Colloque international : « Stonewall 50 ans après. Héritages et constructions mémorielles des émeutes de 1969 »

 

Colloque international : « Stonewall 50 ans après. Héritages et constructions mémorielles des émeutes de 1969 »

 

Université Paris-Est Créteil / IMAGER (EA 3958)

 

Université Paris-Dauphine (Paris-Sciences-et-Lettres) / IRISSO

 

3-5 juin 2019

 

Appel à communications [scroll down for English] :

 

Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, des client.e.s gais et trans du Stonewall Inn, un bar de Greenwich Village à New York refusent de se soumettre une fois de plus au harcèlement policier dont ils et elles étaient régulièrement victimes. Pendant cinq jours, le quartier vit au rythme des affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestant.e.s. Dans les semaines et les mois qui suivent, la contestation renforce des mouvements naissants qui se constituent en tant que force politique exigeant la « libération gaie ». Les événements sont commémorés un an après avec l’organisation du Christopher Street Liberation Day, qui est à l’origine des marches des fiertés LGBTQ actuelles.

 

À l’occasion du cinquantenaire des émeutes de Stonewall en 2019, ce colloque se propose d’étudier l’héritage d’un événement majeur dans la constitution d’un mouvement LGBTQ aux États-Unis et dans le monde. Il a pour but d’interroger les processus de patrimonialisation et de mémorialisation, ainsi que l’héritage politique et les représentations culturelles et militantes de Stonewall.

 

En un demi-siècle, ces émeutes ont acquis aux États-Unis une dimension symbolique forte, une reconnaissance institutionnelle grandissante et font désormais partie du récit national. En 1992, une statue commémorative réalisée à l’occasion des 10 ans de Stonewall est installée en face du bar, au terme de plus d’une décennie de controverse new-yorkaise sur le bien-fondé de son emplacement. Lors de son second discours d’investiture, en 2013, le président Obama érige Stonewall en étape majeure du cheminement vers l’égalité, à l’instar de la conférence de Seneca Falls (1848) et des manifestations de Selma (1965) – emblèmes respectifs du féminisme suffragiste et du mouvement non-violent pour les droits civiques des Africain.e.s-Américain.e.s. En 2016, le lieu est classé monument national par le National Park Service. Quelles conceptions et quelles représentations de l’événement sous-tendent ces processus de consécration mémorielle ? Quelle histoire lui fait-on raconter ?

 

De nombreux éléments ont été mobilisés pour expliquer les émeutes et construire le mythe de Stonewall : la mort de Judy Garland, icône de la communauté gaie, le foisonnement militant des luttes africaine-américaine, féministe, pacifiste et de la Nouvelle Gauche, l’atmosphère rebelle des années 1960 qui incite les femmes et les hommes homosexuel.e.s, bis et trans à refuser de se soumettre, l’apparition d’une militance homosexuelle plus radicale. Ce colloque propose de revenir sur la lecture de l’événement que proposent les travaux de chercheur.se.s indépendant.e.s et universitaires (Armstrong, Carter, Duberman, Katz etc.), ainsi que les récits biographiques et autobiographiques, afin de saisir la place qu’ils donnent à la parole des protagonistes des émeutes et de la libération gaie.

 

Il est désormais établi que des événements similaires avaient eu lieu avant ceux de New York, que ce soit à San Francisco lors d’un bal costumé du jour de l’an 1965 ou à la Compton’s Cafeteria l’année suivante, ou à Los Angeles au Black Cat en 1967 et même, dès 1959, chez Cooper’s Donuts (Armstrong et Crage, Bullough, Faderman et Timmons, Stryker). Le contexte politique et social, les capacités mnémoniques locales et la résonance cognitive peuvent expliquer pourquoi Stonewall a pris le pas sur ces événements antérieurs (Armstrong et Crage). Pour autant, ces explications n’épuisent pas l’importance de Stonewall dans l’histoire et l’historiographie LGBTQ : par-delà les démythifications qui s’imposent, que reste-t-il de la valeur tant heuristique que mobilisatrice de cet événement ? Comment et pourquoi les militant.e.s se l’approprient-elles/ils, à New York et ailleurs ? Qu’en est-il des liens entre la libération gaie et les cultures et mobilisations lesbiennes ? Dans un espace militant fortement influencé par les idées et les mobilisations féministes, on pourra aussi s’interroger sur les éventuelles différences genrées dans l’usage qui est fait de la mémoire de Stonewall.

