RT25 Travail, organisations, emploi

 

Responsable(s) : Dominique Glaymann et Guillaume Tiffon

 

Descriptif : Le RT 25, fondé lors le la création de l'AFS, se veut généraliste dans le champ de la sociologie du travail — dans son acceptation la plus large. Son appellation “Travail, organisations, emploi” marque le souhait de traiter à la fois du travail (soit aussi des activités de travail) et de l’emploi.
À travers le pluriel mis à organisation, il s’agit de se détacher de la seule organisation du travail en s’intéressant à l’organisation de la production des biens et des services et plus encore aux organisations en général, hors des seules entreprises. Les membres du RT 25 entendent étudier les rapports sociaux au travail mais aussi les différentes dimensions identitaires des travailleurs (sociale, sexuelle, ethnique, culturelle et générationnelle). En associant travail et organisations, les promoteurs du RT 25 souhaitent enfin souligner qu’il s’agit bien de débattre entre écoles de pensée. En effet, parce qu’il est généraliste et transversal aux sociologies du travail, des organisations et de l’emploi, le RT 25 accueille et encourage les controverses théoriques et paradigmatiques.

 

Bureau : Lara Alouan, Sophie Bernard, Fabien Brugière, Olivier Cousin, Kevin Crochemore, Jean-Pierre Durand, Gaëtan Flocco, Sabine Fortino, Mihai Dinu  Gheorghiu, Dominique Glaymann, Lucie Goussard, Pauline Grimaud, Lionel Jacquot, Alexandre Largier, Lynda Lavitry, Sacha Leduc, Jean-Louis Le Goff,  Jean-Philippe Melchior, Frédéric Moatty, Frédéric Mougeot, Vincent Moeneclaey, Constance Perrin-Joly, Sébastien Petit, Catherine Peyrard, Antoine  Rouillard-Perain, Simon Le Roulley, Clément Ruffier, Guillaume Tiffon, Nadège Vezinat

 

Contact : Dominique Glaymann et Guillaume Tiffon

Site internet : http://rt25.hypotheses.org

 

 

RT 25 : Work, Organizations, Employment

Coordinating : Dominique Glaymann et Guillaume Tiffon

 

Description : RT 25, founded at the creation of the AFS, is a non-specialized group in the field of the sociology of work, in its most general sense. Its title, “Work, Organizations, Employment” indicates the desire to treat both work (and work-related activities) and employment.
The plural form of « Organization » indicates a will to open up beyond the single concern of the organization of work to that of the production of goods and services and especially to organizations more generally speaking, beyond simply companies. The members of RT 25 will study social relations at work but also the multiple identities of workers (social, sexual, ethnic, cultural and generational). By associating work and organizations, RT 25 emphasizes the need for debate between different schools of thought. Since it is generalist in scope and encompasses different sociologies of work, organizations and employment, RT 25 welcomes and encourages both theoretical and paradigmatic debate. 

 

Board : Lara Alouan, Sophie Bernard, Fabien Brugière, Olivier Cousin, Kevin Crochemore, Jean-Pierre Durand, Gaëtan Flocco, Sabine Fortino, Mihai Dinu  Gheorghiu, Dominique Glaymann, Lucie Goussard, Pauline Grimaud, Lionel Jacquot, Alexandre Largier, Lynda Lavitry, Sacha Leduc, Jean-Louis Le Goff,  Jean-Philippe Melchior, Frédéric Moatty, Frédéric Mougeot, Vincent Moeneclaey, Constance Perrin-Joly, Sébastien Petit, Catherine Peyrard, Antoine  Rouillard-Perain, Simon Le Roulley, Clément Ruffier, Guillaume Tiffon, Nadège Vezinat 

website: http://rt25.hypotheses.org

 

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Appel à communications 

Congrès AFS 2017

Université de Picardie Jules Vernes à Amiens

du 3 au 6 juillet 2017

 

 

Au travail ! Pouvoir accepté(r), pouvoir contesté(r)

 

 

Injonctions managériales, savoirs professionnels, expertises, dispositifs gestionnaires, statuts d’emploi, luttes sociales, expériences autogestionnaires… Le monde du travail est traversé par diverses formes de pouvoir et de contre-pouvoir, des plus acceptées au plus contestées. Le présent appel à communications se propose de les appréhender sous six angles différents.

