Appels à communications, à articles...

Les sciences humaines et sociales face à l’interdisciplinarité dans les recherches en santé. Pratiques, lieux, enjeux et perspectives

Bonjour,
 
Le colloque « Les sciences humaines et sociales face à l’interdisciplinarité dans les recherches en santé. Pratiques, lieux, enjeux et perspectives » se déroulera les 11 et 12 décembre 2017 à la MSH Paris Nord. L’appel à communications/contributions est ouvert jusqu’au 30 septembre prochain.
Toutes les informations sont disponibles sur le site suivant et en PJ : https://lesshsfacealinterdisciplinariteensante.wordpress.com/
 
Bien cordialement,
Yannick Le Hénaff et Lynda Sifer-Rivière

Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux

Un numéro de la revue Émulations. Revue des jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales, qui paraîtra fin 2018 aux Presses universitaires de Louvain, sera consacré au thème « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », sous la direction de Adrien Mazières-Vaysse (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, CNRS-Université Paris 8), Giulia Mensitieri (Laboratoire d’anthropologie urbanités mondialisations, CNRS-EHESS) et Cyprien Tasset (Institut de Recherche Interdisciplinaires sur les enjeux Sociaux, CNRS-EHESS).

 

Modalités de soumission :

Les proposions de contribution d’environ 1 000 mots, ainsi qu’une notice biographique comprenant la discipline et le statut professionnel de chaque (co-)auteur-e de l’article sont à envoyer aux quatre adresses suivantes : adrien.mv@gmail.com, giulia.mensitieri@gmail.com, cyprien.tasset@gmail.com et redac@revue-emulations.net pour le 1eraoût 2017 au plus tard. Les propositions feront l’objet d’une évaluation anonyme. Les contributions définitives (de 25 000 à 30 000 caractères, espaces compris) devront être déposées, au plus tard, le 1er novembre 2017 pour une publication en 2018. Pour les consignes aux auteurs, consultez le document téléchargeable au bas de la page suivante : http://www.revue-emulations.net/appel/devenez-auteur.

Appel à contributions - Ces femmes qui refusent d'enfanter

Appel à contributions

Ces femmes qui refusent d'enfanter. Un choix de vie ?

Journée d’études « Actualité des études de genre », 6 avril 2018 à Dijon.

Centre Georges Chevrier, UMR 7366 (Université de Bourgogne)

Date limite pour envoi des contributions : 1er octobre 2017

Dans les temps plus anciens, le mariage (forme hégémonique de la vie en couple) qui n’était pas fécond était vécu comme un drame pour les époux, subissant la réprobation de l’entourage. Dans la période contemporaine, le phénomène des couples (pas nécessairement unis par les liens du mariage désormais) qui n’engendrent pas de manière volontaire (on laisse bien entendu à part le cas d’une infécondité pathologique ou les femmes qui ne vivent pas en couple) est désormais un phénomène repéré statistiquement. Le refus volontaire d’avoir des enfants constitue un phénomène certes très minoritaire (Enquête Fecond, 2014), chiffré à environ 5 % de la population concernée.

Cette conception d’une vie sans enfant est le fruit d’une évolution à la fois rapide et extrêmement profonde consécutive à la fois de l’émergences des mobilisations féministes dans les années 70 et des progrès continu en matière de contrôle des naissances. La maternité, d’un fatum s’est transformée en l’espace de quelques décennies en un « désir d’enfant », avec la possibilité alternative d’un désir de ne pas en avoir, d’être femme sans être mère. Cette identité s’inscrit dans l’affirmation de choix toujours plus étendus pour les sujets modernes, y compris donc le choix de ne pas participer à la reproduction de l’espèce.

L’objectif de cette journée d’études est de mieux comprendre comment ce phénomène social, à contre-courant, éclaire la norme sociale dominante de l’enfantement et comment il s’inscrit dans les transformations des fondements anthropologiques de nos sociétés. Plusieurs pistes (non restrictives) peuvent être poursuivies :

  • -  Comment se développe la volonté de ne pas avoir d’enfants ? Quels sont populations les plus susceptibles de développer cette idée et pourquoi ?

  • -  Comment les femmes (les couples) qui assument ce choix l’argumentent-ils ?

  • -  Quelles transformations du rapport à la féminité le choix du non-enfant impliquent

    elles ? Comment ce refus d’enfanter est il vécu dans les différents âges de la vie ?

  • -  En quoi l’absence volontaire d’enfant redéfinit-elle les relations conjugales, entre concubins ?

  • -  Que nous apprennent ces nouveaux comportements sur l’évolution des structures familiale et plus largement de l’insertion dans les groupes sociaux ?

  • -  Comment ces exigences s’inscrivent-elles dans l’affirmation toujours plus radicale du choix ?

  • -  Comment les institutions et les autorités publiques réagissent-elles à cette transformation des comportements ?

  • -  Aussi bien du point de vue historique que du point des comparaisons internationales, ces pratiques apparaissent elles aussi novatrices qu’elles semblent l’être ?

  • -  La volonté de ne pas avoir d’enfants incarne-t-elle le summum du féminisme contemporain ?

    Les propositions de communications peuvent relever des différentes disciplines des sciences humaines (sociologie, anthropologie, histoire, science politique...) dans la mesure où elles reposent sur un travail empirique et/ou archivistique manifeste.

    Les propositions (3000 signes minimum) doivent être envoyées avant le 1er octobre 2017 aux deux organisateurs Maud Navarre et Georges Ubbiali dont les adresses figurent ci-dessous. Les propositions retenues (après éventuellement demande de précisions) seront averties fin octobre.

    Les textes proposés doivent impérativement être des contributions originales, n’ayant donc pas fait l’objet d’une publication préalable.

    Les organisateurs :
    Maud Navarre, mnavarre@laposte.net Georges Ubbiali, g.ubbiali@free.fr

     

    Bibliographie indicative
    Debest Charlotte,
    Le choix d’une vie sans enfant, Rennes, PUR, 2014

    Debest, C. (2012), « Le choix d’une vie sans enfant à travers le prisme des normes
    parentales et conjugales : Étude de cas en France »,
    Nouvelles pratiques sociales, 25(1), 28- 43.

    Debest, C. (2013), « Quand les « sans-enfant volontaires » questionnent les rôles parentaux contemporains, Abstract », Annales de démographie historique, (125), 119-139

    Debest Charlotte, Mazuy Magali, « Rester sans enfant. Un choix de vie à contre-courant », Populations et société, n°508, fév. 2014.

    Debest C. (2014, « Repenser l’égalité femmes-hommes au prisme du refus de maternité », Politiques sociales et familiales, (116), 27-37.

    Develay Elise, Etre femme sans être mère, Master 1 sociologie, Université de Bourgogne, 2017, 66 pages.

     Doré, C. (1991). Marlène CARMEL, « Ces femmes qui n’en veulent pas : enquête sur la non- maternité volontaire au Québec », Recherches sociographiques, 32(3),

     Gotman Anne, Pas d’enfant. La volonté de ne pas engendrer, Paris, MSH, 2017 

Appel à communications : Religion et classes sociales

Le RT 5 "Classes, inégalités, fragmentations" et le RT 43 "Sociologie et religions" s'associent au colloque organisé les 5 et 6 février 2018 par l'Association française de sciences sociales des religions, dont voici l'appel à communications.

« Religion et classes sociales »

Appel à communications

Colloque de l’AFSR

Paris, 5-6 février 2018

Organisateurs :

Anthony FAVIER, docteur en histoire contemporaine (chercheur associé LARHRA)

Yannick FER, chargé de recherche CNRS (GSRL)

Juliette GALONNIER, docteure en sociologie (OSC/Sciences Po)

Ana PERRIN-HEREDIA, chargée de recherche CNRS (CURAPP-ESS)


 
Depuis la critique marxiste de la religion comme « opium du peuple » jusqu’aux réflexions de Pierre Bourdieu sur les fonctions sociales du religieux, sans oublier les liens établis par Max Weber entre religion, classe et statut, le rapport entre religion et classe a longtemps constitué un questionnement classique des sciences sociales. À la faveur des théories de la moyennisation et du déclin des sciences sociales d’inspiration marxiste, les interrogations sur le rôle de l’appartenance de classe sont toutefois peu à peu tombées en désuétude. L’accent mis sur les processus contemporains d’individualisation du religieux a pu faire oublier le poids des déterminants sociaux et laisser croire à une sorte d’autonomisation des expériences religieuses (ou « spirituelles ») vis-à-vis des structures sociales. Par ailleurs, l’intégration à l’analyse du religieux de nouvelles dimensions, notamment celles du genre, de la migration, ou de l’ethnicité ont fait passer au second plan la question des classes sociales. Sans remettre en cause l’apport évident des recherches recourant à d’autres catégories d’analyse du monde social, ni dénier l’influence décisive des dynamiques d’individualisation dans le domaine religieux, ce colloque propose de porter un nouveau regard sur les questions de classe, en revisitant les analyses classiques à la lumière des travaux actuels.

 

En dehors du champ des sciences sociales du religieux, la recherche sur les classes sociales est en effet en plein essor. Les nombreuses enquêtes empiriques, d’inspiration ethnographique pour l’essentiel, tout comme les vigoureux débats qu’occasionne la construction d’une statistique européenne ont invité à repenser les classes sociales. La focale s’est ainsi progressivement élargie de la scène professionnelle à l’ensemble des scènes sociales. Cette attention nouvelle portée aux styles de vie s’est en outre combinée à la prise en compte de leur inscription et de leur différenciation territoriales (et leurs effets sur la construction relationnelle des classes sociales à travers les phénomènes de ségrégation spatiale). Toutefois, les travaux portant sur les classes sociales (milieux ouvriers, grande bourgeoisie) tendent à passer sous silence leurs pratiques religieuses. Ce colloque est né de la conviction que le renouvellement des approches sur les classes sociales peut contribuer à améliorer notre compréhension des phénomènes religieux tout comme le religieux est susceptible de constituer une perspective heuristique dans l’analyse de la stratification sociale.

 


Le colloque se tiendra les 5 et 6 février 2018 à Paris et donnera lieu à une publication. Nous sollicitons des communications issues de toutes disciplines en sciences sociales, mobilisant des analyses aussi bien qualitatives que quantitatives, et analysant le religieux sous toutes ses formes. Nous veillerons à ce que la diversité des terrains religieux et des aires culturelles et géographiques soit représentée. Les communications pourront s’articuler autour de l’un des trois axes suivants :

 


Axe 1 -
Légitimation ou subversion : le rôle de la religion dans la reproduction ou le renversement des inégalités de classe

 

Les religions produisent des discours sur l’ordre établi et les structures sociales. Elles fournissent aux croyants des outils d’interprétation du monde, et notamment des inégalités. Historiquement, elles ont pu être mobilisées pour légitimer ces inégalités (théodicée du malheur pour les plus démunis ; théodicée du bonheur pour les mieux lotis) ou au contraire les subvertir (théologie de la libération). Comment les croyants retraduisent-ils leur position de classe en termes religieux ? Quel est le rôle du religieux dans les mobilisations sociales ? La religion, comme représentation symbolique de la réalité, peut-elle contribuer à la modifier ? On s’interrogera sur la façon dont le couple légitimation/subversion se reconfigure dans la pratique contemporaine du religieux. À cet égard, la question de l’éducation religieuse et de l’école comme instance de reproduction des hiérarchies sociales pourra être étudiée.

