d’une interprétation. Tout comme le sont, plus encore, les quelques formes du débat interdisciplinaire dégagées ensuite (2) – la conversation enfouie, le carrefour, le programme pédagogique, l’échange sur travaux en cours, l’exploration et le ricochet - pour rendre compte de nos activités.

 
BOSSELUT Clémence (clemencebosselut@gmail.com)

Doctorante, allocataire de recherche / EHESS/ Centre Maurice Halbwachs

RTf n° 15 Jeunesse, âges de la vie, générations

Partir comme volontaire de solidarité internationale, un rite de passage à l’âge adulte ?

Notre communication porte sur le volontariat de solidarité internationale comme rite de passage, à travers l’étude d’une ONG. Le sens de l’expérience de l’engagement pour les volontaires, qui sont en général jeunes (20-30 ans), catholiques et issus de catégories socioprofessionnelles moyennes et élevées sera analysé. Le cadre théorique se situe au croisement des notions d’âge de la vie, d’engagement et de rite de passage. La recherche s’effectue à partir d’entretiens approfondis suivis, de questionnaires suivis et d’observations. L’importance de l’investissement personnel dans le départ, l’inconsistance des motivations affichées des candidats, l’aspect désincarné du "là-bas", laissent penser que ce qui compte est le départ lui-même, en tant qu’acte symbolique. Le concept de "rite de passage", par sa forme et son sens, permet d’expliquer cette tension entre le symbolique et le réel : le volontariat est l’occasion d’un engagement de soi et d’un décentrement susceptibles de transformer l’identité des individus, voire de leur donner le sentiment d’un "passage à l’âge adulte". Cette quête de soi est favorisée par les ruptures que vivent les volontaires. Parmi les apprentissages majeurs, notons la transformation des liens par lesquels un individu peut se définir : liens au temps, à l’espace, à la loi, à la mort, à l’argent, au genre, à la filiation. . . Le volontariat crée donc les conditions de l’émancipation nécessaires à la possibilité de réalisation d’une quête ontologique.

 
BOSSUET Luc (lbossuet@u-paris10.fr ; luc.bossuet@inapg.inra.fr)

Technicien / CNRS LADYSS, Université Paris X, INRA SADAPT, INA P-G

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Choix résidentiels, insertions sociales et récits de vie

Dans le cadre d’une recherche portant sur les mouvements migratoires résidentiels d’origine urbaine en direction des campagnes et périphéries de villes moyennes, intitulée l’Utopie Rurale , deux dimensions centrales ont été questionnées. Elles visent à identifier d’une part les raisons de ces choix d’habitat à travers les mobiles et les conditions d’implantation, d’autre part les déterminants d’une implication locale ou extérieure des acteurs vis-à-vis de leur cadre résidentiel. Le récit de vie, abordé sous la forme séquentielle lors des entretiens, est apparu comme déterminant dans la compréhension de ces choix familiaux. Il permet en effet de saisir dans quelle mesure l’enchaînement des parcours individuels, de l’enfance à la vie professionnels en passant par les expériences associatives et les ruptures d’itinéraire, conduisent à ces localisations et au développement d’une sociabilité de proximité ou à distance. La communication envisagée propose tout d’abord d’expliciter comment le déroulement des entretiens conduit les personnes rencontrées à se référer à leur passé, avant de présenter comment ces récits sont des clés essentielles de compréhension et d’interprétation.

 
BOTTON Sarah (sarah.botton@laposte.net)

Chercheur associée / Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS)UMR 8134 CNRS - ENPC - UMLV

RT n° 30 Sociologie de la gestion

Gestion des contextes urbains informels : pratiques et dispositifs des opérateurs d'eau et d'électricité dans les bidonvilles de Buenos Aires

Deux processus concomitants issus de la libéralisation des services publics, la conquête des marchés du sud par les multinationales et la montée en puissance des discours sur la responsabilité sociale d’entreprise, invitent à s’interroger sur les modalités de métissage ou d’inventivité des modèles de gestion à l’œuvre dans ces nouveaux contextes. Dans un climat de forte dénonciation de la marchandisation des services, de nouvelles problématiques de recherche émergent autour des impacts sociaux et environnementaux des privatisations. Dans ce cadre, cette communication propose d’analyser la rencontre entre deux acteurs qui se méconnaissent encore largement : les multinationales de services urbains et les quartiers informels des grandes villes du sud (ici, Buenos Aires, Argentine) et invite à suivre les opérateurs dans la construction de compétences nouvelles et de dispositifs opérationnels adaptés à la gestion du service dans les quartiers défavorisés. Entre mandats des maisons mères, discours des entreprises, positionnement des pouvoirs publics locaux, coopération avec des ONG, bricolages organisationnels et réflexion stratégique, les responsables des programmes de développement ont dû faire preuve de réactivité et de créativité. Cette étude retrace les chemins de dépendance qui ont mené à la divergence des modèles de gestion adoptés dans les domaines de l’eau et de l’électricité face à une réalité pourtant identique de forte polarisation socio-économique de la ville.

 
BOUCHAREB Rachid (rachidbouchareb@aol.com)

 / Université Paris 8 - Genre, travail et mobilités (GTM CNRS)

RT n° 25 Travail, organisation, emploi

Travailleur autonome ou travailleur salarié : la continuité de la contrainte salariale

Le procès de valorisation du travail par le capital n’a jamais été aussi présent mais rarement mis en avant dans les écrits sociologiques de ces vingt dernières années focalisés sur des données sociales immédiates peu questionnées, voire peu reliées à des configurations de rapports sociaux. De multiples objets ont été superposés sans systématiquement permettre une compréhension globale du travail comme rapport social de domination, où la contrainte salariale enferme les individus. Des dimensions fondamentales des rapports de travail se voient ainsi évacuées des observations : le travail abstrait incorporé au capital, le contrôle du temps social des individus par les rythmes du salariat, et notamment la réduction des salariés à un capital variable. Quels sont les processus de connaissance et de recherche qui expliquent ces « oublis » des rapports de travail ? Proviennent-ils d’une focalisation sur des individus abstraits et détachés des rapports sociaux ? Nous présenterons ces questionnements à travers l’étude des situations de travailleur dit autonome dans les services aux entreprises. Cette thématique de l’autonomie est très présente depuis une quinzaine, chacun, qu’il soit en emploi ou non, serait devenu acteur de sa trajectoire professionnelle doté de compétences à valoriser, presque en dehors de toute interdépendance sociale.

 
BOUCHAYER Françoise présence à confirmer (bouchayer@univmed.fr)

Chercheur / SHADYC, UMR 8562 EHESS-CNRS-SHADYC / Centre de la Vieille Charité

RT n° 7 Vieillesse, vieillissement et parcours de vie

Vieillesses et vieillissements tels qu'approchés et ressentis par les professionnels de santé exerçant en libéral

Cette communication s’appuie sur une recherche en cours consacrée aux pratiques et aux attitudes à l’égard des personnes âgées de professionnels de santé exerçant en libéral : médecins généralistes, infirmières et kinésithérapeutes. Cet angle d’approche de la prise en charge des personnes âgées n’a donné lieu qu’à très peu de travaux, en France. Le propos se centre sur les manières dont les professionnels « de ville » vivent leurs relations et leur travail auprès de la part âgée, et souvent très âgée, de leur clientèle. Il s’agit de présenter les différents ressentis du contact direct et sur de longues périodes, au cabinet et à domicile, avec des personnes vivant elles-mêmes diversement leur vieillesse et leur vieillissement ainsi qu’avec leur entourage. Cette intervention porte donc davantage sur les façons « personnalisées », associant des composantes professionnelles et non professionnelles, sur la base desquelles ces praticiens assurent leur rôle de soignant auprès des vieilles personnes plutôt que sur les modalités de prise en charge de la population âgée par le secteur libéral des professions de santé (pathologies rencontrées, actes réalisés, organisation, coordination, réglementation, etc.). L’analyse se fonde sur une série d’entretiens approfondis réalisés auprès de ces professionnels, auxquels il était en outre demandé de parler de quelques cas de patients âgés. Les témoignages recueillis sont exploités de façon transversale aux trois catégories de professionnels.

 
BOUCHER Manuel (manuel.boucher@ids.fr)

Directeur du LERS / Laboratoire d'Etudes et de Recherches Sociales / Institut du Développement Social

RT n° 2 Migrations et relations interethniques

Action sociale et ethnicisation. La dualisation et la racisation de l'intervention sociale ?

Au sein des professions sociales, il existe aujourd’hui principalement deux types de “marchés du travail”. Le premier, relativement fermé, concerne le “noyau dur” des professions canoniques qui exercent au sein d’établissements sociaux. Le second, plus ouvert aux non-diplômés, concerne des sous-secteurs en expansion ou en émergence. C’est dans cette dynamique de dualisation de l’intervention sociale qu’à l’instar de certains territoires urbains, on constate des phénomènes d’ethnicisation du travail social. On peut en effet observer des critères de différenciation des intervenants sociaux, basés sur l’origine ethnique, notamment dans la mise en place des politiques sociales récentes à destination des migrants et de leurs descendants. Dès lors, nous faisons l’hypothèse que l’action sociale est devant un tournant : la coexistence de deux modèles d’intervention sociale hiérarchiquement et politiquement inégaux : au sein du secteur “classique”, nous assistons à la recomposition d’une politique sociale complexe destinée à traiter les dysfonctionnements sociaux et à combattre les effets néfastes d’une société capitaliste inégalitaire ; au sein du secteur “périphérique”, nous constatons l’expansion d’une politique de pacification sociale hétérogène et pragmatique orientée vers le maintien de l’ordre dans des espaces de ségrégation qui privilégie des logiques coercitives et de médiation communautaire assumées par des acteurs ethnicisés et instrumentalisés par les pouvoirs publics.

