Appels à communications, à articles...

AAC La politique de l'action sociale

Appel à communication pour la revue Sciences et Actions Sociales n°11

 « La politique de l'action sociale »

Sylvain Beck, Docteur en sociologie, Post-doctorant associé au laboratoire GEMASS (UMR CNRS/Paris-Sorbonne), Formateur permanent au Centre de formation Saint-Honoré (Paris, 19è).

Didier Lapeyronnie, Professeur de sociologie, Paris-Sorbonne Université, membre du laboratoire GEMASS (UMR CNRS/Paris-Sorbonne).

   

            Ce dossier se propose de considérer les dimensions politiques de l'action sociale. Dans un contexte d'accroissement de la pauvreté, des inégalités et des discriminations, il s'agit de mettre en évidence les formes que prend l'engagement politique dans le travail social et l'intervention sociale en explorant la responsabilité et l’activité politique des professionnels, des intervenants bénévoles, des associations, des collectivités territoriales et de l'État face à la question sociale. Qu’elles soient institutionnalisées ou non, la recherche porte sur la finalité vers laquelle ces formes multiples d’engagement convergent. Ce dossier sera ainsi consacré à l'engagement politique dans et par le travail social, au sens le plus large possible, qu'il soit salarié ou bénévole, professionnel ou non, militant, politique ou citoyen. Par quels moyens les intervenants et travailleurs sociaux agissent-ils sur les lieux de pouvoir pour transformer la société ? Quels sont les rapports entre l'intervention sociale et l'implication politique traditionnelle ? Comment l'action sociale parvient-elle à créer des espaces communs de manière formelle et informelle ? Par exemple, l'éducation spécialisée n'est pas tant considérée ici en tant que pédagogie, mais au sens d'action politique sous-tendue par une philosophie politique sur fond démocratique. D'une certaine manière, elle peut être considérée comme la transmission d'expériences pour créer de nouvelles expériences communes dans une société démocratique (Dewey, 2011 [1916]). Cette philosophie politique peut être considérée comme un « effort conscient, cohérent et acharné pour remplacer les opinions sur les principes de la politique par une connaissance » (Strauss, 1992 [1959], p. 18). Mais il s'agit de considérer plus largement l'action sociale comme une action politique. S'il est essentiel de mettre en mouvement une philosophie entre éthique, croyances et connaissances, le travail social trouve sa finalité dans des formes d'action, sachant que « toute action politique cherche soit à conserver, soit à changer » (Strauss, 1992 [1959], p. 15). Or, quelles formes d'engagement politique peut revêtir l'action sociale ? En tant que corps intermédiaire entre des politiques sociales, à la fois contraignantes et protectrices, et des personnes vulnérables qu'ils accompagnent, les travailleurs sociaux fondent leur profession dans ces espaces interstitiels entre individu et société sur un territoire. Il s'agit donc de repérer ces espaces dans l'action sociale, ainsi que les marges de manœuvre dont les travailleurs sociaux disposent et ceux qu'ils construisent, notamment à travers la traduction entre des mondes sociaux qui tendent à s'éloigner les uns des autres.

            Cet appel à contribution cherche à explorer les formes de l'engagement politique que prennent le travail social et l'intervention sociale au niveau individuel et collectif. En effet, par un certain désengagement de l'État, les politiques publiques d'inspiration néo-libérale placent de plus en plus les institutions sociales et médico-sociales sur un marché concurrentiel (Chauvière, 2008). Pourtant, si la finalité des travailleurs sociaux reste de réduire les inégalités sociales par l'accompagnement personnalisé d'individus marginalisés, elle consiste moins aujourd’hui à renforcer l’intégration sociale qu’à fabriquer des acteurs. Dans ce contexte, le développement de formes de pouvoir d'agir, qu'il s'agisse de développer des capabilités (Nussbaum, 2012), par l'économie sociale et solidaire (Laville, 1999) ou le développement de l'empowerment (Bacqué et Biewener, 2013), contribuent à ce type d'action. Mais comment éviter les glissements sémantiques du pouvoir d'agir et de l'entrepreneuriat social dans un contexte néo-libéral ? Le pouvoir peut se situer dans des lieux variables, qu'on le considère dans les mains d'une oligarchie (Dardot et Laval, 2016) ou se dispersant dans des formes de déterritorialisation entre pouvoir politique et pouvoir économique, ou dans des réseaux transnationaux, religieux, économiques, éducatifs, culturels, des grandes familles, des réseaux terroristes, etc. (Badie et Vidal, 2016).

            Peut-on considérer l'engagement politique comme une révolte individuelle par la recherche de la mesure (Camus, 1951) ? Ou au contraire, l'engagement doit-il être considéré uniquement comme une forme d'action collective (Havard Duclos, Nicoud, 2005) ? Qu'en est-il de l'engagement comme éthique dans une continuité de soi en dépit du changement (Ricoeur, 1990) ? Dans une puissance d'agir au travail par une éthique de proximité (Roche, 2016) ? Ou par une éthique de l'accompagnement (Depenne, 2017) ? Le travail social se situe dans ces espaces intermédiaires entre les personnes vulnérables, marginales ou précaires, et les institutions. Comment les travailleurs sociaux investissent-ils ou non politiquement ces espaces et utilisent-ils leur capacité d'action pour réduire les inégalités sociales tout en travaillant à la formation d’acteurs ? Quelle est la place de l'expérience des personnes accompagnées dans le champ de l'action sociale ? Quelle est la place des bénévoles et leur rapport aux professionnels ? Comment se crée un « imaginaire » politique dans l'intervention sociale pour transformer la représentation d'une société qui tend vers une compétition généralisée (Dardot et Laval, 2016) ?

            Quelles sont les réponses apportées par les acteurs de terrain, en termes d'imaginaires et de remise en question des pratiques pour répondre à l'idéologie gestionnaire (De Gaulejac, 2005) ? Il s'agit de mettre en évidence des expériences d'activité politique radicale, non seulement comme manière de travailler, mais aussi comme façon d'agir, notamment par des pratiques réflexives (Gouldner, 1970). Peut ainsi être interrogée la relation à l'autre, non seulement dans la fonction professionnelle mais aussi comme éthique prenant toutes les formes de la vie personnelle et professionnelle des acteurs du social. Les contributions qui articuleront réflexion éthique et action intéresseront particulièrement ce dossier.

             Les articles de ce dossier se focaliseront sur les formes que prend l'engagement politique dans l'action sociale à partir d'initiatives individuelles et collectives, en précisant les ressorts de l'action en termes de pouvoir, de territoire et en mettant en évidence les efforts et les tentatives qui visent à redonner une signification politique à l’action ou à l’intervention sociales, à refonder un imaginaire politique dans une démarche éthique. Les articles sur des théories nouvelles, les comptes rendus d'actions intelligentes, les recherches action et les actions de recherche seront les bienvenus. Les propositions seront retenues en fonction de leur caractère innovant, la rigueur de leur méthode, la qualité de la description des actions menées et la précision du degré de généralisation de la connaissance apportée. Les approches comparatistes (comparaisons internationales ou entre différents champs d'action) seront privilégiées dans la mesure où elles éclairent la thématique en présentant différents types d'action sur un même territoire ou des actions similaires sur des territoires différents.

Quatre axes orienteront la perspective du dossier afin de mettre en évidence les formes d'engagement politique en termes d'effort et de réflexivité :

Axe 1 : La réflexivité en pratique

Comment la réflexivité permet-elle de mettre du sens sur les pratiques de l'action sociale ? Il s'agit de montrer la dimension concrète de la réflexivité dans la mesure où elle transforme l'action. Considérant que l'objectif de l'action sociale n'est plus d'intégrer les populations vulnérables dans une perspective assimilationniste, mais de les aider à se constituer comme des acteurs à part entière, de leur vie d’individu comme de citoyen. Comment les intervenants sociaux fabriquent-ils du politique, tant dans une forme concrète que dans une forme symbolique ?

Axe 2 : Le rapport au politique et aux institutions

Il s'agit de présenter les rapports des intervenants et travailleurs sociaux avec les représentants politiques et institutionnels. Comment communiquent-ils ? Quelle place occupent-ils dans l'espace public ? Quelle place donnent-ils aux personnes accompagnées ? Comment en parlent-ils et parviennent-ils à traduire le vécu de ces personnes et dans quels espaces médiatiques ? Où et comment parlent-ils de leurs pratiques bénévoles et professionnelles ?

Axe 3 : Les pratiques hors champ de l'action sociale

Comment l'action sociale s'inscrit-elle dans des espaces déterritorialisés ou dématérialisés comme Internet ou les pratiques transnationales ? Les nouvelles technologies ont accéléré notre rapport à l'espace et au temps et intensifié nos réseaux de relation en multipliant les possibilités d'interactions. Les réseaux terroristes se sont emparés de ces outils pour endoctriner des adolescents. Dans ce contexte concurrentiel, comment les travailleurs sociaux inscrivent-ils leur action dans une démarche réflexive autour de ces questions ? Dans quel cadre et quels moyens mettent-ils en place pour aller vers les personnes, notamment les jeunes à travers les réseaux sociaux numériques ? Comment font-ils le lien entre la relation avec les personnes et les usages d'Internet ? Par exemple, il serait intéressant de s'interroger sur la possibilité ou non d'instaurer une relation éducative dématérialisée à travers les réseaux sociaux numériques. Dans l'accompagnement des populations migrantes ou des descendants d'immigrés, comment est considéré le pays d'origine dans les pratiques d'accompagnement et d'intervention ? L'imaginaire du pays d'origine, la nostalgie associée, les retours au pays, temporaires ou définitifs avec parfois des formes de co-développement, ou les circulations migratoires des migrants sur plusieurs sites, font de la question migratoire un thème déterritorialisé, car transnational, peu pris en compte par les politiques sociales. Comment l'action sociale prend-elle en compte les effets de déterritorialisation de ces pratiques transnationales ?

Bibliographie

Agrikoliansky Éric (2001),« Carrières militantes, et vocation à la morale : les militants de la Ligue des droits de l'homme dans les années 1980 », Revue française de science politique, 51année, n°1-2, p=. 27-46.

Bacqué Marie-Hélène et Biewener Carole (2013), L'empowerment, une pratique émancipatrice, Paris, La Découverte.

Badie Bertrand, Vidal Dominique (2016), Qui gouverne le monde ? L'état du monde 2017, Paris, La Découverte.

Boucher Manuel (2015), « Introduction », Sciences et actions sociales [en ligne], N°1 | 2015, mis en ligne le 16 avril 2015.

Camus Albert (1951), L'Homme révolté, Paris, Gallimard.

Castel Robert (1995), Les métamorphoses de la question sociale, Paris, Seuil.

Castel Robert (2009), La montée des incertitudes. Travail, protections, statut de l'individu, Paris, Seuil.

Castoriadis Cornélius (1975), L'institution imaginaire de la société, Paris, Seuil.

Chaffote Maxime (2014), « Comment repolitiser le travail des éducateurs spécialisés ? », 4 octobre [http://mouvements.info/comment-repolitiser-le-travail-des-educateurs-specialises/].

