RT37 Sociologie des médias

 

Journées de travail

6 et 7 juin 2017 - Centre Pouchet - 59/61 rue Pouchet - Paris 17e - Salle de conférences

 

Quelle autonomie (de la sociologie) du champ journalistique aujourd’hui ?

 

Programme synthétique (programme détaillé à télécharger en bas de page)

 

Mardi 6 juin 2017

8h45-9h : accueil
9h-9h30. Introduction des journées par les organisateurs
9h30-10h25. Conférence de Rodney Benson (New York University) : « Bourdieu and the Journalistic Field: its reception and impact across the world ».

10h30-13h15 - Session 1. Journalisme et ordre politique : caractériser l’interdépendance - discutée par Annie Collovald (Université de Nantes, CENS)

  • Dominique Marchetti (CNRS, CESSP), « La production de l’information entre champs nationaux et espace transnational. Le cas de l’actualité ‘marocaine’ à l’étranger »
  • Eric Darras (Sciences-Po Toulouse, LaSSP), « Désordres journalistiques et ordre politique : continuités dans la rupture »
  • Jérémie Nollet (Sciences-Po Toulouse, LaSSP), « Que faire du capital médiatique ? Réflexions sur les usages et les critiques d’un concept trop peu travaillé »

14h30-17h - Session 2. Les patrons des journalistes. Espace, trajectoires et stratégies - discutée par Paul Lagneau-Ymonet (Paris-Dauphine, PSL Research University, IRISSO)

  • Julie Sedel (U. Strasbourg, SAGE), « Construire l'espace des dirigeants de presse d'information politique et générale en France »
  • Ivan Chupin (UVSQ, Printemps), « Les investissements patronaux dans la formation au journalisme »
  • Romain Lecler (ENS, Département des sciences sociales), « Quand champs des médias et du pouvoir se confondent. Les nominations dans l'audiovisuel extérieur »

17h15-19h15. Session-débat. Travailler et publier sur le champ journalistique : genèse et perspectives d’un programme de recherche - débat animé par les organisateurs

  • ·Patrick Champagne (CNRS, CESSP), « Spécificités du champ journalistique»  
  • ·Julien Duval (CNRS, CESSP), « Retour sur une tentative de construction statistique d'un sous-espace du champ journalistique »
  • Jérôme Berthaut (U. Bourgogne, Cimeos), Jean-Baptiste Comby (U. Paris 2, Carism ; CENS), Benjamin Ferron (UPEC, Céditec), Karim Souanef (U. Lille 2, UREPSSS), « Quelle autonomie de la sociologie du champ journalistique aujourd’hui ? »
  • Débat avec la salle

Mercredi 7 juin 2017

9h-9h30. Accueil
9h30-13h.Session 3. L’espace des journalistes : entre logiques de champ et rapports de classe - discutée par Lise Bernard (CNRS, Centre Maurice Halbwachs)

  •  Olivier Baisnée (Sciences Po Toulouse, LaSSP), « Ceci n’est pas un champ. A propos de l’espace social des hommes de presse français en 1880 »
  • Samuel Bouron (Paris-Dauphine, PSL Research University, IRISSO), « L’emprise des écoles de journalisme »
  •  Géraud Lafarge (IUT de Lannion, CENS), « L’espace des étudiants en journalisme et leur devenir professionnel et social »
  •  Antoine Machut (Université de Grenoble, PACTE), « La production d'un monde de l'information financière. Expliquer le maintien et l'exit des "journalistes financiers" à partir d'une analyse séquentielle ».

 14h30-17h.Session 4. Contestations de la légitimité journalistique et subversion des règles du jeu médiatique - discutée par Benjamin Ferron (UPEC/Céditec)

  • Sophie Noël (U. Paris 13, LabSIC/CESSP-CSE), « Les rapports entre édition de critique sociale et presse écrite : extension du domaine de la critique des médias »
  • Marie Neihouser (U. Laval, Groupe de Recherche en Communication Politique), « Les journalistes et le blogage : ou quand l’activité numérique renforce les écarts de position observables offline dans un champ professionnel »
  • Julien Salingue (docteur en science politique), « Quand militants, universitaires et journalistes s'associent pour critiquer les médias : le cas d'Acrimed »

 Comité d'organisation : Jérôme Berthaut, Jean-Baptiste Comby, Benjamin Ferron, Karim Souanef

 

Appel à communications pour les sessions du RT37 « Sociologie des médias »
7ème Congrès AFS - 3>6 juillet 2017 - Amiens
 
