Résumés Nantes 2013 ( par auteurs )

  • enseignant chercheur
    RT8 Sociologie du militaire : sécurité, armées et société

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    L'infiniment petit dans le corps des officiers

    En 1945, l’école de formation des officiers s’installe sur le camp de Coëtquidan. La scolarité dure deux ans. Elle délivre un diplôme professionnel à faible valeur académique pour une partie des officiers formés à cette période. Ce constat explique le sentiment de dépossession ressenti à l’égard du savoir académique et que certains officiers iront compléter à l’université. Si l’on considère la période récente, les réformes de la formation initiale des officiers, en 1998 et 2002, engagées depuis la professionnalisation marquent une rupture avec la période antérieure. La réforme de la formation à Saint-Cyr et la scolarité rénovée de l’école militaire interarmes donnent aux officiers un diplôme professionnel associé à des équivalences universitaires (master, licence, ECTS). Il en résulte que les officiers diplômés des écoles de Coëtquidan puis de l’université ne cherchent pas à compenser leur culture professionnelle par un savoir académique considéré comme la pièce manquante de leur scolarité initiale. Si, avant la professionnalisation, les officiers exprimaient une fascination pour le diplôme civil et les formes de prestige auquel il renvoie, les réformes de la formation apportent les équivalences manquantes: les diplômes militaires bénéficient d’équivalence universitaire, leur reconnaissance civile est assurée, leur valeur académique est incontestable. Or, en dépit des évolutions de la formation initiale et des contraintes de gestion de la ressource humaine, un petit nombre d’officiers choisit d’acquérir un diplôme civil en dehors des voies de formation militaire. Cette communication s’intéresse à l’infiniment petit dans le corps des officiers de l’armée de terre c’est-à-dire aux officiers diplômés d’un établissement civil. A partir d’une approche compréhensive, elle interroge le sens du parcours professionnel dans une institution qui privilégie l’expérience opérationnelle et le commandement. Un des enjeux est de connaître les modes d’insertion et de positionnement individuel de ces officiers dans un champ professionnel dominé par les « brevetés » dont le potentiel à exercer des tâches de commandement et de direction est reconnu. Que savons-nous du parcours scolaire et professionnel des officiers diplômés en dehors des voies militaires ? Quel sens les officiers dotés d’un capital scolaire initial donnent-ils au titre universitaire obtenu en cours de carrière? Que sait-on du parcours professionnel des officiers titulaires de la licence délivrée par l’école militaire interarmes? Leur diplôme est-il le commencement, la continuité ou l’aboutissement d’une ascension sociale?L’acquisition du master ou du doctorat est-il un enjeu personnel ou professionnel, en particulier pour les officiers faiblement dotés en diplôme initial au début de leur parcours ? En substance, à partir du rapport subjectif de l’officier à l’armée, cette communication étudie, à l’aide du cas de ces officiers, la singularité des manières d’être militaire et de se situer dans la profession des armes. A partir d’une enquête documentaire, la méthode est complétée par quatre vingt entretiens réalisés avec des officiers diplômés de
    Mots-clés:
    parcours - officier - armée - culture académique
  • Doctorant
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations, RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 3b Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Les dynamiques de structuration sociale et politique dans l’espace rural périurbanisé : des choix de développement à l’épreuve des appartenances territoriales

    Des zones rurales, auparavant reculées et maintenant soumises aux effets de la pression urbaine, ont accueilli ces dernières décennies de nouvelles populations, parfois en très grand nombre, au point de changer radicalement la sociologie d’espaces jusqu’alors profondément ruraux et agricoles. Ces transformations posent la question de la coexistence de publics d’origines sociales et géographiques parfois très différentes. Car, au-delà des sociabilités du quotidien, ces populations doivent définir, partager et mettre en œuvre un avenir commun dans un territoire communal en mutation : des nouveaux besoins émergent dans un contexte de regroupements intercommunaux et de paupérisation des couches les plus précaires. L’exemple d’une commune d’environ 500 habitants, fortement repeuplée dans les dernières décennies, permet de décrire ces mécanismes de structuration sociale et politique en zone rurale. En effet, en contraste avec une situation politique consensuelle entre les populations à la fin des années 1990, l’apparition d’un conflit sur un projet d’installation d’éoliennes au début des années 2000 se révèle comme un vecteur de constitution des forces et des équilibres sociaux, propres à fonder un nouveau consensus par la suite, pour d’autres projets de même nature, alors que le projet initial a été abandonné. Châteauneuf Val Saint Donat, petite commune rurale et isolée des Alpes de Haute Provence, ayant subi un fort exode rural jusque dans les années 1970, a accueilli une forte croissance démographique durant ces 30 dernières années, multipliant sa population par quatre. Les natifs ne représentent désormais qu’un petit quart de la population. Cependant, les conseils municipaux restent marqués par la prédominance des natifs qui occupent des positions dominantes dans l’espace politique local. Structurés par une forte interconnaissance et des solidarités de voisinage, les natifs sont le seul groupe social ayant une conscience de leurs valeurs communes et de leur poids dans la société locale. Les autres populations sont constituées des vagues de migrations successives, arrivées à différentes époques du développement économique de la vallée située en contrebas, en fonction de l’amélioration des conditions d’accessibilité du village et accédant à la propriété à partir d’un foncier dont le prix a lui-même fortement évolué. Pour ces familles ou individus relativement atomisés, il a fallu construire un réseau social, à partir des lieux de sociabilité à disposition. Se constitue ainsi peu à peu une appartenance territoriale, partagée en partie avec d’autres, et parfois avec des natifs. Mais elle n’est souvent qu’une forme des appartenances possibles, d’autant que les personnes ont des pratiques et des attaches sociales à l’extérieur. Les natifs n’échappent pas non plus à une certaine hétérogénéité dans les modes d’appartenance, entre les éternels sédentaires, ceux revenus à la retraite après un départ à l’âge adulte, ou ceux ayant multiplié les allers-retours de tous temps. Au début des années 2000, le conflit autour de l’éolien clive donc le village. Mais, au lieu d’une opposition traditionnelle entre autochtones et allochtones, les alliances que dessinent les deux groupes opposés transcendent ces catégories, associant de part et d’autre natifs, anciens et nouveaux venus. Le projet éolien propose une vision productive de l’espace, constituant une nouvelle ressource, permettant de financer l’aménagement de la commune, voire la venue de nouveaux services, au lieu d’un regroupement intercommunal tant redouté. Ainsi, au-delà d’un conflit sur le devenir d’un lieu se jouent des questions d’échelles et des styles de vie opposés, entre d’un côté la défense d’un espace clos de pratiques et du maintien d’une autonomie de moyens, et de l’autre, une patrimonialisation du cadre de vie inscrite dans un réseau de ressources sociales et économiques relevant d’une échelle élargie. Le conflit apparaît alors comme une tentative d’imposer aux « anti-éoliens » un rapport de domination sur le devenir de cet espace, tentative qui échouera finalement. Quelques années plus tard, en 2009, un autre projet de centrale photovoltaïque au sol établira au contraire un consensus, témoignant d’une évolution des positions, animée à la fois par la reconstitution d’une sociabilité villageoise mise à mal, et de régulations plus attentives aux préoccupations des nouvelles populations.
    Mots-clés:
    espace rural périurbain conflit énergie appartenance
  • Doctorant
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations, RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 3b Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Les dynamiques de structuration sociale et politique dans l’espace rural périurbanisé : des choix de développement à l’épreuve des appartenances territoriales

    Des zones rurales, auparavant reculées et maintenant soumises aux effets de la pression urbaine, ont accueilli ces dernières décennies de nouvelles populations, parfois en très grand nombre, au point de changer radicalement la sociologie d’espaces jusqu’alors profondément ruraux et agricoles. Ces transformations posent la question de la coexistence de publics d’origines sociales et géographiques parfois très différentes. Car, au-delà des sociabilités du quotidien, ces populations doivent définir, partager et mettre en œuvre un avenir commun dans un territoire communal en mutation : des nouveaux besoins émergent dans un contexte de regroupements intercommunaux et de paupérisation des couches les plus précaires. L’exemple d’une commune d’environ 500 habitants, fortement repeuplée dans les dernières décennies, permet de décrire ces mécanismes de structuration sociale et politique en zone rurale. En effet, en contraste avec une situation politique consensuelle entre les populations à la fin des années 1990, l’apparition d’un conflit sur un projet d’installation d’éoliennes au début des années 2000 se révèle comme un vecteur de constitution des forces et des équilibres sociaux, propres à fonder un nouveau consensus par la suite, pour d’autres projets de même nature, alors que le projet initial a été abandonné. Châteauneuf Val Saint Donat, petite commune rurale et isolée des Alpes de Haute Provence, ayant subi un fort exode rural jusque dans les années 1970, a accueilli une forte croissance démographique durant ces 30 dernières années, multipliant sa population par quatre. Les natifs ne représentent désormais qu’un petit quart de la population. Cependant, les conseils municipaux restent marqués par la prédominance des natifs qui occupent des positions dominantes dans l’espace politique local. Structurés par une forte interconnaissance et des solidarités de voisinage, les natifs sont le seul groupe social ayant une conscience de leurs valeurs communes et de leur poids dans la société locale. Les autres populations sont constituées des vagues de migrations successives, arrivées à différentes époques du développement économique de la vallée située en contrebas, en fonction de l’amélioration des conditions d’accessibilité du village et accédant à la propriété à partir d’un foncier dont le prix a lui-même fortement évolué. Pour ces familles ou individus relativement atomisés, il a fallu construire un réseau social, à partir des lieux de sociabilité à disposition. Se constitue ainsi peu à peu une appartenance territoriale, partagée en partie avec d’autres, et parfois avec des natifs. Mais elle n’est souvent qu’une forme des appartenances possibles, d’autant que les personnes ont des pratiques et des attaches sociales à l’extérieur. Les natifs n’échappent pas non plus à une certaine hétérogénéité dans les modes d’appartenance, entre les éternels sédentaires, ceux revenus à la retraite après un départ à l’âge adulte, ou ceux ayant multiplié les allers-retours de tous temps. Au début des années 2000, le conflit autour de l’éolien clive donc le village. Mais, au lieu d’une opposition traditionnelle entre autochtones et allochtones, les alliances que dessinent les deux groupes opposés transcendent ces catégories, associant de part et d’autre natifs, anciens et nouveaux venus. Le projet éolien propose une vision productive de l’espace, constituant une nouvelle ressource, permettant de financer l’aménagement de la commune, voire la venue de nouveaux services, au lieu d’un regroupement intercommunal tant redouté. Ainsi, au-delà d’un conflit sur le devenir d’un lieu se jouent des questions d’échelles et des styles de vie opposés, entre d’un côté la défense d’un espace clos de pratiques et du maintien d’une autonomie de moyens, et de l’autre, une patrimonialisation du cadre de vie inscrite dans un réseau de ressources sociales et économiques relevant d’une échelle élargie. Le conflit apparaît alors comme une tentative d’imposer aux « anti-éoliens » un rapport de domination sur le devenir de cet espace, tentative qui échouera finalement. Quelques années plus tard, en 2009, un autre projet de centrale photovoltaïque au sol établira au contraire un consensus, témoignant d’une évolution des positions, animée à la fois par la reconstitution d’une sociabilité villageoise mise à mal, et de régulations plus attentives aux préoccupations des nouvelles populations.
    Mots-clés:
    espace rural périurbain conflit énergie appartenance
  • expert CHScT
    RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Crises et changements des régimes de domination

    La communication présente cinq situations de remise en question de régimes de domination au niveau meso-social, intervenus à partir de la décennie 1970, dans plusieurs pays : Italie, Russie, Venezuela, et les « régularités » constatées dans les processus de changement de régime. Les cas étudiés concernent les secteurs de la sidérurgie, du textile-habillement, de l’agro-industrie et des hydrocarbures. Les changements des régimes sont aussi reliés aux dynamiques de trois processus fondamentaux de reproduction élargie du capital.
    Mots-clés:
    régime domination, changement, democratie participative
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    « Une fille qui part vers un métier d’homme, il faut qu’elle ait du caractère », Analyse de parcours féminins atypiques

    Il est fréquemment question dans les articles scientifiques de la construction sexuée des parcours scolaires, des stéréotypes ou encore de l’auto-censure des élèves, mais peu de ceux ou celles qui font le choix d’une orientation atypique et qui transgressent, à ce titre, les normes de genre prégnantes dans les champs scolaires et professionnels. Les exemples de filles ou femmes ayant fait le choix d’intégrer une formation ou profession dans lesquelles les hommes sont majoritaires sont souvent présentés comme des cas exceptionnels, possédant des qualités singulières telles que le courage, la pugnacité ou encore un fort caractère. Il n’est pas rare que ces parcours atypiques soient perçus sous l’angle de la prise de risque, de l’exposition au danger que transgresser la norme de genre représenterait. L’analyse de leurs témoignages dégage plusieurs étapes, une 1ère phase, courante, d’opposition (à sa famille, aux enseignants, maîtres de stage…), puis une période d’exposition, lors de laquelle les élèves et professionnelles affirment avoir eu à faire leurs preuves, démontrer leur égalité de compétence avec les hommes, voire à « faire mieux que les hommes », et, enfin une phase d’intégration, plus ou moins difficile. Nous avons pu constater que deux modèles se dégageaient des entretiens réalisés avec ces filles ou femmes aux parcours atypiques, certaines adoptant des comportements et styles vestimentaires considérés comme masculins, comme pour se fondre dans leur environnement professionnel, alors que d’autres, plus nombreuses, mettent clairement en avant leur féminité quitte à la surinvestir pour prouver que l’« on peut exercer un métier d’hommes et être féminine ». La question de la sexualité et surtout de l’homosexualité affleurant dans l’ensemble des entretiens quand sont abordées ces questions. Un stéréotype récurrent lors des entretiens et témoignages, est celui de la complémentarité entre les hommes et les femmes, la complémentarité venant souvent se substituer à la notion d’égalité. Les femmes relèveraient d’attributs considérés comme féminins : la minutie et la patience notamment, quand les hommes apportent eux la force et la solidité. A ce titre, il est plus souvent question de qualités que de compétences dans les témoignages et la comparaison entre hommes et femmes. Les rapports de domination se reconstruisent dans ces champs de formation ou de métier qui s’ « ouvrent » à l’autre sexe, les frontières symboliques s’érigeant entre deux mondes où chacun jouerait un rôle particulier. Certaines témoins expliquent toutefois qu’elles font le même travail qu’un homme mais souvent en spécifiant « de façon différente ». Pour ce qui est de l’orientation vers ces formations et métiers et donc du champ scolaire, l’analyse du matériau a permis de noter un paradoxe important entre la prévalence d’une norme anti-sexiste, une valorisation des parcours atypiques mais l’absence d’intégration des questions de genre dans l’orientation et surtout d’accompagnement des filles vers les filières dans lesquelles les garçons sont majoritaires. Les stéréotypes de genre sont persistants et la projection des représentations sexuées des enseignants dans les parcours des élèves limite clairement ce type d’orientation. Ces-derniers se positionnant entre paternalisme et crainte pour les filles, sexisme avéré et sentiment de solitude face à la volonté de changement. Cette communication s’appuiera sur les résultats d’une recherche/évaluation conduite actuellement sur les inégalités d’orientation entre filles et garçons, au sein de sept collèges des Pyrénées-Atlantiques, dans le cadre d’un appel à projet lancé par le Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la vie associative. Le matériau est composé de plus de 1000 questionnaires élèves et plus de 600 questionnaires parents, de 172 entretiens d’élèves (dont une quinzaine d’élèves filles ayant fait le choix d’une orientation atypique), enseignants et parents et enfin d’une quarantaine de témoignages d’étudiantes et professionnelles occupant des métiers atypiques.
    Mots-clés:
    Jeunesse, orientation , genre, parcours atypiques
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    « Une fille qui part vers un métier d’homme, il faut qu’elle ait du caractère », Analyse de parcours féminins atypiques

    Il est fréquemment question dans les articles scientifiques de la construction sexuée des parcours scolaires, des stéréotypes ou encore de l’auto-censure des élèves, mais peu de ceux ou celles qui font le choix d’une orientation atypique et qui transgressent, à ce titre, les normes de genre prégnantes dans les champs scolaires et professionnels. Les exemples de filles ou femmes ayant fait le choix d’intégrer une formation ou profession dans lesquelles les hommes sont majoritaires sont souvent présentés comme des cas exceptionnels, possédant des qualités singulières telles que le courage, la pugnacité ou encore un fort caractère. Il n’est pas rare que ces parcours atypiques soient perçus sous l’angle de la prise de risque, de l’exposition au danger que transgresser la norme de genre représenterait. L’analyse de leurs témoignages dégage plusieurs étapes, une 1ère phase, courante, d’opposition (à sa famille, aux enseignants, maîtres de stage…), puis une période d’exposition, lors de laquelle les élèves et professionnelles affirment avoir eu à faire leurs preuves, démontrer leur égalité de compétence avec les hommes, voire à « faire mieux que les hommes », et, enfin une phase d’intégration, plus ou moins difficile. Nous avons pu constater que deux modèles se dégageaient des entretiens réalisés avec ces filles ou femmes aux parcours atypiques, certaines adoptant des comportements et styles vestimentaires considérés comme masculins, comme pour se fondre dans leur environnement professionnel, alors que d’autres, plus nombreuses, mettent clairement en avant leur féminité quitte à la surinvestir pour prouver que l’« on peut exercer un métier d’hommes et être féminine ». La question de la sexualité et surtout de l’homosexualité affleurant dans l’ensemble des entretiens quand sont abordées ces questions. Un stéréotype récurrent lors des entretiens et témoignages, est celui de la complémentarité entre les hommes et les femmes, la complémentarité venant souvent se substituer à la notion d’égalité. Les femmes relèveraient d’attributs considérés comme féminins : la minutie et la patience notamment, quand les hommes apportent eux la force et la solidité. A ce titre, il est plus souvent question de qualités que de compétences dans les témoignages et la comparaison entre hommes et femmes. Les rapports de domination se reconstruisent dans ces champs de formation ou de métier qui s’ « ouvrent » à l’autre sexe, les frontières symboliques s’érigeant entre deux mondes où chacun jouerait un rôle particulier. Certaines témoins expliquent toutefois qu’elles font le même travail qu’un homme mais souvent en spécifiant « de façon différente ». Pour ce qui est de l’orientation vers ces formations et métiers et donc du champ scolaire, l’analyse du matériau a permis de noter un paradoxe important entre la prévalence d’une norme anti-sexiste, une valorisation des parcours atypiques mais l’absence d’intégration des questions de genre dans l’orientation et surtout d’accompagnement des filles vers les filières dans lesquelles les garçons sont majoritaires. Les stéréotypes de genre sont persistants et la projection des représentations sexuées des enseignants dans les parcours des élèves limite clairement ce type d’orientation. Ces-derniers se positionnant entre paternalisme et crainte pour les filles, sexisme avéré et sentiment de solitude face à la volonté de changement. Cette communication s’appuiera sur les résultats d’une recherche/évaluation conduite actuellement sur les inégalités d’orientation entre filles et garçons, au sein de sept collèges des Pyrénées-Atlantiques, dans le cadre d’un appel à projet lancé par le Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la vie associative. Le matériau est composé de plus de 1000 questionnaires élèves et plus de 600 questionnaires parents, de 172 entretiens d’élèves (dont une quinzaine d’élèves filles ayant fait le choix d’une orientation atypique), enseignants et parents et enfin d’une quarantaine de témoignages d’étudiantes et professionnelles occupant des métiers atypiques.
    Mots-clés:
    Jeunesse, orientation , genre, parcours atypiques
  • Doctorant
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Les brevets d’invention et la marchandisation de la connaissance. Essai de sociologie historique (1750-1850)

    En nous transportant au moment de l’invention du régime contemporain de propriété intellectuelle, nous étudierons dans quelles conditions la connaissance technique a pu être constituée comme marchandise. L’émergence d’un tel marché repose en effet sur un certain nombre de dispositifs venant l’équiper : un dispositif de transformation de l’invention technique en inscription, des institutions dédiées à la production de normes du jugement technique, et un nouveau groupe professionnel, les agents de brevets, se chargeant de l’intermédiation sur le marché. Dans une perspective de sociologie historique, nous conclurons notre travail en reliant les résultats obtenus aux débats contemporains sur la propriété intellectuelle.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Les brevets d’invention et la marchandisation de la connaissance. Essai de sociologie historique (1750-1850)

    En nous transportant au moment de l’invention du régime contemporain de propriété intellectuelle, nous étudierons dans quelles conditions la connaissance technique a pu être constituée comme marchandise. L’émergence d’un tel marché repose en effet sur un certain nombre de dispositifs venant l’équiper : un dispositif de transformation de l’invention technique en inscription, des institutions dédiées à la production de normes du jugement technique, et un nouveau groupe professionnel, les agents de brevets, se chargeant de l’intermédiation sur le marché. Dans une perspective de sociologie historique, nous conclurons notre travail en reliant les résultats obtenus aux débats contemporains sur la propriété intellectuelle.
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Sébastien Michon, chargé de recherche CNRS, SAGE (CNRS UMR 7

    GT42 Sociologie des élites

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Les femmes membres de gouvernement : ouverture du recrutement politique ou reproduction des élites politiques ?

    Dans un contexte de discours sur la « crise de la représentation politique », qui fait de la parité un « remède » à cette crise, les débats sur la représentation des femmes en politique n’ont pas été sans effet au centre du champ politique. Si la réalité a souvent peiné à suivre les effets d’annonce, la présence des femmes au gouvernement a progressé de manière non négligeable au cours de la Ve République : le gouvernement Ayrault est ainsi le premier gouvernement de la Ve République à assurer la parité entre hommes et femmes, ce qui ne doit pas masquer l’absence de parité au sein des précédents gouvernements (on compte un quart de femmes parmi les membres de gouvernement entre 1986 et 2012). Ce papier analyse les profils sociopolitiques des femmes qui entrent dans les différents gouvernements de la Vème République et leurs positions en leur sein. Au sein des différents gouvernements de la Vème République, les femmes sont-elles caractéristiques d’une ouverture du recrutement politique, ou au contraire des symboles d’une reproduction des élites politiques ? Nous mobilisons une base de données que nous avons constituée sur les caractéristiques sociodémographiques et les trajectoires politiques et gouvernementales des membres de gouvernement français depuis 1986. La base rassemble les 349 individus présents dans un ou plusieurs des 11 gouvernements de la période étudiée (1986-2012). Les profils des membres de gouvernement sont caractérisés par près de 70 indicateurs de leurs propriétés sociodémographiques (année de naissance, genre, niveau et type d’études, institutions scolaires fréquentées, profession antérieure, etc.) et de leurs trajectoires politiques : mandats exercés et positions occupées (passage par une fonction de collaborateur politique, présence dans les différents gouvernements, nature du portefeuille gouvernemental, longévité aux différentes positions, etc.). La carrière politique de chaque individu a été retracée à partir de l’obtention de leur premier mandat (ou à défaut de l’entrée au gouvernement) jusqu’à la période présente ou jusqu’à la fin de leur carrière politique. L' analyse de ces données montre que les femmes se distinguent de leurs homologues masculins davantage par leurs trajectoires politiques que par leurs trajectoires sociales : elles présentent généralement des carrières politiques plus courtes, moins diversifiées et moins légitimes. Ceci est d'autant plus vrai à droite qu'à gauche, où les femmes ministres présentent des carrières plus proches de celles de leurs homologues masculins. Ces trajectoires d’entrée moins légitimes se traduisent par une division genrée du travail exécutif, les femmes occupant des positions plus « dominées » que les hommes au sein du gouvernement. Plus généralement, la typologie des carrières politique permet de distinguer, au sein de la population des femmes, celles qui s’appuient sur un important capital politique et ont donc des carrières proches de celles des hommes (Michèle Alliot-Marie étant un exemple caractéristique), de celles qui, dépourvues de capitaux politiques, doivent leur entrée au gouvernement à d’autres types de ressources, plus symboliques (appartenance à la société civile par exemple, cf. Claudie Haigneré).
    Mots-clés:
    sociologie des élites ; gouvernement ; genre
  • Professeur

    Co-auteurs: Sylvain Broccolichi, Brigitte Monfroy

    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Les nouveaux visages de la domination scolaire : rhétorique du choix et renforcement des ségrégations scolaires

    Les processus qui contribuent à transformer les inégalités sociales et culturelles en inégalités scolaires demeurent actifs et en grande partie méconnus par les enseignants et les familles qui en sont partie prenante (Broccolichi 1995) ; mais depuis une vingtaine d’années, ce régime ancien de la domination scolaire s'articule à des processus complexes de hiérarchisation des espaces scolaires (Ben Ayed & Broccolichi 2011). Ce nouveau régime de la domination scolaire peut-être relié aux stratégies résidentielles et aux politiques du logement qui modulent les ségrégations urbaines mais également aux politiques scolaires et à leurs effets incontrôlés (Barthon & Monfroy 2005). Durant la phase de massification rapide du système d’enseignement, la politique d’autonomie des établissements a enclenché une double accentuation des hiérarchies locales : les établissements du haut des hiérarchies ont plus facilement attiré et sélectionné les élèves les mieux dotées, tandis que leurs concurrents moins bien placés en étaient réduits à en limiter la fuite en accentuant les hiérarchies entre classes. La banalisation de l’évitement scolaire, la montée en puissance du thème du choix des familles et la baisse des moyens consacrés à l’enseignement public ont égalementcontribué à dégrader la situation des établissements des quartiers d’habitat social et à amplifier les hiérarchisations.
    Mots-clés:
    domination, ségrégation, évitement, carte scolaire
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    GT49 Histoire de la sociologie

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Durkheim et le sens de la domination allemande

    Saisissez ici le résumé de la communication... Durkheim et les allemands : les sens d’une domination Je voudrais m’interroger sur la « domination allemande » dans les comptes rendus que Durkheim a donné à L’Année sociologique pendant 15 ans, de 1898 à 1913. Le décompte montre que la langue allemande est largement prédominante et contredit en grande partie la défense de Durkheim, sur ce point, contre l’accusation que lui portait Deploige en 1907 d’avoir tout emprunté aux Allemands (et de l’avoir en partie caché, ce qui est moins évident). Cette domination allemande est loin d’être anodine si on regarde les recensions de Durkheim sur toute cette période (40%). Il s’agit d’interroger plus précisément les disciplines, les auteurs et les thèmes concernés, les revues consultées On verra ensuite si on retrouve cette domination à d’autres sources : - les emprunts d’ouvrages de Durkheim à l’université de Bordeaux (1889-1902), - les références qu’il mobilise dans ses deux ouvrages qui bornent sa carrière : La Division du travail social (1893) et les Formes élémentaires (1912). Ordonnées de manières chronologiques, ces quatre sources (les emprunts bordelais, la thèse, les comptes rendus et les Formes) permettront peut-être de donner le sens d’une évolution, d’un effort de démarquage par rapport aux Allemands, au point de lire sous la plume de Durkheim en 1913 : « je ne dois rien aux Allemands » !
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Sylvie Mazzella

    RT2 Migrations, Altérité et Internationalisation

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Privatisation et nouveaux acteurs du champ des mobilités migratoires: une introduction

    La question des mobilités migratoires est l’objet à l’échelle globale d’un transfert accéléré de compétences entre acteurs publics et acteurs privés. Dans l’histoire contemporaine c’est un changement qui fait suite à la longue séquence (XIXe – XXe siècles) de prise progressive de contrôle des problématiques migratoires par les acteurs étatiques pour des raisons sécuritaires et biopolitiques notamment. Car depuis une cinquantaine d’années des acteurs privés ou transnationaux ont fait des migrations un enjeu central de la globalisation et du rapport des forces avec les Etats. Un marché global des mobilités migratoires s’est structuré qui exploite des concessions régaliennes de gestion des frontières et des flux humains, des déplacements de main d’œuvre, des politiques d’accueil… Quelles sont les formes que prend l’hybridation accélérée des acteurs de gestion des migrants et des altérités (organisation des flux légaux ou non, traitement sécuritaire) ? Quelles sont les nouvelles structures qui apparaissent à l’échelle nationale ou internationale dans ce marché des mobilités (par exemple les nouvelles agences européennes comme Frontex ou des multinationales) ? Peut-on parler d’une marchandisation des migrations et si oui quels en sont les produits en termes de mains d’œuvres (–agriculture, industrie et services, notamment care et travail du sexe, économie culturelle et médiatique, politiques démographiques –adoption, mariage, naturalisation) et de marchés (par exemple en matière de sécurité et de lutte contre les migrations –rétention et expulsion, ou d’organisation des déplacements –agences migratoires transnationales) ? Cette évolution s’accompagne-t-elle d’un changement des paradigmes et des discours concernant les migrants et les altérités ?
    Mots-clés:
    mobilités, sécurité, privatisation, globalisation
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    RT1 Savoirs, travail, professions

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Ethos professionnel et genre dans l’espace du conseil en management.

    Si l’actuelle prospérité de l’espace du conseil en management articule tout particulièrement sa croissance à l’ouverture de son marché du travail aux femmes, il s’est construit historiquement à partir d’un petit groupe d’ingénieurs, développant un ensemble de références viriles, notamment la figure idéale typique de l’expert rationnel, au service d’une science appliquée (Henry, 2012), qui nourrit et structure l’ethos professionnel (Zarca, 2009 ; Fusulier, 2011) contemporain. Cette donne, et les tensions et paradoxes auxquels elle renvoie éclaire la féminisation inachevée et contrastée que l’on peut observer, ainsi que la prégnance d’une domination masculine (Bourdieu, 1998) et d’une division sexuelle du travail, à la fois horizontale et verticale. Mais, loin d’une situation figée, monolithique ou indéfiniment et mécaniquement reproduite, il semble important de rendre compte de la variété et de l’instabilité potentielle des régimes de genre (Connell, 2006) au sein de cet espace, afin d’appréhender les formes et les dynamiques susceptibles de contribuer à un dépassement, même incertain ou fragile, du genre (Le Feuvre). Il s’agit d’examiner ces tensions et ces dynamiques, en articulant trois niveaux d’analyse, micro, méso et macro Au niveau macro, on resituera la formation d’un ethos professionnel viril dans le contexte socio historique d’un espace qui s’est progressivement structuré sans clôtures formelles (liées par exemple à un corpus de savoirs exclusifs ou à un diplôme) et a eu à résoudre des problèmes de légitimité spécifiques. Au niveau méso, c’est en mobilisant une analyse en terme de régimes de genre, qu’on s’intéressera aux organisations – lieux très actifs de production et d’actualisation du genre – et à la variété des situations qui peuvent prévaloir selon les firmes. A cet égard, l’appui d’une enquête quantitative spécifique réalisée auprès de 1637 consultants salariés de 23 firmes de conseil pourra fournir des éclairages précis sur la diversité des pratiques et des régimes de genre. Par ailleurs, l’ethnographie des situations de travail au sein de trois firmes sera également mobilisée pour montrer l’articulation de dispositifs formels et d’instances informelles de socialisation dans la production du genre. Enfin, au niveau micro, l’analyse des 56 biographies professionnelles permettra de montrer comment se construisent les carrières souvent éphémères des consultant-e-s, et comment elles s’articulent de façon plus ou moins problématique avec les carrières conjugales et familiales. Elle permettra d’éclairer les stratégies diversifiées des femmes pour s’accommoder, transgresser ou tenter d’ « inverser » le genre dans l’exercice du métier et dans leur trajectoire sociale. Ces trois moments complémentaires de l’analyse offriront des angles privilégiés pour repérer des processus qui tantôt (re)produisent et invisibilisent le genre, envisagé comme système relationnel hiérarchisé et comme rapport de pouvoir, tantôt sont des ferments de changements parfois profonds dans les rapports sociaux.
    Mots-clés:
    conseil en management genre ethos professionnel
  • médecin généraliste

    Co-auteurs: Géraldine Bloy, Laurent Rigal

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Dominations interprofessionnelles dans le champ de la prévention : comment les médecins généralistes se positionnent-ils ?

    Notre étude par entretiens vise à comprendre l'hétérogénéité des pratiques préventives entre médecins généralistes grâce à une connaissance fine de leurs logiques d'action, notamment en décryptant leur positionnement par rapport aux divers acteurs de la prévention. Ceci ne peut se faire qu'en prenant en compte la complexité du système de soins primaires français : faible organisation collective, coordination reposant sur le patient ou sur les modalités d'entente entre professionnels rarement formalisées ; cloisonnement symbolique et effets de domination entre les professions (Sarradon-Eck et al., 2008). Compte tenu de l'idéal d'autonomie des professions libérales et de la concurrence entre les groupes professionnels qui aspirent chacune à accroître leur champ d'action (Abbott, 2003), il apparaît intéressant de comprendre la façon dont les médecins généralistes travaillent avec les acteurs de la prévention. Qui les médecins généralistes identifient-ils comme interlocuteurs pour les soins préventifs ? Quelle est leur perception de ces acteurs ? Quelle place leur donnent-ils, aidant ou obstacle à leur pratique ? Recherchent-ils une intégration à ce système d'acteurs, si oui de quelle manière ? Au sein de notre échantillon d'une centaine de médecins généralistes, nous avons sélectionné les 38 entretiens les plus intéressants pour travailler ces questions. Les différents acteurs évoqués par les généralistes au fil du discours sur leurs pratiques préventives ont été repérés, et les liens entretenus avec chacun d'entre eux analysés. En considérant comment chaque médecin agence, dans son discours, les acteurs autour de lui, nous avons fait une analyse de réseaux « égocentrés ». Deux dimensions les caractérisent : -Leur richesse, définie par la quantité et l'intensité des liens existants. -Leur orientation : certains sont polarisés positivement vers un acteur en particulier (spécialistes, réseaux de santé,...), d'autres sont polarisés négativement, notamment ceux construits dans l'opposition aux organismes publics. Enfin certains n'ont pas de polarisation et rayonnent également vers les différents acteurs. Il apparaît que les médecins généralistes s'accordent quasi-unanimement une place centrale en prévention, ce qui tend à infléchir, dans leur discours, le rapport hiérarchique traditionnel entre eux et les spécialistes. Mais cette place qu'ils revendiquent semble discordante avec certaines de leurs pratiques, notamment lorsque la coordination et les décisions sont laissées en grande part aux patients. On repère également la difficulté d'envisager des liens avec les professionnels paramédicaux, qui s'explique en partie par une méconnaissance du travail de ces derniers. Cette étude nous permet de mieux comprendre les logiques qui régissent les rapports des médecins généralistes avec les divers acteurs de la prévention. La domination et la maîtrise de leur domaine d'action professionnel apparaissent comme des ressorts essentiels. La méconnaissance des certains interlocuteurs ou le désir de partage des responsabilités entrent aussi en compte. Enfin certains médecins semblent échapper aux logiques de domination en s'isolant.
    Mots-clés:
    Réseau, Médecin généraliste, Prévention
  • médecin généraliste

    Co-auteurs: Géraldine Bloy, Laurent Rigal

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Dominations interprofessionnelles dans le champ de la prévention : comment les médecins généralistes se positionnent-ils ?