 
BOUCHER Manuel (manuel.boucher@ids.fr)

Directeur du LERS / Laboratoire d’Etudes et de Recherches Sociales (LERS) / Institut du Développement Social

RT n° 3 Normes, déviances et réactions sociales

Des logiques d’intervention sociales explosives : diversification et instrumentalisation des acteurs sociaux dans les quartiers populaires

Entre les mois d’octobre et novembre 2005, durant une vingtaine de jours des violences urbaines très médiatisées éclatent un peu partout dans les banlieues périphériques populaires françaises. Tout a commencé par la poursuite de plusieurs adolescents par la police car soupçonnés d’avoir commis des actes délictueux à Clichy-sous-Bois en Ile-de-France. Cependant, trois d’entre ces jeunes se croyant toujours poursuivis par les forces de l’ordre se réfugient alors dans un local à haute tension d’EDF et deux de ces jeunes meurent électrocutés. Leur décès est dès lors l’étincelle qui mettra le feu aux poudres dans plusieurs cités défavorisées de la banlieue parisienne pour s’étendre à de nombreux quartiers d’habitat social de villes de province. Les jeunes se révoltent, ils brûlent des voitures et des bus, incendient des bâtiments publics ou des enseignes commerciales, caillassent les pompiers venus éteindre les nombreux feux urbains et bien sûr affrontent violemment les forces de l’ordre, déployées dans plusieurs cités pour rétablir la tranquillité publique. Dès lors, la représentation de ces jeunes est dominée par la délinquance et la violence. Dans ce contexte, d’une part, nous questionnons les significations des violences juvéniles dans les espaces urbains ségrégués pour ne pas les appréhender uniquement sous un angle “ moralo-sécuritaire ”, d’autre part, nous mettons en perspective la complexité des logiques d’action mises en œuvre par les intervenants sociaux agissant dans ces territoires. Nous observons une diversification des modes d’intervention sociale dans les quartiers populaires afin de canaliser, de gérer des territoires et les comportements indésirables des populations jugées à risque. Loin d'être des zones désertées par les pouvoirs publics, le secteur associatif ou les mouvements confessionnels, les cités constituent un espace d'action privilégié pour une multitude d'acteurs sociaux anciens, nouveaux ou émergents.

 
BOUCHET Patrick présence à confirmer (patrick.bouchet@u-bourgogne.fr)

MCU / Université de Bourgogne

PULH Mathilde présence à confirmer (mathilde.pulh@u-bourgogne.fr)

MCU / Université de Bourgogne

RTf n° 11 Sociologie de la consommation

Comment analyser les comportements consommation dans une « société hypertexte » ? Proposition d’une approche pluridisciplinaire

Dans une société hypertexte, comment rendre compte de l’évolution des comportements de consommation individuels ou groupaux ? Les évolutions sociétales et leurs conséquences sur les consommateurs ne se traduisent-elles par une incertitude grandissante pour les prestataires qui créent et multiplient des innovations marketing pour des clients qu’ils méconnaissent ? Aussi, comment construire un modèle holiste du comportement du consommateur sans le nier en tant qu'acteur (prosumer) agissant dans des contextes très diversifiés ? Quelles méthodes scientifiques utilisées pour appréhender et comprendre des comportements éclectiques, paradoxaux et surtout moins stables que par le passé ? Pour mesurer la portée holiste de la métaphore de la société hypertexte pour comprendre les nouveaux comportements de consommation, il reste à établir quels fondements conceptuels et méthodologiques pourraient être utilisés. L’expérience vécue semble constituer un cadre d’analyse approprié pour répondre à cet objectif en fonction des changements de la société et des évolutions de la recherche en comportement du consommateur.

 
BOUDES Philippe (Philippe.boudes@u-paris10.fr )

Doctorant / Université V. Segalen Bordeaux II. LAPSAC

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Définitions et conséquences d’une sociologie de l’environnement : une analyse des productions scientifiques.

Les définitions de la sociologie de l’environnement que donnent les sociologues eux-mêmes sont relativement stables : bien qu’usant de termes vagues (nature, environnement), ces définitions mettent en avant la légitimité d’une subdivision sociologique portant sur l’environnement. Pourtant, l’étude sociologique de l’interaction entre nature et société a soulevé un débat qui sépare encore les sociologues. Certains penchent pour une prise en compte des bouleversements que suscite l’environnement au sein de la sociologie, quand d’autres ne voient en celui-ci qu’un objet parmi les autres, et dont une analyse sociologie classique peut satisfaire à sa compréhension. Nous souhaitons approfondir ces deux aspects en partant de l’étude d’une vingtaine de définitions de la sociologie de l’environnement, afin de présenter une réflexion sur l’identification de ce champ. En premier lieu, nous montrerons que ces définitions « normalisent » l’environnement comme objet sociologique. Nous examinerons ensuite l’opportunité d’une distinction entre les définitions françaises de cette sociologie et les autres définitions, notamment celles émanants du monde anglo-saxon. Enfin, nous aborderons les positions des sociologues prônant une révolution paradigmatique et ceux acceptant une appréhension classique de l’environnement par la sociologie, pour en venir à la spécificité française.

 
BOUDESSEUL Gérard (gerard.boudesseul@caen.iufm.fr)

Maître de conférences / Dyreso Centre Maurice Halbwachs Caen

RT n° 20 Méthodes

Trois dimensions sémiotiques de la répétition lexicale. D’un congrès de sociologue à l'autre

La répétition de formes lexicales et syntaxique est au fondement de bon nombre d’outils de la lexicométrie. On peut se demander si les limites de ce type d’approche ne tiennent pas au fait que la notion de répétition demeure confinée dans un statut épistémologique de simple indicateur, peu intégré au cheminement de construction de la connaissance. La communication propose d’explorer les possibilités qu’ouvrirait la promotion de cette notion de répétition au rang de concept, dans le cadre d’un usage raisonné du logiciel Alceste. Reinert rapproche en effet la procédure de classification lexicale d’Alceste d’un schéma conceptuel, la sémiotique empirique de Peirce. Trois dimensions du signe seraient alors susceptibles d’éclairer autant de voies de construction du sens par la répétition : - l’icône : un signe est mobilisé plusieurs fois par un locuteur parce qu’il entretient avec l’objet recherché une relation de ressemblance ou de résonance. - l’indice : un signe traduit, en même temps qu’il trahit, une relation de proximité avec un objet qui s’impose à des locuteurs différents. - le symbole : la répétition symbolique, suppose une convention entre locuteur et auditeur, et se situe à la croisée des deux dimensions précédentes pour séparer différents mondes lexicaux. On propose de confronter cette triple dimension sémiotique de la répétition au corpus de la communication des participants aux Congrès de l’AFS de 2004 et 2006 : les sociologues se répèteraient-ils ?

 
BOUDESSEUL Gérard (gerard.boudesseul@caen.iufm.fr)

Maître de conférences / Dyreso Centre Maurice Halbwachs Caen

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

De l’ordonnancement des passions dans le récit à l’ordre d’une vie : le jardin de Tante Suzanne

En quoi la mobilisation du registre des passions est-il susceptible d’éclairer l’organisation discursive et sémiotique d’un récit de vie ? Tante Suzanne – Une histoire de vie sociale de Maurizio Catani livre un matériau de première qualité : Quatre objets émaillent le récit, très inégalement mis en exergue par la narratrice, ou par l’auteur : le chant et le jardin sont les plus nettement mis en visibilité, alors que le jeu et le livre apparaissent de manière plus incidente. Pourtant, l’assemblage des quatre objets donne une certaine cohérence d’ensemble au récit. : le jardin est à la fois l’espace des jours heureux dans la parenthèse de la semaine du père au travail, et le cadre du recueil du récit. Le chant est à la fois la complainte transmise de mère en fille et le rituel par lequel Tante Suzanne inclut Catani dans le cercle des proches. Le jeu, le bal et la séduction des garçons sont associés au désenchantement d’un mariage raisonnable. Enfin, la lecture jalonne les premiers pas d’un statut familial privilégié de lectrice alors qu’elle va co-signer avec Catani le livre de sa vie. L’entrée dans le récit par les passions nous aide finalement à identifier le double processus de mise en cohérence chronologique et de mise en intrigue biographique, en décomposant les effets de fusion entre le passé et le présent, de redéploiement des évènements dans la recherche d’unité présente.

 
BOUILLOUD Jean-Philippe présence à confirmer ( bouilloud@escp-eap.net)

Professeur / ESCP-EAP

RTf n° 16 Sociologie clinique

Le chercheur entre neutralité et engagement dans la compréhension pratique autobiographique et herméneutique

Entre un relativisme dévastateur, car il détruit toute perspective de connaissance valide, et un positivisme qui se berce d’illusions scientistes, nous chercherons à explorer la réponse faite depuis le XIX° siècle par la tradition herméneutique au problème de la compréhension du monde social. Dans la perspective de la sociologie clinique, qui interroge l’inscription subjective du chercheur, notamment dans la pratique des récits de vie, il sera intéressant de confronter ce que nous disent les théoriciens de ces pratiques autobiographiques avec deux auteurs clés de la réflexion herméneutique en sciences sociales, Dilthey et Gadamer. Dépassant la position recluse de la compréhension fermée sur elle même de Schleiermacher, Dilthey un des premiers prend à bras le corps les conditions de possibilité de connaissance pour les sciences sociales, en proposant une perspective méthodologique qui se centre in fine sur l’autobiographie comme modèle de compréhension. Abandonnant une perspective méthodologique, Gadamer abordera la compréhension comme événement et expérience, faisant de la compréhension « l’application d’un sens au présent », en réhabilitant l’historicité du sujet : on peut clairement ici retrouver des points de contact entre la problématique de l’herméneutique contemporaine et les enjeux de l’approche clinique.

 
BOURGEOIS Isabelle (i.hemery-bourgeois@cso.cnrs.fr)

Vacataire de recherche / Université Paris Dauphine, LEGOS

SALLES Christelle (c.salles@cso.cnrs.fr)

Vacataire de recherche / Université Paris Dauphine, LEGOS

FERMON Béatrice présence à confirmer (beatrice.fermon@dauphine.fr)

Maître de conférences / Université Paris Dauphine, LEGOS

RT n° 1 / RT n° 19 Savoirs, travail, professions / Santé, Médecine, Maladie et Handicap

Des nouveaux acteurs de la qualité : les référents qualité du secteur médico-social

Comme le secteur de la santé, le secteur médico-social est soumis à de nouvelles régulations médico-économiques qui transforment l’organisation et les pratiques traditionnelles du champ. Soumis à la même obligation d’évaluation de la qualité, le secteur sanitaire privilégie une approche “ assurance-qualité ” alors que le secteur médico-social s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue de la qualité. Les particularités du secteur médico-social nous semblent constituer des pistes de réflexion intéressantes pour éclairer les évolutions à l’œuvre dans le champ de la santé. Historiquement, les professionnels du secteur médico-social s’orientent vers la défense des besoins individuels du public qu’ils prennent en charge. Aujourd’hui, l’objectif prioritaire que demeure la satisfaction de l’usager est largement bousculé par les obligations de rationalisation et d’évaluation de l’activité qu’impose la loi. Dans ce cadre, les projets d’évaluation de la qualité sont portés par des professionnels du secteur qui endossent une nouvelle fonction spécifique, celle de référent qualité. Cette communication s’attachera à montrer dans quelle mesure cette nouvelle fonction permet de concilier les nouvelles exigences médico-économiques, réglementaire et sécuritaire avec les valeurs culturellement établies dans ce secteur. Elle s'appuie sur des données recueillies par une enquête qualitative et comparative effectuée dans le cadre d’un contrat avec la DGAS.