 
Les médias, enjeux de pouvoirs
 
 
Dans le cadre du Congrès AFS 2017 sur « la sociologie des pouvoirs / pouvoirs de la sociologie », le Réseau Thématique Sociologie des médias (RT37) se donne pour objectif d’explorer les médias en les appréhendant comme des lieux où, d’une part, s’expriment des rapports sociaux de pouvoir et se légitiment le pouvoir de la classe dominante puis, d’autre part, se développent des formes de résistances à cet ordre établi. Dans cette perspective, les propositions[1] emprunteront l’une des quatre pistes suivantes :
 
1.  Champs de productions culturelles de grande diffusion et champ du pouvoir
 
Les champs de productions médiatiques entretiennent des liens très forts avec le champ du pouvoir, entendu comme « l'espace des rapports de forces entre des agents ou des institutions ayant en commun de posséder le capital nécessaire pour occuper des positions dominantes dans les différents champs (économique ou culturel notamment) »[2]. L’analyse des fondements du pouvoir conduit à interroger ces relations selon deux perspectives.
Premièrement, des contributions pourront porter sur les manières dont les agents et organisations occupant les positions hautes dans les champs politique, économique, bureaucratique (etc.) pèsent (ou s’efforcent de peser) sur les différents sous-espaces de productions de biens culturels de grande diffusion, qu’il s’agisse du journalisme, des fictions, des divertissements (etc.). Une attention particulière pourra être portée aux transformations que connaissent les différentes composantes de ces classes dominantes et à leurs effets sur le fonctionnement et les luttes dans les différents espaces de productions médiatiques. Les propriétés sociales et les trajectoires des dirigeants de médias et d’organisations, parties prenantes des univers médiatiques (chaînes, groupes de presse, sociétés de production, éditeurs, associations et syndicats professionnels, etc.), ainsi que leurs relations et leurs sociabilités dans les autres composantes du champ du pouvoir, constituent des terrains d’étude susceptibles d’expliquer les processus de légitimation et de renforcement de l’ordre établi. Il serait pertinent de s’intéresser plus spécifiquement à la manière dont des agents et des institutions (multi)positionnés à la frontière de différents champs, par la diversification de leurs activités (notamment médiatiques), leur rôle d’intermédiaires, et/ou la diversité des ressources accumulées, parviennent à se hisser dans le champ du pouvoir et à y renforcer leur position. On pense notamment aux conglomérats et dirigeants des grandes firmes (de l’industrie, des BTP, des télécommunications, de la finance…) et à leurs investissements dans le domaine des médias.
Deuxièmement, des contributions porteront sur la manière dont des productions médiatiques variées (blogs, articles de presse, vidéos youtube, séries et reportages télévisées, retransmissions sportives, talk-shows…), révèlent des rapports sociaux de pouvoir et participent in fine au maintien de l’ordre social. Interroger les pratiques de monstration ou au contraire d’invisibilisation de certains groupes sociaux dans les médias permet par exemple de mettre au jour des logiques de catégorisation, de hiérarchisation et de déceler les ressorts et mécanismes de domination à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. Cet axe invite à discuter aussi bien les procédés d’accès à la sphère publique et les logiques de légitimation des thématiques abordées, dans une perspective visant à étudier la dynamique entre visibilité et invisibilité dans les médias. Il conviendra d’éclairer les conditions sociales et les contextes de production des contenus en tenant compte des discours, des représentations, des propriétés sociales, des pratiques, des contraintes, des interactions de ceux qui interviennent  dans la production culturelle et médiatique : des « auteurs » aux agents et institutions plus éloignés de la fabrication mais exerçant des formes d’influence à distance favorisant la reproduction de ces discours.
 
2. Relations entre champs intellectuel et journalistique (session commune avec le RT27 « Sociologie des intellectuels et de l’expertise »)
 