    Notre étude par entretiens vise à comprendre l'hétérogénéité des pratiques préventives entre médecins généralistes grâce à une connaissance fine de leurs logiques d'action, notamment en décryptant leur positionnement par rapport aux divers acteurs de la prévention. Ceci ne peut se faire qu'en prenant en compte la complexité du système de soins primaires français : faible organisation collective, coordination reposant sur le patient ou sur les modalités d'entente entre professionnels rarement formalisées ; cloisonnement symbolique et effets de domination entre les professions (Sarradon-Eck et al., 2008). Compte tenu de l'idéal d'autonomie des professions libérales et de la concurrence entre les groupes professionnels qui aspirent chacune à accroître leur champ d'action (Abbott, 2003), il apparaît intéressant de comprendre la façon dont les médecins généralistes travaillent avec les acteurs de la prévention. Qui les médecins généralistes identifient-ils comme interlocuteurs pour les soins préventifs ? Quelle est leur perception de ces acteurs ? Quelle place leur donnent-ils, aidant ou obstacle à leur pratique ? Recherchent-ils une intégration à ce système d'acteurs, si oui de quelle manière ? Au sein de notre échantillon d'une centaine de médecins généralistes, nous avons sélectionné les 38 entretiens les plus intéressants pour travailler ces questions. Les différents acteurs évoqués par les généralistes au fil du discours sur leurs pratiques préventives ont été repérés, et les liens entretenus avec chacun d'entre eux analysés. En considérant comment chaque médecin agence, dans son discours, les acteurs autour de lui, nous avons fait une analyse de réseaux « égocentrés ». Deux dimensions les caractérisent : -Leur richesse, définie par la quantité et l'intensité des liens existants. -Leur orientation : certains sont polarisés positivement vers un acteur en particulier (spécialistes, réseaux de santé,...), d'autres sont polarisés négativement, notamment ceux construits dans l'opposition aux organismes publics. Enfin certains n'ont pas de polarisation et rayonnent également vers les différents acteurs. Il apparaît que les médecins généralistes s'accordent quasi-unanimement une place centrale en prévention, ce qui tend à infléchir, dans leur discours, le rapport hiérarchique traditionnel entre eux et les spécialistes. Mais cette place qu'ils revendiquent semble discordante avec certaines de leurs pratiques, notamment lorsque la coordination et les décisions sont laissées en grande part aux patients. On repère également la difficulté d'envisager des liens avec les professionnels paramédicaux, qui s'explique en partie par une méconnaissance du travail de ces derniers. Cette étude nous permet de mieux comprendre les logiques qui régissent les rapports des médecins généralistes avec les divers acteurs de la prévention. La domination et la maîtrise de leur domaine d'action professionnel apparaissent comme des ressorts essentiels. La méconnaissance des certains interlocuteurs ou le désir de partage des responsabilités entrent aussi en compte. Enfin certains médecins semblent échapper aux logiques de domination en s'isolant.
    Mots-clés:
    Réseau, Médecin généraliste, Prévention
  • MCF sociologie

    Co-auteurs: Collectif Rosa Bonheur

    RT5 Classes, inégalités, fragmentations

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Autonomie et dépendance des classes populaires aujourd’hui, une perspective internationale

    Dans cette communication, nous souhaitons montrer que l’analyse des pratiques et des relations sociales, dans le travail et dans la sphère privée, nous permet de réfléchir les conditions d’existence et d’action des classes populaires, et notamment de comprendre les tensions entre les formes d’autonomie et de dépendance qu’elles expérimentent. Nous proposons des éléments d’analyse à partir d’une enquête collective en cours qui réunit trois équipes, en France, en Espagne et en Argentine, autour de préoccupations communes pour les reconfigurations des classes populaires sur des territoires ayant connu une désindustrialisation massive sur le long terme. Les enquêtes menées parallèlement portent sur le territoire de La Matanza, à la périphérie de Buenos Aires, celui de Coslada, dans la banlieue de Madrid, et celui de Roubaix, au sein de la métropole lilloise. Puisque la démarche d’ethnographie comparée constitue notre cadre épistémologique, nous explicitons d’abord le parti pris d’une analyse territorialisée et « de plain-pied » des pratiques ordinaires (Fournier et al., 2008). Il s’agit de souligner les apports d’une mise en résonnance des trois enquêtes pour la problématisation des recherches locales. Si les contextes sociétaux et les situations locales sont évidemment différents (épisodes dictatoriaux, agencements entre Etat social et tournant néo-libéral, structuration des marchés du travail, formes et ampleur de la paupérisation, etc.), les processus de désindustrialisation, de désalarisation et les façons d’y faire face peuvent être mis en perspective. Ainsi, à l’échelle de chaque ensemble territorial, selon les configurations et les ressources disponibles, les individus et les groupes sociaux construisent des stratégies multiples (résidentielles, de mobilité ou d’ancrage géographique ; d’accès, de maintien ou d’invention d’activités rémunératrices et occupationnelles ; d’apprentissage et de formation ; de consommation ; de contrôle social ; de construction de réseaux d’entraide, de solidarité et de résistance à l’échelle du foyer, du voisinage, du quartier) visant à garantir l’accès aux ressources nécessaires à la reproduction de la vie (Marx, 1971; Willis, 2011). Nous présentons ensuite les premiers résultats de l’enquête ethnographique menée sur le territoire roubaisien. A Roubaix, ce sont les liens entre des transformations globales et leur expression concrète au niveau local, qui ont orienté nos entrées sur le terrain. Nous participons ainsi aux réunions de collectifs de femmes qui discutent de leur vie quotidienne dans le cadre d’ateliers animés par des salariées de centres sociaux. Nous suivons un collectif d’anciens salariés du textile, licenciés, qui ont constitué une association, d’abord pour organiser leurs droits, leur retour à l’emploi, puis pour constituer un lieu de mémoire et de fabrique du textile. Nous menons également une enquête sur les « garages à ciel ouvert » et plus largement sur les activités sociales et économiques autour de la voiture, très présentes dans les quartiers pauvres. A partir des résultats intermédiaires de cette enquête de terrain en cours, nous montrons que les pratiques quotidiennes d’organisation individuelles et collectives pour accéder au travail, pour consommer, pour apprendre et transmettre, dans des registres plus ou moins formels, permettent la construction d’espaces d’autonomisation, voire d’émancipation, auxquels se réfèrent toujours des formes de dépendances variées, à la fois proches et lointaines, qui interrogent les ressorts et les ressources de l’ancrage et de l’autochtonie (Retière, 2003 ;Renahy, 2010).
    Mots-clés:
     
  • Doctorant
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Les transformations de l’espace social français depuis 40 ans à travers l’homogamie socioprofessionnelle et de diplôme

    L’étude de l’homogamie donne tout son sens à la notion d’espace social, puisqu’elle saisit les rapports effectifs entre individus et groupes d’individus qui sont à la fois la cause et la conséquence des choix matrimoniaux. Un tel espace donne accès à des dimensions objectives (les futurs conjoints ont fréquenté des espaces communs pour se rencontrer, et les styles de vie de deux personnes une fois en couple seront proches quelles que soient par ailleurs leurs caractéristiques individuelles et leurs origines), mais aussi subjectives (la rencontre ne suffit pas : encore faut-il partager des goûts et une culture commune pour s’apprécier). Cette communication se propose d’analyser les transformations de l’espace social français selon plusieurs aspects fondamentaux de l’homogamie : catégorie socioprofessionnelle, origine sociale et diplôme des conjoints. Nous mobilisons à cette fin la série exceptionnelle des 42 enquêtes Emploi réalisées par l’INSEE entre 1969 et 2011, en retenant les couples cohabitants dans lesquels au moins l’un des conjoints est âgé de 30 à 59 ans à la date de l’enquête. Une technique statistique novatrice, les modèles log-multiplicatifs d’association, nous permet d’identifier les différentes dimensions de l’espace social, à la manière d’une analyse des correspondances, mais aussi de mesurer les variations de ces dimensions au cours du temps. L’étude montre que l’homogamie diminue suivant tous les aspects retenus, aussi bien en termes bruts qu’une fois contrôlées les transformations de la composition de la population française en termes de catégorie socioprofessionnelle, d’origine sociale et de niveau d’études ; ce résultat est à rapprocher de l’augmentation de la fluidité sociale mise en évidence pour la France par les études sur la mobilité intergénérationnelle. À l’inverse, l’homogamie socioprofessionnelle a commencé à diminuer plus tardivement, dans les années 1980, et connaît un rythme de décrue de plus en plus élevé. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, ce constat va à l’encontre de la thèse d’un retour des classes sociales : par leur comportement matrimonial, les acteurs sociaux semblent nier de manière croissante la pertinence de ce cadre de lecture. Au total, l’espace social paraît plus ouvert dans la France de 2011 que dans celle de 1969 – à moins que les nouvelles lignes de fractures identifiées par la sociologie n’aient en partie remplacé les variables traditionnelles dans la détermination du choix du conjoint.
    Mots-clés:
    homogamie, espace social, classes sociales, éducation, choix du conjoint
  • Doctorant
    RT20 Méthodes

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    L’apport des modèles d’association à l’analyse multidimensionnelle de transformations temporelles : illustration à travers l’homogamie en France (1969-2011)

    Dans la tradition sociologique française, l’outil naturel pour étudier une table d’homogamie croisant les PCS des conjoints, leurs niveaux de diplôme ou leurs origines sociales est l’analyse des correspondances (Desrosières, « Marché matrimonial et structure des classes sociales », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 1978) ; il en va de même si l’on s’intéresse à une table de mobilité. Cette technique rencontre cependant ses limites lorsque l’on désire étudier les transformations d’une telle table au cours du temps, observées ici à travers les 42 enquêtes Emploi de l’INSEE conduites entre 1969 et 2011. Issus de la modélisation log-linéaire, les modèles d’association lignes-colonnes (dits « de Goodman ») constituent un cadre plus souple et plus général que l’analyse des correspondances. Ils permettent en effet d’étudier la transformation des dimensions identifiées à travers une troisième variable – le temps, les pays ou encore différentes sous-populations –, offrant ainsi une vision dynamique ou comparative des espaces sociaux étudiés. Ils permettent en outre de tester le caractère significatif ou non d’une dimension supplémentaire ; mais aussi, le cas échéant, d’ignorer la diagonale principale de la table d’homogamie, pour se concentrer sur l’analyse des distances sociales entre catégories. La lecture fine autorisée par ces modèles répond ainsi à l’accusation de simplisme parfois formulée à l’encontre des études de l’homogamie et de la mobilité sociale. Un nouveau paquet R (dénommé logmult) permettant d’estimer simplement ces modèles sera finalement présenté.
    Mots-clés:
    homogamie, évolution temporelle, modèles d'association, modèles log-linéaires, analyse factorielle, analyse des correspondances
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    RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Mobilisation, territorialisation et production de sens à partir de la relation à la nature végétale en ville

    La nature en ville peut-elle être le support d’une réaction individuelle ou collective à la domination politique et scientifique des enjeux d’environnement ? En reprenant un triptyque inspiré de la sociologie de l’expérience de Dubet (1994) et de la sociologie de l’environnement de Micoud (2005), je cherche à montrer que la relation à la nature urbaine est d’abord monopolisée par des registres normatifs (politiques et juridiques) et conceptuels (scientifiques et techniques). Je mobilise alors des études sur cette nature en ville, notamment celles menées à Paris et en Ile de France dans le cadre du programme CCTV (Sourdril et Boudes, 2011), pour souligner la place grandissante qu’occupe un registre ontologique, marqué par des logiques de mobilisation, de territorialisation et de production de sens. Après avoir détaillé l’origine de découpage et des dimensions, je montrerai que, dans le cas de l’environnement, les registres normatifs et conceptuels font écho à la rhétorique de la modernité. Ils survalorisent les dimensions biophysiques et l’expertise et accompagnent un accroissement de la législation environnementale. L’intérêt grandissant pour les arènes à la fois scientifiques et politiques illustre l’emprise de ces dimensions. Il semble pourtant que des processus d’appropriations sociales de la nature en ville redonnent une certaine vigueur à la dimension ontologique. Ce registre d’appréhension de la nature en ville regrouperait trois niveaux d’action dans la relation au végétal. Le premier renvoie aux mobilisations qui s’appuient sur les enjeux de nature au niveau local pour avoir ensuite une portée plus générale. Il s’agit de l’empowerment ou mobilisation, que nous illustrerons par des exemples d’initiatives étudiées. Le second registre concerne l’appropriation sociale des enjeux de territoire. Cela traduit la matérialisation d’enjeux d’environnement à travers des formes plus concrètes et locales de relation aux éléments de ces enjeux : par exemple, dans le programme CCTV, la pratique de la végétalisation des villes et la question de la biodiversité. Le troisième aspect relève de la production de sens : nos enquêtes montrent que la nature en ville est aussi un support de sens dans des systèmes urbains dominés par une forme de tragédie de la culture quotidienne. Références : Dubet, Fr., 1994, Sociologie de l’experience, Paris, Seuil Micoud, A, 2005, La biodiversité est-elle encore naturelle ? Ecologie & Politique, n°xx Sourdril, A. et Ph. Boudes, 2011, Le programme Changement Climatique et Trame Verte urbaine (CCTV), www.gisclimat.fr
    Mots-clés:
    végétation, ville, appropriation sociale, culture
  • doctorant
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    La classe ouvrière en Suisse: un groupe stratifié par la nationalité et la formation

    Lorsque l’on évoque la Suisse, on ne pense pas spontanément à la classe ouvrière ou aux emplois industriels. L’absence de classes populaires en Suisse est pourtant bien évidemment une idée qui, en tant que telle, ne résiste pas à un coup de sonde empirique. Pour autant, de nombreux faits, institutions et événements témoignent, en tendance, de la faible existence de la classe ouvrière en Suisse, en tant que groupe objectif et représenté. Dans cette configuration particulière, la question de la formation du groupe ouvrier se pose : dans quelle mesure des éléments de l’histoire sociale et politique de la Suisse attestent-ils d’un groupe ouvrier peu homogène, peu représenté et peu présent dans les représentations individuelles ? Parallèlement à ces éléments, je fais l’hypothèse que l’invisibilisation de la classe ouvrière en Suisse est aussi redevable d’une division du travail entre nationaux et étrangers. Pour répondre à ces questions, j’examine d’une part la littérature existante afin de repérer divers éléments qui témoignent de processus contredisant la formation de la classe ouvrière en Suisse, du milieu du 19e siècle aux années 1970. D’autre part, pour éprouver l’idée d’une classe ouvrière divisée par la nationalité, j’analyse la distribution des emplois dans une commune populaire, territoire illustrant de manière exemplaire le caractère lié des processus d’industrialisation et d’immigration en Suisse.
    Mots-clés:
    classes populaires; Suisse; immigration
  • Professeur
    RT16 Sociologie clinique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Les cadres dans les grandes entreprises : formes paradoxales de la domination et de l’émancipation.

    Le problème de la responsabilité du cadre est devenu critique. D’un côté les évolutions juridiques le mettent de plus en plus sous les feux des médias et de la justice en cas d’accident du travail, d’accident industriel, ou de défaillance dans l’activité. De l’autre, il ne peut arguer de la nature et de la force du régime pour se soustraire à toute responsabilité, car il est à la fois « agi » et « acteur ». Ce problème de la responsabilité sociale réelle des acteurs présentés justement comme des « responsables » n’est pas simple. Une des questions de la sociologie, dont on peut légitimement penser avec Habermas que c’est une science émancipatrice, c’est peut-être d’avoir tendance à dissoudre la responsabilité des acteurs derrière la compréhension des mécanismes auxquels ils sont soumis ou confrontés, et donc d’ouvrir grand la porte à une perception des faits sociaux où la responsabilité se retrouve massivement du côté du contexte social. En essayant de mettre à jour des structures de domination certes à l’œuvre, on prend ainsi l’habitude de mettre au second plan la question classique pour le philosophe de la responsabilité individuelle. La difficulté c’est que, d’une certaine façon, dans ce monde globalisé, nous sommes souvent victimes et coupables, pénalisés et bénéficiaires, agis et acteurs. Par exemple, une femme cadre supérieur appartient dans cette perspective à une classe « dominante » de par son statut. Mais on ne peut ignorer qu’elle est aussi « dominée » en tant que femme, et négliger alors tout ce que cela peut induire pour elle : asservissement à un machisme organisationnel plus ou moins « soft » qui voit d’un mauvais œil les femmes qui veulent du pouvoir, salaire moindre à performance égale, retards de carrière liés à des maternités, sacrifice de carrière en cas de conjoints muté, etc. Mutadis mutandis, le cas peut-être similaire pour des homosexuels ou des personnes « issues de l’immigration ». Dès lors le classement simplifié de populations de cadres dans des groupes dits « dominants » est en définitive largement incomplet car il ignore une réalité plus difficile à appréhender : celle de l’appartenance simultanée à des groupes « dominants » et « dominés ». Or c’est bien la situation des cadres des grandes organisations de nos jours, parce qu’ils sont au cœur des tensions organisationnelles, et qu’ils sont d’un côté responsables, patrons, donneurs d’ordres et contrôleurs, et en même temps assujettis et contrôlés. A cela s’ajoutent évidemment les problématiques de genre et d’orientation sexuelle, d’origine, voire de filière de formation, qui complexifient et enrichissent les situations. L’enjeu du dépassement de la polarisation eux-nous c’est, à partir d’une prise de conscience des niveaux mêmes impliqués, de s’attaquer non pas au seul symptôme mais peut-être à des couches plus profondes, et qui nous impliquent tous.
    Mots-clés:
    cadres domination paradoxes
  • doctorant non allocataire
    RT17 Gestion politique du corps et des populations

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Pourquoi le foetus anatomique est-il devenu "monstrueux" ?

    Saisissez ici le résumé de la communication... Pourquoi le fœtus anatomique est-il devenu "monstrueux" ? Cette intervention porte sur la construction sociale de l’image du fœtus, entre esthétisation et répulsion. Ses effets se font sentir notamment sur la pratique de l’interruption médicale de grossesse (I.M.G). Le fœtus sain de la grossesse normale est fortement idéalisé comme en témoigne l’image médiatisée du fœtus Mac Guff qui cache les traits du fœtus ‟réel‟ (tête disproportionnée, yeux globuleux). Ce fœtus idéal, doté d’yeux bleus et d’un petit nez, est ainsi désanimalisé. Le dégoût pour le fœtus anatomique proche de la primatologie (grosse tête, grosses orbites) se traduit par son retrait des Muséums. Mis en réserve ou rapproché de la tératologie animale, il ‟sort‟ de l’histoire de l’humain. En revanche, dans l’art contemporain, ce fœtus ‟darwinien‟ retrouve une voie d’accès légitime. Mais c’est pour choquer. La vérité du fœtus ‟darwinien‟, étape objective de l’évolution, est encore transformée. Tout cela n’est pas sans quelque effet sur l’annonce de l’anomalie fœtale faite aux parents. Mais l’importance de la visibilité de la malformation demeure implicite. Le corps médical ne parle plus de ‟bec-de-lièvre‟ mais de ‟fente labiale‟. Les parents ne parlent pas de ‟monstre‟ mais de ‟fœtus de 12 SA‟. Autant camouflé par l’esthétisation fœtale que par la mise en place d’un langage médical — et parental — euphémisant l’anomalie fœtale, le fœtus ‟réel‟ questionne notre conception de l’humain ainsi que la pratique de l’I.M.G.
    Mots-clés:
    foetus ; I.M.G ; esthétisation ; désanimalisation
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    RT16 Sociologie clinique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    « Le management paradoxal comme processus de subjectivation au travail »

    « Le management paradoxal comme processus de subjectivation au travail » Cette communication traite de l’émergence d’un nouveau modèle de management, le « management paradoxal », appréhendé comme processus de subjectivation au travail. L’objectif de cette communication est double. Il s’agira, dans un premier temps, de présenter les principales caractéristiques et manifestations de ce management puis, dans un second temps, de démontrer en quoi ce management agirait comme processus de subjectivation au travail. L’objectif étant ici de démontrer comment ce management, par les contraintes qu’il impose, non seulement « impacte » le sujet « affectivement », mais également, par la « résistance » du sujet qu’il impose, précisément à travers les mécanismes de défense et de dégagement que le sujet met nécessairement en place pour y faire face, fait justement « advenir » celui-ci. Notre projet n’étant pas ici de redéfinir le processus de subjectivation mais plutôt d’en comprendre sa formation, en pensant et en essayant de saisir dans quelles mesures peuvent advenir les conditions ou les possibilités d’émergence du sujet pris dans les contraintes d’un dispositif managérial. Cette communication ayant pour visée de saisir quel demeure à la fois le « coût » et le « bénéfice subjectif » de la domination. Mots clés : double contrainte, injonctions paradoxales, management paradoxal, pouvoir, résistance, sujet.
    Mots-clés:
     
  • Maître de Conférences

    Co-auteurs: Mathieu Triclot

    GT41 Corps, technique et société

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Corps et rapports de mouvements dans la pratique des jeux vidéo. Analyse filmique de situations.

    La normativité des dispositifs techniques produits par l’industrie culturelle contemporaine est souvent discutée à partir de conceptions du corps étonnement cartésiennes. Ainsi l’agir devant l’écran a-t-il été analysé le plus souvent comme abstraction ou immersion, perte de contact avec la matière ou entrée dans un nouvel environnement virtuel. Les mêmes situations ont alors été décrites soit comme disciplinaires soit comme émancipatrices, tant le lieu où l’on joue et le terrain de jeu peuvent sembler pointer dans des directions opposées. Or lorsque nous filmons en même temps la situation de jeu et ce qui se passe à l’écran, puis que nous confrontons ces vidéos, il apparaît que l’enveloppe corporelle du joueur se construit dans une épreuve motrice qui est avant tout un rapport de mouvements – dans une confrontation des vitesses du corps du joueur et de son avatar, et plus largement du salon et des environnements virtuels pratiqués. Ce matériau filmique, que nous interrogeons à la fois à partir de l’anthropologie technique française (Leroi-Gourhan) et des travaux sur le spectateur de cinéma (Bellour), nous permet ainsi d’analyser cette corporéité qui, pour être nouvelle, n’en est pas moins déjà aujourd’hui un élément du quotidien.
    Mots-clés:
    corps, jeu, écran, image, film, mouvement, rythme, analyse filmique, jeu vidéo, engagement, immersion, émancipation, industrie culturelle, technique, vidéo, corporéité, anthropologie technique, techniques du corps
  • Chercheure Associée à l'INED. Chercheure au CEE.
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Les modes de recherche et d’accès à l’emploi des jeunes issus de l’immigration : des différences selon l’origine ?

    L’insertion professionnelle des descendants d’immigrés s’avère plus difficile que celle des Français d’origine. Ces difficultés tiennent pour partie aux niveaux d’éducation, fortement corrélés eux-mêmes aux origines sociales ; elles peuvent résulter des phénomènes de ségrégation dans les quartiers sensibles et de discrimination à l’embauche. L’accès au marché du travail dépend aussi des canaux et réseaux que peuvent mobiliser les personnes en recherche d’emploi. Cette communication propose d’explorer une facette peu connue de l’accès au marché du travail des jeunes issus de l’immigration, à savoir leurs modes de recherche et d’obtention d’un emploi, à partir de l’enquête Trajectoires et Origines (Ined, Insee, 2008). Les jeunes issus de l’immigration font-ils les mêmes démarches de recherche d’emploi et trouvent-ils leur emploi par les mêmes canaux et réseaux que les Français d’origine ? En leur sein, observe t on des différences ? Ces différences sont-elles liées à l’origine des parents ou sont-elles le reflet de ressources (inégales) dont disposent les jeunes pour recourir à tel ou tel canal ? L’analyse des modes d’entrée dans la vie active permet d’avancer dans l’explication des inégalités d’accès au marché du travail des jeunes issus de l’immigration.
    Mots-clés:
    jeunes issus de l'immigration ; accès à l'emploi , discrimination
  • Chercheure Associée à l'INED. Chercheure au CEE.

    Co-auteurs: Severine Chauvel, Elise Tenret

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    La perception par les élèves des injustices et discriminations à l'école :

    Les inégalités objectives d’éducation (en fonction de l’origine sociale, du sexe et plus récemment de l’origine géographique ou de l’origine ethnique) occupent depuis plusieurs décennies le champ de la sociologie de l’éducation. Ce n’est que plus récemment que les chercheurs se sont penchés sur le vécu de ces inégalités par les acteurs sociaux, à travers leur sentiment d’injustice ou les discriminations vécues par ces derniers (Dhume, Chauvel, Dukic et Perrot, 2011 ; Brinbaum, Primon, 2011). Généralement, les travaux sur le vécu des inégalités et des discriminations adoptent soit une démarche quantitative, les acteurs ayant à répondre à des questions fermées sur leur perception de la justice ou à donner leur avis sur des scénarios inspirés de la psychologie sociale (voir par exemple l’enquête menée par Forsé et Galland, 2011) ; soit une démarche qualitative, par entretiens, permettant de dévoiler les raisonnements complexes, voire cycliques (en « rondes critiques ») que formulent les acteurs sociaux en matière de justice sociale (voir par exemple Dubet 2006 ; Duru-Bellat et Brinbaum, 2009). Or, en matière de sentiment de justice, la question des effets de la méthode utilisée dans la production des connaissances paraît fondamentale (Tenret, 2007). Cette communication vise à présenter la question des discriminations à l’école et de leur vécu, qui est à la fois un thème encore peu exploré et qui pose des questions de mesure et de méthodes. Pour cela, l’enquête Trajectoires et Origines (INED, INSEE, 2008) a été mobilisée à laquelle s’est ajoutée une post enquête qualitative réalisée en 2011-2012 afin d’employer une méthodologie véritablement mixte. En effet, l’enquête Trajectoires et Origines (TeO) appréhende, de manière quantitative et au moyen de questions fermées, les expériences scolaires des personnes sur la base du sentiment d’injustice et de discrimination à l’école. La post enquête TeO a ensuite permis de réinterroger un échantillon des personnes ayant participé à l’enquête sur les mêmes sujets, afin d’éclairer les réponses à l’enquête quantitative, de les déconstruire et les contextualiser, de saisir la genèse du sentiment de discrimination et ses effets. Qu’entendent les acteurs sociaux par « discriminations » ? Sont-elles nécessairement associées à un sentiment d’injustice ? Dans quels contextes se produisent-elles ? Comment comprendre les réponses données à l’enquête quantitative d’après les discours individuels produits en entretien ? Telles sont les questions ayant guidé notre réflexion pour cette présentation. Après avoir dans un premier temps présenté la méthodologie utilisée et l’échantillon sur lequel nous avons travaillé, nous présenterons l’analyse réalisée dans le cadre de la post-enquête qualitative TeO en deux parties : la contextualisation des réponses à l’enquête TeO et les définitions données de la discrimination par les enquêtés eux-mêmes.
    Mots-clés:
     
  • Chercheure Associée à l'INED. Chercheure au CEE.
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Les modes de recherche et d’accès à l’emploi des jeunes issus de l’immigration : des différences selon l’origine ?

    L’insertion professionnelle des descendants d’immigrés s’avère plus difficile que celle des Français d’origine. Ces difficultés tiennent pour partie aux niveaux d’éducation, fortement corrélés eux-mêmes aux origines sociales ; elles peuvent résulter des phénomènes de ségrégation dans les quartiers sensibles et de discrimination à l’embauche. L’accès au marché du travail dépend aussi des canaux et réseaux que peuvent mobiliser les personnes en recherche d’emploi. Cette communication propose d’explorer une facette peu connue de l’accès au marché du travail des jeunes issus de l’immigration, à savoir leurs modes de recherche et d’obtention d’un emploi, à partir de l’enquête Trajectoires et Origines (Ined, Insee, 2008). Les jeunes issus de l’immigration font-ils les mêmes démarches de recherche d’emploi et trouvent-ils leur emploi par les mêmes canaux et réseaux que les Français d’origine ? En leur sein, observe t on des différences ? Ces différences sont-elles liées à l’origine des parents ou sont-elles le reflet de ressources (inégales) dont disposent les jeunes pour recourir à tel ou tel canal ? L’analyse des modes d’entrée dans la vie active permet d’avancer dans l’explication des inégalités d’accès au marché du travail des jeunes issus de l’immigration.
    Mots-clés:
    jeunes issus de l'immigration ; accès à l'emploi , discrimination
  • Chercheure Associée à l'INED. Chercheure au CEE.

    Co-auteurs: Severine Chauvel, Elise Tenret

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    La perception par les élèves des injustices et discriminations à l'école :

    Les inégalités objectives d’éducation (en fonction de l’origine sociale, du sexe et plus récemment de l’origine géographique ou de l’origine ethnique) occupent depuis plusieurs décennies le champ de la sociologie de l’éducation. Ce n’est que plus récemment que les chercheurs se sont penchés sur le vécu de ces inégalités par les acteurs sociaux, à travers leur sentiment d’injustice ou les discriminations vécues par ces derniers (Dhume, Chauvel, Dukic et Perrot, 2011 ; Brinbaum, Primon, 2011). Généralement, les travaux sur le vécu des inégalités et des discriminations adoptent soit une démarche quantitative, les acteurs ayant à répondre à des questions fermées sur leur perception de la justice ou à donner leur avis sur des scénarios inspirés de la psychologie sociale (voir par exemple l’enquête menée par Forsé et Galland, 2011) ; soit une démarche qualitative, par entretiens, permettant de dévoiler les raisonnements complexes, voire cycliques (en « rondes critiques ») que formulent les acteurs sociaux en matière de justice sociale (voir par exemple Dubet 2006 ; Duru-Bellat et Brinbaum, 2009). Or, en matière de sentiment de justice, la question des effets de la méthode utilisée dans la production des connaissances paraît fondamentale (Tenret, 2007). Cette communication vise à présenter la question des discriminations à l’école et de leur vécu, qui est à la fois un thème encore peu exploré et qui pose des questions de mesure et de méthodes. Pour cela, l’enquête Trajectoires et Origines (INED, INSEE, 2008) a été mobilisée à laquelle s’est ajoutée une post enquête qualitative réalisée en 2011-2012 afin d’employer une méthodologie véritablement mixte. En effet, l’enquête Trajectoires et Origines (TeO) appréhende, de manière quantitative et au moyen de questions fermées, les expériences scolaires des personnes sur la base du sentiment d’injustice et de discrimination à l’école. La post enquête TeO a ensuite permis de réinterroger un échantillon des personnes ayant participé à l’enquête sur les mêmes sujets, afin d’éclairer les réponses à l’enquête quantitative, de les déconstruire et les contextualiser, de saisir la genèse du sentiment de discrimination et ses effets. Qu’entendent les acteurs sociaux par « discriminations » ? Sont-elles nécessairement associées à un sentiment d’injustice ? Dans quels contextes se produisent-elles ? Comment comprendre les réponses données à l’enquête quantitative d’après les discours individuels produits en entretien ? Telles sont les questions ayant guidé notre réflexion pour cette présentation. Après avoir dans un premier temps présenté la méthodologie utilisée et l’échantillon sur lequel nous avons travaillé, nous présenterons l’analyse réalisée dans le cadre de la post-enquête qualitative TeO en deux parties : la contextualisation des réponses à l’enquête TeO et les définitions données de la discrimination par les enquêtés eux-mêmes.
    Mots-clés:
     
  • statisticienne et sociologue
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Existe-t-il un espace socioprofessionnel européen ?

    La plupart des théories de la stratification sociale ont pour cadre les espaces nationaux (Wright, Goldthorpe, Esping-Andersen, Bourdieu). Même si certaines nomenclatures socio-économiques sont utilisées à des fins de comparaisons internationales (comme l’EGP par exemple), elles sont très rarement appliquées à l’espace européen pris dans son ensemble. Dans cette étude, on se demandera si le « schéma » de classes de Bourdieu est transposable au plan européen. Selon l’approche de Pierre Bourdieu, les individus ont chacun une position bien précise dans l’espace social, qui se résume à trois dimensions : la première représentant le volume global de capital, la seconde la composition du capital (ie l’intensité plus ou moins forte en capital culturel et économique) et la troisième la trajectoire du capital. Les classes sociales rassemblent des personnes proches du point de vue des capitaux qu’elles détiennent (volume, composition et trajectoire). Les classes représentent donc des régions de l’espace social et les professions en seraient de bons indicateurs. L’objectif de cette communication est de décrire, à partir de l’enquête européenne sur les revenus et les conditions de vie (SILC), les distances entre les groupes socioprofessionnels du point de vue du capital économique et du capital culturel, au plan national puis au plan européen. Dit autrement, nous chercherons à étudier dans quelle mesure les différentes régions de l'espace social européen (définies par la proximité revenu-niveau d'étude) s'organisent plus autour des groupes socioprofessionnels ou bien des appartenances nationales ou régionales.
    Mots-clés:
    Union européenne, classes sociales, Bourdieu
  • Professeur émérite

    Co-auteurs: François Cardi

    GT47 Sociologie Visuelle et Filmique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Dominations à l'école saisies par la photographie

    Dominations à l’école saisies par la photographie Résumé. La communication poursuit deux buts inséparables. Le premier, d’ordre méthodologique, consiste à développer l’idée selon laquelle un corpus photographique constitue une donnée que la sociologie ou l’ethnologie peuvent utiliser en tant que tel et non comme simple document illustratif. Le second est de montrer cette capacité à partir d’un ensemble de photographies réalisées en dehors de préoccupations explicites de recherche, choisies selon certains critères et guidées par une problématique explicite, où se mêlent domination et résistance aux normes scolaires. Leur commentaire analytique permet de dégager des connaissances et des hypothèses en sociologie de l’éducation.
    Mots-clés:
    Ecole, domination, composition, forme photographique
  • Professeur émérite
    GT47 Sociologie Visuelle et Filmique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Dominations à l'école, saisies par la photographie.

    La situation scolaire n’a cessé d’être objet de photographies, non seulement sous forme de « photos de classe », mais aussi sous la forme de photographies d’activités d’enseignement (lecture, écriture, exercice sur table ou au tableau, jeux en classe ou en récréation, etc.). Réalisées très souvent pour montrer le caractère touchant (émouvant voire tendre) des situations ou bien l’aspect hautement rationnel des acteurs de l’éduction, elles ne montrent que rarement les rapports de domination qui s’y construisent : domination entre enseignants et élèves, entre élèves, entre enseignants, dans la division du travail pédagogique. Ces rapports sont pourtant omniprésents, et leur complexité ne se réduit pas à une imposition et à une soumission [1] . La recherche sociologique s’est d’ailleurs attachée à analyser cette complexité, que ce soit en France (Bouille, Bourdieu, Querrien, Testanière, par exemple) ou dans le monde anglo-saxon (Bernstein, Willard). En photographie, existe un corpus intéressant, réuni dans un ouvrage édité par Olivier Culmann et Mat Jacob deux photographes du collectif Tendance floue : « Les mondes de l’école » (Paris, Marval, 2001). On peut y trouver, traités par l’image, des rapports de domination en milieu scolaire, dans l’optique d’une démarche guidée par une problématique : « La question pour nous était de savoir si l’école est une façon d’imposer un mode de pensée ou au contraire si elle est le moyen de donner aux enfants le bagage intellectuel qui, plus tard, leur permettra d’être libre », écrivent les deux photographes pour expliquer leur projet. La communication consistera à montrer, à partir des photographies (on envisage d’en utiliser quatre ou cinq) que la composition (structure de l’image), les éléments graphiques (lignes, points, masses) et les marqueurs visuels (objets, attitudes corporelles, interactions) sont porteurs de significations manifestes ou subtiles. Ils mettent en relief les caractéristiques évidentes et la complexité des rapports de domination et de leurs effets dans l’école. La communication aura donc comme point de départ et matériau principal les photographies sélectionnées On verra que, bien loin d’être des documents d’illustration, elles apportent des éléments de connaissance sociologique, qu’elles ont la capacité de mettre en modèle. Pour la conduite de l’analyse qui en sera faite, on sera amené par ailleurs à convoquer des éléments de la recherche sociologique en éducation. François Cardi Professeur des universités Université d’Evry CERLIS [1] Voir Cardi François, « Le rapport pédagogique : un rapport de forces ? » dans Tripier Pierre (dir.), Agir pour créer un rapport de force. Savoir, savoir agir et agir, Paris, L’Harmattan, 2011.
    Mots-clés:
    Education, photographie, domination, émancipation
  • chargé de recherche

    Co-auteurs: Danielle Boyer

    GT48 ARTS - Articulation vie professionnelle/vie familiale et Recomposition des Temps Sociaux

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Les congés parentaux : un obstacle à l’émancipation ?

    Avec la participation croissante des femmes au marché de l’emploi salarié en dehors du domicile à partir des années 1970, leur activité professionnelle est apparue comme un élément important pour leur émancipation vis-à-vis de leur conjoint – émancipation que le congé parental viendrait contrarier. Ainsi, les études menées depuis les années 1980 ont particulièrement mis en évidence l’effet de l’arrêt d’activité sur le retour à l’emploi à la sortie du congé parental, les déterminants du retrait d’activité ainsi que les effets de l’APE sur le taux d’emploi des mères de deux enfants. La communication évoquera ces résultats en tant qu’éléments de contexte, et développera les résultats d’une étude quantitative, réalisée en 2011, auprès de 3.000 mères d’au moins deux enfants dont le dernier est âgé de 12 ans. Cette étude permet de reconstituer leur situation professionnelle à la naissance de l’aîné, à celle du dernier enfant (en 1998) et au moment de l’enquête. Elle a notamment montré que le cadre législatif du congé parental permet, à long terme, de limiter l’exclusion de l’emploi suite à l’interruption d’activité, mais ne limite pas le risque de précarité. Elle permet également de prendre la mesure des modifications professionnelles faites par les mères au cours de leur carrière suite à la naissance de leurs enfants : les trois quarts sont concernées, soit par une interruption (60%), soit par un temps partiel (15%). Ces deux axes structureront la communication.
    Mots-clés:
     
  • doctorant science politique
    RT27 Sociologie des intellectuels et de l'expertise : savoirs et pouvoirs

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Les Économistes atterrés: les conditions d'une mobilisation disciplinaire

    En s'appuyant sur l'exemple des Économistes atterrés, nous tenterons de voir en quoi la structure du champ de la discipline économique et sa position par rapport au champ du pouvoir influent sur les formes d'investissements publics d'un savoir spécialisé. L'analyse de la position des membres du collectif dans la discipline, des texte du collectif, ainsi que la comparaison avec d'autres lieux de production d'un discours économique collectif doit nous permettre de voir comment se construit l'"économiste critique" comme figure concurrentielle de l'"expert": la première s'opposant à la seconde, dans la pratique et dans le discours, par son rapport aux formes dominantes du pouvoir temporel, et par la conception qu'elle véhicule de l'investissement politique de la science économique.
    Mots-clés:
    sociologie des intellectuels
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    RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    La Pass Psy : Des professionnels du champ médico-social au front de la précarité

    Dans le cadre d'une thèse, j'interroge différentes morphologies du soutien à des étrangers en « quête de papiers », à partir d'une ethnographie centrée sur la région lyonnaise. Pour ce congrès, ma proposition s’appuie sur une étude - en cours - de la Pass (permanence d’accès au(x) soin(s) et de santé) psy du Vinatier à Lyon, portée par le réseau Samdarra [1] et financée par le conseil scientifique de l’hôpital. Alors que ce dispositif accueille à plus de 90% un public migrant, il est confronté à des difficultés, notamment celle de la définition du sens de son activité au sein de la psychiatrie publique, entre accueillir le tout venant, orienter vers le « droit commun » ou soigner les précaires. Ces difficultés mettent en exergue une « concurrence » entre les différents professionnels qui travaillent à la Pass - psychiatres, psychologues, infirmiers, médecins, assistants sociaux. Nous proposons alors de problématiser la difficulté pour les professionnels à répondre aux demandes du public. En effet, chaque professionnel a sa manière de soigner et notre proposition visera donc à documenter ces différentes manières de faire, entre les contraintes liées à ce public, le sens que les professionnels donnent à leur activité et la place de ce dispositif au sein de la psychiatrie publique. Ainsi il importera de spécifier ce que soigner ce public demande aux professionnels de la santé. Comment la relation de soin s'investit d'un débordement, d'un problème social ? On s'intéresse alors à la capacité des professionnels à faire face à des problèmes qui à priori ne sont pas que médicaux, mais sociaux, et qui obligent à considérer la singularité des patients. Enfin nous proposerons de problématiser la figure de l’étranger précaire comme une figure « profane » qui vient justement remettre en question la domination médicale. Elle interroge la posture du professionnel de soin, dans la psychiatrie de secteur, en remettant en cause la position soignante péremptoire. Si le modèle asilaire était associé à une psychiatrie-chef (Dodier, Rabeharisoa), la place du professionnel psy est aujourd'hui moins évidente et se négocie en situation, que ce soit dans le soin, ou dans l'institution. Les usagers, en cumulant les souffrances sociales et psychiques, brouillent donc les frontières institutionnelles, mais aussi la relation d'aide. À ce titre la figure de l’étranger précaire représenterait une altérité radicale, différente, sans représentativité, qui incite les professionnels à poser la question du sens (de leur profession, du soin, de l'accompagnement...). [1] Samdarra (Santé mentale, précarité, demandeurs d'asile et réfugiés en Rhône Alpes) : Réseau, au Centre Hospitalier Le Vinatier, qui s'est constitué pour penser l'articulation entre « santé mentale » et « demande d'asile » suite à un rapport de l'ORSPERE en 2007.
    Mots-clés:
     
  • Chercheur

    Co-auteurs: Agnès Gauche

    RT12 Sociologie économique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Diversité des stratégies et des performances dans les circuits courts alimentaires : une analyse croisée

    Les circuits courts alimentaires, rapprochant producteurs et consommateurs, suscitent un intérêt croissant depuis le début des années 2000, de la part des producteurs comme des consommateurs. Cet intérêt croissant, relayé par les institutions agricoles et les politiques publiques, élargit le champ des acteurs concernés, au-delà des seuls pionniers militants contestant la domination des filières longues et de l’agriculture industrielle : après avoir été longtemps marginalisées voire décrédibilisées par une grande partie de la profession agricole, les « filières courtes » sont désormais présentées comme une opportunité pour améliorer la rentabilité des exploitations. Pour autant, nombre de travaux restent encore ciblés sur les figures ou formes militantes, notamment à travers l’exemple des AMAP ou formes apparentées dans d’autres pays. Ces recherches, souvent portées par des chercheurs eux-mêmes engagés, contribuent à nourrir des représentations des circuits courts comme associés d’emblée à des formes de contestation. Des auteurs invitent pourtant à caractériser leur « alternativité » selon différentes dimensions (Holloway et al., 2007) ou ouvrent la voie vers une analyse témoignant de leur hybridation entre différents modèles de par leur capacité à interroger les modalités de fixation des prix, les relations aux consommateurs et la gouvernance (Le Velly et Dubuisson-Quellier, 2008). D’autres encore mettent en avant « un nouveau souffle entrepreneurial » chez les petits producteurs (Lanciano et Saleilles, 2010), par ailleurs souvent dénigré chez les pionniers. Cette communication s’inscrit dans la lignée de ces travaux et propose une approche pragmatique et critique de ces circuits, en cherchant à croiser les apports de la nouvelle sociologie économique (NSE) et des sciences de gestion. L’objectif est de montrer que les circuits courts alimentaires ne sont pas hors du marché mais amènent à proposer une conception contextualisée du marché (White, 2002 ; Golsorkhi et al., 2009), où les liens sociaux induits par le rapprochement entre producteurs et consommateurs et par l’émergence de nouvelles formes d’action collective (Chiffoleau, 2009) i) influent sur la performance économique (Burt, 1992), ii) fondent d’autres dimensions de la performance au-delà de la seule performance économique. Dans cette perspective, l’opposition « militant » vs « opportuniste » devient d’autant moins pertinente que la prise en compte de la diversité des stratégies permet dans le même temps de révéler les innovations ordinaires (Alter, 2000), encastrées dans les structures sociales (Granovetter, 1985), favorisant un développement durable de ces formes de marché. Les travaux présentés ici font suite à une mission initialement d’expertise pour le Ministère de l’Agriculture, dont l’objectif était de produire une méthodologie d’élaboration de références technico-économiques dans le domaine des circuits courts, suite au constat d’un déficit de connaissances sur ce thème. Cette méthodologie a été testée sur un groupe de produits, les légumes, dans trois régions contrastées aux plans agricole et socio-économique (Bourgogne, Bretagne et Languedoc-Roussillon), sur un échantillon de 75 exploitations au moyen de questionnaires semi-directifs. Les références technico-économiques sont un élément central du dispositif de conseil agricole : qu’elles soient à but descriptif ou prescriptif, il s’agit de données souvent quantitatives, visant à caractériser et à évaluer un système dans ses multiples dimensions (spatiales, humaines, économiques, techniques), parfois combinées à des analyses de trajectoires, parcours personnels et compétences. Différents indicateurs ont ainsi été construits avec les représentants de la profession agricole pour approcher et chercher à mesurer quatre natures de performances : économique, sociale, sociétale et environnementale. Reprenant l’analyse pour cette communication en croisant les apports de la NSE et des sciences de gestion, nous mettons en évidence, au moyen d’une typologie élaborée en termes de modèles stratégiques d’insertion dans le marché, d’organisation et d’innovation (Mintzberg, 1999 ; Burt, 1992), la diversité des situations mais aussi l’importance du capital humain et du capital social dans la construction des performances des exploitations. La communication se conclut par une présentation du projet de thèse en cours visant à approfondir les premiers résultats et notamment à montrer comment l’insertion des producteurs en circuits courts dans les réseaux sociaux peut leur permettre de résoudre les paradoxes inhérents au projet du développement durable et les tensions entre inscription dans le marché et contribution à l’intérêt général. La conclusion ouvre également sur l’intérêt de combiner NSE et sciences de gestion pour accompagner la dynamique des marchés agricoles et agro-alimentaires. Références Alter N. (ed.), 2000. L’innovation ordinaire. Paris, PUF. Burt R. S., 1992. Structural Holes. The Social Structure of Competition. Cambridge, MA, Harvard University Press. Chiffoleau Y., 2009. From politics to co-operation: The dynamics of embeddedness in alternative food supply chains. Sociologia Ruralis, 49, 218–235. Golsorkhi D., Huault I., Leca B. (eds), 2009. Les études critiques en management, une perspective française. Laval, Presses de l’Université de Laval. Granovetter M., 1985. Economic Action and Social Structure: the Problem of Embeddedness, American Journal of Sociology, 91, 481-510. Lanciano E., Saleilles S., 2010. Le développement des circuits courts alimentaires : un nouveau souffle entrepreneurial dans l’agriculture ?Congrès International Francophone sur l'Entrepreneuriat et la PME, Bordeaux – France, 27-29/10/2010. Mintzberg H., Ahlstrand B., Lampel J., 1999. Safari en pays stratégie. L’exploration des grands courants de la pensée stratégique, Editions du Village Mondial, Paris. White H.C., 2002. Markets from networks. Princeton N.J., Princeton University Press.
    Mots-clés:
    circuits courts alimentaires, innovation, stratégie, réseaux sociaux, performances, développement durable
  • Professeur émérite
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Aux origines de dichotomies : l’orientation de fin de 3e