 
BOURSANGE Edith (boursange@yahoo.com)

Doctorante / Université Paris 1 / CRPS (CNRS-UMR 8057)

RTf n° 13 Droit et justice

Faire valoir. Eléments pour une sociologie de la traduction

La communication proposée fait retour sur la mobilisation de différents types d'expertises dans le traitement juridique de la présence des étrangers en France : comment des espèces différenciées de capitaux sont-elles converties en une expertise propre à faire valoir le droit d'un requérant (e. g. à se maintenir sur le territoire, à se prévaloir de la qualité de réfugié, à renouveler un titre de séjour) ? Quelles sont les contraintes (à la forme) et les logiques (pratiques) régissant les opérations de qualification des faits ? Comment les différentes catégories d'agents parties au règlement juridique d'un problème public font-elles valoir la connaissance qu'elles en ont et conséquemment, le droit qui serait le leur de participer à son traitement ? Quelles sont les conditions de nature à permettre (ou à interdire) la validation d'acquis issus de l'expérience ? Quels sont les coûts et rétributions de la conversion en droit d'arguments non labellisés comme tels et tirés d'expériences faites dans des univers de socialisation hétérogènes ? Nous prendrons l'exemple du traitement de la demande d'asile au sein de juridictions administratives françaises pour comprendre comment on se familiarise à "l'esprit juridique". Nous examinerons différents cas de professionnalisation (assesseurs, rapporteurs, interprètes) où entrent en jeu des opérations de traduction, de conversion de savoir-faire et de validation d'acquis, en cherchant à répondre à la question : comment faire valoir ?

 
BOUTET Annabelle (annabelle.boutet@enst-bretagne.fr)

EC / LUSSI, ENST Bretagne, Brest

DELTOUR François présence à confirmer (francois.deltour@enst-bretagne.fr)

EC / LUSSI, ENST Bretagne, Brest

FLIPO Fabrice présence à confirmer (fabrice.flipo@int-evry.fr)

EC / ETOS, Institut National des Télécommunications, Evry

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Ecologie des infrastructures numériques

Du fait de l’apparente légèreté des informations manipulées (pas de lourd support papier, nul besoin de déplacement pour se faire entendre par la parole), les TIC véhiculent une image d’absence de friction qui leur donnent une image de « technologie propre »En réalité les infrastructures numériques ont bien une existence écologique. Elles consomment de l’énergie, de plus en plus, elles produisent des déchets, difficiles à traiter, et elles disséminent des toxiques, impossibles à récupérer. Les « high tech » sont l’ultime étape de la division du travail, ce qui suppose que tout le reste existe auparavant. Loin d’être détachées de l’industrie lourde, cette dernière est un prérequis qui permet aux TIC d’exister. Le terminal est l’arbre qui cache la forêt. Le but de ce projet exploratoire est de commencer à faire la lumière sur cette existence écologique, en commençant par la gestion des déchets. La Directive DEEE entre tout juste en vigueur et l’on assiste aujourd’hui à un jeu de chaises musicales pour mettre en place et s’approprier les marchés et les filières. A l’issue d’un projet exploratoire mené sur une année en nous concentrant sur l’aval, sur les déchets, cette communication se propose de faire un premier point d’avancement dans ce domaine.

 
BOUTET Manuel (manuel.boutet@free.fr)

Doctorant / GSPM (CNRS-EHESS) et Université de Nice - Sophia Antipolis

RT n° 23 Sociologie du travail, activité et techniques

Passer du singulier au général : stratégies du chercheur et façons de s'orienter des acteurs

Nous enquêtons sur le dépannage d’ordinateurs à domicile par observation in situ – pratiquée comme usager, comme spectateur, comme dépanneur – complétée de conversations informelles et d’entretiens. L’approche interactionniste permet de construire la notion de « situation de dépannage », d’équiper l’observation, de comparer les situations observées. Au cours du dépannage, les participants se focalisent sur l’état de la machine après l’intervention, et de ce fait négligent souvent de se comprendre. Le sociologue ne peut espérer trouver un interprète. Il nous faut donc étudier les différents mondes des participants, nous garder des effets de légitimité, nous donner au contraire les moyens de restituer les modes de constitution et de mises en œuvre de ces façons de s’orienter. L’attention aux circonstances, aux paroles, aux gestes, à l’agencement des lieux, est un préalable. Le paradoxe est pourtant que ce type de description, dans sa minutie même, entre en contradiction avec les façons de saisir et de comprendre des participants. Autrement dit, ils cherchent eux aussi à apprendre des situations qu’ils rencontrent, et savent être tout aussi réductionnistes à leur manière que le chercheur. Aussi proposons nous de mettre en parallèle les stratégies de connaissance disponibles pour le chercheur et les façons de s’orienter des acteurs, ceci afin d’éviter de considérer à tort comme de simples biais subjectifs des effets épistémiques (hypothèses implicites, angles morts, etc. ).

 
BOZONNET Jean-Paul (Jean-Paul.Bozonnet@iep.upmf-grenoble.fr)

Maître de conférences / Institut d'Etudes Politiques de Grenoble

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

L'environnementalisme appartient-il à un système de valeurs et lequel ?

Il est communément admis que l'environnementalisme ne se réduit pas à la protection de la nature et la défense de l'environnement mais qu'il s'inscrit dans une vision du monde beaucoup plus vaste. Celle-ci est facilement objectivable dans des systèmes de valeurs, donc repérable à travers nombre d'indicateurs d'enquêtes sociologiques, et les sociologues sont nombreux à s'être confrontés au problème. Quelques exemples notoires : dès les années 70, certains pensent découvrir un lien entre écologisme et revendication de la liberté individuelle au sein du système de valeurs postmatérialiste (Inglehart, 1977) ; d'autres, suivant la thèse de Douglas et Wildavsky, croient pouvoir identifier une corrélation avec la tendance à l'égalitarisme (Ellis et Thompson, 1997) ; plus récemment, certains veulent ancrer les pratiques écologistes dans un concept plus large de "résistance ordinaire" à la "rationalisation marchande" (Dobré, 2002). Et pourtant le lien entre environnementalisme et autres variables de valeurs semble toujours aussi problématique (Jones et Dunlap, 1992). Or, grâce à l'enquête European Social Survey de 2002, nous possédons des données précieuses sur l'environnementalisme et les valeurs en Europe. Dans ce papier, nous nous proposons donc de les confronter aux théories existantes afin d'apporter quelques éléments de réponse originaux à cette question : l'environnementalisme appartient-il vraiment à un système de valeurs plus large et si oui lequel ?

 
BRANCIARD Anne (anne.branciard@univmed.fr)

Ingénieur de Recherche / LEST (Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail) -UMR 6123

CRESPY Cécile présence à confirmer (crespy@univ-aix.fr)

Doctorante en sociologie, ATER / LEST (Laboratoire d'Economie et de Sociologie du Travail) -UMR 6123

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

Des politiques de recherche et d'innovation en recompositions : de la fin de l'Etat colbertiste à la fin du rôle de l'Etat ?

Cette communication examine les transformations des politiques de recherche et d'innovation, à partir des différents dispositifs mis en œuvre en France depuis le milieu des années 1990. En interrogeant l'interdépendance croissante des acteurs publics, les dynamiques du système de recherche et les transformations des pratiques scientifiques, ce texte tente de mettre en évidence que l'affaiblissement de l'Etat colbertiste ne marque pas la fin de l'intervention de l'Etat central. Celui-ci continue à jouer un rôle moins dans une construction substantielle de l'action publique que par une approche procédurale en promouvant de nouveaux référents et des cadres pour l'action, tout en cherchant à garder une capacité de régulation. L'Etat se maintient dans un rôle de principal en émettant des formes, (instruments ou institutions intermédiaires). Ces formes tendent à contraindre l’inscription de l’action publique produite localement ; elles impliquent un contenu qui réponde aux critères définis par le principal ; mais la substance est configurée par les coalitions horizontales d'acteurs. En prenant appui sur un important travail empirique, la communication montre qu'un nouveau schéma d'action publique fait de relations multi-niveaux mais aussi de relations horizontales est en train de se mettre en place. Loin d'être univoques et de signifier la fin de l'intervention de l'Etat, ces transformations nécessitent d'être mises en discussion autour de leurs ambivalences et irréversibilités.

 
BREDELOUP Sylvie (Sylvie.Bredeloup@up.univ-mrs.fr)

Directrice de recherche / LPED, Université de Provence, Case 10, 3 place Victor Hugo, 13331 Marseille cedex 03

RT n° 2 Migrations et relations interethniques

Sahara Transit : quand les migrants africains s’arrêtent en Libye

En quelques années, à mesure que les déséquilibres économiques se sont accentués sur le continent africain et que les guerres civiles se sont multipliées, les migrations entre les deux rives du Sahara ont non seulement pris une ampleur inédite mais surtout empruntent des chemins multiples. Les ressortissants du Maghreb sont rejoints sur ces routes migratoires par des hommes et des femmes originaires de l’Afrique au Sud du Sahara qui s’installent plus ou moins durablement dans ces nouveaux espaces de transit au gré des opportunités, au fil des contrôles. Ces étapes sur le chemin de l’Europe se transforment aujourd’hui en lieux de réinvestissement pour de nombreux migrants africains. Le Sahara n’est pas seulement un espace traversé ; il est aussi construit par la co-présence de populations hétérogènes, migrantes ou non qui s’installent dans les villes sahariennes et d’Afrique du nord. Au nom de l’unité africaine et dans le cadre de la CEN-SAD, pendant plusieurs années, les ressortissants de l’Afrique subsaharienne ont pu s’installer sur le territoire libyen – ce petit pays pétrolier -, sans avoir besoin de visa ni de carte de séjour. Alors que le gouvernement libyen a négocié sa réintégration dans le système de coopération internationale et la levée de l’embargo en échange d’une implication plus soutenue dans le contrôle des migrants, que deviennent les modalités d’insertion professionnelle et résidentielle des Africains subsahariens dans les villes libyennes ?