Cette session commune est consacrée aux relations entre champs intellectuel et journalistique. Plusieurs axes de réflexion pourront être explorés par les communications.
Les rapports entre champs journalistique et intellectuel pourront tout d'abord être envisagés sous un angle historique. En France, comme dans les pays anglophones, les différents champs intellectuels et le champ journalistique se sont notamment construits en s'autonomisant les uns vis-à-vis des autres dans le courant du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Des études de cas pourront revenir sur les formes prises par ce processus de différenciation et sur ses effets de long terme sur la structuration de ces différents champs, et dans leur relation au champ du pouvoir. On pourra se demander si le même processus s'observe dans d'autres pays ou s'il est possible d'observer des configurations différentes dans d'autres contextes politiques ou nationaux. En ce qui concerne la période plus contemporaine, on pourra enfin étudier ce que le développement des sciences humaines et sociales a fait à la profession de journaliste (conditions d'entrée dans la profession, définition des différentes spécialités, méthodes d'investigation et recours aux « experts » etc.), notamment pour l’intériorisation de schèmes d’analyse et d’interprétation du monde social susceptibles de remettre en cause l’ordre établi et les fondements des pouvoirs.
Un second ensemble pourra porter sur les interventions des intellectuels (écrivains, philosophes, économistes, historiens, sociologues, essayistes etc.) dans les médias. Celles-ci peuvent être réinscrites au sein de la question plus large des modalités d'intervention des intellectuels au sein de l'espace public et des rapports entre autonomie intellectuelle et engagement. Elles peuvent également être interrogées du point de vue du fonctionnement propre aux champs journalistique et médiatique (quelles logiques sous-tendent le recours aux « experts » de la part des journalistes ou la publication de tribunes d'intellectuels ? Etc.).
 
L'étude des interactions entre intellectuels et journalistes peut enfin permettre de réfléchir à une sociologie comparée des champs intellectuel et journalistique. Les modèles de champ ayant largement été élaborés à partir des cas des champs religieux, littéraire ou académique, on pourra se demander jusqu'à quel point ils sont transposables encore aujourd’hui à l'analyse du journalisme et des médias. L'opposition structurante au sein des autres champs de production symboliques entre un pôle autonome (où prime la reconnaissance par les pairs) et un pôle hétéronome (où prédominent des formes de reconnaissance externes) permet-elle de rendre compte des oppositions propres au champ journalistique ? Autour de quel « capital spécifique » se définit ce dernier ? En quoi l'objectivité revendiquée par le discours scientifique et la neutralité journalistique diffèrent-elles ? La pertinence de cette grille d’analyse du fonctionnement des univers de productions opposant un pôle autonome et un pôle hétéronome pourra également être questionnée pour d’autres sous-espaces de productions médiatiques, notamment celui des fictions.
 
3. Contrepouvoirs médiatiques et résistances aux médias
 
La question du pouvoir en sociologie des médias invite à interroger les différentes formes de résistances susceptibles d'être opposées aux pratiques et représentations dominantes dans le fonctionnement des médias et dans les discours diffusés par ceux-ci.
Les pratiques de réception et les usages pourront constituer un premier domaine d'analyse de ces formes d'imperméabilité ou de critique. L'idée que les individus développent, selon leurs positions sociales, des capacités de résistance par rapport aux médias n'est pas nouvelle. Elle peut être réinterrogée à l'aune des pratiques des amateurs, notamment en termes de détournement des contenus, de redistribution des activités créatives entre consommateurs et producteurs et d'évolution des usages des dispositifs médiatiques, notamment numériques. Les communications pourront ainsi s'attacher à décrire des pratiques de distanciation plus ou moins vives prises dans différents contextes sociaux de réception et d'usages des médias. 
Le regard pourra également se porter sur les différentes mobilisations contre les visées hégémoniques des médias dits traditionnels (eux-mêmes soumis à des luttes internes qu’il est possible d’analyser) et questionner les diverses modalités d’action des mouvements sociaux  (militances informationnelles et politiques et leur expression sur les espaces numériques ; revendications féministes ou antiracistes, etc.) et leurs stratégies de gestion de l’attention médiatique. Il convient alors d’interroger l’élargissement de l’espace des producteurs et les enjeux qu’il recouvre.
 