    Les statistiques du bac depuis la réforme de 1902 permettent de repérer les évolutions du système scolaire sur le long terme comme on peut le voir en examinant les pourcentages des différentes séries du baccalauréat à partir de 1920. La suprématie du baccalauréat es lettres est remise en cause par le baccalauréat es sciences à partir de la Libération. On constate à partir des années 50 un phénomène d’oscillations qui semble durer jusqu’à la diversification des séries et la montée en puissance à partir de 1970 des séries technologiques et ES (ex B). Cependant, cette diversification masque deux phénomènes : -la poursuite de l’oscillation vers la dichotomie stricte entre la série Scientifique (C+D+E ou S) et les séries générales autres (A ou Lettres + B ou ES). - l’instauration progressive d’une dichotomie stricte à l’intérieur de l’enseignement général et technologique entre les séries générales et les séries technologiques et professionnelles. Comprendre comment s’effectue cette double dichotomie suppose une analyse des mécanismes d’orientation qui conduisent à ce résultat. À cette fin, on se propose d’utiliser le Panel 95 car on y dispose de renseignements sur l’élève, sa famille, son parcours scolaire mais aussi ses notes de contrôle continu au brevet. Nous allons donc étudier ces deux dichotomies, mais elles ne seront vraiment identifiables qu’à l’entrée en première car la classe de seconde est indifférenciée et ne permet de repérer qu’une partie des élèves de la deuxième dichotomie (séries générales contre le reste). Si on étudie les notes du brevet faites à ce niveau, c’est en fonction d’une hypothèse qui est celle, proposée par le mathématicien André Antibi (2005), d’un effet d’une répartition des élèves en suivant un système de notation qui serait intériorisé par les enseignants et qui aurait pour caractéristique de diviser la population en deux parties symétriques. Cette répartition des notes s’apparenterait à une distribution gaussienne symétrique avec un tiers de bonnes notes, un tiers de mauvaises et un tiers de moyennes. S’il n’est pas possible de tester cette hypothèse au niveau individuel d’un enseignant, il est possible par le biais des notes de contrôle continu du brevet, de mettre en rapport la notation obtenue, la décision d’orientation et ses suites. Il sera possible également, en rapport avec la thématique de la domination, de repérer les effets dits secondaires de l’origine sociale par le biais des attentes des familles en termes de durée d’études ou de leur perception propre du niveau de l’élève, données qui sont présentes dans le Panel 95.
    Mots-clés:
    orientation, panel, baccalauréat, sélection
  • Professeur émérite
    RT20 Méthodes

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Définir une structure d’ordre dans un tableau croisé

    On dit souvent qu’une structure d’ordre existe dans un tableau croisé quand les marges du tableau disposent d’une telle structure. Je voudrais montrer que l’on peut s’affranchir de ce point de vue et définir précisément une structure d’ordre du tableau lui-même. Comme l’avait déjà remarqué Louis Guttman dans le cas de la scalogram analysis, il faut souvent des déplacements alternatifs des lignes et des colonnes pour parvenir à repérer une échelle. Dans ce cas, c’est bien l’ordre du tableau structuré qui induit un ordre sur les marges et non l’inverse. Cependant Goodman et Kruskal (JASA 49, 1954) au moment où ils présentent l’indice gamma qui permet de définir l’intensité d’une liaison dans le cas ordonné, n’utilisent que l’ordre des marges, et ils ont été suivis depuis. Il convient de revenir à l’intuition de Guttman et d’utiliser les résultats obtenus ultérieurement pour montrer qu’au moins une approximation d’une structure d’ordre est pratiquement toujours présente sur un tableau. Le tableau croisé issu de questions ordonnées n’est qu’un cas parmi d’autres et inversement un tableau disposant d’une liaison ordonnée forte induit un ordre interprétable sur les modalités des questions. En partant d’exemples réels je montrerai que l’on dispose de critères pour définir un ordre sur un tableau, de méthodes formalisées pour rendre apparente la structure associée, de différents indices pour mesurer l’intensité de la liaison, de tests pour en évaluer le degré de signification.
    Mots-clés:
    Tableau croisé, Structure d’ordre, Indice gamma, Indice PEM
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Dominations et résistances en marge du médical : le cas des thérapeutes français en ayurvéda

    Les propos développés ici interrogent la production de la domination professionnelle dans les métiers de santé non titrés, avec une attention particulière donnée aux logiques de distinction et de conquête du territoire professionnel. Cette communication s´appuie sur une recherche en cours auprès de praticiens français en ayurvéda, système médical « traditionnel » indien faisant l´objet d´une circulation internationale, dans le cadre d’un doctorat croisant sociologie et anthropologie. Ces analyses font suite à un travail de terrain qualitatif mené auprès de praticiens français en ayurvéda, au travers d’entretiens semi directifs et d’observations participantes. Ces praticiens proposent, à une clientèle française essentiellement urbaine, des consultations et des soins en ayurvéda (alimentation, rythmes de vie, massages, pratiques méditatives). Ils officient dans des structures qui ont pignon sur rue, tiennent des groupes associatifs, disposent de sites internet présentant leurs activités, participent à des conférences et organisent des formations. Marqué par de fortes inégalités, le groupe des praticiens se caractérise aussi par une grande diversité des cursus et des modes de pratique ; ne bénéficiant en France d´aucune reconnaissance institutionnelle, la défense et la définition du titre de « praticien en ayurvéda » fait l’objet de fortes luttes internes. L’enjeu de ces luttes étant le monopole et l’imposition d’une définition légitime de la pratique « authentique », mais aussi l’acquisition un certain prestige donnant droit à des privilèges symboliques et matériels. Le groupe des thérapeutes est ainsi segmenté entre différents positionnements, chacun se prévalant du monopole légitime de la pratique, instaurant des rapports de hiérarchisation et de domination envers les autres segments. Le groupe produit ainsi différents critères de classification de la pratique, orientés vers la production d'effets sociaux (selon le type et le lieu de la formation, les liens avec l’Inde, l'utilisation de plantes indiennes ou françaises, la nationalité, les spécialisations diverses...). Les mécanismes de production de la domination, qui se lisent dans des relations de déférence ou d’évitement, font apparaitre un certain consentement critique des segments dominés, qui mettent en place des stratégies de résistance en manipulant les référents professionnels, mettant ainsi en concurrence différentes définitions du métier et des compétences.
    Mots-clés:
     
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Dominations et résistances en marge du médical : le cas des thérapeutes français en ayurvéda

    Les propos développés ici interrogent la production de la domination professionnelle dans les métiers de santé non titrés, avec une attention particulière donnée aux logiques de distinction et de conquête du territoire professionnel. Cette communication s´appuie sur une recherche en cours auprès de praticiens français en ayurvéda, système médical « traditionnel » indien faisant l´objet d´une circulation internationale, dans le cadre d’un doctorat croisant sociologie et anthropologie. Ces analyses font suite à un travail de terrain qualitatif mené auprès de praticiens français en ayurvéda, au travers d’entretiens semi directifs et d’observations participantes. Ces praticiens proposent, à une clientèle française essentiellement urbaine, des consultations et des soins en ayurvéda (alimentation, rythmes de vie, massages, pratiques méditatives). Ils officient dans des structures qui ont pignon sur rue, tiennent des groupes associatifs, disposent de sites internet présentant leurs activités, participent à des conférences et organisent des formations. Marqué par de fortes inégalités, le groupe des praticiens se caractérise aussi par une grande diversité des cursus et des modes de pratique ; ne bénéficiant en France d´aucune reconnaissance institutionnelle, la défense et la définition du titre de « praticien en ayurvéda » fait l’objet de fortes luttes internes. L’enjeu de ces luttes étant le monopole et l’imposition d’une définition légitime de la pratique « authentique », mais aussi l’acquisition un certain prestige donnant droit à des privilèges symboliques et matériels. Le groupe des thérapeutes est ainsi segmenté entre différents positionnements, chacun se prévalant du monopole légitime de la pratique, instaurant des rapports de hiérarchisation et de domination envers les autres segments. Le groupe produit ainsi différents critères de classification de la pratique, orientés vers la production d'effets sociaux (selon le type et le lieu de la formation, les liens avec l’Inde, l'utilisation de plantes indiennes ou françaises, la nationalité, les spécialisations diverses...). Les mécanismes de production de la domination, qui se lisent dans des relations de déférence ou d’évitement, font apparaitre un certain consentement critique des segments dominés, qui mettent en place des stratégies de résistance en manipulant les référents professionnels, mettant ainsi en concurrence différentes définitions du métier et des compétences.
    Mots-clés:
     
  • MCF

    Co-auteurs: Sophie Retif

    RT12 Sociologie économique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Etude de la construction de la valeur marchande dans le champ de l’économie sociale et solidaire : la récupération et la requalification des objets usagés dans les ressourceries

    De la deuxième guerre mondiale aux années 1980 en France, dans le champ associatif, la récupération d’objets usagés a été une activité largement réservée aux associations caritatives qui s’occupent de les redistribuer via le don ou la revente à bas prix en direction des pauvres. Il s’agissait alors essentiellement de lutter contre les inégalités en donnant accès à des biens à des individus exclus de la consommation. A partir des années 1980, les préoccupations écologiques et environnementales induisent un regard nouveau sur les « restes » et entraînent la naissance de nouveaux acteurs associatifs – les ressourceries – qui ont pour objectif principal de contribuer à la réduction de déchets en transformant les déchets en ressources via la collecte d’objets usagés, leur valorisation et leur revente. Les premières ressourceries ont été fondées par des militants extrêmement critiques à l’égard de la société de consommation et de la société marchande. Le nombre de structures augmentant progressivement, elles se sont regroupées en un réseau spécifique, le réseau des ressourceries, créé en 2000. Le réseau entend « agir pour l’environnement » et « développer une économie solidaire ». On compte aujourd’hui une centaine de ressourceries en France et leur nombre est appelé à augmenter sous l’impact des politiques publiques de prévention des déchets. Ces acteurs revendiquent leur appartenance au champ de l’économie sociale et solidaire. Toutefois la requalification d’objets disqualifiés qui est au cœur de l’activité de ces structures est également réalisée dans un cadre marchand par d’autres acteurs. Dans son ouvrage sur les puces de Saint Ouen, Hervé Sciardet souligne la dimension spécifiquement commerciale de l’activité des brocanteurs, qui enchaînent des « transactions gagnantes [en reliant] des zones séparées par des frontières juridiques et morales » (2003, p. 190), et la centralité de la question du gain. Dans les ressourceries, organisations à but non lucratif, il ne peut être uniquement question de gain. La requalification des objets usagés passe par un certain nombre d’opérations : collecte, tri, nettoyage, réparation, nouveau tri et rassemblement des objets pour construire des catégories/collections, exposition/disposition dans une boutique… mais aussi, et surtout, la valorisation passe par la fixation d’un prix et les objets qui échappent à la marchandisation font exception. La requalification des objets est (presque) toujours une marchandisation (Appadurai, 1986), une requalification marchande. Ce constat ouvre deux ordres de questions. D’une part, l’échange d’objets contre de la monnaie n’empêche pas une pluralité de sens et de pratiques d’échange, comme l’a montré Viviana Zelizer (2005). Quel est alors le sens donné aux échanges ? D’autre part, comment fixer un prix à ces objets ? Le prix, disent les acteurs rencontrés, ne peut se calculer à partir de la somme de travail investie dans l’objet : et parce qu’il y a trop de travail – le prix serait trop élevé –, et parce que le travail est en partie subventionné ou bénévole – on ne peut donc le facturer. Alors, que reflète le prix ? Comment se calcule-t-il ? A partir de repères extérieurs quand ils existent – marché de la première ou de la seconde main ? En fonction du temps de présence dans la boutique ? En fonction de la « zone de chalandise », des acheteurs et de leurs propriétés sociales ? En combinant, sur le modèle de la prise (Bessy et Chateauraynaud, 1995), repères objectifs et approche sensible de l’objet et de l’acheteur ? Cette communication s’appuie sur divers matériaux empiriques : une enquête en cours depuis décembre 2011 dans deux ressourceries d’Île de France combinant observation participante et entretiens ; des entretiens menés avec des coordinateurs de ressourceries dans d’autres régions (Bouches du Rhône, Picardie…) ainsi qu’avec des formateurs du réseau des ressourceries. A partir de ces exemples ethnographiques, nous nous intéresserons au processus de requalification des objets et aux mécanismes de construction sociale de la valeur dans ces structures associatives. Références bibliographies Appadurai A. (dir.), 1986, The social life of things. Commodities in cultural perspective, Cambrige : Cambridge University Press. Bessy C., Chateauraynaud F., 1995, Experts et faussaires : pour une sociologie de la perception, Paris : Métailié. Sciardet H., 2003, Les marchands de l’aube. Ethnographie et théorie du commerce aux Puces de Saint-Ouen, Paris : Economica. Zelizer V. A., 2005, La signification sociale de l’argent, Paris : Seuil.
    Mots-clés:
    objets - déchets, construction sociale de la valeur, don et échange marchand, économie sociale et solidaire
  • Maïtre de conférences

    Co-auteurs: Sarra CHAIEB

    RT2 Migrations, Altérité et Internationalisation

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    L’articulation des rapports de domination à travers les interactions entre intervenants sociaux et familles migrantes

    En prenant appui sur deux terrains a priori totalement différents, nous proposons, dans cette communication à deux voix, de relever certains apports transversaux relatifs aux rapports sociaux qui structurent les échanges entre professionnel.le.s de l'intervention sociale et familles migrantes.Le premier terrain concerne le champ de la protection de l’enfance entre 1950 et 1970 dans une association marquée par le judaïsme. L’accueil d’enfants issus de familles de confession juive en provenance des pays nord-africains a été durant cette période la mission principale de l’association en question. Nous nous interrogerons sur l’intrication des différents rapports sociaux que l’on peut observer à travers les matériaux étudiés : les notions d’altérité, de semblable, de communautaire seront dès lors à questionner, tant elles se sont révélées centrales ; tandis que les interactions entre les professionnelles et les familles sont marquées par un modèle d’intervention de type maternaliste dans lequel s’entremêlent les dimensions genre et classe.Pour cette période plus globalement, dans un contexte comme celui de la décolonisation marqué entre autre par une forte mobilité, les liens entre familles migrantes et institutions sociales ont pu se développer de manière particulière. Au-delà des questions sociales qui se posent pour la plupart des bénéficiaires des services d’aide, s’est développée l’idée selon laquelle les familles migrantes constituaient un public spécifique, pour lequel il pouvait apparaitre nécessaire de développer des outils, des dispositifs, des prises en charge spécifiques. L’analyse des pratiques et des représentations des intervenants sociaux sur cette période (témoignages, analyse des rapports d’assistantes sociales dans les dossiers archivés) ont fait ressortir une certaine continuité dans les catégories utilisées aujourd’hui par rapport à des migrants plus récents, comme les familles roms en grande précarité présentes dans les interstices de nos villes et de nos banlieues. Nous assistons en effet aujourd’hui à la mise en place d’une politique publique spécifique de type familialiste à l’égard des migrants roms précarisés. Ce programme actuellement en cours de construction semble s’inscrire dans la continuité historique des politiques migratoires, marquées par une forte ambivalence des logiques, entre sécurité publique et insertion.A partir d'une analyse critique de cette idée récurrente de la "spécificité", nous souhaiterions poser l'hypothèse que, même si chaque histoire familiale et chaque parcours migratoire doivent être resitués dans leur contexte, se dessine une continuité dans les rapports entre professionnel.le.s et familles, dans laquelle s’articulent différents rapports de domination (sexe, ethnicité, classe).
    Mots-clés:
    maternalisme, intervention sociale, Juifs d'Afrique du Nord, migrants roms, rapports sociaux
  • Chercheur en sociologie (ETIcS)

    Co-auteurs: Véronique Dassié

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Ma jeunesse : une invisibilisation des inégalités ? Parcours biographiques et formation professionnelle

    Saisissez ici le résumé de la communication.. Résumé : Notre communication s’appuiera sur les premières réflexions issues d’une recherche collective en cours[1] et reposera sur les entretiens réalisés auprès des élèves inscrits en terminale bac professionnel. Des travaux récents sur la formation des jeunes ont mis en évidence le caractère multifactoriel des processus de scolarité (Glasman et Oeuvrard 2004 ; Esterle-Hedibel 2006 ; Trottier 2000). Notre objectif était d’analyser comment des facteurs extérieurs interviennent dans un parcours individuel. Notre questionnement s’est donc orienté sur les relations entre la formation professionnelle et le sens que les jeunes lui donnent, sachant que «certaines contraintes, ressources, visions du monde et représentations culturelles sont actives dans les logiques de choix et de cheminement» des individus (Bidart 2005). Aujourd’hui la détention d’un diplôme est devenue une norme sociale, suscitant diverses questions : comment ces jeunes inscrits dans une formation initiale professionnelle appréhendent-ils ces impératifs ? Comment leur entrée dans ces formations est-elle consentie, négociée, voire rejetée ? Leur orientation est-elle le fruit d’un cheminement ou au contraire l’empreinte du système scolaire ? Les entretiens sont venus remettre en cause notre questionnement initial. En effet, la linéarisation du parcours biographique ne va pas de soi chez les jeunes que nous avons rencontrés. Cela nous a permis d’envisager un rapport différencié à l’identité en référence aux notions d’« ipséité » et de « mêmeté » repérées par Paul Ricoeur (1990). Nous pouvons ainsi entrevoir deux formes de rapport au biographique : la première, amène à se penser au présent et rend difficile la réflexivité. La seconde, révèle au contraire une propension à objectiver des contraintes et à tenir son propre destin en main. De plus, la plupart des jeunes n’établissent pas de lien entre leur environnement, social ou familial, et leur implication dans une formation professionnelle. Peu expriment un sentiment d’injustice. Dans le sillage des réflexions d’Axel Honneth (2008) ne peut-on pas envisager cette intériorisation par le sujet de sa propre invisibilité comme une force de coercition sociale ? Notre communication s’articulera donc en deux temps. Nous présenterons tout d’abord la manière dont les jeunes considèrent leur parcours. Nous verrons ensuite que le sentiment d’injustice relève plus de l’anecdotique ou du discours convenu que d’une remise en question des institutions. C’est donc toute la question de la mise en jeu de la mémoire dans la construction d’un récit (Candau 1998) face à l’impératif d’« être soi » (Ehrenberg 1995) mais aussi de « se » construire qui seront ici questionnés. Bibliographie Bidard C. dir, 2005, Devenir adulte aujourd’hui : Perspectives Internationales, Paris, L’Harmattan.Candau J., 1998, Mémoire et identité, Paris, PUF. Ehrenberg A., 1996. L’individu incertain, Paris, Hachette. Esterle-Hedibel M., 2006. « Absentéisme, déscolarisation, décrochage scolaire, les apports des recherches récentes », Déviance et Société, n°1, pp.41-65. Glasman D., Oeuvrard F., 2004, La descolarisation, Paris, La Dispute. Honneth A., 2008. La société du mépris. Paris, La découverte. Ricoeur P., 1990. Soi-même comme un autre, Paris, Seuil. Trottier C., 2000, « Questionnement sur l’insertion professionnelle », Lien social et politiques, n°43, pp.93-102.[1] « Formation et insertion professionnelle : l'impact des ressources familiales et territoriales », Appel à Projet Recherche, Région Centre, sous la responsabilité scientifique d’Emmanuelle Maunaye (UMR 7324, CNRS-CITERES).
    Mots-clés:
    Formation professionnelle, Jeunes, Biographie, Parcours
  • Chercheur en sociologie (ETIcS)

    Co-auteurs: Véronique Dassié

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Ma jeunesse : une invisibilisation des inégalités ? Parcours biographiques et formation professionnelle

    Saisissez ici le résumé de la communication.. Résumé : Notre communication s’appuiera sur les premières réflexions issues d’une recherche collective en cours[1] et reposera sur les entretiens réalisés auprès des élèves inscrits en terminale bac professionnel. Des travaux récents sur la formation des jeunes ont mis en évidence le caractère multifactoriel des processus de scolarité (Glasman et Oeuvrard 2004 ; Esterle-Hedibel 2006 ; Trottier 2000). Notre objectif était d’analyser comment des facteurs extérieurs interviennent dans un parcours individuel. Notre questionnement s’est donc orienté sur les relations entre la formation professionnelle et le sens que les jeunes lui donnent, sachant que «certaines contraintes, ressources, visions du monde et représentations culturelles sont actives dans les logiques de choix et de cheminement» des individus (Bidart 2005). Aujourd’hui la détention d’un diplôme est devenue une norme sociale, suscitant diverses questions : comment ces jeunes inscrits dans une formation initiale professionnelle appréhendent-ils ces impératifs ? Comment leur entrée dans ces formations est-elle consentie, négociée, voire rejetée ? Leur orientation est-elle le fruit d’un cheminement ou au contraire l’empreinte du système scolaire ? Les entretiens sont venus remettre en cause notre questionnement initial. En effet, la linéarisation du parcours biographique ne va pas de soi chez les jeunes que nous avons rencontrés. Cela nous a permis d’envisager un rapport différencié à l’identité en référence aux notions d’« ipséité » et de « mêmeté » repérées par Paul Ricoeur (1990). Nous pouvons ainsi entrevoir deux formes de rapport au biographique : la première, amène à se penser au présent et rend difficile la réflexivité. La seconde, révèle au contraire une propension à objectiver des contraintes et à tenir son propre destin en main. De plus, la plupart des jeunes n’établissent pas de lien entre leur environnement, social ou familial, et leur implication dans une formation professionnelle. Peu expriment un sentiment d’injustice. Dans le sillage des réflexions d’Axel Honneth (2008) ne peut-on pas envisager cette intériorisation par le sujet de sa propre invisibilité comme une force de coercition sociale ? Notre communication s’articulera donc en deux temps. Nous présenterons tout d’abord la manière dont les jeunes considèrent leur parcours. Nous verrons ensuite que le sentiment d’injustice relève plus de l’anecdotique ou du discours convenu que d’une remise en question des institutions. C’est donc toute la question de la mise en jeu de la mémoire dans la construction d’un récit (Candau 1998) face à l’impératif d’« être soi » (Ehrenberg 1995) mais aussi de « se » construire qui seront ici questionnés. Bibliographie Bidard C. dir, 2005, Devenir adulte aujourd’hui : Perspectives Internationales, Paris, L’Harmattan.Candau J., 1998, Mémoire et identité, Paris, PUF. Ehrenberg A., 1996. L’individu incertain, Paris, Hachette. Esterle-Hedibel M., 2006. « Absentéisme, déscolarisation, décrochage scolaire, les apports des recherches récentes », Déviance et Société, n°1, pp.41-65. Glasman D., Oeuvrard F., 2004, La descolarisation, Paris, La Dispute. Honneth A., 2008. La société du mépris. Paris, La découverte. Ricoeur P., 1990. Soi-même comme un autre, Paris, Seuil. Trottier C., 2000, « Questionnement sur l’insertion professionnelle », Lien social et politiques, n°43, pp.93-102.[1] « Formation et insertion professionnelle : l'impact des ressources familiales et territoriales », Appel à Projet Recherche, Région Centre, sous la responsabilité scientifique d’Emmanuelle Maunaye (UMR 7324, CNRS-CITERES).
    Mots-clés:
    Formation professionnelle, Jeunes, Biographie, Parcours
  • Chargée d'études et de recherches

    Co-auteurs: Françoise Enel

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Discrimination institutionnelle et stratégies d'évitement des jeunes vulnérables dans le champ du loisir et de la culture

    Comme dans la plupart des politiques publiques en direction des catégories de la population dite "vulnérable", on remarque une inadéquation entre "l'offre" publique d'équipements ou de dispositifs et de la "demande" ou des attentes des jeunes. En effet, l'institution a tendance à n'entendre que ce qui est formulé dans son propre langage et/ou est cohérent avec les dispositifs qu'elle met en place. Elle peine à prendre en compte la spécificité des jeunes et leurs potentialités d'autant plus que celles-ci sont susceptibles de remettre en cause une relation construite sur le mode "offreur" à "bénéficaire". On peut remarquer que nombre de jeunes vulnérables s'organisent par eux-mêmes et n'attendent pas passivement que les deniers leur tombent du ciel, les jeunes vulnérables sont créatifs et savent se débrouiller par une gestion originale des moyens et des ressources dont ils disposent.
    Mots-clés:
     
  • Chargée d'études et de recherches

    Co-auteurs: Françoise Enel

    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Discrimination institutionnelle et stratégies d'évitement des jeunes vulnérables dans le champ du loisir et de la culture

    Comme dans la plupart des politiques publiques en direction des catégories de la population dite "vulnérable", on remarque une inadéquation entre "l'offre" publique d'équipements ou de dispositifs et de la "demande" ou des attentes des jeunes. En effet, l'institution a tendance à n'entendre que ce qui est formulé dans son propre langage et/ou est cohérent avec les dispositifs qu'elle met en place. Elle peine à prendre en compte la spécificité des jeunes et leurs potentialités d'autant plus que celles-ci sont susceptibles de remettre en cause une relation construite sur le mode "offreur" à "bénéficaire". On peut remarquer que nombre de jeunes vulnérables s'organisent par eux-mêmes et n'attendent pas passivement que les deniers leur tombent du ciel, les jeunes vulnérables sont créatifs et savent se débrouiller par une gestion originale des moyens et des ressources dont ils disposent.
    Mots-clés:
     
  • MCF
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Etre interne d’excellence : entre continuité et rupture

    Les internats d’excellence (IE), qui visent des jeunes des quartiers prioritaires de la Politique de la Ville, s’inscrivent dans une tradition française de lutte contre les inégalités de réussite à l’école. Destinés plus précisément à des élèves « méritants », « motivés », « à bon potentiel » et « sans difficultés comportementales majeures », mais qui ne disposent pas d’un environnement propice au développement de leurs capacités et à la réussite scolaire, ils offrent un contexte éducatif et matériel favorable à la poursuite d’études. Pensés comme un renouveau de l’éducation prioritaire, les IE ont connu un démarrage caractérisé par de nombreuses incertitudes et interrogations, tant en matière de recrutement, d’accueil, d’organisation, d’encadrement… Ces questions sont au cœur de la recherche coordonnée par l’Ifé sur les IE[1], qui sous-tend ce projet de communication. Notre travail tente de comprendre et d’identifier de quelle manière des collégiens et lycéens internes d’excellence (ie) s’emparent de l’IE, d’analyser comment ce dispositif va prendre sens ou non dans leur construction identitaire (Dubar, 2000). Il prend appui sur l’analyse du point de vue non seulement des acteurs les plus directement concernés (15 entretiens et 55 questionnaires réalisés auprès d’ie), mais aussi des professionnels qui les encadrent (14 entretiens menés avec des CPE, infirmière, chefs d’établissement, enseignants…). Certains jeunes sont changés par l’IE, soit parce qu’ils découvrent leurs capacités scolaires à travers leurs premières expériences de réussite, soit parce qu’ils se projettent dans un avenir à court terme rassurant et valorisant, soit encore parce qu’ils se sentent reconnus par leur famille, leurs pairs et leurs enseignants. Toutefois, ces adolescents s’emparent de l’IE dans des stratégies identitaires différentes : il y a le cas de jeunes auquel l’IE ne convient que moyennement et qui l’acceptent comme une stratégie pour arriver à ce qu’ils veulent ; il y a le cas d’adolescents pleinement satisfaits de leur choix, qui tentent de s’approprier de nouveaux codes, langage, hexis corporel et valeurs, et parviennent à donner du sens à l’IE. Mais, il y a aussi des adolescents qui ne se sont pas vraiment emparés de l’IE comme d’une chance, qui conservent un rapport négatif à l’école (Charlot, 1990), qui vivent une situation de désarroi et d’errance, et que rien n’intéresse vraiment. Notre recherche - dont les résultats seront étoffés d’ici sa présentation - interroge le sens et la portée des politiques éducatives sur les élèves, en mettant aussi l’accent sur le fait qu’être interne d’excellence - et, par conséquent, sous l’emprise de la forme scolaire - exige des formes de renoncement à une éducation, une culture familiale, un groupe de pairs, un contexte de scolarisation… plus ou moins coûteuses affectivement, ce qui nous amènera à mobiliser les apports de Rochex (1995) sur les modalités de l’autorisation et de Buisson-Fenet et Landrier (2008) sur la socialisation par conversion. Dubar C. (2000). La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles. Paris : Armand-Colin. Charlot B. (1990). Le rapport au savoir en milieu populaire. Une recherche dans les lycées professionnels de banlieue. Paris : Anthropos. Buisson-Fenet H. & Landrier S. (2008). « Être ou pas ? Discrimination positive et révélation du rapport au savoir. Le cas d'une ‘prépa ZEP’ de province », Éducation et sociétés, n° 21 (2008-1), 67-80. Rochex J.-Y. (1995). Le sens de l’expérience scolaire. Entre activité et subjectivité, Paris : PUF. [1] Recherche commanditée par l’ACSE et les internats d’excellence, coordonnée par l’Institut Français d’éducation. Recherche collective pilotée par Patrick Rayou et Dominique Glasman, 2010-2013.
    Mots-clés:
     
  • professeur de sociologie
    RT16 Sociologie clinique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Une domination peut en cacher une autre

    J'exposerai une situation vécue dans un groupe d'implication et de recherche sur le thème "Violence de la réussite, violence de l'échec". Le cas permet de mieux comprendre comment, une situation de pouvoir institutionnel, vécu à un moment donné sur le registre de la domination et conduisant à une dépression, peut-être analysée a posteriori comme une réactualisation d'une autre situation, vécue dans l'enfance, qui lui confère une tout autre signification. Au delà de ce cas, nous montrerons, l'intérêt de "l'organidrame" comme dispositif socio-clinique d'analyse des effets de pouvoir.
    Mots-clés:
    historicité, récit de vie, organidrame, pouvoir, intériorisation
  • Directrice
    RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Relation médecin généraliste-patient : des rapports de domination conditionnés moins par la catégorie sociale du patient que par l’adhésion du praticien à un modèle de médecine

    Par l’action même de venir consulter, de demander de l’aide à son médecin, le patient se trouve dans une position de domination vis-à-vis du praticien, domination renforcée par l’autorité légitime laissée aux médecins de manipuler les corps et conduire des investigations psychiques, entraînant la « soumission des individus et de leur environnement aux directives des spécialistes » (Aïach, Fassin, Saliba, 1994). L’objet de cette communication est de présenter les résultats d’une recherche ayant choisi de s’intéresser à la rencontre entre le professionnel et le profane, l’interaction de leurs rôles sociaux, notamment lorsque le patient est précaire. Pour ce faire, il a été décidé d’explorer les conditions de consultation en médecine générale : 8 médecins installés dans des secteurs diversifiés (aisé, défavorisé et semi-rural) ont participé à cette recherche sociologique. Une ethnographie des cabinets médicaux a permis l’observation de 879 « attentes » et 698 consultations, complétées par les échanges informels et les entretiens semi-directifs avec chaque généraliste. Les résultats de cette recherche montrent la complexité de la relation médecin-patient où la domination n’est pas systématiquement au profit du professionnel. Etant également une relation de services, cette relation répond à une logique libérale qui impose au médecin de constituer mais également de garder sa patientèle, posant ainsi la question de la concurrence avec l’offre des autres généralistes. Il apparaît que les logiques de marché viennent influencer la relation médecin-patient et pose la question des possibilités de refuser de prescrire certains médicaments ou examens complémentaires, voire certains patients. Par ailleurs, si le médecin a bien un modèle de relation spécifique, il est le même pour l’ensemble de ses patients, quelle que soit leur position sociale. Pour rendre intelligibles les pratiques observées, les médecins ont été classés, a posteriori, selon la typologie d’Emmanuel et Emmanuel (1992). Basée sous l'angle du partage du pouvoir entre le médecin et son patient, cette classification identifie quatre modèles idéaux-typiques de médecins : "informatif", "interprétatif", "délibératif", médecin "paternaliste". En l’utilisant comme clé de lecture, il ressort que le modèle de relation a un effet différencié sur le comportement et l’observance du patient mais également sur le refus de prescription des médecins. L’analyse dégage un modèle favorable pour les patients et qui permet de "résister" à la domination médicale : le modèle "délibératif" qui vise l’autonomisation du patient et son libre choix. Ce modèle, mis en place par la plupart des médecins de secteur défavorisé, diminue la stigmatisation des personnes précaires voire même les signes extérieurs physiques permettant de les identifier, et améliore l’observance thérapeutique tout comme la qualité de la consultation. Fruit d’une vision/conception de la médecine, ce modèle n’est pas "inné" et mobilise des compétences que le corps médical peut acquérir. AÏACH P., FASSIN P., SALIBA J., 1994, « Crise, pouvoir et légitimité », in AÏACH P., FASSIN P. (dir.), Les métiers de la santé, enjeux de pouvoir et quête de légitimité, Paris, Anthropos, p9-42. EMANUEL EJ., EMANUEL LL., 1992, « Four Models of the Physician-Patient Relationship », Journal of the American Medical Association, Vol.267 n°16, p2221-2226.
    Mots-clés:
    relation médecin-patient -Précarité - Médecine Générale
  • Chercheur

    Co-auteurs: Bernard Conein

    RT20 Méthodes

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    Morphologie des réseaux d’interactions sur Internet : big-data et micro-structures

    Les masses de données numérisées permettent d’appréhender des phénomènes sociaux à partir de grands graphes et sur des périodes relativement importantes. Mais les “big data” continuent à être analysées au niveau global sans traitement des sous-structures locales. Or la caractéristique la plus importante d’Internet est de permettre un enregistrement des micro séquences d’interactions sur la longue durée. Ces micro-structures sont rendues visibles dans les mailing-lists et on peut saisir l’enchaînement séquentiel des messages aussi bien au niveau local (threads) qu’au niveau global (liste de discussion). Comment l’emploi de masses de données permet de restituer la morphologie des collectifs en partant de ces structures locales enregistrées ? Le corpus de données analysé pour notre communication comprend des mailing-lists d’un système d’exploitation open source, Debian en particulier, et Ubuntu comme collectif témoin. Au total près de 2,5 millions de messages électroniques ont été observés sur une période de 17 ans. Les séquences d’interactions sont extraites à partir de la structure des fils de discussion que nous traitons comme des réseaux d’interactions. Nous proposons ainsi une analyse de la dynamique globale d’un collectif sur la longue durée à partir des micro séquences d’interactions locales.
    Mots-clés:
    interactions, réseaux, structures, mailing-list, logiciel libre, big data, statistiques
  • ATER en droit public
    RT43 Sociologie et religions

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    « L’Église catholique face aux évolutions scientifiques, une réponse théologique et canoniste » SCIENCE ET RELIGION ; conflit, indépendance ou continuité ?

    Si le processus de sécularisation est indissociable de celui de l’autonomie de la science par rapport à la religion[1], l’Église catholique, par son discours, par son dogme et ses institutions, en réfute une interprétation conflictuelle : le développement de la science, indépendamment de ses formes, ne peut omettre la foi et la dimension transcendante de toute personne. Ainsi, l’indépendance de la science ne signifie pas le désengagement de l’Église catholique sur des thématiques au croisement de la science et de la foi, comme la bioéthique, l’assistance médicale à la procréation ou encore l’exposition de corps plastinés, The Human body[2]. Ces deux faits sociaux, le développement de la science comme discipline indépendante et le discours catholique sur les évolutions scientifiques, aboutissent à remettre en cause la thèse d’un désenchantement du monde, consécutif à la sécularisation et donc au monopole de la raison par la science. Celle-ci ne peut s’épanouir que dans une communauté politique non athée selon l’Église catholique car elle respecte ainsi le caractère divin de la personne et donc ses droits fondamentaux. L’Église catholique rejette donc au XXIème siècle l’idée d’une opposition entre science et religion, comme en témoigne le discours du pape Benoît XVI dit de « Ratisbonne »[3]. Celui-ci explique la coexistence entre la sécularisation de la science et l’effacement mais non la disparition de la foi par des motifs théologiques et juridiques. Parmi ces derniers figurent la primauté du caractère divin de la dignité de toute personne sur la science, les droits fondamentaux comme normes naturelles suprêmes. La réflexion sur les rapports entre science et religion soulève par conséquent de nombreux enjeux, celui des rapports entre foi et raison[4], entre droits de la personne et science, entre droit naturel et science notamment. Le sujet de l’intervention porte sur les rapports entre les structures ecclésiales, dont l’Académie Pontificale des Sciences, et la science pour démontrer comment l’Église a intégré la démarche scientifique dans son discours[5] et dans le droit canonique. La difficulté est de discerner préalablement le sens du terme science dans le discours pontifical, puisque ce dernier s’adresse soit aux sciences sociales, soit aux sciences physiques et biologiques. L’approche choisie privilégie donc la science entendue dans un sens générique, à travers des cas précis qui mettent en jeu la science, la religion et le droit. L’Église catholique contemporaine établit une nette distinction entre la science et « la scientificité », qui serait à l’origine du « désenchantement du monde » et donc des dérives du positivisme. La prise en compte de la dimension transcendante de la personne, à travers sa dignité et ses droits, permettrait de mettre un terme à ses dérives. [1] SCHLEGEL (Jean-Louis), « Religion et sécularisation, science et religion », Paris, Éd. La Documentation française, Coll. Cahiers français, n°340, pp. 39-43. [2] Gunther von Hagens, anatomiste allemand, a organisé plusieurs expositions de corps plastinés dans le monde qui ont soulevé de vives critiques de la part de l’Église catholique. Ces expositions illustrent les rapports tendus encore au XXIème siècle entre art, science et religion. [3] BENOIT XVI, Voyage Apostolique du pape Benoît XVI à Munich, Altötting et Ratisbonne (9-14 Septembre 2006) Rencontre avec les représentants du monde des sciences, discours du Saint-Père, 12 septembre 2006, Foi, Raison et Université : souvenirs et réflexions), [en ligne], 12 septembre 2006, [Réf. du 5 janvier 2013]. Disponible sur : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/september/d... [4] JEAN-PAUL II, Lettre encyclique Fides et ratio du souverain pontife Jean-Paul II aux évêques de l’Ėglise catholique sur les rapports entre la foi et la raison, [en ligne], 14 septembre 1998, [Réf. du 5 janvier 2013]. Disponible sur : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_... [5] FANTINO (Jacques Sous la direction de), Science et foi : un lexique, Paris, Ėd. du Cerf, Collection « Initiations générales », 2008, 160 p.
    Mots-clés:
    droits de l'homme, science, religion, bioéthique Eglise
  • doctorante
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    A l’heure des choix post-bac : Les jeunes de l’espace périurbain sont-ils victimes d’injustice spatiale ?