 

 Axe 2 - Les déterminants sociaux du religieux

 

Nous chercherons à savoir si les biens religieux se structurent par milieux sociaux. Max Weber avait identifié des affinités électives entre la position sociale des individus ou des groupes et leurs croyances. Les conditions matérielles d’existence continuent-elles de déterminer les préférences religieuses ? Dans cette optique, on pourra s’interroger sur la façon dont les réseaux de sociabilité, liés en grande partie au milieu social et à l’ancrage territorial, viennent structurer les options religieuses. Le thème de la mobilité sociale (ascendante ou descendante) pourra notamment être exploré : les changements de statut social ou résidentiel peuvent-ils influer sur les pratiques religieuses ? Le changement d’appartenance religieuse et l’incorporation de nouvelles normes éthiques peuvent-ils contribuer à des trajectoires d’ascension sociale, ou participer au contraire à des formes de déclassement ?

 

La question de la distinction est aussi centrale et on pourra s’interroger sur le rôle de l’appartenance religieuse comme marqueur de respectabilité et de prestige social, pour des individus avantagés ou désavantagés sur le plan matériel.

 

Les « styles » de congrégation ou de pratique religieuse pourront également être mis en lumière. Il s’agira de comprendre si les répertoires de prière, les sermons, la liturgie et la mise en scène religieuse se structurent selon le statut social (Sean McCloud, 2007). Dans la mesure où la plupart des travaux se concentrent sur la pratique religieuse populaire, on veillera à visibiliser également les pratiques des classes supérieures.

 

Enfin, on s’interrogera sur le rôle de l’appartenance de classe dans les reconfigurations contemporaines du religieux, en particulier sous l’angle du « bricolage » et des compétences distinctives qu’il mobilise : le « bricolage » religieux est-il l’apanage des classes supérieures ? Qui invente de nouvelles façons de vivre le religieux ? Et dans quelle mesure le rapport à l’altérité, qui inspire aujourd’hui un certain nombre d’appropriations personnelles de traditions religieuses « exotiques » (Véronique Altglas, 2014), est-il déterminé par la position sociale ?

 

 
Axe 3 -
Catégories et luttes de classement

 

Un dernier axe, de nature plus épistémologique, interrogera l’usage des représentations et des catégories, et notamment la notion de « religion populaire » (qui avait beaucoup marqué les débats scientifiques au cours des années 1960-1970) ou de « religion par le bas » (Guy Duboscq, Bernard Plongeron & Daniel Robert, 1979 ; Serge Bonnet, 2016). Dans quels contextes utilise-t-on ces notions ? Faut-il les comprendre en relation avec une religion bourgeoise, aristocratique, cléricale ou savante dont elles constitueraient le contrepoint ? Les milieux populaires ont ainsi été accusés de déformer les systèmes de croyances et les pratiques orthodoxes, de préférer le « merveilleux » et l’« émotionnel » au « rationnel », en un mot de transformer la religion en superstition ou folklore. Le christianisme rural et populaire a par exemple longtemps été analysé comme porteur d’éléments « païens » ou agraires mal assimilés. Par ailleurs, certaines religions, comme le pentecôtisme et dans une certaine mesure l’islam, sont principalement associées aux classes populaires et aux catégories sociales dominées. Ces représentations sont-elles toujours vérifiées empiriquement ? Traduisent-elles aussi des logiques de classement, fondées par exemple sur l’opposition implicite entre, d’une part, la maîtrise de soi et la raison revendiquées par les dominants, et de l’autre, l’émotion et l’enthousiasme des dominés ?

 

L’enjeu des hiérarchies de classe internes à chaque religion, ainsi que leurs effets sur la production du savoir religieux et la définition de l’orthodoxie, question fréquemment soulevée dans le cas du judaïsme par exemple (Béatrice de Gasquet, 2012), sera aussi à prendre en compte.

 

Enfin, la question du « fondamentalisme » (et plus récemment celle de la « radicalisation »), longtemps décrit comme le fait de classes populaires non éduquées (alors même que les données empiriques ne vont pas toujours dans ce sens, voir Susan Harding, 1991) pourra être abordée.

 

 
Modalités de soumission

 

Les propositions de communication sont à envoyer pour le 10 septembre 2017.

 

Doivent y figurer les nom et prénom de l’auteur, son institution de rattachement, son adresse e-mail, une courte notice biographique, le titre de la communication, l’axe de rattachement et un résumé d’une page précisant le contenu de la communication et les données mobilisées.

 

Elles sont à envoyer au format Word ou PDF à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Yannick Fer (yannick.fer@gsrl.cnrs.fr), Juliette Galonnier (juliette.galonnier@gmail.com), et Ana Perrin-Heredia (aperrinheredia@gmail.com).

 

 Les auteurs recevront une notification au sujet de leur participation début octobre 2017.

 

 

 

AAC TechnoCare

Bonjour,

 
Veuillez trouver ci-joint l’appel à contributions pour une journée d’étude consacrée aux rapports entre le care et les technologies en santé.
 
Cette journée s’inscrit dans le cadre des manifestations scientifiques Inter-RT soutenues par l’AFS.
 
Elle aura lieu à l’Ecole des Mines de Paris le 12 décembre 2017.
 
Propositions bienvenues jusqu’au 14 juillet sur la plateforme : https://technocare.sciencesconf.org
 
Merci.
 
Les organisateurs:
B. Derbez, E. Dagiral, D. Saint Marc, A. Peerbaye
Fichier attaché: 

AAC JE "Mobilité spatiale et classes sociales" RT 5 & RT 42

JE "Mobilité spatiale et classes sociales"

Appel à communication

 

La dimension spatiale des inégalités sociales est aujourd’hui questionnée par de nombreux travaux. Dans un mouvement de regain des approches localisées de la structure sociale, la prise en compte de cette dimension a contribué à renouveler les débats sur la stratification sociale[1], mais aussi à enrichir l’analyse de nombreux faits sociaux, au-delà des seuls champs de la sociologie urbaine ou de la sociologie de la stratification sociale. Dans ce contexte, alors que les enquêtes souffrent souvent d’une approche statique de la ségrégation et des relations entre groupes sociaux et territoires, la prise en compte des mobilités spatiales offre une perspective capable d’éclairer la structuration de classe des sociétés contemporaines sous un jour renouvelé.

 

Organisées conjointement par le RT5 « Classes, inégalités, fragmentations » et le RT42 « Sociologie des élites » de l’Association française de sociologie, ces journées proposent ainsi d’explorer la diversité des formes et des ressorts des pratiques de mobilité spatiale et d’interroger la manière dont elles s’articulent avec la stratification sociale. Elles invitent à se départir d’une vision normative de la mobilité : si « l’injonction à la mobilité » (Fol, 2010) touche l’ensemble des groupes sociaux, il convient d’interroger les manières socialement différenciées qu’ont les individus d’y répondre en fonction de leurs positions dans l’espace social et géographique. Pourquoi et comment bouge-t-on ? Comment s’articulent mobilités et ancrages spatiaux ? Dans quelle mesure ces pratiques et les représentations auxquelles elles sont associées sont-elles le reflet des ressources, mais aussi l’expression de goûts associés à des groupes sociaux spécifiques ? En retour, comment ces mobilités, par la proximité ou la distance spatiales qu’elles créent entre des individus occupant différentes positions dans l’espace social, contribuent-elles au processus de différenciation ou de rapprochement entre groupes sociaux ?

 

En répondant à ces questions, l’étude des mobilités spatiales est ainsi à même d’offrir un éclairage original et stimulant pour penser la stratification sociale contemporaine. À partir d’analyses fondées sur des enquêtes empiriques, les contributeurs et contributrices sont invités à analyser les ressorts sociaux de toutes formes de mobilité spatiale, qu’elles soient liées au travail – mobilités pendulaires, trans-nationales (Wagner, 2007) –, aux activités domestiques – gestion quotidienne des courses ou des enfants –, aux loisirs et aux vacances (Bidet, 2012 ; Réau, 2009) ou encore à la poursuite d’études supérieures (Jedlicki, 2016). Les analyses intersectionnelles, croisant notamment la classe, le genre, les parcours migratoires et/ou la race, sont fortement encouragées. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un des trois axes :

 

 

 

1) Mobilités spatiales et changement de regard sur les classes sociales

 

Dans quelle mesure la prise en compte des mobilités spatiales, qu’elles soient résidentielles ou non, permet-elle de renouveler le regard porté sur les classes sociales et sur la stratification ? L’analyse des mobilités permet-elle de mettre en rapport des espaces physiques et sociaux de référence pluriels, susceptibles de complexifier le regard habituellement porté sur les liens entre espace et classes sociales ? Cet axe encourage également les interrogations méthodologiques, attentives à la question des échelles et de la diversité des espaces, dans l’appréhension de la stratification sociale.

 

 

 

2) Les différenciations sociales à travers les pratiques de mobilité spatiale

 

Les communications attendues sont invitées à interroger les manières socialement différenciées de se déplacer dans l’espace, qu’il s’agisse des moyens utilisés (voiture, vélo, transports en commun, etc.), des sociabilités que ces mobilités spatiales entretiennent (se déplace-t-on en couple, en famille, avec des amis ?) ou encore des rapports à l’altérité qu’elles induisent (participent-elles, par exemple, à des phénomènes de co-présences sociales inédites au vu des logiques de proximité et de distance ordinaires entre groupes sociaux ou peuvent-elles, au contraire, renforcer des logiques d’entre soi ?).

 

 

 

3) Mobilités, migrations, ségrégation et destins sociaux

 

Ce troisième axe invite à poursuivre la réflexion sociologique autour de la question de la ségrégation socio-spatiale : quels liens peut-on établir entre mobilité résidentielle et mobilité sociale ? En quoi la prise en compte des mobilités peut-elle renouveler la compréhension des mécanismes de ségrégation, ainsi que le regard porté sur certains types d’espaces résidentiels ? Il s’agit également d’insister sur les enjeux sociaux liés à la maîtrise de son espace de vie, qu’il s’agisse de la question de la scolarisation des enfants (Van Zanten, 2009) ou de celle de la proximité spatiale à des institutions ou à des réseaux de relations susceptibles d’être mobilisés dans le cadre de processus engageant une mobilité sociale. Il s’agit enfin de susciter des réflexions au croisement de la sociologie des migrations et de la sociologie des classes sociales, en articulant espaces sociaux d’émigration et d’immigration.

 

 

 

Ces axes n’épuisent pas les thématiques possibles et toute proposition de communication articulant mobilités spatiales et classes sociales sera bienvenue. Les propositions, d’une page maximum (hors bibliographie), doivent être envoyées le 15 juillet 2017 au plus tard à l’adresse suivante : je.rt5rt42@gmail.com. Les candidats dont la proposition aura été retenue devront soumettre un texte d’environ 30 000 signes, au plus tard le 31 octobre 2017.

 

 

 

Les journées d’étude se dérouleront les jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre à Paris, dans les locaux du Cresppa-CSU (59-61 rue Pouchet, 75017 Paris).

 

 

 

Comité d’organisation : Isabel Boni-Le Goff, Pauline Clech, Francois-Xavier Dudouet, Bruno Cousin, Pierre Gilbert, Violaine Girard, Élie Guéraut, Guillaume Lejeune et Antoine Vion.

 

 

 

Comité scientifique : Sébastien Chauvin, Anaïs Collet, Fabien Desage, Sylvie Fol, Susanna Magri, Edmond Préteceille, Bertrand Réau, Nicolas Renahy, Fabrice Ripoll, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot, Sylvie Tissot, Laure de Verdalle et Anne-Catherine Wagner.