4. Sociologie de la croyance dans le pouvoir des médias sur les individus
 
Si les médias peuvent exercer un pouvoir sur les autres espaces sociaux, c’est aussi parce qu’au sein de ceux-ci est entretenue une croyance dans les pouvoirs des médias sur les individus, croyance dont il s’agit de questionner les fondements sociaux.
L’idée selon laquelle les médias, la communication et la culture auraient des effets puissants sur ce que les personnes pensent et font, représente sans doute l’un des lieux communs les plus coriaces et répandus. Ce poncif fait le jeu de l’idéologie néo-libérale et alimente régulièrement la rhétorique des groupes politiquement dominants. Il est aussi au principe de beaucoup de discours critiques sur les médias. Cet axe se propose d’interroger les ressorts sociaux du succès de cette croyance médiacratique qui trouve une caution académique dans tous les écrits universitaires reprenant à leur compte les questionnements très politiques et très peu scientifiques des effets des médias.
Les contributions pourront donc renseigner l’ancrage et les fonctions sociales des dispositifs qui banalisent la croyance dans le pouvoir des médias. Il peut s’agir de savoirs d’État tels que ceux produits par certains psychosociologues de la communication, d’instruments de gouvernement comme les enquêtes d’opinion et les actions publiques communicationnelles qu’elles accréditent, ou encore de corpus de connaissance enseignés dans les écoles de communication ou de journalisme.
Il sera également intéressant d’étudier les usages sociopolitiques de la croyance dans le pouvoir des médias sur les « gens ». Que nous disent ces discours médiacratiques sur les agents qui les véhiculent ? Enfin, seront bienvenus les travaux portant sur les rapports des individus socialisés à cette croyance. On pose l’hypothèse qu’étant produite et soutenue essentiellement au sein des catégories sociales (intermédiaires et) privilégiées, elle s’exprime différemment selon les contextes sociaux.
Cet axe cherchera donc à reformuler sociologiquement la question du pouvoir des médias sur les individus, et ce dans une perspective fidèle aux acquis des sciences sociales qui ne cessent de confirmer les déterminations collectives des processus d’appropriation des biens symboliques et de formation des points de vue.
 
Modalités de soumission
Les propositions de communication (environ 5000 signes, espaces compris) devront comporter :
- une présentation de la thématique proposée, de son lien avec la problématique sociologique de l’appel à communication, et de l’axe auquel elle se rapporte ;
- une présentation du terrain et de la démarche empirique mis en œuvre ainsi que du cadre théorique d’analyse mobilisé ;
- quelques références bibliographiques.
 
Elles devront être envoyées en document word ou openoffice par courriel au plus tard le 20 février 2017 à karim.souanef@univ-lille2.fr et jerome.berthaut@u-bourgogne.fr, avec comme objet du message « RT37 proposition congrès AFS ».
 
Merci de répondre aux normes suivantes :
- Nom, prénom du/des auteur-e-s
- Institution de rattachement
- Adresse mail
- Titre de la communication
- Résumé de la proposition
- Intitulé de l’axe dans lequel s’inscrit la proposition
 
Les propositions de communication feront l’objet d’une évaluation en double aveugle par les membres du comité scientifique. Les auteurs seront notifiés des résultats de la sélection des propositions début mars 2017. Des conseils pourront alors leur être transmis quant à l’intégration de leur communication dans la problématique des sessions.
 
Pour les propositions retenues, un résumé de 1500 signes sera demandé pour le site du Congrès de l’AFS début mars. Les textes définitifs (45 000 signes, espaces compris) devront être remis au plus tard le 5 juin 2017.
 
 
Comité d’organisation :
Anne-Sophie Beliard, Jérôme Berthaut, Jean-Baptiste Comby, Benjamin Ferron, Coralie Le Caroff, Sarah Lécossais, Karim Souanef


[1] Inscrites dans des dimensions nationale, transnationale ou comparative.
[2] Bourdieu Pierre, « Le champ littéraire », Actes de la recherche en sciences sociales, 89, 1991, p. 3-46.
 
 

Programme du Séminaire du RT37

 

Etudier les productions, circulations et réceptions des médias et biens culturels de grande diffusion

Méthodes, objets, théories

 

Jeudi 25 février 2016, 14h-17h

Jérôme Berthaut (MCF, UB/CIMEOS), Muriel Mille (post-doctorante, CESDIP)

« Ethnographier la production. Le cas des rédactions et des séries télévisées »

Discutant : Colin Robineau (doctorant, IFP-Paris 2, Carism)

 

Jeudi 14 avril 2016, 14h-17h - salle 124 (site Pouchet)

Sarah Lécossais (docteure, Paris 3/CIM), Nelly Quemener (MCF, Paris 3/CIM)

« L'analyse sociologique de matériaux audiovisuels : terrains, corpus, méthodes».

Discutante : Katharina Niemeyer (Mcf Paris II / IFP)

 

Vendredi 3 juin 2016, 14h-17h - salle 124 (site Pouchet)

Anne-Sophie Beliard (Post-doctorante EMNS, Paris 1/ISCC), Coralie Le Caroff (docteure, IFP-Paris 2, Carism)

« Pour une ethnographie en ligne de la réception. Saisir en pratiques les usages médiatiques »

Discutante : Clémentine Berjaud (MCF en science politique, Paris 1, CESSP).