    La thématique de la justice spatiale constitue un objectif prioritaire souvent affiché dans les politiques territoriales. Pourtant, il apparaît qu’elle semble se heurter à des limites géographiques et mentales quand il s’agit de permettre à tous d’accéder à des études supérieures. Si la fréquentation d’un établissement d’enseignement secondaire est facilitée en France par un maillage régulier du territoire par les lycées et la mise en place par les Conseils Généraux de moyens de transport pour véhiculer les jeunes vers leur centre de formation, dans le cadre de l’obligation de scolarité, la poursuite d’études supérieures n’est pas aussi évidente. La localisation résidentielle périurbaine semble avoir un impact sur l’avenir post-bac des jeunes. De même, ces adolescents sont triplement dans un état d’ « entre deux » à la fois par l’âge qu’ils vivent (entre l’enfance et l’âge adulte), par le fait qu’ils habitent dans des communes qui ne ressemblent ni à la campagne, ni à la ville et aussi parce qu’ils sont très souvent issus des classes moyennes (« Les petits moyens »). Très peu de moyens de transports sont mis à leur disposition et envisager d’aller faire des études dans une ville universitaire constitue un cap à franchir (tant au niveau mental que matériel) à défaut d’avoir acquis une autonomie en termes de mobilités et de modes de vie. Jusque là, les déplacements de ces jeunes, ne disposant de moyens de transport propres, se sont faits de manière organisée (cars de ramassage scolaire) ou accompagnée (« Parents taxis », covoiturage). En quoi la localisation résidentielle périurbaine a-t-elle un impact sur l’avenir post-bac des jeunes ? Peut-on dire que les jeunes de l’espace périurbain sont victimes d’injustices spatiales à l’heure des choix post-bac ? En quoi ces choix post-bac sont-ils révélateurs de leur rapport à l’Ailleurs ? Pour explorer ces pistes, deux types de démarches ont été menées : l’exploitation de la base APB <!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> d’un lycée du nord de l’Yonne et la conduite d’entretiens semi-directifs auprès d’élèves de terminale, d’étudiants de première année (BTS, université, CPGE…) inscrits en Ile-de-France et en Bourgogne. Les sources traitées, comme les enquêtes entreprises, ont permis de tracer le profil-type des vœux formulés par les jeunes de l’espace périurbain (comparé à ceux des jeunes de l’espace urbain ou rural) et d’analyser le décalage entre les vœux formulés et leur réalisation. Les entretiens ont permis d’éclairer leurs choix et d’avancer quelques pistes d’explication. <!--[if !supportFootnotes]--><!--[endif]--> <!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> APB : Admission Post-Bac
    Mots-clés:
    injustice spatiale, choix post-bac, jeunes, espaces périurbains
  • doctorante
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    A l’heure des choix post-bac : Les jeunes de l’espace périurbain sont-ils victimes d’injustice spatiale ?

    La thématique de la justice spatiale constitue un objectif prioritaire souvent affiché dans les politiques territoriales. Pourtant, il apparaît qu’elle semble se heurter à des limites géographiques et mentales quand il s’agit de permettre à tous d’accéder à des études supérieures. Si la fréquentation d’un établissement d’enseignement secondaire est facilitée en France par un maillage régulier du territoire par les lycées et la mise en place par les Conseils Généraux de moyens de transport pour véhiculer les jeunes vers leur centre de formation, dans le cadre de l’obligation de scolarité, la poursuite d’études supérieures n’est pas aussi évidente. La localisation résidentielle périurbaine semble avoir un impact sur l’avenir post-bac des jeunes. De même, ces adolescents sont triplement dans un état d’ « entre deux » à la fois par l’âge qu’ils vivent (entre l’enfance et l’âge adulte), par le fait qu’ils habitent dans des communes qui ne ressemblent ni à la campagne, ni à la ville et aussi parce qu’ils sont très souvent issus des classes moyennes (« Les petits moyens »). Très peu de moyens de transports sont mis à leur disposition et envisager d’aller faire des études dans une ville universitaire constitue un cap à franchir (tant au niveau mental que matériel) à défaut d’avoir acquis une autonomie en termes de mobilités et de modes de vie. Jusque là, les déplacements de ces jeunes, ne disposant de moyens de transport propres, se sont faits de manière organisée (cars de ramassage scolaire) ou accompagnée (« Parents taxis », covoiturage). En quoi la localisation résidentielle périurbaine a-t-elle un impact sur l’avenir post-bac des jeunes ? Peut-on dire que les jeunes de l’espace périurbain sont victimes d’injustices spatiales à l’heure des choix post-bac ? En quoi ces choix post-bac sont-ils révélateurs de leur rapport à l’Ailleurs ? Pour explorer ces pistes, deux types de démarches ont été menées : l’exploitation de la base APB <!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> d’un lycée du nord de l’Yonne et la conduite d’entretiens semi-directifs auprès d’élèves de terminale, d’étudiants de première année (BTS, université, CPGE…) inscrits en Ile-de-France et en Bourgogne. Les sources traitées, comme les enquêtes entreprises, ont permis de tracer le profil-type des vœux formulés par les jeunes de l’espace périurbain (comparé à ceux des jeunes de l’espace urbain ou rural) et d’analyser le décalage entre les vœux formulés et leur réalisation. Les entretiens ont permis d’éclairer leurs choix et d’avancer quelques pistes d’explication. <!--[if !supportFootnotes]--><!--[endif]--> <!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]--> APB : Admission Post-Bac
    Mots-clés:
    injustice spatiale, choix post-bac, jeunes, espaces périurbains
  • doctorat
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    « Le militantisme slow : valorisation de la lenteur et critique de la vitesse »

    Depuis une vingtaine d’années, des mouvements sociaux se saisissent de la notion de lenteur pour faire entendre une critique. Leurs aspirations sont semblables à celles des mouvements écologistes (préservation de l’environnement, restauration des liens sociaux, valorisation de l’échelle locale, frugalité, etc.). La spécificité du militantisme slow est de structurer sa résistance autour de la question temporelle. Il entend ainsi valoriser la lenteur pour résister à une idéologie de la vitesse et la dénoncer. Notre communication se propose, en s’appuyant sur une analyse des discours qui émanent de ce militantisme, d’analyser la critique formulée par le slow ainsi que les représentations et les valeurs qui lui sont rattachées. Nous montrerons que les mouvements slow, engagés dans une lutte contre la domination des rythmes temporels, participent également à la mise en place de processus de domination. En 1989, est créée l’association Slow Food qui compte aujourd’hui plus de 100 000 membres dans plus de 150 pays. Depuis 20 ans, la terminologie « slow » a été mobilisée par de multiples mouvements qui revendiquent une affiliation à Slow Food. Ces mouvements slow forment aujourd’hui une nébuleuse hétérogène : de l’association internationale Slow Food, à la communauté virtuelle Slow Science, de la Slow Education à la Slow Cosmétique. La valorisation de la lenteur est visible également à travers la popularisation de la notion dans la presse[1]. La notion de lenteur devient ainsi le vecteur d’expression d’une contestation des modes de vie actuels. Valorisation de la lenteur et critique de la vitesse, perçue comme une valeur dominante de la modernité, sont les deux faces d’un même discours militant. Mais les notions de lenteur et de vitesse échappent sans cesse à une définition précise. Lenteur et vitesse recouvrent, en effet, bien plus qu’une question de rythme. Elles renvoient à tout un système de valeurs et de représentations. Nous mettrons ainsi en évidence les imaginaires qui font aujourd’hui de la lenteur « l’antidote » au « virus » de la vitesse, pour reprendre les termes utilisés par les aspirants au slow. La lenteur est hissée de manière inédite au rang de valeur, elle devient l’étendard de contestation de mouvements militants, elle est abondamment invoquée mais sans encore avoir été analysée. La vitesse est vivement critiquée. Les discours l’associent à une injonction d’efficacité mortifère, à une maîtrise arrogante et sans limite de l’environnement, à la surconsommation actuelle et aux dérives du système économique capitaliste. La vitesse est une « drogue » , une « prison », qui détruit les liens sociaux, empêche les hommes de s’inscrire dans un passé et un futur, encore moins dans un présent, que les mouvements slow invitent à vivre avec intensité. Une nouvelle forme de militantisme émerge, structurée autour de la question des rythmes sociaux. Un militantisme moral[2] qui se veut une résistance à une valeur-vitesse dominante et qui lutte pour la maîtrise des rythmes temporels. Roland Barthes soulignait dans un cours au Collège de France[3] combien rythme et pouvoir étaient liés. Les militants slow revendiquent l’adoption d’un rythme lent, contraire notamment aux vitesses des technologies de l’information et de la communication. Ils aspirent à respecter les rythmes naturels, à s’extraire de ceux qui sont imposés par le système économique, les médias et les institutions politiques. Mais le militantisme slow lui-même est susceptible d’induire de nouvelles formes de domination. Ainsi, une nouvelle élite tend à se former, réunissant des individus qui ont les ressources suffisantes pour prendre le temps. Hartmut Rosa, théoricien de l’accélération, formule une telle hypothèse : « si, jusqu'à présent, plus rapide était synonyme de meilleur, il se pourrait tout à fait que, dans la société de la modernité tardive, la lenteur devienne une marque de distinction [4]». Des récupérations sont également observables telles que la promotion du ralentissement comme outil d’accélération (Slow Management) et le slow comme argument marketing (Slow Drink de Ricard). [1] Voir notamment : « Ralentir », dans Psychologies Magazine (juin 2011, n°308) ;« Le Slow une urgence », dans Clés (n°69, février-mars 2011) ; « Peut-on ralentir le temps ? », dans Sciences humaines (n°239, juillet 2012). [2] Reynaud E., « Le militantisme moral », in Mendras H. (dir), La sagesse et le désordre, Gallimard, Paris, 1980. [3] Barthes R., Comment vivre ensemble ? Cours et séminaires au Collège de France, Le Seuil, Paris, 2002, p.40. [4] Rosa H., Accélération. Une critique sociale du temps,Editions La Découverte, Paris, 2010, pp.167-168.
    Mots-clés:
     
  • doctorat
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    « Le militantisme slow : valorisation de la lenteur et critique de la vitesse »

    Depuis une vingtaine d’années, des mouvements sociaux se saisissent de la notion de lenteur pour faire entendre une critique. Leurs aspirations sont semblables à celles des mouvements écologistes (préservation de l’environnement, restauration des liens sociaux, valorisation de l’échelle locale, frugalité, etc.). La spécificité du militantisme slow est de structurer sa résistance autour de la question temporelle. Il entend ainsi valoriser la lenteur pour résister à une idéologie de la vitesse et la dénoncer. Notre communication se propose, en s’appuyant sur une analyse des discours qui émanent de ce militantisme, d’analyser la critique formulée par le slow ainsi que les représentations et les valeurs qui lui sont rattachées. Nous montrerons que les mouvements slow, engagés dans une lutte contre la domination des rythmes temporels, participent également à la mise en place de processus de domination. En 1989, est créée l’association Slow Food qui compte aujourd’hui plus de 100 000 membres dans plus de 150 pays. Depuis 20 ans, la terminologie « slow » a été mobilisée par de multiples mouvements qui revendiquent une affiliation à Slow Food. Ces mouvements slow forment aujourd’hui une nébuleuse hétérogène : de l’association internationale Slow Food, à la communauté virtuelle Slow Science, de la Slow Education à la Slow Cosmétique. La valorisation de la lenteur est visible également à travers la popularisation de la notion dans la presse[1]. La notion de lenteur devient ainsi le vecteur d’expression d’une contestation des modes de vie actuels. Valorisation de la lenteur et critique de la vitesse, perçue comme une valeur dominante de la modernité, sont les deux faces d’un même discours militant. Mais les notions de lenteur et de vitesse échappent sans cesse à une définition précise. Lenteur et vitesse recouvrent, en effet, bien plus qu’une question de rythme. Elles renvoient à tout un système de valeurs et de représentations. Nous mettrons ainsi en évidence les imaginaires qui font aujourd’hui de la lenteur « l’antidote » au « virus » de la vitesse, pour reprendre les termes utilisés par les aspirants au slow. La lenteur est hissée de manière inédite au rang de valeur, elle devient l’étendard de contestation de mouvements militants, elle est abondamment invoquée mais sans encore avoir été analysée. La vitesse est vivement critiquée. Les discours l’associent à une injonction d’efficacité mortifère, à une maîtrise arrogante et sans limite de l’environnement, à la surconsommation actuelle et aux dérives du système économique capitaliste. La vitesse est une « drogue » , une « prison », qui détruit les liens sociaux, empêche les hommes de s’inscrire dans un passé et un futur, encore moins dans un présent, que les mouvements slow invitent à vivre avec intensité. Une nouvelle forme de militantisme émerge, structurée autour de la question des rythmes sociaux. Un militantisme moral[2] qui se veut une résistance à une valeur-vitesse dominante et qui lutte pour la maîtrise des rythmes temporels. Roland Barthes soulignait dans un cours au Collège de France[3] combien rythme et pouvoir étaient liés. Les militants slow revendiquent l’adoption d’un rythme lent, contraire notamment aux vitesses des technologies de l’information et de la communication. Ils aspirent à respecter les rythmes naturels, à s’extraire de ceux qui sont imposés par le système économique, les médias et les institutions politiques. Mais le militantisme slow lui-même est susceptible d’induire de nouvelles formes de domination. Ainsi, une nouvelle élite tend à se former, réunissant des individus qui ont les ressources suffisantes pour prendre le temps. Hartmut Rosa, théoricien de l’accélération, formule une telle hypothèse : « si, jusqu'à présent, plus rapide était synonyme de meilleur, il se pourrait tout à fait que, dans la société de la modernité tardive, la lenteur devienne une marque de distinction [4]». Des récupérations sont également observables telles que la promotion du ralentissement comme outil d’accélération (Slow Management) et le slow comme argument marketing (Slow Drink de Ricard). [1] Voir notamment : « Ralentir », dans Psychologies Magazine (juin 2011, n°308) ;« Le Slow une urgence », dans Clés (n°69, février-mars 2011) ; « Peut-on ralentir le temps ? », dans Sciences humaines (n°239, juillet 2012). [2] Reynaud E., « Le militantisme moral », in Mendras H. (dir), La sagesse et le désordre, Gallimard, Paris, 1980. [3] Barthes R., Comment vivre ensemble ? Cours et séminaires au Collège de France, Le Seuil, Paris, 2002, p.40. [4] Rosa H., Accélération. Une critique sociale du temps,Editions La Découverte, Paris, 2010, pp.167-168.
    Mots-clés:
     
  • CR1
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Care et environnement dans la mobilisation pacifiste contemporaine aux Etats-Unis

    L’idée selon laquelle l’environnement recèle des vertus thérapeutiques fait depuis les années 1990 l’objet d’un fort réinvestissement : développement de jardins d’insertion, émergence de nouvelles formes de prise en charge, et diffusion de travaux académiques promouvant « l’agrothérapie » ou le « green care ». Aux Etats-Unis, certains programmes de réinsertion d’anciens combattants souffrant du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) prônent ainsi le travail au potager ou au contact de la nature. Notre communication décrit la manière dont ce réinvestissement normatif de nos rapport à l’environnement, qui peut servir de socle a la création de dispositifs de contrôle social, peut aussi ouvrir sur une critique sociale renouvelée, qui lie des demandes d’accomplissement personnel à des horizons moraux plus larges. L’enquête ethnographique (par observation participante et entretiens semi-directifs) sur laquelle nous nous appuyons a été menée au sein d’une association de réinsertion d’anciens combattants d’Irak ou d’Afghanistan dans des fermes « bio », engagée dans la mobilisation pacifiste américaine. La communication montre comment cette valorisation de l’environnement permet au collectif considéré de porter une parole critique inédite : non seulement au sein même du monde agricole (thématisant un lien entre environnement et « care »), mais aussi du monde agricole à l’espace public (en développant des revendications pacifistes à partir d’un discours sur la ruralité). Pour cela, la communication procède en trois temps. Nous décrirons d’abord la manière dont l’expérience vécue des vétérans, et les formes d’accomplissement qu’ils trouvent dans le travail en agriculture « bio », intègre un horizon social et politique. En retraçant ensuite la trajectoire de ses leaders, nous comprendrons comment ce collectif militant s’enracine dans les mouvements de contestation des années 1960-1970 et notamment le mouvement de « retour à la terre ». Nous décrirons enfin comment la mise en valeur des supposés effets thérapeutiques permet à un groupe hétérogène de tenir en tant que collectif.
    Mots-clés:
     
  • CR1
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Care et environnement dans la mobilisation pacifiste contemporaine aux Etats-Unis

    L’idée selon laquelle l’environnement recèle des vertus thérapeutiques fait depuis les années 1990 l’objet d’un fort réinvestissement : développement de jardins d’insertion, émergence de nouvelles formes de prise en charge, et diffusion de travaux académiques promouvant « l’agrothérapie » ou le « green care ». Aux Etats-Unis, certains programmes de réinsertion d’anciens combattants souffrant du syndrome de stress post-traumatique (PTSD) prônent ainsi le travail au potager ou au contact de la nature. Notre communication décrit la manière dont ce réinvestissement normatif de nos rapport à l’environnement, qui peut servir de socle a la création de dispositifs de contrôle social, peut aussi ouvrir sur une critique sociale renouvelée, qui lie des demandes d’accomplissement personnel à des horizons moraux plus larges. L’enquête ethnographique (par observation participante et entretiens semi-directifs) sur laquelle nous nous appuyons a été menée au sein d’une association de réinsertion d’anciens combattants d’Irak ou d’Afghanistan dans des fermes « bio », engagée dans la mobilisation pacifiste américaine. La communication montre comment cette valorisation de l’environnement permet au collectif considéré de porter une parole critique inédite : non seulement au sein même du monde agricole (thématisant un lien entre environnement et « care »), mais aussi du monde agricole à l’espace public (en développant des revendications pacifistes à partir d’un discours sur la ruralité). Pour cela, la communication procède en trois temps. Nous décrirons d’abord la manière dont l’expérience vécue des vétérans, et les formes d’accomplissement qu’ils trouvent dans le travail en agriculture « bio », intègre un horizon social et politique. En retraçant ensuite la trajectoire de ses leaders, nous comprendrons comment ce collectif militant s’enracine dans les mouvements de contestation des années 1960-1970 et notamment le mouvement de « retour à la terre ». Nous décrirons enfin comment la mise en valeur des supposés effets thérapeutiques permet à un groupe hétérogène de tenir en tant que collectif.
    Mots-clés:
     
  • MC en sociologie
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    La nature d’un chou en question. Les experts engagés, entre évaluation et appréciation.

    Cette proposition de communication interroge le rôle de l’expertise dans la fabrication des marchés à travers le cas d’un conflit qui concerne l’agriculture biologique. Un procédé de sélection des variétés de légumes introduit en agriculture biologique suscite la contestation d’une partie des opérateurs bio concernés et entraîne l’intervention, au titre d’experts, d’organismes de développement de la bio d’une part, et de l’INRA d’autre part. La fusion de protoplastes, procédé mis au point par l’INRA dans les années 1970 et 1980, permet de faciliter la production de variétés hybrides de choux. Elle est utilisée pour rendre stériles ces espèces allogames et nécessite des opérations chimiques et physiques pour réaliser la fusion des parois cellulaires des plantes. Elle a été transférée en agriculture biologique à la fin des années 1990. Nous avons montré comment ce conflit avait divisé la filière bretonne des légumes bio entre les alliés des deux principales organisations de producteurs de la Bretagne (Dondeyne, 2013). Comment s’organise l’inscription institutionnelle des experts et comment concoure-t-elle à valider les évaluations des uns et les appréciations des autres ? En quoi ces différentes expertises participent-elles aux régulations marchandes ? Nous nous appuyons sur une enquête qualitative menée auprès des acteurs de la filière bretonne de légumes bio. Nous montrerons que l’introduction dans l’agriculture biologique de ce procédé de sélection courant dans les pratiques des semenciers – et dès lors des cultures -, mais a-priori étranger, voire menaçant, au regard des principes valorisés en bio, va conduire, par un jeu qui relève autant d’un travail politique et militant que des rebonds incontrôlés de procédures à caractère administratif et bureaucratique, à faire se percuter ces sources de l’expertise. En se limitant au domaine des légumes, le champ de l’expertise en AB, dont les limites ne sont pas précisément circonscrites, réunit des membres d’instituts techniques ou scientifiques, des universitaires, des membres de fondation privées ou d’associations, ou encore de labels, qui travaillent d’une manière ou d’une autre, au niveau local ou européen, pour la cause et/ou le développement de l’agriculture biologique. Alertés par des producteurs militants qui refusent l’utilisation de ces variétés en bio qu’ils suspectent de proximité avec des OGM, les experts se montrent déterminés à modifier la réglementation européenne pour interdire ces variétés. Cependant, ce travail de contestation se heurte à une configuration complexe des relations productives, marchandes et politico-administratives et à l’incapacité à moyen terme des opérateurs, depuis les semenciers jusqu’aux organisations de producteurs, de proposer des variétés exemptes de ce procédé. En estimant les risques que feraient peser sur le marché une alerte incontrôlée, les experts ne parviennent pas à homogénéiser leurs positions. Les chercheurs de l’INRA sont experts dans de multiples instances nationales et locales de l’agriculture. Les variétés de semences de légumes font l’objet d’un travail de recherche et d’expérimentation avant d’être homologuées par des commissions mixtes, composées d’experts de l’INRA et de professionnels de la semence (CTPS). Celles-ci veillent au respect des critères de Distinction, Homogénéité, Stabilité (DHS). Cette procédure d’autorisation de mise sur le marché concerne indistinctement toutes les filières de production, avec toutefois des spécificités en fonction des types de culture (céréalières ou légumières). Les variétés de légumes bio y sont donc soumises comme les autres, indépendamment de la législation européenne sur le bio qui, elle, vise le processus de multiplication des semences - qui doit être conduit dans les conditions du bio pour que les variétés soient certifiées - sans inclure les étapes de création des variétés en amont. Les chercheurs de l’INRA sont également mobilisés par les instances d’évaluation des programmes d’expérimentations en AB au niveau local. Ces différents niveaux d’expertise n’ont a priori pas de raisons de se rencontrer, mais nous verrons qu’ils sont amenés à produire des avis divergents sur la nature du chou controversé. Dans la complexité du jeu des expertises multiples et croisées qui accompagnent le déroulement du conflit, la construction d’un accord ou d’un compromis apparaît problématique tant les cadres de raisonnement, les prises des jugements et les valeurs des experts engagés diffèrent fondamentalement. Pour ceux qui se réclament d’une expertise en agriculture biologique, l’avis rendu, négatif, relève d’une logique d’appréciation qui n’admet pas les mesures fixées et communément reconnues et s’appuie avant tout sur des principes éthiques. Les arguments énoncés comme scientifiques ne sont pas entendus comme tels par ceux des experts, principalement l’INRA, pour qui le procédé en question ne pose pas de problème. Ceux-ci se réfèrent quant à eux à des critères d’évaluation connus et identifiés pour lesquels le ‘naturel’ ne se mesure pas comme tel mais s’appréhende au prisme de procédures construites. S’affrontant sur la question de savoir si ce chou est naturel ou pas, les experts participent au jeu des régulations marchandes, en autorisant ou en suspendant les variétés produites et distribuées. Par delà des tensions entre éthique et science, appréciation et évaluation qui traversent tous les avis prononcés, ce sont in fine, les fondements politiques de l’expertise qui se révèlent. Références bibliographiques indicatives. Aggeri, F. & Hatchuel, A., 1998. La création d’hybrides de Colza. In Les chercheurs et l’innovation : regards sur les pratiques de l’INRA. Sciences en questions (Paris), p. 312‑324. Barthe, Y. & Gilbert, C., 2005. Impuretés et compromis de l’expertise, un difficile reconnaissance. In L. Dumoulin et al., éd. Le recours aux experts: raisons et usages politiques. Symposium. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, p. 43‑62. Bessy, C., 1995. Experts et faussaires: pour une sociologie de la perception, Paris: Editions Métailié. Bonneuil, C. & Thomas, F., 2009. Gènes, pouvoirs et profit: recherche publique et régimes de production des savoirs de Mendel aux OGM, Versailles: Quae; Lausanne: Fondation pour le progrès de l’homme. Chateauraynaud, F., 2011. Argumenter dans un champ de forces: essai de balistique sociologique, Chateauraynaud, F. & Torny, D., 1999. Les Sombres précurseurs: Une Sociologie pragmatique de l’alerte et du risque EHESS., Paris. Demortain, D., 2008. La légitimation par les normes : experts transnationaux, Commission européenne et la régulation des aliments nouveaux. Sociologie du Travail, 50(1), p.1‑14. Demortain, D., 2012. La mondialisation des experts, Paris: Ellipses. Dondeyne, C., 2013. Artificiel ou naturel ? La filière de légumes bio confrontée à un procédé de sélection en Bretagne. Revue d’Etudes en Agriculture et Environnement. Dumoulin, L. et al. éd., 2005. Le recours aux experts: raisons et usages politiques PUG., Grenoble: Presses universitaires de Grenoble. Fabiani, J.-L., 1985. Science des écosystèmes et protection de la nature. In A. Cadoret, éd. Protection de la nature: histoire et idéologie : de la nature à l’environnement. Collection Alternatives paysannes,. Paris: l’Harmattan. Joly, P.-B., 1999. Besoin d’expertise et quête d’une légitimité nouvelle: quelles procédures pour réguler l’expertise scientifique? Revue Française des Affaires Sociales, 53(1), p.45‑53. Simonet, M. & Lochard, Y., 2009. Les experts associatifs, entre savoirs profanes, militants et professionnels. In Sociologie des groupes professionnels : acquis récents et nouveaux défis. Paris, p. 274‑284. Tétart, G., Bernard de Raymond, A. & Hermitte, M.-A., Les OGM entre régulation économique et critique radicale, Rapport du programme OBSOGM, ANR OGM, Paris, GSPR, Vatin, F. éd., 2009. Évaluer et valoriser une sociologie économique de la mesure, Toulouse: Presses universitaires du Mirail.
    Mots-clés:
    expertise, marchés, régulations, labels
  • MC en sociologie
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    La nature d’un chou en question. Les experts engagés, entre évaluation et appréciation.

    Cette proposition de communication interroge le rôle de l’expertise dans la fabrication des marchés à travers le cas d’un conflit qui concerne l’agriculture biologique. Un procédé de sélection des variétés de légumes introduit en agriculture biologique suscite la contestation d’une partie des opérateurs bio concernés et entraîne l’intervention, au titre d’experts, d’organismes de développement de la bio d’une part, et de l’INRA d’autre part. La fusion de protoplastes, procédé mis au point par l’INRA dans les années 1970 et 1980, permet de faciliter la production de variétés hybrides de choux. Elle est utilisée pour rendre stériles ces espèces allogames et nécessite des opérations chimiques et physiques pour réaliser la fusion des parois cellulaires des plantes. Elle a été transférée en agriculture biologique à la fin des années 1990. Nous avons montré comment ce conflit avait divisé la filière bretonne des légumes bio entre les alliés des deux principales organisations de producteurs de la Bretagne (Dondeyne, 2013). Comment s’organise l’inscription institutionnelle des experts et comment concoure-t-elle à valider les évaluations des uns et les appréciations des autres ? En quoi ces différentes expertises participent-elles aux régulations marchandes ? Nous nous appuyons sur une enquête qualitative menée auprès des acteurs de la filière bretonne de légumes bio. Nous montrerons que l’introduction dans l’agriculture biologique de ce procédé de sélection courant dans les pratiques des semenciers – et dès lors des cultures -, mais a-priori étranger, voire menaçant, au regard des principes valorisés en bio, va conduire, par un jeu qui relève autant d’un travail politique et militant que des rebonds incontrôlés de procédures à caractère administratif et bureaucratique, à faire se percuter ces sources de l’expertise. En se limitant au domaine des légumes, le champ de l’expertise en AB, dont les limites ne sont pas précisément circonscrites, réunit des membres d’instituts techniques ou scientifiques, des universitaires, des membres de fondation privées ou d’associations, ou encore de labels, qui travaillent d’une manière ou d’une autre, au niveau local ou européen, pour la cause et/ou le développement de l’agriculture biologique. Alertés par des producteurs militants qui refusent l’utilisation de ces variétés en bio qu’ils suspectent de proximité avec des OGM, les experts se montrent déterminés à modifier la réglementation européenne pour interdire ces variétés. Cependant, ce travail de contestation se heurte à une configuration complexe des relations productives, marchandes et politico-administratives et à l’incapacité à moyen terme des opérateurs, depuis les semenciers jusqu’aux organisations de producteurs, de proposer des variétés exemptes de ce procédé. En estimant les risques que feraient peser sur le marché une alerte incontrôlée, les experts ne parviennent pas à homogénéiser leurs positions. Les chercheurs de l’INRA sont experts dans de multiples instances nationales et locales de l’agriculture. Les variétés de semences de légumes font l’objet d’un travail de recherche et d’expérimentation avant d’être homologuées par des commissions mixtes, composées d’experts de l’INRA et de professionnels de la semence (CTPS). Celles-ci veillent au respect des critères de Distinction, Homogénéité, Stabilité (DHS). Cette procédure d’autorisation de mise sur le marché concerne indistinctement toutes les filières de production, avec toutefois des spécificités en fonction des types de culture (céréalières ou légumières). Les variétés de légumes bio y sont donc soumises comme les autres, indépendamment de la législation européenne sur le bio qui, elle, vise le processus de multiplication des semences - qui doit être conduit dans les conditions du bio pour que les variétés soient certifiées - sans inclure les étapes de création des variétés en amont. Les chercheurs de l’INRA sont également mobilisés par les instances d’évaluation des programmes d’expérimentations en AB au niveau local. Ces différents niveaux d’expertise n’ont a priori pas de raisons de se rencontrer, mais nous verrons qu’ils sont amenés à produire des avis divergents sur la nature du chou controversé. Dans la complexité du jeu des expertises multiples et croisées qui accompagnent le déroulement du conflit, la construction d’un accord ou d’un compromis apparaît problématique tant les cadres de raisonnement, les prises des jugements et les valeurs des experts engagés diffèrent fondamentalement. Pour ceux qui se réclament d’une expertise en agriculture biologique, l’avis rendu, négatif, relève d’une logique d’appréciation qui n’admet pas les mesures fixées et communément reconnues et s’appuie avant tout sur des principes éthiques. Les arguments énoncés comme scientifiques ne sont pas entendus comme tels par ceux des experts, principalement l’INRA, pour qui le procédé en question ne pose pas de problème. Ceux-ci se réfèrent quant à eux à des critères d’évaluation connus et identifiés pour lesquels le ‘naturel’ ne se mesure pas comme tel mais s’appréhende au prisme de procédures construites. S’affrontant sur la question de savoir si ce chou est naturel ou pas, les experts participent au jeu des régulations marchandes, en autorisant ou en suspendant les variétés produites et distribuées. Par delà des tensions entre éthique et science, appréciation et évaluation qui traversent tous les avis prononcés, ce sont in fine, les fondements politiques de l’expertise qui se révèlent. Références bibliographiques indicatives. Aggeri, F. & Hatchuel, A., 1998. La création d’hybrides de Colza. In Les chercheurs et l’innovation : regards sur les pratiques de l’INRA. Sciences en questions (Paris), p. 312‑324. Barthe, Y. & Gilbert, C., 2005. Impuretés et compromis de l’expertise, un difficile reconnaissance. In L. Dumoulin et al., éd. Le recours aux experts: raisons et usages politiques. Symposium. Grenoble: Presses universitaires de Grenoble, p. 43‑62. Bessy, C., 1995. Experts et faussaires: pour une sociologie de la perception, Paris: Editions Métailié. Bonneuil, C. & Thomas, F., 2009. Gènes, pouvoirs et profit: recherche publique et régimes de production des savoirs de Mendel aux OGM, Versailles: Quae; Lausanne: Fondation pour le progrès de l’homme. Chateauraynaud, F., 2011. Argumenter dans un champ de forces: essai de balistique sociologique, Chateauraynaud, F. & Torny, D., 1999. Les Sombres précurseurs: Une Sociologie pragmatique de l’alerte et du risque EHESS., Paris. Demortain, D., 2008. La légitimation par les normes : experts transnationaux, Commission européenne et la régulation des aliments nouveaux. Sociologie du Travail, 50(1), p.1‑14. Demortain, D., 2012. La mondialisation des experts, Paris: Ellipses. Dondeyne, C., 2013. Artificiel ou naturel ? La filière de légumes bio confrontée à un procédé de sélection en Bretagne. Revue d’Etudes en Agriculture et Environnement. Dumoulin, L. et al. éd., 2005. Le recours aux experts: raisons et usages politiques PUG., Grenoble: Presses universitaires de Grenoble. Fabiani, J.-L., 1985. Science des écosystèmes et protection de la nature. In A. Cadoret, éd. Protection de la nature: histoire et idéologie : de la nature à l’environnement. Collection Alternatives paysannes,. Paris: l’Harmattan. Joly, P.-B., 1999. Besoin d’expertise et quête d’une légitimité nouvelle: quelles procédures pour réguler l’expertise scientifique? Revue Française des Affaires Sociales, 53(1), p.45‑53. Simonet, M. & Lochard, Y., 2009. Les experts associatifs, entre savoirs profanes, militants et professionnels. In Sociologie des groupes professionnels : acquis récents et nouveaux défis. Paris, p. 274‑284. Tétart, G., Bernard de Raymond, A. & Hermitte, M.-A., Les OGM entre régulation économique et critique radicale, Rapport du programme OBSOGM, ANR OGM, Paris, GSPR, Vatin, F. éd., 2009. Évaluer et valoriser une sociologie économique de la mesure, Toulouse: Presses universitaires du Mirail.
    Mots-clés:
    expertise, marchés, régulations, labels
  • Maître de conférences

    Co-auteurs: Alain Vilbrod

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La périnatalité en tension : la domination médicale aux prises avec les nouvelles compétences reconnues aux sages-femmes

    Les sages-femmes françaises ont la particularité de constituer une profession médicale à part entière. Au cours des dernières années, le cadre législatif a contribué d’ailleurs à élargir les missions de cette profession. A ce titre, elles sont autorisées, depuis la publication de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, à faire la déclaration de grossesse et à pratiquer l’examen post-natal si l’accouchement s’est déroulé normalement. Au-delà de leurs compétences concernant le suivi de la grossesse physiologique et la responsabilité du déroulement de l’accouchement normal, les sages-femmes participent aussi à l’entretien du 4ème mois, rendu obligatoire par la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance. Enfin, depuis la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi dite HPST), elles peuvent effectuer des consultations et des suivis gynécologiques de prévention et de contraception (prescription comprise) auprès des femmes en bonne santé, tâches jusqu’alors dévolues aux médecins gynécologues et généralistes. Ces compétences, de plus en plus élargies donc, sont à mettre en phase avec le fait que la France est l’un des pays d’Europe où la formation des sages-femmes est la plus longue.Les étudiantes (et les étudiants – la profession dans son entier compte aujourd’hui 3 % d’hommes) souhaitant s’engager dans cette formation doivent avoir été classé(e)s, au même titre que les médecins et les chirurgiens dentistes, en rang utile à l’issue des épreuves organisées au cours de la première année des études de santé (PAES). A la suite, elles suivront un cursus de quatre années les préparant au diplôme d’Etat. Elles pourront alors exercer comme salariées d’hôpitaux ou de cliniques mais aussi s’installer directement en libéral si elles le souhaitent. Face à l’absence d’amélioration des indicateurs de périnatalité qui, ces dernières années ne manquent pas d’inquiéter les autorités sanitaires ; face aussi à la diminution du nombre de gynécologues-obstétriciens et de médecins généralistes, les politiques publiques cherchent à valoriser les compétences des sages-femmes et à renforcer leur rôle dans champ de la périnatalité. Les résultats de la dernière Enquête nationale périnatale (2011) soulignent d’ailleurs que le rôle des sages-femmes, salariées comme libérales, dans le suivi des grossesses à bas risque s’est accru. La politique de périnatalité met également l’accent sur la nécessité d’accroître l’articulation entre les différents acteurs du champ, notamment en favorisant la coopération entre les sages-femmes et les médecins. Reste que cette articulation ne se décrète pas et que l’on croise très vite les effets de la domination du corps des médecins, généralistes et spécialistes, régulièrement peu enclins à reconnaître les compétences de sages-femmes. Cette communication* se propose donc de mettre à jour la teneur de ces relations et d’analyser la façon dont les effets de domination interfèrent dans les interactions à l’heure où se redessinent les frontières entre ces professionnels du soin, les uns plutôt sûrs de leur bon droit et de leur primauté, les autres entendant bien asseoir leurs compétences et faire valoir tout ce qui désormais est partie intégrante de leurs attributions. Nous nous centrerons ici sur les relations entre médecins et sages-femmes installées en libéral. Ce sont en effet ces dernières qui tendent à occuper le devant de la scène des revendications et qui doivent aussi faire face à la méconnaissance (ou au déni) de leurs collègues médecins généralistes ou spécialistes installés en ville. De fait, il apparaît que les relations entre les uns et les autres sont assez rares et ce qui semble prévaloir, ce sont des soupçons de compétences limitées, de tendance à dépasser ce qu’elles ont droit de faire, etc. Il semble bien aussi que les médecins ignorent l’étendue de leur périmètre d’exercice et découvrent souvent avec étonnement que la législation a beaucoup avancé en la matière ces dernières années. La condescendance est donc plutôt de mise, avec, ce faisant, son lot de dénigrement à mots à peine couverts. Se profile aussi tout ce qui est entrevu en termes de concurrence, d’empiétement sur l’activité médicale ou de détournement de clientèle dans un contexte où les effectifs des deux professions évoluent à l’inverse. On ne pourra pas d’évidence user du langage de la règle. Nous avons croisé des situations où la complémentarité prévaut et il arrive donc que là où souvent il y a nombre de tensions plus ou moins palpables, des situations, a contrario, sont assez exemplaires d’une entente possible. Par exemple les jeunes médecins, à l’heure aussi où la profession se féminise, et que cela a aussi ses effets, sont à la fois plus au fait du périmètre des compétences des sages-femmes (qui donc peuvent effectuer bien des actes au même titre qu’eux – mais pas avec la même rémunération…) et plus ouverts à une coopération.*Les résultats présentés ici reposent d’ores et déjà sur l’exploitation et l’analyse d’un premier corpus d’entretiens exploratoires menés auprès de 27 sages-femmes libérales exerçant dans deux départements bretons et dans deux départements alsaciens. D’ici le mois de septembre 2013, ce corpus sera encore enrichi
    Mots-clés:
    Périnatalité - Sages-femmes - Profession médicale
  • Maître de conférences

    Co-auteurs: Alain Vilbrod

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La périnatalité en tension : la domination médicale aux prises avec les nouvelles compétences reconnues aux sages-femmes

    Les sages-femmes françaises ont la particularité de constituer une profession médicale à part entière. Au cours des dernières années, le cadre législatif a contribué d’ailleurs à élargir les missions de cette profession. A ce titre, elles sont autorisées, depuis la publication de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, à faire la déclaration de grossesse et à pratiquer l’examen post-natal si l’accouchement s’est déroulé normalement. Au-delà de leurs compétences concernant le suivi de la grossesse physiologique et la responsabilité du déroulement de l’accouchement normal, les sages-femmes participent aussi à l’entretien du 4ème mois, rendu obligatoire par la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance. Enfin, depuis la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (loi dite HPST), elles peuvent effectuer des consultations et des suivis gynécologiques de prévention et de contraception (prescription comprise) auprès des femmes en bonne santé, tâches jusqu’alors dévolues aux médecins gynécologues et généralistes. Ces compétences, de plus en plus élargies donc, sont à mettre en phase avec le fait que la France est l’un des pays d’Europe où la formation des sages-femmes est la plus longue.Les étudiantes (et les étudiants – la profession dans son entier compte aujourd’hui 3 % d’hommes) souhaitant s’engager dans cette formation doivent avoir été classé(e)s, au même titre que les médecins et les chirurgiens dentistes, en rang utile à l’issue des épreuves organisées au cours de la première année des études de santé (PAES). A la suite, elles suivront un cursus de quatre années les préparant au diplôme d’Etat. Elles pourront alors exercer comme salariées d’hôpitaux ou de cliniques mais aussi s’installer directement en libéral si elles le souhaitent. Face à l’absence d’amélioration des indicateurs de périnatalité qui, ces dernières années ne manquent pas d’inquiéter les autorités sanitaires ; face aussi à la diminution du nombre de gynécologues-obstétriciens et de médecins généralistes, les politiques publiques cherchent à valoriser les compétences des sages-femmes et à renforcer leur rôle dans champ de la périnatalité. Les résultats de la dernière Enquête nationale périnatale (2011) soulignent d’ailleurs que le rôle des sages-femmes, salariées comme libérales, dans le suivi des grossesses à bas risque s’est accru. La politique de périnatalité met également l’accent sur la nécessité d’accroître l’articulation entre les différents acteurs du champ, notamment en favorisant la coopération entre les sages-femmes et les médecins. Reste que cette articulation ne se décrète pas et que l’on croise très vite les effets de la domination du corps des médecins, généralistes et spécialistes, régulièrement peu enclins à reconnaître les compétences de sages-femmes. Cette communication* se propose donc de mettre à jour la teneur de ces relations et d’analyser la façon dont les effets de domination interfèrent dans les interactions à l’heure où se redessinent les frontières entre ces professionnels du soin, les uns plutôt sûrs de leur bon droit et de leur primauté, les autres entendant bien asseoir leurs compétences et faire valoir tout ce qui désormais est partie intégrante de leurs attributions. Nous nous centrerons ici sur les relations entre médecins et sages-femmes installées en libéral. Ce sont en effet ces dernières qui tendent à occuper le devant de la scène des revendications et qui doivent aussi faire face à la méconnaissance (ou au déni) de leurs collègues médecins généralistes ou spécialistes installés en ville. De fait, il apparaît que les relations entre les uns et les autres sont assez rares et ce qui semble prévaloir, ce sont des soupçons de compétences limitées, de tendance à dépasser ce qu’elles ont droit de faire, etc. Il semble bien aussi que les médecins ignorent l’étendue de leur périmètre d’exercice et découvrent souvent avec étonnement que la législation a beaucoup avancé en la matière ces dernières années. La condescendance est donc plutôt de mise, avec, ce faisant, son lot de dénigrement à mots à peine couverts. Se profile aussi tout ce qui est entrevu en termes de concurrence, d’empiétement sur l’activité médicale ou de détournement de clientèle dans un contexte où les effectifs des deux professions évoluent à l’inverse. On ne pourra pas d’évidence user du langage de la règle. Nous avons croisé des situations où la complémentarité prévaut et il arrive donc que là où souvent il y a nombre de tensions plus ou moins palpables, des situations, a contrario, sont assez exemplaires d’une entente possible. Par exemple les jeunes médecins, à l’heure aussi où la profession se féminise, et que cela a aussi ses effets, sont à la fois plus au fait du périmètre des compétences des sages-femmes (qui donc peuvent effectuer bien des actes au même titre qu’eux – mais pas avec la même rémunération…) et plus ouverts à une coopération.*Les résultats présentés ici reposent d’ores et déjà sur l’exploitation et l’analyse d’un premier corpus d’entretiens exploratoires menés auprès de 27 sages-femmes libérales exerçant dans deux départements bretons et dans deux départements alsaciens. D’ici le mois de septembre 2013, ce corpus sera encore enrichi
    Mots-clés:
    Périnatalité - Sages-femmes - Profession médicale
  • Doctorante
    RT33 Famille, vie privée, vie publique

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    La maison comme perpétuation de l'histoire et des valeurs familiales.