 
 
BRETESCHÉ Sophie (s.bretesche@libertysurf.fr)

ATER / Chercheur- Laboratoire Cristo (Centre de Recherche en Innovation Socio-Technique et Organisations)- Université Pierre Mendès - Grenoble

RT n° 9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Les bailleurs sociaux et la gestion de proximité. Des logiques d'action différenciées

La décentralisation conduite depuis une vingtaine d'années par les bailleurs sociaux interroge aujourd'hui le mode d'action privilégié pour intervenir sur le territoire. Si la création des agences, menée dans le prolongement du développement social des quartiers a permis de rapprocher les professionnels des locataires, elle a fait par ailleurs émerger les attentes et les besoins de locataires confrontés à la marginalisation et captifs de leur lieu d'habitat. Cette présente communication se propose d'analyser les logiques d'action développées dans le secteur du logement social par les salariés de proximité. L'enquête s'est appuyée sur des entretiens qualitatifs conduits avec les salariés d'agence dans 20 quartiers d'habitat social. Trois emplois représentatifs de la gestion de proximité ont été plus particulièrement étudiés : les gardiens, les chargés de clientèle et les techniciens. L'enquête s'est déroulée pendant trois ans et a concerné 250 salariés répartis selon les 3 emplois pré-cités. L'ensemble de ces entretiens a été traité à partir d'une analyse thématique organisée selon trois axes de recherche : les "identités professionnelles"(Sainsaulieu), les "expériences sociales"(Dubet) et les principes de justification (Boltanski et Thévenot). Les résultats font apparaître deux logiques d'action : une action administratrice centralisée et une action sociale territorialisée. Ces deux logiques témoignent de deux modes d'intervention sur l'urbain fortement contrastés.

 
BRETESCHÉ Sophie (s.bretesche@libertysurf.fr)

ATER / Université Bretagne sud (Docteur en sociologie), Laboratoire CRISTO (Centre de Recherche Innovations Socio-technique et Organisations), Université Pierre Mendès Grenoble

RTf n° 40 Sociologie des institutions

Les bailleurs sociaux face à la question sociale : effervescence rationalisatrice et rapport moral au locataire

Cette communication se propose d'appréhender la dynamique interne des bailleurs sociaux (organismes HLM) à partir d'une approche institutionnelle. La démarche de recherche vise à aborder les organismes HLM à la fois comme des organisations porteuses de dynamiques spécifiques mais également comme une institution confrontée à une société en mutation. La problématique concerne l'évolution des bailleurs sociaux face à la "question sociale" que pose la mise en œuvre du service de proximité. Trois axes de recherche sont plus particulièrement explorés : les identités professionnelles produites par l'interaction avec le locataire, le type de régulation généré par l'activité de service et les modes de justification mobilisés pour accompagner les changements institutionnels. Conduite dans 20 organismes de logement social, l'enquête s'est appuyée sur 200 entretiens qualitatifs et sur l'observation de 5 conduites de changement. L'hypothèse formulée est que l'on assiste à la refondation de la mission de logement social sous l'effet d'une forte pression sociale. Cette refondation présente des caractères similaires avec la naissance de la question du logement en 1848 (perception des "classes dangereuses")et combine sous l'impulsion de l'action dirigeante un process industriel et une gestion fluidifiée de la société. En proximité, cette stratégie rencontre des tensions nourries par une conception morale du service ou par une application stricte des prescriptions technicistes.

 
BRETONNIÈRE Sandrine (sandrinebretonniere@yahoo.fr)

Doctorant / CADIS-EHESS

RT n° 39 Identité - subjectivité - revendication - changement social

Cadre public, appropriations privées : le processus de transformation des rôles genrés en Bosnie-Herzégovine après la guerre de 1992-1995

Dans le cadre d’une analyse de la reconstruction des individu-e-s en Bosnie-Herzégovine après la guerre de 1992-95, nous proposons d’axer notre communication sur la question de la transformation des rôles genrés. Notre hypothèse est la suivante : face à un espace public caractérisé par une forte impulsion paritaire (loi sur l’égalité femmes-hommes), c’est dans l’espace privé que nous décelons une dynamique de changement dans les rôles genrés. Partagé-e-s entre un modèle patriarcal et un nouveau modèle qui reste à définir, les individu-e-s créent de nouvelles modalités inter-personnelles – notamment au travers du prisme du couple – s’appuyant sur des énoncés publics, collectifs, d’égalité femmes-hommes. Les cadres législatifs servent ainsi de justification – le plus souvent passive – à des prises de position individuelles. La sphère privée permet de prendre de la distance avec le modèle familial dont on est issu, et par le biais de l’invention du quotidien ainsi que dans le tissage des relations avec son conjoint et ses enfants, de mesurer ses capacités à mettre en concordance une réflexion sur soi et sur son positionnement en tant qu’individu-e dans une société en reconstruction. Nous nous proposons donc d’examiner ce double processus d’impulsion de nouvelles références genrées dans la sphère publique et de leur appropriation par les personnes dans la sphère privée, et d’en tirer des conclusions sur les dynamiques de transformation des rôles genrés.

 
BRETONNIÈRE Sandrine ( sandrinebretonniere@yahoo.fr)

Doctorante / CADIS-EHESS

RT n° 39 Identité - subjectivité - revendication - changement social

Rapport au corps et sexualité des femmes : parcours de subjectivation

Dans le cadre d’une recherche menée avec Alain Touraine en 2003-04, nous nous sommes interrogées sur la centralité de la sexualité et du rapport au corps des femmes dans la construction d’un nouveau modèle culturel. Enjeu de la subjectivation, la sexualité reste délimitée par des régulateurs sociaux tels que les cadrages religieux – qui abolissent la frontière privé-public – ou de nouvelles normes sociales dérivées de la libération sexuelle. Tentant de se décentrer du social, les femmes doivent entrer en résistance pour constituer un rapport à soi et à l’autre inédit. Nous situant ainsi à la charnière des espaces privé et public, nous proposons d’analyser les diverses modalités de ce processus de conquête de leur corps par les femmes.

 
BRINBAUM Yael (yael.brinbaum@ens.fr)

Maître de conférences / IREDU (CNRS)

DURU-BELLAT Marie (marie.duru-bellat@wanadoo.fr)

Professeur / Université de Bourgogne

RTf n° 4 Sociologie de l'éducation et de la formation

La méritocratie scolaire, une idéologie partagée ?

Au sein du domaine assez nourri des travaux sur les sentiments de justice (Kellerhals et al, 1997 ; Dubet, 2005), la recherche présentée ici se centre sur l’intériorisation du principe de mérite et sur la légitimité de l’assimilation entre mérite et mérite scolaire. Il s’agit de tester l’hypothèse émise dans le cadre des théories de la reproduction selon laquelle l’école joue en ce domaine, avec entre autres conséquences que l’intériorisation de la méritocratie scolaire doit être sensible au niveau d’instruction. Dans ce volet qualitatif, on se fonde sur l’analyse de cent entretiens auprès d’adultes tout-venant. L’intériorisation de la méritocratie scolaire est appréhendée par des questions sur la légitimité de l’influence des diplômes sur les rémunérations et plus largement la vie professionnelle. Le principe du mérite apparaît largement partagé, ce qui est conforme aux tendances dégagées par la psychologie sociale concernant la norme d’internalité. En revanche, la méritocratie scolaire fait l’objet de sentiments beaucoup plus mitigés. Les individus les moins instruits, s'ils contestent moins ouvertement la légitimité du critère de diplôme, sont néanmoins bien plus critiques sur son impact dans la vie professionnelle. D’autres facteurs personnels interviennent, comme la trajectoire sociale et la relation entre formation et emploi. Vu la fréquence croissante des situations de déclassement, ceci laisse augurer une remise en cause de la légitimité de la méritocratie scolaire.

 
BRINBAUM Yaël (yael.brinbaum@ens.fr)

Maître de conférences / Université de Bourgogne

KIEFFER Annick présence à confirmer

 / IREDU, CMH

RTf n° 4 Sociologie de l'éducation et de la formation

Les parcours scolaires des enfants issus de l’immigration : réussites et désillusions

Cette communication propose une analyse des parcours scolaires des enfants issus de l’immigration en lien avec les aspirations éducatives de leurs parents et le vécu de ces parcours par les enfants eux-mêmes. Les données exploitées sont celles du Panel 95-2002 (DEP, Ministère de l’Education) et de l’enquête Education et famille (INSEE, 2003). Sont mises en évidence les aspirations éducatives plus élevées des familles immigrées comparées aux familles françaises d’origine de même milieu social, avec des différences selon l’origine géographique. Ces aspirations jouent un rôle positif sur les scolarités des enfants d’immigrés. Toutefois, existent des décalages entre aspirations et parcours qui se traduisent pour certains par des orientations non souhaitées dans les filières professionnelles et technologiques. Ces orientations, vécues comme une injustice, engendrent des sentiments de frustration. Cette étude invite à nuancer les résultats sur la réussite ou l’échec scolaire des enfants issus de l’immigration, en confrontant divers indicateurs (de parcours et performances) et souligne l’apport des données longitudinales et subjectives pour avancer dans ce débat.

 
BRISSONNEAU Christophe (christophe.brissonneau@wanadoo.fr)

 / Paris X Nanterre laboratoire Sport et culture

RT n° 22 Parcours de vie et dynamiques sociales

Carrières cyclistes et dopage : un processus thérapeutique

Afin de comprendre les causes du dopage, le corps médical s’est appuyé sur des enquêtes quantitatives épidémiologiques. Les analyses développées à partir de cette approche confortent le caractère individuel (Peretti-Wattel, 2005) généralement attribué à cette déviance. A travers six récits de vie d’anciens cyclistes professionnels, nous voulons, à l’inverse du paradigme médical, montrer combien la prise de produits dopants est le fruit d’un long processus et un acte collectif (Becker, 1985). Nous distinguerons différentes étapes dans la carrière cycliste amateur (pré-professionnelle) et professionnelle au sein desquelles la définition de la santé et les solutions pharmacologiques apportées évoluent. Nous constaterons une absence de produits dans un premier temps puis lors de chaque étape l’utilisation d’une nouvelle famille de produits (interdits), celle-ci allant de pair avec l’évolution de la conception de la santé. Nous verrons que le déplacement sémantique du terme santé se fait parallèlement à la décroissance des interactions avec la famille au profit de celles avec les pairs, entraîneurs et surtout les différents types de médecins (généralistes, médecins du sport, médecins d’équipe de France, spécialistes en bio-technologie), présents tout au long de la carrière. Ainsi, contrairement aux discours habituellement tenus, nous pourrons mettre en avant, grâce à ces récits de vie, le rôle ambivalent des médecins du sport dans le développement du dopage en cyclisme.

