RT34 Sociologie politique

Co-Responsable(s) : Laurent Willemez et Mathilde Pette

Descriptif :

Le réseau thématique de sociologie politique a vocation à regrouper aussi bien l'ensemble des chercheurs qui croisent le politique dans leur recherche que ceux qui se sont spécialisés dans l'analyse des acteurs et des configurations politiques dans les sociétés contemporaines. Le brouillage actuel des structures et des formes de représentation politique établis, les nouvelles pratiques démocratiques, les enjeux liées à la socialisation politique ou encore les nombreux débats sur les transformations de l'engagement militant rendent indispensable une confrontation des travaux de recherche et des méthodes utiliées.

Bureau :

Marie Balas, Lucie Bargel, Lorenzo Barrault, Emmanuel Blanchard, Aïcha Bourad, Annie Collovald, Nathalie Ethuin, Tania Navarro, Mathilde Pette, Maricel Rodriguez Blanco, Pierre-Edouard Weill, Laurent Willemez

Contact : laurent.willemez@uvsq.fr, mathilde.pette@gmail.com

 

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Séminaire commun du RT 18 Sociologie des relations professionnelles et du RT 34 Sociologie politique 

de l’Association Française de Sociologie 

Discussion autour de l’ouvrage de Julian Mischi

Le Bourg et l’AtelierSociologie du combat syndical

Agone, 2016. 

Mercredi 11 janvier 

14h-16h en salle de conférence du site Pouchet du CNRS 

 

59-61 rue Pouchet 75017 Paris 

 

 

 

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Congrès de l’AFS

3 - 6 juillet 2017

Université Picardie Jules Verne - Amiens

 

 

Appel à communications

Réseau thématique 34 Sociologie Politique

 

 

            Comme pour chaque congrès, le Réseau thématique Sociologie politique de l’AFS lance un appel à communications. Nous proposons cette année de centrer les réflexions autour de deux thématiques, l’une articulée au thème général du congrès (Sociologie des pouvoirs, pouvoirs de la sociologie), l’autre en lien avec un enjeu politique récent auquel on espère contribuer dans une perspective résolument sociologique.

 

 

Axe 1 : La (non) circulation des savoirs de sociologie politique vers le politique

 

            Qu’il s’agisse des logiques exclusives d’accès aux champs politiques, des modalités de la professionnalisation, des structures institutionnelles encadrant les métiers politiques, des conditions de l’engagement militant, des mécanismes censitaires et des ancrages sociaux des rapports « profanes » au politique, ou encore de la fabrique et des effets de diverses actions publiques, la sociologie du politique s’est appliquée à mettre en exergue la contribution de l’ordre politique à la reproduction de l’ordre social et les diverses formes d’inégalités qui guident son fonctionnement. On sait par exemple que les professionnels de la politique se recrutent prioritairement (et de plus en plus) dans les régions les mieux dotées de l’espace social, que les partis jadis promoteurs des classes populaires en politique sont en voie de disparition, que les « citoyens » les moins dotés (notamment culturellement ou en ressources militantes) entretiennent des relations distantes avec la politique instituée, ou encore que les structures institutionnelles (à commencer par le cumul des mandats) et le fonctionnement des carrières politiques tende à exclure les femmes et les moins diplômés. En bref, au-delà de la diversité des cadres théoriques et des méthodes déployées par les chercheurs, les travaux sociologiques sont sans appel : en dépit des transformations qu’ont connues les milieux politiques comme les structures sociales ces quarante dernières années, les fondements du pouvoir politique apparaissent toujours largement inégalitaires, quels que soient ou presque les objets étudiés, les échelles d’analyses et les contextes. Bien loin des visions enchantées, universalistes et normatives d’un univers politique « démocratique », le regard sociologique a conduit à éclairer les multiples processus inégalitaires structurant les activités politiques, rompant avec les représentations de sens commun et/ou idéologiques qui dominent l’espace public.