 




[1]          Voir notamment, et parmi d’autres, les réflexions autour de la notion de « capital d’autochtonie » et de ses usages possibles pour étudier les classes populaires et/ou les classes supérieures, ainsi que les recherches et les débats sur la ségrégation socio-spatiale, ou encore les recherches plus récentes sur le rôle de l’espace domestique dans la construction des groupes sociaux.

 

AC Parcours d’engagement de jeunes dans des causes et des pratiques politiques radicales

Appel à propositions d’articles pour la revue Agora débats/jeunesses

Dossier : « Parcours d’engagement de jeunes dans des causes et des pratiques politiques radicales » (2018/3)

 

Si « l’ampleur des contestations juvéniles des années 1968 a, d’emblée, placé l’âge au cœur des interprétations » (Sommier, 2016, p. 63), l’âge est à nouveau convoqué dans le cas des jeunes impliqués dans les attentats récents en France sans être problématisé en tant que tel. Ce numéro vise donc à articuler deux champs d’analyse, la jeunesse et la radicalité militante, en les appréhendant plus spécifiquement sous l’angle des parcours biographiques et des processus de subjectivation qu’ils sous-tendent.

Le chercheur qui aborde cette thématique est rapidement confronté à deux obstacles majeurs pour définir le phénomène qu’il appréhende : tout d’abord son champ sémantique large. Des notions comme radicalité, radicalisme, radicalisation, extrémisme, violence sont souvent rendues synonymes. En deuxième lieu, ces catégories sont à la fois performatives, normatives et stigmatisantes.

Lanotion de radicalisation,« concept buzzword » (Ducol, 2014 ; 2015 ; Crettiez, 2016), s’est imposée dans les discours médiatiques et politiques dans une acception le plus souvent religieuse en lien avec des questions sécuritaires pour qualifier des comportements et attitudes porteurs d’une rupture en valeurs avec les sociétés occidentales. Elle a également souvent été utilisée dans une rhétorique de la rupture et de la nouveauté. Or, si nous replaçons certains comportements radicaux dans leur univers historiographique, il est autorisé de rappeler non seulement leur permanence en France à différentes périodes historiques (Audigier, Girard, 2011) mais aussi le fait que l’action radicalisée ne pourrait se réduire à la seule dimension religieuse, nombre d’engagements de jeunes dans des causes radicales se réalisant au nom d’autres idéologies (mouvements indépendantistes, régionalistes, identitaires, néonazis, néofascistes, royalistes, etc.). De plus en plus d’auteurs lient également cette notion de radicalisation à l’action violente (Bronner, 2009 ; Khosrokhavar, 2014). Si certains chercheurs lui trouvent une portée heuristique (Crettiez, 2016) tandis que d’autres proposent de se « débarrasser de cette notion devenue hégémonique » (Mauger, 2016, p. 94), ce numéro vise à adopter une perspective plus large que celle de la radicalisation en mobilisant la notion de radicalité, qui « dépasse largement celle de la violence (même si elle l’englobe) » (Dufour et al., 2012, p. 7). Elle est également plus précise quand on part du sens littéral donné à la « radicalité », à savoir une analyse politique qui s’attaque « à la racine » (ibid, p.7).

Ce dossier souhaite analyser les parcours biographiques de jeunes dans des causes et des pratiques radicales et rendre compte des processus subjectifs qui leur sont liés. Il part du principe général selon lequel l’engagement dans ce type de causes exprime une scission vis-à-vis du reste de la société. Ses membres engagés recourent à des formes non conventionnelles d’action politiques – sans que celles-ci aboutissent nécessairement à la violence – et proposent une alternative révolutionnaire à l’ordre social (le capitalisme, le néo-libéralisme, les valeurs occidentales, etc.) par de nouvelles affiliations contestataires et l’adoption de nouveaux repères normatifs.

 

1. Parcours biographiques des jeunes dans la radicalité militante

Le dossier propose de placer au cœur de l’analyse la question des parcours d’engagement dans des causes radicales à partir d’une dimension processuelle – entendue en termes de carrières (Fillieule, 2009), de trajectoires ou encore de cycles d’engagement. La question sera plus précisément ici de saisir comment certains jeunes sont au fil du temps amenés non seulement à entrer dans des collectifs qui se placent en rupture avec l’ordre social et qui ont pour projet la subversion d’un ordre politique (Riaux, 2012), mais aussi à s’y maintenir à partir d’un processus d’alignement au nouveau groupe de référence et de construction active de nouvelles « provinces de réalité » (Cefaï, 2003). Elle vise également à saisir comment ils peuvent éventuellement en sortir.

La reconstruction des différents parcours d’engagement donnera aussi à voir la variété des profils de jeunes qui s’engagent dans ces causes. Est-ce que la jeunesse est un âge de la vie plus prompt à s’investir dans des engagements « à haut risque  » (McAdam, 1986 ; Sommier, 2011) ? Les profils sociodémographiques, la question de la disponibilité biographique, la place d’autruis significatifs (famille, pairs) les sensibilisant à cette cause seront interrogés. S’agit-il dans ce cas d’une conversion, qui implique une prise de distance progressive avec les normes et valeurs transmises par la famille, ou de la répétition d’un système de pensée préexistant proposant des visions du monde « en scission » avec d’autres modèles de société ?

 

2. Subjectivation et émancipation

Le dossier entend également accorder une attention particulière au processus de subjectivation des jeunes au cours de leurs activités militantes radicales en vue, d’une part, d’analyser les raisons personnelles données à leur engagement et, d’autre part, de rendre compte du développement d’une réflexivité sur soi et du rapport à autrui au fur et à mesure de leurs parcours d’engagement. Quelles peuvent être les premières rétributions perçues lors de leur entrée dans l’engagement radical (être acteur de son histoire, avoir une aura auprès de son groupe de pairs) ? En quoi cela a-t-il pu constituer une offre identitaire ou un espace des possibles dans leur trajectoire par l’élaboration de différents types de capitaux, que ceux-ci soient d’ordre social, culturel ou politique ? La place donnée à l’émancipation individuelle ou collective et à l’affirmation de la subjectivité des acteurs au sein d’un collectif nous permettra de rendre compte de la façon dont ces jeunes définissent leur engagement et de voir à l’instar de Geoffrey Pleyers et Brieg Capitaine combien « l’implication dans un mouvement social travaille profondément l’individu jusque dans sa subjectivité et subjectivation » (2016, p. 8).

 

 

Calendrier

Remise des propositions d’articles pour le 15 juin 2017(1 à 2 pages avec la problématique, la méthodologie et le plan envisagé) à envoyer aux deux coordinateurs du numéro.

Sélection des propositions d’articles et réponses aux auteurs : 15 septembre 2017

Remise des articles définitifs (30 000 signes, 20 références bibliographiques) :15 décembre 2017.

Les propositions d’articles préciseront la problématique, les données empiriques mobilisées, la méthodologie employée et les résultats obtenus.

Coordination du numéro

Isabelle Lacroix, post-doctorante au laboratoire Printemps-CNRS (UVSQ/Paris-Saclay) :isabelle.lacroix@uvsq.fr

Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche, INJEP, chercheur associé au laboratoire Triangle : lardeux@injep.fr 

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Appel à articles pour le n°158 de la revue Gérontologie et société

La revue Gérontologie et société lance un appel à articles pour le n°158 "Pour une introduction à l'étude des vieillissements en Afrique".

Les nombreux contrastes caractérisant le continent africain se reflètent dans la pluralité des manières d’y vieillir. L’augmentation à venir du nombre de personnes âgées constitue un nouveau défi pour l’Afrique et potentiellement aussi un facteur supplémentaire de crise sociale. Ce numéro vise à traiter des questions majeures posées par les réalités actuelles des vieillissements en Afrique tout en proposant une vision prospective destinée à anticiper les changements démographiques à venir et la manière dont les sociétés et les individus devront s’adapter pour les accompagner en évitant que ne se cristallisent, ou même s’accroissent, de multiples inégalités.
 
 
Ce numéro sera coordonné par Muriel Sajoux, Enguerran Macia, Ousseynou Ka, Daniel Reguer
 
Les propositions de contribution (6000 signes, espaces compris) devront être transmises avant le 26 mai 2017 à l’adresse suivante : cnavgerontologieetsociete[at]cnav.fr

 

 

AAC Enseigner la sociologie dans le supérieur

 

Appel à communications

 

 

 

Journée d’études : « Enseigner la sociologie dans le supérieur.

 

En-quête des pratiques »

 

 

 

 

 

Date : 10 novembre 2017

 

Lieu : ENS de Lyon, 15 Parvis René Descartes, 69007 Lyon

 

Laboratoire : LLE (Laboratoire de l’Education, UMR 3773 de l’ENS de Lyon)         

 

 

 

 

 

Appel à communications

 

Depuis une quinzaine d’années en France et de façon plus ancienne dans d’autres pays, des dispositifs et initiatives visant la professionnalisation des enseignants du supérieur se développent. Il peut s’agir de manifestations de types journées d’études ou Assises ou de services institutionnalisés tels que des Services Universitaires de Pédagogie. Largement relayé par des publications en augmentation[1], le message fédérateur est le suivant : la pédagogie universitaire est une préoccupation qui doit devenir importante car elle s’inscrit dans une perspective de changement jugé indispensable à la fois pour l’intervenant (afin de soutenir son « développement professionnel »), pour l’étudiant (qui sera mieux formé par des enseignants prenant en considération son « apprentissage »), enfin pour les structures universitaires (qui pourront pleinement participer à la production d’une offre de formation de « qualité »).

 

Ancrer directement, principalement et uniquement la question de l’enseignement dans le supérieur à l’échelle universitaire appelle pourtant plusieurs remarques. Sont tout d’abord passés sous silence les rapports entre le pédagogique et politique dans le cadre du processus de Bologne : ces rapports ne sont pas problématisés mais pris pour une donnée de cadrage plutôt favorable, qui inciterait ainsi les enseignants du supérieur à vouloir se former. Or sous ces réformes, ce sont les relations entre pédagogie, gouvernance et qualité qui se trament. De plus, la discipline et la recherche n’ont pas vraiment de place dans la préoccupation et les activités de formation à l’enseignement supérieur, produisant une rupture du lien entre recherche et enseignement, en renvoyant exclusivement la question de la pédagogie à celle de la performance de l’Université. Ces approches lissent les spécificités disciplinaires, présupposant que tout est affaire d’apprentissage (pris d’une façon générique), et que celui-ci peut se découpler de traditions, techniques, pratiques et habilités intellectuelles disciplinaires dont différents travaux montrent pourtant l’importance (Becquet & musselin, 2004 ; Faure, Millet & Soulié 2005). Enfin, ces approches de la formation à la pédagogie universitaire présupposent que tout enseignant doit transformer ses représentations, sa manière de penser l’enseignement et les étudiants sans lui donner les moyens de se rendre compte des effets de ces transformations sur l’enseignement des disciplines et son lien avec la recherche.