 

Les manières diverses dont s’écrit l’histoire des émeutes trahissent des tensions durables au sein du mouvement LGBTQ états-unien. Alors que les émeutier.e.s incluaient nombre de prostitué.e.s, de drag queens, de personnes trans et racisées, les mouvements post-Stonewall ont blanchi, cisgenrisé, masculinisé l’événement, et l’ont déconnecté de ses instigateur.rice.s trop voyant.e.s. Par exemple, Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera, deux activistes trans respectivement noire et latina, étaient en première ligne face aux forces de police, mais leur rôle a longtemps été occulté et elles ont été exclues de la commémoration annuelle dès 1973. A contrario, les relectures ultérieures leur ont permis d’accéder depuis la fin des années 1990 à un statut quasi héroïque, Sylvia Rivera ayant par exemple depuis 2005 une rue à son nom en plein Greenwich Village. Cette patrimonialisation des protagonistes les moins respectables, les moins convenables traduit-elle une reconnaissance ou une récupération ?

 

Paradoxalement, alors que Stonewall était un acte de désobéissance et de rejet de l’autorité étatique, l’événement a été revendiqué aux États-Unis comme le point de départ de politiques de respectabilité et d’assimilation par les organisations plus conventionnelles (Human Rights Campaign, National LGBTQ Task Force). S’agit-il d’un hommage, d’une trahison, d’un détournement ? À quel point la réinterprétation et la réappropriation de Stonewall résultent-elles de stratégies visant sciemment à le rendre inoffensif et à euphémiser son caractère rebelle et contestataire ? De la même manière, la transformation des marches des fiertés LGBTQ en parades divertissantes et en événements commerciaux peut être analysée en miroir de cette réécriture. Comment s’est concrètement opéré le glissement d’émeutes mues par un rejet du contrôle social et policier vers des discours homonationalistes (Puar) et homonormatifs (Duggan) ? Comment les revendications révolutionnaires post-Stonewall se sont-elles transformées en politiques identitaires fondées sur le conformisme et la gestion de la diversité (Ward) ?

 

Ainsi, la concurrence des récits se matérialise dans les polémiques entourant les représentations de l’événement dans les productions culturelles, notamment audiovisuelles comme les films éponymes de Nigel Finch (1995) et de Roland Emmerich (2015). À l’invisibilisation de certain.e.s protagonistes s’est ajouté un vif débat sur la question de savoir qui est légitime pour écrire la mémoire de Stonewall : la controverse qui a opposé en 2017 Reina Gossett à David France au sujet de leurs documentaires respectifs, Happy Birthday Marsha ! et The Life and Death of Marsha P. Johnson, et qui a vu la première accuser le second de s’être approprié sans son accord tous les bénéfices de son travail de recherche, a mis en lumière des conflits autour de la propriété des archives militantes. Comment ces débats traversent-ils les évocations de Stonewall dans la culture populaire, de la chanson à la bande dessinée et les séries (en prise de vue réelle ou animées, télévisées ou diffusées en ligne), qu’elles soient parodiques, satiriques, commémoratives ou hagiographiques ?

 

La critique de la marchandisation de la culture et de la mémoire LGBTQ ne doit pas occulter la place centrale des établissements commerciaux (bars, boîtes, saunas etc.) dans la construction communautaire (Chauncey, D’Emilio, Escoffier, Kennedy et Davis, Rupp et Taylor, Tamagne). Alors que ceux-ci tendent à disparaitre des grandes villes suite aux transformations des espaces urbains et des modes de sociabilité LGBTQ et que les dynamiques de gentrification qui avaient pourtant accompagné leur installation accélèrent aussi leur perte (Giraud, Ghaziani), ils jouent encore un rôle crucial en dehors des grandes métropoles et pour les personnes racisées (Mattson). Comment se départir de l’androcentrisme qui caractérise nombre de discours sur les lieux de sociabilité commerciaux ? On pourra notamment réfléchir sur le sens peut-être différent qu’ils revêtent pour les hommes et les femmes LGBTQ. La tuerie d’Orlando en 2016 et la persistance des violences homophobes et transphobes rappellent que l’existence de ces lieux d’entre-soi communautaire est toujours un enjeu pertinent pour les mobilisations LGBTQ. Peut-il y avoir un autre Stonewall ? Que ce soit aux États-Unis ou ailleurs, quelle est la place du politique, voire de l’infrapolitique (Marche, Scott), dans les établissements commerciaux LGBTQ ?

 

Si Stonewall est mythique, c’est aussi parce qu’il dépasse très largement les frontières états-uniennes, dans un contexte géopolitique et économique mondial où le soft power américain le dispute à la force de frappe de l’industrie du divertissement pour globaliser les modèles culturels. C’est pourquoi, loin de se cantonner au cas états-unien, ce colloque envisagera la réception et l’influence de Stonewall autour du monde pour saisir la circulation, la traduction, l’importation et la réappropriation, voire le rejet des pratiques communautaires et de l’imaginaire LGBTQ états-unien.ne.s issu de la libération gaie. Comment la mémoire des émeutes a-t-elle traversé les frontières ? Quel en a été l’effet sur les mouvements naissants ou existants ? Comment les rapports de domination (genre, race, classe) influent-ils sur les imaginaires et les pratiques militant.e.s d’occupation LGBTQ des espaces publics ? Dans quelle mesure les instigateur.rice.s d’événements similaires ayant eu lieu dans d’autres pays se réclament-ils/elles de ceux de New York ? Peut-on considérer que la notoriété de Stonewall « colonise » la mémoire des mouvements nés hors des États-Unis (Altman, Adam, Duyvendak et Krouwel, Encarnación, Prearo) ? Le mythe Stonewall participe-t-il à la globalisation des identités sexuelles (Altman, Binnie, Puar, Drucker) ? Les mêmes processus sont-ils à l’œuvre qu’il s’agisse de circulations entre pays dits du Nord ou entre les États-Unis et pays dits du Sud ?

 

Dans un contexte politique états-unien et mondial toujours hostile aux minorités sexuelles et de genre, loin de s’enfermer dans une célébration univoque et téléologique des 50 ans de la « naissance » du mouvement LGBTQ moderne, ce colloque a pour but de porter un regard critique et distancié sur son héritage. Seront particulièrement bienvenues les communicationss’appuyant sur un matériau empirique (archives, entretiens, ethnographie, littérature, cinéma, culture populaire), comparatistes ou inscrites dans une perspective intersectionnelle. Toutes les disciplines des sciences humaines et sociales sont concernées : études culturelles, géographie, histoire, langues, littératures et civilisations étrangères, science politique, sociologie.

 

Mots clés :

 

Assimilation ; établissements commerciaux ; homonormativité ; intersectionnalité ; LGBTQ ; libération ; marches des fiertés ; mémorialisation ; mouvements sociaux ; patrimonialisation ; résistances.

 

Procédure et calendrier :

 

Les propositions de communication, en anglais ou en français (approx. 500 mots), explicitant la méthodologie adoptée et les sources mobilisées, et accompagnées d’une courte biographie (5 lignes), devront être déposées avant le 15 octobre 2018 sur : https://stonewallat50.sciencesconf.org/.

 

Les résultats de la sélection seront communiqués le 15 novembre 2018.

 

Le colloque aura lieu à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université Paris-Dauphine les lundi 3, mardi 4 juin, et mercredi 5 juin 2019.

 

Comité d’organisation : Catherine Achin (Paris-Dauphine), Hugo Bouvard (Paris-Dauphine), Karine Chambefort (Paris-Est Créteil), Guillaume Marche (Paris-Est Créteil), Antoine Servel (Paris-Est Créteil).

 

Contact et informations : stonewallat50@gmail.com.

 

Références :

 

-          Ouvrages et articles

 

Adam Barry, Duyvendak Jan Willem & Krouwel André, dir. (1999), The Global Emergence of Gay and Lesbian Politics : National Imprints of a Worldwide Movement, Philadelphie, Temple UP.

 

Altman Dennis (2001), Global Sex, Chicago, U of Chicago P.

 

Armstrong Elizabeth A. (2002), Forging Gay Identities : Organizing Sexuality in San Francisco, 1950-1994, Chicago, U of Chicago P.

 

Armstrong Elizabeth A. & Crage Suzanna M. (2006), « Movements and Memory : The Making of the Stonewall Myth », American Sociological Review 71/5, pp. 724-751.

 

Binnie Jon (2004),The Globalization of Sexuality, Thousand Oaks, SAGE.

 

Bullough Vern L., dir. (2002), Before Stonewall : Activists for Gay and Lesbian Rights in Historical Context, Binghamton, Haworth.