    Comment un couple, et plus largement une famille, décide-t-elle de s’investir dans la restauration d’une maison traditionnelle ? Nombre de travaux monographiques ont montré que les classes dominantes savent, à travers la mobilisation de l’Histoire et surtout à travers la mise en avant des particularités architecturales du château ou de la maison de famille, perpétuer et valoriser l’histoire familiale. Mais qu’en est-il des classes moyennes ? Concevoir la maison comme autre chose qu’un bien de consommation n’est pas propre aux châtelains : ces employés ou enseignants refusent la maison industrielle, de type pavillonnaire, pour se tourner vers la « maison de pays », véritable bien symbolique de par l’image qu’elle donne de ses habitants, qui se présentent comme de fin connaisseurs de l’architecture et des techniques traditionnelles. Plus qu’un lieu de résidence, la maison devient le lieu de conservation d’un style de vie à son image. A partir d’observations ethnographiques et d’entretiens retraçant les trajectoires familiales et résidentielles réalisées auprès de couples investis dans des associations de préservation du patrimoine contribuant aux luttes de classement propres à la reconnaissance du patrimoine national, nous montrerons qu’à travers la place que tient la maison traditionnelle dans la valorisation de ses propriétaires, les caractéristiques mêmes de cette maison contribuent de manière appuyée à la construction du style de vie de ses occupants. Ainsi, nous montrerons comment vivre dans une maison traditionnelle implique aussi d’adopter les valeurs de la famille traditionnelle.
    Mots-clés:
     
  • responsable de formation
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Les médecins de l’éducation nationale : un segment dominé d’une profession dominante

    Les médecins de l’éducation nationale sont fonctionnaires du ministère de l’éducation nationale. Leur exercice préventif, s’intéresse à la santé individuelle et collective des élèves. L’originalité de leur professionnalité réside dans sa transversalité et dans la mobilisation de savoirs de disciplines médicales et non médicales. Ces caractéristiques les placent à distance des attributs et des usages ordinaires de la médecine. S’ils gardent le contact avec la médecine clinique et ses pratiques individuelles, ils développent une pratique collective de médecine sociale et de conseil des pouvoirs publics sur la santé à l’école. Une recherche menée sur le groupe professionnel montre qu’il présente un cumul d’éléments de dévalorisation interrogeant la dominance professionnelle dévolue à la profession médicale. Exercice fonctionnaire à la faible rémunération pour une profession médicale, la pratique en milieu scolaire ne recourt ni à des gestes médicaux biotechniques, ni aux soins. Eloigné des formes habituelles d’exercice de la médecine, de ses institutions et de ses sources de pouvoir ou de prestige, la médecine scolaire a été délaissée par les hommes. Véhiculant une image de pratique médicale « tranquille », « pour les femmes », la recherche bat en brèche ces stéréotypes. Mais le peu d’enseignement et de stages pendant les études de médecine, le faible intérêt du conseil de l’ordre et le peu d’investissement de ses praticiens dans des activités de recherche et de publications médicales rendent la pratique peu visible et peu attractive. L’exercice en médecine scolaire se construit dans une ambiguë proximité avec les infirmières de l’éducation nationale. Celles-ci s’inscrivent dans des lignes hiérarchiques indépendantes des médecins. Plus nombreuses que ceux-ci, elles sont mieux implantées dans les établissements scolaires et y jouent un rôle d’intermédiaire pour les médecins. On peut observer la construction de relations de coopération remettant en cause le contrôle que le médecin exerce sur la division du travail des professionnels paramédicaux. Ces relations permettent à ces acteurs de s’inscrire ensemble dans un écosystème professionnel où les luttes et les tensions se dessinent avec les professionnels de l’éducation. Segment dominé d’une profession dominante, la reconnaissance des médecins de l’éducation nationale reste encore faible auprès des instances de régulation et de décision de la médecine. Elle passe par les associations de parents d’élèves malades ou handicapés et par le travail commun avec la communauté médicale qui les prend en charge. Au sein de l’éducation nationale, la médecine scolaire est envisagée comme une ressource pour les difficultés que l’institution rencontre avec certains de ses élèves plutôt que comme un service en faveur de la santé des élèves.
    Mots-clés:
    médecine-éducation nationale-travail-femme
  • responsable de formation
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Les médecins de l’éducation nationale : un segment dominé d’une profession dominante

    Les médecins de l’éducation nationale sont fonctionnaires du ministère de l’éducation nationale. Leur exercice préventif, s’intéresse à la santé individuelle et collective des élèves. L’originalité de leur professionnalité réside dans sa transversalité et dans la mobilisation de savoirs de disciplines médicales et non médicales. Ces caractéristiques les placent à distance des attributs et des usages ordinaires de la médecine. S’ils gardent le contact avec la médecine clinique et ses pratiques individuelles, ils développent une pratique collective de médecine sociale et de conseil des pouvoirs publics sur la santé à l’école. Une recherche menée sur le groupe professionnel montre qu’il présente un cumul d’éléments de dévalorisation interrogeant la dominance professionnelle dévolue à la profession médicale. Exercice fonctionnaire à la faible rémunération pour une profession médicale, la pratique en milieu scolaire ne recourt ni à des gestes médicaux biotechniques, ni aux soins. Eloigné des formes habituelles d’exercice de la médecine, de ses institutions et de ses sources de pouvoir ou de prestige, la médecine scolaire a été délaissée par les hommes. Véhiculant une image de pratique médicale « tranquille », « pour les femmes », la recherche bat en brèche ces stéréotypes. Mais le peu d’enseignement et de stages pendant les études de médecine, le faible intérêt du conseil de l’ordre et le peu d’investissement de ses praticiens dans des activités de recherche et de publications médicales rendent la pratique peu visible et peu attractive. L’exercice en médecine scolaire se construit dans une ambiguë proximité avec les infirmières de l’éducation nationale. Celles-ci s’inscrivent dans des lignes hiérarchiques indépendantes des médecins. Plus nombreuses que ceux-ci, elles sont mieux implantées dans les établissements scolaires et y jouent un rôle d’intermédiaire pour les médecins. On peut observer la construction de relations de coopération remettant en cause le contrôle que le médecin exerce sur la division du travail des professionnels paramédicaux. Ces relations permettent à ces acteurs de s’inscrire ensemble dans un écosystème professionnel où les luttes et les tensions se dessinent avec les professionnels de l’éducation. Segment dominé d’une profession dominante, la reconnaissance des médecins de l’éducation nationale reste encore faible auprès des instances de régulation et de décision de la médecine. Elle passe par les associations de parents d’élèves malades ou handicapés et par le travail commun avec la communauté médicale qui les prend en charge. Au sein de l’éducation nationale, la médecine scolaire est envisagée comme une ressource pour les difficultés que l’institution rencontre avec certains de ses élèves plutôt que comme un service en faveur de la santé des élèves.
    Mots-clés:
    médecine-éducation nationale-travail-femme
  • Enseignant-chercheur

    Co-auteurs: Bernard JULLIEN

    RT12 Sociologie économique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    La requalification des ressources socio-techniques comme élément de reconfiguration du marché de la réparation automobile

    Le marché automobile est organisé autour d’un oligopole étroit dominé par les constructeurs. Celui-ci entretient avec les Etats des relations de connivence qui permettent de co-produire, dans les différents contextes nationaux, des règles applicables au secteur. Concernant le produit, la sécurité routière, les questions environnementales, les technologies, les besoins de formation ou de recherche, ces règles sont adossées à des connaissances qui font apparaître une dépendance cognitive très forte des « policy makers » comme de l’ensemble des stakeholders vis-à-vis des constructeurs. Il en résulte que les controverses en ces domaines renvoient plus volontiers aux conceptions et aux intérêts divergents des constructeurs entre eux qu’à la contestation par d’autres acteurs de la filière des conceptions des constructeurs. Les formes de contestation de la connaissance des systèmes automobiles imposées par les constructeurs se multiplient mais peinent à déstabiliser l’organisation des marchés. Pour identifier éventuellement les manières de rendre plausibles d’autres organisations ou d’autres « mondes possibles », il paraît opportun d’étudier le marché de la réparation et de l’entretien automobile. En effet, même si ce marché est essentiel du point de vue économique pour les constructeurs, ils n’y sont pas dominants. L’analyse proposée portera sur la réparation artisanale et indépendante où interviennent les MRA[1] et les mécaniciens réparateurs agrées de niveau 2, également appelés agents[2]. Depuis une trentaine d’année, ce secteur a dû faire face à des changements à la fois économiques (arrivée des centres auto et des « fast fitters »[3]) et technologiques (arrivée de l’électronique). Les effets attendus de ces évolutions étaient la disparition des artisans considérés inaptes à embrasser l’une et l’autre forme de « modernité ». Or, depuis 1992, le secteur de l’entretien et de la réparation ne cesse de créer de l’emploi: +40% entre 1992 et 2008 et connaît une hausse constante de la valeur ajoutée[4]. Le fait qu’il soit parvenu à se maintenir indique que les normes projetées par la représentation dominante ne sont pas celles qui in fine prévalent. Autant que les « préférences », les besoins des consommateurs ou les véhicules qu’ils utilisent, les modes de production des services d’entretien et de réparation mobilisés par ces artisans et leur capacité à « requalifier » les process a permis de structurer un contre-modèle au sein duquel les connaissances socio-techniques jouent un rôle essentiel au moins à deux niveaux. Sur le plan technique, les connaissances sont un des éléments constitutifs des normes imposées par les constructeurs et qui, en étant réservées aux seuls professionnels affiliés à la marque, sont utilisés pour organiser et contrôler le marché de la réparation automobile. Or, l’existence de coopérations interprofessionnelles, y compris entre concurrents, montre que les artisans réparateurs parviennent à s’affranchir de ces barrières d’entrées. Le recours détourné à ces ressources socio-techniques permet de maintenir, à moindres coûts, leur expertise quel que soit le véhicule à réparer et de redéfinir le marché de l’après-vente, moins basé sur la marque que sur le prix et le service pratiqués. Sur le plan marchand, le maintien de ces artisans de la réparation se fonde également sur la contestation des savoirs dominants quant aux besoins des clients véhiculés par les services marketing des constructeurs. La connaissance relativement fine qu’ils ont de leur clientèle, de leur budget et leurs besoins de mobilité les oblige constamment à requalifier les processus imposés par le modèle dominant, incapables à leurs yeux de satisfaire ses besoin. Autrement dit, leur capacité à remettre en cause les connaissances dominantes du marché et à leur opposer une connaissance empirique apparait comme une des conditions de leur maintien sur le marché. Notre analyse s’appuiera sur une série d’entretiens approfondis réalisés auprès de garagistes et d’entretiens menés auprès des représentants des constructeurs. [1] Mécanicien Réparateur Automobile. [2] Depuis l’édition du règlement d’exemption 2002, le terme d’agent est juridiquement remplacé par celui de Réparateur Agrée de catégorie 2. Il désigne un garagiste affilié à un constructeur. [3] Opérateurs spécialistes de la réparation rapide tels que Midas ou Speedy. [4] Données INSEE, traitement Observatoire ANFA.
    Mots-clés:
     
  • Doctorat en anthropologie
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Le « mouvement Caring for Country » en Australie : une option de développement et de conservation alternatifs, par et pour les Aborigènes ?

    Le « mouvement Caring for Country » est né dans les années 1990 au sein des communautés autochtones d’Australie du Nord et prend de plus en plus une dimension nationale. Il est généralement présenté comme un « mouvement social » aborigène combinant des objectifs de conservation environnementale et de « développement » (par exemple Altman 2012 : 20), ou même comme « being at the cutting-edge of cultural and natural resource management and Indigenous development » (Kerins 2012 : 36). As a social movement it was attempting to reverse destructive social and cultural change that had come about from people being separated from and thus losing control of their ancestral country. (ibid.) La concrétisation de ce mouvement s’est fondée sur la mise en place d’un réseau d’emplois, de groupes et de programmes de « rangers ». Ces rangers constituent une nouvelle catégorie d’acteurs sociaux aborigènes, employés pour contribuer à la « gestion des ressources naturelles (et culturelles) » dans un large périmètre aux alentours de leur communauté, au nom des « propriétaires traditionnels » de leur zone d’action. Cette communication va revenir sur les origines du « mouvement Caring for Country » et sur sa double ambition : proposer un modèle bottom-up ou community-based de conservation environnementale dans le « domaine foncier autochtone », ainsi qu’une option viable de « développement alternatif » pour les communautés concernées. Ce mouvement apparaît à première vue comme une remise en cause des relations asymétriques de pouvoir entre les Aborigènes, l’Etat et l’Australie dominante sous-jacentes aux politiques top-down de « développement » et de conservation de l’environnement. Pourtant, l’ethnographie des interactions sociales mises en jeu par les activités du groupe de rangers de Ngukurr (Territoire du Nord) montre que le « mouvement Caring for Country » reproduit les structures de domination qu’il est supposé dépasser. Et même, il produit de nouvelles relations de pouvoir à l’échelle locale. Références citées : Altman, Jon C. 2012. « People on country as alternate development ». In Jon C. Altman et Seán Kerins (eds.), People on country, vital landscapes, Indigenous futures. Sydney : The Federation Press, 1‑22. Kerins, Seán. 2012. « Caring for Country to Working on Country ». In Jon C. Altman et Seán Kerins (eds.), People on country, vital landscapes, Indigenous futures. Sydney : The Federation Press, 26‑44.
    Mots-clés:
    Anthropologie, Australie, Aborigènes, Conservation de l'environnement, Développement, Rapports de pouvoir
  • Doctorat en anthropologie
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Le « mouvement Caring for Country » en Australie : une option de développement et de conservation alternatifs, par et pour les Aborigènes ?

    Le « mouvement Caring for Country » est né dans les années 1990 au sein des communautés autochtones d’Australie du Nord et prend de plus en plus une dimension nationale. Il est généralement présenté comme un « mouvement social » aborigène combinant des objectifs de conservation environnementale et de « développement » (par exemple Altman 2012 : 20), ou même comme « being at the cutting-edge of cultural and natural resource management and Indigenous development » (Kerins 2012 : 36). As a social movement it was attempting to reverse destructive social and cultural change that had come about from people being separated from and thus losing control of their ancestral country. (ibid.) La concrétisation de ce mouvement s’est fondée sur la mise en place d’un réseau d’emplois, de groupes et de programmes de « rangers ». Ces rangers constituent une nouvelle catégorie d’acteurs sociaux aborigènes, employés pour contribuer à la « gestion des ressources naturelles (et culturelles) » dans un large périmètre aux alentours de leur communauté, au nom des « propriétaires traditionnels » de leur zone d’action. Cette communication va revenir sur les origines du « mouvement Caring for Country » et sur sa double ambition : proposer un modèle bottom-up ou community-based de conservation environnementale dans le « domaine foncier autochtone », ainsi qu’une option viable de « développement alternatif » pour les communautés concernées. Ce mouvement apparaît à première vue comme une remise en cause des relations asymétriques de pouvoir entre les Aborigènes, l’Etat et l’Australie dominante sous-jacentes aux politiques top-down de « développement » et de conservation de l’environnement. Pourtant, l’ethnographie des interactions sociales mises en jeu par les activités du groupe de rangers de Ngukurr (Territoire du Nord) montre que le « mouvement Caring for Country » reproduit les structures de domination qu’il est supposé dépasser. Et même, il produit de nouvelles relations de pouvoir à l’échelle locale. Références citées : Altman, Jon C. 2012. « People on country as alternate development ». In Jon C. Altman et Seán Kerins (eds.), People on country, vital landscapes, Indigenous futures. Sydney : The Federation Press, 1‑22. Kerins, Seán. 2012. « Caring for Country to Working on Country ». In Jon C. Altman et Seán Kerins (eds.), People on country, vital landscapes, Indigenous futures. Sydney : The Federation Press, 26‑44.
    Mots-clés:
    Anthropologie, Australie, Aborigènes, Conservation de l'environnement, Développement, Rapports de pouvoir
  • Chargée de cours / Département Sociologie-Anthropologie
    GT49 Histoire de la sociologie

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Les relations “centre-périphérie” entre les Sociologies française et d’Afrique francophone : l’exemple des études sur le genre au Sénégal

    Même si la sociologie française a largement contribué à mettre à jour certaines formes de la domination occidentale en Afrique, en participant notamment au processus de décolonisation et à la critique au passage de l’ethnologie et de l’anthropologie alors jugées comme disciplines coloniales et impérialistes ; sa pratique en Afrique n’a pas su « décoloniser » les savoirs produits sur les sociétés. En effet, en devenant dès son origine une sociologie de la « modernité », avec comme mot d’ordre le « développement » et le « rattrapage de l’Occident » (Fall, 2011), elle va participer à reproduire un certain « ordre colonial ». Cette quête du développement, tout en n’étant pas explicitement un objectif normatif, apparaît encore aujourd’hui comme une variable structurante de l’existence des sciences sociales en Afrique. Concernant l’Afrique francophone, l’importation des thématiques, concepts et théories de la sociologie française ; et l’omniprésence des bailleurs de fonds occidentaux (emplois et sources de financement de la recherche) représentent les caractéristiques centrales et souvent exclusives de la sociologie « locale » rendant ainsi l’objectivation (intellectuelle) des sociétés très hypothétique en raison de l’absence d’un apprentissage concret de la distanciation et d’un passage par une phase de modernité philosophique et de sécularisation idéologique et institutionnelle (Copans, 2007). Quelles relations et formes de domination pouvons-nous voir transparaître et lire à travers cette sociologie « interventionniste » qui ne serait, dans le cas de l’Afrique, qu’une autre anthropologie sociale ou une sociologie du développement ? Comment sa récupération par les institutions étatiques et internationales pour le développement et la lutte contre la pauvreté représente-t-elle un blocage à l’autonomisation d’une sociologie critique propre à une Afrique décolonialisée ? Comment fonctionne concrètement le maintien de la division traditionnelle des rôles de l’exercice sociologique entre une « périphérie » se bornant à générer des cadres empiriques et un « centre » producteur de théories ? Quels sont les indicateurs objectifs de cette relation et de cette distribution ; et quelle en est la dynamique ? L’objet de notre communication consistera à examiner ces questions à la lumière de l’histoire de la sociologie en Afrique francophone, en nous appuyant sur le cas pratique du développement exponentiel des études et recherches sur le genre, en partant de leur sociogenèse, leur évolution et leur pratique au sein des Centres de recherche et Départements de sociologie des universités sénégalaises.
    Mots-clés:
    Etudes genre, colonialisme intellectuel, sociologie du , développement
  • Doctorant
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    L'écologie comme forme de résistance politique à la domination coloniale. Cas de la Martinique (1974-2012).

    Cette présentation traitera des connexions et déconnexions entre les préoccupations pour la préservation environnementale et les formes de dominations politiques et socio-raciales propres à l’histoire coloniale de la Martinique. Si l’abolition de l’esclavage en 1848 et la départementalisation en 1946 attestèrent de ruptures importantes, les continuités structurelles d’une société à la matrice coloniale reposant sur une hiérarchisation sociale fondée sur la race, maintinrent des formes de dominations coloniales spécifiques. C’est précisément dans ce contexte qu’apparait un nouvel objet de mobilisation collective dans les années 1970 : l’environnement. Depuis 1974, de nombreux conflits eurent lieu au sujet de la préservation des mangroves, des rivières et des terres agricoles induisant blocages, procès et manifestations opposant régulièrement des habitants aux grands propriétaires terriens descendants des esclavagistes nommés les « Békés », à des promoteurs touristiques et immobiliers et aux différentes échelles d’autorités étatiques. Pour exemple, en 1974 et 1975, des riverains des communes du Sud de la Martinique, Rivière-Salée et Sainte-Anne, ont mené des manifestations marquant leur opposition à des projets de construction hôtelière qui nécessitaient l’assèchement d’un étang et la déforestation d’une mangrove. Plus récemment, la découverte de la contamination des terres et des eaux de la Martinique par la molécule cancérigène chloredécone utilisée en tant que pesticide dans la production de bananes dans l’île a engendré de multiples tensions et notamment un blocage du port de Fort-de-France par les pêcheurs en Décembre 2012. Notre point interrogation réside dans le fait que les acteurs de ces mobilisations écologistes d’une part revendiquent une identité « martiniquaise » et une souveraineté du « peuple martiniquais » sur ce territoire, et d’autre part accusent « l’Etat français » d’une gestion coloniale de l’île de concert avec la classe économique dominante des Béké : Comment ces acteurs lient-ils la question de la préservation écologique de l’île à la critique d’un «Etat colonial» ? Quelle est la nature du lien établi par ces acteurs entre domination coloniale et dégradations écologiques et inversement entre mobilisations pour la protection de l’environnement et processus de décolonisation ? Ces mobilisations montreraient-elles une forme de domination nouvelle sur cette île que l’on pourrait alors nommer « domination environnementale » ? Ou alors ne seraient-elles qu’une dimension particulière qui découlerait d’un tort fondamental - la colonisation - servant de support à des affrontements idéologiques et politiques entre différents groupes de la Martinique ? Nous aborderons ces questions à partir de l’étude du mouvement écologique en Martinique, comprenant un ensemble d’entretiens semi-directifs et d’observations avec des différents acteurs.
    Mots-clés:
    Ecologie, colonialisme, Martinique, conflits, dominatio
  • Doctorant
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    L'écologie comme forme de résistance politique à la domination coloniale. Cas de la Martinique (1974-2012).

    Cette présentation traitera des connexions et déconnexions entre les préoccupations pour la préservation environnementale et les formes de dominations politiques et socio-raciales propres à l’histoire coloniale de la Martinique. Si l’abolition de l’esclavage en 1848 et la départementalisation en 1946 attestèrent de ruptures importantes, les continuités structurelles d’une société à la matrice coloniale reposant sur une hiérarchisation sociale fondée sur la race, maintinrent des formes de dominations coloniales spécifiques. C’est précisément dans ce contexte qu’apparait un nouvel objet de mobilisation collective dans les années 1970 : l’environnement. Depuis 1974, de nombreux conflits eurent lieu au sujet de la préservation des mangroves, des rivières et des terres agricoles induisant blocages, procès et manifestations opposant régulièrement des habitants aux grands propriétaires terriens descendants des esclavagistes nommés les « Békés », à des promoteurs touristiques et immobiliers et aux différentes échelles d’autorités étatiques. Pour exemple, en 1974 et 1975, des riverains des communes du Sud de la Martinique, Rivière-Salée et Sainte-Anne, ont mené des manifestations marquant leur opposition à des projets de construction hôtelière qui nécessitaient l’assèchement d’un étang et la déforestation d’une mangrove. Plus récemment, la découverte de la contamination des terres et des eaux de la Martinique par la molécule cancérigène chloredécone utilisée en tant que pesticide dans la production de bananes dans l’île a engendré de multiples tensions et notamment un blocage du port de Fort-de-France par les pêcheurs en Décembre 2012. Notre point interrogation réside dans le fait que les acteurs de ces mobilisations écologistes d’une part revendiquent une identité « martiniquaise » et une souveraineté du « peuple martiniquais » sur ce territoire, et d’autre part accusent « l’Etat français » d’une gestion coloniale de l’île de concert avec la classe économique dominante des Béké : Comment ces acteurs lient-ils la question de la préservation écologique de l’île à la critique d’un «Etat colonial» ? Quelle est la nature du lien établi par ces acteurs entre domination coloniale et dégradations écologiques et inversement entre mobilisations pour la protection de l’environnement et processus de décolonisation ? Ces mobilisations montreraient-elles une forme de domination nouvelle sur cette île que l’on pourrait alors nommer « domination environnementale » ? Ou alors ne seraient-elles qu’une dimension particulière qui découlerait d’un tort fondamental - la colonisation - servant de support à des affrontements idéologiques et politiques entre différents groupes de la Martinique ? Nous aborderons ces questions à partir de l’étude du mouvement écologique en Martinique, comprenant un ensemble d’entretiens semi-directifs et d’observations avec des différents acteurs.
    Mots-clés:
    Ecologie, colonialisme, Martinique, conflits, dominatio
  • Ingénieure de recherche contractuelle

    Co-auteurs: Mathieu Beraud, Jean-Pascal Higele

    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Décentralisation des politiques d’insertion : émancipation du local ou recomposition de l’appareil d’Etat ? Réflexions à partir du cas du RSA

    En partant du cas du RSA, nous interrogeons l’idée selon laquelle le territoire constitue un échelon d’émancipation des acteurs locaux vis-à-vis d’une tutelle étatique. La loi de 2008 sur le RSA, après une première étape de décentralisation du RMI en 2004, achève le processus de mise en responsabilité des conseils généraux (CG) comme maîtres d’œuvre de l’administration du revenu minimum. Le CG devient l’acteur central à qui il revient d’organiser le réseau des intermédiaires de l’emploi au sens large, pour définir les formes de tutelle sur les allocataires dont ils ont la charge. Les résultats d’une enquête récente sur la mise en œuvre de la politique d’insertion des allocataires du RSA dans 6 départements nous conduisent à proposer l’idée que derrière une apparente hétérogénéité des situations, c’est-à-dire une diversité dans la gestion de la politique du RSA, se dégagent des tendances communes des modes d’administration par ailleurs globalement cohérentes avec les recettes politiques et modalités de l’action politique à l’égard des allocataires quel que soit l’échelon qui l’initie. Si, en tant que tutelle locale, le CG dispose d’une latitude concernant le choix des partenaires impliqués dans le dispositif, cette autonomie est limitée par la tutelle nationale étatique qui détermine les conditions d’accès à l’allocation ainsi que par le registre idéologique de la loi. Ainsi, quels que soient les départements, le RSA s’inscrit dans l’invariant de l’activation dans un contexte de contrainte financière forte et de discours normatif sur l’orientation que doivent emprunter les politiques sociales. Ces éléments conduisent à soutenir l’idée que la décentralisation est en dernière instance une reconfiguration de l’appareil d’Etat dont la cohérence d’ensemble de l’action, loin de permettre une émancipation par l’émergence de l’acteur local, reproduit sa puissance tutélaire.
    Mots-clés:
    RSA;politiques d'insertion;décentralisation;autonomie
  • maître de conférences
    GT45 Groupe de travail "Sociologie des conflits"

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Dominations complexes et espace de reconflictualisation. Premières hypothèses tirées d’une étude de cas sur les « indignés » espagnols

    Dans cette communication, nous souhaitons présenter les résultats d’une enquête menée en Espagne, plus particulièrement à Barcelone, sur le mouvement des « indignés » entre mai 2011 et mai 2013 dont nous préciserons les contours et les objectifs initiaux. Nous reviendrons tout d’abord sur le contexte d’émergence de ce mouvement. Cette approche socio-historique limitée nous permettra d’admettre trivialement que ce mouvement n’est pas vraiment spontané et qu’il détient des propriétés sociales spécifiques. Il consacre (il faudra creuser) la mise en actes par certains acteurs sociaux bien spécifiques, d’un travail réflexif, longtemps souterrain, pressés par des dominations complexes. Ces groupes que nous présenterons, proposent de nouvelles formes de médiations qui se cristallisent dans cette mobilisation complexe. En cela, le mouvement des « indignés » constitue, selon nous, une reconflictualisation de l’espace social (surtout juvénile) espagnol. Cette reconflictualisation est rendue possible par un ensemble de reconversions à la fois pratiques et rituelles opérées par certains acteurs. Sur le plan des pratiques, on pourra en évoquer deux : l’usage du droit et notamment du droit immobilier par des activistes nommés naguère d’ « antisystèmes » qui s’allient à des juristes, jeunes étudiants en droit ou avocats et, d’autre part, l’abandon momentané par d’autres d’une violence de rue ritualisée (bien spécifique comme le courant néo-anarchiste qui ressurgit et s’actualise). Sur un plan symbolique, il s’agira de réfléchir aux effets des usages des réseaux sociaux et des plateformes collaboratives dans la construction d’une critique sociale communaliste mise à l’épreuve dans un conflit communicationnel. Au total, le cas d’étude des « indignés », bien délimité, nous semble traverser nombre de questions soulevées par ce congrès et par ce réseau thématique au-delà de simples enjeux monographiques. L’un deux est éminemment théorique et concerne la redéfinition contemporaine de possibles nouveaux espaces de conflits sociaux dans les sociétés post-modernes, en considérant, dans une perspective tourainienne renouvelée, que le conflit est le moteur de l’historicité et l’anti-thèse de la violence qui nie la médiation possible (il faudra nuancer et préciser le continuum entre les deux). La question est de savoir, au fond, quelles sont les conditions sociales et historiques qui permettent à des individus plutôt jeunes, encastrés dans des formes de dominations complexes, de construire des espaces conflictuels nouveaux animés par des médiations nouvelles ; sachant, pour conclure, que cet espace conflictuel peut très bien être entrepris par des lestages culturels qui, eux, poussent à la non-médiation et à la fermeture vers des polarisations extrêmes.
    Mots-clés:
    indignés, Espagne, conflit, violence, dominations
  • Doctorante
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Le mouvement perpétuel de la domination entre infirmiers libérales d’un même cabinet.

    Les infirmières libérales expliquent leur choix de travailler en libéral par l’occasion d’actualiser une forme de dynamisme, une aspiration à l’autonomie que l’institution hospitalière ne leur a pas laissé exprimer (Douguet, Vilbrod, 2007 : 119[1]). Il s’agira alors, pour elles, de convenir ensemble des règles d’un fonctionnement commun interne au cabinet. Mais cette convention est quotidiennement interrogée par l’infirmière dont c’est le jour de travail et qui doit prendre des décisions. Notre recherche se propose d’analyser à la fois comment la prise de décisions quotidienne est une forme particulière de domination (par le phénomène de la continuité des soins, les décisions d’une infirmière sont ensuite imposées aux autres), mais également comment cette domination, qui s’exerce à tour de rôle, s’inscrit dans une temporalité plus longue et ce qu’elle nous révèle de la vie du collectif, et si collectif il y a. La méthodologie a fait appel à des entretiens semi-directifs permettant aux professionnelles de décrire leur travail aux domiciles. Ces entretiens ont été complétés par des temps d’observation des pratiques professionnelles. De plus, suivre des infirmières en tournée a été l’occasion de provoquer de nombreux entretiens informels (temps de déplacement entre deux patients, temps de déjeuners) particulièrement propices à la collecte de données sur les relations interpersonnelles au sein du cabinet. Les premiers résultats montrent une variété des pratiques professionnelles au sein d’un même cabinet. Ces pratiques, expressions d’individualités professionnelles, peuvent heurter les valeurs des collègues et amener des tensions entre elles. Ces moments de crise sont présentés par les professionnelles comme des moments favorables à une remise à plat de la ligne de conduite du cabinet : ce pour quoi elles travaillent ensemble. Pour notre part, nous avons pu analyser cela en termes de domination dont nous avons identifié plusieurs éléments : l’ancienneté dans le cabinet en est un. Et plus particulièrement le fait d’être dépositaire de la mémoire du cabinet. Les choix effectués par le passé donnent sa particularité à un cabinet et le rappel de cette perspective peut servir de rappel à l’ordre. Les compétences et vertus professionnelles reconnues à l’autre forment d’autres facteurs de domination. Le temps de travail de chaque infirmière semble directement proportionnel au poids décisionnel que représente chacune et donc son influence sur ses associées. La domination est alors exercée au nom de la stabilité du groupe. Mais nos observations montrent que ces formes de domination sont sans cesse malmenées et que la vie d’un cabinet infirmier libéral semble en perpétuelle recherche d’équilibre. Cette forme de domination laisse une place importante aux facteurs individuels. [1] Douguet Florence, Vilbrod Alain, 2007, Le métier d’infirmière libérale. Portrait sociologique d’une profession en pleine mutation, Seli Arslan, Paris.
    Mots-clés:
    infirmière libérale, profession, organisation du travail
  • Doctorante
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Le mouvement perpétuel de la domination entre infirmiers libérales d’un même cabinet.

    Les infirmières libérales expliquent leur choix de travailler en libéral par l’occasion d’actualiser une forme de dynamisme, une aspiration à l’autonomie que l’institution hospitalière ne leur a pas laissé exprimer (Douguet, Vilbrod, 2007 : 119[1]). Il s’agira alors, pour elles, de convenir ensemble des règles d’un fonctionnement commun interne au cabinet. Mais cette convention est quotidiennement interrogée par l’infirmière dont c’est le jour de travail et qui doit prendre des décisions. Notre recherche se propose d’analyser à la fois comment la prise de décisions quotidienne est une forme particulière de domination (par le phénomène de la continuité des soins, les décisions d’une infirmière sont ensuite imposées aux autres), mais également comment cette domination, qui s’exerce à tour de rôle, s’inscrit dans une temporalité plus longue et ce qu’elle nous révèle de la vie du collectif, et si collectif il y a. La méthodologie a fait appel à des entretiens semi-directifs permettant aux professionnelles de décrire leur travail aux domiciles. Ces entretiens ont été complétés par des temps d’observation des pratiques professionnelles. De plus, suivre des infirmières en tournée a été l’occasion de provoquer de nombreux entretiens informels (temps de déplacement entre deux patients, temps de déjeuners) particulièrement propices à la collecte de données sur les relations interpersonnelles au sein du cabinet. Les premiers résultats montrent une variété des pratiques professionnelles au sein d’un même cabinet. Ces pratiques, expressions d’individualités professionnelles, peuvent heurter les valeurs des collègues et amener des tensions entre elles. Ces moments de crise sont présentés par les professionnelles comme des moments favorables à une remise à plat de la ligne de conduite du cabinet : ce pour quoi elles travaillent ensemble. Pour notre part, nous avons pu analyser cela en termes de domination dont nous avons identifié plusieurs éléments : l’ancienneté dans le cabinet en est un. Et plus particulièrement le fait d’être dépositaire de la mémoire du cabinet. Les choix effectués par le passé donnent sa particularité à un cabinet et le rappel de cette perspective peut servir de rappel à l’ordre. Les compétences et vertus professionnelles reconnues à l’autre forment d’autres facteurs de domination. Le temps de travail de chaque infirmière semble directement proportionnel au poids décisionnel que représente chacune et donc son influence sur ses associées. La domination est alors exercée au nom de la stabilité du groupe. Mais nos observations montrent que ces formes de domination sont sans cesse malmenées et que la vie d’un cabinet infirmier libéral semble en perpétuelle recherche d’équilibre. Cette forme de domination laisse une place importante aux facteurs individuels. [1] Douguet Florence, Vilbrod Alain, 2007, Le métier d’infirmière libérale. Portrait sociologique d’une profession en pleine mutation, Seli Arslan, Paris.
    Mots-clés:
    infirmière libérale, profession, organisation du travail
  • Enseignement recherche
    RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    A propos de l'ontologie sociale de l'"écologisme" et des mouvements sociaux en général - un essai de formalisation théorique

    Il est frappant de constater que les études sur l'environnement et « la question sociale » ignorent largement la littérature écologiste, qui est pourtant celle qui est tout indiquée pour savoir où sont les obstacles puisque « les écolos » sont justement ceux qui entendent agir « pour la planète » et dans une perspective « sociale ». C'est du moins ainsi qu'ils se définissent. Sans dire qu'ils ont la réponse à tout, on ne peut pas non plus sans plus ample examen faire l'impasse sur leur expérience, c'est-à-dire faire l'hypothèse qu'ils n'ont réponse à rien. C'est sur la base de cette hypothèse que nous avons, dans un travail de HDR, essayé de comprendre le mode d'action écologiste, en tenant compte de ce que les observateurs académiques en disent mais aussi de ce que les intéressés ont pu produire. Une analyse de l'écologisme « par en bas » en quelque sorte. Le résultat nous semble très instructif, au sens où les études sur l'écologisme se révèlent être assez en décalage avec ce que les écologistes disent d'eux-mêmes. Le prendre en compte explique bien des interrogations portées au sein des colloque et des articles de recherche. Néanmoins il faut bien admettre que la question écologique est bien plus complexe qu'on ne peut l'admettre habituellement, en particulier elle ne se laisse pas réduire à une discipline. Chaque discipline a donc tendance à ne voir de la question qu'un aspect, comme dans la fable hindoue des trois aveugles et l'éléphant. La question écologique est « politique » au sens étroit (jeu politique, appréhendé par les sciences po) et au sens large (« le » politique, appréhendé par la philosophie politique), mais aussi économique, scientifique (rapport à « la nature ») etc. Au final la question la plus mystérieuse est sans doute celle du « social » : de quoi parlons-nous ici ? Nous proposons à cette journée d'études de venir expliquer le cadre théorique auquel nous avons abouti à l'issue de notre HDR. Ce cadre est fondé sur Sartre et Whitehead, qui eux-mêmes sont cohérents avec Illich et Moscovici. Nous pensons que ce cadre rend compte de la plupart des questions, sans toutefois répondre aux multiples questions empiriques qui se posent encore, à propos de l'écologisme. Les travaux empiriques existants ont en effet l'inconvénient de n'avoir pas élaboré de cadre théorique permettant d'élaborer avec suffisamment de précision les questions qui sont à poser au « terrain ». Ceci nous permet entre autres choses d'articuler marxisme, libéralisme et écologisme, et montrer dans quelle mesure la structure du changement social que proposent Sartre et Whitehead est validée ou non.
    Mots-clés:
     
  • Doctorante
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Un « sens du placement » universitaire en Île-de-France : mise à distance et résistances des étudiants issus des classes populaires

    En Île-de-France, les seize établissements publics universitaires se caractérisent par une organisation aréolaire distinguant les universités parisiennes de celles de petite et grande couronne (Baron et al. 2007). Leur fonctionnement systémique (complémentarité et concurrence) se traduit par une différenciation selon plusieurs critères (poids des différents cycles, professionnalisation, taille etc.), et notamment selon les caractéristiques sociales du public étudiant (Guignard-Hamon 2005). La différenciation sociale des recrutements étudiants associée au schéma aréolaire peut s’analyser en termes de domination, définie comme la mise à distance sociale et scolaire des étudiants issus des classes populaires dans les établissements « périphériques ». Quelles résistances à ces formes de relégation observe-t-on dans les parcours de ces étudiants ? Les inscriptions universitaires (MESR-SIES, 2011) permettent d’étudier la position des différents établissements dans le champ social des universités franciliennes, donc les formes de relégation en jeu. Une enquête par entretiens biographiques semi-directifs (2012-2013) auprès de 60 étudiants en licence et master AES et Droit à Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris VIII Vincennes-Saint-Denis met en évidence un « sens du placement » universitaire (François & Poupeau 2008), orientant les représentations du « possible » et de l’« accessible » (Bourdieu 1979). Ces bacheliers disposent d’un certain capital scolaire, sur lequel peuvent s’appuyer des stratégies diverses selon leur position sociale. Certains évitent l’université « de proximité » (contournement de la sectorisation, mobilité inter-universitaire) et privilégient une université parisienne. Pour d’autres, l’ancrage local (familiarité avec les gens et les lieux) peut constituer un « support de ressources sociales » (Renahy 2010). Ces stratégies renvoient ainsi à l’ambivalence de la différenciation sociale des recrutements universitaires entre relégation et démocratisation permise par les établissements périphériques (Felouzis 2001).
    Mots-clés:
    Sens du placement - étudiants - Île-de-France
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    RT16 Sociologie clinique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Domination, genre et rapport au savoir. Une exploration à partir de récits autobiographiques de sociologues

    Nous explorons la dialectique entre domination et émancipation en questionnant les articulations socio-psychiques entre le genre et le rapport au savoir de plusieurs sociologues. L’analyse de leurs écrits et récits autobiographiques révèle que leurs expériences socialisatrices genrées exercent des effets d’affects et de sens sur leur rapport au savoir. Parmi les cas étudiés, le récit d’Anna permet d’interroger sa position dominée au sein du laboratoire dont elle est membre mais aussi sa capacité à s’émanciper, relativement, de la lutte des places qui se déroule à l’université. Par ailleurs, son refus catégorique de s’identifier comme une femme dominée et sa distance vis-à-vis de la sociologie féministe s’éclairent par les effets d’assignation et sa socialisation genrée. Il en est de même concernant Patricia, afin de comprendre son orientation vers l’équipe, les courants de pensée et des objets d’étude symboliquement marqués par le genre ‘‘masculin’’ au sein de son laboratoire de recherche. Enfin, une lecture statistique des récits révèle la prédominance des hommes et de la lignée paternelle. Il semble bien que les sociologues parlent avant tout ‘‘au nom du père’’.
    Mots-clés:
    Socialisation, rapport au savoir, identité symbolique
  • Sociologue
    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités, RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Les « nouvelles » politiques sociales Brésiliennes : Entre « participation » et gestion de la pauvreté

    Au Brésil, suite aux mouvements de revendication populaire et de lutte contre la dictature militaire des années 1980, un ensemble de droits ont été reconnus et inscrits dans la nouvelle Constitution de 1988. Leur mise en place concrète pendant les années 1990 oscille cependant entre une reconnaissance partielle de ces droits et des politiques néolibérales de restrictions budgétaires (Dagnino, 2006). Ainsi, au niveau de l’État fédéral, les politiques de santé et d’assistance à visée universaliste relèvent respectivement du SUS-Système Unique de Santé et du SUAS-Système Unique d’Assistance Sociale[1], dont celles destinées aux familles, comme la Stratégie Santé Famille et le PAIF-Service de Protection et d’Attention Intégrale aux Familles. Ces politiques « familistes », mises en place de façon décentralisée et inspirées du modèle participatif, portent les marques de ce processus conflictuel jusqu’à nos jours (Boschetti et al., 2009). Sous l’apparente neutralité de la famille, les femmes de milieu populaire se situent au cœur de ce dispositif de gestion de la pauvreté, à la fois comme bénéficiaires et comme actrices de ces politiques sociales. Sous le couvert d’une prise en compte de la demande sociale en termes de services publics, l’analyse des pratiques de travail montre que ces femmes, les travailleuses d’exécution de l’État comme les agents communautaires de santé ou les agents de protection sociale, les actuels « orientateurs », sont amenées à opérer un tri au sein de la population pauvre et de le rendre socialement acceptable. Elles établissent des classements des bénéficiaires potentiels, et opèrent donc des formes de discrimination, pour gérer l’accès aux ressources (soins, et l’aide sociale) et ouvrant ainsi la voie à un système d’attribution de faveurs au lieu d’une prise en compte des droits de la population. La professionnalisation de cette fonction sociale procure néanmoins des formes de reconnaissance aux femmes, voire leur permet de s’émanciper et d’assumer leur rôle de chef-f-e de famille, dont la part au sein de la population est en hausse continue. Dans cette perspective, quelle est le sens que les femmes elles-mêmes attribuent à leur expérience comme bénéficiaires et comme professionnelles de ses politiques ? Quelles relations s’établissent entre les deux rôles ? Les professionnelles, travailleuses sociales de différents niveaux hiérarchiques, comment font-elles face à l’ambivalence entre un rôle de « pacification sociale » mais aussi de contrôle et d’exercice de pouvoir sur des femmes issues du même milieu ? L’analyse est fondée sur une enquête de terrain de type ethnographique, menée entre 2008 et 2012 au sein de différentes entités de services publics de santé et d’assistance situées dans la périphérie de São Paulo, la métropole la plus dynamique du Brésil avec près de 20 millions d’habitants. J’ai réalisé de l’observation participante au sein d’un dispensaire de santé et différentes entités sociales (ONGs, associations) qui proposent des services d’assistance à la population pour le compte de la municipalité, accompagné l’activité de l’équipe multidisciplinaire de santé et des travailleurs sociaux de différents niveaux hiérarchiques et accompagné des visites à domicile des agents d’exécution dans les deux secteurs, ainsi que réalisé des entretiens au domicile des bénéficiaires des services, habitants du quartier. Au total, environ une centaine d’entretiens biographiques portant sur les trajectoires sociales, professionnelles et familiales ont été réalisés avec des professionnels et des bénéficiaires des services. [1] Le SUAS est entrée en vigueur assez tardivement, en 2005, avec la NOB-Norma Operacional de Base, qui définit les orientations de la Loi Organique d’Assistance Sociale (LOAS), de 1993.
    Mots-clés:
    Politiques sociales, travailleuses sociales, Brésil, revendications, formes de reconnaissance
  • Sociologue
    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités, RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Les « nouvelles » politiques sociales Brésiliennes : Entre « participation » et gestion de la pauvreté

    Au Brésil, suite aux mouvements de revendication populaire et de lutte contre la dictature militaire des années 1980, un ensemble de droits ont été reconnus et inscrits dans la nouvelle Constitution de 1988. Leur mise en place concrète pendant les années 1990 oscille cependant entre une reconnaissance partielle de ces droits et des politiques néolibérales de restrictions budgétaires (Dagnino, 2006). Ainsi, au niveau de l’État fédéral, les politiques de santé et d’assistance à visée universaliste relèvent respectivement du SUS-Système Unique de Santé et du SUAS-Système Unique d’Assistance Sociale[1], dont celles destinées aux familles, comme la Stratégie Santé Famille et le PAIF-Service de Protection et d’Attention Intégrale aux Familles. Ces politiques « familistes », mises en place de façon décentralisée et inspirées du modèle participatif, portent les marques de ce processus conflictuel jusqu’à nos jours (Boschetti et al., 2009). Sous l’apparente neutralité de la famille, les femmes de milieu populaire se situent au cœur de ce dispositif de gestion de la pauvreté, à la fois comme bénéficiaires et comme actrices de ces politiques sociales. Sous le couvert d’une prise en compte de la demande sociale en termes de services publics, l’analyse des pratiques de travail montre que ces femmes, les travailleuses d’exécution de l’État comme les agents communautaires de santé ou les agents de protection sociale, les actuels « orientateurs », sont amenées à opérer un tri au sein de la population pauvre et de le rendre socialement acceptable. Elles établissent des classements des bénéficiaires potentiels, et opèrent donc des formes de discrimination, pour gérer l’accès aux ressources (soins, et l’aide sociale) et ouvrant ainsi la voie à un système d’attribution de faveurs au lieu d’une prise en compte des droits de la population. La professionnalisation de cette fonction sociale procure néanmoins des formes de reconnaissance aux femmes, voire leur permet de s’émanciper et d’assumer leur rôle de chef-f-e de famille, dont la part au sein de la population est en hausse continue. Dans cette perspective, quelle est le sens que les femmes elles-mêmes attribuent à leur expérience comme bénéficiaires et comme professionnelles de ses politiques ? Quelles relations s’établissent entre les deux rôles ? Les professionnelles, travailleuses sociales de différents niveaux hiérarchiques, comment font-elles face à l’ambivalence entre un rôle de « pacification sociale » mais aussi de contrôle et d’exercice de pouvoir sur des femmes issues du même milieu ? L’analyse est fondée sur une enquête de terrain de type ethnographique, menée entre 2008 et 2012 au sein de différentes entités de services publics de santé et d’assistance situées dans la périphérie de São Paulo, la métropole la plus dynamique du Brésil avec près de 20 millions d’habitants. J’ai réalisé de l’observation participante au sein d’un dispensaire de santé et différentes entités sociales (ONGs, associations) qui proposent des services d’assistance à la population pour le compte de la municipalité, accompagné l’activité de l’équipe multidisciplinaire de santé et des travailleurs sociaux de différents niveaux hiérarchiques et accompagné des visites à domicile des agents d’exécution dans les deux secteurs, ainsi que réalisé des entretiens au domicile des bénéficiaires des services, habitants du quartier. Au total, environ une centaine d’entretiens biographiques portant sur les trajectoires sociales, professionnelles et familiales ont été réalisés avec des professionnels et des bénéficiaires des services. [1] Le SUAS est entrée en vigueur assez tardivement, en 2005, avec la NOB-Norma Operacional de Base, qui définit les orientations de la Loi Organique d’Assistance Sociale (LOAS), de 1993.
    Mots-clés:
    Politiques sociales, travailleuses sociales, Brésil, revendications, formes de reconnaissance
  • doctorante

    Co-auteurs: Ali Elloumi, Maitre de Conférence

    RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    « L’interaction corporelle, une sémiotricité de la communication motrice »

    La communication humaine a toujours fait l’objet de nombreuses recherches relevant de domaines différents et notamment celui des sciences humaines (psychologie sociale, sociologie, sciences de l’information, éducation). Les individus figurent comme étant les principaux acteurs dans le domaine de la communication, responsables des changements générés par leurs participations et leurs capacités de prise d’initiative. En s’inscrivant dans un processus d’ordre social, la communication interpelle un ensemble de processus physiques et psychologiques mettant en relation un ou plusieurs individus avec un ou plusieurs autres individus. Et il s’avère dans notre quotidien «l’impossibilité de ne pas communiquer. » (Winkin Y. 1984) En effet, communiquer traduit le fait de mettre en commun, et met en évidence les relations humaines. Chaque individu prend part à cette communication et peut en être l’origine ou l’aboutissement. Ce processus social repose sur un système particulier et intègre des modes de comportements (geste, mimique, regard, espace interindividuel.) De plus, la communication humaine englobe la communication verbale et non verbale et aborde l’être humain comme un tout intégré dans toutes ses dimensions, et c’est en termes de niveaux de complexité, de contextes multiples et de systèmes circulaires qu’il faut concevoir la recherche en communication. Par ailleurs, le langage du corps possède également un vocabulaire. Les signes émis dans le but communiquer, sont en relation avec le contexte social dans lesquels ils se produisent. Cette communication non verbale, ou telle que l’a appelée Pierre Parlebas (1981) « conversation par gestes », est traitée en fonction des modalités du langage et non pas en fonction de celle de l’action. Dans ce sens, les jeux sportifs, au cours desquels se déroule une trame de communication observable, sont a envisager selon le contrat « ludomoteur » qui les caractérise et définit le ou les rôles des joueurs. Dans cette optique, les différentes actions motrices qui caractérisent le jeu semblent émaner d’intentions préétablies entre les joueurs. La rapidité de leurs actions ne permet pas de construire par la parole, le schéma tactique qui s’impose au cours du jeu, le recours aux signaux et autres gestes semblent opportuns dans de telles situations. Cette étude met en évidence les différents types d’interactions motrices qui sous-tendent les communications motrices directes et indirectes en volleyball. Cette activité « sociomotrice » (Parlebas P. 1987) a constitué le support de cette recherche, repose sur des interactions motrices constantes entre partenaires et adversaires et traduisent des rapports d’antagonisme et de coopération. Le comportement de ces différents acteurs sur le terrain dénote des attitudes et des intentions de nature expressive (socio affective) et informative (référentielle) entre eux, dominé par un souci de dissimulation. Il s’agit, par une analyse de nature qualitative des enregistrements de séquences vidéo et des entretiens semi directifs de vérifier si les « gestèmes » sont universels et les « praxèmes » sont polysémiques.
    Mots-clés:
    Sémiotricité,Gestèmes,Praxèmes,Communication motrice
  • Doctorant
    GT46 Formation, certification, qualification

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Vers de nouvelles modalités de certification des formations du secteur social : Un enjeu de restructuration de l’appareil de formation ?

    Objectif de la communication L’objectif de cette communication est de présenté les influences des nouvelles modalités de certification dans les formations du secteur social, en insistant notamment sur l’importance accordée aujourd’hui à certaines disciplines en résonance avec l’approche dite « managériale » des instituions du secteur social et médico-social (gestion, droit, sciences politiques) , influencée par les sciences dites « dures » et une approche d’orientation plus « molle », représentée par les sciences humaines et sociales (sociologie, psychologie, philosophie). On voit ainsi se déployer en marge des formations dites « du sérail », avec pour instance de validation le ministère des affaires sociales, une multitude d’autres formations en direction de ce secteur professionnel, proche des ministères pour certaines (enseignement supérieur ou éducation nationale) mais également de nature plus éloignées (chambres de commerces et d’industries notamment). Rappel Historique La construction de l’appareil de formation des travailleurs sociaux est totalement partie prenante de l’émergence des métiers du social : il s’agit d’un seul et même processus de professionnalisation qui s’inscrit dans une logique de métier de type artisanal avec un enjeu fort d’une double reconnaissance : celle d’une qualification et celle d’une profession à part entière. L’appareil de formation à participé activement à la fondation de la professionnalité des travailleurs sociaux, sur un mode assez proche de celui des médecins (pour la partie internat), à savoir une formation par des pairs sur le mode du compagnonnage, ces pairs étant à la fois les professionnels de terrain (« formateurs terrain ») qui encadrent les périodes de stage et les formateurs des centres de formation qui sont pour beaucoup d’anciens travailleurs sociaux. Depuis quelques années, des évolutions notables ont eu lieu, liées par exemple à l’institution de la procédure de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), qui permet d’accéder à un diplôme sans passer par la formation ni par un examen, et à l’apparition de la formation par l’apprentissage dans les métiers du social. Les nouveaux dispositifs de formation et d’accès aux diplômes dans les professions réglementées, modifient le modèle traditionnel de formation et donc les corps professionnels. De plus, en venant s’ajouter à l’offre constituée, l’apparition de nombreuses formations universitaires professionnalisantes modifie l’équilibre en place dans l’appareil de formation. Un modèle historique fortement remis en question L’invalidation du modèle historique de formation basé sur la communauté professionnelle de forme artisanale/libérale ,repose sur deux raisons : 1. En premier lieu, une situation stratégique qui incite les centres de formation du secteur social à se situer dans un environnement, un territoire européen et de la formation professionnelle qui permet de mieux saisir les enjeux internes à l’organisation. C'est cette prise de conscience de certains responsables de l'appareil de formation du secteur social qui va conduire au rapprochement entre l'AFORTS et le GNI, ce qui débouchera en 2009 sur la création de l'UNAFORIS autour d'un projet commun visant à sortir cet appareil historique de son cloisonnement et à s'engager dans une nouvelle voie avec une volonté de restituer les formations sociales historiques dans le paysage de la formation professionnelle (processus de Copenhague) et de l'enseignement supérieur (processus de Bologne). En effet, les représentants de l’appareil de formation du secteur social rejettent l’universitarisation des formations et souhaitent créer des Hautes Ecoles Professionnelles en Action Sanitaire et Sociale (HEPASS) sur le modèle des hautes écoles spécialisées d’origine Suisse et Belge.Nous noterons également les évolutions qui touchent actuellement le secteur social et médico-social qui lui-même a basculé sur un autre univers de management depuis quelques temps (évaluation interne, groupements de coopération, etc.). Michel CHAUVIERE dénonce l’ensemble de ces évolutions comme une « marchandisation du social » . Nous pouvons cependant faire l’hypothèse que les professionnels vont être de plus en plus critiques avec les apprenants formés si l'appareil de formation continue d'opposer la construction de la professionnalité des apprenants aux nouvelles formes de management qui se diffusent dans le champ du social. 2. En deuxième lieu, des contenus de formation en évolution qui oriente le secteur vers une approche moins idéologique et plus axée vers les savoirs.L’ensemble des évolutions sommairement décrites ici montre que la séparation fréquemment évoquée entre le savoir et l’idéologie est destinée à être abolie. Cependant, la fin possible de cette approche distanciée entre travail social et savoirs, jusqu'à présent représentée en France par l’université, conduit à questionner la nature du changement qui va s’opérer. Le rapprochement possible entre université et centres de formation n’est pas récent. Cependant, comme le souligne Marc DE MONTALEMBERT ,l’un des problème majeur de cette réforme concerne les modalités de validation des diplômes : «Alors que la DGAS vise une logique de qualification, l’offre des masters professionnels se situe dans une logique de compétences générales ». Une potentielle mise en concurrence des opérateurs de formations On est ainsi aujourd'hui en 2013 en présence d'un dispositif de formation particulièrement composite à son tour et de ce fait très concurrentiel. Les Régions qui disposent depuis la loi de 2004 d’une responsabilité en matière de schémas régionaux des formations sociales sont confrontées à l'obligation de construire une nouvelle cohérence au sein de cette offre de formation, prenant en compte les territoires et leurs besoins. Une réforme importante de la qualification des directeurs. L’apparition de la loi 2007-221 du 19 février 2007 , concernant la qualification des directeurs de structures sociales et médico-sociales, impose aujourd’hui d’obtenir une qualification de niveau I. Selon une étude du Geste , plus de la moitié des directeurs de structures sociales et médico-sociales sont aujourd’hui titulaires d’un diplôme de niveau I contre un tiers d’entre eux en 2005. De même, 30 % d’entre eux détiennent un diplôme de niveau II contre 20% seulement en 2005. Selon le cabinet, deux phénomènes serait à l’œuvre dans cette évolution : une augmentation générale du niveau de qualification mais également l’impact du décret de 2007. Terrains d’enquêtes Notre terrain repose ici sur une série d’entretiens auprès de responsables de structures sociales, auprès des responsables de formations qualifiantes et auprès d’étudiants en formation préparant aux diplômes responsables de structures sociales. Nous élargirons notre champ de recherche auprès d’autres opérateurs de formations par une mise en perspective des formations repérées comme « émergentes » dans ce secteur professionnel. Nous nous appuyons également sur une analyse des curriculas de formation et notamment des orientations disciplinaires qui traversent le champ professionnel depuis une quarantaine d’années.
    Mots-clés:
    Intenvention Sociale ; Formation ; Certification
  • Professeur des Universités
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La segmentation des travailleurs : sa pratique, ses enjeux et ses risques.

    Dans les dernières décennies, dans les grandes entreprises, les relations de travail ont profondément évolué. L’individualisation a semblé s’installer à leur fondement, alors même que se développaient des mécanismes d’emprise psychique sur les personnes. Cependant, le processus de différenciation des pratiques de gestion des travailleurs par des caractéristiques individuelles ne se révèle pas à l’observation comme le moteur principal de ces évolutions. En arrière-plan, une dimension, très prégnante, est occultée par les raisonnements les plus habituels : celle de la segmentation des travailleurs, leur séparation les uns par rapports aux autres selon des critères de plus en plus nombreux, imposés par des dispositifs bureaucratiques. Ce processus apparaît comme une expression moderne de la domination légale-rationnelle (Weber, [1922] 1995). L’étude des segmentations prolonge une tradition déjà ancienne en sociologie. S’intéressant aux formes primitives de classification, Durkheim et Mauss (1903) écrivaient déjà : « Les logiciens et même les psychologues prennent d'ordinaire comme simple, comme inné ou, tout au moins, comme institué par les seules forces de l'individu, le procédé qui consiste à classer les êtres, les événements, les faits du monde en genres et en espèces, à les subsumer les uns sous les autres, à déterminer leurs rapports d'inclusion ou d'exclusion. » Ils ajoutaient : « Toute classification implique un ordre hiérarchique dont ni le monde sensible ni notre conscience ne nous offrent le modèle. Il y a donc lieu de se demander où nous sommes allés le chercher […]» C’est à cette invitation que nous souhaitons répondre : Quel rapport la segmentation des travailleurs entretient-elle avec l’exercice du pouvoir et en quoi est-elle l’expression d’une domination ? Quelle en est la source ? Quels en sont les effets ? Les sciences sociales ont apporté des éléments de réponses à ces questions. Elaborée par deux économistes hétérodoxes, Peter Doeringer et Michael Piore (1971), la théorie de la segmentation a montré l’existence d’une stratification des travailleurs en deux marchés, relativement hermétiques et complémentaires, le segment primaire (emplois stables et bien rémunérés) et le segment secondaire (emplois précaires). De son côté, la sociologie de la classification (Desrosières et Thévenot, 1988) a mis en évidence les conventions qui fondent les classifications d’emplois et sont nourries par des processus politiques et sociaux. Cependant, à de notables exceptions près (par exemple, Pigeyre, 1999), ces analyses restent à un niveau relativement général quant aux mécanismes de domination sociale. Pour éclairer ce phénomène complexe au niveau micro des organisations, nous commencerons par proposer un cadre de réflexion articulant trois points de vue : technique, psychologique et sociologique (partie 1). A partir de l’étude de six cas d’entreprise, nous montrerons l’actualité du phénomène et ses développements récents (partie 2). Nous nous interrogerons ensuite sur son origine qui, selon nous, résulte d’un renforcement de la logique de marché qui ne porte plus seulement sur les relations que l’entreprise entretient avec son environnement mais aussi sur son contexte interne (partie 3). Puis nous évoquerons les risques que la segmentation fait courir au travail et aux travailleurs (partie 4). Enfin, en conclusion, nous montrerons que le travailleur n’est pas totalement assujetti par les exigences bureaucratiques qu’exerce ce processus.
    Mots-clés:
    segmentation des travailleurs, dispositifs de gestion
  • Professeur des Universités
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La segmentation des travailleurs : sa pratique, ses enjeux et ses risques.

    Dans les dernières décennies, dans les grandes entreprises, les relations de travail ont profondément évolué. L’individualisation a semblé s’installer à leur fondement, alors même que se développaient des mécanismes d’emprise psychique sur les personnes. Cependant, le processus de différenciation des pratiques de gestion des travailleurs par des caractéristiques individuelles ne se révèle pas à l’observation comme le moteur principal de ces évolutions. En arrière-plan, une dimension, très prégnante, est occultée par les raisonnements les plus habituels : celle de la segmentation des travailleurs, leur séparation les uns par rapports aux autres selon des critères de plus en plus nombreux, imposés par des dispositifs bureaucratiques. Ce processus apparaît comme une expression moderne de la domination légale-rationnelle (Weber, [1922] 1995). L’étude des segmentations prolonge une tradition déjà ancienne en sociologie. S’intéressant aux formes primitives de classification, Durkheim et Mauss (1903) écrivaient déjà : « Les logiciens et même les psychologues prennent d'ordinaire comme simple, comme inné ou, tout au moins, comme institué par les seules forces de l'individu, le procédé qui consiste à classer les êtres, les événements, les faits du monde en genres et en espèces, à les subsumer les uns sous les autres, à déterminer leurs rapports d'inclusion ou d'exclusion. » Ils ajoutaient : « Toute classification implique un ordre hiérarchique dont ni le monde sensible ni notre conscience ne nous offrent le modèle. Il y a donc lieu de se demander où nous sommes allés le chercher […]» C’est à cette invitation que nous souhaitons répondre : Quel rapport la segmentation des travailleurs entretient-elle avec l’exercice du pouvoir et en quoi est-elle l’expression d’une domination ? Quelle en est la source ? Quels en sont les effets ? Les sciences sociales ont apporté des éléments de réponses à ces questions. Elaborée par deux économistes hétérodoxes, Peter Doeringer et Michael Piore (1971), la théorie de la segmentation a montré l’existence d’une stratification des travailleurs en deux marchés, relativement hermétiques et complémentaires, le segment primaire (emplois stables et bien rémunérés) et le segment secondaire (emplois précaires). De son côté, la sociologie de la classification (Desrosières et Thévenot, 1988) a mis en évidence les conventions qui fondent les classifications d’emplois et sont nourries par des processus politiques et sociaux. Cependant, à de notables exceptions près (par exemple, Pigeyre, 1999), ces analyses restent à un niveau relativement général quant aux mécanismes de domination sociale. Pour éclairer ce phénomène complexe au niveau micro des organisations, nous commencerons par proposer un cadre de réflexion articulant trois points de vue : technique, psychologique et sociologique (partie 1). A partir de l’étude de six cas d’entreprise, nous montrerons l’actualité du phénomène et ses développements récents (partie 2). Nous nous interrogerons ensuite sur son origine qui, selon nous, résulte d’un renforcement de la logique de marché qui ne porte plus seulement sur les relations que l’entreprise entretient avec son environnement mais aussi sur son contexte interne (partie 3). Puis nous évoquerons les risques que la segmentation fait courir au travail et aux travailleurs (partie 4). Enfin, en conclusion, nous montrerons que le travailleur n’est pas totalement assujetti par les exigences bureaucratiques qu’exerce ce processus.
    Mots-clés:
    segmentation des travailleurs, dispositifs de gestion
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    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Au nom de la sécurité. La responsabilisation du travail dans une raffinerie de pétrole

    Si la rationalisation du travail constitue une domination des employeurs visant à augmenter la productivité, sa légitimité est différente dans les industries à hauts risques où elle se présente directement dans l’intérêt des salariés. Ces usines sont fortement contrôlées pour les menaces qu’elles font peser sur leur environnement et sur leurs occupants ; le travail y est particulièrement prescrit, au nom de la sécurité davantage qu’à celui de la productivité. Faisant émerger des interrogations sur la répartition des responsabilités, les normes exercent une forme de domination dont on ne connaît plus l’auteur, l’employeur étant lui-même soumis à des prescriptions venues du dehors de l’entreprise. Une immersion d’un an dans une raffinerie de pétrole a permis d’analyser la prévention des accidents à travers l’organisation des travaux de maintenance. Les équipements de l’usine ont continuellement de petites pannes dont il n’est pas toujours possible de prévoir les effets et susceptibles de déséquilibrer l’ensemble du système de production-maintenance. Or les accidents proviennent généralement d’une combinaison de dysfonctionnements techniques ayant pris de l’ampleur. La coopération autour des réparations consiste à limiter leurs répercussions en composant avec les incertitudes portant sur le fonctionnement des machines et l’action d’autrui. Elle engage notamment six types de personnel : exploitants en quarts, exploitants en horaires de journée, inspecteurs, sous-traitants, membres des services Maintenance et Sécurité. L’organisation formelle de la raffinerie constitue des repères dans la division du travail mais encourage aussi la recherche de culpabilités en fonction de la conformité aux règles et divise les collectifs. Répartis dans des services aux missions variées et parfois opposées, travaillant sur des lieux et selon des horaires différents, les acteurs se font des reproches en se référant à leurs statuts. Le conflit entre, d’une part, des prescripteurs chargés produire et de faire appliquer des règles de sécurité et, d’autre part, des exécutants devant concilier ces injonctions avec celles de la production est trop simple pour traduire ces phénomènes. Les règles de sécurité et les procédures de travail se mêlent et sont omniprésentes, à tel point qu’il est impossible de toutes les connaître et parfois difficile de savoir si une action y est conforme ou pas. Alors que les imprévus sont loin d’être pathologiques, la prescription constitue un cadre d’action censé les réduire au maximum. Les dispositifs mis en place pour expliquer les incidents exercent une forme de chasse aux aléas, donnant l’impression qu’il y a toujours une erreur derrière une cause et faisant émerger des accusations réciproques entre les acteurs. Chacun peut être incriminé de mettre en péril sa propre santé et celle des autres sans pouvoir saisir exactement ses responsabilités, ses compétences de métier elles-mêmes étant remises en cause. Tandis que la question des responsabilités fragmente les collectifs, l’organisation des travaux reste une activité faisant coopérer les mêmes acteurs. Elle se fonde sur une répartition des savoirs et fait ainsi apparaître des légitimités différentes de la sécurité formalisée. Après avoir décrit le collectif constitué autour de la maintenance des installations et analysé la place de la prescription dans une coopération fondée sur l’imprévu, nous verrons en quoi l’idée de responsabilité intervient dans des rapports de pouvoir et peut constituer une forme de domination, puis comment certaines résistances peuvent émerger sans en avoir l’apparence.
    Mots-clés:
     
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    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Au nom de la sécurité. La responsabilisation du travail dans une raffinerie de pétrole

    Si la rationalisation du travail constitue une domination des employeurs visant à augmenter la productivité, sa légitimité est différente dans les industries à hauts risques où elle se présente directement dans l’intérêt des salariés. Ces usines sont fortement contrôlées pour les menaces qu’elles font peser sur leur environnement et sur leurs occupants ; le travail y est particulièrement prescrit, au nom de la sécurité davantage qu’à celui de la productivité. Faisant émerger des interrogations sur la répartition des responsabilités, les normes exercent une forme de domination dont on ne connaît plus l’auteur, l’employeur étant lui-même soumis à des prescriptions venues du dehors de l’entreprise. Une immersion d’un an dans une raffinerie de pétrole a permis d’analyser la prévention des accidents à travers l’organisation des travaux de maintenance. Les équipements de l’usine ont continuellement de petites pannes dont il n’est pas toujours possible de prévoir les effets et susceptibles de déséquilibrer l’ensemble du système de production-maintenance. Or les accidents proviennent généralement d’une combinaison de dysfonctionnements techniques ayant pris de l’ampleur. La coopération autour des réparations consiste à limiter leurs répercussions en composant avec les incertitudes portant sur le fonctionnement des machines et l’action d’autrui. Elle engage notamment six types de personnel : exploitants en quarts, exploitants en horaires de journée, inspecteurs, sous-traitants, membres des services Maintenance et Sécurité. L’organisation formelle de la raffinerie constitue des repères dans la division du travail mais encourage aussi la recherche de culpabilités en fonction de la conformité aux règles et divise les collectifs. Répartis dans des services aux missions variées et parfois opposées, travaillant sur des lieux et selon des horaires différents, les acteurs se font des reproches en se référant à leurs statuts. Le conflit entre, d’une part, des prescripteurs chargés produire et de faire appliquer des règles de sécurité et, d’autre part, des exécutants devant concilier ces injonctions avec celles de la production est trop simple pour traduire ces phénomènes. Les règles de sécurité et les procédures de travail se mêlent et sont omniprésentes, à tel point qu’il est impossible de toutes les connaître et parfois difficile de savoir si une action y est conforme ou pas. Alors que les imprévus sont loin d’être pathologiques, la prescription constitue un cadre d’action censé les réduire au maximum. Les dispositifs mis en place pour expliquer les incidents exercent une forme de chasse aux aléas, donnant l’impression qu’il y a toujours une erreur derrière une cause et faisant émerger des accusations réciproques entre les acteurs. Chacun peut être incriminé de mettre en péril sa propre santé et celle des autres sans pouvoir saisir exactement ses responsabilités, ses compétences de métier elles-mêmes étant remises en cause. Tandis que la question des responsabilités fragmente les collectifs, l’organisation des travaux reste une activité faisant coopérer les mêmes acteurs. Elle se fonde sur une répartition des savoirs et fait ainsi apparaître des légitimités différentes de la sécurité formalisée. Après avoir décrit le collectif constitué autour de la maintenance des installations et analysé la place de la prescription dans une coopération fondée sur l’imprévu, nous verrons en quoi l’idée de responsabilité intervient dans des rapports de pouvoir et peut constituer une forme de domination, puis comment certaines résistances peuvent émerger sans en avoir l’apparence.
    Mots-clés:
     
  • Directrice de recherche
    RT22 Parcours de vie et dynamiques sociales

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Les dynamiques de l'adhésion religieuse: l'étude de cas contre la domination des notions défintitionnelles

    La définition du terme "religion" a atteint un niveau de discussion tel qu'elle a conduit certains à parler de situation babelienne. Cet état de choses vient de cette "loi" édictée par les pères fondateurs de la sociologie qui commande de ne pas faire usage de pré-notions mais au contraire d'établir préalablement à toute étude la définition du sujet à étudier. Ces stratégies définitionnelles, qui visent à braquer le projecteur là où le sens commun ne l'attend pas, ont notamment pour effet de découper arbitrairement l'objet qu'il s'agit d'observer. On discutera le bien-fondé de ces notions définitionnelles à partir de notre étude de cas sur Ce que la religion fait aux gens (Editions de la MSH, 2013) qui soutient que la condition de compréhension de l'adhésion religieuse ne tient pas tant à une question de définition que de méthodologie. Au lieu de partir d'affirmations normatives et de leur application, ou de pratiques et de croyances répertoriées, l'analyse de cas permet en effet de saisir empiriquement ce que les gens placent dans la catégorie "religion", ce qu'ils en font, comment elle se mêle à leur vie ordinaire, et comment ils la pensent. Le terme de "croyance", de même, habituellement pris comme indicateur de l'adhésion religieuse, ne peut être l'objet d'une définition a priori dans la mesure où à l'époque séculière, la religion se caractérise par son interpénétration (et sa communication) avec le monde non religieux.
    Mots-clés:
    religion (définition), croyances, études de cas,
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Les inégalités de traitement des filles et des garçons en EPS : des pratiques pédagogiques différenciatrices et discriminantes aux expériences novatrices de construction de la mixité

    Cette communication s’intéresse à l’organisation de la mixité par les enseignants d’Education Physique et Sportive (EPS) travaillant dans les collèges de grands ensembles HLM. Il s’agit d’analyser la manière dont les enseignants reproduisent ou questionnent les rapports de domination genrés à l’œuvre au sein des quartiers. Les travaux portant sur la jeunesse populaire urbaine insistent, en effet, sur la distance entre les sexes et leurs relations parfois difficiles (Lepoutre, 1997 ; Faure, 2006). De même, en EPS, seule discipline scolaire où les filles réussissent moins bien que les garçons (Vigneron, 2006), la mixité ne va pas de soi (Davisse, 2010). Les résultats d’une recherche portant sur la socialisation sexuée et corporelle des adolescents d’une cité toulousaine révèlent que les intervenants sportifs mobilisent fréquemment des stéréotypes de genre, dans leurs discours mais également dans leurs pratiques d’encadrement, maintenant ou renforçant la distance entre les filles et les garçons ainsi que l’inégalité de traitement selon leur sexe. De manière spécifique, une année d’observations des cours d’EPS d’un collège classé Zone d’Education Prioritaire, complétée par des entretiens avec l’ensemble des enseignants de la discipline, montre que la majorité d’entre eux sont persuadés d’interagir de manière similaire avec les filles et les garçons et voient, dans la coprésence des deux sexes, l’assurance d’une éducation égalitaire. De ce fait, les enseignants n’appréhendent pas la mixité comme une situation nécessitant une réflexion pédagogique spécifique et participent largement, en les ignorant, à la reproduction des rapports sociaux de sexe (Mosconi, 1999). Comme le souligne Catherine Marry (2004, p. 329), « la mixité est donc une condition première de l’égalité de droit, mais elle ne garantit ni l’égalité de traitement ni celle de résultats ». Ce travail sur les enseignants d’EPS a été poursuivi dans le Nord de la France dans trois collèges de villes ouvrières. Cette nouvelle enquête a permis d’observer des situations contribuant à questionner l’ordre de genre1 (Connell, 1987). En effet, certains intervenants, sensibilisés à la question du genre et de la mixité, réfléchissent à des pratiques visant l’égalité des sexes et proposent des situations pédagogiques permettant le rapprochement des filles et des garçons. Connell R., Gender and Power. Society, the Person and Sexual Politics, Standford, California, Standford University Press, 1987. DAVISSE A., « Filles et garçons en EPS : différents et ensemble », Revue française de pédagogie, n° 171, p.87-91, 2010. FAURE S., « HLM : côté filles, côté garçons », Agora/débats jeunesse, n°41, 3ème trimestre, 2006. LEPOUTRE D., Cœur de banlieue, Paris, Odile Jacob, 1997. Marry Catherine, « Mixité scolaire : abondance des débats, pénurie des recherches », Controverse sur la mixité, Travail, genre et sociétés, n° 11, 2004, p.189-194. MOSCONI N., « Les recherches sur la socialisation différentielle des sexes à l’école ». In Y. Lemel & B. Roudet, Filles et garçons jusqu’à l’adolescence. Socialisations différentielles. Paris : L’Harmattan, p.85-111, 1999. VIGNERON C., « Les inégalités de réussite en EPS entre filles et garçons : déterminisme biologique ou fabrication scolaire ? », Revue française de pédagogie, n° 154, 2006. 1 Historiquement situé, l’ordre de genre renvoie aux rapports asymétriques des catégories « hommes » et « femmes » socialement construites sur l’opposition binaire et arbitraire « masculin »/« féminin »
    Mots-clés:
     
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Les inégalités de traitement des filles et des garçons en EPS : des pratiques pédagogiques différenciatrices et discriminantes aux expériences novatrices de construction de la mixité

    Cette communication s’intéresse à l’organisation de la mixité par les enseignants d’Education Physique et Sportive (EPS) travaillant dans les collèges de grands ensembles HLM. Il s’agit d’analyser la manière dont les enseignants reproduisent ou questionnent les rapports de domination genrés à l’œuvre au sein des quartiers. Les travaux portant sur la jeunesse populaire urbaine insistent, en effet, sur la distance entre les sexes et leurs relations parfois difficiles (Lepoutre, 1997 ; Faure, 2006). De même, en EPS, seule discipline scolaire où les filles réussissent moins bien que les garçons (Vigneron, 2006), la mixité ne va pas de soi (Davisse, 2010). Les résultats d’une recherche portant sur la socialisation sexuée et corporelle des adolescents d’une cité toulousaine révèlent que les intervenants sportifs mobilisent fréquemment des stéréotypes de genre, dans leurs discours mais également dans leurs pratiques d’encadrement, maintenant ou renforçant la distance entre les filles et les garçons ainsi que l’inégalité de traitement selon leur sexe. De manière spécifique, une année d’observations des cours d’EPS d’un collège classé Zone d’Education Prioritaire, complétée par des entretiens avec l’ensemble des enseignants de la discipline, montre que la majorité d’entre eux sont persuadés d’interagir de manière similaire avec les filles et les garçons et voient, dans la coprésence des deux sexes, l’assurance d’une éducation égalitaire. De ce fait, les enseignants n’appréhendent pas la mixité comme une situation nécessitant une réflexion pédagogique spécifique et participent largement, en les ignorant, à la reproduction des rapports sociaux de sexe (Mosconi, 1999). Comme le souligne Catherine Marry (2004, p. 329), « la mixité est donc une condition première de l’égalité de droit, mais elle ne garantit ni l’égalité de traitement ni celle de résultats ». Ce travail sur les enseignants d’EPS a été poursuivi dans le Nord de la France dans trois collèges de villes ouvrières. Cette nouvelle enquête a permis d’observer des situations contribuant à questionner l’ordre de genre1 (Connell, 1987). En effet, certains intervenants, sensibilisés à la question du genre et de la mixité, réfléchissent à des pratiques visant l’égalité des sexes et proposent des situations pédagogiques permettant le rapprochement des filles et des garçons. Connell R., Gender and Power. Society, the Person and Sexual Politics, Standford, California, Standford University Press, 1987. DAVISSE A., « Filles et garçons en EPS : différents et ensemble », Revue française de pédagogie, n° 171, p.87-91, 2010. FAURE S., « HLM : côté filles, côté garçons », Agora/débats jeunesse, n°41, 3ème trimestre, 2006. LEPOUTRE D., Cœur de banlieue, Paris, Odile Jacob, 1997. Marry Catherine, « Mixité scolaire : abondance des débats, pénurie des recherches », Controverse sur la mixité, Travail, genre et sociétés, n° 11, 2004, p.189-194. MOSCONI N., « Les recherches sur la socialisation différentielle des sexes à l’école ». In Y. Lemel & B. Roudet, Filles et garçons jusqu’à l’adolescence. Socialisations différentielles. Paris : L’Harmattan, p.85-111, 1999. VIGNERON C., « Les inégalités de réussite en EPS entre filles et garçons : déterminisme biologique ou fabrication scolaire ? », Revue française de pédagogie, n° 154, 2006. 1 Historiquement situé, l’ordre de genre renvoie aux rapports asymétriques des catégories « hommes » et « femmes » socialement construites sur l’opposition binaire et arbitraire « masculin »/« féminin »
    Mots-clés:
     
  • Professeure émérite

    Co-auteurs: Audrey Boulin

    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Les internats d’excellence : une domination scolaire « totale » ?