 

Il y a pourtant des enjeux forts, en termes politiques, à ne pas déposséder les enseignants du supérieur et les disciplines de toute légitimité et possibilité de produire un discours et des analyses à propos de leur pratique pédagogique. Ces enjeux portent sur les façons différentielles de penser l’enseignement selon les perspectives épistémologiques des disciplines et les manières de former à la recherche (cette dimension de la formation restant un objectif important de l’université), selon le type de public accueilli, selon le niveau d’enseignement (Licence, Master, Doctorat) et le type de formation (« portail pluridisciplinaire », formation disciplinaire, …). De plus, les enseignants du supérieur étant régulièrement sollicités lors des refontes des maquettes pédagogiques, il apparaît incontournable qu’ils soient outillés théoriquement et pratiquement pour positionner les composantes et les disciplines en interlocutrices averties face à des universités prises dans un mouvement d’économicisation (Garcia, 2008 ; Lebaron, 2015), entre  concurrence et appauvrissement des moyens.

 

Face à ces enjeux, une première journée d’étude avait été organisée en juin 2016 à Lyon sous le titre « Des sciences sociales : des savoirs et pratiques à et pour enseigner ». En continuité avec celle-ci, l’objectif de cette seconde journée d’étude sera de poursuivre le questionnement des pratiques d’enseignement de la sociologie dans le supérieur. Il s’agit donc d’inviter les enseignants du supérieur à évoquer leurs propres pratiques, en tenant compte à la fois de la diversité des lieux d’exercice, des populations étudiantes, des conditions d’enseignement et, éventuellement, des liens qu’ils font entre leurs pratiques d’enseignement et leurs activités de recherche. Il s’agit de venir présenter ce que l’on fait au quotidien sans que cela soit forcément adossé à des résultats de recherche. Les communications pourront se faire à partir d’une entrée sur une thématique donnée (par exemple « Enseigner les classes sociales », « Enseigner le genre », etc.) ou à partir d’une problématique particulière (par exemple « Enseigner dans des formations à dominante non sociologique », « Enseigner à des publics socialement différenciés », « dans des niveaux universitaires variés », etc.). Dans tous les cas, une contextualisation des pratiques et une réflexivité seront attendues. La question des manières dont on peut produire cette réflexivité sur les pratiques via des techniques et méthodes mobilisées dans les pratiques scientifiques (par exemple l’ethnographie, la socio-analyse) pourra également être abordée.

 

L’enjeu est de contribuer à produire un espace collectif de réflexions autour de ce thème qu’un certain nombre de publications a déjà permis d’esquisser (Hugues 1996, Becker, 2002, 2004 ; Bourdieu & Passeron, 1964 ; Chapoulie, 2000 ; Leblanc F. & ali. (2011) ; Soulié, 2002 ; Soulié & Gadéa, 2000 ; Jounin, 2014 ; Siracusa, 2008).

 

 

 

Principales dates et organisation

 

La journée d’étude se déroulera le 10 novembre 2017, à l’ENS de Lyon

 

Date de soumission d’une proposition de contribution :

 

-       1er juin 2017

 

o   Un document de 4000 signes, espaces compris, est attendu, présentant les coordonnées et statut du ou des contributeurs

 

o   La proposition est à envoyer à claire.piluso@univ-lyon2.fr ; stephanie.tralongo@univ-lyon2.fr

 

-       Retour des avis aux auteurs : le 15 juin 2017

 

Membres du comité scientifique et d’organisation : Martine Court ; Sylvia Faure, Séverine Kakpo ; Claire Piluso ; Stéphanie Tralongo.

 

Cette journée d’études s’inscrit dans un projet retenu dans le cadre de la campagne à projets 2017 du LLE (Laboratoire de l’Education, UMR 3773 de l’ENS de Lyon, http://lle.ens-lyon.fr/).

 

 

 

 

 

Bibliographie indicative

 

Becker H. (2002), Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris : la Découverte

 

Becker H, (2004), Ecrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou son livre, Paris : Economica

 

becquet v. & musselin c., (2004), Variations autour du travail des universitaires,  [en ligne : http://cip-etatsgeneraux.apinc.org/IMG/pdf/synthese_variation_autour_du_...

 

Bertrand C., (2014)« Soutenir la transformation pédagogique dans l’enseignement supérieur », Rapport à la demande de Madame S. BONNAFOUS, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle

 

Bourdieu P., Passeron J.-C. (1964), Les Héritier. Les étudiants et la culture, Paris : Les Editions de Minuit

 

Chapoulie j.-M, (2000) « Enseigner le travail de terrain et l'observation : témoignage sur une expérience (1970-1985) », Genèses, /2 no 39

 

Faure S., Soulié C.,, Millet M., (2005), Enquête exploratoire sur le travail des enseignants chercheurs. Vers un bouleversement de la ”table des valeurs académiques” ? https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00602398

 

Gadea Charles & Soulié Charles, (2000) « Réflexions sur une expérience d'initiation à la recherche en sociologie à l'Université (1994-2000) », Genèses, 2000/2 no 39

 

Genelot S. & Lapostolle G., (2012) « Du bon usage des sciences humaines et sociales dans la formation des enseignants », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], #12 |

 

Garcia S. (2008)   « L'expert et le profane : qui est juge de la qualité universitaire ? », Genèses, 2008/1 n° 70

 

Hughes E. (1996), Le regard sociologique, Paris : EHESS

 

Jounin N. (2014), Voyage de classes. Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers, Paris : La Découverte

 

Lebaron F. (2015) « Injonction comptable et révolution culturelle à l’Université », La nouvelle revue du travail [En ligne], 6 |

 

Leblanc F. & ali. (2011), « Echange sur nos pratiques « Enseigner dans un département de non-sociologues », Bulletin de l’ASES, n°38

 

Lison C. & Jutras F., (2014)  « Innover à l’université : penser les situations d’enseignement pour soutenir l’apprentissage », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 30-1

 

Peneff J. (2004), « Les idées originales d’Howard Becker pour enseigner la sociologie », in Blanc A. & Pessin A., L’Art du terrain. Mélanges offerts à Howard S. Becker, L’Harmattan

 

Rapport STRANES, (2016), http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid30540/strategie-national...

 

Rege-Colet N. & Berthiaume D. (2013 & 2015), La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques. Tome 1(2013) : Enseigner au supérieur ; Tome 2 : Se développer au titre d’enseignant (2015), Peter Lang, Berne : Suisse

 

siracusa J. (2008), Vacances sociologiques. Enseignement de la sociologie à l’Université. Presses universitaires de Vincennes

 

Soulié C., (2002) « L’adaptation aux « nouveaux publics » de l’enseignement supérieur : auto-analyse d’une pratique d’enseignement magistral en sociologie », Sociétés contemporaines, n° 48/4

 

 

 




[1] On dénombre sur les quinze dernières années une quarante articles et une dizaine d’ouvrages.

 

Appel à articles - "Le gouvernement urbain des corps" - terrains & travaux

Le gouvernement urbain des corps. Action publique locale de santé et conduites corporelles

Appel à contributions
(date de clôture : 2 octobre 2017)

Traditionnellement dévolue à l’État, l’action publique de santé n’échappe pas aux processus de territorialisation et de pluralisation. Le gouvernement des corps qu’elle vise et qu’elle produit convoque ainsi une pluralité d’acteurs qui opèrent sur diverses scènes locales (hôpitaux, écoles, associations et équipements sportifs, espace public, logements, prisons, zones de rétention, etc.) Les modalités de production de ce gouvernement public des corps, qui va des actions de prévention à des formes plus contraignantes de surveillance ou de contrôle, se trouvent alors transformées par les processus de décentralisation et de déconcentration de l’action publique, en matière sanitaire et sociale notamment.

Ce dossier de terrains & travaux entend interroger les effets de ces changements d’échelles de l’action publique, en analysant ce que l’échelle urbaine produit sur le gouvernement des corps.  Observe-t-on un renforcement du contrôle de certains destinataires de l’action publique ou, au contraire, un relâchement de ce dernier ? Ces interventions locales s’appuient-elles sur de nouvelles techniques de gestion des conduites corporelles ? Comment sont-elles perçues et reçues par les populations concernées ? Font-elles naître de nouvelles formes de résistances ou des modes d’appropriation inédits de la part de ces populations ? Reposant sur des données empiriques issues d’enquêtes de terrain, les propositions pourront porter sur 3 axes principaux de questionnement relatifs à la définition, à la mise en œuvre et aux effets de cette action publique.

 

1.    

Secteurs et champs d’intervention

Qu’elle se déploie à l’échelle des « quartiers prioritaires » des villes ou gagne progressivement l’ensemble du territoire des métropoles, l’action publique de santé contribue activement au gouvernement urbain des corps. Nombreuses sont les villes qui se dotent ainsi d’ambitieux programmes d’éducation à la santé, de plans volontaristes de lutte contre les addictions ou la sédentarité, d’actions de sensibilisation à la qualité nutritionnelle ou bien encore de schémas de développement des mobilités et des usages physiques d’un espace public désormais pensé comme « convivial », « partagé », « interactif » ou « participatif ». Il s’agira donc ici de s’interroger sur les recompositions que connaissent, au niveau local, les domaines d’intervention publique qui contribuent au gouvernement urbain des corps. Quels sont les secteurs investis et les champs d’intervention privilégiés ? Comment s’articulent les niveaux d’intervention, devenus plus nombreux et potentiellement concurrents ? Les textes proposés pourront notamment analyser comment, entre négociations d’échelles, jeux de domination et défenses des prés carrés, les luttes institutionnelles visent à faire advenir la « bonne » échelle locale de coordination et de régulation des conduites corporelles visées.

 

 

2.    

Acteurs, normes et dispositifs

Bien que diversement dotés en ressources, tous les acteurs intéressés au gouvernement urbain des corps (élus et agents des villes et des métropoles, représentants des autres niveaux de gouvernement local, opérateurs des agences régionales de santé, des services déconcentrés de l’État, établissements et professionnels de santé, responsables, militants et adhérents associatifs des secteurs sanitaire, social, éducatif ou sportif, coordonnateurs de réseaux de santé, mutuelles, habitants eux-mêmes, etc.) entendent y prendre part et faire ainsi valoir leur propre représentation du problème public considéré. Le développement de ces actions à l’échelle urbaine fait ainsi, dans certains cas, apparaître des concurrences nouvelles entre acteurs ayant des conceptions différentes des dispositifs, instruments et procédures à déployer, mais aussi des « publics prioritaires » à « cibler ». Alors que la pluralité des institutions et organisations mobilisées peut poser des problèmes de coordination, ces dispositifs (ateliers santé ville, contrats locaux de santé, plans locaux de santé, centres de santé, forums citoyens, manifestations et concertations publiques en santé, etc.) constituent le point de rencontre entre des professionnels appartenant à des segments et des mondes sociaux différents, mondes correspondant à autant de discours et de pratiques spécifiques. Pourquoi et comment s’expriment ces préférences ? Quels sont les dispositifs ou techniques utilisés ? Comment se diffusent les nouvelles normes et conduites ainsi promues ? Quelles sont les professions impactées par le développement de nouveaux référentiels d’action publique ? Quels registres de justification ces différents acteurs mettent-ils en avant ?

 

3.    

Publics et effets

Ces interventions s’adressent donc à divers publics que cible l’action publique et sur lesquels les contributions sont également invitées à mettre l’accent. Elles pourront ainsi s’attacher à mettre en évidence les processus d’appropriation, de détournement ou d’évitement de l’imposition des normes du gouvernement urbain des corps observés chez les publics prioritairement visés. Dans quelle mesure, en particulier, ces derniers cherchent-ils à résister à l’action publique ainsi instituée et parviennent-ils à le faire ? En tenant compte des objectifs visés, des dispositifs mis en œuvre et des réactions des populations concernées, les propositions pourront enfin analyser dans quelle mesure, dans un contexte bien souvent contraint budgétairement, cette action publique locale contribue à réduire, à renforcer ou à déplacer les inégalités sociales et territoriales en matière de santé, d’accès aux soins et, plus généralement, de qualité de vie et de bien-être.

