Appel à contributions - Ces femmes qui refusent d'enfanter

Appel à contributions

Ces femmes qui refusent d'enfanter. Un choix de vie ?

Journée d’études « Actualité des études de genre », 6 avril 2018 à Dijon.

Centre Georges Chevrier, UMR 7366 (Université de Bourgogne)

Date limite pour envoi des contributions : 1er octobre 2017

Dans les temps plus anciens, le mariage (forme hégémonique de la vie en couple) qui n’était pas fécond était vécu comme un drame pour les époux, subissant la réprobation de l’entourage. Dans la période contemporaine, le phénomène des couples (pas nécessairement unis par les liens du mariage désormais) qui n’engendrent pas de manière volontaire (on laisse bien entendu à part le cas d’une infécondité pathologique ou les femmes qui ne vivent pas en couple) est désormais un phénomène repéré statistiquement. Le refus volontaire d’avoir des enfants constitue un phénomène certes très minoritaire (Enquête Fecond, 2014), chiffré à environ 5 % de la population concernée.

Cette conception d’une vie sans enfant est le fruit d’une évolution à la fois rapide et extrêmement profonde consécutive à la fois de l’émergences des mobilisations féministes dans les années 70 et des progrès continu en matière de contrôle des naissances. La maternité, d’un fatum s’est transformée en l’espace de quelques décennies en un « désir d’enfant », avec la possibilité alternative d’un désir de ne pas en avoir, d’être femme sans être mère. Cette identité s’inscrit dans l’affirmation de choix toujours plus étendus pour les sujets modernes, y compris donc le choix de ne pas participer à la reproduction de l’espèce.

L’objectif de cette journée d’études est de mieux comprendre comment ce phénomène social, à contre-courant, éclaire la norme sociale dominante de l’enfantement et comment il s’inscrit dans les transformations des fondements anthropologiques de nos sociétés. Plusieurs pistes (non restrictives) peuvent être poursuivies :

  • -  Comment se développe la volonté de ne pas avoir d’enfants ? Quels sont populations les plus susceptibles de développer cette idée et pourquoi ?

  • -  Comment les femmes (les couples) qui assument ce choix l’argumentent-ils ?

  • -  Quelles transformations du rapport à la féminité le choix du non-enfant impliquent

    elles ? Comment ce refus d’enfanter est il vécu dans les différents âges de la vie ?

  • -  En quoi l’absence volontaire d’enfant redéfinit-elle les relations conjugales, entre concubins ?

  • -  Que nous apprennent ces nouveaux comportements sur l’évolution des structures familiale et plus largement de l’insertion dans les groupes sociaux ?

  • -  Comment ces exigences s’inscrivent-elles dans l’affirmation toujours plus radicale du choix ?

  • -  Comment les institutions et les autorités publiques réagissent-elles à cette transformation des comportements ?

  • -  Aussi bien du point de vue historique que du point des comparaisons internationales, ces pratiques apparaissent elles aussi novatrices qu’elles semblent l’être ?

  • -  La volonté de ne pas avoir d’enfants incarne-t-elle le summum du féminisme contemporain ?

    Les propositions de communications peuvent relever des différentes disciplines des sciences humaines (sociologie, anthropologie, histoire, science politique...) dans la mesure où elles reposent sur un travail empirique et/ou archivistique manifeste.

    Les propositions (3000 signes minimum) doivent être envoyées avant le 1er octobre 2017 aux deux organisateurs Maud Navarre et Georges Ubbiali dont les adresses figurent ci-dessous. Les propositions retenues (après éventuellement demande de précisions) seront averties fin octobre.

    Les textes proposés doivent impérativement être des contributions originales, n’ayant donc pas fait l’objet d’une publication préalable.

    Les organisateurs :
    Maud Navarre, mnavarre@laposte.net Georges Ubbiali, g.ubbiali@free.fr

     

    Bibliographie indicative
    Debest Charlotte,
    Le choix d’une vie sans enfant, Rennes, PUR, 2014

    Debest, C. (2012), « Le choix d’une vie sans enfant à travers le prisme des normes
    parentales et conjugales : Étude de cas en France »,
    Nouvelles pratiques sociales, 25(1), 28- 43.

    Debest, C. (2013), « Quand les « sans-enfant volontaires » questionnent les rôles parentaux contemporains, Abstract », Annales de démographie historique, (125), 119-139

    Debest Charlotte, Mazuy Magali, « Rester sans enfant. Un choix de vie à contre-courant », Populations et société, n°508, fév. 2014.

    Debest C. (2014, « Repenser l’égalité femmes-hommes au prisme du refus de maternité », Politiques sociales et familiales, (116), 27-37.

    Develay Elise, Etre femme sans être mère, Master 1 sociologie, Université de Bourgogne, 2017, 66 pages.

     Doré, C. (1991). Marlène CARMEL, « Ces femmes qui n’en veulent pas : enquête sur la non- maternité volontaire au Québec », Recherches sociographiques, 32(3),

     Gotman Anne, Pas d’enfant. La volonté de ne pas engendrer, Paris, MSH, 2017