 

Carter David (2004), Stonewall : The Riots That Sparked the Gay Revolution. New York, St Martin’s P.

 

Chauncey George (2003), Gay New York, 1890-1940, Paris, Fayard.

 

D’Emilio John (1984), « Capitalism and Gay Identity », Powers of Desire : The Politics of Sexuality, dir. Ann Snitow, Christine Stansell & Sharon Thompson, Londres, Virago, pp. 140-152.

 

Drucker Peter (2015), Warped : Gay Normality and Queer Anti-Capitalism, Leiden, Brill.

 

Duberman Martin B. (1993), Stonewall, New York, Dutton.

 

Duggan Lisa (2002), « The New Homonormativity : The Sexual Politics of Neoliberalism », Materializing Democracy : Toward a Revitalized Cultural Politics, dir. Russ Castronovo & Dana D. Nelson, Durham, Duke UP, pp. 175-194.

 

Encarnación Omar G (2016), Out in the Periphery : Latin America's Gay Rights Revolution, Oxford, Oxford UP.

 

Escoffier Jeffrey (1997), « The Political Economy of the Closet : Notes toward an Economic History of Gay and Lesbian Life before Stonewall », Homo Economics : Capitalism, Community, and Lesbian and Gay Life, dir. Amy Gluckman & Betsy Reed, New York, Routledge, pp. 123-134.

 

Faderman Lilian & Timmons Stuart (2009), Gay L.A. : A History of Sexual Outlaws, Power Politics, and Lipstick Lesbians, Berkeley, U of California P.

 

Ghaziani Amin (2014), There Goes the Gayborhood ?, Princeton UP.

 

Giraud Colin (2014), Quartiers gays, Paris, PUF.

 

Katz Jonathan Ned (1983), Gay/Lesbian Almanac : A New Documentary, New York, Harper and Row.

 

Kennedy Elizabeth Lapovsky & Davis Madeline (1993), Boots of Leather, Slippers of Gold : The History of a Lesbian Community, New York, Routledge.

 

Marche Guillaume (2017), La militance LGBT aux États-Unis. Sexualité et subjectivité, Lyon, PUL.

 

Mattson Greggor (2015), « Style and the Value of Gay Nightlife : Homonormative Placemaking in San Francisco », Urban Studies 52/16: 3144-3159.

 

Prearo Massimo (2014), Le Moment politique de l’homosexualité. Mouvements, identités et communautés en France, Lyon, PUL.

 

Puar Jasbir (2007). Terrorist Assemblages : Homonationalism in Queer Times, Durham: Duke UP.

 

Rupp Leila J. & Taylor Verta (2003), Drag Queens at the 801 Cabaret, Chicago, U of Chicago P.

 

Scott James C. (2008), La Domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, Éd. Amsterdam.

 

Stryker Susan & Van Buskirk Jim (1996), Gay by the Bay : A History of Queer Culture in the San Francisco Bay Area, San Francisco, Chronicle Books.

 

Tamagne Florence (2000), Histoire de l'homosexualité en Europe : Berlin, Londres, Paris, 1919-1939, Paris, Seuil.

 

-          Films

 

Emmerich Roland (2015), Stonewall, Centropolis Entertainment.

 

Finch Nigel (1995), Stonewall, British Broadcasting Corporation (BBC).

 

France David (2017), The Life and Death of Marsha P. Johnson, Public Square Films.

 

Gossett Reina & Wortzel Sasha (2017), Happy Birthday, Marsha !, Reina Gossett & Sasha Wortzel.


 

 

International conference: “Stonewall at 50 and Beyond: Interrogating the Legacy and Memory of the 1969 Riots

 

University of Paris-Est Créteil / IMAGER (EA 3958)

 

Paris-Dauphine University (Paris-Sciences-et-Lettres) / IRISSO

 

June 3rd–5th, 2019

 

Call for papers:

 

In the night of June 27th to 28th, 1969, gay and transgender patrons of the Stonewall Inn, a Greenwich Village bar in New York, refused to comply with one more among countless occurrences of police harassment. For five days and nights the neighborhood was the theater of a rough confrontation between demonstrators and police. In the following weeks and months, the resulting mobilization reinforced the already burgeoning movement for gay liberation. The first commemoration that took place the very next year, Christopher Street Liberation Day, eventually gave birth to the LGBTQ pride marches that we know today.

