Revue marocaine des sciences politiques et sociales, Dossier "Economie politique du Maroc", volume XIV, Hors série

Les auteurs du volume n’ont pas hésité un seul instant à porter des regards croisés sur l’économie politique du Maroc. Qu’ils soient ici tous remerciés pour la qualité de leurs contributions. L’initiative de ce projet académique revient en premier au professeur Abdelmoughit Benmessaoud Tredano, directeur du Centre de Recherche et d’Etudes en Sciences Sociales (CRESS). Le collectif de chercheurs, qui se sont employés deux années durant à mener à bien cette tâche, est composé de : Najib Akesbi, Abdelmoughit Benmessaoud Tredano, Abdelkader Berrada, Mohamed Oubenal, Mohamed Saïd Saadi. L’argumentaire scientifique a été rédigé par Mohamed Oubenal en s’appuyant sur des travaux écrits par des membres de l’équipe. L’appel à contributions a reçu un accueil favorable. Il n’est sans doute pas inutile de préciser que ce numéro hors-série de la Revue Marocaine des Sciences Politiques et Sociales (RMSPS) ne comprend que les contributions retenues après examen par au moins deux évaluateurs anonymes par article. Cela étant, en lisant attentivement l’argumentaire exposé dans l’annexe, force est de reconnaître que certains thèmes proposés à la réflexion et pas des moindres manquent à l’appel. C’est dire qu’il reste beaucoup à apprendre au sujet de l’économie politique du Maroc et que les économistes anticonformistes et hétérodoxes et les autres chercheurs en sciences sociales ont encore du pain sur la planche. Il faut souligner ,en effet, que la principale exigence de l’économie politique consiste à évaluer les conséquences des politiques publiques pour différentes couches de la population et in fine la capacité d’un système politique à améliorer le niveau et la qualité de vie des habitants du pays. Or, de par sa nature singulièrement anachronique, l’Etat postcolonial s’est gardé de s’engager résolument dans cette voie et de libérer les énergies créatrices de la jeunesse marocaine dont près de la moitié «n’est ni scolarisée ni active» c’est-à-dire sans formation, sans activité et sans ressources décentes. Comme le fait remarquer J. E. Stiglitz, Prix Nobel d’Economie, dans son ouvrage Le prix de l’inégalité (2012, p. 7), «il y a des moments de l’histoire où, dans le monde entier, les peuples se lèvent. Ils disent : ça ne va pas- et exigent que ça change. C’est ce qui s’est passé en 1848 et en 1968, et ces années tumultueuses ont, l’une et l’autre, donné le coup d’envoi d’une nouvelle ère. L’année 2011 a peut-être été un nouveau moment de ce genre». En revanche, les choses ont pris une toute autre tournure au Maroc.

Sommaire

Présentation du dossier : Où va l’Economie Politique du Maroc ? - M. Oubenal
 
I-Economie politique et mutations du capitalisme marocain :
 
Au nom de la modernité : dépossession de la petite paysannerie et urbanisation. Le cas de la privatisation des terres guich loudaya à Rabat - S. El Kahlaoui                                
Economie politique, et politiques économiques au Maroc - N. Akesbi                               
L’économie politique du Maroc : entre croissance, confiance et défiance - K. Mesbahi    
Les transformations de la structure financière du capitalisme marocain - M. Oubenal, A. Zeroual                                                                                                                                 
Réformes néolibérales, groupes d’affaires et développement au Maroc - M. S. Saâdi       
 
II- Emergence industrielle et mondialisation :
 
Le Maroc industriel dans la mondialisation : processus, trajectoires et acteurs - A. Piveteau                                                                                                                                 
Une nouvelle économie politique de l’industrie : l’essor du salariat mondialisé dans la zone franche de Tanger - A. Bidet, J-B. Ouédraogo, G. Rot, F. Vatin                                         
Le projet d’émergence industrielle du Maroc en question - M. Rami                                 
 
III Politiques monétaire et budgétaire : 
 
La politique monétaire au Maroc - M. Akaaboune                                                              
Politique de contraction budgétaire au Maroc (1993 – 2014) : Bilan et perspectives d’avenir - E. Bendaoud                                                                                                                            

La réduction du déficit budgétaire durant le quinquennat 2012-2016: un cadeau empoisonné -A. Berrada 

http://www.sciencepo.ma/2017/03/economie-politique-du-maroc-cordonne.htm...

Fichier attaché: