RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

Responsable(s) : Bruno Cousin

Descriptif : Les Objectifs : - Donner une plus grande visibilité au champ dans le respect de sa diversité théorique, thématique et méthodologique, non seulement dans le milieu académique mais aussi dans d'autres sphères professionnelles, avec un souci d'ouverture au niveau international. - Contribuer à établir un état des lieux des modes de construction des objets et des façons de se référer à " l'urbain ". - Etre un relais pour les sollicitations et les collaborations, entre autres sur le plan international - Nourrir le débat scientifique dans la transversalité avec d'autres RT. - Constituer un lieu d'échanges stimulant pour les doctorants et les post-doctorants.

Bureau : Jean-Yves Authier, Vincent Baggioni, Bruno Cousin, Yankel Fijalkow, Rémi Habouzit, Anne Lambert, Lydie Launay.

Contact : bruno.cousin@univ-lille1.fr

Prochain évènement :

2e Biennale de la sociologie

 

de l’urbain et des territoires

 

 

Informations générales

 

Les 28, 29 et 30 septembre 2016, le RT9 de lAssociation française de sociologie organisera à Toulouse, sa 2e Biennale de la sociologie urbaine et des territoires, qui fait suite à la première édition organisée à Lille en décembre 2014.

 

Ces journées d’études ont vocation à rassembler l’ensemble des sociologues français-e-s travaillant sur les questions urbaines et territoriales, et accueillent plus largement tous les collègues intéressé-e-s, qu’ils soient ou non impliqué-e-s dans d’autres réseaux thématiques de l’AFS. Cette manifestation inter-congrès se veut donc un moment privilégié d’échanges et d’analyses autour d’une grande thématique de recherche.

 

La deuxième Biennale se tiendra à la Maison de la recherche de l’Université Toulouse Jean Jaurès, aux 3e et 4e étages des ailes E et F (M° Ligne A – Mirail Université, voir le plan p. 14). Elle est organisée avec le soutien du LISST (UMR CNRS 5193) et de l’Institut national universitaire Champollion.

 

Sa première journée (mercredi 28/09, de 9h00 à 19h00) sera entièrement consacrée à l’atelier doctoral du RT9 : un rendez-vous annuel, autogéré par les doctorant-e-s du réseau, qui existe depuis une dizaine d’années. La thématique de son édition 2016 est : Les territoires du vide dans la recherche urbaine (voir le programme p. 2).

 

Les deuxième et troisième journées (de 9h30 à 19h00) constitueront le cœur de la Biennale, et ont vocation à rassembler l’ensemble des participant-e-s à cette dernière. Elles comporteront dix séances ateliers consacrées au thème Inégalités sociales et inégalités spatiales : explications sociologiques, et quatre séances plénières portant plus spécifiquement sur l’évolution des inégalités socio-spatiales en France depuis le début des années 2000 (voir le programme pp. 3-13).

 

En espérant vous y retrouver noumbreuses et nombreux (pour les modalités d’inscription voir p. 5),

 

 Le Bureau du RT9

 

Bruno Cousin

 

Jean-Yves Authier – Vincent Baggioni – Yankel Fijalkow

 

Rémi Habouzit – Anne Lambert – Lydie Launay

 

 

Journée des doctorant-e-s du RT9 – 28 septembre – salle RE412

 

 

 Les territoires du vide dans la recherche urbaine

 

 

8h30 : Accueil des participants

 

9h00-9h20 : Introduction par le comité d’organisation

 

9h20-9h45 : Introduction de la journée par Jean-Yves Authier

 

 L’action publique productrice de « vides » et de « pleins »

 

 

9h45-12h00 – Discutante : Emmanuelle Lenel

 

 

Florence Nussbaum (Université Paris Diderot, Géographie-cités)

 

Back of the Yards ou la spirale du vide dans un quartier de Chicago

 

Fanny Delaunay (LATTS)

 

Les espaces vides : des lieux informels ? Quand l'enfant rend compte du rôle socio-urbain des délaissés

 

Ece Arslan (Université François Rabelais de Tours, CITERES)

 

Les « vides » dans le quartier : le cas du projet de transformation urbaine de Fikirtepe à Istanbul

 

 Buffet : 12h00-14h00

 

Territoires « vides » : appropriation, contestation, organisation

 

14h00-15h30 – Discutant : Jean-Pierre Frey

 

 

Céline Véniat (EHESS, IMM-CEMS)

 

Habiter les "vides urbains" : pratiques d'occupation et de récupération des habitants des bidonvilles

 

Stéphanie Alexandra Espejo Zeballos (Université Lille 1, TVES)

 

L'habitat spontané dans les interstices urbains à Lille

 

 

 

Pause-café : 15h30-15h45

 

 

 

Les « vides » de la recherche urbaine

 

15h45-17h15 – Discutant : Yankel Fijalkow

 

 

 

Charline Sowa (ENSAG-Université Grenoble Alpes, MHAevt)

 

Les « spatialités » de la décroissance urbaine : des vides multiples, un nouveau vocabulaire à construire

 

 Florian Faurisson (Université Toulouse Jean Jaurès, ENSA Toulouse, LRA)

 

Les microraions de Varna : l’impensable, l’impense et le laisser-faire

 

 17h15-17h30 : Conclusion par Bruno Cousin
17h30-17h45 : Mot de clôture de la journée par le comité d’organisation

 

 18h00 : Apéritif en ville

 

 

 

Journées du 29 et 30 septembre

 

 

 

 

Inégalités sociales et inégalités spatiales : explications sociologiques

 

Les sociologues, les géographes et les économistes sont au moins unanimes sur un point : les inégalités sociales se sont creusées en France et dans de nombreux pays européens depuis le début des années 2000. Souvent au centre de leurs analyses, les métropoles paraissent refléter cette évolution de façon particulièrement emblématique : elles opposent les figures de la grande exclusion (SDF, bidonvilles, quartiers de relégation) et les concentrations de richesses des quartiers investis par les élites. Mais la question du creusement des inégalités se pose aussi dans les villes petites et moyennes, ainsi que dans les espaces ruraux. Quelles sont les dimensions spatiales des inégalités sociales ? De quelle manière les inégalités sociales s’incarnent-elles dans l’espace ? Dans quelle mesure les inégalités spatiales contribuent-elles aussi à la (re)production des inégalités sociales, au même titre que le diplôme ou l’emploi ? Et comment les modes d’inscription des individus et des groupes sociaux dans des espaces différenciés peuvent-ils atténuer les inégalités sociales et leurs effets ? Pour répondre à ces questions, quatre axes principaux de réflexion guideront cette deuxième édition de la Biennale de la sociologie urbaine et des territoires.

 

Saisir et caractériser les inégalités spatiales

 

S’attacher aux inégalités spatiales, c’est souvent considérer que le phénomène urbain, produit par des processus pluriséculaires d’agglomération et de densification, est inégalement distribué sur le territoire et se traduit par des états et des processus de ségrégation. Ces questions sont donc, bien sûr, au cœur du présent appel à communications. Toutefois, dans un contexte de difficultés persistantes ou croissantes d’accès au logement, à l’emploi, à l’éducation, aux transports – notamment dans les grandes agglomérations – on peut aussi s’interroger sur les changements en termes de pratiques urbaines et d’échelles territoriales auxquels les acteurs sont invités par un certain nombre d’innovations technologiques et organisationnelles (développement des réseaux peer to peer, « smart cities », « circuits courts », etc.). Dans cette perspective, les communications pourront notamment interroger le mot d’ordre de mobilité généralisée au cœur du nouvel esprit du capitalisme (mobilité d’emploi, de logement, etc.), et les stratégies afférentes de localisation résidentielle des ménages. Elles prendront en compte les échelles de mobilité des individus, ainsi que les ressources et contraintes que ces mobilités font peser sur leurs modes de vie. Elles seront aussi attentives aux formes de concurrence pour l’appropriation des territoires (entre différents groupes sociaux, entre usages concurrents, entre population majoritaire et minorités, entre jeunes et personnes vieillissantes, etc.).

 

Inégalités spatiales et logiques de catégorisation sociale

 

Les inégalités sont souvent considérées au travers des types d’espaces dans lesquelles elles s’inscrivent ou qu’elles contribuent à produire, et certaines approches typologiques constituent indéniablement des apports analytiques et heuristiques de premier plan dans l’étude de la division sociale de l’espace.  Néanmoins, remettre en question certaines catégories de perception et d’analyse du territoire – espaces centraux, périurbains, banlieusards, ruraux, etc. – ainsi que les catégories administratives et/ou politiques qui les sous-tendent souvent, et qui contribuent à réifier des types d’espaces ou d’habitants, peut permettre de s’interroger davantage sur leur dimension relationnelle, leurs dépendances économiques et symboliques réciproques. Par ailleurs, privilégiant une perspective longitudinale ou socio-historique, on pourra aussi se pencher sur la genèse des catégories de représentation, sur la position de leurs auteurs dans l’espace social, ainsi que sur leurs effets politiques, conduisant par exemple à des dénominations assimilant objets et sujets des politiques, et territorialisant ces dernières. Quels rôles jouent les acteurs immobiliers, les collectivités locales, mais aussi les agences gouvernementales et les administrations centrales à cet égard ? Quels bénéfices retirent-ils de ce processus de territorialisation de l’action publique ? Comment, en retour, certaines populations tirent-elles profit ou pâtissent-elles de ces opérations de classement et, donc, de hiérarchisation du monde social ?

 

La fabrique des inégalités spatiales : marché du logement, politiques publiques et logiques habitantes

 

Mode principal d’inscription des populations sur un territoire, le logement apparaît aujourd’hui au centre des inégalités et des processus d’exclusion dans les grandes agglomérations : exclusion des familles, des catégories populaires et des minorités visibles des espaces durablement bourgeois ou à un stade plus ou moins avancé de gentrification. Le troisième axe s’attachera donc à saisir les modes de production des inégalités spatiales à partir du marché du logement, des politiques publiques qui le régissent, et des professionnels et des dispositifs qui y opèrent. Quels sont les rôles des agents intermédiaires (banquiers, agents immobiliers, bailleurs privés et publics, élus locaux, etc.) et des politiques publiques dans la production et l’allocation des logements ? Observe-t-on de nouvelles formes de hiérarchisation du parc de logements construit ou réhabilité dans les villes ? Comment les plateformes, dites collaboratives, de mise en réseau des offreurs et demandeurs de logements (agences immobilières présentes en ligne, PàP, Airbnb, Leboncoin, etc.) ont-elles contribué aux évolutions des quinze dernières années ? Comment les élus locaux, qui sont souvent chargés de distribuer les aides publiques au logement et de mettre en œuvre l’injonction politique à la « mixité sociale », contribuent-ils à répartir les populations sur le territoire ? Quelles représentations et outils d’action publique mobilisent-ils pour intervenir sur le peuplement, dans un contexte de compétition inter-urbaine accrue ? En quoi les choix résidentiels des ménages, leurs pratiques d’acquisition et de transmission du patrimoine immobilier au sein des groupes domestiques et des lignées, contribuent-ils à creuser les inégalités ?

 

Sens de l’injustice spatiale et action collective

 

Enfin, un quatrième axe s’attachera aux effets de ces inégalités socio-spatiales sur les modes de perception et d’appréhension du monde social par les individus. On pourra notamment interroger les formes rhétoriques du sentiment d’injustice. Il s’agira alors de s’intéresser au sens de la justice spatiale des différents acteurs et à la façon dont ils justifient (ou évitent, ou refusent d’avoir à justifier) leurs pratiques, et critiquent celles des autres. De ces positionnements différenciés peuvent émerger des formes de contestation – individuelles et/ou collectives – voire de politisation, comme le montrent par exemple les récentes manifestations contre les processus de gentrification. Une autre manière d’interroger la perception des inégalités socio-spatiales serait d’analyser la manière dont la ségrégation (recherchée ou subie) peut affecter plus généralement le sens de la justice sociale des habitants ou des usagers d'un espace donné, déterminant leur regard sur la ville et la société dans son ensemble. Certains travaux ont ainsi déjà mis en lumière des effets du sentiment de relégation urbaine sur les opinions politiques et les comportements électoraux des habitants. Cet axe sera donc l’occasion d’approfondir ce type d’analyses et de mieux appréhender les effets des inégalités socio-spatiales sur les positions sociales perçues et les trajectoires vécues, entre déclassement et sentiment de déclassement, promotion ou stagnation… De ce sentiment d’injustice ou d’insécurité peuvent également émerger des logiques de protection individuelles et collectives, voire de privatisation de l’espace, qu’il s’agira d’analyser. Comment, en définitive, les expériences urbaines et territoriales des individus participent à (re)définir les frontières entre groupes sociaux et à façonner leur perception du monde social ?

 

 

Comité scientifique

 

Jean-Yves Authier (U. Lyon 2, Centre Max Weber) – Vincent Baggioni (U. Aix-Marseille, LAMES) – Bruno Cousin (Sciences Po, CEE) – François Dubet (U. de Bordeaux, Centre Emile Durkheim et EHESS, CADIS) – Yankel Fijalkow (ENSAPVS, LAVUE) – Colin Giraud (U. Paris-Ouest Nanterre La Défense, SOPHIAPOL) – Rémi Habouzit (U. de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, PRINTEMPS) – Anne Lambert (INED, Centre Maurice Halbwachs) – Lydie Launay (INU Champollion, LISST) – Nicolas Renahy (INRA, CESAER) – Mirna Safi (Sciences Po, OSC) – Cécile Vignal (U. Lille 1, CLERSÉ).

 

Frais d’inscription

 

Etudiants en master et doctorants sans aucun financement                   Gratuit

 

Doctorants allocataires, post-doctorants et chercheurs précaires          30€  (déjeuners inclus)

 

Enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires (MC, PU, CR, DR)        95€  (déjeuners inclus)

 

Les frais d’inscription peuvent être réglés :

 

- soit par virement sur le compte du RT9, dont les coordonnées bancaires sont les suivantes :

 

Etablissement : Banque postale, Centre financier 75900 Paris CEDEX 15 – BIC : PSSTFRPPPAR

 

IBAN : FR54 2004 1000 0169 9765 0X02 011

 

Code établissement : 20041      Guichet : 00001      Compte : 6997650X020      Clé RIB : 11

 

- soit par chèque à l’ordre du RT9 et adressé à : RT9, 9 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris.

 

Une attestation du règlement des frais d’inscription vous sera adressée dès réception du paiement.

 

 

1e séance plénière – jeudi 29/09, 09h30-12h00

 

présidée par Bruno Cousin, amphithéâtre F417

 

Lafabriquedesinégalitésspatiales :lerôledes intermédiaires de marché

 

 

 

Allocutions de bienvenue de Marie-Christine Jaillet, Vice-présidente de la Commission recherche de l’Université Toulouse Jean Jaurès, et de Bruno Cousin, Responsable du RT9

 

 

 

Loïc Bonneval (Université Lyon 2, Centre Max Weber)

 

Les marchés du logement au prisme des agents immobiliers

 

La sociologie urbaine attribue un rôle central aux marchés du logement dans la fabrique des inégalités spatiales. La persistance de prix immobiliers élevés malgré la crise de 2008, et surtout la déconnexion entre ces prix et les revenus des ménages, ont encore accentué ce rôle. De nombreuses causes structurelles et conjoncturelles expliquent, au moins partiellement, cette situation, notamment la faiblesse des taux d’intérêts et, plus largement, les modalités d’accès au crédit des ménages. Même si les variations locales sont nombreuses, en particulier entre les marchés dits « tendus » et les autres, la cherté du logement et les mécanismes de marché semblent constituer le cœur de la dynamique des inégalités socio-spatiales. Quoique relativement mal connus dans le cas français, les acteurs de marché, et en premier lieu les agents immobiliers, sont fréquemment incriminés. Quelque soit le mécanisme envisagé, de l’effet sur la conjoncture (les agents immobiliers pousseraient les prix à la hausse car leurs commissions sont proportionnelles au prix) à celui sur le tri urbain (sélection des clients, discriminations) en passant par les rapports de force sur le marché (les agents immobiliers seraient de fait clients des vendeurs plus que des acquéreurs), les intermédiaires seraient en première ligne. Ces critiques sont souvent éparses et peu articulées entre elles, ce qui renvoie à des difficultés d’analyse classiques, notamment à la diversité des échelles spatiales et temporelles qu’elles mobilisent plus ou moins explicitement, mais également au fait que peu d’études prennent les intermédiaires de marché comme objet principal. La prise en compte de la diversité de ces acteurs et des mutations qui affectent l’intermédiation immobilière permet une meilleure appréhension de leur action sur le marché.

 

Saskia Cousin (IUF et Université Paris Descartes, CANTHEL), Sébastien Jacquot (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, EIREST) et Gaël Chareyron (ESILV)

 

Airbnb, ou l’inégalité collaborative

 

Dans le cadre d’une recherche méthodologique pluridisciplinaire sur les circulations touristiques, nous procédons à l’extraction des données massives sur différents réseaux sociaux et plateformes en ligne. Notre travail sur airbnb a entrainé une série de sollicitations institutionnelles et médiatiques. Après avoir exposé nos méthodes et nos résultats, cette communication propose quelques hypothèses sur ce que révèle le « phénomène airbnb ». La concentration de l’offre airbnb est un indicateur intéressant des inégalités socio-spatiales ; toutefois, à Paris, le « phénomène airbnb » paraît plus une conséquence qu’une cause d’embourgeoisement. L’analyse comparée de l’offre dans différents quartiers et des collectifs qui s’y opposent révèle en revanche la progression de la « touristification » de Paris et ses conséquences. La valse hésitation de la mairie de Paris vis-à-vis de cette implantation (les logeurs sont aussi des électeurs), les préoccupations des services fiscaux, les attaques des syndicats hôteliers, la frénésie médiatique sur le sujet indiquent la difficulté d’appréhension d’une plateforme qui capitalise à la fois sur un imaginaire « collaboratif », la marchandisation des espaces privés, la précarisation des services, et la prise de pouvoir de nouveaux acteurs immobiliers et hôteliers. En 2016, les touristes dorment dans des appartements parisiens, tandis que les sans logis s’entassent dans des hôtels de la périphérie. Les propriétaires louent leur appartement sans frais, mais ce complément de revenu est inaccessible aux locataires, notamment des logements sociaux. Ces constats interrogent sur la capacité d’agir des pouvoirs publics vis-à-vis d’un acteur immobilier qui accélère les inégalités socio-spatiales tout en se constituant en marchandeur de temps et d’espaces domestiques pour les plus aisés. Bref : un acteur clef de l’inégalité collaborative.

 

 

 

 

 

Séances-ateliers du jeudi 29/09, 14h00-16h30

 

1. Quantifier les inégalités : tendances et recompositions

 

Salle RE411 – Coordinatrice de la séance : Anne Lambert

 

 

 

Edmond Préteceille (CNRS et Sciences Po, OSC)

 

Les transformations de la ségrégation dans la métropole parisienne depuis 1999

 

Antoine Jardin (CNRS, CESDIP)

 

Une analyse multidimensionnelle nationale des inégalités urbaines par IRIS

 

Rémi Sinthon (CMH-ETT et CESSP-CSE)

 

Trajectoires résidentielles à l’entrée dans l’âge adulte et enracinement territorial du capital scolaire

Pierre-Antoine Chauvin (INED, Unité « Mobilité, logement, entourage » et Université Paris-Ouest Nanterre La Défense)

Peuplement et dépeuplement d’un parc social de fait. L’hôtel meublé comme observatoire de la fabrique des inégalités spatiales

 

2. Socialisations juvéniles et expériences des inégalités urbaines

 

Salle RF422 – Coordinateur de la séance : Jean-Yves Authier

 

 

 

Margot Delon (Sciences Po, OSC)

 

La continuité des inégalités. Trajectoires du bidonville au HLM et rapport à l’injustice

 

Marine Huet (ENTPE et Université de Lyon, EVS)

 

Expériences urbaines et représentation du monde social par des lycéens de quartiers ségrégués

 

Adrien Benaise (Université Lille 1, CLERSÉ)

 

Si proches, si loin ? Les relations entre jeunes dans des zones de contiguïté entre espaces populaires et espaces supérieurs

 

Clément Rivière (Université Lille 3, CERIES)

 

Parentalité urbaine et perception des inégalités socio-spatiales

 

 

 

3. Entre-soi et ségrégation urbaine

 

Salle RE412 – Coordinateur de la séance : Bruno Cousin

 

 

 

Garance Clément (Université Paris-Est, Lab’Urba)

 

Les « bons » Français de Belgique. Sélectivité migratoire et inégalités d’accès au logement dans les communes frontalières wallonnes

 

Claire Gellereau (Université Lille 1, CLERSÉ)

 

Les choix résidentiels comme principe de différenciation sociale. Le cas des « migrants privilégiés » dans la ville de Séoul

 

Lorraine Bozouls (Sciences Po, OSC et Université de Milan-Bicocca)

 

La construction du privilège local. Analyse des modes de justification de l’entre-soi des habitants de classe supérieure

 

Léa Mestdagh (CERLIS et Université Rennes 1)

 

Le jardin partagé en quartier mélangé : une privatisation symbolique de l’espace

 

 

4. Gentrifications : processus et effets

 

Salle RF423 – Coordinateur de la séance : Lydie Launay

 

 

 

Pauline Clech (Sciences Po, OSC)

 

De la diffusion des catégories supérieures en banlieue parisienne : comment catégoriser ce(s) processus ?

 

Emmanuelle Lenel (Université Saint-Louis, Bruxelles)

 

Le dispositif Citydev et la transformation des quartiers populaires centraux de la Région de Bruxelles-Capitale par le subventionnement de logements pour les classes moyennes et supérieures

 

Genevieve Breault (Université du Québec à Montréal)

 

Atteintes au chez-soi et vécu d’injustice chez les locataires aux prises avec le tourbillon de la gentrification : le cas du quartier Villeray à Montréal

 

Nathalie Fuchs (Sciences Po, CERI)

 

Des trajectoires sociales perturbées sous l’effet des expulsions liées à la gentrification à Oakland (Californie)

 

 

 

5. Métropolisation et fractures territoriales

 

Salle RE323 – Coordinateur de la séance : Rémi Habouzit

 

 

 

Christine Barwick (Sciences Po, CEE) et Frédéric Gilli (Sciences Po et Métropolitiques)

 

Le regard des citoyens du Grand Paris sur les inégalités dans leur métropole

 

Frédéric Moulène (Université de Strasbourg, DynamE)

 

Les approches spatialistes au prisme de l’analyse sociologique : le cas des territoires périurbains

 

Cécile Cuny (Université Paris-Est, Lab’Urba) et David Gaborieau (Université Paris-Est, LVMT)

 

« Haute » et « basse » logistique : retour sur la dualisation dans les grandes métropoles. Une comparaison entre Paris, Francfort/Main, Orléans et Kassel

 

Sylvain Bordiec (Université de Bordeaux, LACES)

 

« Ici les gens sont seuls, isolés ». Ce que les usages des catégories de solitude et d’isolement en milieu rural révèlent des rapports établis entre territoire et inégalités sociales et de santé

 

16h30-17h00

 

Pause-café

2e séance plénière – jeudi 29/09, 17h00-19h00

 

présidée par Yankel Fijalkow, amphithéâtre F417

 

Périurbanisation et rénovation urbaine

 

 

 

Marie-Christine Jaillet (CNRS, LISST, Équipe CIEU)

 

Les inégalités socio-spatiales dans les métropoles au prisme de la « ville à trois vitesses » : retour sur le processus de périurbanisation

 