Chauvière Michel (2008), Trop de gestion tue le social, Paris, La Découverte.

Dardot Pierre, Laval Christian (2016), Ce cauchemar qui n'en finit plus. Comment le néo-libéralisme défait la démocratie, Paris, La Découverte.

De Gaulejac Vincent (2005), La société malade de la gestion, Paris, Seuil.

Gaulejac Vincent de, Taboada Léonetti Isabel (1994), La lutte des places. Insertion et désinsertion, Paris, Desclée de Brouwer.

Dewey John (2011 [1916]), Démocratie et éducation, Paris, Armand Colin, p. 79-453

Dewey John (1938), Experience & Éducation, New York, Collier Books.

Dubet François (2002), Le déclin de l'institution, Paris, Seuil.

Dubois Chloé (2016), « Les travailleurs sociaux dénoncent la libéralisation du secteur », Politis, 20 juin [http://www.politis.fr/articles/2016/06/les-travailleurs-sociaux-denoncent-la-liberalisation-du-secteur-34948/ ].

Olivier Fillieule, Mayer Nonna (2001), « Devenirs militants. Introduction », Revue française de science politique,Vol. 51, n° 1, p. 19-25.

Gouldner Alvin W. (1970), The Coming Crisis of Western Sociology, London, Heinemann.

Havard Duclos Bénédicte, Nicourd Sandrine (2005a), Pourquoi s'engager ? Bénévoles et militants dans les associations de solidarité, Paris, Payot.

Havard Duclos Bénédicte, Nicourd Sandrine (2005b) « Le bénévolat n'est pas le résultat d'une volonté individuelle », Pensée plurielle,Vol. 1, n° 9, p. 61-73.

Hély Matthieu (2008), « À travail égal, salaire inégal : ce que travailler dans le secteur associatif veut dire », Sociétés contemporaines, Vol. 1 n° 69, p. 125-147.

Ion Jacques (1997), La fin des militants ?, Paris, Éditions ouvrières.

Laville Jean-Louis (1999), Une troisième voie pour le travail, Paris, Desclée de Brouwer.

Le Goff Jean-Louis (2014), « La réflexivité dans les dispositifs d’accompagnement : implication, engagement ou injonction ? », revue ¿ Interrogations ?, n° 19. Implication et réflexivité – II. Tenir une double posture, décembre  [en ligne].

Nicourd Sandrine (2007), « Les engagements ont-ils vraiment changé ? », Sociologies pratiques,Vol. 2, n° 15, p. 1-5.

Nicourd Sandrine (2008), « Qui s'engage aujourd'hui ? Regards sociologiques sur la participation », Informations sociales,Vol. 1, n° 145, p. 102-111.

Nussbaum Martha (2010), Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle ?, Paris, Flammarion.

Nussbaum Martha (2011, 2012 pour la trad. française), Capabilités. Comment créer les conditions d'un monde plus juste ?, Paris, Flammarion.

Popper Karl (2005 [1945]), The Open Society and Its Enemies, London/New York, Routledge.

Ricoeur Paul (1990), Soi-même comme un autre, Paris, Seuil.

Roche Pierre (2016), La puissance d'agir au travail. Recherches et interventions cliniques, Toulouse, Érès, coll. « Sociologie clinique ».

Simonet Maud (2010), Le travail bénévole. Engagement citoyen ou travail gratuit ?, Paris, La Dispute, coll. « Travail et salariat ».

Strauss Leo (1992 [1959]), Qu'est-ce que la philosophie politique ?, Paris, PUF.

***

Procédure d'évaluation des propositions de contribution

En lien avec la ligne éditoriale de la revue (voir présentation de la revue), les textes proposés doivent être originaux et ne pas avoir déjà fait l'objet d'une publication dans des revues. Néanmoins, à la condition qu'il demande l'accord préalable à la revue Sciences & Actions Sociales, l'auteur d'un article dans la revue SAS peut publier son article dans un ouvrage ou des actes de colloque à la condition de citer la source de première publication, c'est-à-dire la revue SAS.

Les propositions de contribution doivent respecter les recommandations aux auteurs présentées dans la rubrique : « proposer un article ». Ces propositions doivent être envoyées par courrier électronique au format .doc ou rtf à l'adresse suivante : redaction@sas-revue.org au plus tard le 4 juin 2018. Un accusé de réception est alors adressé en retour. Les textes font l'objet d'une évaluation anonyme par trois lecteurs désignés au sein des comités de rédaction et scientifiques de la revue. Sur la base de leurs évaluations, après une discussion de l'article au sein du comité de rédaction, une décision collective est prise : accepté en l'état, accepté avec modifications mineures, accepté sous réserve de modifications majeures, refusé. Cette décision est transmise à l'auteur par la revue SAS au maximum trois mois après la réception de la proposition de l'article.

Calendrier de l'appel à contributions

Les propositions d'articles sont à envoyer à redaction@sas-revue.org au plus tard le 4 juin 2018.
Les retours aux auteurs sont prévus pour le 10 septembre 2018 pour une publication dans le numéro d'octobre 2018.

Appel également consultable en ligne sur le site de la Revue Sciences et Actions Sociales : http://www.sas-revue.org/appels-thematiques/19-appels-a-contribution/appels-thematiques/127-appel-thematique-n-8

 

AAC - JE doctorale RT13

Le RT13 (sociologie du droit et de la justice) organise sa troisième journée d'étude à destination des doctorant.e.s,  qui aura lieu le le lundi 26 mars sur le site Pouchet (Paris, 17e) .

Soutenue par le Cresppa-CSU, cette journée a pour objet d'aider les doctorant.e.s traitant un objet juridique ou judiciaire dans la conception de leur enquête et/ou à problématiser et à mettre en forme leurs résultats au regard de la littérature en sociologie du droit et de la justice.

L'appel à communications se trouve en pièce jointe, ainsi que sur le carnet du RT13 : https://droitscisoc.hypotheses.org/471

Les propositions de communication devront être envoyées avant le lundi 8 janvier  à Kathia Barbier (kathia.barbier@free.fr).

Fichier attaché: 

Colloque "Le vivant dans la transition écologique"

Chers-es Collègues, 

Merci de prendre connaissance de cet appel à communication
pour un colloque intitulé "le vivant dans la transition socioécologique",
qui se tiendra à Rennes fin juin 2018



Le vivant dans la transition socioécologique :

De sa mise en débat à sa mise en recherche

 

Une lecture des sciences sociales de l’environnement

Rennes 20-22 juin 2018 // http://transvivant.sciencesconf.org // ou piece jointe associée

                                                                                  

L'appel à communication est ouvert jusqu'au 15 décembre 2017.

Au plaisir de vous retrouver lors de cet évènement

"Le vivant dans la transition écologique: De sa mise en débat à sa mise en recherche"

 

Le vivant dans la transition socioécologique :

 

De sa mise en débat à sa mise en recherche

  

Une lecture des sciences sociales de l’environnement

 

Rennes 20-22 juin 2018 // http://transvivant.sciencesconf.org

 

L'appel à communication est ouvert jusqu'au 15 décembre 2017.

 

Au plaisir de vous retrouver lors de cet évènement
 We are pleased to announce the coming conference
titled "the living in the socioecoloical transition",
wich be held in Rennes, France, june 2018 
 

 

The living in the socioecological transition

 

from social controversies to research practices

 

Contributions of Environmental social sciences  

 

Rennes, France, 20-22 june 2018 // http://transvivant.sciencesconf.org

 

                                                                                  

 

The call for abstract is open until December 15, 2017 
We look forward to seeing you at this event
 Cordialement / Best Regards
Philippe Boudes and Véronique Van Tilbeurgh
-- 
Agrocampus Ouest & UMR CNRS Espaces et Sociétés
Réseau Français de Sociologie de l'Environnement
French network on environmental sociology
+33 (0)2 23 48 56 78
 Dernières publications : 
-Boudes, Ph., 2017, Changement social et écologie : Ou en est la modernisation écologique ?,
 Socio-logos, 12, [en ligne] https://socio-logos.revues.org/3142
-Grannec, M.-L., Boudes, Ph., Ramonet, Y., Salinas, M., Selmi, A., 2017, Déterminants sociaux des conflits locaux liés aux élevages porcins,
 Economie Rurale, 357-358 : 57-71, [en ligne] https://economierurale.revues.org/5120
-Boudes, Ph. et S. Glatron, 2016, Les citadins et leur rapport à la nature en ville : entre environnementalisme et territorialisation,
 Revue des Sciences Sociales, n°55, pp. 20-31
-Boudes, Ph. et C. Darrot, 2016, Biens publics. Construction économique et registres sociaux,
 Revue de la Régulation, [En ligne], 19 | 2016, regulation.revues.org/11805

 

« Normes et usages de la ville : Quand les pratiques sociales interrogent les modalités de production urbaine."

                                                                        Appel à communications

                                                                   Journée doctorale du RT9-AFS

                                                                « Normes et usages de la ville :

               Quand les pratiques sociales interrogent les modalités de production urbaine. »

                                                                   Vendredi 16 Février 2018 (8e édition)

 

École d’Architecture Paris Val de Seine, Paris

 

Réseau Thématique 9 de l’Association Française de Sociologie

 

Sociologie de l’urbain et des territoires

 

Cette journée est ouverte à tou-te-s les doctorant-e-s – et les docteur.e.s – intéressé-e-s par les dimensions territoriales et urbaines des études sociologiques, quel que soit leur objet de recherche et l’état d’avancement de leur thèse. Elle est organisée par le bureau des doctorants et docteurs du Réseau Thématique « Sociologie de l’urbain et des territoires » (RT9) de l’Association Française de Sociologie.

 

 Les propositions de communication sont attendues pour le 30 Novembre 2017 à l’adresse suivante : atelierdoctorantsrt9@gmail.com

 

Informations pratiques :

 

Pas de frais d’inscription.

 

Les pauses café et déjeuners sont pris en charge. Les frais d’hébergement et de déplacement sont à la charge des intervenant-e-s.

 

Les communications seront réalisées en français.

 

Pour plus de renseignements, nous vous invitons à contacter le comité d’organisation : atelierdoctorantsrt9@gmail.com

 

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"Ecole, migration, itinérance: regards croisés"

 

Bonjour,

Nous relayons ci-joint, un appel à communications pour le colloque international « École, migration, itinérance : regards croisés », qui aura lieu les 5 et 6 avril 2018 à l’INS HEA (Suresnes). 

Date limite de réception des propositions : 15 novembre 2017. 

 

Bien cordialement,

 

 

 

Fichier attaché: 

Travail et emploi à l'ère du capitalisme de plateforme

TRAVAIL ET EMPLOI À L’ÈRE DU CAPITALISME DE PLATEFORME

5 ET 6 JUIN 2018 - PARIS, UNIVERSITÉ PARIS DAUPHINE
 

APPEL À COMMUNICATIONS

Date limite de proposition de communication : 27 octobre 2017

 
 
Bienvenue sur le site du premier colloque international organisé par le programme de recherche Capla, "Fragmentation du travail, marchandisation du "travail à ...

