Soutenance de Milan Bouchet-Valat : « Les rouages de l’amour et du hasard. Homogamie et hypergamie dans la France et l’Europe contemporaines »

Soutenance de la thèse en sociologie de Milan Bouchet-Valat (École doctorale de Sciences Po) :

« Les rouages de l’amour et du hasard.

Homogamie et hypergamie dans la France et l’Europe contemporaines : dimensions socioéconomique et d’éducation, variations et mécanismes »

Date et lieu de la soutenance : mardi 8 décembre 2015 à 14h à l’École doctorale de Sciences Po, au 199 boulevard Saint-Germain, Paris, 7e arrondissement, au 3e étage.

 

Le jury est composé de :

Francesco Billari, Professor, University of Oxford, Nuffield College

Philippe Coulangeon, Directeur de recherche, CNRS, OSC

Brendan Halpin, Lecturer, University of Limerick, Rapporteur

Éva Lelièvre, Directrice de recherche, Ined, Rapporteure

Louis-André Vallet, Directeur de recherche, CNRS, OSC, Directeur de thèse

 

Résumé de la thèse :

Le constat d’une persistance de l’homogamie sociale est régulièrement réitéré ; la tendance à former des couples dans lesquels la femme occupe une position inférieure à son conjoint – hypergamie féminine – est elle aussi bien documentée : l’amour est loin d’être aveugle aux distinctions sociales. Pourtant, on a un peu rapidement conclu de ce résultat majeur que ces phénomènes étaient restés stables dans le temps.

Cette thèse montre, à l’aide de données de grandes enquêtes, que l’homogamie s’est nettement affaiblie du point de vue du diplôme, de la classe et de l’origine sociales au cours des quarante dernières années en France. Cette évolution va au-delà de ce que l’évolution de la structure de la population implique (homogamie relative) : la composition des couples s’est rapprochée d’une situation de choix au hasard.

L’hypergamie s’est elle aussi fortement réduite, et s’est même inversée en termes de diplôme, les femmes étant désormais plus diplômées que leurs conjoints depuis l’an 2000. En conséquence, le surcroît de célibat des femmes au statut social le plus élevé, et notamment des diplômées, qui tenait à leur position défavorable sur le marché conjugal, s’est résorbé. Les variations de ces deux dimensions du choix du conjoint parmi 64 régions d’Europe dans les années 2000 sont notables. L’homogamie d’éducation est plus élevée que l’homogamie socioéconomique ; l’hypergamie est majoritaire, mais n’est pas absolument généralisée. Le degré de libéralisme culturel et d’ouverture sociale apparaît comme le principal déterminant de ces deux phénomènes. Ils sont négativement corrélés au taux d’activité féminine, mais leur lien avec les inégalités économiques est ambigu.

 

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