 

Vendredi 23 septembre 2016, salle 255 (site Pouchet) - journée continue

9h-12h : Erica Guevara (MCF, Paris 8/Cemti), Benjamin Ferron (MCF, UPEC/Céditec)

« Analyser les médias des mouvements sociaux à partir d'entretiens sociologiques : des hypothèses aux résultats »

Discutant : Karim Souanef (MCF, Lille 2/URePSSS)

 

12h>13h / pause déjeuner - sandwichs

 

13h-16hJean-Baptiste Comby (sociologue, MCF, IFP-Paris 2, Carism et Cens)

La question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public (présentation de l’ouvrage paru en 2015 chez Raisons d'agir)

Discutant : Benjamin Ferron (MCF, UPEC/Céditec)


Le séminaire aura lieu à Paris, le plus souvent sur le site du CNRS Pouchet (56 Rue Pouchet, 75017 Paris), sauf précisions contraires.

 

Projet d'animation scientifique du séminaire 2016

Etudier les productions, circulations et réceptions des médias et biens culturels de grande diffusion

Méthodes, objets, théories

 

Lors du congrès 2015 de l’AFS, les sessions du RT37 ont abordé la thématique des « rapports de force autour de la dé/naturalisation du social dans les médias : acteurs et enjeux ». Les débats se sont centrés notamment sur les luttes pour l’imposition de visions du monde concurrentes dans différents types de médias (blogs, littérature de jeunesse, émissions télévisées, etc.) et sur les processus d’assignation qui en découlent, contribuant par exemple à définir des groupes sociaux (les jeunes de banlieues, les experts médiatiques, la finance, etc.).

Durant les deux années à venir, l’objectif est de poursuivre ce programme scientifique et de l’enrichir par une réflexion sur les modalités à mettre en œuvre pour appréhender sociologiquement l’univers des médias. En donnant de l’importance à la réflexivité méthodologique et aux questionnements théoriques, sans pour autant les déconnecter des résultats, les discussions porteront sur les médias de grande diffusion et les différents agents et institutions qui constituent cet univers et ses sous-espaces (journalisme, cinéma, séries télévisées, maisons d’éditions…). L’analyse des productions, des appropriations et des circulations des biens culturels de grande diffusion se focalisera plus particulièrement sur les enjeux sociaux, politiques, sexuels ou religieux de ces processus.

 

Méthodes

Le séminaire proposé entend accorder une place importante aux discussions méthodologiques à partir d’enquêtes de terrain. Comment objectiver la production des biens culturels de grande diffusion en tant que fait social ? Quelles méthodes utilisées pour rendre compte de ce processus (contextes, producteurs, productions)? Quelle place pour une ethnographie des médias et des biens symboliques, croisant les méthodes (entretiens, observations, enquêtes qualitatives, études du produit fini) et multipliant les regards sur l’objet traité ? Comment effectuer, empiriquement, le lien entre médias de grande diffusion et usages médiatiques, entre productions et consommations culturelles ? Quelles sont les conditions d’accès aux terrains et leurs limites ?

 

Objets

L’expression  « médias et bien culturels de grande diffusion » renvoie à tout un ensemble d’agents et d’institutions formant l’espace de production (et de diffusion) culturelle. Ils seront abordés de manière à cartographier cet espace, cerner ses transformations structurales, et ce au prix d’une nécessaire montée en généralité des résultats. Aussi, ces objets seront pensés pour ce qu’ils nous disent des acteurs concernés, de la recomposition des professions, mais aussi dans leurs relations aux espaces sociaux avec lesquels ils interagissent.

 

Théories

Au-delà de la diversité des approches, les analyses s’appuieront sur des concepts permettant de sortir des études de cas et de nourrir l’entreprise collective. Elles penseront les relations entre les univers sociaux, les luttes (socio-économiques et politiques) entre les différents acteurs, en lien avec les trajectoires de ces derniers, et leurs effets sur la diffusion des biens symboliques. Elles auront ainsi pour objectif d’inscrire résolument l’analyse des « médias et bien culturels de grande diffusion » dans la sociologie générale et de puiser dans tous les sous-champs de la discipline (sociologie du travail, sociologie de la culture, sociologie des élites et des intellectuels, sociologie de l’éducation, sociologie des classes sociales et des inégalités, etc.)

