Appel à Communication du RT49 "Histoire de la sociologie" - VIIe Congrès AFS, Amiens 2017

 

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Appel à Communications du RT 49 – Histoire de la sociologie
VIIe Congrès de l’AFS, Amiens
3-6 juillet 2017

 

 

 

Le thème du prochain congrès « sociologie des pouvoirs, pouvoirs de la sociologie » nous invite à interroger la relation que notre discipline entretient avec le pouvoir en général et les pouvoirs en particulier. Du point de vue de l’histoire de la sociologie, cette question est essentielle car la sociologie s’est construite en France comme en Allemagne en dévoilant les pouvoirs en place, en éclairant les pouvoirs émergents, ce qui a pu la faire apparaître comme une discipline spécialiste de cette question, mais aussi comme une discipline de dénonciation des pouvoirs en place, qu’ils soient d’ordre politique, économique, académique…

Nous consacrerons ainsi une session à la question du rôle joué historiquement par la sociologie dans la compréhension des divers pouvoirs, de leurs mécanismes, de leurs finalités, de leur efficacité, de leur justice, etc. Comment le contexte social et politique a-t-il pesé sur les problématiques développées ? Quelles formes d’inégalités sociales les divers pouvoirs en place réussissaient-ils à légitimer et par quels processus ? Peut-on faire état d’une cumulativité des résultats dans ce domaine ? Ou bien les connaissances restent-elles situées, contextuées et datées ? Par ailleurs, peut-on faire une sociologie des divers pouvoirs sans s’interroger sur les effets produits et donc sur les pouvoirs de la sociologie ?

Une autre session portera ainsi sur le(s) pouvoir(s) de la sociologie, pouvoir de dénonciation, contre-pouvoir, qu’a longtemps mis en avant la sociologie de P. Bourdieu par exemple, en cherchant à débusquer et dénoncer les pouvoirs dans toutes les sphères (politique, médiatique, culturelle, économique, etc.) et toutes les formes de pouvoir. Cette sociologie des pouvoirs ne conduit-elle pas la sociologie à s’interroger sur son pouvoir ou son impuissance à agir sur la réalité ? Et ce pouvoir de la sociologie ne conduit-il pas implicitement ou explicitement le sociologue à une forme d’engagement ?

Nous pourrons évidemment nous pencher sur des parcours de sociologues pour lesquels l’engagement en sociologie s’accompagnait ou constituait un continuum avec un engagement politique. Comment leurs connaissances sociologiques nourrissaient-elles leur réflexion et leur pratique politique, leurs engagements dans la cité ? Et inversement, comment leur engagement politique orientait-il éventuellement leurs travaux sociologiques ? Certains de ces sociologues engagés sont bien connus, mais d’autres moins et auront le mérite d’élargir la réflexion sur le lien entre sociologie et politique, non plus focalisée sur des personnalités plus ou moins exceptionnelles.

Nous souhaitons par ailleurs accorder une session à Émile Durkheim pour célébrer le centenaire de sa mort. Ce sera, en effet, l’occasion de revenir sur son œuvre, sur sa biographie intellectuelle ou académique. De récentes recherches archivistiques ont-elles permis de découvrir des documents inédits ? Ces derniers peuvent-ils suggérer de nouvelles interprétations sur la vie et l’œuvre du sociologue, ouvrir de nouvelles pistes d’investigation en « durkheimologie » ? Il s’agira aussi de mesurer l’actualité de son héritage. Que conservons-nous aujourd’hui du durkheimisme ? Quel tri opérons-nous à partir de son œuvre ? Quel Durkheim célébrons-nous : le fondateur de la sociologie, le chef « d’école », le fondateur de L’Année Sociologique, le savant impliqué dans les affaires de la cité… ?

Il sera aussi opportun d’examiner ou de réexaminer ses travaux dans le cadre de la thématique générale du congrès. Sa sociologie fut-elle dérangeante pour certains pouvoirs en place ? Peut-elle être réduite à une science de la dénonciation ou peut-elle être lue, au contraire, comme une sociologie conservatrice au service des pouvoirs en place ? Le positionnement politique de Durkheim a été sujet à diverses interprétations après sa mort et hors de France : conservateur pour les uns, réformiste radical pour les autres. Pouvons-nous aujourd’hui mieux comprendre l’ambivalence de cette lecture et restituer de façon plus nette sa position par rapports aux divers pouvoirs ?

On pourra également s’interroger sur la pérennité de ses travaux portant sur la sphère politique qu’il considérait comme plus ou moins autonome par rapport à la sphère sociale et donc socialement peu déterminée. Peu de publications ont traité cet aspect-là de son œuvre et il serait intéressant soit d’y revenir, soit de tenter d’expliquer ce peu d’intérêt. Et comment interpréter la tentation hégémonique de sa sociologie sur les autres sciences sociales ? Que reste-t-il de l’ambition durkheimienne, de cette forme de sociologisme aujourd’hui ?

Enfin, une session sera traditionnellement consacrée à l’actualité des recherches en histoire de la sociologie, pour des communications qui n’entreraient pas dans les thèmes proposés ci-dessus. C’est aussi une façon pour nous tous de découvrir les thématiques et les terrains émergents de l’histoire de la sociologie et d’envisager des voies pour les prochaines rencontres du RT 49. De ce fait, nous souhaiterions vivement que les propositions soient ici inédites.

 

Consignes pour l’envoi des propositions

Les propositions de communication (au formatdoc ou pdf) privilégiant les travaux récents ou en cours, ainsi que leur dimension empirique, comporteront un titre et un résumé de 2 000 signes environ et seront accompagnées d’une courte présentation de l’auteur (statut, discipline, rattachement institutionnel et adresse électronique).

Elles devront être envoyées conjointement à Matthieu Béra (bera@u-bordeaux4.fr), Jean-Paul Laurens (jean-paul.laurens@univ-montp3.fr) et Patricia Vannier (patricia.vannier@univ-tlse2.fr) avant le 10 février 2017.

La réponse sera transmise pour le 28 février 2017.

 

Le bureau du RT 49