 

Axe 1 – Travail du management

 

Depuis les années 1970, le management incarne une nouvelle conception de l’encadrement. À rebours des pratiques de commandement autoritaires et prescriptives, les managers sont censés motiver leurs équipes et faire adhérer leurs subordonnés aux finalités de l’organisation. Comment se concrétise une telle pratique du pouvoir dans l’entreprise aujourd’hui ? Plus largement, nous attendons des communications portant sur l’ensemble du champ managérial afin d’analyser la structure du pouvoir organisationnel. Il s’agit d’identifier les agents d’enrôlement qui constituent la chaîne managériale, les alliances qu’ils nouent, les rapports de force qui les différencient, les logiques de lutte qui les opposent, etc. Cela revient à faire une sociologie du champ du pouvoir managérial et à saisir le travail, non seulement de ceux qui encadrent en mobilisant des dispositifs de gestion, mais aussi de ceux qui les produisent et les diffusent.

 

Axe 2 – Pouvoir des pairs et des experts

 

Bien que souvent associé aux relations hiérarchiques, le pouvoir s’exerce également de façon horizontale, au sein des métiers et autres groupes de pairs. Comment opèrent ces formes de pouvoir qui ne sont pas rattachées à un positionnement hiérarchique ? Comment instaurent-elles des formes de classement et s’inscrivent-elles dans les collectifs de travail ? En s’intéressant aux relations qui s’établissent avec les experts ou entre pairs, cet axe se centre sur les rapports de force au travail qui peuvent s’instaurer – ou être évités – dans des environnements « collégiaux ». Etudier le travail des experts ou des pairs ainsi que les collaborations ou conflits qui en découlent permet de s’interroger sur la manière dont se recompose la distribution du pouvoir ou des hiérarchies informelles au sein des univers de production présentés comme horizontaux. En ce sens, les travaux portant sur le fonctionnement des collectifs horizontaux (organisation par projets, travail de coordination, formes collégiales de l’activité, …) sont particulièrement bienvenus dans cet axe.

 

Axe 3 – Technologies du pouvoir

 

Les relations de pouvoir, pour s’exercer à distance, doivent s’inscrire dans des dispositifs et se concrétiser dans des objets techniques. L’écriture a ainsi joué un rôle décisif dans le développement des états bureaucratiques tandis que l’émergence des grandes entreprises centralisées et hiérarchisées est historiquement liée à la formalisation d’outils de gestion par les managers pour coordonner et contrôler l'activité à distance. On peut en ce sens parler de pouvoir de la technologie et de gouvernement par les instruments. Aujourd’hui, comment et dans quelle mesure les dispositifs de gestion viennent-ils prescrire et contrôler le travail ? De quelles marges de manœuvre les salariés disposent-ils ? Comment contournent-ils, résistent-ils, voire se réapproprient-ils ces dispositifs ? Par ailleurs, nous assistons depuis quelques années au développement de plateformes numériques se présentant comme de nouveaux types d’intermédiaires entre clients et prestataires de services. Comment ces plateformes reconfigurent-elles le travail et l’emploi ? Comment remodèlent-elles les relations de travail, la construction des collectifs et des identités professionnelles ?

 

Axe 4 – Autonomie professionnelle et statuts d’emploi

 

Nous assistons depuis la fin des années 1970 à un « effritement de la condition salariale », se traduisant par le développement et la multiplication des formes d’emplois « atypiques » (CDD, intérim, temps partiel, etc.). Cette déstabilisation du salariat s’accompagne de l’émergence de statuts d’emplois « hybrides » et d’un certain renouveau du travail indépendant observé dans la plupart des pays occidentaux depuis les années 1980. Ces mutations invitent à revisiter la question de l’autonomie professionnelle qui se pose différemment en fonction du statut d’emploi. Comment s’articulent les différents statuts d’emploi et l’exercice du pouvoir ? Comment employeurs et management tirent-ils parti des formes d’emplois « typiques » et « atypiques » pour asseoir leur domination sur les salariés ? Ces derniers parviennent-ils à y résister, voire à en tirer parti ? Comment l’autonomie s’exerce-t-elle dans les différents cas ? Est-ce qu’un emploi plus stabilisé ou assuré (de type CDI ou fonctionnariat) donne davantage d’autonomie ou restreint les marges de manœuvres ? Si les travailleurs indépendants revendiquent le fait de disposer d’une forte autonomie au travail, celle-ci leur permet-elle de résister au pouvoir des clients ou ne dissimule-t-elle pas d’autres formes de sujétions ? Quelles sont les conditions pour que l’autonomie professionnelle permette de résister à l’emprise de l’organisation et/ou à celle des destinataires de l’activité ?