 

Organisation du RT37 Sociologie des médias (2015/2017)


Membres du bureau : Anne-Sophie Beliard, Jérôme Berthaut (responsable), Samuel Bouron, Jean-Baptiste Comby, Aurélie Delcros, Benjamin Ferron, Cégolène Frisque, Guillaume Goasdoué, Coralie Le Caroff, Sarah Lécossais, Muriel Mille, Nelly Quemener, Colin Robineau, Karim Souanef (responsable)

Contacts :
Karim Souanef : karim.souanef@univ-lille2.fr

Jérôme Berthaut : jerome.berthaut(@)u-bourgogne.fr

 

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Historique du RT37

Créé en 2002, le RT Sociologie des médias vise à fournir un espace de dialogue à l'ensemble des chercheurs travaillant sur les médias dans une perspective sociologique, quelle que soit leur discipline d'exercice. Ce champ de recherche concerne le travail et les profils des journalistes et des autres professionnels de la presse, le fonctionnement et les formes d’organisation des différents types de médias, l’analyse des produits et discours médiatiques, et enfin leur réception par les publics. Dans une démarche sociologique, l’objectif est d’articuler ces différents niveaux d’analyse : celle des acteurs ou producteurs de l’information, celle des organisations ou modes de production, celle des contenus ou produits médiatiques, et enfin celle des modes de réception, encore plus difficiles à appréhender. Certains travaux explorent de manière approfondie et minutieuse un support médiatique particulier, d’autres appréhendent des espaces médiatiques plus vastes. Mais l’enjeu est ici à travers les échanges de les faire dialoguer pour souligner les spécificités de certains médias et les phénomènes plus généraux, la diversité de leurs contenus ou l’hétérogénéité de leurs fonctionnements et les problématiques communes. L’objectif est enfin de faire la part des innovations ou évolutions de l’univers médiatique et des éléments de continuité plus structurels.

A la confluence de la sociologie, de la science politique et des sciences de l’information et de la communication, notre objectif est à la fois de structurer un espace de débat scientifique pluraliste de sociologie des médias, de lui donner une meilleure visibilité académique, et de développer les échanges et passerelles avec les autres secteurs et spécialités de la sociologie.

La liste rtmedias@yahoogroupes.fr est destinée à faire circuler l'ensemble des informations sur les manifestations scientifiques centrées sur les médias, la communication et le journalisme (appels à communication, colloques, parutions, propositions de collaboration...). Envoyer un mail à rtmedias@yahoogroupes.fr pour vous inscrire sur la liste de diffusion.

 Site internet : http://sociomedias.wordpress.com/

ARCHIVES

Appel à Communication conjoint RT14 Sociologie des Arts et de la culture & RT37 Sociologie des médias

Les publics de la culture et des médias en pratiques. 

Actualités de la recherche sur la réception.

Le colloque aura lieu les 17 et 18 novembre 2016 à l'Université Sorbonne Nouvelle / Paris 3. Date limite pour l’envoi des propositions de communication : 15 mai 2016. Texte de l'appel à Communication à télécharger ici.

 

Sessions du RT37 - Congrès AFS UVSQ 2015

Vous pourrez retrouver en ligne le programme des sessions du RT37 lors du congrès de l'Université de Versailles Saint Quentin sur le thème « Les rapports de force autour de la dé/naturalisation du social dans les médias : acteurs et enjeux »

 

Sessions du RT37 - Congrès AFS Nantes 2013

Vous pourrez retrouver en ligne l'appel à communications : Construction, circulation, subversion des rapports de domination dans les médias ? et le programme des sessions du RT.

 

Sessions du RT37 - Congrès AFS Grenoble 2011

Vous pourrez retrouver en ligne l'appel à communication qui a été diffusé en vue du congrès de Grenoble, ainsi que le programme des sessions du RT37.

 

Principales manifestations 2012-2013

  • Journée d'études IFP-CARISM-RT37 : Les statistiques institutionnelles sur les journalistes : Sources, méthodes, comparaisons, IFP-CARISM Unive'rsité Panthéon-Assas, 15 janvier 2013.
  • Colloque « Vers une sociologie des réputations ? », CURAPP, Amiens, avec le RT 12 et le GDR Economie et sociologie, 24-25 janvier 2013 (lien vers l’appel à communication)
  • Journées doctorales sur le thème « Médias, engagements et mouvements sociaux », Centre Emile Durkheim-MICA, Bordeaux, mars 2013

 

 

Dernières annonces des RT/GT