 
BRITTO SANTOS Eduardo présence à confirmer (dudabritto@yahoo.com)

Sociologue, Etudiant en Master 2 Sciences du Politique / Bordeaux

DUMORA Catherine (catherinedumora@hotmail.com)

Doctorante / en Co-tutelle en Anthropologie à Bordeaux 2 et Doctorat Environnement et Développement à l'Université Fédérale du Paraná, Brésil, UMR CNRS5185 ADES-SSD Université Bordeaux 2

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Sociologie environnementale au Brésil : approche théorique

Les sociologues brésiliens s’intéressent depuis longtemps aux relations entre la société, l’environnement et le politique. Toutefois, c’est sous l’impulsion du sommet mondial sur l’environnement en 1992 à Rio que se développe une réflexion théorique sur l’étude de l’interface société-environnement, émergente au milieu des années 80 (questions liées aux aires protégées, aux barrages, à l’expansion de frontières agricoles, à la réforme agraire, au développement rural, etc.). Ce contexte favorise ainsi l’essor de la sociologie environnementale au Brésil depuis une décennie, plus particulièrement au sein de 4 groupes de recherche d’universités brésiliennes qui marquent leur influence. La création en 2002 du 1er congrès de l’Association Nationale de Pos-Graduação et de Recherche sur l’Environnement et la Société (ANPPAS) vient enrichir cette dynamique. En retraçant les théories et les recherches développées par ces différents groupes, cette communication tentera de faire un bilan de l’avancée de la production de la sociologie de l’environnement au Brésil. Les approches interdisciplinaires menées par ces centres de recherches universitaires seront analysées afin de dégager les courants de pensée émergents sur la question.

 
BRIZARD Nicolas (nicolas.brizard@laposte.net)

Doctorant en socio anthropologie / Université de Franche-Comté laboratoire : LASA-UFC

RTf n° 10 Sociologie de la connaissance

La sociologie et le champ littéraire au 20ème siècle : la légitimité d'un discours sur la réalité sociale comme enjeu.

Il s'agit d'une tentative pour la sociologie de tirer les leçons d'un débat entre les sociologues et certains représentants du champ littéraire français. Un débat qui, s'il s'est rarement matérialisé par des luttes concrètes aux enjeux bien définis, pourrait se synthétiser ainsi : sociologues et écrivains peuvent-ils s'accorder sur une description du monde dans lequel ils vivent ou l'écart entre champ littéraire et scientifique ne peut-il nous renvoyer qu'à une pluralité des visions du monde, au malentendu permanent. Est-il possible pour un sociologue de lire un roman sans accorder un seul instant crédit à la description du monde qui lui est proposée ; de la même façon, peut-on écrire un roman aujourd'hui sans prendre en compte certaines avancées des sciences humaines ? Bien entendu il n'est pas question de faire de tous les écrivains des observateurs de la société. Il est évident que de grands mouvements littéraires comme le surréalisme ou le lettrisme se sont défiés d'une définition de la littérature se réduisant à une description du monde tel qu'il est pour se tourner vers un effort sur le langage lui-même. Pourtant une grande partie des écrivains poursuivent cet effort qui caractérise pour nous à l'évidence le sociologue : parvenir à tenir des propos pertinents sur le monde auquel il appartient. En ce cas dresser un portrait des conflits et des accords possibles entre écrivains et sociologues reviendrait à mesurer l'accord sur une description du monde tel qu'il peut être.

 
BROCHIER Damien (brochier@cereq.fr)

Ingénieur de recherches / Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications)

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Evolution des métiers des services à l’environnement et dynamique de gestion des compétences : le cas de Veolia Environnement

A l’automne 2004, le groupe Veolia Environnement a conclu un “ accord sur les principes du développement des compétences et de la progression professionnelle ” avec l’ensemble des organisations syndicales de l’entreprise. Cet accord a pour objectif d’associer l’ensemble des salariés à la construction de leur parcours de progression professionnelle dans les métiers de service à l’environnement en affirmant un principe de co-responsabilité entre le salarié et de l’entreprise dans le développement des compétences tout au long de ce parcours. Pour le groupe, il s’agit d’anticiper les évolutions démographiques et professionnelles en articulant formation et gestion des compétences aux différents âges de la vie professionnelle, ce qui signifie favoriser l’intégration des nouveaux collaborateurs, notamment par l’apprentissage, développer les compétences au gré des différentes fonctions occupées et à tous les âges, et assurer des parcours de progression professionnelle. Issue d’une recherche menée par une équipe du Céreq en partenariat avec le groupe Veolia Environnement en 2005 et 2006, cette communication s’attachera à analyser la façon dont la déclinaison de cet accord au sein des multiples entités qui composent ce groupe contribue à façonner, remodeler ou affaiblir les dynamiques de professionnalisation des salariés dans les différentes professions qu’ils occupent au sein de ce groupe.

 
BRODA Jacques (jacques.broda@univmed.fr)

Professeur de sociologie / I. U. T d'Aix-en-Provence

RT n° 35 Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

Education populaire, éducation politique, Quels engagements ?

Je n’interroge pas le discours politique de l’extérieur, mais de l’intérieur. Comment se construit-il dans l’engagement militant. Quelles sont les bases subjectives de l’engagement ? Comment passer du discours à la parole ? Ces questions, l’actuel, le réel nous les pose avec acuité et gravité. Je fais l’hypothèse que l’on ne peut y répondre qu’en passant par l’écriture. Les causes profondes de l’engagement sont souvent indues, inconscientes. Les affinités idéologiques ou humanistes, ne suffisent pas à expliquer la force, la fidélité, mais aussi la défection ou la désillusion des militants, des bénévoles. Je voudrais faire part d’un trajet de vingt ans : des Univers-Cités Populaires de Martigues, au séminaire sur l’Inconscient Politique, en passant par le Secours Populaire, une même tension, une même attention quant à l’articulation entre rapports sociaux et processus de subjectivations. Il en ressort des hypothèses fortes en termes de désexclusion symbolique. Je fais que le pari que l’éducation populaire qui ne débouche par sur une éducation politique en reste à mi-chemin de sa réalité émancipatoire, la réciproque est toute aussi vraie. Ici, le sociologue peut dire et faire quelque chose, entre autres s’engager dans un processus réel d’écritures.

 
BRONNER Gérald (gerald.bronner@paris4.sorbonne.fr)

Maître de conférences / Paris IV

RTf n° 36 Théories et paradigmes sociologiques, philosophie de la sociologie

L'intime neutralité : contribution à une épistémologie cognitive

Le problème de la neutralité axiologique, en tout cas dans la sociologie de Max Weber, pose la question des catégories mentales avec lesquelles nous appréhendons le réel. Pour lui, on le sait, l'objectivisme est un point de vue naïf sur les relations que la conscience individuelle entretient avec le réel. Il propose d'ailleurs, en particulier dans Les essais sur la théorie de la science, une approche analytique et critique de la façon dont certains grands historiens de son temps appréhendaient leur objet de recherche. Cette communication examinera les propositions du sociologue Allemand, en particulier celles concernant le jugement de possibilité (pierre d'angle de la réflexion épistémologique de Max Weber) à la lumière des résultats de la psychologie cognitive.

 
BROQUA Christophe (broquachristophe@yahoo.fr)

Post-doctorant / IRD – UR 107 « Constructions identitaires et mondialisation »

RTf n° 28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

« Men who have sex with men » : réflexions sur une catégorie problématique à propos de l’Afrique

L’expression « men who have sex with men » (ou « MSM ») a tout d’abord été forgée afin de désigner les hommes qui, dans les pays occidentaux, se situaient aux marges de l’identité homosexuelle, dont on supposait qu’ils étaient tout autant voire davantage exposés au VIH/sida que les « gays ». Elle s’est ensuite répandue et popularisée dans la littérature ou dans les conférences internationales, en même temps qu’émergeait progressivement la problématique des sexualités entre hommes dans les pays non occidentaux. Elle paraissait alors idéale pour désigner les hommes concernés dans ces pays, tant il semblait clair qu’il ne pouvait s’agir d’homosexuels au sens occidental du terme. Ainsi, initialement vouée à désigner ceux qui ne pouvaient être définis par leur appartenance à une catégorie sociale trop limitée, l’expression « MSM » a progressivement pris valeur de nouvelle catégorie, plus pauvre encore en consistance et en sens que les précédentes, en particulier à partir du moment où elle a été appliquée de manière indistincte à toutes les régions du monde. À partir des résultats d’une enquête ethnographique sur les logiques et significations sociales des sexualités entre hommes réalisée entre 2003 et 2006 à Bamako (Mali), je m’interrogerai sur les moyens d’appréhender la réalité sociale telle qu’elle apparaît au chercheur et d’en développer l’analyse, au delà des limites que présentent les catégories « savantes » qui s’imposent à lui.

 
BROTCORNE Périne (pbrotcor@ulb.ac.be)

Doctorante / Université Libre de Bruxelles, Groupe de Recherche en Informatique et Sciences Humaines

RT n° 20 Méthodes

La conjugaison des approches méthodologiques : une dialectique nécessaire

En théorie, nombre de chercheurs en sociologie ont plaidé de longue date en faveur d’un pluralisme méthodologique, mais, en pratique, peu d’entre eux encore aujourd’hui marquent de l’enthousiasme à adopter une double démarche méthodologique articulant approches quantitative et qualitative. Négliger cette approche transversale, c’est pourtant oublier les limites des habituelles lectures unilatérales et les apports d’un tel pluralisme méthodologique. L’objet de la communication est de présenter une réflexion portant sur la conjugaison des approches quantitative et qualitative et la manière dont celles-ci peuvent être pensées ensemble au sein d’un même projet de recherche. Loin d’être détachée de la « réalité » de terrain, cette réflexion se fonde sur une pratique de recherche «en train de se faire» menée dans le cadre d’un travail doctoral portant sur les usages étudiants des technologies de l’information et de la communication à l’université. La communication propose de débattre d’un intérêt particulier d’une telle rencontre des méthodes : celui de donner à voir différents tableaux d’une même « réalité » sociale. Elle offre au chercheur l’opportunité de questionner les apports et les limites de chacune des approches et d’entamer, ce faisant, une réflexion sur la fabrique des connaissances sociologiques. Cette démarche itérative témoigne ainsi d’une volonté de réfléchir au processus de production et d’interprétation des données.