    Saisissez ici le résumé de la communication... Les internats d’excellence : une domination scolaire « totale » ? Michèle Guigue, professeure émérite, Université Lille 3, Proféor – CIREL Audrey Boulin, doctorante, Université Paris 5, CERLIS Au-delà de « la mise en classe » qui vise les publics en difficulté, une proposition de « mise en internat » avec la création des « internats d’excellence » a été développée à partir de 2010. Elle vise, de façon privilégiée, de bons élèves de milieux populaires et de quartiers dits « politique de la ville ». L’entrée dans ces établissements suppose que les parents et leurs enfants fassent acte de candidature, qu’ils reconnaissent les attentes de l’école et, plus encore, qu’ils acceptent leur amplification puisque, du lundi au vendredi, les internes« dorment, se distraient, travaillent »dans une institution dont tous les personnels sont des professionnels de l’école.Ce cadre qui rassemble les trois champs de la vie ordinaire correspond à l’« institution totale » définie par Goffman (1968). Nous nous demanderons donc si ce regroupement, sous une même autorité, conduit à un renforcement de la domination de l’école ? Cette communication s’appuie sur notre participation à une recherche pilotée par l’IFÉ (Rayou & Glasman, 2012), portant sur 7 Internats d’excellence dans lesquels ont été collectés, depuis leur création, observations, entretiens de professionnels, d’élèves et de parents, dépouillements de dossiers d’inscription. Ces internats, selon des modalités variées, disposent quotidiennement de temps qui sont habituellement gérés librement par les élèves et leurs parents, à l’abri du regard de l’école. Qu’en est-il de l’organisation spatio-temporelle de la vie en Internat d’excellence ? Le temps contraint, centré sur les apprentissages scolaires, cours, études et activités diverses, sature les journées. En effet, les « activités » proposées, sportives et culturelles, sont abondantes, mais elles ne sont jamais nommées « loisirs » (Yonnet,1999). Elles s’apparenteraient plutôt à des « options ». Leur objectif est dans la continuité directe des apprentissages scolaires : initier et familiariser ces adolescents à des activités et des goûts caractéristiques des milieux auxquels ils devraient accéder grâce à leur réussite. Le règlement intérieur manifeste cette conception scolaire homogène qui comprend l’espace, affirmé fermement comme laïc. L’éventuelle spécificité de la chambre comme espace privé est impensée. La transmission d’un capital scolaire et culturel dont ces familles sont éloignées s’opère selon des modalités scolaires. Ce projet de compensation et de rattrapage renforce la domination de la forme scolaire (Vincent, 1994). Néanmoins, ce cadre de vie et d’enseignement est aussi traversé par des logiques décalées et ouvertes qui fissurent, à tout le moins quelque peu, la domination de la forme scolaire : - L’intensité et la proximité de la vie collective suscitent une connaissance, souvent intime, des jeunes (histoire familiale, amitiés, amours) qui ne sont pas des élèves abstraits ; - Des projets déconstruisent les emplois du temps, bouleversent les découpages disciplinaires, forment grâce à l’intervention de professionnels extérieurs (comédiens, scénaristes, avocats et magistrats...) De plus, la coupure du WE et des vacances fait passer d’un cadre à un autre, -d’une domination à une autre ?- de façon brusque et répétitive. Dans ce contexte complexe et foisonnant, parents et élèves manifestent un grand sens du jeu (Bourdieu, 1987). Ils s’approprient les opportunités offertes par les Internats d’excellence et misent sur l’école pour contrer d’autres dominations (sociales, locales, familiales, genrées).
    Mots-clés:
    Internat, Institution totale, vie juvénile
  • Doctorant
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    La vocation au cœur du conflit professionnel : entre sponsoring et registres d´engagement.

    Cette communication se centre sur les relations conflictuelles chez les professionnels de l´escalade de haut niveau en rupture avec un système de valeurs particulier et les impératifs liés à la vocation professionnelle. La sportivisation de la pratique au cours de ces 20 dernières années et sa professionnalisation progressive débouchent sur la construction de formes conflictuelles particulières cristallisées autour de différentes ressources économiques en jeu. Le sponsoring, de part sa relation étroite avec d´une part la performance individuelle et collective mais également les médias spécialisés, se positionne notamment au travers d´une redéfinition du système de valeurs sur lequel s´est construite une pratique passionnelle. Les choix de sponsors fait par ces « athlètes » sont alors considérés tels des reflets de leur positionnement, notamment de part l´importance implicite de logiques symboliques associées aux politiques commerciales. De plus, ces choix se traduisent au travers de l´importance des ressources financières, des conditions de travail mais surtout du maintien ou de la transformation d´un système de valeurs basé sur la passion. En effet, les trajectoires de grimpeurs de haut-niveau se construisent sur le long terme, alors que la pratique professionnelle est caractérisée par sa durée limitée. Cette communication se base sur une recherche ethnographique multi-sites réalisée dans différents pays Européens et aux Etats-Unis. Elle s´attache à la description et à l´analyse de la construction de formes professionnelles d´une pratique caractérisée par une faiblesse structurelle et institutionnelle au niveau des statuts et de la formation, mais également par un nombre très faible de professionnels face à une popularisation croissante et constante du sport au cours de la dernière décennie.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    La vocation au cœur du conflit professionnel : entre sponsoring et registres d´engagement.

    Cette communication se centre sur les relations conflictuelles chez les professionnels de l´escalade de haut niveau en rupture avec un système de valeurs particulier et les impératifs liés à la vocation professionnelle. La sportivisation de la pratique au cours de ces 20 dernières années et sa professionnalisation progressive débouchent sur la construction de formes conflictuelles particulières cristallisées autour de différentes ressources économiques en jeu. Le sponsoring, de part sa relation étroite avec d´une part la performance individuelle et collective mais également les médias spécialisés, se positionne notamment au travers d´une redéfinition du système de valeurs sur lequel s´est construite une pratique passionnelle. Les choix de sponsors fait par ces « athlètes » sont alors considérés tels des reflets de leur positionnement, notamment de part l´importance implicite de logiques symboliques associées aux politiques commerciales. De plus, ces choix se traduisent au travers de l´importance des ressources financières, des conditions de travail mais surtout du maintien ou de la transformation d´un système de valeurs basé sur la passion. En effet, les trajectoires de grimpeurs de haut-niveau se construisent sur le long terme, alors que la pratique professionnelle est caractérisée par sa durée limitée. Cette communication se base sur une recherche ethnographique multi-sites réalisée dans différents pays Européens et aux Etats-Unis. Elle s´attache à la description et à l´analyse de la construction de formes professionnelles d´une pratique caractérisée par une faiblesse structurelle et institutionnelle au niveau des statuts et de la formation, mais également par un nombre très faible de professionnels face à une popularisation croissante et constante du sport au cours de la dernière décennie.
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Perrin Claire, Boutroy Eric

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Le pôle Espoir comme articulation du monde sportif avec le monde scolaire : frottements, chevauchements et envahissements.

    Un pôle espoir est « une structure d’accès au haut niveau permettant au(x) jeune(s) sportif(s) de s’entraîner quotidiennement sans négliger leurs études ». En cohérence avec l’objectif qu’elle vise, cette institution aménage des règles pour cadrer les relations entre les activités d’entraînement sportif et celles de l’école, dans une perspective de réussite tant scolaire que sportive. Des études appréhendent finement ces organisations en tant qu’espaces de construction voire d’inculcation de normes et de valeurs spécifiques à la « culture » du sport de haut niveau. Cependant le monde scolaire apparaît relativement absent de l’analyse de socialisation en dehors des évocations du rapport difficile entre le sportif et le scolaire. Si l’occultation du monde scolaire dans ces études est le reflet d’une possible domination de la sphère du haut-niveau, il manque alors une explicitation des conditions sociales de cette imposition. Notre étude ambitionne ainsi de décaler le regard, en s’intéressant à une analyse de formes et enjeux liés aux relations entre l’ensemble des acteurs des pôles, avec une attention symétrique accordée aux deux parties sportives et scolaires. Notre approche interactionniste nous amène donc à percevoir les pôles espoirs comme la cohabitation du monde du sport de haut niveau et du monde scolaire, à étudier les relations entre ces deux mondes et leurs impacts sur leur activité primaire (Strauss, 1992). A l’encontre d’une représentation du pôle espoir à l’articulation de ces deux mondes sociaux en interactions équilibrées au service des élèves sportifs, notre recherche suggère une prééminence du monde du sport de haut niveau sur le monde scolaire. Mais comment se construit cette prééminence, de quelle nature sont les articulations entre les mondes ? L’étude des frottements, chevauchements, envahissements de ces deux mondes va nous permettre d’observer, analyser la construction de cette prééminence sportive. Pour cela nous avons mis en place un travail ethnographique de plus de trois ans au sein du pôle espoir natation synchronisée et du pôle rugby de la région Lyonnaise choisis pour leurs structures similaires (internat, implantation urbaine) et leurs caractéristiques différenciées (marquage genré, cultures sportives contrastées. Ce travail ethnographique porte sur une observation du fonctionnement ordinaire de l’institution (déroulement des entraînements sportifs, vie au lycée, à l’internat, conseils de classe, consultations médicales) centrée sur les interactions entre les professionnels des mondes sociaux, en particulier lors des moments de mise à l’épreuve de l’équilibre (difficultés scolaires, blessures sportives, contre performance) que nous qualifions de temps d’épreuves (Bessy & Châteauraynaud, 1995). L’analyse contrastive de deux pôles espoirs aux publics différenciés, nous amène à nuancer cette prééminence du monde du sport de haut niveau. Dans le cas du pôle rugby la construction des articulations entre les mondes va accorder une place dominante au monde sportif dans la gestion des activités sportives et scolaires, voire médicales. Dans un second cas (pôle natation synchronisée) les frottements important avec le monde de la famille, notamment dans les temps d’épreuves, vont jouer un rôle dans l’articulation entre le monde scolaire et le monde sportif venant atténuer cette prééminence du monde du sport de haut niveau.
    Mots-clés:
    pôle espoir, mondes sociaux
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    Co-auteurs: Perrin Claire, Boutroy Eric

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Le pôle Espoir comme articulation du monde sportif avec le monde scolaire : frottements, chevauchements et envahissements.

    Un pôle espoir est « une structure d’accès au haut niveau permettant au(x) jeune(s) sportif(s) de s’entraîner quotidiennement sans négliger leurs études ». En cohérence avec l’objectif qu’elle vise, cette institution aménage des règles pour cadrer les relations entre les activités d’entraînement sportif et celles de l’école, dans une perspective de réussite tant scolaire que sportive. Des études appréhendent finement ces organisations en tant qu’espaces de construction voire d’inculcation de normes et de valeurs spécifiques à la « culture » du sport de haut niveau. Cependant le monde scolaire apparaît relativement absent de l’analyse de socialisation en dehors des évocations du rapport difficile entre le sportif et le scolaire. Si l’occultation du monde scolaire dans ces études est le reflet d’une possible domination de la sphère du haut-niveau, il manque alors une explicitation des conditions sociales de cette imposition. Notre étude ambitionne ainsi de décaler le regard, en s’intéressant à une analyse de formes et enjeux liés aux relations entre l’ensemble des acteurs des pôles, avec une attention symétrique accordée aux deux parties sportives et scolaires. Notre approche interactionniste nous amène donc à percevoir les pôles espoirs comme la cohabitation du monde du sport de haut niveau et du monde scolaire, à étudier les relations entre ces deux mondes et leurs impacts sur leur activité primaire (Strauss, 1992). A l’encontre d’une représentation du pôle espoir à l’articulation de ces deux mondes sociaux en interactions équilibrées au service des élèves sportifs, notre recherche suggère une prééminence du monde du sport de haut niveau sur le monde scolaire. Mais comment se construit cette prééminence, de quelle nature sont les articulations entre les mondes ? L’étude des frottements, chevauchements, envahissements de ces deux mondes va nous permettre d’observer, analyser la construction de cette prééminence sportive. Pour cela nous avons mis en place un travail ethnographique de plus de trois ans au sein du pôle espoir natation synchronisée et du pôle rugby de la région Lyonnaise choisis pour leurs structures similaires (internat, implantation urbaine) et leurs caractéristiques différenciées (marquage genré, cultures sportives contrastées. Ce travail ethnographique porte sur une observation du fonctionnement ordinaire de l’institution (déroulement des entraînements sportifs, vie au lycée, à l’internat, conseils de classe, consultations médicales) centrée sur les interactions entre les professionnels des mondes sociaux, en particulier lors des moments de mise à l’épreuve de l’équilibre (difficultés scolaires, blessures sportives, contre performance) que nous qualifions de temps d’épreuves (Bessy & Châteauraynaud, 1995). L’analyse contrastive de deux pôles espoirs aux publics différenciés, nous amène à nuancer cette prééminence du monde du sport de haut niveau. Dans le cas du pôle rugby la construction des articulations entre les mondes va accorder une place dominante au monde sportif dans la gestion des activités sportives et scolaires, voire médicales. Dans un second cas (pôle natation synchronisée) les frottements important avec le monde de la famille, notamment dans les temps d’épreuves, vont jouer un rôle dans l’articulation entre le monde scolaire et le monde sportif venant atténuer cette prééminence du monde du sport de haut niveau.
    Mots-clés:
    pôle espoir, mondes sociaux
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    Co-auteurs: Caroline Mazaud

    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités, RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Émanciper et mettre au travail dans « l’accompagnement socioprofessionnel » des jeunes : un projet à double face

    Dispositifs et actions de formation dans le domaine de l’insertion « sociale et professionnelle » visant des jeunes peu ou pas diplômés et éloignés de l’emploi ont pour objectif de placer leurs publics dans la perspective d’un accès à l’emploi. Du moins sont-ils d’abord évalués par leurs financeurs en nombre de « sorties positives » ou « dynamiques », calculées en fonction du taux d’accès à l’emploi ou en formation qualifiante de leurs bénéficiaires. Celles et ceux qui sont socialement désignés pour les animer (éducateurs, cadres, travailleurs sociaux, etc.) sont généralement critiques à l’égard de cette évaluation au motif principal qu’elle est aveugle aux effets de leurs actions sur les jeunes non mesurables en termes d’accès à l’emploi ou à la formation et pourtant, à leurs yeux, indéniables. Ils formulent l’ambition de participer à la transformation des individus ─ et pas seulement à leur placement sur le marché de l’emploi ─ en revendiquant leur filiation à une conception de l’acte éducatif conçu comme un acte d’émancipation. Ils mettent ainsi en avant leur souci d’éveiller à la sensibilité, à l’expression artistiques et culturelles ou encore de travailler à l’engagement citoyen : cela prend la forme d’une sortie dans tel ou tel lieu (institutions politiques, musées, etc.) ou celle de la participation collective à un évènement sur le territoire (commémorations, festival, etc.). Cela dit, le bilan d’une activité visant un tel objectif « éducatif » ─ comme une activité théâtrale par exemple ─ sera immédiatement retraduit par le cadre et/ou formateur en capital de présentation de soi à l’occasion d’un éventuel entretien d’embauche ou bien dans les conditions de l’exercice de l’emploi à venir. Une tension se fait jour donc entre projet éducatif long et profond et termes de l’évaluation officielle, tension qui semble traverser aussi les personnes mêmes en charge de l’encadrement au quotidien des jeunes finalement. À partir d’une enquête conduite par voie d’analyse de documents indigènes, d’entretiens et d’observations directes auprès des cadres et/ou formateurs et des jeunes dans quatre dispositifs de « formation » situés en Pays de la Loire (Ecole de la deuxième chance, Dispositif deuxième chance de la Défense, Plateforme d'orientation et d'insertion professionnelle pour jeunes, Plateforme préparatoire à l'alternance), nous proposons d’étudier comment actions et dispositifs concernés balancent entre deux projets : émancipation et employabilité des jeunes. Avers et envers d’une même médaille qui renvoient au cadre normatif d’intégration par le travail qui les enserre ? Idéal et réalité des « pratiques d’accompagnement » comme modalité de l’action publique dans le champ de (l’intermédiation vers) l’emploi ? L’examen des relations concrètes, que cadres et/ou formateurs et jeunes entretiennent sur place ─ qui loin d’être uniformes se révèlent relativement diverses ─ est susceptible de renseigner sur la manière complexe dont ces deux logiques s’articulent.
    Mots-clés:
    insertion accompagnement emploi évaluation autonomie
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    Co-auteurs: Caroline Mazaud

    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités, RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Émanciper et mettre au travail dans « l’accompagnement socioprofessionnel » des jeunes : un projet à double face

    Dispositifs et actions de formation dans le domaine de l’insertion « sociale et professionnelle » visant des jeunes peu ou pas diplômés et éloignés de l’emploi ont pour objectif de placer leurs publics dans la perspective d’un accès à l’emploi. Du moins sont-ils d’abord évalués par leurs financeurs en nombre de « sorties positives » ou « dynamiques », calculées en fonction du taux d’accès à l’emploi ou en formation qualifiante de leurs bénéficiaires. Celles et ceux qui sont socialement désignés pour les animer (éducateurs, cadres, travailleurs sociaux, etc.) sont généralement critiques à l’égard de cette évaluation au motif principal qu’elle est aveugle aux effets de leurs actions sur les jeunes non mesurables en termes d’accès à l’emploi ou à la formation et pourtant, à leurs yeux, indéniables. Ils formulent l’ambition de participer à la transformation des individus ─ et pas seulement à leur placement sur le marché de l’emploi ─ en revendiquant leur filiation à une conception de l’acte éducatif conçu comme un acte d’émancipation. Ils mettent ainsi en avant leur souci d’éveiller à la sensibilité, à l’expression artistiques et culturelles ou encore de travailler à l’engagement citoyen : cela prend la forme d’une sortie dans tel ou tel lieu (institutions politiques, musées, etc.) ou celle de la participation collective à un évènement sur le territoire (commémorations, festival, etc.). Cela dit, le bilan d’une activité visant un tel objectif « éducatif » ─ comme une activité théâtrale par exemple ─ sera immédiatement retraduit par le cadre et/ou formateur en capital de présentation de soi à l’occasion d’un éventuel entretien d’embauche ou bien dans les conditions de l’exercice de l’emploi à venir. Une tension se fait jour donc entre projet éducatif long et profond et termes de l’évaluation officielle, tension qui semble traverser aussi les personnes mêmes en charge de l’encadrement au quotidien des jeunes finalement. À partir d’une enquête conduite par voie d’analyse de documents indigènes, d’entretiens et d’observations directes auprès des cadres et/ou formateurs et des jeunes dans quatre dispositifs de « formation » situés en Pays de la Loire (Ecole de la deuxième chance, Dispositif deuxième chance de la Défense, Plateforme d'orientation et d'insertion professionnelle pour jeunes, Plateforme préparatoire à l'alternance), nous proposons d’étudier comment actions et dispositifs concernés balancent entre deux projets : émancipation et employabilité des jeunes. Avers et envers d’une même médaille qui renvoient au cadre normatif d’intégration par le travail qui les enserre ? Idéal et réalité des « pratiques d’accompagnement » comme modalité de l’action publique dans le champ de (l’intermédiation vers) l’emploi ? L’examen des relations concrètes, que cadres et/ou formateurs et jeunes entretiennent sur place ─ qui loin d’être uniformes se révèlent relativement diverses ─ est susceptible de renseigner sur la manière complexe dont ces deux logiques s’articulent.
    Mots-clés:
    insertion accompagnement emploi évaluation autonomie
  • doctorant
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    L’entrepreneuriat scientifique en Russie

    Lors des dernières décennies, l’organisation de la science en Russie et en France, aussi bien que dans d’autres pays, a subi d’importantes évolutions. Le financement par projet devient de plus en plus récurrent, l’incitation étatique à la valorisation est de plus en plus visible et la part de la recherche publique dans les dépenses totales en R&D continue de baisser. Dans notre recherche nous cherchons à analyser ces évolutions en nous focalisant sur les entrepreneurs scientifiques. Nous définissons un entrepreneur scientifique comme un chercheur travaillant (où aillant travaillé) dans un organisme de recherche publique qui crée, ou participe à la création d’une entreprise innovante, afin de commercialiser un produit ou un service sur la base des résultats des recherches faites au sein d’une organisation publique de la recherche. Notre terrain est délimité par l’entrepreneuriat scientifique dans le domaine de la photonique et des domaines connectés, tel que la microscopie et l’imagerie. Ces domaines, étant lieu de la recherche à la fois fondamentale et appliquée, ayant déjà donné naissance à plusieurs débouchés commerciaux, nous donnent l’opportunité d’étudier plusieurs cas d’engagement des chercheurs dans l’activité économique. Notre recherche est centrée sur une population qui se trouve entre l’univers de la recherche et l’espace de la valorisation, entre la science et le marché, entre le publique et le privé. Cette position produit une hétérogénéité importante de discours et des pratiques des acteurs étudiés. Tous les entrepreneurs scientifiques se trouvent dans un univers où se croisent plusieurs logiques d’actions, plusieurs conventions. Les gestionnaires des entreprises innovantes, les collectifs de ces entreprises assurent la maitrise de cette hétérogénéité soit par des compétences des individus aux ancrages multiples, soit par la coexistence et collaboration, au sien de l’organisation, des individus aux compétences diverses, soit par l’intégration de l’entrepreneur et de son entreprise dans un réseau non-formalisé qui rassemble les compétences distribuées. Nous analysons ces processus en nous appuyant sur des entretiens faits avec des entrepreneurs scientifiques et des représentants de l’infrastructure de l’innovation en Russie.
    Mots-clés:
     
  • doctorant
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    L’entrepreneuriat scientifique en Russie

    Lors des dernières décennies, l’organisation de la science en Russie et en France, aussi bien que dans d’autres pays, a subi d’importantes évolutions. Le financement par projet devient de plus en plus récurrent, l’incitation étatique à la valorisation est de plus en plus visible et la part de la recherche publique dans les dépenses totales en R&D continue de baisser. Dans notre recherche nous cherchons à analyser ces évolutions en nous focalisant sur les entrepreneurs scientifiques. Nous définissons un entrepreneur scientifique comme un chercheur travaillant (où aillant travaillé) dans un organisme de recherche publique qui crée, ou participe à la création d’une entreprise innovante, afin de commercialiser un produit ou un service sur la base des résultats des recherches faites au sein d’une organisation publique de la recherche. Notre terrain est délimité par l’entrepreneuriat scientifique dans le domaine de la photonique et des domaines connectés, tel que la microscopie et l’imagerie. Ces domaines, étant lieu de la recherche à la fois fondamentale et appliquée, ayant déjà donné naissance à plusieurs débouchés commerciaux, nous donnent l’opportunité d’étudier plusieurs cas d’engagement des chercheurs dans l’activité économique. Notre recherche est centrée sur une population qui se trouve entre l’univers de la recherche et l’espace de la valorisation, entre la science et le marché, entre le publique et le privé. Cette position produit une hétérogénéité importante de discours et des pratiques des acteurs étudiés. Tous les entrepreneurs scientifiques se trouvent dans un univers où se croisent plusieurs logiques d’actions, plusieurs conventions. Les gestionnaires des entreprises innovantes, les collectifs de ces entreprises assurent la maitrise de cette hétérogénéité soit par des compétences des individus aux ancrages multiples, soit par la coexistence et collaboration, au sien de l’organisation, des individus aux compétences diverses, soit par l’intégration de l’entrepreneur et de son entreprise dans un réseau non-formalisé qui rassemble les compétences distribuées. Nous analysons ces processus en nous appuyant sur des entretiens faits avec des entrepreneurs scientifiques et des représentants de l’infrastructure de l’innovation en Russie.
    Mots-clés:
     
  •  
    RT21 Mouvements sociaux

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Evolution des pratiques participatives de l’opposition vénézuélienne : vers une confluence perverse ?

    Depuis 10 ans, la Révolution Bolivarienne a remis au gout du jour le thème de la démocratie participative au Venezuela, et dans une certaine mesure au-delà, portée par le charisme de son Président et une forte conflictualité sociale. Nous examinerons ici la situation de groupes qui rejettent le chavisme et la "Révolution" qui le soutient et s'en remettent à la démocratie participative pour tenter de désamorcer le monopole chaviste sur la participation populaire. Cette percée et récupération de l'opposition dans les rets de la politique populaire vénézuélienne interroge le sens donné à la démocratie participative par des couches sociales plus prospères et plus promptes à revendiquer des thèmes liés à la propriété privée, et en dernière instance à la démocratie libérale. Dans cette communication, on évaluera donc les effets de cette récupération et les circonstances d'une "confluence perverse" que cela peut engendrer sur le récit majeur et radical de la participation.
    Mots-clés:
    Démocratie participative, Venezuela, opposition
  • MCF en sociologie (HDR)
    RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Dispositifs d’enrôlement et dispositions des agents d’enrôlement : la fabrique de l’habitus managérial dans une caisse primaire d’assurance maladie

    Penser le management m’a conduit à puiser dans le cadre analytique et la boîte à outils conceptuelle que Pierre Bourdieu a construits pour lire la domination. La théorie bourdieusienne des conditions dispositionnelles de la méconnaissance ouvre des pistes fructueuses pour comprendre à la fois les ressorts de « la rationalité pratique » qui permet le consentement au travail et le travail de production de ce consentement – l’acceptation du travail d’enrôlement – mais il faut la compléter par celle des conditions institutionnelles de la mystification que lui oppose Michael Burawoy (2011). Pour ce dernier, l’enrôlement ne s’opérerait pas « par la méconnaissance, qui se constitue par un habitus profondément enraciné et au moins partiellement indépendant des relations sociales particulières où s’insère l’individu » mais « par la mystification et des relations sociales indépendantes de tout individu particulier » qui renvoient aux appareils politiques et idéologiques de l’entreprise. Les investigations menées sur les agents d’enrôlement invitent plutôt à tenir ensemble les deux approches. C’est tout l’intérêt heuristique de la catégorie de l’intermédiation hiérarchique que de montrer que l’hégémonie ne saurait se maintenir sans mystification comme l’affirme Burawoy mais aussi sans le double processus de reconnaissance et de méconnaissance qui forme le principe de violence symbolique. Parce qu’ils doivent fabriquer le consentement, les managers opérationnels tiennent un rôle central dans la mystification, mais ils ne pourraient le tenir si eux-mêmes n’étaient pas mystifiés ; ils ne peuvent enrôler et domestiquer que parce qu’eux-mêmes sont enrôlés et domestiqués, d’où la nécessité de traiter les dispositifs dont ils se servent et leurs dispositions à servir pour relayer la politique de la direction. La fabrique des managers ne peut se comprendre qu’en revenant à la question du contrôle managérial chère à la théorie du procès de travail capitaliste, l’internalisation de leur travail d’enrôlement se lire qu’en considérant les appareils politiques et idéologiques de production selon l’invitation de Burawoy, la violence symbolique qu’ils portent être dévoilée qu’en démontant les dispositifs de gestion dans la perspective récemment ouverte par la sociologie critique de la gestion. Comprendre ce que manager veut dire dans sa vérité objectivement double oblige le sociologue à revenir à l’analyse des dispositifs qui produisent les dispositions, qu’ils soient traditionnels comme la mise en place d’un marché interne du travail qui organise la formation, distribue les postes, configure les systèmes de promotion et les échelles salariales des managers de proximité, ou qu’ils soient plus inédits comme le développement des dispositifs de gestion qui rationalisent leur travail, standardisent leurs tâches et normalisent leurs comportements. Cette instrumentation managériale autour de laquelle se redessinent les nouvelles formes de disciplines du travail vise aussi l’enrôlement de ceux qui la déploient : les agents d’enrôlement.Aussi pour approcher la double vérité du travail d’encadrement, faut-il tenir ensemble dispositifs de management (ou d’enrôlement) et dispositions des managers (ou des agents d’enrôlement) en montrant comment les premiers produisent les secondes et les secondes actualisent les premiers.Je propose dans cette communication d’appliquer ce programme de recherche pour tenter d’expliquer la fabrique de l’habitus managérial dans une caisse primaire d’assurance maladie, en me focalisant sur les managers de proximité (animateurs d’équipe et responsables d’unité de travail). Référence citée : Burawoy M., 2011, « La domination est-elle si profonde ? Au-delà de Bourdieu et de Gramsci », Actuel Marx, n°50, pp. 166-190.
    Mots-clés:
    Enrôlement, dispositif, dispositions, management
  • Doctorant-Chercheur
    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Les mécanismes discriminatoires dans le système éducatif iranien; leurs effets induits et la résistance

    La révolution islamique en Iran a fait de nombreuses tentatives pour lutter contre les discriminations éducatives héritées du régime précédent. [1] La tentative la plus importante a été « l’éducation pour tous », qui avait pour but d’étendre l’accès à l’éducation de base à toutes les catégories sociales. D’après Khomeyni, le Guide de la révolution islamique, « nous avons fait la révolution pour rendre justice aux déshérités (mostazafin) ». Cette tentative a été un grand succès au plan quantitatif, avec une forte croissance du taux de personnes alphabétisées et instruites en Iran. Mais, en mettant l'accent sur le centralisme étatique, culturelle et aussi « l’islamisation », l'école et l'université ont été le vecteur essentiel par laquelle les dirigeants ont assuré la domination de leur idéologie. L'organisation et la finalité du système éducatif visaient à établir un nouvel ordre et à faire adopter par tous les nouvelles valeurs idéologiques. Ceci a conduit le système éducatif, pour des raisons politiques idéologiques, a créer de nouvelles discriminations dont une grande partie des jeunes iraniens ont été, depuis 34 ans, victimes d’une manière ou d’une autre. Les différents types de discrimination conduisent à une échelle de niveaux d'exclusion [2] : plus on répond à des critères de discrimination, plus on sera exclu, En d’autres termes, un mécanisme de « discrimination multiple» ou plus précisément, de « discrimination cumulative », frappe une grande partie de la société. L’objectif de cet article est - d'examiner les mécanismes et stratégies par lesquels le système politique en Iran a établi la discrimination, - d’identifier les différentes sortes de discriminations (les critères discriminatoires) à l’oeuvre dans le système éducatif, - d'identifier la hiérarchie des critères discriminatoires dans l'idéologie dominante, - d'identifier les gagnants et les perdants de la politique discriminatoire du système éducatif, - d'observer les conséquences de la discrimination idéologique dans la société iranienne, - de caractériser les formes de résistance face à cette discrimination. Nous étudierons de quelle manière, les discriminations de toutes sortes excluent certains individus et comment leur façon d’identifier les exclus est institutionnalisée dans le système éducatif, aussi bien au plan quantitatif que qualitatif, dans trois grands domaines : D’abord, dans la loi et les règlements, ensuite dans le programme scolaire et enfin, dans l’accès et la réussite scolaire [1] Régime pahlavi (1929-1979). [2] Comme celles liées au handicap, à la situation géographique et régionale (distance à la capitale), au genre, à l’appartenance à des minorités ethniques, religieuses, et idéologiques.
    Mots-clés:
    Discrimination, Exclusion, Education, Idéologique
  • Doctorant-Chercheur
    RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations, GT44 Justice sociale et sentiments d’injustice

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Les mécanismes discriminatoires dans le système éducatif iranien; leurs effets induits et la résistance

    La révolution islamique en Iran a fait de nombreuses tentatives pour lutter contre les discriminations éducatives héritées du régime précédent. [1] La tentative la plus importante a été « l’éducation pour tous », qui avait pour but d’étendre l’accès à l’éducation de base à toutes les catégories sociales. D’après Khomeyni, le Guide de la révolution islamique, « nous avons fait la révolution pour rendre justice aux déshérités (mostazafin) ». Cette tentative a été un grand succès au plan quantitatif, avec une forte croissance du taux de personnes alphabétisées et instruites en Iran. Mais, en mettant l'accent sur le centralisme étatique, culturelle et aussi « l’islamisation », l'école et l'université ont été le vecteur essentiel par laquelle les dirigeants ont assuré la domination de leur idéologie. L'organisation et la finalité du système éducatif visaient à établir un nouvel ordre et à faire adopter par tous les nouvelles valeurs idéologiques. Ceci a conduit le système éducatif, pour des raisons politiques idéologiques, a créer de nouvelles discriminations dont une grande partie des jeunes iraniens ont été, depuis 34 ans, victimes d’une manière ou d’une autre. Les différents types de discrimination conduisent à une échelle de niveaux d'exclusion [2] : plus on répond à des critères de discrimination, plus on sera exclu, En d’autres termes, un mécanisme de « discrimination multiple» ou plus précisément, de « discrimination cumulative », frappe une grande partie de la société. L’objectif de cet article est - d'examiner les mécanismes et stratégies par lesquels le système politique en Iran a établi la discrimination, - d’identifier les différentes sortes de discriminations (les critères discriminatoires) à l’oeuvre dans le système éducatif, - d'identifier la hiérarchie des critères discriminatoires dans l'idéologie dominante, - d'identifier les gagnants et les perdants de la politique discriminatoire du système éducatif, - d'observer les conséquences de la discrimination idéologique dans la société iranienne, - de caractériser les formes de résistance face à cette discrimination. Nous étudierons de quelle manière, les discriminations de toutes sortes excluent certains individus et comment leur façon d’identifier les exclus est institutionnalisée dans le système éducatif, aussi bien au plan quantitatif que qualitatif, dans trois grands domaines : D’abord, dans la loi et les règlements, ensuite dans le programme scolaire et enfin, dans l’accès et la réussite scolaire [1] Régime pahlavi (1929-1979). [2] Comme celles liées au handicap, à la situation géographique et régionale (distance à la capitale), au genre, à l’appartenance à des minorités ethniques, religieuses, et idéologiques.
    Mots-clés:
    Discrimination, Exclusion, Education, Idéologique

 

 

Co-auteurs: Didier Demazière

RT12 Sociologie économique

Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

Concurrences sportives, économiques et professionnelles dans l’élite du football. Le rôle des agents de joueurs entre marché du travail et marché de biens

Le monde du football professionnel a beaucoup évolué depuis un quart de siècle. Il a acquis un poids économique et une envergure médiatique sans équivalent. L’acquisition des droits de retransmission télévisuelle des matchs, le rachat de clubs par des magnats, ou le développement des paris sportifs génèrent d’énormes flux financiers, qui gonflent les budgets des clubs, et alimentent la croissance spectaculaire des rémunérations des sportifs. Comme l’a observé un économiste, « si on se demande où passent les profits, la réponse est : directement aux joueurs. Ce qui fait du football, un modèle pour le pouvoir des travailleurs ; il n’existe pas dans le monde d’autre domaine dans lequel une si grande part des revenus va directement aux producteurs primaires » (Lancaster 2011). De ce point de vue, la logique marchande dominant aujourd’hui ce monde professionnel bénéficie donc d’abord aux salariés. Mais cette originalité est tempérée par le fonctionnement de leur marché du travail sur le modèle du « winner-take-all-market » (Frank & Cook 2010 [1995]) : la distribution des revenus est extrêmement inégale. D’autres particularités font l’intérêt sociologique de ce monde du travail. Les joueurs professionnels évoluent en effet dans un monde très fluide, déployant leurs carrières à travers une succession de contrats courts, et avec des stratégies de mobilité très variées, marquées par l’incertitude. Nous analysons la dynamique de ce marché du travail à travers une enquête sur l’activité et le rôle d’intermédiaires devenus incontournables, les agents sportifs, qui y organisent désormais la quasi-totalité des appariements. Mais nous concentrerons ici le propos sur les phénomènes de concurrence qui structurent ce monde professionnel, et présenterons les formes de relations concurrentielles avec lesquels ces derniers doivent composer au cours de leurs activités. La concurrence est d’abord d’ordre écologique. Du point de vue de la sociologie des professions en effet, le cas des agents offre un cas de d’installation très rapide d’un groupe dans une écologie professionnelle. Dans les termes de A. Abbott (Abbott 1988; 2005), cela signifie que les agents sont parvenus à s’attacher une juridiction, et à légitimer une expertise répondant à un problème (celui de l’appariement joueur/club). Plusieurs éléments laissent penser qu’il faut associer cette émergence à la globalisation et à l’intensification de la dimension commerciale du football professionnel. Nous examinerons cette hypothèse, en présentant les facteurs sociohistoriques qui peuvent expliquer cet accès rapide à une position incontournable sur le marché du travail des joueurs, avant de cerner la stabilité et les contours actuels de la juridiction des agents. La concurrence est ici aussi celle qui oppose les clubs, sur le plan économique et sportif. Les deux dimensions sont en effet indissociables, et les agents constituent l’un des rouages essentiel de cette concurrence, car ils maîtrisent l’accès aux ressources sportives et financières que sont les joueurs. Nous présenterons une analyse de la manière dont les agents interviennent, concrètement, dans les relations entre clubs et joueurs. En s’intéressant à leurs pratiques et culture professionnelles (Hughes 1963; 1984) et aux dispositifs de jugement (Karpik 2007; 2009) qu’ils mobilisent, on verra comment leur activité peut infléchir les règles de la concurrence entre clubs, dans un espace défini à la fois comme un marché du travail (les employeurs cherchent à s’accaparer les meilleurs joueurs) et un marché de biens (les contrats des joueurs s’achètent et se revendent comme des titres boursiers). La concurrence est enfin celle que se livrent les agents. L’enquête montre que la structure interne du groupe professionnel fait écho à celle des sportifs qu’ils représentent, avec une distribution « de Pareto » qui concentre l’essentiel des ressources entre les mains d’une minorité. Nous évoquerons ici les ressorts socio-économiques de cette domination, qui se nourrit de l’« effet saint Matthieu » bien connu (Merton 1968). Ces processus de cumuls d’avantages ont été bien étudiés par les sociologues des sciences et des arts (cf. Menger 2009), dont les travaux peuvent donner lieu à des comparaisons éclairant la stratification interne de ce groupe professionnel, qui rassemble des travailleurs de la réputation également travaillés par des effets de réputations. Ces processus sont d’autant plus importants pour expliquer la stratification du groupe que les barrières à son entrée sont peu élevées : c’est dans la durée, et donc en termes de survie professionnelle, que la concurrence joue un rôle régulateur. Pour conclure, nous proposerons d’établir des liens analytiques entre ces formes de concurrences, afin notamment de mesurer leurs éventuelles synergies et d’évaluer leur rôle dans certaines dominations. Cette interrogation sera aussi une manière d’évoquer le rôle des pouvoirs publics dans la régulation du monde du football professionnel.
Mots-clés:
 
  • Docteur en STAPS

    Co-auteurs: Bréhon Jean, Sallé Loïc

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    L’accès au métier d’entraîneur de football professionnel : le meilleur va-t-il au meilleur ?