 

Les propositions peuvent intégrer les acquis de la sociologie, de la science politique, de l’anthropologie, de la géographie et de l’histoire, en s’intéressant à la situation contemporaine ou en privilégiant la longue période. Les terrains investis peuvent porter sur le cas français, ou le dépasser pour prendre en considération des contextes étrangers, et engager des analyses internationales comparées. La revue accueille également des notes critiques s’inscrivant dans le thème du dossier.

 

Les articles, de 50 000 signes maximum (espaces, notes et bibliographie compris) et les notes critiques, de 30 000 signes maximum, sont accompagnés de 5 mots-clés et d’un résumé de 150 mots (en français et en anglais). Ils doivent parvenir pour le 2 octobre 2017 sous forme électronique aux coordinateurs du numéro aux adresses suivantes :

- Marina Honta                      marina.honta@u-bordeaux.fr

- Jean-Charles Basson            jean-charles.basson@univ-tlse3.fr

- Milena Jaksic                        milenajaksic@gmail.com

- Olivier Le Noé                      olivier.le_noe@u-paris10.fr

 

Les consignes relatives à la mise en forme des manuscrits sont consultables sur le site de la revue : http://tt.hypotheses.org/consignes-aux-contributeurs/mise-en-forme

 

terrains & travaux accueille par ailleurs des articles hors dossier thématique (50 000 signes maximum), qui doivent être envoyés à :

   

Hovig Ter Minassian            hovig.terminassian@univ-tours.fr

   

Vinciane Zabban                  vinciane.zabban@gmail.com

 

AAC Régulations, Marchés, Santé

L’anthropologie et la sociologie ont commencé à s’intéresser aux spécialités pharmaceutiques industrielles en Afrique au début des années 1980 à travers les travaux fondateurs de Sjaak Van der Geest et Susan Reynolds Whyte. Ces chercheurs, interpellés par la présence de ces médicaments jusque dans les villages les plus reculés, se sont d’abord attachés à analyser leurs modes de distribution et leurs usages, en lien avec les législations et les normes biomédicales. Trente-cinq ans plus tard, ce champ de recherche s’est largement développé sous des influences issues notamment de l’économie, de l’histoire et de la sociologie des sciences et des techniques ; les travaux de chercheurs africains et d’autres continents se sont multipliés. Ce développement s’est aussi construit en lien avec les crises de santé publique touchant l’Afrique (sida, persistance du paludisme, pénuries alimentaires, récente crise Ebola) mais également avec les enjeux politiques et commerciaux que cristallise le médicament (modification de la géographie mondiale du médicament et des influences géopolitiques, concurrence entre multinationales d’origine occidentale et firmes des pays « émergents », développement de la recherche clinique sur le continent).

Grâce à ce colloque international, nous souhaitons discuter des multiples enjeux qui entourent aujourd’hui le médicament en Afrique, considérant notamment les marchés qu’il suscite, les acteurs politiques et économiques qu’il mobilise, les instruments de régulation, de contrôle et de maîtrise de la concurrence qu’il génère, les modalités de prise en charge sanitaire au centre desquelles il est placé, et finalement les modes de consommation dont il est l’objet de la part des individus, sans oublier l’adaptation des médecines « traditionnelles » aux évolutions des modèles économiques. La régulation, dans son acception large de normes législatives, biomédicales, techniques ou commerciales, effectivement à l’œuvre, apparaît transversale à ces questions et sera donc largement considérée.

Nous attendons des propositions de communication entrant dans les sept thèmes présentés ci-dessous et basées sur des études récentes. Elles pourront être issues de sciences sociales (anthropologie, sociologie, droit, histoire, économie, géographie, sciences politiques) et des sciences biomédicales et pharmaceutiques. Bien que l’Afrique soit au centre de nos questionnements, des communications portant sur des études menées dans d’autres continents seront prises en considération, en fonction de leurs liens avec l’Afrique ou de questions spécifiques qui pourraient éclairer les situations en cours dans les pays africains.

  1. Les marchés du médicament, entre santé publique et commerce : Diverses catégories d’acteurs sont impliquées dans le fonctionnement des marchés pharmaceutiques, qu’ils soient grossistes, détaillants, pharmaciens ou hommes d’affaires, liés aux firmes pharmaceutiques ou aux distributeurs. Leurs logiques commerciales et/ou de santé publique, la hiérarchie des marchés dans lesquels ils interviennent (subventionnés, privés, informels, urbains, ruraux) ainsi que le choix des produits qu’ils proposent (médicaments génériques, de marque, innovants ou non), demandent à être décryptés. La mobilité des acteurs et celle des produits qu’ils transportent, dans les pays et par-delà les frontières (circulations avec les pays « émergents », ceux du « Nord » mais aussi entre pays africains), doivent être étudiées. La question du monopole pharmaceutique (qu’il soit professionnel, celui du pharmacien, ou de distribution, à travers la seule officine de pharmacie), diversement considérée dans les législations nationales, ainsi que celle de la formation des différents acteurs, seront aussi posées.
  2. La construction des appareils politiques nationaux et régionaux, entre dépendance et dynamiques de réappropriation du pouvoir : Le fonctionnement du système pharmaceutique des différents pays apparaît largement influencé par des acteurs « transnationaux » (fondations, agences internationales, coopérations bilatérales et multilatérales, firmes pharmaceutiques, etc.), surtout dans le cas des médicaments utilisés contre les maladies dites prioritaires (sida, paludisme, tuberculose). Ces acteurs agissent sur les mécanismes de distribution pharmaceutique ainsi que sur les normes de régulation et de contrôle des marchés (autorisation de mise sur le marché, tests de contrôle qualité, structuration des autorités nationales de régulation, développement des compétences professionnelles et techniques). Face à ces influences et à travers ces mêmes normes, outils et mécanismes, les acteurs nationaux et régionaux (institutionnels, universitaires, professionnels, acteurs économiques, etc.) tentent diversement de (re)prendre la maîtrise des situations. Ces interactions et jeux de pouvoir entre acteurs nationaux et transnationaux demandent à être analysées.
  3. Enjeux et relance de la production locale en Afrique : Il est nécessaire de discuter l’histoire de la production locale dans différents pays, particulièrement au lendemain des indépendances nationales et jusqu’à la période actuelle d’effervescence des unions régionales, pour relancer ou développer des sites et des firmes de production locale. Des multinationales affichent aujourd’hui des politiques de « production locale » pour s’implanter sur des « marchés émergents ». Cette production locale peut concerner des firmes publiques, des firmes mobilisant les capitaux privés de grossistes ou de pharmaciens nationaux, et depuis une vingtaine d’années, des investissements directs ou des joint-ventures de firmes indiennes ou chinoises. On s’intéressera à ces diverses configurations de production locale et également aux controverses portant sur leur viabilité, tant sur le plan des coûts de production que sur celui des standards de fabrication et de qualité.
  4. Le médicament au centre des systèmes de santé : Dans les pays, une offre de soins biomédicale variée, relevant des secteurs public, privé, confessionnel, associatif et informel, est proposée aux malades. Le médicament est un élément central de cette offre, révélateur des types de soins proposés ainsi que des relations entre soignants et soignés. Les recommandations d’utilisation au niveau national et international, comme les modalités de prescription au niveau micro-social, apparaissent très informatives. L’approche dite « communautaire », à travers l’implication de « relais de santé », mérite aussi d’être questionnée. Il est aussi important de s’interroger sur l’impact des mécanismes de prise en charge des dépenses de santé (Couverture Maladie Universelle, assurances privées, communautaires). L’accessibilité et la disponibilité des médicaments mais aussi les modalités de la supervision des soins par des professionnels de la biomédecine et de la pharmacie seront au cœur des réflexions.
  5. Une consommation pharmaceutique sous influences : On questionnera les usages pharmaceutiques au croisement des subjectivités et des situations sociales des consommateurs, des prescripteurs médicaux et pharmaciens, ainsi que de la construction des marchés par les laboratoires industriels, les distributeurs et leurs représentants. Il peut s’agir de consommations suivant des objectifs de santé curatifs mais aussi préventifs, de maintien de la santé et/ou de dépassement des possibilités corporelles et psychiques. On envisagera les perceptions populaires dont les médicaments sont l’objet, en termes d’effets attendus (désirables ou indésirables) et de qualité, ainsi que les acteurs qui les influencent. A ce sujet, le consommateur peut être perçu tantôt comme autonome et responsable, tantôt comme particulièrement vulnérable. La sécurité des médicaments disponibles et la question de leurs effets iatrogènes, qui s’exprime dans l’espace public africain essentiellement via des scandales sanitaires limités aux pays du Nord, seront également documentées et discutées, de même que la mise en place de systèmes de pharmacovigilance.
  6. L’expansion des essais cliniques : Les essais thérapeutiques se multiplient en Afrique pour des raisons économiques (coûts réduits, émergence d’un marché de la recherche clinique), stratégiques (essais de traitements adaptés aux contextes socio-écologiques) et épidémiologiques (lutte contre les maladies infectieuses). Des populations vulnérables sont de plus en plus concernées (enfants, femmes enceintes, minorités) et de nouveaux domaines (essais de prévention, de dispositifs sanitaires, d’outils diagnostiques auto-administrés) ou formes de protocoles (multi-sites, adaptatifs, inclus dans des observatoires, interventionnels) étendent le champ de la recherche clinique en Afrique. Quelles sont les conditions de régulation de ces essais, de leurs modalités contractuelles, des comités d’éthique qui les évaluent, de leurs liens avec les systèmes de santé ? Les enjeux éthiques de ces études et les choix opérés vis-à-vis des participants et concernant la « valeur sociale » de la recherche, ouvrent de vastes domaines de recherche en sciences sociales qui seront explorés.
  7. La standardisation des médicaments « traditionnels », entre nature, science et commerce : Longtemps circonscrits aux marges des systèmes de santé, les médicaments issus des médecines « traditionnelles » en constituent aujourd’hui une véritable caractéristique. Contrairement aux médecines dont ils sont issus qui individualisent les remèdes, leur mode de production de masse et standardisé tend à simplifier et à dépersonnaliser l’acte de soin, voire à éliminer le rôle du thérapeute. Ces transformations coïncident tout à fait avec les besoins du marché. Les enjeux qu’elles suscitent, y compris technologiques, ainsi que leurs spécificités dans différents pays et au sujet de différents types de produits demandent à être discutés. La dimension « naturelle » des médecines « traditionnelles », qu’elles soient africaines ou d’autres continents, exerce un pouvoir de séduction remarquable et facilite leur entrée dans le marché mondial des médecines alternatives. Cette dimension sera également interrogée.

Modalités de soumission

Les propositions de 2000-3000 signes (300-400 mots) sont attendues au plus tard pour

le 30 avril 2017

Indiquez-le ou les thèmes dont elles relèvent plus particulièrement. Les soumissions de communications sont à faire sur la page internet (onglet 'Déposer') : https://globalmed.sciencesconf.org/

Une première version écrite de la communication (confidentielle aux comités du colloque), de 30 000 signes maximum, sera attendue pour la fin de l’année 2017. A la suite du colloque, ces communications pourront faire l’objet de publications dans des Actes en ligne, dans un ouvrage et/ou un numéro de revue (sélection sur critères scientifiques).