Les inégalités sociales dans les villes et leurs effets spatiaux ont été appréciées ces dernières années au prisme d’une figure celle de la « ville à 3 vitesses » formalisée par Jacques Donzelot qui permettait de rendre compte de trois processus interagissant de manière concomitante : les processus de gentrification, de périurbanisation et de relégation. On peut s’interroger sur le caractère heuristique de cette figure ? A-t-elle permis de rendre compte de la manière dont a évolué la division sociale de l’espace au cours de ces trente dernières années ? Quelle évaluation peut-on en faire ? Peut-on considérer qu’elle a incarné la formalisation d’un moment de la recomposition des espaces urbains aujourd’hui dépassée ? C’est à ces questions que l’on s’efforcera de répondre dans un premier temps en reconnaissant qu’un de ces mérites est sans doute d’avoir souligné l’importance des stratégies individuelles et de leur agrégation dans la production des inégalités socio-spatiales. En effet la ségrégation n’est pas seulement le résultat de l’action des « forces du marché », elle est aussi (avant tout ?) le fruit du comportement des différents groupes sociaux qui habitent la ville. Les critiques n’ont cependant pas manqué pour souligner les limites de cette figure, qu’il s’agisse de son inadaptation à des types ou tailles de ville où l’un de ces processus est absent (par exemple celui de la gentrification) ou qu’il s’agisse d’invoquer la plus grande complexité des phénomènes à l’œuvre, interrogeant par là-même la capacité des sciences humaines et sociales à construire des modèles d’analyse. Dans un second temps, on s’attachera plus particulièrement au processus de périurbanisation dans ses interactions avec la gentrification et la relégation, pour souligner ses places et fonction dans les recompositions en cours des espaces urbains et pour également revenir sur la manière dont la catégorie socio-spatiale du périurbain a été construite et instrumentalisée par le discours politique, bien loin de la « diversité sociale » de la périurbanisation et de la capacité des espaces périurbains d’entrer sur la scène des transactions métropolitaines.

 

 

 

Renaud Epstein (IEP de Saint-Germain-en-Laye)

 

Evidence biased policy : ce que l’on sait des effets et de l’impact de la rénovation urbaine

 

Treize après le lancement du Programme national de rénovation urbaine, les opérations de démolition-reconstruction programmées dans plus de 500 quartiers sont terminées ou en voie d’achèvement. Plus de 45 milliards d’euros auront été mobilisés pour ce programme qui devait, en transformant l’urbanisme et la structure du parc de logements des grands ensembles, y rétablir une mixité sociale parée de multiples vertus. L’objectif a-t-il été atteint ? Alors même que le design institutionnel du PNRU (un programme national, organisé autour d’objectifs précis traduits dans des dizaines d’indicateurs, dont le suivi et l’évaluation étaient assurés par deux institutions ad hoc) visait à garantir son évaluation, force est de constater que les informations disponibles pour répondre à cette question demeurent très parcellaires. Ceci n’a pas empêché la proclamation précoce et répétée du « succès incontestable » de ce programme par le Comité d’évaluation de suivi de l’ANRU, les ministres de la ville successifs et divers rapports parlementaires, au prix d’une confusion entretenue entre réalisations et résultats. Après avoir expliqué les raisons politiques et institutionnelles de cette absence d’évaluation, qui n’a pas empêché le lancement d’un nouveau programme de rénovation urbaine en 2014, la communication présentera un état des connaissances relatives aux effets et à l’impact d’une politique de rénovation urbaine qui relève moins de l’evidence-based policy que de l’evidence-biased policy.

 

19h00 – Cocktail

 

3e séance plénière – vendredi 30/09, 09h30-12h00

 

Présidée par Lydie Launay, amphithéâtre F417

 

La fabrique des inégalités spatiales : générations et stratégies familiales

 

Marco Oberti (Sciences Po, Observatoire sociologique du changement)

 

Ségrégation urbaine et ségrégation scolaire : effets de contextes et questions de méthodes

 

S’il existe une forte corrélation entre la ségrégation urbaine et la ségrégation scolaire dans les établissements publics, étant donné le principe de sectorisation, la seconde n’est cependant pas le simple reflet de la première. De multiples processus conduisent à en accentuer l’intensité. Il convient donc de mettre en perspective les deux types de ségrégation et d’en mesurer les écarts et les effets, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes méthodologiques. L’analyse spatiale de ces dynamiques, associée à celle des résultats scolaires, fait apparaître de très fortes inégalités entre les territoires. Les effets de la ségrégation scolaire sur les inégalités de réussite sont souvent analysés en référence à la seule origine sociale des élèves. Or, combiné au sexe, au profil de l’établissement, et à sa localisation, ces effets varient de façon parfois très sensible. Nous présenterons ces différentes dimensions à partir du cas de la réussite au brevet des collèges dans la métropole parisienne.

