Soutenance de thèse de Nicolas Roux (3 novembre) : "Un emploi discontinu soutenable ? Trajectoires sociales de saisonniers agricoles et d'artistes du spectacle"

J'ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat de sociologie intitulée "Un emploi discontinu soutenable ? Trajectoires sociales de saisonniers agricoles et d'artistes du spectacle".

 

 Elle aura lieu le vendredi 3 novembre 2017 à 14h au Conservatoire national des arts et métiers de Paris, 2 rue Conté, salon d’honneur (accès 37 - 1er étage - salle 50 ;  cf. plan au lien suivant : http://www.cnam.fr/adminsite/photo.jsp?ID_MEDIA=1147941706049).

 

La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes chaleureusement convié.e.s. Afin d’en faciliter l’organisation, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me prévenir de votre présence par mail (nicolas.roux@cnam.fr).

 

Le jury est composé de :

Mme Marie-Christine BUREAU, Chargée de recherche, Cnam, Directrice

Mme Marie CARTIER, Professeure, Université de Nantes, Rapporteure

M. Patrick CINGOLANI, Professeur, Université Paris Diderot, Rapporteur

M. Michel LALLEMENT, Professeur, Cnam, Directeur

Mme Éliane LE DANTEC, Maître de Conférences, Université de Perpignan Via Domitia, Examinatrice

M. Olivier SCHWARTZ, Professeur émérite, Université Paris Descartes, Examinateur

 

 

Résumé de la thèse :

L’analyse sociologique de la précarité oscille entre risque de désaffiliation et alternative à la norme d’emploi dominante. Pour contribuer au débat, cette thèse se demande dans quelle mesure l’emploi discontinu est soutenable à l’échelle des trajectoires sociales. Les cas contrastés des saisonniers agricoles et des artistes du spectacle sont comparés au moyen d’une enquête biographique et longitudinale. 

La première partie reconstitue l’espace des possibles structurant les trajectoires objectives des enquêtés. D’un côté, un salariat agricole flexible et invisible maintient les saisonniers agricoles, majoritairement issus des classes populaires, dans une condition de précarité-pauvreté. De l’autre, les artistes, originaires principalement des classes moyennes et supérieures, se mobilisent politiquement pour la défense d’une intermittence du spectacle recouvrant un potentiel d’autonomie salariale. 

Ce contraste se redouble au niveau des trajectoires subjectives. La deuxième partie montre comment l’emploi agricole devient soutenable par adaptation à la nécessité. La discontinuité permet de mettre à distance le travail et de recentrer les attentes sur l’espace domestique et le territoire local. À l’inverse, l’insoutenabilité l’emporte lorsque le CDI réduit les possibilités de s’extraire d’un travail portant atteinte à la santé (insoutenabilité de condition) ou lorsque l’emploi agricole est consécutif à un déclassement (insoutenabilité de position). 

Enfin, la troisième partie illustre comment les artistes du spectacle se caractérisent au contraire par un refus de la finitude sociale. La vie d’artiste et d’intermittent demeure soutenable tant que la recherche d’autonomie dans un travail synonyme de singularité et de vocation n’est pas compromise par un engagement prenant le sens du surinvestissement (insoutenabilité de condition) ou par un défaut de capital spécifique (insoutenabilité de position). 

Les trajectoires contrastées des saisonniers agricoles et des artistes du spectacle interrogent finalement la thèse d’un « précariat » réunissant des précaires à la condition ou au projet politique communs.