Remarque : Si ce n’est déjà fait, vous devez créer votre compte sur le site avant de soumettre votre proposition. En cas de problème ou pour solliciter des informations supplémentaires, vous pouvez contacter Charlie Marquis (globalmed-charlie@sciencesconf.org).

Comité scientifique

  • Daniel Kojo Arhinful (NMIMR UGL, Ghana),
  • Carine Baxerres (MERIT IRD, France),
  • Laurent Brutus (DMG UN, France),
  • Eve Bureau-Point (MERIT IRD, France),
  • Maurice Cassier (CERMES3 CNRS, France),
  • Alice Desclaux (TransVIHMI IRD, France),
  • Marc Egrot (MIVEGEC IRD - UAO, Côte d’Ivoire),
  • Habib Ganfon (FSS UAC, Bénin),
  • Claudie Haxaire (CERMES3 UBO, France),
  • Roch Houngnihin (DSA UAC, Bénin),
  • Adolphe Kpatchavi (DSA UAC, Bénin),
  • Jean-Yves Le Hesran (MERIT IRD – CERPAGE, Bénin),
  • Stéphanie Mahamé (UAC-EHESS, Bénin),
  • Maxima Missodey (NMIMR UGL, Ghana),
  • Sandrine Musso (CNE AMU, France),
  • Laurent Pordié (CERMES3 CNRS, France),
  • Jessica Pourraz (EHESS, France),
  • Mathieu Quet (CEPED IRD - CSSP, Inde),
  • Kelley Sams (CNE, France),
  • Kodjo Senah (DS UGL, Ghana)

AAC Approches socio-économiques de la sexualité - Lille - 12-13 octobre 2017

Appel à communications

Colloque « Approches socio-économiques de la sexualité »

12-13 octobre 2017, Lille

 

Argumentaire

La sexualité est une forme d’échange social qui relève à la fois du symbolique, du politique, du juridique, mais aussi – et c’est ce qui nous intéresse ici – de l’économique. Au cours des dernières décennies, les sciences sociales de la sexualité se sont emparées de catégories issues des sciences économiques. Elles ont par exemple envisagé la prostitution ou la pornographie comme des activités productives, faisant l’objet d’évaluations et donnant lieu à des formes de valorisation monétaire (Dahinden et al., 2010 ; Tabet, 1987 ; Trachman, 2013). Certains auteurs ont par ailleurs forgé des concepts comme ceux d’« échanges économico-sexuels » (Tabet, 2004), de « capital érotique » (Hakim, 2011) ou de « champ sexuel » (Green, 2013 ; Illouz, 2012), lesquels ont ensuite donné lieu à des prolongements et discussions (Broqua, Dechamps, 2014 ; Combessie, Mayer, 2013). Cependant, des expressions comme celles de « marché matrimonial » ou « industrie du sexe », tout en pouvant être heuristiques, s’apparentent davantage à des métaphores plus ou moins bien contrôlées qu’à des notions aux définitions robustes (Boyer, 2003 ; Mathieu, 2012). Sous l’influence des catégories profanes peu problématisées, certaines approches sont par ailleurs saturées de jugements moraux implicites (Rubin, 1984), autour du caractère corrupteur de l’argent en matière de sexe et de la marchandisation des désirs et des passions, réduisant du même coup la portée des analyses. On peut faire l’hypothèse que l’absence de réflexion sur ces notions est liée au faible nombre de travaux de sociologie économique sur le thème, malgré la place centrale qu’occupe la sexualité dans la société (Illouz, 2006).

Si quelques ouvrages récents consacrent des développements à la question (Steiner, Trespeuch, 2014) ou interrogent la place de la sexualité et de l’érotisme dans la pensée de Max Weber (Lallement, 2013), que l’on peut considérer comme l’un des pères de la sociologie économique, l’économie de la sexualité est absente des principaux ouvrages de synthèse (par exemple, Smelser, Swedberg, 1994 ; Steiner, Vatin, 2009). Les activités liées à la sexualité représentent pourtant une part non négligeable de la production de valeurs, tout en étant rarement comptabilisées dans le produit intérieur brut. Ce constat invite la sociologie économique et la socio-économie à s’emparer de l’objet pour alimenter certaines problématiques classiques autour du travail, de la production, de la valeur, de la régulation, etc. Il nous semble par ailleurs que l’objet peut contribuer à enrichir les approches récentes autour de la marchandisation du corps humain et des résistances à cette dynamique (Almeling, 2007 ; Trompette, 2008 ; Healy, 2010 ; Steiner, Trespeuch, 2014).

Ce colloque vise à discuter des travaux en sciences sociales qui examinent les rapports entre la sexualité et l’économie. Les travaux pourront appréhender leur objet à travers plusieurs angles :

-         Travail et travailleurs. En quoi une activité liée à la sexualité, qu’elle soit rémunérée ou non, relève-t-elle de la catégorie « travail » ? De quel type de travail s’agit-il ? Quels sont les acteurs individuels et collectifs contribuant aux dynamiques de professionnalisation ? Quels sont les effets du développement des nouvelles technologies (notamment de celles liées au web) sur le travail et l’emploi ?

-         Le marché comme métaphore et comme réalité. Si selon la définition canonique un marché suppose l’existence d’un prix, comment interpréter l’utilisation de la notion pour analyser les relations matrimoniales ? Plus généralement, qu’apporte l’utilisation métaphorique de cette notion à la compréhension de l’économie de la sexualité ? Si l’on peut à juste titrer considérer certaines activités sexuelles (prostitution, sites internet de rencontre, production de contenus pornographiques, sex shops, etc.) à travers ce prisme, quelles sont les spécificités de ces marchés – souvent contestés et parfois illégaux – par rapport aux autres activités économiques ?

-         Valeurs, prix et rémunérations dans les activités liées à la sexualité. Comment sont fixés les prix des marchandises et services liés à la sexualité ? Quels sont les normes, règles ou cadrages des dispositions (fantasme, ambiance, etc.) contribuant aux logiques de valorisation des activités sexuelles, notamment sur Internet ? En quoi l’économie de la qualité et des singularités (Karpik, 2007) et la sociologie de la valuation (Vatin, 2009) peuvent-elles contribuer à l’analyse des échanges économico-sexuels ?

-         Morales économiques et régulation de la sexualité. En quoi la régulation de la sexualité (taxation particulière sur la pornographie, absence de nomenclature dédiée à la prostitution dans les PCS, etc.) et la non prise en compte de certaines activités sexuelles dans la comptabilité nationale sont-ils des révélateurs de la morale économique de l’Etat ? Les dynamiques de légalisation et d’interdiction des activités liées au sexe reflètent-elles la « morale » de la société ou résultent-elles de la mobilisation d’entrepreneurs de morale et des jeux d’acteurs au sein des institutions étatiques ?

La liste de questions et les thématiques proposées n’ont évidemment nullement vocation à être exhaustives. De même, cet appel à communications n’est pas restrictif quant aux périodes historiques et aux aires géographiques étudiées.

 

 

Cet événement scientifique se tiendra à Lille, les 12 et 13 octobre 2017. Chacune des sessions sera discutée par un chercheur membre du comité scientifique.

Les propositions de communication de 5 000 signes maximum sont à envoyer à Pierre Brasseur (brasseurph@gmail.com) et Jean Finez (jeanfinez@hotmail.comau plus tard le 2 mai 2017. Elles devront comporter le titre de la communication, le statut et l’institution de rattachement du communicant, une adresse email ainsi qu’un résumé exposant la question traitée. Il est demandé aux auteurs d’attacher une importance particulière à la présentation de leur méthodologie et de leur terrain. Les propositions seront évaluées anonymement par les membres du comité scientifique. Afin de préparer au mieux les sessions, les communicants devront envoyer un texte (environ 50 000 signes) pour le 1er septembre qui servira de support aux échanges.

A l'issue du colloque un appel à articles pour un dossier « économies et sexualités » sera diffusé par la Revue française de socio-économie. Les contributions seront traitées selon les règles de la revue

 

Calendrier

·      2 mai 2017 : Date limite pour la proposition des communications

·      Fin mai 2017 : Réponse aux auteurs

·      1er septembre 2017 : Envoi des communications

·      12-13 octobre 2017 : Colloque

 

Comité d’organisation : Pierre Brasseur (CLERSE, Université Lille 1), Jean Finez (CLERSE, Université Lille 1)

Comité scientifique : Marie Bergström (Institut national d’études démographiques), Gilles Chantraine (CLERSE, Université Lille 1), Baptiste Coulmont (CRESPPA, Université Paris 8 Saint-Denis), Catherine Deschamps (SOPHIAPOL, Université Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense), Fabien Eloire (CLERSE, Université Lille 1), Florence Jany-Catrice (CLERSE, Université Lille 1), Sidonie Naulin (PACTE, Sciences Po Grenoble), Lilian Mathieu (CNRS, Centre Max Weber, ENS de Lyon), Gwenola Ricordeau (CLERSE, Université Lille 1), Philippe Steiner (GEMASS, Université Paris-Sorbonne), Mathieu Trachman (Institut national d’études démographiques), Pascale Trompette (CNRS, PACTE, Université Grenoble Alpes).

 

Soutiens institutionnels

·      Association Française de Sociologie (AFS) : réseaux thématiques « Sociologie économique » (RT12) et « Recherches en sciences sociales sur la sexualité » (RT28)

·      Centre Lillois d’Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques (CLERSE)

·      Université de Lille – Sciences et Technologies

·      Maison Européenne des Sciences de l'Homme et de la Société (MESHS, Lille Nord de France) et Région Hauts-de-France

 

 

* * *

 

Bibliographie indicative

ALMELING Rene, 2007. « Selling genes, selling gender: egg agencies, sperm banks, and the medical market in genetic material », American Sociological Review, 72(3), p. 319-340.

BECKER Gary, 1991. A Treatise on the Family, Cambridge, Harvard University Press.

BERGSTROM Marie, 2013. « La loi du supermarché ? Sites de rencontres et représentations de l’amour », Ethnologie française, 43, 3, p. 433-442.

BERNSTEIN Elizabeth, 2007. Temporarily Yours. Intimacy, Authenticity and the Commerce of Sex, Chicago and London, University of Chicago Press.

BLOCK Walter, 1976. Defending the Undefendable: the Pimp, Prostitute, Scab, Slumlord, Libeler, Moneylender, and other Scapegoats in the Rogue's Gallery of American Society, New York, Fleet Press Corporation.

BOURDIEU Pierre, 1972. « Les stratégies matrimoniales dans le système de reproduction », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 27, p. 1105-­1127.

BOYER Robert, 2003. « L'anthropologie économique de Pierre Bourdieu », Actes de la recherche en sciences sociales, 150, p. 65-78.

BROQUA Christophe, DESCHAMPS Catherine (dir.), 2014, L’échange économico-sexuel, Paris, EHESS.

CHAKER Saloua, 2003. « Entreprise ‘nor-mâle’ cherche femme pour production de contenus à valeur ajoutée. Ethnographie d’une société de messageries rose », Travailler, 9(1), p. 133-161.

CHAPKIS Wendy, 1997. Live Sex Acts. Women Performing Erotic Labor, New York, Routledge.

COMBESSIE Philippe, MAYER Sybilla (dir.), « Sexualités négociées », Ethnologie française, n° 3, juillet 2013.

COULMONT Baptiste, 2014. « Police économique : le petit commerce pornographique sous l'œil de la police, 1965-1971 », Regards croisés sur l'économie, 14, p. 25-37.

COULMONT Baptiste, ROCA ORTIZ Irene, 2007. Sex-shops. Une histoire française, Paris, Dilecta.

DAHINDEN Janine, HERTZ Ellen, LIEBER Marylène (dir.), 2010. Cachez ce travail que je ne saurais voir. Ethnographies du travail du sexe, Paris, Editions Antipodes.

DESROSIÈRES Alain, 1978. « Marché matrimonial et structure des classes sociales », Actes de la recherche en sciences sociales, 20, p. 97-­107.

DUDASH Tawnya, 1997. « Peepshow Feminism », in NAGLE Jill (ed.), Whores and Other Feminists, New York, Routledge, p. 98-118.

EDWARDS Susan, 2004. « Selling the body, keeping the soul: sexuality, power, and the theories and realities of prostitution », in SCOTT Sue, MORGAN David (dir.), Body Matters: Essay on the Sociology of the Body, London, The Falmer Press, p. 89-104.

GREEN Adam Isaiah, 2013. Sexual Fields: Toward a Sociology of Collective Sexual Life, Chicago, University of Chicago Press.

HAKIM Catherine, 2011. Erotic Capital. London, Allen Lane.

HEALY Kieran, 2010. Last Best Gifts: Altruism and the Market for Human Blood and Organs, Chicago, University of Chicago Press.

HOCHSCHILD Russell Arlie, 1983. The Managed Heart. Commercialization of Human Feeling, Berkeley, University of California Press.

ILLOUZ Eva, 2006, Les sentiments du capitalisme, Paris, Le Seuil.

ILLOUZ Eva, 2012, Pourquoi l’amour fait mal. L’expérience amoureuse dans la modernité, Paris, Le Seuil.

KARPIK Lucien, 2007. L’économie des singularités, Paris, Gallimard.

LALLEMENT Michel, 2013. Tensions majeures. Max Weber, l’économie, l’érotisme, Paris, Gallimard.

MATHIEU Lilian, 2012. « De l’objectivation à l’émotion. La mobilisation des chiffres dans le mouvement abolitionniste contemporain », Mots. Les langages du politique, 100. URL : http://mots.revues.org/20989

PRASAD Monica, 1999. « The morality of market exchange: Love, money, and contractual justice », Sociological Perspectives, 42, 2, p. 181-213.

PRICE-GLYNN Kim, 2010, Strip Club: Gender, Power, and Sex Work, New York, New York University Press.

ROUX Sébastien, 2011, No Money, No HoneyEconomies intimes du tourisme sexuel en Thaïlande, Paris, La Découverte.

RUBIN Gayle, [1984] 2010. « Penser le sexe. Pour une théorie radicale de la politique de la sexualité », in Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe, Paris, Epel, p. 135-210.

RUBIN Gayle, 1975. « The traffic in women: Notes on the "political economy" of sex », in Rayna R. REITER (ed.), Toward an Anthropology of Women, New York, Monthly Review Press, p. 157-210.

SENDER Katherine, 2004. Business, Not Politics. The Making of a Gay Market, New York, Columbia University Press.

SMELSER Neil, SWEDBERG Richard, 1994. Handbook of Economic Sociology, Princeton, Princeton University Press.

STEINER Philippe, TRESPEUCH Marie (dir.), 2014. Marchés contestés. Quand le marché rencontre la morale, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail.

STEINER Philippe, VATIN François (dir.), 2009. Traité de sociologie économique, Paris, PUF.

STORR Merl, 2003. Latex and Lingerie. Shopping for Pleasure at Ann Summers, Oxford/New York, Berg.

TABET Paola, 1987. « Du don au tarif. Les relations sexuelles impliquant une compensation », Les Temps modernes, 490, p. 1-53.

TABET Paola, 2004. La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel, Paris, L’Harmattan.

TRACHMAN, Mathieu, 2013. Le travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes, Paris, La Découverte.

TROMPETTE Pascale, 2008. Le marché des défunts, Paris, Presses de Sciences Po.

VATIN François (dir.), 2009. Evaluer et valoriser. Une sociologie économique de la mesure, Toulouse, Presses universitaires du Mirail.

WEBER Florence, 2000. « Transactions marchandes, échanges rituels, relations personnelles. Une ethnographie économique après le Grand Partage », Genèses, 41, p. 85-107.

WEITZER Ronald, 2000. Sex for Sale: Prostitution, Pornography and the Sex Industry, New York, Routledge.

 

ZELIZER Viviana, 2005. The Purchase of Intimacy, Princeton/Oxford, Princeton University Press.

"Les démocraties libérales à l'épreuve des migrations contemporaines: politiques de la frontière et réactions sociales"

Appel à contributions pour un dossier de la revue

Sciences et Actions Sociales à paraître à l’automne 2017.

 

Les démocraties libérales à l’épreuve des migrations contemporaines :

politiques de la frontière et réactions sociales

 

Coordination :

 

Mohamed Belqasmi, Attaché de recherche, Laboratoire d’Étude et de Recherche Sociales/IRTS-IDS Normandie, doctorant en sociologie URMIS - Université Côte d’azur

 

Jocelyne Streiff-Fénart, Directrice de recherche émérite, Unité de Recherche Migrations et Société (CNRS UMR 8245 - IRD UMR 205) - Université Côte d’Azur

Catherine Wihtol De Wenden, Directrice de recherche émérite, Centre de Recherches Internationales (CNRS UMR 7050) - Sciences Po

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

 

Claire Lagu

Assistante de Mission recherche et internationa

Laboratoire d'etude et de recherches Sociales (LERS)

Téléphone: 02.32.83.25.51

RT 21 - Réception des propositions de communication: date limite 18 mars

Nous vous informons que le Réseau thématique "Mouvements sociaux" (RT21) de l'Association française de sociologie (AFS) accepte les dernières propositions de communication jusqu'au 18 mars 2017  pour le congrès de l’AFS qui se tiendra à Amiens du 3 au 6 juillet 2017.

 

Quatre axes d’intervention vous sont proposés :

 

-       Grands projets inutiles et imposés (autour des ZAD ou d’autres projets)

-       Devenir acteur par la parole

-       Internet dans la transformation des mouvements sociaux contemporains

-       Justice et mouvements sociaux : aspirations et perceptions égalitaires ? (co-organisé avec le RT 44)

 

Une session sera également réservée aux communications dont l’objet se situe hors de ces thèmes. Toute proposition est donc la bienvenue.

 

Les propositions de communication (une demi-page) sont à envoyer aux DEUX adresses mail suivantes :

 

Geoffrey.Pleyers@uclouvain.be

 

didier.le-saout@univ-paris8.fr

 

Bien cordialement

 

Geoffrey Pleyers & Didier Le Saout

AAC : Ethnographies et Engagements

Argumentaire

 


 

Depuis ses débuts disciplinaires, l’ethnographie a « matière à faire » avec l’engagement ; que ce soit dans l’accompagnement historique de la phase de colonisation, dans la critique portée à son encontre ou dans la lecture des phénomènes postcoloniaux. Mais c’est aussi dans sa façon particulière d’accéder à la connaissance et aux savoirs que l’engagement est au centre de l’ethnographie, entendu au sens d’un mode d’élaboration du savoir par la transformation du visible en texte, une « écriture du voir » (Laplantine, 2005). Dans la pratique ethnographique, l’engagement se décline au moins de deux façons : nous retiendrons ici les engagements de l’ethnographie ou de l’ethnographe, en questionnant dans quelle mesure cette pratique engage le chercheur ou sa discipline, et les ethnographies de l’engagement, en interrogeant les façons dont les chercheurs ont étudié des pratiques et des discours qualifiés d’engagés. Les tensions entre ces régimes de l’engagement (Thévenot, 2006) sont elles-mêmes constitutives d’étapes marquant l’ethnologie et l’ethnologue comme le montre Vincent Debaene (2010).

 

 Ainsi l’engagement  se retrouve exprimé dans l’ensemble des phases de l’ethnographie (Cefaï, 2011). Les modalités de cet engagement interrogent la pratique scientifique et académique ainsi que le rôle social du chercheur en revisitant, voire en remettant en question, le concept de « neutralité axiologique » forgé par Max Weber (Brohm, 2004 ; Naudier & Simonet, 2011). C’est souvent en cela que l’engagement dans la pratique scientifique fait débat (Molénat, 2006), poussant généralement à la mise en place d’une dialectique entre l’engagement et la distanciation (Elias, 1993 ; Fassin, 1999) ou l’immersion et le décentrement (Laplantine, 2005).

 

Si le statut scientifique de l’ethnographie a donc pu être discuté et remis en question, une rigueur scientifique propre aux démarches qualitatives et ethnographiques est dorénavant défendue (Olivier de Sardan, 2014). Et la réflexivité grandissante des chercheurs offre de multiples voies de restitution sur les engagements des chercheur·e·s dans la pratique ethnographique (Ghasarian, 2004 ; Cefai, 2011 ; Naudier & Simonet, 2011 ; Laurens et Neyrat, 2010) qui participe du processus de légitimation de ces recherches.

 

 Au plan des disciplines, les recherches sur l’engagement, ses modalités et ses régimes (Bidet, 2011, Thévenot, 2006) ont alimenté nombre de travaux en anthropologie, en sociologie, en STAPS, en sciences de gestion, en arts et esthétique. Ainsi, ces manières de produire de la connaissance via l’engagement des chercheurs sur leur terrain, est d’autant plus spécifique qu’elle touche bien souvent des objets, groupes, cadres sociaux qui nécessitent de « se donner » pour y avoir accès.  Pour le dire autrement, les choix de terrains a priori difficiles d’accès, sont souvent en lien avec des groupes engagés… Que ce soit l’étude des rapports ethniques dans des temps forts de la mondialisation, ou des ethnographies sur des terrains sensibles (Bouillon, Fresia et Tallio, 2005) voire « minés » (Albéra, 2001), des travaux où le corps est mis en jeu, voire en péril (Wacquant 2000), l’engagement chercheur/objet est toujours, en pareil cas, un thème central de l’ethnographie proposée.

 

Au final, la question fondatrice de ce colloque est d’une certaine manière de savoir s’il existe véritablement une ethnographie sans engagement tant il semble consubstantiel à l’esprit même de la démarche. Ce colloque propose donc de mettre en lumière les multiples modalités de l’engagement selon les phases et les temporalités de l’ethnographie, selon les disciplines et les pratiques, selon l’expérience des chercheur.e.s et selon les terrains.

 

La question de l’engagement dans la pratique ethnographique questionne ainsi non seulement les frontières du savoir (processus de productions et de valorisation de la connaissance) mais aussi l’autonomie des chercheur.e.s au regard des divers rapports de pouvoir que suscite une activité scientifique, et des enjeux sociaux multiples, notamment liés à la vie de la cité (Cefaï, 2011). Afin d’organiser ces débats dans des contributions et sessions du colloque, trois axes de travail sont proposés.

 

 

 

Axe 1 : L’engagement au regard des disciplines

 

Les pratiques ethnographiques s’étant largement déclinées selon plusieurs disciplines (Barthélémy, Combessie, Fournier & Monjaret, 2014), la définition de l’engagement nécessite d’être clarifiée en fonction des disciplines, des objets de recherche et des conceptions et pratiques de l’ethnographie. A ce titre, l’anthropologie, la sociologie, les sciences du sport,  et les sciences de gestion ont construit des rapports historiques différents avec l’ethnographie. Mais au sein des sciences humaines et sociales et qui plus est en complémentarité ou confrontation avec les sciences exactes, biologiques ou médicales, le choix de l’ethnographie comme méthode d’appréhension de la réalité peut constituer déjà en soi un engagement du chercheur.