 

 

 

Fanny Bugeja-Bloch (Université de Paris-Ouest Nanterre, CRESPPA, Équipe GTM)

 

Jeunesse sacrifiée et génération privilégiée par le logement (1985-2011)

 

Ancrée dans la sociologie du logement, la dimension spatiale des inégalités est abordée selon les propriétés statutaires et économiques du logement – logement en location ou en propriété ainsi que le coût quotidien qu’il représente dans les budgets des ménages. Prenant en compte ces deux dimensions – positions sur le marché du logement et coût du logement – l’enjeu est de montrer par quels mécanismes ségrégatifs les moins de 35 ans se trouvent enfermés dans une « spirale des inégalités » entretenue, voir alimentée depuis 2000, par le logement. Ce cumul des difficultés est-il propre à une classe d’âge ou caractérise-t-il plutôt une génération donnée ? Peut-on parler de générations sacrifiées et/ou de générations privilégiées et dans quelle mesure le logement y participe ? De manière continue depuis le début des années 2000, les moins de 35 ans connaissent une pression budgétaire du logement inédite, deux à trois fois plus lourde que celle supportée par leurs ainés à la même date. D’un côté, les locataires du secteur libre se paupérisent et rajeunissent, de l’autre, les propriétaires s’enrichissent et, leurs patrimoines dans le même temps s’étoffent. D’un point de vue intergénérationnel, les premiers nés du baby-boom semblent gagnants. Près de 80% d’entre eux sont aujourd’hui propriétaires et le budget consacré à leur logement a été relativement stable et bas tout au long de leur vie. Le rôle des politiques publiques est également interrogé.

 

 

 

Sibylle Gollac (CNRS, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris, Équipe CSU)

 

Héritage familial et ancrage territorial. Le poids du patrimoine sur les trajectoires résidentielles

 

Depuis la moitié du XXe siècle, l’accession à la propriété devient une modalité de logement de plus en plus courante. Elle engage cependant plus que jamais la mobilisation de ressources familiales, sous des formes variées selon les milieux sociaux, du soutien financier plus ou moins important à l’apport en main-d’œuvre pour l’autoconstruction, en passant par les conseils et les contacts pour décrocher un emprunt ou trouver un terrain. Ces ressources familiales sont plus ou moins conditionnées par le maintien au voisinage du réseau parenté. Les différents héritages dont bénéficient les individus pour accéder à la propriété impliquent ainsi des formes différenciées d’ancrage à leur territoire familial. Ce sont ces articulations, entre héritages familiaux et ancrage résidentiel au sein d’un espace géographique plus ou moins étendu, que cette communication propose d’explorer. Pour cela, elle s’appuiera à la fois sur une enquête ethnographique par monographies de famille – au cours de laquelle l’enquêtrice se déplace d’un espace local à l’autre au gré des trajectoires résidentielles des apparenté-e-s – et sur l’exploitation statistique d’enquêtes nationales de l’INSEE (Patrimoine, Logement et Conditions de vie des ménages). Il s’agira notamment de montrer comment, selon les milieux sociaux, l’accession à la propriété et l’accumulation d’un patrimoine immobilier se font au prix d’un ancrage territorial plus ou moins étroit et défavorable aux ascensions sociales.

 

Séances-ateliers du vendredi 30/09, 14h00-16h30

 

 

 

6. Administrer le logement et les espaces populaires

 

Salle RF422 – Coordinateur de la séance : Rémi Habouzit

 

 

 

Quentin Ramond (Sciences Po, OSC et LIEPP)

 

Logement social et fabrique de la mixité. Diversité des stratégies de production et de gestion du parc social en Île-de-France

Mariana Tournon (Université Paris-Est, Lab’Urba)

 

De simples techniciens du logement social ? Le rôle des équipes de direction des organismes HLM dans la conduite de la rénovation urbaine

 

 Camille François (Université de Rouen et Université Paris 8, CRESPPA-CSU)

 

Une politique de dépeuplement. Les procédures d'expulsion locative entre institution préfectorale et pouvoir municipal

 

 Vincent Lebrou (Université de Strasbourg, SAGE)

 

Saisir la politique de la ville « par le bas » : le cas des jardins partagés dans les quartiers d’habitat social

 

 

 

7. Action publique et mobilisations des minorités dans les quartiers populaires

 

Salle RE411 – Coordinateur de la séance : Anne Lambert

 

 

 

Foued Nasri (Université de Genève, InCite et Sciences Po, CERI)

 

Agir pour son quartier, entre bénévolat et position professionnelle : les acteurs de la mouvance de Zaâma d’Banlieue dans l’agglomération lyonnaise au début des années 1980

 

 Ya-Han Chuang (Université Paris-Sorbonne, GEMASS)

 

Les reconfigurations des frontières sociales et ethno-raciales dans une zone commerciale : quand les grossistes chinois se mobilisent contre l’insécurité

 

 

Céline Véniat (EHESS, IMM-CEMS)

 

Bidonvilles et politique municipale : une mise en concurrence des usages du territoire urbain en banlieue parisienne

 

 Gaja Maestri (Université de Durham) et Tommaso Vitale (Sciences Po, CEE)

 

La sociologie peut-elle nous aider à comprendre la persistance de logements publics dédiés seulement aux Roms ? Les champs d’action stratégique dans la politique de relégation ethnique à Rome

 

 

 

8. Conflits et mobilisations pour la justice spatiale

 

Salle RE412 – Coordinateur de la séance : Vincent Baggioni

 

 

 

Philippe Urvoy (Université Fédérale du Minas Gerais, Belo Horizonte)

 