 

The fiftieth anniversary of Stonewall in 2019 is an opportunity to reexamine its legacy and lasting impact on the creation of an LGBTQ movement in the United States and worldwide. This conference aims to interrogate the processes of memorialization and patrimonialization, as well as the political legacy and the cultural and activist representations of Stonewall.

 

In the United States over this half-century, the riots have acquired a great deal of symbolic strength, growing institutional recognition, and have become incorporated into the national narrative. In 1992, after more than a decade’s controversy in New York about whether that was an appropriate location, a commemorative statue was erected just opposite the bar. In his second inaugural address, in 2013, President Obama characterized Stonewall as a landmark on the path to full equality by likening it to the 1848 Seneca Falls conference, and the 1965 marches in Selma—respectively emblems of the movement for women’s suffrage and the nonviolent struggle for African Americans’ civil rights. In 2016, the site was made a National Monument by the National Park Service. What conceptions and representations of the event underlie these processes of institutional memorialization? And what history is Stonewall thus made to narrate?

 

A host of factors have been used to both explain the riots and construct the Stonewall myth: the death of gay icon Judy Garland; the militant ebullience of the African American, feminist, anti-war, and New Left mobilizations; the general rebellious atmosphere of the 1960s that encouraged gay, bisexual, and trans men and women to refuse to submit; the recent emergence of a more offensive gay militancy. This conference will be an opportunity to revisit and reconsider the ways in which the works of scholars, both independent and academic (Armstrong, Carter, Duberman, Katz etc.), as well as biographical and autobiographical narratives, have framed and conceptualized Stonewall, in order to examine how they incorporate the voice of protagonists of the riots and of gay liberation.

 

It is a well-established fact that similar events had taken place before, be it in San Francisco at the 1965 New Year’s ball or at Compton’s Cafeteria in 1966, or in Los Angeles at the Black Cat in 1967 and even as early as 1959 at Cooper’s Donuts (Armstrong and Crage, Bullough, Faderman and Timmons, Stryker). The political and social context, local mnemonic capacities, and varying degrees of frame resonance help explain why Stonewall took precedence over these previous occurrences (Armstrong and Crage). Yet, these explanations do not exhaust the importance of Stonewall in LGBTQ history and historiography: beyond the necessary demystifications, what remains of these riots’ heuristic value and mobilizing power? Why and how have activists in New York and elsewhere appropriated the memory of this event? How does gay liberation relate with lesbian cultures and mobilizations? While the field of LGBTQ militancy is strongly influenced by feminist ideas and mobilizations, how may the legacy of Stonewall differ along gender lines?

 

The various ways in which activists, commentators, and scholars in the United States write the history of the riots is a reflection of deep-seated tensions within the LGBTQ movement. Whereas many rioters were prostitutes, drag queens, transgender people, and people of color, post-Stonewall movements have tended to whiten, cisgenderize, and masculinize the event, and to disconnect it from its too flamboyant instigators. Witness Marsha P. Johnson and Sylvia Rivera, two respectively black and Latina transgender activists, who were on the frontline of the confrontation with the police: for a long time, their role was overlooked and they were physically excluded from annual commemorations as of 1973. Subsequent historical reexaminations, however, have earned them a quasi-heroic stature, a Greenwich Village street being named after Sylvia Rivera in 2005, for example. Should this patrimonialization of the least reputable, least palatable, indeed queerest protagonists be interpreted as recognition or as a cooptation that strips them of their offensiveness?

 

Stonewall was an act of disobedience and insubordination to the state’s authority, and yet the event has since been reclaimed as the starting point of an assimilationist politics of respectability by the more mainstream LGBTQ organizations in the United States (Human Rights Campaign, National LGBTQ Task Force). Should this be viewed as a tribute, betrayal or hijacking? To what extent do moderate reappropriations of Stonewall result from a conscious strategy of making the riots inoffensive and of minimizing their rebellious contestation of power? The transformation of LGBTQ pride marches into entertaining parades and commodified festivals can also be viewed as a reflection of this reinterpretation. How, concretely, has the understanding of riots driven by the rejection of policing and social control gradually shifted toward homonationalist (Puar) and homonormative (Duggan) discourses? How have post-Stonewall revolutionary agendas been transformed into an identity politics that is premised on conformity and a liberal or neoliberal understanding of diversity (Ward)?

 

Such competing narratives oppose each other in controversies surrounding the cultural representations of the event, for example in the movies by Nigel Finch (1995) and Roland Emmerich (2015). These productions not only triggered heated debates on their failure to sufficiently or truthfully represent certain protagonists, but also raised the question of who has legitimacy to produce the memory of Stonewall. Witness the 2017 controversy between Reina Gossett and David France about their respective documentary movies, Happy Birthday Marsha! and The Life and Death of Marsha P. Johnson, when the former accused the latter of using her original research without her consent and without giving her credit: this dispute has further thrown into light the question of who owns activist archives. When Stonewall is featured in popular culture, through songs, comic books, live-action or animation television and online series, are these debates part of the conversation—whether it be in a parodic, satirical, hagiographic or commemorative way?

 

Critiques of the commodification of LGBTQ culture and memory, however, should not detract attention from the central role played by commercial venues such as bars, nightclubs, and bathhouses in the development and persistence of queer communities (Chauncey, D’Emilio, Escoffier, Kennedy and Davis, Rupp and Taylor, Tamagne). These businesses used to thrive in the queer neighborhoods of major urban centers, but have gradually receded following changing patterns in LGBTQ sociability and new waves of gentrification (Ghaziani, Giraud). They nonetheless continue to be of paramount importance for LGBTQ people from less metropolitan areas or who belong to ethnic and racial minorities (Mattson). How to eschew the frequent male-centeredness of discourses on commercial social venues? What different meanings do these venues have for LGBTQ men and women? The 2016 Orlando killing and the persistence of homophobic and transphobic violence are reminders of the continuing relevance of communitarian spaces for the nurturing of LGBTQ collective identities and mobilizations. Can there be a new Stonewall? In what ways do LGBTQ commercial venues continue to be political, possibly infrapolitical (Marche, Scott) spaces, in the United States or elsewhere?

 

Stonewall is indeed also mythic because its fame has exceeded US national borders, in part due to the combined geopolitical and economic strengths of the United States’ soft power and entertainment industry, which have succeeded in globalizing American cultural models. That is why this conference aims to look beyond the United States in order to address the worldwide reception and influence of Stonewall, and the circulation, translation, importation, reappropriations, and sometimes rejection of LGBTQ communitarian practices and cultural models that originate in the United States and the legacy of its gay liberation movement. How has the memory of the riots crossed borders? How has it impacted, or failed to impact, nascent or already existent movements? In what ways do power hierarchies of gender, race, and class weigh on LGBTQ activists’ representation and practice of the occupation of public spaces?Do the initiators of similar events in other countries invoke or reclaim those of New York? Does Stonewall’s notoriety “colonize” the memory of movements born outside the United States (Altman, Adam, Duyvendak and Krouwel, Encarnación, Prearo)? Does the Stonewall myth contribute to the globalization of queer sexual identities (Altman, Binnie, Puar, Drucker)? Are circulations within the global North driven by the same forces as those between the United States and countries of the global South?

 

Far from proposing a univocal, teleological celebration of the “birth” of the contemporary LGBTQ movement, this conference aims to offer a critical, objectivizing examination of Stonewall, in a context of enduring hostility to sexual and gender minorities in the United States and throughout the world. Submissions based on empirical data (archives, interviews, ethnographies, literature, cinema, popular culture) and with a comparative or intersectional approach will be especially welcome. Scholars from all disciplines of the humanities and social sciences (cultural studies; foreign languages, literatures, and cultures; geography; history; political science; sociology) may submit.

 

Keywords:

 

Assimilation; commercial venues; homonormativity; intersectionality; LGBTQ; liberation; pride marches; memorialization; social movements; patrimonialization; resistance.

 

When and how to submit:

 

Paper submissions in French or English (c. 500 words) with an explicit presentation of the methodology and data, and a brief biographical note (5 lines) should be uploaded by October 15th, 2018, at: https://stonewallat50.sciencesconf.org.

 

Selected speakers will be notified by November 15th, 2018.

 

The conference will take place at the universities of Paris-Est Créteil and Paris-Dauphine, France, on June 3rd–5th, 2019.

 

Organizing committee: Catherine Achin (Paris-Dauphine), Hugo Bouvard (Paris-Dauphine), Karine Chambefort (Paris-Est Créteil), Guillaume Marche (Paris-Est Créteil), Antoine Servel (Paris-Est Créteil).

 

Contact and information: stonewallat50@gmail.com.

 

Works cited:

 

-          Books and articles

 

Adam Barry, Duyvendak Jan Willem & Krouwel André, eds. (1999), The Global Emergence of Gay and Lesbian Politics: National Imprints of a Worldwide Movement, Philadelphia, Temple UP.