 
BRUN Christian présence à confirmer (chris.brun@tele2.fr)

Chef du Laboratoire Histoire et sociologie militaires / Centre de recherche de l'Ecole de l'Air, Salon de Provence

PRÉVOT Emmanuelle (emaprev@wanadoo.fr)

Enseignant-chercheur en sociologie / Laboratoire Histoire et de sociologie militaires, Centre de recherche de l'Ecole de l'Air, Salon de Provence

RTf n° 8 Sociologie du militaire : sécurité, armées et société

Les représentations de la professionnalité comme stratégie d’ajustement au stress chez les commandos de l’air en opération extérieure

Au regard des évolutions intervenues depuis une vingtaine d’années dans les opérations extérieures conduites par les commandos de l’air, nous nous interrogerons sur la manière dont la définition d’une professionnalité propre est l’un des éléments de réponse aux difficultés rencontrées lors de cette activité de travail particulière. Il s’agit donc de concilier une approche psychologique et sociologique du stress à travers l’approfondissement de la fonction des représentations professionnelles dans ce cadre. Reposant sur une approche qualitative à partir de la conduite d’entretiens avec une trentaine de fusiliers commandos, la communication se décomposera en trois temps. Tout d’abord, nous chercherons à repérer les paramètres qui peuvent être considérés comme des sources de stress en opération extérieure, qu’ils soient de nature professionnelle, environnementale et/ou psychologique, et lors de ses différentes phases (avant le départ, pendant la projection, au retour). Puis, nous nous intéresserons aux processus d’adaptation mis en œuvre individuellement et collectivement pour y faire face, et notamment à ceux liés aux phénomènes d’identification au groupe professionnel et au type de relations en son sein. Enfin, nous questionnerons plus précisément la définition de la professionnalité et ses modes de transmission pour vérifier la validité de notre hypothèse de sa fonction de modérateur de stress en contexte opérationnel.

 
BRUN Eric (ericbrun@no-log.org)

Doctorant, attaché de recherche / EHESS. CSE

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

De l’« art » à la « politique » : trajectoires d’intellectuels et reconversion sociale de l’Internationale situationniste (1957-1972)

 Il s’agira de prendre pour objet la trajectoire d’un groupe d’avant-garde, l’Internationale situationniste, ayant opéré en tant que groupe une reconversion sociale originale, s’investissant dans un premier temps dans le champ européen des avant-gardes artistiques des années 50, puis, dans les années 60, en marge d’un champ intellectuel et militant, avant de participer directement à la contestation de mai 68 à Paris, au côté du groupe des « Enragés ». Nous aborderons à travers cet objet la problématique des frontières entre l’art et la politique et des formes de passages entre ces deux « jeux » ou « champs », en tentant de dégager tout à la fois -1- la genèse de cette reconversion, à partir notamment de l’analyse du contexte socioculturel (l’espace des positions) et des dispositions sociales des situationnistes ; -2- et ses implications, en terme de prises de positions (sur l’art, la politique), de formes de politisation (pétitions, ouvrages théoriques, invectives, scandales, inscriptions murales), mais aussi en terme de « stratégies » d’alliances/ruptures internationales, de goûts culturels et de relations interindividuelles. Cette problématique de la reconversion sociale nous amènera notamment à mobiliser et questionner les concepts élaborés par Pierre Bourdieu, tels que « champs », « libido », « capitaux sociaux », « taux de change » relatifs aux univers sociaux dans lesquels ces capitaux ont été investis ; ceci en nous appuyant sur l’histoire du groupe à partir de documents imprimés (ouvrages, périodiques) et d’archives inédites, et sur des analyses de trajectoires individuelles. Cette recherche est menée dans le cadre d’une thèse de doctorat à l’EHESS.

 

 
BRUNET Philippe (philippe.brunet@univ-evry.fr)

Maître de conférences / Université d'Evry, Centre Pierre Naville

RT n° 23 Sociologie du travail, activité et techniques

Une construction du sens du travail scientifique : des cellules souches embryonnaires humaines à la thérapie cellulaire

Les modèles fonctionnalistes et constructiviste de la science structurent leur opposition, notamment, autour des notions de "désintéressement" et d’"intéressement". Par là même, ils évacuent, l’un comme l’autre, la question du sens du travail scientifique. En effet, d’un côté, cette question du sens est subsumée dans l’ethos commun de la science au point de ne pas s’y manifester dans sa diversité ; de l’autre, elle est vidée de sa substance par des opérations de décontextualisation successives qui visent à réduire la finalité scientifique à la seule résultante d’une mise en réseau d’"équivalents-actants" réussie. Dans cette communication on cherche au contraire à montrer comment la question du sens se trouve mobilisée dans le travail scientifique. Plus précisément, on l’investit à la confluence de trois dimensions : les collectifs de travail, le procès de travail auquel ils se trouvent convoqués et la finalité poursuivie. Dans cette perspective, il y a lieu d’analyser la science en train de se faire. L’argument s’appuie sur des données empiriques (essentiellement des entretiens) produites au fil d’une enquête qui se déroule actuellement dans un laboratoire du Généthon d’Evry. Il s’agit d’I-STEM (Institut des cellules souches) qui a vocation, à terme, l’utilisation à des fins thérapeutiques des cellules souches embryonnaires humaines. On mesurera alors comment le sens donné au travail est, en ce cas, au cœur d’enjeux éthiques, normatifs et technoscientifiques.

 
BRUNET Philippe (philippe.brunet@univ-evry.fr)

Maître de conférences / Université d'Evry, Centre Pierre Naville

RT n° 29 Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

Processus de concrétisation d’un modèle productif de recherche orientée

L’utilisation à des fins thérapeutiques des cellules souches embryonnaires humaines est au cœur d’enjeux éthiques, normatifs et technoscientifiques. Au-delà de la croyance qui anime ses promoteurs et de leur capacité à convaincre pour rendre disponibles les moyens nécessaires, la réussite d’un tel projet suppose aussi l’articulation d’un degré suffisant de tolérance sociétale, d’une mobilisation de savoirs et de savoir-faire et d’une capacité du vivant cellulaire à répondre de façon positive aux contraintes techniques qu’on lui impose. Dès lors, cette convergence rend possible, selon la perspective simondonienne, son processus de concrétisation. Il s’agit de rendre compte de ce processus dans un laboratoire de biologie, en phase actuelle de lancement, à partir d’un modèle de la recherche orientée. Le terme de cette phase, sous deux ans, est la constitution d’un institut dédié à la thérapie cellulaire. Pour ce faire, on s’appuie sur la notion de production technoscientifique orientée qui vise à expliciter la nature spécifique du procès de travail. En l’occurrence, on le précisera à partir de ses inputs, « commande », « cadre normatif » et de ses outputs, « connaissances », « produits », « techniques », « valeurs et normes ». Les données sont issues d’une enquête en cours à I-STEM (Institut des cellules souches) à Evry. Plus de vingt entretiens ont été conduits. La communication s’appuiera sur les premiers résultats pour tester la solidité du modèle proposé.

 
BRUN-PICARD Yannick (yanbp@hotmail.com)

Maître auxiliaire /

RTf n° 8 Sociologie du militaire : sécurité, armées et société

Une perception de l'armée dans et par la société

La professionnalisation des armées a très certainement des conséquences sur le lien armées-nation. Dans ce contexte difficilement quantifiable : quels sont les phénomènes de dimensions sociétales, sur le thème armées-nation depuis la professionnalisation des armées, qui nous permettent de mettre en exergue une perception de l’armée dans et par la société ? Cette réflexion fondée essentiellement sur un vécu donne à percevoir une armée qui tend à devenir un outil désincarné d’un monde clos qui communique à distance avec un statut renforcé de ses acteurs. Ceci est en lien étroit avec un estompement de la mémoire dans ses dimensions, ses références et sa diversité. Ce qui projette une image entachée dans ses fonctionnements, ses recrutements et une idée de facilité. D’où une certaine désagrégation de l’image des armées résultant des orientations sociétales, ainsi qu’une image ambivalente de bras armé fermé aux potentialités des dynamiques extérieures avec une disparition de la notion de servir.

 
BUCCO Damien présence à confirmer (damien.bucco@wanadoo.fr)

Doctorant en sociologie, chargé de cours / Université de Nantes, GRASS (UMR 7022)

JARRY Mathieu (mattjarry@hotmail.fr)

Allocataire de recherche, chargé de cours / Université de Lille 2, CERAPS (UMR 8026)

RT n° 7 Vieillesse, vieillissement et parcours de vie

Retraite(s) syndicale(s). Le cas de la CGT

Faisant retour sur les mutations sociohistoriques des conduites de la retraite qui sous-tendent la continuité de la militance des retraités affiliés à la CGT, cette communication explore cette continuité syndicale « en pratique » et s’attache à en mettre évidence les ressorts sociaux. Soulignant les contraintes relatives à l’entreprise de syndicalisation des retraités, elle interroge notamment les conditions du renouvellement générationnel des organisations syndicales de retraités et la physionomie du syndicalisme retraité en ce début de 21ème siècle.

