Festival International de Sociologie 2017 : La fabrication des corps au 21e siècle

Saisisse

La fabrication des corps au 21e siècle : éduquer, soigner, augmenter, identifier

 

Co-organisée par le laboratoire Lorrain de Sciences Sociales de l’Université de Lorraine (2L2S) et par la société d’émulation des Vosges (SEV), la deuxième édition du Festival International de Sociologie (FISO), portera sur le corps. Lieu de projection des normes et des valeurs façonnant une société dans une époque donnée, mais aussi, instrument par lequel être au monde et y agir, le corps constitue, en effet, un excellent analyseur du « social ». Mais la question du corps est aussi affaire des citoyens : le « corps est politique » comme nous l’ont tôt enseigné les mouvements féministes et il est aujourd’hui l’objet d’une dynamique de re-politisation tout à fait particulière. D’un côté, il devient un critère d’accès à des droits sociaux ou politiques fondamentaux : procédures de mesure corporelle permettant d’apprécier l’âge, les états de santé psychique ou physique pour obtenir des prestations compensant la perte d’autonomie ou des droits dans les politiques migratoires contemporaines par exemple. De l’autre, il est aussi utilisé pour défendre des visions particulières de ce qu’est « l’humain » et de la manière dont il doit se (re)produire, se soigner, se réparer, s’améliorer ou mourir (cf. les débats sur les nouvelles technologies de reproduction, sur l’utilisation des nanotechnologies, sur la fin de vie, etc.). Ces débats superposent deux oppositions distinctes au cœur des réflexions que le FISO 2017 souhaite susciter : d’une part, une opposition entre un corps « naturel » et des cultures qui l’altèreraient ou le bonifieraient (par l’alimentation, les amputations, les marquages, les formes de travail, les soins, le sport, etc.) et se trouveraient hiérarchisées selon les complétions ou altérations corporelles ainsi induites ; d’autre part, une opposition entre le « corps naturel » et des « technologies » censées priver les sociétés de « repères naturels ».

A la suite de Mauss, nombre d’anthropologues et de sociologues invitent pourtant à considérer les corps humains comme inachevés, proposant de s’intéresser aux pratiques sociales qui les perfectionnent, les gouvernent et leur donnent sens. On pense ici aux techniques permettant l’acquisition et la préservation de certaines habiletés corporelles (façons de marcher, de se tenir, de parler, d’interagir, de se repérer dans le temps et l’espace), à celles nous permettant de résister à des formes de déclassement ou d’animalisation à certains moments de la vie (maladie, fin de vie, etc.) ou de nous plier aux codes sociaux et sexués valorisés dans un contexte donné à un moment donné, mais aussi, aux formes d’enrôlement des corps et des subjectivités dans le travail par exemple. Ces questionnements traversent donc autant les théories scientifiques que des mouvements sociaux (transhumanisme, queer, antispecisme, veganisme, etc.) qui font émerger de nouveaux modèles d’analyse du corps et déplacent la notion de naturalité en abordant le corps humain comme élément d’un système écologique et technique plus large.

Le festival mettra en regard des performances artistiques, des débats publics et un colloque scientifique au croisement des regards disciplinaires sur des questions, plutôt formulées à partir de la sociologie et de l’anthropologie, mais qui sont aussi abondamment traitées par d’autres sciences humaines et sociales (histoire, philosophie, psychologie, sciences du langage, de l’éducation, sciences de l’information et de la communication, esthétique et arts, etc.) et par nombres de collègues de sciences du vivant également attendus sur ces questions. Il accordera aussi une large place aux doctorants et aux jeunes chercheurs à travers l’organisation d’un atelier doctoral animé par les doctorants du 2L2S.

 


 

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