 

Altman Dennis (2001), Global Sex, Chicago, U of Chicago P.

 

Armstrong Elizabeth A. (2002), Forging Gay Identities: Organizing Sexuality in San Francisco, 1950-1994, Chicago, U of Chicago P.

 

Armstrong Elizabeth A. & Crage Suzanna M. (2006), “Movements and Memory: The Making of the Stonewall Myth,” American Sociological Review 71/5: 724-751.

 

Binnie Jon (2004), The Globalization of Sexuality, Thousand Oaks, SAGE.

 

Bullough Vern L., ed. (2002), Before Stonewall: Activists for Gay and Lesbian Rights in Historical Context, Binghamton, Haworth.

 

Carter David (2004), Stonewall: The Riots That Sparked the Gay Revolution. New York, St Martin’s P.

 

Chauncey George (1995), Gay New York: Gender, Urban Culture and the Making of a Gay Male World (1890-1940), New York, Basic Books.

 

D’Emilio John (1984), “Capitalism and Gay Identity,” Powers of Desire: The Politics of Sexuality, eds. Ann Snitow, Christine Stansell & Sharon Thompson, London, Virago: 140-152.

 

Drucker Peter (2015), Warped: Gay Normality and Queer Anti-Capitalism, Leiden, Brill.

 

Duberman Martin B. (1993), Stonewall, New York, Dutton.

 

Duggan Lisa (2002), “The New Homonormativity: The Sexual Politics of Neoliberalism,” Materializing Democracy: Toward a Revitalized Cultural Politics, eds. Russ Castronovo & Dana D. Nelson, Durham, Duke UP: 175-194.

 

Encarnación Omar G (2016), Out in the Periphery: Latin America's Gay Rights Revolution, Oxford, Oxford UP.

 

Escoffier Jeffrey (1997), “The Political Economy of the Closet: Notes toward an Economic History of Gay and Lesbian Life before Stonewall,” Homo Economics: Capitalism, Community, and Lesbian and Gay Life, eds. Amy Gluckman & Betsy Reed, New York, Routledge: 123-134.

 

Faderman Lilian & Timmons Stuart (2009), Gay L.A.: A History of Sexual Outlaws, Power Politics, and Lipstick Lesbians, Berkeley, U of California P.

 

Ghaziani Amin (2014), There Goes the Gayborhood?, Princeton UP.

 

Giraud Colin (2014), Quartiers gays, Paris, PUF.

 

Katz Jonathan Ned (1983), Gay/Lesbian Almanac: A New Documentary, New York, Harper and Row.

 

Kennedy Elizabeth Lapovsky & Davis Madeline (1993), Boots of Leather, Slippers of Gold: The History of a Lesbian Community, New York, Routledge.

 

Marche Guillaume (2017), La militance LGBT aux États-Unis. Sexualité et subjectivité, Lyon, PUL.

 

Mattson Greggor (2015), “Style and the Value of Gay Nightlife: Homonormative Placemaking in San Francisco,” Urban Studies 52/16: 3144-3159.

 

Prearo Massimo (2014), Le Moment politique de l’homosexualité. Mouvements, identités et communautés en France, Lyon, PUL.

 

Puar Jasbir (2007). Terrorist Assemblages: Homonationalism in Queer Times, Durham: Duke UP.

 

Rupp Leila J. & Taylor Verta (2003), Drag Queens at the 801 Cabaret, Chicago, U of Chicago P.

 

Scott James C. (1990), Domination and the Arts of Resistance: Hidden Transcripts, New Haven, Yale UP.

 

Stryker Susan & Van Buskirk Jim (1996), Gay by the Bay: A History of Queer Culture in the San Francisco Bay Area, San Francisco, Chronicle Books.

 

Tamagne Florence (2000), Histoire de l'homosexualité en Europe : Berlin, Londres, Paris, 1919-1939, Paris, Seuil.

 

-          Films

 

Emmerich Roland (2015), Stonewall, Centropolis Entertainment.

 

Finch Nigel (1995), Stonewall, British Broadcasting Corporation (BBC).

 

France David (2017), The Life and Death of Marsha P. Johnson, Public Square Films.

 

Gossett Reina & Wortzel Sasha (2017), Happy Birthday, Marsha!, Reina Gossett & Sasha Wortzel.