 
 

 

Le débat sur les nouvelles formes de travail et d’emploi prend aujourd’hui une ampleur considérable. Pour nombre d’observateurs et de journalistes, les sociétés occidentales seraient en voie d’« ubérisation », néologisme dérivé du nom de la désormais célèbre plateforme de mise en relation de chauffeurs privés et de particuliers usagers. L’entreprise Uber symbolise en effet l’émergence d’un capitalisme de plateforme, qui bousculerait tant l’organisation collective du travail que les formes d’emploi. Derrière le cas d’Uber se profile plus largement un nouveau modèle économique dans lequel des entreprises ayant la forme de  plateformes numériques jouent le rôle d’intermédiaires entre clients et prestataires de service, ainsi qu’entre demandeurs et offreurs de travail. Au-delà du secteur du transport de personnes, des plateformes se sont ainsi développées dans de multiples domaines, tels que la livraison à domicile (Deliveroo) ou la fourniture de logement (Airbnb). Certains de ces nouveaux acteurs économiques sont devenus en quelques années des firmes multinationales (Airbnb, Uber, etc.), affichant des chiffres d’affaires colossaux, et ont été érigés en emblèmes de la nouvelle économie numérique. Ce colloque international sera consacré à l’analyse des nouvelles pratiques économiques et de travail induites par ces plateformes numériques.

Le programme  de recherche transdisciplinaire CAPLA, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) de 2016 à 2019, se propose d’étudier les effets sociaux du capitalisme de plateforme. Ce colloque sera l’occasion de mettre en perspective les résultats de cette vaste enquête empirique, principalement conduite en France, avec d’autres travaux de sciences sociales portant sur le cas français, mais aussi de donner une large place au dialogue avec des travaux menés dans d’autres pays.

A titre indicatif, les propositions de communication pourront explorer les thèmes suivants :

  • Structuration sociale du capitalisme de plate-forme : Quels sont les profils sociaux de ces nouveaux prestataires de services ? Dans quelles configurations de ressources (compétences professionnelles, capital économique, patrimoine) et de contraintes (difficultés d’accès à l’emploi, vie familiale) proposent-ils leurs services sur ces plateformes ? Par-delà l’idéal de « l’économie collaborative », comment se recomposent les inégalités dans ces nouvelles formes de mise au travail ? Entraînent-elles une nouvelle division internationale du travail ?

  • Marchandisation du « hors travail » : En quoi l’économie numérique redessine-t-elle une nouvelle fois les frontières entre travail professionnel, travail domestique et travail bénévole ? Comment participe-t-elle de la marchandisation d’activités jusque-là exercées hors du cadre du travail légalement rémunéré ? Certaines de ces activités peuvent-elles finir par être reconnues comme du travail ? Dans quelle mesure la marchandisation du « hors travail » peut-elle impulser un processus de professionnalisation ? Quelles en sont les répercussions sur les professions et les métiers existants ? Des processus de normalisation de la qualité des produits ou des services échangés se mettent-ils en place ?

  • Statuts d’emploi et modes de travail : Quelles sont les fonctions exactes exercées par l’intermédiaire ou la plateforme : mise en relation, coordination, contrôle de la qualité ? Par quels canaux et grâce à quels dispositifs la plateforme parvient-elle à organiser le travail ? Quelles en sont les conséquences sur le travail ? Les plateformes participent-elles de sa transformation? Sous quels statuts juridiques ces travailleurs exercent-ils ?

  • Régulations juridiques et politiques des nouveaux acteurs économiques : Comment les pouvoirs économiques, politiques, les juges et les autorités de régulations interviennent-ils pour encadrer et réguler l’activité de ces plates-formes selon les contextes nationaux ? Dans quelle mesure assurent-ils une protection des droits élémentaires des travailleurs ? De quelle protection sociale bénéficient ces travailleurs ? En quoi se différencie-t-elle de celle des salariés ? Quels rôles jouent les instances de protection plus habituelles des travailleurs (syndicats, organisations professionnelles) ? Les travailleurs des plateformes inaugurent-ils des modes de mobilisation spécifiques ?

 

Les communications pourront avoir lieu en français ou en anglais.

 

 

CALENDRIER

 

Les propositions, d’une page et rédigées en français ou en anglais, devront expliciter le thème de la communication, les questions qu’elle propose de traiter, la méthodologie adoptée et le matériau mobilisé.

  • Examen des propositions et retour sur les propositions : 8 janvier 2018.
  • Envoi du support de la communication : 4 mai 2018.

L’accès à la culture en Amérique latine : initiatives populaires et réappropriations politiques

English version below

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  56e Congrès International des Américanistes – Salamanque 2018

Universalité et particularisme dans les Amériques

15-20 juin 2018

 

Axe thématique n°8: Études culturelles

 

Symposium n°08/15: L’accès à la culture en Amérique latine : initiatives populaires et réappropriations politiques

 

Le tournant à gauche des années 2000 en Amérique latine a posé les fondements (théoriques et/ou pratiques) d’un mouvement, d’initiative publique comme populaire, de démocratisation de la culture. A contrario, les gouvernements néo-conservateurs revenus au pouvoir dans les années 2010 semblent inverser la tendance en restreignant une nouvelle fois l’accès à la culture. Ce symposium vise à analyser les relations entre alternance politique et transformations de l’accès à la culture, tout en interrogeant les conditions de cet accès. À cette fin, trois axes sont proposés.

L’axe 1 entend examiner les modalités pratiques d’une inclusion culturelle croissante par la mise en œuvre de politiques publiques dédiées et/ou par la multiplication des initiatives populaires. Comment l’alternance politique influe-t-elle sur l’accès à la culture ? Quels types de politiques publiques ou d’initiatives populaires émergent dans ce cadre ? Comment ?

Dans un contexte général de pénurie des politiques culturelles, l’accès à la culture en Amérique Latine a été traditionnellement le fruit d’initiatives populaires, collectives, associatives, etc. Certains de ces projets ont connu un succès tel qu’ils sont devenus de véritables institutions culturelles nationales. Dès lors émerge la question subséquente de la réappropriation politique de ces initiatives. L’axe 2 prétend donc questionner ces processus de réappropriation et/ou d’institutionnalisation des pratiques culturelles préexistantes. Comment se met en œuvre cette institutionnalisation ? Que signifie-t-elle en termes de pratiques, de représentations sociales et de contrôle de la population ?

L’axe 3, enfin, se centre sur les liens entre pratiques culturelles et mouvements sociaux. Sont-elles un vecteur de rassemblement politique, de diffusion d’idées, de pratiques militantes ? Comment les mouvements sociaux intègrent-ils certaines pratiques culturelles dans leur organisation et leurs modes d’action ?

Les communications s’inscrivant dans toutes les disciplines des sciences sociales sont les bienvenues à partir du moment où elles présentent des analyses et des résultats basés sur des enquêtes empiriques.

 

Informations pratiques importantes :

 

·         Les propositions de communication doivent être envoyées dans l’une des trois langues officielles de l’ICA : anglais, espagnol ou portugais.

·         Les propositions de communication doivent contenir les informations suivantes : nom(s) et prénom(s) des participant.e.s, institution(s) de rattachement et un résumé de deux pages maximum.

·         Les propositions doivent être envoyées pour le 20 octobre 2017.

·         Les propositions doivent être envoyées uniquement via la plateforme web de l’ICA accessible à ce lien : https://www.conftool.pro/ica2018/index.php?page=login

·         Les réponses seront communiquées le 31 octobre 2017.

·         Pour de plus amples informations sur l’ICA : http://ica2018.es/

 

Organisatrices :

 

Maya Collombon (IEP de Lyon, Triangle) : maya.collombon@sciencespo-lyon.fr

Antoinette Kuijlaars (Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber) : antoinettekuijlaars@hotmail.com  

 

Bibliographie

 

Agier, Michel, Anthropologie du carnaval: la ville, la fête et l’Afrique à Bahia, Marseille Paris, Éd. Parenthèses IRD, 2000.

Aldana Cedeno J., « Arte y política. Entre propaganda y resistencia », Anuario colombiano de historia social y de la cultura, vol. 37, n°2, 2010.

Alvarez S., Dagnino E., Escobar A. (dir.), Cultures of politics/politics of cultures: re-visioning Latin American social movements, Boulder (Colo.), Westview press, 1998.

Balasinski J., Mathieu L., Art et contestation, PUR, Rennes, 2006.

Becker H., Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988.

Bourdieu P., La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.

Bourdieu P., Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, 1992.

Bordat E., « De la mobilisation à l’institutionnalisation : une analyse comparative historique des politiques culturelles au Mexique et en Argentine », Pôle Sud, 2014/2, n°41.

Cefaï D., Trom D. (dir.), Les formes de l’action collective, Paris, EHESS, 2001.

Dubois V., La politique culturelle. Genèse d’une catégorie d’intervention publique, Paris, Belin, 1992.

Elias N., Mozart. Sociología de un genio, Barcelona, Península, 1991.

Faure S., Garcia M.-C., Culture hip-hop, jeunes des cités et politiques publiques, Paris, la Dispute, 2005.

Ferreira F., L’invention du carnaval au XIXe siècle: Paris, Nice, Rio de Janeiro, Paris, L’Harmattan, 2014.

Grignon C., Passeron J.-C., Le savant et le populaire: misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1989.

González C., Culture populaire et politique culturelle au Mexique : 1920-2006, Paris, L’Harmattan, 2011.

Helmlinger A., Pan Jumbie: mémoire sociale et musicale dans les steelbands, Trinidad et Tobago, Nanterre, Société d’ethnologie, 2012.

Lagroye J. (dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003.

Levine L. W., Culture d’en haut, culture d’en bas: l’émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis, Paris, La Découverte, 2010.

Vianna H., O mistério do samba, Rio de Janeiro, Zahar, 1995.

 

English version

          56th International Congress of Americanists – Salamanca 2018            

Universality and particularism in the Americas

July, 15th – 20th 2018

 

Thematic Area n°8: Cultural Studies

 

Symposium n°08/15: The Access to Culture in Latin America: Popular Initiatives and Political Reappropriations

 

The turning point to the left in the 2000’s in Latin America laid (theoretically and/or practically) the foundation for a democratization of culture movement, through public such as popular initiative. On the contrary, the neoconservative governments back in power since the 2010’s seem to reverse the trend, restricting once again the access to culture. This symposium aims at analyzing the relations between political alternation and the transformation of the access to culture, while interrogating the conditions to this access. To this end, three focuses are proposed.

The first focus intends to examine the practical modalities of an increasing cultural inclusion through the implementation of dedicated public policies and/or through the multiplication of popular initiatives. How does the political alternation influence the access to culture? What kinds of public policies or popular initiatives appear in that context? How?

In a general context of lack of cultural policies, the access to culture in Latin America has been traditionally the result of popular, collective, associative, etc. initiatives. Some of these projects have known such a success that they have become truly national cultural institutions. Therefore emerges the subsequent question of the political reappropriation of those initiatives. The second focus intends to question those processes of reappropriation and/or institutionalization of preexisting cultural practices. How is this institutionalization implemented? What does it mean in terms of practices, social representations and population control?

Lastly, the third entry focuses on the links between cultural practices and social movements. Are they a vector of political gathering, dissemination of ideas and militant practices? How do social movements integrate some cultural practices in their organization and modes of action?

The communications from all disciplines of social sciences are welcome from the moment they present analysis and results based on empirical research.

 

Important practical information:

 

·         The proposals have to be sent in one of the three official languages of the ICA: English, Spanish or Portuguese.

·         The proposals must contain: names, institutions and an abstract (two pages maximum).

·         The deadline to send the proposals is October, 20th 2017.

·         The proposals have to be sent only via the web platform of the ICA: https://www.conftool.pro/ica2018/index.php?page=login

·         The communication of accepted proposals will occur on October, 31st 2017.

·         For more information about the ICA: http://ica2018.es/

 

Organizers:

 

Maya Collombon (IEP de Lyon, Triangle, France) : maya.collombon@sciencespo-lyon.fr

Antoinette Kuijlaars (Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber, France) : antoinettekuijlaars@hotmail.com  

 


 

Bibliography:

 

Agier, Michel, Anthropologie du carnaval: la ville, la fête et l’Afrique à Bahia, Marseille Paris, Éd. Parenthèses IRD, 2000.

Aldana Cedeno J., « Arte y política. Entre propaganda y resistencia », Anuario colombiano de historia social y de la cultura, vol. 37, n°2, 2010.

Alvarez S., Dagnino E., Escobar A. (dir.), Cultures of politics/politics of cultures: re-visioning Latin American social movements, Boulder (Colo.), Westview press, 1998.

Balasinski J., Mathieu L., Art et contestation, PUR, Rennes, 2006.

Becker H., Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988.

Bourdieu P., La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.

Bourdieu P., Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, 1992.

Bordat E., « De la mobilisation à l’institutionnalisation : une analyse comparative historique des politiques culturelles au Mexique et en Argentine », Pôle Sud, 2014/2, n°41.

Cefaï D., Trom D. (dir.), Les formes de l’action collective, Paris, EHESS, 2001.

Dubois V., La politique culturelle. Genèse d’une catégorie d’intervention publique, Paris, Belin, 1992.

Elias N., Mozart. Sociología de un genio, Barcelona, Península, 1991.

Faure S., Garcia M.-C., Culture hip-hop, jeunes des cités et politiques publiques, Paris, la Dispute, 2005.

Ferreira F., L’invention du carnaval au XIXe siècle: Paris, Nice, Rio de Janeiro, Paris, L’Harmattan, 2014.

Grignon C., Passeron J.-C., Le savant et le populaire: misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1989.

González C., Culture populaire et politique culturelle au Mexique : 1920-2006, Paris, L’Harmattan, 2011.

Helmlinger A., Pan Jumbie: mémoire sociale et musicale dans les steelbands, Trinidad et Tobago, Nanterre, Société d’ethnologie, 2012.

Lagroye J. (dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003.

Levine L. W., Culture d’en haut, culture d’en bas: l’émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis, Paris, La Découverte, 2010.

Vianna H., O mistério do samba, Rio de Janeiro, Zahar, 1995.

Versión en español

56° Congreso Internacional de Americanistas – Salamanca 2018

Universalidad y particularismo en las Américas

15-20 de julio de 2018

 

Eje temático n°8: Estudios culturales

 

Simposio n°08/15: El acceso a la cultura en América Latina: iniciativas populares y reapropiaciones políticas

 

 

El giro a la izquierda de los años 2000 en América Latina ha puesto en marcha los fundamentos teóricos y/o prácticos de un movimiento, de iniciativa pública como popular, de democratización de la cultura. En cambio, los gobiernos neoconservadores que han regresado al poder en los años 2010 parecen invertir la tendencia, restringiendo nuevamente el acceso a la cultura. Este panel intentará analizar las relaciones entre alternancia política y transformaciones del acceso a la cultura, siempre interrogando las condiciones de este acceso.  Con este fín, tres ejes serán propuestos.

El eje 1 pretende examinar las condiciones prácticas de una inclusión cultural creciente con la puesta en marcha de políticas públicas culturales y/o por la multiplicación de las iniciativas populares. ¿Cómo la alternancia política influye sobre el acceso a la cultura? ¿Qué tipo de políticas públicas o de iniciativa popular emergen en este marco? ¿Cómo?

En un contexto general de escasez de políticas culturales, el acceso a la cultura en América Latina ha sido tradicionalmente el fruto de iniciativas populares, colectivas, asociativas, etc. Algunos de estos proyectos han conocido un éxito tal que se han vuelto verdaderas instituciones culturales nacionales. Emerge entonces la reflexión sobre los procesos de reapropiación de esas iniciativas. El eje 2 pretende entonces cuestionar eses procesos de reapropiación y/o de institucionalización de las prácticas culturales preexistentes. ¿Cómo se pone en marcha esta institucionalización? ¿Qué significa en término de prácticas, de representaciones sociales y de control de la población?

En eje 3 se concentra más bien en las relaciones entre prácticas culturales y movimientos sociales. ¿Son ellas vector de afinidad política, de difusión de ideas, de prácticas militantes? ¿Cómo los movimientos sociales integran estas prácticas culturales en su organización y en sus modos de acción?

Las comunicaciones de todas las disciplinas de las ciencias sociales son las bienvenidas con tal que presenten análisis y resultados basados en encuestas empíricas.

 

Informaciones prácticas importantes:

 

·         Las propuestas de comunicación deben ser enviadas en uno de los tres idiomas oficiales del ICA: inglés, español o portugués. 

·         Las propuestas deben llevar las informaciones siguientes: nombre(s) y apellido(s) de l@s ponente(s), institución y un resumen de dos páginas máximo.

·         El plazo para mandar las propuestas es hasta el 20 de octubre de 2017.

·         Las propuestas deben ser enviadas solamente a través de la plataforma web del ICA accesible en este link: https://www.conftool.pro/ica2018/index.php?page=login

·         La información sobre las ponencias aceptadas se hará el 31 de octubre de 2017.

·         Para más informaciones sobre el ICA: http://ica2018.es/

 

Organizadoras:

 

Maya Collombon (IEP de Lyon, Triangle, Francia) : maya.collombon@sciencespo-lyon.fr

Antoinette Kuijlaars (Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber, Francia) : antoinettekuijlaars@hotmail.com  


 

Bibliografia:

 

Agier, Michel, Anthropologie du carnaval: la ville, la fête et l’Afrique à Bahia, Marseille Paris, Éd. Parenthèses IRD, 2000.

Aldana Cedeno J., « Arte y política. Entre propaganda y resistencia », Anuario colombiano de historia social y de la cultura, vol. 37, n°2, 2010.

Alvarez S., Dagnino E., Escobar A. (dir.), Cultures of politics/politics of cultures: re-visioning Latin American social movements, Boulder (Colo.), Westview press, 1998.

Balasinski J., Mathieu L., Art et contestation, PUR, Rennes, 2006.

Becker H., Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988.

Bourdieu P., La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.

Bourdieu P., Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, 1992.

Bordat E., « De la mobilisation à l’institutionnalisation : une analyse comparative historique des politiques culturelles au Mexique et en Argentine », Pôle Sud, 2014/2, n°41.

Cefaï D., Trom D. (dir.), Les formes de l’action collective, Paris, EHESS, 2001.

Dubois V., La politique culturelle. Genèse d’une catégorie d’intervention publique, Paris, Belin, 1992.

Elias N., Mozart. Sociología de un genio, Barcelona, Península, 1991.

Faure S., Garcia M.-C., Culture hip-hop, jeunes des cités et politiques publiques, Paris, la Dispute, 2005.

Ferreira F., L’invention du carnaval au XIXe siècle: Paris, Nice, Rio de Janeiro, Paris, L’Harmattan, 2014.

Grignon C., Passeron J.-C., Le savant et le populaire: misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1989.

González C., Culture populaire et politique culturelle au Mexique : 1920-2006, Paris, L’Harmattan, 2011.

Helmlinger A., Pan Jumbie: mémoire sociale et musicale dans les steelbands, Trinidad et Tobago, Nanterre, Société d’ethnologie, 2012.

Lagroye J. (dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003.

Levine L. W., Culture d’en haut, culture d’en bas: l’émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis, Paris, La Découverte, 2010.

Vianna H., O mistério do samba, Rio de Janeiro, Zahar, 1995.

Versão em português

   56° Congresso Internacional de Americanistas – Salamanca 2018 

Universalidade e particularismo nas Américas

15-20 de julho de 2018

 

Eixo temático n°8 : Estudos culturais

 

Simpósio n°08/15 : O acesso à cultura na América latina : iniciativas populares e reappropriações políticas

 

A viragem à esquerda dos anos 2000 na América latina fundou (em teoria e/ou em prática) um movimento de democratização da cultura, de iniciativa pública como popular. A contrario, os governos neoconservadores voltando ao poder desde os anos 2010 parecem inverter a tendência, restringindo novamente o acesso à cultura. Este simpósio tem como objetivo analisar as relações entre alternância política e transformações do acesso à cultura, questionando as condições desse acesso. Para esse efeito, três eixos são propostos.

O eixo 1 entende examinar as modalidades práticas de uma inclusão cultural crescente pela implementação de políticas públicas dedicadas e/ou pela multiplicação das iniciativas populares. Como a alternância política afeta o acesso à cultura? Quais tipos de políticas públicas ou de iniciativas populares surgem neste contexto? Como?

Em um contexto geral de penúria das políticas culturais, o acesso à cultura na América latina foi tradicionalmente o fruto de iniciativas populares, coletivas, associativas, etc. Certos desses projetos conheceram tal sucesso que se tornaram verdadeiras instituições culturais nacionais. Desde então emerge a questão subsequente da reappropriação política dessas iniciativas. O eixo 2 prentende então questionar estes processos de reappropriação e/ou institucionalização das práticas culturais preexistentes. Como se implementa essa institucionalização? O que ela significa em termos de práticas, representações sociais e controle da população?

O eixo 3, enfim, põe em foco os vínculos entre práticas culturais e movimentos sociais, questionando se elas são um vetor de reunião política, de divulgação de ideias e práticas militantes. Como os movimentos sociais integram certas práticas culturais em sua organização e modalidades de ação?

As comunicações oriundas de todas as disciplinas das ciências sociais são bemvindas a partir do momento em que apresentam análises e resultados baseados em pesquisas empíricas.

 

Informações práticas importantes:

 

·         As propostas de comunicação devem ser enviadas em um dos três idiomas oficiais do ICA : inglês, espanhol ou português.

·         As propostas de comunicação devem conter as informações seguintes: nome(s) e sobrenome(s), instituição e um resumo de duas páginas no máximo.

·         O prazo para mandar as propostas vai até o dia 20 de outubro de 2017.

·         As propostas devem ser mandadas somente através da plataforma web do ICA acessível neste link: https://www.conftool.pro/ica2018/index.php?page=login

·         A divulgação das comunicações aceitas ocorrerá no dia 31 de outubro de 2017.

·         Para mais informações sobre o ICA, acesse o seguinte endereço: http://ica2018.es/

 

Organizadoras:

 

Maya Collombon (IEP de Lyon, Triangle, França) : maya.collombon@sciencespo-lyon.fr

Antoinette Kuijlaars (Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber, França) : antoinettekuijlaars@hotmail.com  

 


 

Bibliografia:

 

Agier, Michel, Anthropologie du carnaval: la ville, la fête et l’Afrique à Bahia, Marseille Paris, Éd. Parenthèses IRD, 2000.

Aldana Cedeno J., « Arte y política. Entre propaganda y resistencia », Anuario colombiano de historia social y de la cultura, vol. 37, n°2, 2010.

Alvarez S., Dagnino E., Escobar A. (dir.), Cultures of politics/politics of cultures: re-visioning Latin American social movements, Boulder (Colo.), Westview press, 1998.

Balasinski J., Mathieu L., Art et contestation, PUR, Rennes, 2006.

Becker H., Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 1988.

Bourdieu P., La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.

Bourdieu P., Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris, Seuil, 1992.

Bordat E., « De la mobilisation à l’institutionnalisation : une analyse comparative historique des politiques culturelles au Mexique et en Argentine », Pôle Sud, 2014/2, n°41.

Cefaï D., Trom D. (dir.), Les formes de l’action collective, Paris, EHESS, 2001.

Dubois V., La politique culturelle. Genèse d’une catégorie d’intervention publique, Paris, Belin, 1992.

Elias N., Mozart. Sociología de un genio, Barcelona, Península, 1991.

Faure S., Garcia M.-C., Culture hip-hop, jeunes des cités et politiques publiques, Paris, la Dispute, 2005.

Ferreira F., L’invention du carnaval au XIXe siècle: Paris, Nice, Rio de Janeiro, Paris, L’Harmattan, 2014.

Grignon C., Passeron J.-C., Le savant et le populaire: misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1989.

González C., Culture populaire et politique culturelle au Mexique : 1920-2006, Paris, L’Harmattan, 2011.

Helmlinger A., Pan Jumbie: mémoire sociale et musicale dans les steelbands, Trinidad et Tobago, Nanterre, Société d’ethnologie, 2012.

Lagroye J. (dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003.

Levine L. W., Culture d’en haut, culture d’en bas: l’émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis, Paris, La Découverte, 2010.

Vianna H., O mistério do samba, Rio de Janeiro, Zahar, 1995.

 

 

 

 

Fichier attaché: 

Appel à communication - Journées internationales de sociologie du travail - Juillet 2018

Les 16èmes Journées internationales de sociologie du travail auront pour thème "Le travail en luttes. Résistances, conflictualités et actions collectives". Cinquante ans après le mouvement de mai 68, ces journées offrent l'occasion de réinterroger d'une part la centralité du travail dans les luttes sociales et d'autre part les transformations des luttes et de leurs enjeux au travail.

Cette édition organisée par le Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Économique - Lise (UMR 3320, Cnam-CNRS) aura lieu au Cnam à Paris du 9 au 11 juillet 2018.

 

L'appel à communication en français figure en PJ. Les propositions de contribution sont attendues avant le 1er novembre 2017.

Pour plus d'informations, voir le site du congrès : https://jist2018.sciencesconf.org/ 

Les sciences humaines et sociales face à l’interdisciplinarité dans les recherches en santé. Pratiques, lieux, enjeux et perspectives

Bonjour,
 
Le colloque « Les sciences humaines et sociales face à l’interdisciplinarité dans les recherches en santé. Pratiques, lieux, enjeux et perspectives » se déroulera les 11 et 12 décembre 2017 à la MSH Paris Nord. L’appel à communications/contributions est ouvert jusqu’au 30 septembre prochain.
Toutes les informations sont disponibles sur le site suivant et en PJ : https://lesshsfacealinterdisciplinariteensante.wordpress.com/
 
Bien cordialement,
Yannick Le Hénaff et Lynda Sifer-Rivière

Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux

Un numéro de la revue Émulations. Revue des jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales, qui paraîtra fin 2018 aux Presses universitaires de Louvain, sera consacré au thème « Précarité, précaires, précariat. Allers-retours internationaux », sous la direction de Adrien Mazières-Vaysse (Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, CNRS-Université Paris 8), Giulia Mensitieri (Laboratoire d’anthropologie urbanités mondialisations, CNRS-EHESS) et Cyprien Tasset (Institut de Recherche Interdisciplinaires sur les enjeux Sociaux, CNRS-EHESS).

 

Modalités de soumission :

Les proposions de contribution d’environ 1 000 mots, ainsi qu’une notice biographique comprenant la discipline et le statut professionnel de chaque (co-)auteur-e de l’article sont à envoyer aux quatre adresses suivantes : adrien.mv@gmail.com, giulia.mensitieri@gmail.com, cyprien.tasset@gmail.com et redac@revue-emulations.net pour le 1eraoût 2017 au plus tard. Les propositions feront l’objet d’une évaluation anonyme. Les contributions définitives (de 25 000 à 30 000 caractères, espaces compris) devront être déposées, au plus tard, le 1er novembre 2017 pour une publication en 2018. Pour les consignes aux auteurs, consultez le document téléchargeable au bas de la page suivante : http://www.revue-emulations.net/appel/devenez-auteur.

Appel à contributions - Ces femmes qui refusent d'enfanter

Appel à contributions

Ces femmes qui refusent d'enfanter. Un choix de vie ?

Journée d’études « Actualité des études de genre », 6 avril 2018 à Dijon.

Centre Georges Chevrier, UMR 7366 (Université de Bourgogne)

Date limite pour envoi des contributions : 1er octobre 2017

Dans les temps plus anciens, le mariage (forme hégémonique de la vie en couple) qui n’était pas fécond était vécu comme un drame pour les époux, subissant la réprobation de l’entourage. Dans la période contemporaine, le phénomène des couples (pas nécessairement unis par les liens du mariage désormais) qui n’engendrent pas de manière volontaire (on laisse bien entendu à part le cas d’une infécondité pathologique ou les femmes qui ne vivent pas en couple) est désormais un phénomène repéré statistiquement. Le refus volontaire d’avoir des enfants constitue un phénomène certes très minoritaire (Enquête Fecond, 2014), chiffré à environ 5 % de la population concernée.

Cette conception d’une vie sans enfant est le fruit d’une évolution à la fois rapide et extrêmement profonde consécutive à la fois de l’émergences des mobilisations féministes dans les années 70 et des progrès continu en matière de contrôle des naissances. La maternité, d’un fatum s’est transformée en l’espace de quelques décennies en un « désir d’enfant », avec la possibilité alternative d’un désir de ne pas en avoir, d’être femme sans être mère. Cette identité s’inscrit dans l’affirmation de choix toujours plus étendus pour les sujets modernes, y compris donc le choix de ne pas participer à la reproduction de l’espèce.

L’objectif de cette journée d’études est de mieux comprendre comment ce phénomène social, à contre-courant, éclaire la norme sociale dominante de l’enfantement et comment il s’inscrit dans les transformations des fondements anthropologiques de nos sociétés. Plusieurs pistes (non restrictives) peuvent être poursuivies :

  • -  Comment se développe la volonté de ne pas avoir d’enfants ? Quels sont populations les plus susceptibles de développer cette idée et pourquoi ?

  • -  Comment les femmes (les couples) qui assument ce choix l’argumentent-ils ?

  • -  Quelles transformations du rapport à la féminité le choix du non-enfant impliquent

    elles ? Comment ce refus d’enfanter est il vécu dans les différents âges de la vie ?

  • -  En quoi l’absence volontaire d’enfant redéfinit-elle les relations conjugales, entre concubins ?

  • -  Que nous apprennent ces nouveaux comportements sur l’évolution des structures familiale et plus largement de l’insertion dans les groupes sociaux ?

  • -  Comment ces exigences s’inscrivent-elles dans l’affirmation toujours plus radicale du choix ?

  • -  Comment les institutions et les autorités publiques réagissent-elles à cette transformation des comportements ?

  • -  Aussi bien du point de vue historique que du point des comparaisons internationales, ces pratiques apparaissent elles aussi novatrices qu’elles semblent l’être ?

  • -  La volonté de ne pas avoir d’enfants incarne-t-elle le summum du féminisme contemporain ?

    Les propositions de communications peuvent relever des différentes disciplines des sciences humaines (sociologie, anthropologie, histoire, science politique...) dans la mesure où elles reposent sur un travail empirique et/ou archivistique manifeste.

    Les propositions (3000 signes minimum) doivent être envoyées avant le 1er octobre 2017 aux deux organisateurs Maud Navarre et Georges Ubbiali dont les adresses figurent ci-dessous. Les propositions retenues (après éventuellement demande de précisions) seront averties fin octobre.

    Les textes proposés doivent impérativement être des contributions originales, n’ayant donc pas fait l’objet d’une publication préalable.

    Les organisateurs :
    Maud Navarre, mnavarre@laposte.net Georges Ubbiali, g.ubbiali@free.fr

     

    Bibliographie indicative
    Debest Charlotte,
    Le choix d’une vie sans enfant, Rennes, PUR, 2014

    Debest, C. (2012), « Le choix d’une vie sans enfant à travers le prisme des normes
    parentales et conjugales : Étude de cas en France »,
    Nouvelles pratiques sociales, 25(1), 28- 43.

    Debest, C. (2013), « Quand les « sans-enfant volontaires » questionnent les rôles parentaux contemporains, Abstract », Annales de démographie historique, (125), 119-139

    Debest Charlotte, Mazuy Magali, « Rester sans enfant. Un choix de vie à contre-courant », Populations et société, n°508, fév. 2014.

    Debest C. (2014, « Repenser l’égalité femmes-hommes au prisme du refus de maternité », Politiques sociales et familiales, (116), 27-37.

    Develay Elise, Etre femme sans être mère, Master 1 sociologie, Université de Bourgogne, 2017, 66 pages.

     Doré, C. (1991). Marlène CARMEL, « Ces femmes qui n’en veulent pas : enquête sur la non- maternité volontaire au Québec », Recherches sociographiques, 32(3),

     Gotman Anne, Pas d’enfant. La volonté de ne pas engendrer, Paris, MSH, 2017 

Appel à communications : Religion et classes sociales

Le RT 5 "Classes, inégalités, fragmentations" et le RT 43 "Sociologie et religions" s'associent au colloque organisé les 5 et 6 février 2018 par l'Association française de sciences sociales des religions, dont voici l'appel à communications.

« Religion et classes sociales »

Appel à communications

Colloque de l’AFSR

Paris, 5-6 février 2018

Organisateurs :

Anthony FAVIER, docteur en histoire contemporaine (chercheur associé LARHRA)

Yannick FER, chargé de recherche CNRS (GSRL)

Juliette GALONNIER, docteure en sociologie (OSC/Sciences Po)

Ana PERRIN-HEREDIA, chargée de recherche CNRS (CURAPP-ESS)


 
Depuis la critique marxiste de la religion comme « opium du peuple » jusqu’aux réflexions de Pierre Bourdieu sur les fonctions sociales du religieux, sans oublier les liens établis par Max Weber entre religion, classe et statut, le rapport entre religion et classe a longtemps constitué un questionnement classique des sciences sociales. À la faveur des théories de la moyennisation et du déclin des sciences sociales d’inspiration marxiste, les interrogations sur le rôle de l’appartenance de classe sont toutefois peu à peu tombées en désuétude. L’accent mis sur les processus contemporains d’individualisation du religieux a pu faire oublier le poids des déterminants sociaux et laisser croire à une sorte d’autonomisation des expériences religieuses (ou « spirituelles ») vis-à-vis des structures sociales. Par ailleurs, l’intégration à l’analyse du religieux de nouvelles dimensions, notamment celles du genre, de la migration, ou de l’ethnicité ont fait passer au second plan la question des classes sociales. Sans remettre en cause l’apport évident des recherches recourant à d’autres catégories d’analyse du monde social, ni dénier l’influence décisive des dynamiques d’individualisation dans le domaine religieux, ce colloque propose de porter un nouveau regard sur les questions de classe, en revisitant les analyses classiques à la lumière des travaux actuels.

 

En dehors du champ des sciences sociales du religieux, la recherche sur les classes sociales est en effet en plein essor. Les nombreuses enquêtes empiriques, d’inspiration ethnographique pour l’essentiel, tout comme les vigoureux débats qu’occasionne la construction d’une statistique européenne ont invité à repenser les classes sociales. La focale s’est ainsi progressivement élargie de la scène professionnelle à l’ensemble des scènes sociales. Cette attention nouvelle portée aux styles de vie s’est en outre combinée à la prise en compte de leur inscription et de leur différenciation territoriales (et leurs effets sur la construction relationnelle des classes sociales à travers les phénomènes de ségrégation spatiale). Toutefois, les travaux portant sur les classes sociales (milieux ouvriers, grande bourgeoisie) tendent à passer sous silence leurs pratiques religieuses. Ce colloque est né de la conviction que le renouvellement des approches sur les classes sociales peut contribuer à améliorer notre compréhension des phénomènes religieux tout comme le religieux est susceptible de constituer une perspective heuristique dans l’analyse de la stratification sociale.

 


Le colloque se tiendra les 5 et 6 février 2018 à Paris et donnera lieu à une publication. Nous sollicitons des communications issues de toutes disciplines en sciences sociales, mobilisant des analyses aussi bien qualitatives que quantitatives, et analysant le religieux sous toutes ses formes. Nous veillerons à ce que la diversité des terrains religieux et des aires culturelles et géographiques soit représentée. Les communications pourront s’articuler autour de l’un des trois axes suivants :

 


Axe 1 -
Légitimation ou subversion : le rôle de la religion dans la reproduction ou le renversement des inégalités de classe

 

Les religions produisent des discours sur l’ordre établi et les structures sociales. Elles fournissent aux croyants des outils d’interprétation du monde, et notamment des inégalités. Historiquement, elles ont pu être mobilisées pour légitimer ces inégalités (théodicée du malheur pour les plus démunis ; théodicée du bonheur pour les mieux lotis) ou au contraire les subvertir (théologie de la libération). Comment les croyants retraduisent-ils leur position de classe en termes religieux ? Quel est le rôle du religieux dans les mobilisations sociales ? La religion, comme représentation symbolique de la réalité, peut-elle contribuer à la modifier ? On s’interrogera sur la façon dont le couple légitimation/subversion se reconfigure dans la pratique contemporaine du religieux. À cet égard, la question de l’éducation religieuse et de l’école comme instance de reproduction des hiérarchies sociales pourra être étudiée.

 

 Axe 2 - Les déterminants sociaux du religieux

 

Nous chercherons à savoir si les biens religieux se structurent par milieux sociaux. Max Weber avait identifié des affinités électives entre la position sociale des individus ou des groupes et leurs croyances. Les conditions matérielles d’existence continuent-elles de déterminer les préférences religieuses ? Dans cette optique, on pourra s’interroger sur la façon dont les réseaux de sociabilité, liés en grande partie au milieu social et à l’ancrage territorial, viennent structurer les options religieuses. Le thème de la mobilité sociale (ascendante ou descendante) pourra notamment être exploré : les changements de statut social ou résidentiel peuvent-ils influer sur les pratiques religieuses ? Le changement d’appartenance religieuse et l’incorporation de nouvelles normes éthiques peuvent-ils contribuer à des trajectoires d’ascension sociale, ou participer au contraire à des formes de déclassement ?

 

La question de la distinction est aussi centrale et on pourra s’interroger sur le rôle de l’appartenance religieuse comme marqueur de respectabilité et de prestige social, pour des individus avantagés ou désavantagés sur le plan matériel.

 

Les « styles » de congrégation ou de pratique religieuse pourront également être mis en lumière. Il s’agira de comprendre si les répertoires de prière, les sermons, la liturgie et la mise en scène religieuse se structurent selon le statut social (Sean McCloud, 2007). Dans la mesure où la plupart des travaux se concentrent sur la pratique religieuse populaire, on veillera à visibiliser également les pratiques des classes supérieures.

 

Enfin, on s’interrogera sur le rôle de l’appartenance de classe dans les reconfigurations contemporaines du religieux, en particulier sous l’angle du « bricolage » et des compétences distinctives qu’il mobilise : le « bricolage » religieux est-il l’apanage des classes supérieures ? Qui invente de nouvelles façons de vivre le religieux ? Et dans quelle mesure le rapport à l’altérité, qui inspire aujourd’hui un certain nombre d’appropriations personnelles de traditions religieuses « exotiques » (Véronique Altglas, 2014), est-il déterminé par la position sociale ?

 

 
Axe 3 -
Catégories et luttes de classement

 

Un dernier axe, de nature plus épistémologique, interrogera l’usage des représentations et des catégories, et notamment la notion de « religion populaire » (qui avait beaucoup marqué les débats scientifiques au cours des années 1960-1970) ou de « religion par le bas » (Guy Duboscq, Bernard Plongeron & Daniel Robert, 1979 ; Serge Bonnet, 2016). Dans quels contextes utilise-t-on ces notions ? Faut-il les comprendre en relation avec une religion bourgeoise, aristocratique, cléricale ou savante dont elles constitueraient le contrepoint ? Les milieux populaires ont ainsi été accusés de déformer les systèmes de croyances et les pratiques orthodoxes, de préférer le « merveilleux » et l’« émotionnel » au « rationnel », en un mot de transformer la religion en superstition ou folklore. Le christianisme rural et populaire a par exemple longtemps été analysé comme porteur d’éléments « païens » ou agraires mal assimilés. Par ailleurs, certaines religions, comme le pentecôtisme et dans une certaine mesure l’islam, sont principalement associées aux classes populaires et aux catégories sociales dominées. Ces représentations sont-elles toujours vérifiées empiriquement ? Traduisent-elles aussi des logiques de classement, fondées par exemple sur l’opposition implicite entre, d’une part, la maîtrise de soi et la raison revendiquées par les dominants, et de l’autre, l’émotion et l’enthousiasme des dominés ?

 

L’enjeu des hiérarchies de classe internes à chaque religion, ainsi que leurs effets sur la production du savoir religieux et la définition de l’orthodoxie, question fréquemment soulevée dans le cas du judaïsme par exemple (Béatrice de Gasquet, 2012), sera aussi à prendre en compte.

 

Enfin, la question du « fondamentalisme » (et plus récemment celle de la « radicalisation »), longtemps décrit comme le fait de classes populaires non éduquées (alors même que les données empiriques ne vont pas toujours dans ce sens, voir Susan Harding, 1991) pourra être abordée.

 

 
Modalités de soumission

 

Les propositions de communication sont à envoyer pour le 10 septembre 2017.

 

Doivent y figurer les nom et prénom de l’auteur, son institution de rattachement, son adresse e-mail, une courte notice biographique, le titre de la communication, l’axe de rattachement et un résumé d’une page précisant le contenu de la communication et les données mobilisées.

 

Elles sont à envoyer au format Word ou PDF à Anthony Favier (anthony.favier@live.com), Yannick Fer (yannick.fer@gsrl.cnrs.fr), Juliette Galonnier (juliette.galonnier@gmail.com), et Ana Perrin-Heredia (aperrinheredia@gmail.com).

 

 Les auteurs recevront une notification au sujet de leur participation début octobre 2017.

 

 

 

AAC TechnoCare

Bonjour,

 
Veuillez trouver ci-joint l’appel à contributions pour une journée d’étude consacrée aux rapports entre le care et les technologies en santé.
 
Cette journée s’inscrit dans le cadre des manifestations scientifiques Inter-RT soutenues par l’AFS.
 
Elle aura lieu à l’Ecole des Mines de Paris le 12 décembre 2017.
 
Propositions bienvenues jusqu’au 14 juillet sur la plateforme : https://technocare.sciencesconf.org
 
Merci.
 
Les organisateurs:
B. Derbez, E. Dagiral, D. Saint Marc, A. Peerbaye
Fichier attaché: 

AAC JE "Mobilité spatiale et classes sociales" RT 5 & RT 42

JE "Mobilité spatiale et classes sociales"

Appel à communication

 

La dimension spatiale des inégalités sociales est aujourd’hui questionnée par de nombreux travaux. Dans un mouvement de regain des approches localisées de la structure sociale, la prise en compte de cette dimension a contribué à renouveler les débats sur la stratification sociale[1], mais aussi à enrichir l’analyse de nombreux faits sociaux, au-delà des seuls champs de la sociologie urbaine ou de la sociologie de la stratification sociale. Dans ce contexte, alors que les enquêtes souffrent souvent d’une approche statique de la ségrégation et des relations entre groupes sociaux et territoires, la prise en compte des mobilités spatiales offre une perspective capable d’éclairer la structuration de classe des sociétés contemporaines sous un jour renouvelé.

 

Organisées conjointement par le RT5 « Classes, inégalités, fragmentations » et le RT42 « Sociologie des élites » de l’Association française de sociologie, ces journées proposent ainsi d’explorer la diversité des formes et des ressorts des pratiques de mobilité spatiale et d’interroger la manière dont elles s’articulent avec la stratification sociale. Elles invitent à se départir d’une vision normative de la mobilité : si « l’injonction à la mobilité » (Fol, 2010) touche l’ensemble des groupes sociaux, il convient d’interroger les manières socialement différenciées qu’ont les individus d’y répondre en fonction de leurs positions dans l’espace social et géographique. Pourquoi et comment bouge-t-on ? Comment s’articulent mobilités et ancrages spatiaux ? Dans quelle mesure ces pratiques et les représentations auxquelles elles sont associées sont-elles le reflet des ressources, mais aussi l’expression de goûts associés à des groupes sociaux spécifiques ? En retour, comment ces mobilités, par la proximité ou la distance spatiales qu’elles créent entre des individus occupant différentes positions dans l’espace social, contribuent-elles au processus de différenciation ou de rapprochement entre groupes sociaux ?

 

En répondant à ces questions, l’étude des mobilités spatiales est ainsi à même d’offrir un éclairage original et stimulant pour penser la stratification sociale contemporaine. À partir d’analyses fondées sur des enquêtes empiriques, les contributeurs et contributrices sont invités à analyser les ressorts sociaux de toutes formes de mobilité spatiale, qu’elles soient liées au travail – mobilités pendulaires, trans-nationales (Wagner, 2007) –, aux activités domestiques – gestion quotidienne des courses ou des enfants –, aux loisirs et aux vacances (Bidet, 2012 ; Réau, 2009) ou encore à la poursuite d’études supérieures (Jedlicki, 2016). Les analyses intersectionnelles, croisant notamment la classe, le genre, les parcours migratoires et/ou la race, sont fortement encouragées. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un des trois axes :

 

 

 

1) Mobilités spatiales et changement de regard sur les classes sociales

 

Dans quelle mesure la prise en compte des mobilités spatiales, qu’elles soient résidentielles ou non, permet-elle de renouveler le regard porté sur les classes sociales et sur la stratification ? L’analyse des mobilités permet-elle de mettre en rapport des espaces physiques et sociaux de référence pluriels, susceptibles de complexifier le regard habituellement porté sur les liens entre espace et classes sociales ? Cet axe encourage également les interrogations méthodologiques, attentives à la question des échelles et de la diversité des espaces, dans l’appréhension de la stratification sociale.

 

 

 

2) Les différenciations sociales à travers les pratiques de mobilité spatiale

 

Les communications attendues sont invitées à interroger les manières socialement différenciées de se déplacer dans l’espace, qu’il s’agisse des moyens utilisés (voiture, vélo, transports en commun, etc.), des sociabilités que ces mobilités spatiales entretiennent (se déplace-t-on en couple, en famille, avec des amis ?) ou encore des rapports à l’altérité qu’elles induisent (participent-elles, par exemple, à des phénomènes de co-présences sociales inédites au vu des logiques de proximité et de distance ordinaires entre groupes sociaux ou peuvent-elles, au contraire, renforcer des logiques d’entre soi ?).

 

 

 

3) Mobilités, migrations, ségrégation et destins sociaux

 

Ce troisième axe invite à poursuivre la réflexion sociologique autour de la question de la ségrégation socio-spatiale : quels liens peut-on établir entre mobilité résidentielle et mobilité sociale ? En quoi la prise en compte des mobilités peut-elle renouveler la compréhension des mécanismes de ségrégation, ainsi que le regard porté sur certains types d’espaces résidentiels ? Il s’agit également d’insister sur les enjeux sociaux liés à la maîtrise de son espace de vie, qu’il s’agisse de la question de la scolarisation des enfants (Van Zanten, 2009) ou de celle de la proximité spatiale à des institutions ou à des réseaux de relations susceptibles d’être mobilisés dans le cadre de processus engageant une mobilité sociale. Il s’agit enfin de susciter des réflexions au croisement de la sociologie des migrations et de la sociologie des classes sociales, en articulant espaces sociaux d’émigration et d’immigration.

 

 

 

Ces axes n’épuisent pas les thématiques possibles et toute proposition de communication articulant mobilités spatiales et classes sociales sera bienvenue. Les propositions, d’une page maximum (hors bibliographie), doivent être envoyées le 15 juillet 2017 au plus tard à l’adresse suivante : je.rt5rt42@gmail.com. Les candidats dont la proposition aura été retenue devront soumettre un texte d’environ 30 000 signes, au plus tard le 31 octobre 2017.

 

 

 

Les journées d’étude se dérouleront les jeudi 30 novembre et vendredi 1er décembre à Paris, dans les locaux du Cresppa-CSU (59-61 rue Pouchet, 75017 Paris).

 

 

 

Comité d’organisation : Isabel Boni-Le Goff, Pauline Clech, Francois-Xavier Dudouet, Bruno Cousin, Pierre Gilbert, Violaine Girard, Élie Guéraut, Guillaume Lejeune et Antoine Vion.

 

 

 

Comité scientifique : Sébastien Chauvin, Anaïs Collet, Fabien Desage, Sylvie Fol, Susanna Magri, Edmond Préteceille, Bertrand Réau, Nicolas Renahy, Fabrice Ripoll, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot, Sylvie Tissot, Laure de Verdalle et Anne-Catherine Wagner.

 




[1]          Voir notamment, et parmi d’autres, les réflexions autour de la notion de « capital d’autochtonie » et de ses usages possibles pour étudier les classes populaires et/ou les classes supérieures, ainsi que les recherches et les débats sur la ségrégation socio-spatiale, ou encore les recherches plus récentes sur le rôle de l’espace domestique dans la construction des groupes sociaux.

 

AC Parcours d’engagement de jeunes dans des causes et des pratiques politiques radicales

Appel à propositions d’articles pour la revue Agora débats/jeunesses

Dossier : « Parcours d’engagement de jeunes dans des causes et des pratiques politiques radicales » (2018/3)

 

Si « l’ampleur des contestations juvéniles des années 1968 a, d’emblée, placé l’âge au cœur des interprétations » (Sommier, 2016, p. 63), l’âge est à nouveau convoqué dans le cas des jeunes impliqués dans les attentats récents en France sans être problématisé en tant que tel. Ce numéro vise donc à articuler deux champs d’analyse, la jeunesse et la radicalité militante, en les appréhendant plus spécifiquement sous l’angle des parcours biographiques et des processus de subjectivation qu’ils sous-tendent.

Le chercheur qui aborde cette thématique est rapidement confronté à deux obstacles majeurs pour définir le phénomène qu’il appréhende : tout d’abord son champ sémantique large. Des notions comme radicalité, radicalisme, radicalisation, extrémisme, violence sont souvent rendues synonymes. En deuxième lieu, ces catégories sont à la fois performatives, normatives et stigmatisantes.

Lanotion de radicalisation,« concept buzzword » (Ducol, 2014 ; 2015 ; Crettiez, 2016), s’est imposée dans les discours médiatiques et politiques dans une acception le plus souvent religieuse en lien avec des questions sécuritaires pour qualifier des comportements et attitudes porteurs d’une rupture en valeurs avec les sociétés occidentales. Elle a également souvent été utilisée dans une rhétorique de la rupture et de la nouveauté. Or, si nous replaçons certains comportements radicaux dans leur univers historiographique, il est autorisé de rappeler non seulement leur permanence en France à différentes périodes historiques (Audigier, Girard, 2011) mais aussi le fait que l’action radicalisée ne pourrait se réduire à la seule dimension religieuse, nombre d’engagements de jeunes dans des causes radicales se réalisant au nom d’autres idéologies (mouvements indépendantistes, régionalistes, identitaires, néonazis, néofascistes, royalistes, etc.). De plus en plus d’auteurs lient également cette notion de radicalisation à l’action violente (Bronner, 2009 ; Khosrokhavar, 2014). Si certains chercheurs lui trouvent une portée heuristique (Crettiez, 2016) tandis que d’autres proposent de se « débarrasser de cette notion devenue hégémonique » (Mauger, 2016, p. 94), ce numéro vise à adopter une perspective plus large que celle de la radicalisation en mobilisant la notion de radicalité, qui « dépasse largement celle de la violence (même si elle l’englobe) » (Dufour et al., 2012, p. 7). Elle est également plus précise quand on part du sens littéral donné à la « radicalité », à savoir une analyse politique qui s’attaque « à la racine » (ibid, p.7).

Ce dossier souhaite analyser les parcours biographiques de jeunes dans des causes et des pratiques radicales et rendre compte des processus subjectifs qui leur sont liés. Il part du principe général selon lequel l’engagement dans ce type de causes exprime une scission vis-à-vis du reste de la société. Ses membres engagés recourent à des formes non conventionnelles d’action politiques – sans que celles-ci aboutissent nécessairement à la violence – et proposent une alternative révolutionnaire à l’ordre social (le capitalisme, le néo-libéralisme, les valeurs occidentales, etc.) par de nouvelles affiliations contestataires et l’adoption de nouveaux repères normatifs.

 

1. Parcours biographiques des jeunes dans la radicalité militante

Le dossier propose de placer au cœur de l’analyse la question des parcours d’engagement dans des causes radicales à partir d’une dimension processuelle – entendue en termes de carrières (Fillieule, 2009), de trajectoires ou encore de cycles d’engagement. La question sera plus précisément ici de saisir comment certains jeunes sont au fil du temps amenés non seulement à entrer dans des collectifs qui se placent en rupture avec l’ordre social et qui ont pour projet la subversion d’un ordre politique (Riaux, 2012), mais aussi à s’y maintenir à partir d’un processus d’alignement au nouveau groupe de référence et de construction active de nouvelles « provinces de réalité » (Cefaï, 2003). Elle vise également à saisir comment ils peuvent éventuellement en sortir.

La reconstruction des différents parcours d’engagement donnera aussi à voir la variété des profils de jeunes qui s’engagent dans ces causes. Est-ce que la jeunesse est un âge de la vie plus prompt à s’investir dans des engagements « à haut risque  » (McAdam, 1986 ; Sommier, 2011) ? Les profils sociodémographiques, la question de la disponibilité biographique, la place d’autruis significatifs (famille, pairs) les sensibilisant à cette cause seront interrogés. S’agit-il dans ce cas d’une conversion, qui implique une prise de distance progressive avec les normes et valeurs transmises par la famille, ou de la répétition d’un système de pensée préexistant proposant des visions du monde « en scission » avec d’autres modèles de société ?

 

2. Subjectivation et émancipation

Le dossier entend également accorder une attention particulière au processus de subjectivation des jeunes au cours de leurs activités militantes radicales en vue, d’une part, d’analyser les raisons personnelles données à leur engagement et, d’autre part, de rendre compte du développement d’une réflexivité sur soi et du rapport à autrui au fur et à mesure de leurs parcours d’engagement. Quelles peuvent être les premières rétributions perçues lors de leur entrée dans l’engagement radical (être acteur de son histoire, avoir une aura auprès de son groupe de pairs) ? En quoi cela a-t-il pu constituer une offre identitaire ou un espace des possibles dans leur trajectoire par l’élaboration de différents types de capitaux, que ceux-ci soient d’ordre social, culturel ou politique ? La place donnée à l’émancipation individuelle ou collective et à l’affirmation de la subjectivité des acteurs au sein d’un collectif nous permettra de rendre compte de la façon dont ces jeunes définissent leur engagement et de voir à l’instar de Geoffrey Pleyers et Brieg Capitaine combien « l’implication dans un mouvement social travaille profondément l’individu jusque dans sa subjectivité et subjectivation » (2016, p. 8).

 

 

Calendrier

Remise des propositions d’articles pour le 15 juin 2017(1 à 2 pages avec la problématique, la méthodologie et le plan envisagé) à envoyer aux deux coordinateurs du numéro.

Sélection des propositions d’articles et réponses aux auteurs : 15 septembre 2017

Remise des articles définitifs (30 000 signes, 20 références bibliographiques) :15 décembre 2017.

Les propositions d’articles préciseront la problématique, les données empiriques mobilisées, la méthodologie employée et les résultats obtenus.

Coordination du numéro

Isabelle Lacroix, post-doctorante au laboratoire Printemps-CNRS (UVSQ/Paris-Saclay) :isabelle.lacroix@uvsq.fr

Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche, INJEP, chercheur associé au laboratoire Triangle : lardeux@injep.fr 

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Appel à articles pour le n°158 de la revue Gérontologie et société

La revue Gérontologie et société lance un appel à articles pour le n°158 "Pour une introduction à l'étude des vieillissements en Afrique".

Les nombreux contrastes caractérisant le continent africain se reflètent dans la pluralité des manières d’y vieillir. L’augmentation à venir du nombre de personnes âgées constitue un nouveau défi pour l’Afrique et potentiellement aussi un facteur supplémentaire de crise sociale. Ce numéro vise à traiter des questions majeures posées par les réalités actuelles des vieillissements en Afrique tout en proposant une vision prospective destinée à anticiper les changements démographiques à venir et la manière dont les sociétés et les individus devront s’adapter pour les accompagner en évitant que ne se cristallisent, ou même s’accroissent, de multiples inégalités.
 
 
Ce numéro sera coordonné par Muriel Sajoux, Enguerran Macia, Ousseynou Ka, Daniel Reguer
 
Les propositions de contribution (6000 signes, espaces compris) devront être transmises avant le 26 mai 2017 à l’adresse suivante : cnavgerontologieetsociete[at]cnav.fr

 

 

AAC Enseigner la sociologie dans le supérieur

 

Appel à communications

 

 

 

Journée d’études : « Enseigner la sociologie dans le supérieur.

 

En-quête des pratiques »

 

 

 

 

 

Date : 10 novembre 2017

 

Lieu : ENS de Lyon, 15 Parvis René Descartes, 69007 Lyon

 

Laboratoire : LLE (Laboratoire de l’Education, UMR 3773 de l’ENS de Lyon)         

 

 

 

 

 

Appel à communications

 

Depuis une quinzaine d’années en France et de façon plus ancienne dans d’autres pays, des dispositifs et initiatives visant la professionnalisation des enseignants du supérieur se développent. Il peut s’agir de manifestations de types journées d’études ou Assises ou de services institutionnalisés tels que des Services Universitaires de Pédagogie. Largement relayé par des publications en augmentation[1], le message fédérateur est le suivant : la pédagogie universitaire est une préoccupation qui doit devenir importante car elle s’inscrit dans une perspective de changement jugé indispensable à la fois pour l’intervenant (afin de soutenir son « développement professionnel »), pour l’étudiant (qui sera mieux formé par des enseignants prenant en considération son « apprentissage »), enfin pour les structures universitaires (qui pourront pleinement participer à la production d’une offre de formation de « qualité »).

 

Ancrer directement, principalement et uniquement la question de l’enseignement dans le supérieur à l’échelle universitaire appelle pourtant plusieurs remarques. Sont tout d’abord passés sous silence les rapports entre le pédagogique et politique dans le cadre du processus de Bologne : ces rapports ne sont pas problématisés mais pris pour une donnée de cadrage plutôt favorable, qui inciterait ainsi les enseignants du supérieur à vouloir se former. Or sous ces réformes, ce sont les relations entre pédagogie, gouvernance et qualité qui se trament. De plus, la discipline et la recherche n’ont pas vraiment de place dans la préoccupation et les activités de formation à l’enseignement supérieur, produisant une rupture du lien entre recherche et enseignement, en renvoyant exclusivement la question de la pédagogie à celle de la performance de l’Université. Ces approches lissent les spécificités disciplinaires, présupposant que tout est affaire d’apprentissage (pris d’une façon générique), et que celui-ci peut se découpler de traditions, techniques, pratiques et habilités intellectuelles disciplinaires dont différents travaux montrent pourtant l’importance (Becquet & musselin, 2004 ; Faure, Millet & Soulié 2005). Enfin, ces approches de la formation à la pédagogie universitaire présupposent que tout enseignant doit transformer ses représentations, sa manière de penser l’enseignement et les étudiants sans lui donner les moyens de se rendre compte des effets de ces transformations sur l’enseignement des disciplines et son lien avec la recherche.

 

Il y a pourtant des enjeux forts, en termes politiques, à ne pas déposséder les enseignants du supérieur et les disciplines de toute légitimité et possibilité de produire un discours et des analyses à propos de leur pratique pédagogique. Ces enjeux portent sur les façons différentielles de penser l’enseignement selon les perspectives épistémologiques des disciplines et les manières de former à la recherche (cette dimension de la formation restant un objectif important de l’université), selon le type de public accueilli, selon le niveau d’enseignement (Licence, Master, Doctorat) et le type de formation (« portail pluridisciplinaire », formation disciplinaire, …). De plus, les enseignants du supérieur étant régulièrement sollicités lors des refontes des maquettes pédagogiques, il apparaît incontournable qu’ils soient outillés théoriquement et pratiquement pour positionner les composantes et les disciplines en interlocutrices averties face à des universités prises dans un mouvement d’économicisation (Garcia, 2008 ; Lebaron, 2015), entre  concurrence et appauvrissement des moyens.

 

Face à ces enjeux, une première journée d’étude avait été organisée en juin 2016 à Lyon sous le titre « Des sciences sociales : des savoirs et pratiques à et pour enseigner ». En continuité avec celle-ci, l’objectif de cette seconde journée d’étude sera de poursuivre le questionnement des pratiques d’enseignement de la sociologie dans le supérieur. Il s’agit donc d’inviter les enseignants du supérieur à évoquer leurs propres pratiques, en tenant compte à la fois de la diversité des lieux d’exercice, des populations étudiantes, des conditions d’enseignement et, éventuellement, des liens qu’ils font entre leurs pratiques d’enseignement et leurs activités de recherche. Il s’agit de venir présenter ce que l’on fait au quotidien sans que cela soit forcément adossé à des résultats de recherche. Les communications pourront se faire à partir d’une entrée sur une thématique donnée (par exemple « Enseigner les classes sociales », « Enseigner le genre », etc.) ou à partir d’une problématique particulière (par exemple « Enseigner dans des formations à dominante non sociologique », « Enseigner à des publics socialement différenciés », « dans des niveaux universitaires variés », etc.). Dans tous les cas, une contextualisation des pratiques et une réflexivité seront attendues. La question des manières dont on peut produire cette réflexivité sur les pratiques via des techniques et méthodes mobilisées dans les pratiques scientifiques (par exemple l’ethnographie, la socio-analyse) pourra également être abordée.

 

L’enjeu est de contribuer à produire un espace collectif de réflexions autour de ce thème qu’un certain nombre de publications a déjà permis d’esquisser (Hugues 1996, Becker, 2002, 2004 ; Bourdieu & Passeron, 1964 ; Chapoulie, 2000 ; Leblanc F. & ali. (2011) ; Soulié, 2002 ; Soulié & Gadéa, 2000 ; Jounin, 2014 ; Siracusa, 2008).

 

 

 

Principales dates et organisation

 

La journée d’étude se déroulera le 10 novembre 2017, à l’ENS de Lyon

 

Date de soumission d’une proposition de contribution :

 

-       1er juin 2017

 

o   Un document de 4000 signes, espaces compris, est attendu, présentant les coordonnées et statut du ou des contributeurs

 

o   La proposition est à envoyer à claire.piluso@univ-lyon2.fr ; stephanie.tralongo@univ-lyon2.fr

 

-       Retour des avis aux auteurs : le 15 juin 2017

 

Membres du comité scientifique et d’organisation : Martine Court ; Sylvia Faure, Séverine Kakpo ; Claire Piluso ; Stéphanie Tralongo.

 

Cette journée d’études s’inscrit dans un projet retenu dans le cadre de la campagne à projets 2017 du LLE (Laboratoire de l’Education, UMR 3773 de l’ENS de Lyon, http://lle.ens-lyon.fr/).

 

 

 

 

 

Bibliographie indicative

 

Becker H. (2002), Les ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales, Paris : la Découverte

 

Becker H, (2004), Ecrire les sciences sociales. Commencer et terminer son article, sa thèse ou son livre, Paris : Economica

 

becquet v. & musselin c., (2004), Variations autour du travail des universitaires,  [en ligne : http://cip-etatsgeneraux.apinc.org/IMG/pdf/synthese_variation_autour_du_...

 

Bertrand C., (2014)« Soutenir la transformation pédagogique dans l’enseignement supérieur », Rapport à la demande de Madame S. BONNAFOUS, Directrice générale pour l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle

 

Bourdieu P., Passeron J.-C. (1964), Les Héritier. Les étudiants et la culture, Paris : Les Editions de Minuit

 

Chapoulie j.-M, (2000) « Enseigner le travail de terrain et l'observation : témoignage sur une expérience (1970-1985) », Genèses, /2 no 39

 

Faure S., Soulié C.,, Millet M., (2005), Enquête exploratoire sur le travail des enseignants chercheurs. Vers un bouleversement de la ”table des valeurs académiques” ? https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00602398

 

Gadea Charles & Soulié Charles, (2000) « Réflexions sur une expérience d'initiation à la recherche en sociologie à l'Université (1994-2000) », Genèses, 2000/2 no 39

 

Genelot S. & Lapostolle G., (2012) « Du bon usage des sciences humaines et sociales dans la formation des enseignants », Tracés. Revue de Sciences humaines [En ligne], #12 |

 

Garcia S. (2008)   « L'expert et le profane : qui est juge de la qualité universitaire ? », Genèses, 2008/1 n° 70

 

Hughes E. (1996), Le regard sociologique, Paris : EHESS

 

Jounin N. (2014), Voyage de classes. Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers, Paris : La Découverte

 

Lebaron F. (2015) « Injonction comptable et révolution culturelle à l’Université », La nouvelle revue du travail [En ligne], 6 |

 

Leblanc F. & ali. (2011), « Echange sur nos pratiques « Enseigner dans un département de non-sociologues », Bulletin de l’ASES, n°38

 

Lison C. & Jutras F., (2014)  « Innover à l’université : penser les situations d’enseignement pour soutenir l’apprentissage », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 30-1

 

Peneff J. (2004), « Les idées originales d’Howard Becker pour enseigner la sociologie », in Blanc A. & Pessin A., L’Art du terrain. Mélanges offerts à Howard S. Becker, L’Harmattan

 

Rapport STRANES, (2016), http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid30540/strategie-national...

 

Rege-Colet N. & Berthiaume D. (2013 & 2015), La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques. Tome 1(2013) : Enseigner au supérieur ; Tome 2 : Se développer au titre d’enseignant (2015), Peter Lang, Berne : Suisse

 

siracusa J. (2008), Vacances sociologiques. Enseignement de la sociologie à l’Université. Presses universitaires de Vincennes

 

Soulié C., (2002) « L’adaptation aux « nouveaux publics » de l’enseignement supérieur : auto-analyse d’une pratique d’enseignement magistral en sociologie », Sociétés contemporaines, n° 48/4

 

 

 




[1] On dénombre sur les quinze dernières années une quarante articles et une dizaine d’ouvrages.

 

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