            Cependant, les acquis des sciences sociales du politique semblent rarement (ou au moins très partiellement) circuler dans les milieux politiques ou syndicaux et les diverses inégalités dévoilées par la recherche sont généralement loin de se réduire. Par exemple, comment expliquer que plusieurs décennies après la démonstration de fortes inégalités culturelles et de genre face à la politique et de la clôture sociale du champ politique ces phénomènes se soient encore accentués ? De même, pourquoi les thèses sur les logiques du déclin de certains partis de gauche (par exemple le PCF ou même le PS) ou de groupements syndicaux n’ont-elles pas permis de réorienter les trajectoires de ces organisations ? Dans le sens de la thématique du congrès, nous proposons de nous interroger collectivement sur les modalités de la (non) circulation, des (non) appropriations et des (non) usages des acquis de la sociologie politique dans l’espace public et surtout dans le champ politique. A quelles conditions les savoirs de sociologie politique peuvent-ils produire des effets politiques ? Doit-on et, si oui comment, rendre mobilisables politiquement des acquis des sciences sociales ? La restitution de résultats de recherche aux milieux étudiés (institutions politiques, partis, syndicats, producteurs de l’action publique, etc.) peut-elle permettre des avancées en ce sens ? Les chercheurs doivent-ils et peuvent-ils participer aux mobilisations politiques ou à l’élaboration des politiques publiques qu’ils étudient ? S’interroger  sur les raisons de cette (non) circulation des savoirs sociologiques implique de questionner le rôle des sciences sociales du politique. Les recherches de sociologie politique doivent-elles et peuvent-elles contribuer à des formes de changement de l’ordre politique et des pratiques du pouvoir ? Quelles sont les stratégies possibles (et souhaitables) pour favoriser la diffusion des acquis des sciences sociales dans les matières politiques ?

Tout type de communication est encouragé (études de cas relatives aux (non) effets politiques d’une recherche, retour réflexif sur une somme de travaux, tentative de diffusion de savoirs sociologique vers le champ politique, etc.). L’objectif sera de pointer collectivement les conditions de félicité d’un pouvoir éventuel de la sociologie politique sur le politique.

 

 

Axe 2 : Les mobilisations pro et anti migrants

 

            Dans ce second axe de l’appel à communication, nous souhaitons consacrer une ou deux sessions du RT34 aux mobilisations récentes liées à la présence sur le sol français de populations identifiées comme « migrantes », « réfugiées », « exilées », etc. Les deux dernières années ont en effet été marquées par l’ouverture d’une séquence politique parfois qualifiée de « crise des réfugiés en Europe ». Si cette séquence a fait l’objet d’un traitement politique, institutionnel et médiatique prolixe, nous souhaitons ici nous concentrer sur les mobilisations sociales survenues ces deux dernières années, que ces mobilisations se soient affichées en faveur et en défense des populations concernées – les « pros » migrants – ou, au contraire, en rejet et en opposition de ces dernières – les « anti ».

En ce qui concerne la France, si les mobilisations survenues dans villes de Calais et de Paris ont été les plus médiatisées et relayées dans les réseaux militants, les situations pouvant être étudiées ne se limitent pas à ces deux cas. On pense par exemple aux plus petites villes situées dans le nord de la France, en milieu rural pour certaines d’entre elles, où sont installées depuis parfois plusieurs années des campements informels de migrants tentant de rejoindre l’Angleterre. On pense aussi, plus récemment, aux mobilisations survenues dans des communes où ont été ouverts momentanément des Centres d’accueil et d’orientation (CAO) destinés à héberger des migrants situés auparavant à Calais. Suite à l’évacuation et à la destruction de la « Jungle » de Calais, une partie des migrants a en effet été dispersée sur l’ensemble du territoire français et ce sont ainsi les lieux géographiques des mobilisations « pro » et « anti » migrants qui se sont diversifiés et étendus à l’ensemble du territoire.  

Quels sont les discours, revendications et représentations défendus par ces mouvements ? Quels modes d’action sont mobilisés ? Qui sont les militants qui y sont engagés ? Quels liens entretiennent-ils avec des organisations partisanes, religieuses, syndicales, associatives, etc. ? Quels sont leurs rapports à l’État ? Dans quelle mesure des équipes municipales ont été moteurs de ces mobilisations ? Quels conflits locaux peuvent ressurgir à l’occasion de telles mobilisations ? Quels rapports sociaux de classe, de race et de sexe se manifestent dans ces espaces locaux ? Dans le cas de petites communes, que provoquent ces oppositions locales entre deux « camps » ?

La réalité des mouvements pro et anti migrants ne se limite évidemment pas au cas français. On pense par exemple aux politiques publiques récentes menées en Allemagne ou encore aux situations aux frontières de l’Europe (Vintimille, Lampedusa, Ceuta et Melilla, Lesbos, Turquie, etc.). Comment se configurent ces mobilisations ? Dans quelle mesure ces configurations se distinguent-elles ou non du cas français ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe du RT34 sera attentive à la diversité des terrains nationaux et internationaux comme des méthodes d’enquête mobilisées.

 

 

Modalités d’envoi des propositions de communication

Les organisateurs seront attentifs aux communications proposées par des doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s.

Les propositions de communications (4000 signes espaces compris) – incluant une présentation des matériaux empiriques – doivent être envoyées aux deux adresses suivantes :

mathilde.pette@gmail.com

lorenzo.barrault-stella@cnrs.fr

 

 

Calendrier

Date limite pour l’envoi des propositions de communication : 30 janvier 2017

Sélection et réponses aux auteurs : 20 février 2017

Envoi des communications : 1er juin 2017

 

 

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