 
BUCLET Nicolas (nicolas.buclet@utt.fr)

Maître de conférences / Université de Technologie de Troyes, directeur du CREIDD (Centre de Recherche et d'Etudes Interdisciplinaires sur le Développement Durable)

RTf n° 38 Sociologie de l'environnement

Economie de fonctionnalité, consommation et développement durable

L'économie de fonctionnalité, c'est-à-dire la vente de l'usage d'un bien plutôt que la vente du bien lui-même, constitue une piste sérieuse pour réduire l'impact de la production sur l'environnement, et notamment la consommation de ressources et d'amélioration de la gestion de fin de vie des produits. Pourtant, il n'est pas évident que les acteurs impliqués basculent spontanément vers ce qui pourrait apparaître comme un nouveau régime conventionnel marchand. Cette communication insiste sur la nécessité, pour que se généralise ce modèle économique, d'agir sur les changements de comportement des divers acteurs impliqués, ainsi que sur les modes de coordination entre catégories d'acteurs concernés. L'article met en évidence le fait que, pour que ce modèle économique puisse être adopté et se montre à la hauteur des enjeux du développement durable, la co-construction des modes d'interactions entre acteurs est sans doute indispensable pour obtenir un jeu "gagnant-gagnant".

 
BUISINE Sébastien (sbuisine@u-paris10.fr)

Doctorant / Laboratoire « Sports & Culture » Université Paris X Nanterre

RT n° 1 / RTf n° 31 Savoirs, travail, professions / Sociologie du sport et des activités physiques

Le jeu des cyclistes face à leurs contrats professionnels

En nous appuyant sur une sociologie pragmatique du travail et des professions, nous tenterons de décrire ce que signifie « faire le métier » pour les cyclistes professionnels. Afin de comprendre les modalités et les réelles exigences de ce métier et ainsi en saisir toute l’intelligibilité, nous avons constitué un corpus de récits de coureurs professionnels, actuels ou anciens, présentant d’une part des autobiographies publiées et de l’autre une série d’entretiens. Pour cette communication, nous étudierons l’un des aspects de la profession à travers la question de la rémunération (Dubar & Trippier, 1998) au regard des contrats de travail. Il existe un réel jeu de contraintes qui pèse sur les acteurs. Sans compter les impératifs fédéraux, ceux dictés par le droit du travail (convention collective du sport) et ceux inhérents à la pratique, le cycliste se trouve dans une position relativement ambivalente. D’un côté, il va favoriser la signature de contrats annuels afin d’engager les régimes de qualifications et de compétences (Eymard-Duvernay & Marchal, 1997), lui permettant, en fin de saison de renégocier au mieux son salaire, quitte à changer de groupe sportif régulièrement. De l’autre, soumis par ce type de contrat à une perceptive d’avenir incertain, ce même coureur est contraint à une obligation de résultats et doit éviter toute forme de blessure sous peine de ne pas retrouver d’employeur voire, dans le pire des cas, connaître le chômage ou bien repasser amateur.

 
BULLE Nathalie (nathalie.bulle@wanadoo.fr)

Chercheur CNRS / Groupe d'Etude des Méthodes de l'Analyse Sociologique

RTf n° 36 Théories et paradigmes sociologiques, philosophie de la sociologie

Darwin, un phénomène historico-culturel

La recherche présentée concerne le rôle joué par la « révolution darwinienne » dans les sciences humaines. La thèse soutenue est que l’utilisation des modèles naturalistes participe d’un projet de libération des valeurs culturelles tenues pour arbitraires et politiques : une ambition sociale sous-tend l’apparente conciliation de la connaissance de l’homme avec les développements des savoirs scientifiques. Les modèles évolutionnistes tendent à rendre compte de la face sombre, déterminée par l’hérédité et les circonstances, des motifs humains, leur enracinement dans une lointaine lutte pour la vie, la domination des processus inconscients sur les fins conscientes. La tendance à la radicalisation des doctrines qui s’en inspirent (à l’image de la théorie psychanalytique) alimente une entreprise de liquidation des valeurs socialement construites. Les doctrines en cause défendent la conquête par l’homme moderne de sa naturalité. Mais elles opèrent simplement un déplacement dans l’ordre des valeurs. Ce parti pris axiologique les rend impuissantes à saisir l’humain dans sa généralité. Cette recherche est développée sur la base de l’analyse des conceptions de contemporains de Darwin, tels que Spencer et Marx, du rôle joué par le naturalisme dans les psychologies et philosophies au tournant du XXe siècle, ainsi que sur l’analyse des résurgences de ces perspectives d’interprétation dans les approches sociologiques contemporaines.

 
BURBAN François (burban.francois@wanadoo.fr )

Doctorant / Université de Nantes, UFR906 Lettres et Langages, Centre de Recherche en Education de Nantes (CREN) EA 2661

RT n° 1 Savoirs, travail, professions

Enseignant ou musicien ? La recherche identitaire comme dépassement de la position statutaire

Les acteurs du “ monde de la musique ” se caractérisent majoritairement par la diversité de leurs pratiques (enseignement, interprétation, composition). Les frontières entre ces différentes activités sont souvent floues, empruntes d’ambiguïtés et de tensions identitaires et statutaires. Le parcours de formation initial long et engagé précocement dans les établissements spécialisés d’enseignement de la musique (écoles municipales, conservatoires, …) favorise une dissociation entre professionnels et profanes. Le niveau d’excellence attendue, attesté par la qualification permettant l’accès à un statut dans ce secteur fermé relevant d’un corps d’État, participe à la sélection et à la cooptation des prétendants et établi la frontière entre pratique amateur et professionnelle. Ainsi, l’articulation fréquente de ces deux statuts, au travers de pratiques diversifiées, révèle l’émergence d’un problème identitaire potentiellement duel : l’identité de musicien est mise en retrait ou maintenue “ en mode mineur ” au travers d’une activité amateur. Elle constitue cependant une stratégie de contournement des échecs antérieurs, permettant une éventuelle reconversion ultérieure. La pratique musicale amateur apparaît alors comme une étape transitoire dans la construction de la carrière, un vecteur du maintien d’une identité fondatrice vécue comme authentique que la formation professionnalisante visant l’enseignement, n’a fait que différer et que les acteurs cherchent à légitimer.

 
BURLOT Fabrice (fabrice.burlot@insep.fr)

Enseignant chercheur / Laboratoire de sociologie du sport Institut Nationale des Sport et de l'Education Physique

RT n° 1 / RTf n° 31/ RT n° 35 Savoirs, travail, professions / Sociologie du sport et des activités physiques / Sociologie de l'engagement, de la vie associative et du bénévolat

La carrière en boxe anglaise

Cette communication porte sur la question de la carrière d’un travailleur particulier : le boxeur. En boxe, la carrière renvoie à l’idée de s’intégrer successivement dans deux mondes. La boxe amateur, dans laquelle le boxeur de haut niveau peut être considéré comme un « sportif d’Etat ». Il bénéficie d’avantages (rémunération, formation, emplois, valorisation sociale…) et exerce une activité où les risques physiques sont fortement réduits. La boxe professionnelle dans laquelle il est soumis à des risques particulièrement élevés tant du point de vue de son intégrité physique que de son intégrité sociale, il doit vivre des ressources procurées par son activité : les bourses des combats. Il devient alors un petit entrepreneur sur un marché aux ressources rares et concurrentielles. Dans ce contexte, pourquoi un boxeur de haut niveau amateur va-t-il passer dans le monde professionnel ? Ce questionnement renvoie à expliquer la structure du marché des emplois en boxe anglaise à savoir quels sont les types d’emplois possibles pour le boxeur mais aussi à confronter les deux modèles de régulation de ce marché des emplois dans lequel le boxeur talentueux va construire successivement sa carrière : une régulation par l’Etat via les fédérations dans la boxe anglaise amateur et une régulation par le marché dans le monde professionnel. Cela revient aussi à expliquer les logiques financières et médiatiques : médiatiques comment ce marché se construit et réussit à se pérenniser ?

 
BUTON François (frbuton@wanadoo.fr)

CR CNRS / CURAPP - UMR 6054 (CNRS et Université de Picardie-Jules Verne)

PIERRU Frédéric (frederic.pierru@wanadoo.fr)

Docteur et chargé d’enseignement / CURAPP - UMR 6054 (CNRS et Université de Picardie-Jules Verne)

RT n° 1 / RT n° 19 Savoirs, travail, professions / Santé, Médecine, Maladie et Handicap

L'information malgré les médecins. La place des médecins dans les systèmes d'informations sanitaires

Les transformations contemporaines (retour des épidémies, maladies émergentes ; crises sanitaires et financières, réformes administratives ; économicisation de la santé, renouveau de l'épidémiologie) ont donné à l’information une place centrale dans les systèmes de santé, à des fins de gestion, d'alerte et d'intervention rapide, ou de prévention. La communication souhaite interroger les relations entre les médecins (libéraux et hospitaliers) et les responsables de systèmes d'informations de santé (épidémiologistes, autorités sanitaires, gestionnaires) à travers l'analyse de deux réformes récentes : la notification obligatoire du VIH, le programme de médicalistion des systèmes d'information à l'hôpital. En croisant les données de deux enquêtes empiriques (analyse documentaire, entretiens, observation participante), la communication montre que les médecins, bien que producteurs d'"informations de santé", sont peu sollicités (voire oubliés) dans l'élaboration des systèmes d'information, que celle-ci soit publique (par la "concertation") ou non. Cette (non)-relation au moment de la conception des systèmes d'informations contribue pour partie aux difficultés de leur mise en œuvre, généralement rapportées aux seuls comportements des médecins, à leur « résistance » ou à leur « manque d’implication ». La production d'informations de santé est ainsi révélatrice de la reconfiguration des relations interprofessionnelles dans le "système de santé" français.

 
BUTON François (frbuton@wanadoo.fr )

CR CNRS / CURAPP UMR 6054 (CNRS et Université de Picardie-Jules Verne

PIERRU Frédéric (frederic.pierru@wanadoo.fr)

Docteur et chargé d'enseignement / CURAPP UMR 6054 (CNRS et Université de Picardie-Jules Verne

RT n° 27 / RT n° 29 Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs / Sciences et techniques en société : savoirs, pratiques, instruments et institutions

L’importation d’une nouvelle ‘expertise d’Etat‘ ? L’épidémiologie au service de la santé publique

Depuis les années 80, le savoir épidémiologique est de plus en plus placé au service des décisions de santé publique : il est considéré comme une « expertise » nécessaire, revendiquée par différents institutions publiques, dont l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Fondée sur une enquête socio-historique menée en France et aux Etats-Unis (analyse documentaire, entretiens semi-directifs), la communication se propose d’abord de rendre compte des conditions sociales et historiques ayant rendu possible l’institutionnalisation d’une épidémiologie « appliquée » à la santé publique. Au-delà des « crises sanitaires », l’analyse exige de saisir en même temps les logiques qui affectent plusieurs champs (médecine, Etat) et de prêter attention à la circulation internationale de modèles de gouvernement de la santé (notamment depuis les Etats-Unis). La communication discute ensuite l’expertise comme catégorie d’analyse. Catégorie indigène du monde de l’épidémiologie, l’expertise masque plutôt qu’elle n’aide à comprendre les contraintes spécifiques qui portent sur l’activité des agents de l’INVS. Institution d’Etat, soumise aux exigences contradictoires de la science et de l’action politique, l’épidémiologie de l’INVS est un service de renseignement scientifique plutôt qu’une expertise.