 

Axe 5 – Contre-pouvoirs et luttes sociales

 

La question du pouvoir ne peut être saisie sans penser en même temps les contre-pouvoirs – institutionnels ou non – et l’action individuelle et collective, ce qui soulève de nombreuses interrogations. La question de l’organisation du travail – au cœur de l’effectivité du pouvoir au travail – a-t-elle gagné un véritable espace à travers les mobilisations comme celles concernant les conditions de travail ? Si tel est le cas, sous quel(s) registre(s) ? Celui de la dénonciation des atteintes à la santé des travailleurs ? De la perte de sens du travail ? De l’absence de démocratie dans l’entreprise ? On peut aussi s’interroger sur l’impact des nouvelles formes d’organisation du travail et de l’emploi sur l’engagement des salarié.e.s, leurs résistances et leurs luttes, ainsi que sur leur syndicalisation. Comment se déploie leur action lorsqu’ils sont chômeurs ou précaires ? Quel rôle jouent les syndicats ou d’autres structures ? Le conflit du printemps 2016 contre la Loi dite travail a été un révélateur de la multiplicité et du renouveau des modes de l’action collective. Comment des formes inédites de mobilisation se sont-elles déployées ? De la prise de parole à la violence, quelles sont les formes contemporaines de contestation du pouvoir dans l’entreprise et dans l’espace public ?

 

Axe 6 – Démocratie au travail : utopies et émancipation

 

Enfin, la question du pouvoir peut aussi être appréhendée sous l’angle de la démocratie au travail. Quelles sont les alternatives à l’entreprise capitaliste, fondée sur la subordination salariale ? En quoi les structures alternatives, comme les expériences autogestionnaires ou les hackerspaces, reconfigurent-elles la question du pouvoir dans les communautés de travail ? Comment ce dernier est-il organisé et distribué ? Sur quel projet émancipateur ces organisations reposent-elles ? En quoi et dans quelle mesure les travailleurs y adhèrent-ils ? Qu’en retirent-ils concrètement, en termes d’autonomie professionnelle, de conditions de travail et d’emploi, ou de citoyenneté au travail ? Quelles sont les trajectoires sociales, professionnelles et politiques qui conduisent à ce type d’engagement ? Quelles difficultés, limites, voire désillusions, ces « utopies concrètes » rencontrent-elles dans leur mise en œuvre ? Enfin, quelle portée subversive accorder à ce type d’initiative ? En quoi, et dans quelle mesure, constituent-elles des alternatives, pérennes et généralisables, à l’organisation capitaliste du travail ?

 

*  *  *

 

Les propositions de communications (3000 à 4000 signes, espaces et bibliographie compris) sont à envoyer d’ici le 20 janvier 2017 aux adresses suivantes :

 

- guillaume.tiffon@univ-evry.fr

- frederic.moatty@cee-recherche.fr

 

Elles devront porter centralement sur la question du pouvoir au travail, présenter clairement la nature des matériaux sur lesquels s’étaye la démonstration, et indiquer explicitement l’axe de l’appel dans lequel elles s’inscrivent. Un projet de publication est envisagé à l’issue de ce colloque dans le cadre d’un ouvrage collectif.

 

Calendrier :

-       20 janvier 2017 : envoi des propositions de communications

-       28 février 2017 : sélection des communications

-       1er mars 2017 : ouverture des inscriptions au congrès

-       30 avril 2017 : fermeture officielle des inscriptions

-       12 juin 2017 : envoi des communications (40 000 signes espaces et bibliographie compris)

-       3 au 6 juillet 2017 : Congrès AFS d’Amiens

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