 

Il est donc proposé dans cet axe de questionner la pratique ethnographique comme  un engagement dans les différents environnements disciplinaires, au sein des différentes formes de savoirs scientifiques et dans la confrontation avec la demande sociale.

 

Dans quelle mesure cette pratique a-t-elle encore besoin d’être légitimée et défendue ? Comment cette pratique s’inscrit dans l’histoire des différentes disciplines ? Comment cet engagement ethnographique traduit des tensions ou des complémentarités intra/ inter disciplinaires et des rapports de pouvoir avec des pratiques plus dominantes ?

 

 

 

Axe 2 : Les engagements dans la pratique ethnographique

 

L’engagement peut être également considéré comme un moteur de la recherche, stimulant le chercheur dans ses choix d’étude, dans sa façon de pratiquer l’ethnographie ou dans sa façon de valoriser son travail. En cela l’engagement sur un terrain et auprès de groupes sociaux ressemble parfois à une vocation qu’épouse l’ethnographe dans son apprentissage du terrain, et permet de relire les trajectoires de figures emblématiques de l’ethnographie (Tillion, 2000). C’est à ce niveau que l’on pourra noter aussi la place grandissante que la question du droit occupe dans l’exercice du métier de l’anthropologue ou du sociologue. La proximité avec son terrain et sa connaissance approfondie peuvent l’amener à témoigner en justice en faveur de celles et ceux qu’ils étudient ou pour la défense de leurs causes (Atlani-Duault et Dufoix, 2014). Comment gérer cette nouvelle place du monde judiciaire et juridique dans les recherches de terrain ?  Comment éviter que le juridique n’empiète sur le scientifique ?

 

Les analyses réflexives sur les parcours ethnographiques pourront apporter ici une stimulante épaisseur expérientielle. Seront notamment appréciées les analyses présentant (et partageant) les « bricolages », les « méthodes et ficelles », proposés par les chercheurs afin d’apporter des solutions concrètes à des problèmes récurrents en ethnographie.

 

Comment gérer le processus d’élaboration et de construction du terrain ? Quelles sont les influences des dispositifs méthodologiques mis en place dans les configurations de la recherche ? Comment gérer les engagements des parties prenantes de l’ethnographie (modalités de financements, liens avec les institutions etc.) ? Jusqu’où aller dans l’engagement existentiel nécessaire à l’intégration et l’immersion dans un terrain ? Comment respecter les engagements du chercheur envers le terrain et ses acteurs  lors de la phase académique de restitution et de publication ? Comment protéger la fonction sociale du chercheur ? Quelles démarches (qualités, compétences, dispositions) éthiques mettre en place dans le processus de recherche pour assumer ces/ses engagements ?

 

 

 

Axe 3 : Les terrains privilégiés de l’engagement

 

Ce dernier axe interroge les postures éthiques et réflexives de l’engagement des chercheur·e·s qui s’avèrent particulièrement importantes pour certains objets et certains terrains de recherche et ce autant au niveau des engagements de l’ethnographe que des ethnographies de l’engagement. Il accueillera ainsi les contributions centrées sur les multiples manières de concilier l’approche ethnographique nécessairement distanciée et l’engagement (aux côtés) des acteurs. Il s’agit donc d’inventorier ces terrains en analysant les régimes et les formes de l’engagementmobilisés tant du côté des chercheur·e·s que du côté des acteurs et actrices sociaux étudiés. Nous proposons d’aborder ces terrains sensibles en identifiant et analysant des situations et des configurations historiques, sociales, politiques ou économiques singulières où l’engagement est propice, voire nécessaire. Par choix ou par enclicage (Olivier de Sardan, 1995) inhérent à toute pratique ethnographique, les chercheur.e.s sont ainsi exposé.e.s à des enjeux moraux, politiques, économico-scientifiques.

 

Quels sont les risques et les dangers auxquels sont confrontés les ethnographes (conflits, crédibilités, poursuites judiciaires, intégrité physique et morale…) ? Comment se différencient-ils selon les rapports de genre, ethniques et de classe imbriqués dans lesquels les chercheur·e·s sont pris ? Les engagements intensifient-ils nécessairement ces risques ? Comment les ethnographes affrontent-ils, détournent ou résolvent-ils ces difficultés et ces contraintes ? Comment construire l’approche ethnographique dans de tels contextes ? Comment réagir face à l’amplification de certains risques pour les personnes étudiées par la seule présence du chercheur ? Comment comprendre et analyser les différentes formes d’engagement en terrain difficile ou à fort enjeux sociaux et politiques ?

 

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Références

 


 

 

 

Albéra D. (2001), « Terrains minés », Ethnologie Française, 1(31) : 5-13

 

Atlani-Duault, L., Dufoix, S. (2014), « Les sciences sociales saisies par la justice », Socio, 3, septembre : 9-47

 

Barthélémy, T., Combessie, Ph., Fournier L.S. & A. Monjaret, (2014), Ethnographies plurielles. Déclinaisons selon les disciplines, ed. CTHS, SEF, 296 p.

 

Bidet, A. (2011), L’engagement dans le travail. Qu’est-ce que le vrai boulot?, Paris, Puf, « Le lien social », 416 p.

 

Bouillon, F., Fresia, M., et Tallio, V. (éd.) (2005), Terrains sensibles, Expériences actuelles de l’anthropologie, éd. EHESS-CEAF, Paris

 

Brohm J-M. (2004), « Sociologie critique et critique de la sociologie », Education et sociétés, no 13, p. 71-84.

 

Céfaï, D. (dir.), (2010), L’engagement ethnographique. Paris, Editions de l’EHESS

 

Debaene, V. (2010), L’adieu au voyage. L’ethnologie française entre science et littérature. Paris, Gallimard.

 

Elias, N., (1993 [1983]). Engagement et distanciation : Contributions à la sociologie de la connaissance, ed Fayard,

 

Fassin, D. (1999),  « L’anthropologie entre engagement et distanciation. Essai de sociologie des recherches en sciences sociales sur le sida en Afrique In C. Becker, J-P., Dozon, C. Obbo & M. Touré (eds), Vivre et penser le sida en Afrique. Experiencing and understanding AIDS in Africa, Paris, Codesria, Karthala, IRD : 41-66.

 

Ghasarian, C. (éd.) (2004), De l’ethnographie à l’anthropologie réflexive. Paris : Armand Colin.

 

Laplantine, F. (2005) La description ethnographique, Paris, Armand Collin

 

Laurens, S., Neyrat, F. (2010), Enquêter de quel droit ? Menaces sur l’enquête en sciences sociales, Editions du Croquant.

 

Naudier, D. & M. Simonet (eds), (2011), Des sociologues sans qualités ? Pratiques de recherche et engagements, La Découverte

 

Olivier de Sardan J-P. (1995), « La politique du terrain », Enquête, n°1

 

Thévenot, L. (2006). L'action au pluriel. Sociologie des régimes d'engagement, par Laurent Coll. Textes à l'appui-Politique et société, éd. La Découverte, 2006, 312 p.

 

Tillion, G. (2000), Il était une fois l’ethnographie, Paris, Seuil.

 

 

 

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Modalités de soumission

 


 

Le dépôt des communications s'effectue directement sur ce site Internet, dans l'onglet "Dépots" :

https://engagementsef17.sciencesconf.org/submission/submit

 

  • Soumission d'une communication (date-limite : 30 mai 2017)
    La proposition de communication doit se composer d'un titre, d'un résumé de 3 000 signes maximum (bibliographie incluse) et de mots-clés.

 

  • Soumission d'un résumé détaillé (pour les communications sélectionnées - date-limite : 15 octobre 2017)
    Le résumé détaillé doit se composer de 10 000 signes maximum (bibliographie incluse). Il est destiné à la publication numérique d'actes en amont du colloque.

 

En plus de la publication d'actes numériques pour le colloque, les meilleures communications donneront lieu à la publication d'un ouvrage collectif ainsi qu'à des numéros dédiés de revues spécialisées.

 

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Principales échéances

 


 

31 mars 2017

Ouverture des inscriptions au colloque

30 mai 2017

Date limite de soumission des communications

15 juillet 2017

Notification aux auteurs

15 octobre 2017

Date limite d’envoi de la version finale des résumés détaillés

20 octobre 2017
Clôture des inscriptions

8 novembre 2017

Séminaire doctorale interdisciplinaire d'ethnographie
"Réflexivité et pratique ethnographique"

9 & 10 novembre 2017 Colloque Ethnographies et engagements

 

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Comité scientifique

 


 

Au 6 mars 2017

 

  • Dominique DESJEUX (Université Paris Descartes)
  • Delphine DION (ESSEC Business School)
  • Marie-Luce GELARD (Université Paris Descartes)
  • Christian GHASARIAN (Université de Neufchâtel, Suisse)
  • François LAPLANTINE (Université Lyon 2)
  • Anne MARCELLINI (Université de Lausanne)
  • Philippe ROBERT-DEMONTROND (Université Rennes 1)
  • Bastien SOULE (Université Claude Bernard Lyon 1)

 

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Comité d'organisation

 


 

Marie Cheree BELLENGER (CETAPS) / Baptiste CLERET (NIMEC) / Patrice COHEN (DySoLab) / Boris COLLET (NIMEC) / Camille COUVRY (DysoLab) / Christophe DAUM (DySoLab) / François FELIU (DySoLab) / Claire FRANCOIS (NIMEC) / Ghislaine GALLENGA (SEF) / Renaud GARCIA-BARDIDIA (NIMEC) / Aurélie GUALDO (SEF) / Kenza GUENNOUN (NIMEC) / Zoé HALLER (DySoLab) / Coralie LALLEMAND (NIMEC) / Yann LE BIHAN (SEF) / Betty LEFEVRE (CETAPS) / Elise LEMERCIER (DySoLab) / Mélanie MESAPEZZA (DySoLab) / Ellie MEVEL (DySoLab) / Anne MONJARET (SEF) / Lucie NAYAK (SEF) / Frédéric NEYRAT (DySoLab) / Elise PALOMARES (DySoLab) / Eric REMY (NIMEC) / Pascal ROLAND (CETAPS) / Olivier SIROST (CETAPS) / Magali SIZORN (CETAPS) / Maïlys TORCHE (NIMEC) / Younes VAN PRAET (DySoLab)

 

 

 

Coordinateurs

Patrice COHEN (DySoLab) / Anne MONJARET (SEF) / Eric REMY (NIMEC) / Olivier SIROST (CETAPS)

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Espaces publics et citoyenneté. La dimension politique des rapports en public

L'appel à communications, ouvert jusqu'au 20 mars 2017, vise l'organisation d'un colloque à l'EHESS les 8 et 9 juin 2017, avec le soutien du Labex Tepsis. Nous attendons des propositions posant la question de la dimension politique des rapports en public : comment la vie et les rencontres en public manifestent-elles et mettent-elles au travail un certain « esprit public » ? Qu’il s’agisse ddéfinir les formes pertinentes de la catégorisatiomutuelle et les conduites justes et appropriées, ou de lutter contre les discriminations, l’étude de la démocratie  comme  forme  de  vie nous semble en effet requérir dprendre au sérieux les épreuves du côtoiement en public. Cet appel à communication est ouvert  à  tout  travail  de  recherche  frayant  une  telle  voie  d’approche  des  expériences  ordinaires  du politique à partir d’investigations empiriques qui devront être au cœur du propos.

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