Les occupations de terres urbaines à Belo Horizonte (Brésil) : une forme d’organisation collective face à l’injustice spatiale

 

 Gülçin Erdi-Lelandais (CNRS, CITERES) et Bénédicte Florin (Université de Tours, CITERES)

 

Luttes urbaines, mobilisations des subalternes et (in)justice spatiale. Exemples à Ankara et Istanbul

 

Na Wang (EHESS, CECMC et CMH)

 

Politique du logement et politique de l’espace et de la production de l’espace : développement urbain et conflits familiaux autour du patrimoine immobilier à Shanghai dans les années 2000

 

Stéphanie Vincent-Geslin (Université de Lausanne, IGD), Antoine Rode (Université de Grenoble), Emmanuel Ravalet (EPFL, LSU) et Vincent Kaufmann (EPFL, LSU)

 

Mobilités et inégalités sociales : quel accompagnement des publics vers le droit à la mobilité ?

 

 

9. Des représentations aux modalités de l’intervention urbaine

 

Salle RF423 – Coordinateur de la séance : Bruno Cousin

 

 

 

Catherine Baron (IEP de Toulouse, LEREPS)

 

Politiques de lutte contre les inégalités urbaines et marchés inclusifs de l’eau à Ouagadougou (Burkina Faso) : des logiques contradictoires ?

 

Agnès Deboulet (Université Paris 8, LAVUE-CRH)

 

Quartiers précaires : inégalités spatiales entre enjeux de connaissance et de reconnaissance

 

 Matthieu Adam (INSA Lyon, EVS)

 

La conformité aux valeurs et aux pratiques du développement urbain durable, une nouvelle logique de catégorisation sociale ?

 

 Clément Barbier (Université Lille 2 et Université Paris 8, CRESPPA-CSU)

 

Faire des « quartiers à problèmes » l’emblème de « l’attractivité métropolitaine ». Ambiguïtés et contradictions de deux grands projets de renouvellement urbain au sein des agglomérations de Lille et Hambourg

 

 

 

10. Privatisation, patrimonialisation, et dimension urbaine des mondes de l’art

 

Salle RE323 – Coordinateur de la séance : Yankel Fijalkow

 

 

 

Marie Piganiol (Sciences Po, CSO et EHESS)

 

Quand l'Etat tire profit des plus-values immobilières. Les politiques de privatisation du patrimoine public

 

 Elsa Martin (Université Toulouse 2 et INU Champollion, CERTOP)

 

L’appropriation d’un centre ancien patrimonialisé en ville moyenne : les conséquences variables de la présence touristique

 

 Myrtille Picaud (EHESS et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CESSP)

 

Renforcer l’offre musicale pour lutter contre les inégalités ? L’ouverture de salles de concert dans les quartiers les plus populaires de Paris

Louis Jesu (Université de Rouen, Université de Lorraine et Centre Maurice Halbwachs)

 

Le rapport à l’espace du quartier chez les pratiquants du hip-hop : entre foklorisation et mise à distance

 

 

 

 

 

16h30-17h00

 

Pause-café

 

4e séance plénière – vendredi 30/09, 17h00-19h00 – Amphithéâtre F417

 

présidée par Vincent Baggioni, amphithéâtre F417

 

Sens de l’injustice spatiale et action collective

 

 Valérie Sala Pala (Université Jean Monnet de Saint-Etienne, Triangle)

 

« L’émeute », et après ? Vers une sociologie politique des révoltes urbaines

 

Comprendre les révoltes urbaines constitue un redoutable défi pour la société et pour les chercheurs aujourd’hui. Le monde social et la littérature de sciences sociales restent traversés par une lutte entre deux types d'interprétation de ces révoltes, soit comme forme d’expression politique pour des groupes sociaux marginalisés, soit comme actes déviants révélateurs d’un déficit de citoyenneté des jeunes des quartiers populaires. Alors que les travaux de sciences sociales sur cette question ne sont pas toujours suffisamment étayés empiriquement, nous chercherons à contribuer à une sociologie politique des révoltes urbaines, empiriquement fondée (nous mobiliserons ici une enquête menée sur une ville française moyenne), et permettant de saisir la façon dont les acteurs sociaux – « révoltés », habitants, acteurs des politiques urbaines – font l’expérience de ces révoltes, leur donnent sens et définissent eux-mêmes les « frontières du politique », de la citoyenneté et de l’ethnicité. Ce projet implique de croiser plusieurs sous-champs : sociologie urbaine, sociologie politique, sociologie de l’ethnicité. Ce point de croisement permet de comprendre comment le sens subjectif que les jeunes habitants d’un quartier populaire donnent aux révoltes s’articule à leur rapport au politique, à leur expérience du quartier et des rapports sociaux de domination. Il permet aussi d’interroger les effets des révoltes sur l’espace politique et sur l’action publique locale et de répondre à cette question : « Do riots matter? ».

 

Didier Lapeyronnie (Université Paris-Sorbonne, Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique de la Sorbonne)

 

(sous réserve de confirmation)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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