 

C

 

CADIOU Stéphane présence à confirmer (stephane.cadiou@plan.gouv.fr)

Chargé de mission / Centre d'Analyse Stratégique, Paris / IEP de Bordeaux

ITÇAINA Xabier présence à confirmer (x.itcaina@sciencespobordeaux.fr)

Chargé de recherche CNRS / CERVL, Pouvoir, action publique, territoire

RTf n° 34 Sociologie politique

Une crise de plus ? Les engagements des marins pêcheurs basques lors de la catastrophe du Prestige

Le naufrage du Prestige en novembre 2002 a suscité la crainte d’une crise environnementale revêtant un aspect esthétique (détérioration des côtes), mais aussi économique (détérioration des ressources halieutiques). Les marins pêcheurs basques français étaient directement concernés par les menaces pesant sur les conditions d’exercice de leur métier. En ce sens, la lutte contre cette catastrophe pourrait s’interpréter comme une cause consensuelle ou « sans adversaires » (P. Juhem). Pour traiter dans l’urgence les menaces de pollution, l’État s’est dès lors appuyé sur le milieu professionnel des marins pêcheurs qui a fortiori présente les traits d’une « communauté pertinente d’action collective » (D. Segrestin). Pour autant, l’engagement des marins pêcheurs est loin d’avoir pris la forme d’un front commun. Sur cette cause commune se sont greffées des préoccupations professionnelles –avivées par l’introduction de nouvelles mesures européennes de restriction des quotas de pêche qui ont favorisé l’hétérogénéité des investissements. La rencontre d’une situation de crise avec une profession en crise permet de saisir la variété des logiques d’engagement. L’objectif est de voir en quoi les engagements autour d’une cause consensuelle sont marqués par les enjeux internes à un espace professionnel (division du travail, contraintes d’un travail à la fois salarial et indépendant, positions occupées dans les organismes de régulation), ainsi que par la territorialisation des conflits.

 
CADOLLE Sylvie (sylviecadolle@yahoo.fr)

Maître de conférences / IUFM de Créteil -ESCOL ParisVIII

RTf n° 33 Famille, vie privée, vie publique

Les liens des enfants avec leurs grands-parents et beaux-grands-parents dans les réseaux familiaux recomposés

Des enfants de plus en plus nombreux ont des parents et/ou des grands-parents séparés ou divorcés et qui revivent en couple. On sait l’importance pour les enfants de leurs liens avec leurs grands-parents. Quel effet la séparation du couple parental a-t-elle sur le lien aux grands-parents ? On a fait l’hypothèse d’une prédominance du lien à la lignée maternelle du fait de l’affaiblissement fréquent des liens père-enfant après la séparation des parents. Mais il semble, d’après une enquête récente, que les grands-mères paternelles parviennent à maintenir le contact avec leurs petits-enfants en ménageant leurs relations avec leurs brus et cela parfois sans passer par leurs fils. D’autre part les grands-mères divorcées enrôlent leurs nouveaux conjoints auprès de leurs petits-enfants auxquels ils apparaissent comme des grands-pères. En revanche, les grands-pères restent plus à distance de leurs petits-enfants, freinés par les réticences de leurs nouvelles compagnes à s’engager en tant que belles-grands-mères. Les rôles de genre traditionnels exercent toujours leurs effets dans les formes familiales contemporaines.

 
CAHIER Bernard (bernard.cahier@wanadoo.fr)

Doctorant / Paris 8

RTf n° 10 Sociologie de la connaissance

Qu'est-ce qu'un discours ?

« La société n’est un ensemble statique d’institutions sociales qu’en apparence ; en fait elle se trouve continuellement réanimée ou réaffirmée de façon créatrice par des actes individuels de communication qu’échangent ses membres », écrivait Sapir en 1931. S’adossant à Elias, Bourdieu et Foucault en une démarche de type généalogique, l’approche en termes de "plateformes de communication", qui a pour objectif de jeter un regard anthropologique sur les moments fondateurs et les basculements collectifs, permet de se pencher en termes de dynamique et de processus sur la formation des "discours" : issus de ces échanges créateurs qui dynamisent en permanence la société, ils assurent la stabilité des plateformes ainsi négociées. Parmi tous ces petits discours de la vie de tous les jours, parmi la multitude de productions collectives, le discours politique et le discours économique, comme le discours religieux, apparaissent comme des "discours fédérateurs", en ce sens qu’ils permettent à l’ensemble d’une société de se rassembler sous une même bannière. Ils peuvent, à tour de rôle, devenir dominants, par l’orientation privilégiée qu’ils donnent à une certaine époque à la vision que cette société porte sur le monde. Le rôle des sociologues n’est-il pas d’en rappeler les conditions d’émergence, la plateforme initiale, l’enjeu de départ – dans ce qu’il a d’historique, c’est-à-dire de relatif ?

 
CAHUZAC Hubert présence à confirmer (cahuzac@u-bordeaux3.fr)

MCU / IMAGINES-université Montaigne-Bordeaux3

RTf n° 37 Sociologie des médias

Traiter l'émotion dans un match de rugby : stratégies de radio et de télévision

La culture-rugby est un système original de répertoires, qui associe de façon intime des comportements, des gestes et un langage corporel et des registres de valeurs. Les émotions , e sont pas dissociables d'une durée vécue collectivement. Le collectif est la valeur suprême, aussi bien sur le terrain que dans les rapports entre les spectateurs. Les médias audiovisuels (qu'on appelle "chauds") ont à construire une scène, dans le même temps que l'événement. Mais en sachant l'industrie de la citation ultérieure, dont le principal intérêt est une charge émotive concentrée sur une brève durée. De nos jours, certains amateurs, sur les gradins, ont une oreillette, pour avoir "en plus" l'écho d'un reportage radio. Autour de cette pratique "augmentée" (reconnue ou revendiquée : "je choisis mon voisin"), la radio s'inscrit dans un partage émotif à l'échelle du proche("comme s'il était à côté de moi"). Au contraire, si les amateurs continuent à goûter le rite du match télévisé "entre nous", la télévision déploie un appareillage qui éloigne de plus en plus de l'échelle du vécu propre au spectateur réel. La sophistication des dispositifs télévisuels, la diversité des informations et de leur mise en discours, répondent à une logique du "toujours-plus". Cassant de fait la continuité temporelle du vécu émotif, on recrée une succession de scènes, qui ne font séquence qu'à la façon d'un film de fiction. Multiplier les lieux des énonciations aboutit à filtrer l'émotion, ou à la relancer artificiellement.

 
CALDERON José (Joseange35@hotmail.com)

Doctorant / GTM (Genre Travail Mobilités)

RT n° 24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

Penser le sujet collectif au travail face à la restructuration productive

Si le travail contemporain peut être caractérisé par une fragmentation des temporalités, par une importante diffusion de normes quantifiables, par le développement de modalités de contrôle normatif, les travailleurs-ses se voient soumis à des conditions de travail instables, où l’usage de soi et de son initiative doivent être rationalisés en permanence en fonction des objectifs entrepreneuriaux. Les directions des entreprises ont fait pénétrer la loi du marché jusqu’au fonctionnement du dernier poste de travail : les impératifs financiers et productifs au plus court terme…régissent la vie des ateliers et des bureaux et requièrent une implication active de la part des travailleurs. Pourtant, la société comme système de normes et valeurs irréductibles aux valeurs du marché est aussi présente dans le poste de travail, en tant qu’incorporée dans la subjectivité des salarié-e-s. De cette manière, les tensions entre les normes marchandes et les normes sociales sont vécues dans leurs dimensions les plus concrètes au cœur même de l’activité. Par le recours à la sociologie des rapports sociaux de sexe, nous entendons comprendre la manière dont les collectifs de travail s’articulent autour des processus de « donner du sens » à l’activité dont ils sont salarié-e-s. Nous pensons que ce processus peut être appréhendé comme le terrain de contestation de rationalités en dispute.

 
CALVEZ Marcel (marcel.calvez@uhb.fr)

Maître de conférences en sociologie / Laboratoire d'anthropologie et de sociologie. Université Rennes 2

LEDUC Sarah

Chargée d'études / Laboratoire d'anthropologie et de sociologie. Université Rennes 2

RT n° 19 Santé, médecine, maladie et handicap

La formation des clusters profanes Une approche sociologique des risques de santé environnementale

La notion de « cluster profane » désigne la perception par une population d’une fréquence anormale d’une pathologie non transmissible et l’incrimination d’installations industrielles ou de sources environnementales. L’expertise épidémiologique juge le plus souvent ces clusters profanes non valides, soit que l’excès de cas n’est pas avéré, soit que la relation causale avec la source incriminée n’est pas établie. La croissance du signalement de clusters profanes au cours des années passées traduit une sensibilité grandissante pour les questions de santé environnementale. L’objet central d’une approche sociologique des « clusters profanes » nous semble devoir être l’analyse de la perception de ces excès de cas, de leurs ancrages sociaux, de leurs déterminations culturelles et de leur formation comme problème public. Il s’agit d’expliquer comment des risques de santé condensent et expriment un ensemble de questions sociales latentes. Cela conduit à poser l’expertise scientifique comme une composante du cluster au même titre que la connaissance profane. Cela permet de ne pas transformer les questions posées par le cluster profane en un problème de désaccord du public avec l’expertise scientifique, mais en une question relevant de la sociologie de la santé. On se propose de discuter cette approche à partir de l’analyse du cluster profane de Saint-Cyr-L’école dans lequel des antennes de radiotéléphonie ont été localement incriminées dans un excès de cas de cancer de l’enfant.

 
CAMUS Jérôme (je.camus@wanadoo.fr)

ATER de sociologie / Université de Limoges, SACO (EA 3815) - Université de Poitiers

RTf n° 15 / RT n° 24 Jeunesse, âges de la vie, générations / Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

L'animation, une activité féminine ?