    Les titres et diplômes d’éducateurs et d’entraîneurs de football sont délivrés par la Fédération Française de Football. Les maquettes établies aujourd’hui distinguent trois catégories d’éducateurs : « l’Educateur fédéral », « l’Educateur et entraineur du football fédéral » et « l’Educateurs des clubs de football à statut professionnel ». La première catégorie représente les titulaires des certificats fédéraux de niveau 1, 2 et 3 et du Brevet d’Etat 1er degré. La deuxième concerne les diplômés d’Entraîneur Fédéral (DEF) et enfin la troisième regroupe le monde professionnel (Diplôme d’Entraîneur Professionnel de Football ou Diplôme d’Entraîneur Formateur d Football : DEPF, DEFF) [1] . C’est de cette troisième catégorie dont il s’agit ici : véritable profession constituée[2], conditionnée par l’obtention d’un diplôme qui donne le droit d’exercer[3] et renvoyant également à un certain nombre d’enjeux (politique, culturel, économique)[4], elle concerne finalement moins de 1% des éducateurs[5]. L’accès à l’élite n’est donc pas simple. Quelles sont les modalités d’entrée dans le métier ? Notre proposition de communication mettra en lumière, dans un premier temps, les pré-requis, contenus de formation et exigences de certification retenus. Accessible a priori à tous types de candidats, les statistiques révèlent pour autant que 95% des entraîneurs de ligue 1 sont d’anciens joueurs professionnels[6]. Le modèle imposé par l’Institution privilégierait-t-il des profils d’entraîneurs aux dispositions particulières ? Pour tenter de résoudre cette énigme, nous mobiliserons différents matériaux : l’analyse systématique de maquettes de formation sera confrontée à certaines caractéristiques sociologiques saillantes « des élus ». Des entretiens menés avec les différents protagonistes (formateur, formé) permettront par ailleurs de discuter la mise en place et le poids des dispositifs de formation dominants. [1] Article 651 de la Convention collective nationale des métiers du football (CCNMF) et article 2-3 des Statuts et Règlements FFF (SR FFF). [2] Consulter à ce sujet la thèse de Grün (Laurent), Entraîneur de football : histoire d’une profession de 1890 à nos jours, Université Claude Bernard Lyon 1, décembre 2011, 1082p. [3] Dubar (Claude), La socialisation, construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, 1991, 278 p. [4] Latreille (Geneviève), La Naissance des métiers en France, 1950-1975, étude psycho-sociale, Presses universitaires de Lyon, 1980. [5] Chiffres repris de l’étude réalisée par la Fondation du Football, Le football une réalité sociétale méconnue, 2011. [6] Pour la saison 2009-2010, données statistiques FFF.
    Mots-clés:
    éducateur de football, profession, accès à l'élite
  • Docteur en STAPS
    RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Faut-il avoir joué pour entraîner? La question de la domination des anciens professionnels du ballon rond dans l'entraînement au plus haut niveau.

    Issue d'un travail de thèse sur la fabrication des footballeurs dans la région Nord-Pas-de-Calais[1], cette communication se propose de questionner l'éventuelle domination des anciens joueurs professionnels dans la formation des futurs joueurs de haut niveau. Si cette emprise des anciens joueurs semble se vérifier quantitativement dans l'encadrement des équipes professionnelles puisque 95% des entraîneurs principaux de ligue 1 sont issus des rangs des anciens joueurs professionnels[2], nous tenterons de nuancer cette hypothèse lorsque nous aborderons le cas de la formation au métier de footballeur. Dès lors, deux segments professionnels[3] apparaissent : les anciens joueurs professionnels et les entraîneurs issus de la voie diplômante. Nous proposons ici d'étudier les rapports entre ces deux groupes professionnels. Alors que nous aurions pu nous attendre à une domination systématique des premiers cités sur les éducateurs n'ayant pas eu de carrière de joueur de haut niveau, aussi bien sur les procédures de recrutement, de sélection des recrues ou de transmission des contenus, notre lecture se doit d'être plus fine en réalité. Nous montrerons que si ce modèle est parfois bien présent, les relations professionnelles entre ces groupes sont plus complexes et peuvent être de nature totalement différente en fonction des clubs étudiés : lutte, domination acceptée, ou réel travail en synergie. [1] Thèse de Doctorat de l'Université d'Artois en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives intitulée « Un pour mille. Éléments de sociologie de la formation au métier de footballeur », sous la direction de Messieurs Didier Demazière (Directeur) et Williams Nuytens (Co-directeur). École Doctorale SHS Lille Nord de France. [2] Pour la saison 2009-2010, données statistiques FFF. [3] Bucher, R. & Strauss, A., (1961). « Profession in Process », traduit dans Strauss, A., (1992). La trame de la négociation. Paris, L’Harmattan. pp. 67-86.
    Mots-clés:
    Entraîneur, éducateur, formation, domination
  • Docteur en STAPS

    Co-auteurs: Bréhon Jean, Sallé Loïc

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    L’accès au métier d’entraîneur de football professionnel : le meilleur va-t-il au meilleur ?

    Les titres et diplômes d’éducateurs et d’entraîneurs de football sont délivrés par la Fédération Française de Football. Les maquettes établies aujourd’hui distinguent trois catégories d’éducateurs : « l’Educateur fédéral », « l’Educateur et entraineur du football fédéral » et « l’Educateurs des clubs de football à statut professionnel ». La première catégorie représente les titulaires des certificats fédéraux de niveau 1, 2 et 3 et du Brevet d’Etat 1er degré. La deuxième concerne les diplômés d’Entraîneur Fédéral (DEF) et enfin la troisième regroupe le monde professionnel (Diplôme d’Entraîneur Professionnel de Football ou Diplôme d’Entraîneur Formateur d Football : DEPF, DEFF) [1] . C’est de cette troisième catégorie dont il s’agit ici : véritable profession constituée[2], conditionnée par l’obtention d’un diplôme qui donne le droit d’exercer[3] et renvoyant également à un certain nombre d’enjeux (politique, culturel, économique)[4], elle concerne finalement moins de 1% des éducateurs[5]. L’accès à l’élite n’est donc pas simple. Quelles sont les modalités d’entrée dans le métier ? Notre proposition de communication mettra en lumière, dans un premier temps, les pré-requis, contenus de formation et exigences de certification retenus. Accessible a priori à tous types de candidats, les statistiques révèlent pour autant que 95% des entraîneurs de ligue 1 sont d’anciens joueurs professionnels[6]. Le modèle imposé par l’Institution privilégierait-t-il des profils d’entraîneurs aux dispositions particulières ? Pour tenter de résoudre cette énigme, nous mobiliserons différents matériaux : l’analyse systématique de maquettes de formation sera confrontée à certaines caractéristiques sociologiques saillantes « des élus ». Des entretiens menés avec les différents protagonistes (formateur, formé) permettront par ailleurs de discuter la mise en place et le poids des dispositifs de formation dominants. [1] Article 651 de la Convention collective nationale des métiers du football (CCNMF) et article 2-3 des Statuts et Règlements FFF (SR FFF). [2] Consulter à ce sujet la thèse de Grün (Laurent), Entraîneur de football : histoire d’une profession de 1890 à nos jours, Université Claude Bernard Lyon 1, décembre 2011, 1082p. [3] Dubar (Claude), La socialisation, construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin, 1991, 278 p. [4] Latreille (Geneviève), La Naissance des métiers en France, 1950-1975, étude psycho-sociale, Presses universitaires de Lyon, 1980. [5] Chiffres repris de l’étude réalisée par la Fondation du Football, Le football une réalité sociétale méconnue, 2011. [6] Pour la saison 2009-2010, données statistiques FFF.
    Mots-clés:
    éducateur de football, profession, accès à l'élite
  • Doctorante
     

    Session: A définir

    Les premiers temps de la scolarisation : d’une domination à l’autre, construire sa propre pensée.

    Il s’agit, dans une approche clinique d'orientation psychanalytique en sciences de l'éducation, d’analyser dans quel contexte se met en place le développement d’une pensée autonome de l’enfant entrant à l’école maternelle. Lors de sa première rentrée scolaire, l’enfant quitte l’espace familial où ses parents sont ses « porte-paroles » qui lui interprètent le monde et le définissent en tant que sujet (Aulagnier, 1975) pour entrer dans le milieu social où sont transmis les savoirs légitimes (Mosconi, 2008). Peut-on envisager en s’inspirant des travaux de P. Aulagnier, que les enseignants à leur tour transmettent d’une manière plus ou moins violente leur propre interprétation du monde ? Comment alors, pris dans ce maillage où l’emprise des adultes se manifeste, l’enfant réussit-il à sortir de la soumission au début nécessaire à la naissance psychique? Me référant à Freud, je fais l’hypothèse que l’enfant dont la pulsion de savoir n’est pas inhibée peut se défaire de la domination inhérente à toute transmission, pour construire son propre rapport au savoir (Beillerot, 1996), faire connaître et reconnaître sa pensée singulière. Passant d’une posture praticienne de professeur des écoles à celle de chercheuse, j’ai procédé à des observations dans des classes de petite section d’écoles maternelles pendant le temps d’accueil, moment de séparation, où un relais s’effectue entre les parents et l’enseignant, et durant la première heure de classe où le professeur prend son groupe en mains.
    Mots-clés:
    école, porte-parole, emprise, pensée, pulsion de savoir
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    GT48 ARTS - Articulation vie professionnelle/vie familiale et Recomposition des Temps Sociaux

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    le congé parental, réel outil de conciliation vie familiale / vie professionnelle pour les femmes ?

    Il s’agit d’analyser la manière dont l’expérience du congé parental impacte les perspectives de retour à l’emploi de ses bénéficiaires (quasi exclusivement des femmes, malgré le fait que le dispositif soit ouvert aux hommes et aux femmes) et de montrer que cette période au foyer incite ces dernières à se repositionner par rapport aux modèles normatifs en vigueur (relatifs à la réalisation de soi, aux responsabilités parentales, à l’engagement professionnel...), générant ainsi souvent pour elles de fortes tensions et remettant parfois en cause leur présence même sur le marché du travail.
    Mots-clés:
     
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    RT18 Relations Professionnelles

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    « Dialogue social France-Etats-Unis : comparaison possible ? »

    Les termes de « Dialogue social » et de « négociations collectives » sont utilisés de plus en plus de manière interchangeable, avec le dernier semblant s’effacer devant le premier. Mais n’y a-t-il pas une différence, touchant à la question du rapport de domination, précisément ? La pratique du dialogue social, développée par, et pour, l’Union européenne, est-elle taillée sur mesure pour appliquer notamment sa Politique européenne d’emploi ou est-elle aussi exportable vers d’autres pays, notamment les Etats-Unis, qui s’avèrent si différents en terme de modèle des relations professionnelles, d’un pays comme la France ? Ce papier cherche à clarifier ces questions, au moins dans un cas spécifique. La question d’une comparaison possible se pose à notre avis d’une manière pertinente pendant la crise de 2008 qui a entraîné, ce que certains appellent un renouveau de l’interventionnisme étatique visant à renflouer le secteur financier et dans de nombreux cas, l’industrie automobile, qui nous intéresse ici. En France comme aux Etats-Unis c’était par le biais de rapports tripartites que l’industrie automobile dans les deux pays est ressortie de la crise, à plusieurs égards renouvelée quant à leur business model. Le dialogue social, est-ce bien le cadre conceptuel adapté pour comprendre et comparer ces phénomènes ? Dans ce cas, faut-il parler de cadre de coopération ou bien de domination ?
    Mots-clés:
    relations professionnelles, dialogue social, crise
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    Co-auteurs: Corinne Isnard Bagnis, Joris Thievenaz

    RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    La reconnaissance et la prise en compte de la « carrière » du malade dans la relation de soin : enjeux scientifiques et sociaux

    Les modes de relation interindividuelle entre le médecin et son patient (par exemple à l’occasion d’une consultation) ont été depuis les années 50 l’objet de nombreuses études en sociologie. Mais la thèse initiale défendue par les fonctionnalistes (Parsons, 1951), était celle du caractère foncièrement asymétrique de cette relation, ce que les auteurs de l’époque nommaient « le rôle passif du malade ». Cette vision « à sens unique » de la relation de soin a depuis été largement critiquée, notamment par les travaux interactionnistes qui proposent au contraire d’entrevoir « le malade comme un acteur du travail médical » (Strauss, 1992, p. 34). Nous pensons que ce changement de perspective constitue une véritable rupture paradigmatique dans les modes d’appréhension des conduites des différents acteurs en milieu de soin. S’il ne s’agit pas de nier le constat d’une dysmétrie dans la relation qui s’instaure, il ne faudrait pas pour autant « sous-estimer la part que le malade prend habituellement dans l’action médicale » (Lacoste, 1993, p.85). Mais la prise en compte et la reconnaissance de l’activité « réellement » mise en oeuvre par le patient en situation de face à face avec son médecin et son pharmacien d’officine, nécessite cependant d’opérer deux types de choix théoriques et méthodologiques : - s’inscrire dans une « entrée par l’activité » (Barbier, Durand, 2003) du sujet en situation réelle d’action en recourant à un dispositif d’analyse du travail en situation réelle de production, - considérer les interactions verbales produites par les acteurs comme une des ressources majeures de l’activité et comme matériaux privilégiés de l’interprétation de l’activité des sujets (Borzeix, Fraenkel 2005). En appuyant notre exposé sur les résultats de plusieurs recherches menées sur les activités de soin et d’accompagnement thérapeutique en situation réelle auprès de médecins du travail et de pharmaciens d’officine (Thievenaz, 2013, Khaldi, Isnard Bagnis 2013), nous mettrons en évidence plusieurs résultats significatifs venant immédiatement interroger les enjeux de pouvoir à l’oeuvre dans la relation de soin, mais également sur la nature réelle des activités déployées par le patient à l’occasion du « travail de la relation » (Demailly, 2008) qui s’instaure. Il semble en ce sens qu’à côté de celui de « travail » ou de « parcours », le concept « d’expérience du malade » (Tourette-Turgis, Thievenaz, 2012), constitue un apport heuristique pour les recherches portant sur les pratiques de soin. Dans cette optique, il s’agit d’interpréter la manière dont ces acteurs réélaborent leurs cadres de pensée dans et par les actions des connaissances opératoires leur permettant d’assurer leur « projet de maintien de soi en vie » (Tourette-Turgis, 2012). Ces éléments de compréhension constituent enfin selon nous un apport décisif tant pour l’éducation thérapeutique des patients que pour la formation des professionnels qui les accompagnent.
    Mots-clés:
    activité, malade, enquête
  • Maître de conférences
    RT34 Sociologie politique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La division sexuée de l’attribution des postes d’adjoint-e au maire dans les villes moyennes françaises

    La question de la répartition des postes d’adjoint-e-s aux maires et de l’accès à ces fonctions est complexe : les logiques à l’œuvre sont en partie liées au processus de constitution des listes électorales et les choix ne peuvent se résumer dans les compétences objectives des personnes cooptées par la tête de liste : les renvois d’ascenseur et autres logiques partisanes ou de réseaux dominent certes, mais d’autres stratégies de présentation publique de l’exécutif peuvent intervenir. Certains présupposés orientent le choix des adjoint-e-s, comme la supposée « inexpérience » de la jeunesse ou encore celle des femmes, encore très présente. Depuis peu, la loi sur la parité concernant les adjoint-e-s aux maires (venue compléter le dispositif concernant les listes électorales), est venue perturber les pratiques qui réservaient majoritairement l’exécutif aux hommes ; même si elle est contraignante sur le plan strictement numérique, elle ne semble pas empêcher les femmes de continuer à être reléguées, au sein de l’exécutif local, dans des postes subalternes, moins prestigieux, ou liées aux représentations dominantes chez les hommes des domaines de compétences « naturelles » des femmes. Mais ces logiques, même si de nombreux témoignages auraient tendance à les confirmer, n’ont pour l’instant pas été attestées par des études quantitatives de plus grande ampleur. C’est le but de cette communication que de vérifier ces hypothèses, et de comprendre comment la domination masculine en politique poursuit son chemin face aux injonctions normatives d’une loi destinée à imposer une place équivalente aux femmes dans les exécutifs municipaux. Le matériau utilisé provient d’abord du fichier quasi exhaustif des quelque 500 000 conseillers municipaux (CM) en poste en France depuis 2008 (que m’a fourni le ministère de l’intérieur). L’intérêt de ce fichier est la présence de la variable « adjoint » (ADJ) y compris son rang. Une première série de résultats a été publiée (Koebel, 2012). La proposition du RT 34 me donne l’occasion de poursuivre l’exploitation de ces données pour faire un travail spécifique sur les adjoint-e-s. Ce travail pourrait se limiter aux données existantes : le rang des adjoint-e-s. Mais les domaines d’attribution me paraissent une donnée trop intéressante pour être négligée. J’ai donc réalisé un travail complémentaire pour intégrer les attributions des adjoint-e-s en les récupérant sur les sites internet des mairies (et, à défaut, directement auprès des collectivités), puis réaliser un travail de classification lié au foisonnement des dénominations. Ce travail a été effectué dans un échantillon de communes, que j’ai défini en fonction de certaines contraintes (accessibilité par internet, taille de commune minimum – sinon les attributions sont trop larges –, nombre d’adjoint-e-s comparable d’une commune à l’autre, etc.) :- un échantillon de 50 sur les 492 communes de 10 000 à 19 999 habitants (33 CM et 9 ADJ max), correspondant en tout à 438 adjoint-e-s ;- l’ensemble des 29 communes de 60 0000 à 79 999 habitants (49 CM et 14 ADJ max + adjoints de quartiers parfois), correspondant en tout à 452 adjoint-e-s. Références bibliographiques citées dans le texteKoebel, M. (2012). Les élus municipaux représentent-ils le peuple ? Portrait sociologique. Métropolitiques, 3 octobre 2012. URL : http://www.metropolitiques.eu/Les-elus-municipaux-representent.html
    Mots-clés:
    parité;politique;exécutifs locaux;adjointes;adjoints
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Ressorts et crises de l’investissement intensif au travail : une analyse de la « carrière morale » des danseurs du corps de ballet de l’Opéra de Paris

    Nous proposons dans cette communication d’interroger les modalités de construction et de remise en cause du sens de l’engagement au travail au fil de la carrière professionnelle des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. De fait, si les jeunes danseurs qui entrent dans la compagnie (à l’âge de 18 ans) ont déjà suivi un long processus de socialisation et de sélection qui les ont amené à nourrir une vocation de danseur de l’Opéra à même de donner du sens à un engagement intensif au travail, ceux-ci font face, dès leur entrée, à un désajustement entre la position qu’ils occupent et leurs aspirations. Ils se trouvent embauchés en tant que danseurs de corps de ballet, position qu’ils vivent comme le « sale boulot » et qui ne représentent pas à leurs yeux la réalisation de la vocation. En effet, la vocation porte en réalité sur des aspirations de soliste de l’Opéra. Le dispositif d’organisation des carrières, à l’aide du concours annuel de promotion, procure des incitations à l’engagement au travail orienté dès lors dans la recherche de chances de promotion. Celles-ci ne se jouent cependant pas seulement lors du concours, mais dans les interactions avec les autres membres de la compagnie derrières lesquelles s’affirment des réputations, y compris des réputations de futur Étoile. De fait, la compagnie s’apparente à une société de cour, chacun se trouvant soumis au regard des autres et sommé de faire la preuve d’un engagement intensif pour s’assurer des chances de promotion. Cependant, si dans un premier temps la rationalisation vocationnelle de l’engagement est maintenue, les chances de réaliser les aspirations étant toujours ouvertes, la logique des carrières professionnelles la remet par la suite en cause. En particulier, les danseurs de l’Opéra font face à une fin prématurée des chances de promotion, celles-ci étant quasi-nulles passé l’âge de 32 ans. Pour celles et ceux qui sont restés danseurs de corps de ballet, cette situation provoque une crise de vocation, et par là une crise du sens de l’engagement. Pour autant, rares sont les danseurs qui quittent la compagnie. Cette seconde partie de la carrière professionnelle fait alors apparaître un processus de recomposition de la vocation qui peut se réaliser selon plusieurs modalités. Ces recompositions de la vocation s’accompagnent toujours d’une redéfinition du rapport à l’institution, du rapport à la place et au statut que confère l’institution, et de la conception du métier. Selon les cas, les danseurs de corps de ballet, en position dominée, mettent en place des stratégies de contournement, de remise en cause, ou de naturalisation de l’ordre hiérarchique.
    Mots-clés:
    vocation, engagement intensif, danseur, Opéra de Paris
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Ressorts et crises de l’investissement intensif au travail : une analyse de la « carrière morale » des danseurs du corps de ballet de l’Opéra de Paris

    Nous proposons dans cette communication d’interroger les modalités de construction et de remise en cause du sens de l’engagement au travail au fil de la carrière professionnelle des danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris. De fait, si les jeunes danseurs qui entrent dans la compagnie (à l’âge de 18 ans) ont déjà suivi un long processus de socialisation et de sélection qui les ont amené à nourrir une vocation de danseur de l’Opéra à même de donner du sens à un engagement intensif au travail, ceux-ci font face, dès leur entrée, à un désajustement entre la position qu’ils occupent et leurs aspirations. Ils se trouvent embauchés en tant que danseurs de corps de ballet, position qu’ils vivent comme le « sale boulot » et qui ne représentent pas à leurs yeux la réalisation de la vocation. En effet, la vocation porte en réalité sur des aspirations de soliste de l’Opéra. Le dispositif d’organisation des carrières, à l’aide du concours annuel de promotion, procure des incitations à l’engagement au travail orienté dès lors dans la recherche de chances de promotion. Celles-ci ne se jouent cependant pas seulement lors du concours, mais dans les interactions avec les autres membres de la compagnie derrières lesquelles s’affirment des réputations, y compris des réputations de futur Étoile. De fait, la compagnie s’apparente à une société de cour, chacun se trouvant soumis au regard des autres et sommé de faire la preuve d’un engagement intensif pour s’assurer des chances de promotion. Cependant, si dans un premier temps la rationalisation vocationnelle de l’engagement est maintenue, les chances de réaliser les aspirations étant toujours ouvertes, la logique des carrières professionnelles la remet par la suite en cause. En particulier, les danseurs de l’Opéra font face à une fin prématurée des chances de promotion, celles-ci étant quasi-nulles passé l’âge de 32 ans. Pour celles et ceux qui sont restés danseurs de corps de ballet, cette situation provoque une crise de vocation, et par là une crise du sens de l’engagement. Pour autant, rares sont les danseurs qui quittent la compagnie. Cette seconde partie de la carrière professionnelle fait alors apparaître un processus de recomposition de la vocation qui peut se réaliser selon plusieurs modalités. Ces recompositions de la vocation s’accompagnent toujours d’une redéfinition du rapport à l’institution, du rapport à la place et au statut que confère l’institution, et de la conception du métier. Selon les cas, les danseurs de corps de ballet, en position dominée, mettent en place des stratégies de contournement, de remise en cause, ou de naturalisation de l’ordre hiérarchique.
    Mots-clés:
    vocation, engagement intensif, danseur, Opéra de Paris
  • AGPR
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations, RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 3b Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    « Faire construire » en lotissement : de la mobilité de proximité à la déstabilisation des familles de cités

    A partir des Enquêtes logement de l'INSEE et d'une enquête ethnographique menée dans une commune du Nord de l'Isère, située à 35 km de Lyon, cette communication propose de revenir sur la représentation largement répandue et négative des territoires périurbains comme espace de peuplement homogène, destiné à des ménages modestes dits « blancs ».Dans un premier temps, nous montrerons que les conditions d’accès à la propriété se sont particulièrement durcies pour les classes populaires depuis le milieu des années 1980, et contribuent à faire de la construction de maison en lotissement périurbain la principale voie d’accès à la propriété. En outre, la spécialisation du périurbain dans l’accueil des ménages modestes s’accompagne d’une diversification ethno-raciale du peuplement, souvent invisible dans les analyses.Toutefois, au niveau local, le poids croissant des élus dans la mise en œuvre des politiques de soutien à la propriété et le contrôle du peuplement contribue à fixer sur place des habitants qui n’ont ni les mêmes trajectoires sociales, ni les mêmes perspectives de mobilité. Cohabitent ainsi dans les nouveaux lotissements des jeunes couples de classes moyennes issus des grands centres urbains, des ménages d'ouvriers travaillant dans les usines alentours, et des familles venues des cités HLM, originaires du Maghreb ou d'Afrique sub-saharienne. C’est pour ces dernières que le sens de la propriété apparaît le plus ambivalent. L’éloignement des réseaux de sociabilité et d’entraide et la distance nouvelle aux bassins d’emplois tertiaires peu qualifiés se paient d’un lourd tribut, les femmes apparaissant plus souvent contraintes de se retirer du marché du travail salarié.
    Mots-clés:
    logement, propriété, inégalités, périurbain
  • AGPR
    RT5 Classes, inégalités, fragmentations, RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 3b Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    « Faire construire » en lotissement : de la mobilité de proximité à la déstabilisation des familles de cités

    A partir des Enquêtes logement de l'INSEE et d'une enquête ethnographique menée dans une commune du Nord de l'Isère, située à 35 km de Lyon, cette communication propose de revenir sur la représentation largement répandue et négative des territoires périurbains comme espace de peuplement homogène, destiné à des ménages modestes dits « blancs ».Dans un premier temps, nous montrerons que les conditions d’accès à la propriété se sont particulièrement durcies pour les classes populaires depuis le milieu des années 1980, et contribuent à faire de la construction de maison en lotissement périurbain la principale voie d’accès à la propriété. En outre, la spécialisation du périurbain dans l’accueil des ménages modestes s’accompagne d’une diversification ethno-raciale du peuplement, souvent invisible dans les analyses.Toutefois, au niveau local, le poids croissant des élus dans la mise en œuvre des politiques de soutien à la propriété et le contrôle du peuplement contribue à fixer sur place des habitants qui n’ont ni les mêmes trajectoires sociales, ni les mêmes perspectives de mobilité. Cohabitent ainsi dans les nouveaux lotissements des jeunes couples de classes moyennes issus des grands centres urbains, des ménages d'ouvriers travaillant dans les usines alentours, et des familles venues des cités HLM, originaires du Maghreb ou d'Afrique sub-saharienne. C’est pour ces dernières que le sens de la propriété apparaît le plus ambivalent. L’éloignement des réseaux de sociabilité et d’entraide et la distance nouvelle aux bassins d’emplois tertiaires peu qualifiés se paient d’un lourd tribut, les femmes apparaissant plus souvent contraintes de se retirer du marché du travail salarié.
    Mots-clés:
    logement, propriété, inégalités, périurbain
  • Doctorant
    RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Mémoire de gang de rue : entre nostalgie et angoisse

    Cette communication vise à appréhender les enjeux de la construction et de la transmission de la mémoire collective au sein d’un gang, les Nietas, dans le South Bronx. Je chercherai à montrer comment l’espace du quartier peut être au cœur de ce processus de remémoration, comment la construction de l’identité portoricaine et de l’histoire du Bronx se fait au dépends d’une partie de ses acteurs aujourd’hui marginalisés ; comment les expériences de souffrance sociale (Bourgois, Veena Das, Kleinman) qui s’expriment notamment à travers les sentiments de mélancolie et d’anxiété sont liées à ce processus mémoriel collectif. Cette proposition s’appuie sur un travail ethnographique de deux ans conduit dans le quartier populaire du South Bronx à New York auprès du gang les Nietas. Développée dans les rues de New York dans les années 1990, l’organisation Nietas est un gang originaire de Puerto Rico qui naquit dans les prisons de l’île dans les années 1970. A la suite d’une vague d’immigration de Puertorican à New York, le gang s’implante d’abord dans le système carcéral avant de se propager dans les rues de la ville de New York. Dès son origine, il se développe en organisation politique informelle et adopte les principes des prisonniers pro-indépendantistes portoricains des années 1970 qu’il protège. Cependant, dans les années 1990, lors du transfert de l’organisation dans les rues de New York, le gang perd son intérêt politique et s’oriente vers une tendance violente et criminelle. Ce n’est que vers la fin des années 1990 et au début des années 2000 que certains des leaders des différentes sections organisent des ateliers d’auto-éducation et des pèlerinages à Puerto Rico, afin de renouer avec les principes à l’origine du mouvement. Se créent rapidement dans les cages d’escaliers, dans les caves des immeubles ou dans les églises du South Bronx des ateliers d’éducation populaire où les membres du gang se réunissent en comités fermés pour (ré-)apprendre leur histoire. Cette transformation est facilitée par le support d’anciens membres du Young Lord Party, équivalent Puerto Ricain des Blacks Panthers à New York, ainsi que d’ancien membres de gangs du South Bronx des années 1970. Elle se fait aussi en vis-à-vis à la répression policière qui s’abat dans les quartiers populaires à l’occasion de la politique de tolérance Zero du maire Giuliani. La construction d’une mémoire collective constitue ainsi aujourd’hui une des dimensions essentielles de l’activité des Nietas voire une condition de leur existence. Le South Bronx, lieu de co-présence de plusieurs gangs depuis les années 1970 devient rapidement un espace d’enjeu mémoriel, où s’affrontent plusieurs histoires. Celle d’abord de la communauté Portoricaine qui réussit à gravir les échelons de l’ascension sociale et qui est inscrite dans un processus de valorisation de sa propre culture et de sa présence dans le South Bronx. Celle ensuite des programmes de police, qui ciblent ce quartier en s’appuyant essentiellement sur son passé violent pour prouver la légitimité d’une politique de répression et de lutte contre la drogue. Et enfin, celle des Nietas, laissée de côté dans l’écriture de l’histoire de la présence portoricaine dans le South Bronx. Depuis 2004, le groupe a subi une forte diminution de son effectif, plusieurs dissensions internes ou encore l’emprisonnement de nombreux membres. Du gang originel, seules quelques familles reste actives. Comment le processus de remémoration historique collectif est entretenu ? Comment se fait la transmission à la fois de l’histoire du gang de rue et des principes des années 1970 jusqu’aux membres actuels ? Je montrerai à quel point la question de l’histoire, la mélancolie et l’angoisse qui l’entoure peut avoir un rôle dans la souffrance sociale existante dans le groupe et dans les expériences de violences intimes, à l’intérieur même du groupe.
    Mots-clés:
    Gang de rue, mémoire, nostalgie
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5c Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    La médecine du travail : une profession dominée du fait de son habitus médical ?

    Dans le champ médical, la médecine du travail est une spécialité dominée. Au-delà d'être une médecine salariée pratiquée très majoritairement par des femmes, l'interdiction de prescription qui la caractérise la discrédite auprès des étudiants en médecine qui en font, souvent « par défaut », leur dernier choix de spécialité. Dans le champ de la santé au travail en revanche, la médecine s'est imposée au XXe siècle face à d'autres disciplines de l'hygiène industrielle. Des services de médecine du travail se créent à la fin de la seconde guerre mondiale pour suivre la population salariée.Les médecins du travail y ont un "rôle exclusivement préventif [qui] consiste à éviter toute altération de la santé du travailleur du fait de son travail". Cette mission préventive est cependantpeu appliquée, notamment dans les services interentreprises. Les médecins du travail y développent une pratique centrée sur la visite médicale d'aptitude par laquelle ils singularisent les salariés rencontrés selon une approche clinique qui correspondà un habitus médical « dominant ».Bien que les salariés soient suivis régulièrement, la prévention pratiquée lors de ces visites reste marginale, tout comme celle exerçée au cours des actions en entreprise qui s'institutionnalisentlentement. Ce phénomène se renforce aujourd'hui. En effet, face à la dégradation générale des conditions de travail et d'emploi, les médecins du travail se concentrent sur la prise en charge de salariés malades ou en difficulté dans leur entreprise et délèguent la prévention à d'autres groupes professionnels. Des hygiénistes, ergonomes et psychologues effectuent les actions en entreprises et des infirmières assurent le suivi médical régulier des salariés. Les médecins deviennent responsables de ces équipes pluridisciplinaires et restent les seuls à pouvoir délivrer les avis d'aptitude. Mais cet habitus médical tend aujourd'hui à être déconsidéré au profit d'une revalorisation de la prévention dans le champ de la santé au travail. Ainsi, la médecine du travail devient une spécialité doublement dominée, à la fois dans le champ médical et dans celui de la santé au travail. Cette communication nous permet d'analyser les différentes échelles de légitimité médicaleinfluençant la reconfiguration de la place des médecins dans le champ de la santé au travail. Nous y étudions également le positionnement des différents segments de la médecine du travail face à cette reconfiguration, qu'ils soient proches d'une « médecine dominante » ou d'une « médecine sociale ».
    Mots-clés:
    médecine, santé au travail, champ, habitus
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5c Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    La médecine du travail : une profession dominée du fait de son habitus médical ?

    Dans le champ médical, la médecine du travail est une spécialité dominée. Au-delà d'être une médecine salariée pratiquée très majoritairement par des femmes, l'interdiction de prescription qui la caractérise la discrédite auprès des étudiants en médecine qui en font, souvent « par défaut », leur dernier choix de spécialité. Dans le champ de la santé au travail en revanche, la médecine s'est imposée au XXe siècle face à d'autres disciplines de l'hygiène industrielle. Des services de médecine du travail se créent à la fin de la seconde guerre mondiale pour suivre la population salariée.Les médecins du travail y ont un "rôle exclusivement préventif [qui] consiste à éviter toute altération de la santé du travailleur du fait de son travail". Cette mission préventive est cependantpeu appliquée, notamment dans les services interentreprises. Les médecins du travail y développent une pratique centrée sur la visite médicale d'aptitude par laquelle ils singularisent les salariés rencontrés selon une approche clinique qui correspondà un habitus médical « dominant ».Bien que les salariés soient suivis régulièrement, la prévention pratiquée lors de ces visites reste marginale, tout comme celle exerçée au cours des actions en entreprise qui s'institutionnalisentlentement. Ce phénomène se renforce aujourd'hui. En effet, face à la dégradation générale des conditions de travail et d'emploi, les médecins du travail se concentrent sur la prise en charge de salariés malades ou en difficulté dans leur entreprise et délèguent la prévention à d'autres groupes professionnels. Des hygiénistes, ergonomes et psychologues effectuent les actions en entreprises et des infirmières assurent le suivi médical régulier des salariés. Les médecins deviennent responsables de ces équipes pluridisciplinaires et restent les seuls à pouvoir délivrer les avis d'aptitude. Mais cet habitus médical tend aujourd'hui à être déconsidéré au profit d'une revalorisation de la prévention dans le champ de la santé au travail. Ainsi, la médecine du travail devient une spécialité doublement dominée, à la fois dans le champ médical et dans celui de la santé au travail. Cette communication nous permet d'analyser les différentes échelles de légitimité médicaleinfluençant la reconfiguration de la place des médecins dans le champ de la santé au travail. Nous y étudions également le positionnement des différents segments de la médecine du travail face à cette reconfiguration, qu'ils soient proches d'une « médecine dominante » ou d'une « médecine sociale ».
    Mots-clés:
    médecine, santé au travail, champ, habitus
  • Enseignant chercheur
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    La confiance comme mode de dénégation d’une position dominée sur le marché du travail cycliste. Le cas des équipiers.

    L’organisation du travail cycliste valorise la compétence collective comme moyen d’atteindre la performance (Lefèvre, 2011). Dans ce cadre, si la division technique du travail est bien souvent contractualisée entre le coureur et son employeur, celle-ci s’appuie également sur un ensemble de rapports sociaux informels qui orientent les conduites et les comportements. Parmi ceux-là, la confiance joue un rôle important dans la division des taches et s’organise comme un véritable système de valeur sur lequel s’appuie chaque coureur (Lefèvre, 2009 ; 2010). Néanmoins, si elle assure la cohésion du collectif de travail en entretenant les échanges au sein du groupe professionnel, la confiance est également ce par quoi les hiérarchies se maintiennent et l’ordre établi se reproduit. Dans cette perspective, elle peut alors être envisagée comme un mode de dénégation des formes de dominations produites au sein des équipes professionnelles. S’appuyant sur des entretiens avec des directeurs sportifs d’équipe et des coureurs professionnels, notre proposition insiste sur l’idée que la confiance permet de maintenir une position dominée sur le marché du travail cycliste – celle d’équipier – en entretenant l’abnégation et le renoncement à ses intérêts personnels. Nous soulignons de la sorte que si la confiance accordée à l’équipier perpétue la croyance en l’effort et aux sacrifices consentis pour l’équipe et son leader désigné, elle enferme également durablement celui-ci dans son rôle. Le sacrifice consenti par lequel la confiance est accordée devient en effet le seul moyen pour l’équipier d’affirmer son identité professionnelle. Etre reconnu par les gens de métier comme « équipier modèle » est plus valorisant que de ne pas être reconnu du tout. Aussi, pour exister dans l’univers professionnel, il faut être à la hauteur de la définition légitime du « bon équipier », dans laquelle le sacrifice et le don de soi désintéressé sont les valeurs fondatrices. Le processus d’enfermement progressif qui s’en suit impose alors les propres limites de sa subversion. En se dévouant totalement à une autre cause que la sienne, l’équipier se dépossède également des qualités nécessaires à son propre succès éventuel. Ce qui n’est au départ qu’une identité désignée devient en définitive une identité qui s’impose à lui objectivement. La violence la plus subtile de cet arbitraire est alors de produire les effets de sa dénégation par l’incorporation sous forme d’habitus d’un rôle dominé. Certains parlent ainsi « d’ouvriers » du cyclisme pour caractériser cette position.
    Mots-clés:
    Cyclisme - Travail - Marché - Confiance
  • Enseignant chercheur
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 2d Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    La confiance comme mode de dénégation d’une position dominée sur le marché du travail cycliste. Le cas des équipiers.

    L’organisation du travail cycliste valorise la compétence collective comme moyen d’atteindre la performance (Lefèvre, 2011). Dans ce cadre, si la division technique du travail est bien souvent contractualisée entre le coureur et son employeur, celle-ci s’appuie également sur un ensemble de rapports sociaux informels qui orientent les conduites et les comportements. Parmi ceux-là, la confiance joue un rôle important dans la division des taches et s’organise comme un véritable système de valeur sur lequel s’appuie chaque coureur (Lefèvre, 2009 ; 2010). Néanmoins, si elle assure la cohésion du collectif de travail en entretenant les échanges au sein du groupe professionnel, la confiance est également ce par quoi les hiérarchies se maintiennent et l’ordre établi se reproduit. Dans cette perspective, elle peut alors être envisagée comme un mode de dénégation des formes de dominations produites au sein des équipes professionnelles. S’appuyant sur des entretiens avec des directeurs sportifs d’équipe et des coureurs professionnels, notre proposition insiste sur l’idée que la confiance permet de maintenir une position dominée sur le marché du travail cycliste – celle d’équipier – en entretenant l’abnégation et le renoncement à ses intérêts personnels. Nous soulignons de la sorte que si la confiance accordée à l’équipier perpétue la croyance en l’effort et aux sacrifices consentis pour l’équipe et son leader désigné, elle enferme également durablement celui-ci dans son rôle. Le sacrifice consenti par lequel la confiance est accordée devient en effet le seul moyen pour l’équipier d’affirmer son identité professionnelle. Etre reconnu par les gens de métier comme « équipier modèle » est plus valorisant que de ne pas être reconnu du tout. Aussi, pour exister dans l’univers professionnel, il faut être à la hauteur de la définition légitime du « bon équipier », dans laquelle le sacrifice et le don de soi désintéressé sont les valeurs fondatrices. Le processus d’enfermement progressif qui s’en suit impose alors les propres limites de sa subversion. En se dévouant totalement à une autre cause que la sienne, l’équipier se dépossède également des qualités nécessaires à son propre succès éventuel. Ce qui n’est au départ qu’une identité désignée devient en définitive une identité qui s’impose à lui objectivement. La violence la plus subtile de cet arbitraire est alors de produire les effets de sa dénégation par l’incorporation sous forme d’habitus d’un rôle dominé. Certains parlent ainsi « d’ouvriers » du cyclisme pour caractériser cette position.
    Mots-clés:
    Cyclisme - Travail - Marché - Confiance
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Genre, mixité, parité dans les formations techniques : le point de vue des personnels des lycées et CFA (centres de formation d’apprentis)

    Il s’agit d’interroger ici cette relation sociale asymétrique qu’est la relation professeur/ élève au prisme du genre dans le cadre des formations techniques, lesquelles restent très caractérisées par le caractère sexué de leurs effectifs : 3,5% de filles en bac construction, 1% de filles en bac mécanique auto, 4% de garçons en bac secrétariat et 3% en bac coiffure. Pour le BEP, les chiffres sont semblables (source : Enquête Génération 2004-2007, Céreq ; Lemarchant 2011). Si ces formations techniques sont toutes devenues mixtes juridiquement, essentiellement dans le milieu des années 1960, elles restent aujourd’hui très sexuées statistiquement. Après m’être centrée sur les témoignages d’élèves et apprenti-e-s qui prennent des chemins inhabituels, en termes de genre, dans des formations techniques courtes, (Lemarchant, 2007, 2010), je m’intéresse cette fois au regard des adultes les encadrant le temps de cette formation. Que pensent les enseignant-e-s, formateurs et formatrices, responsables d’établissements, CPE… des filles en formation de mécanique ou électronique et des garçons en formation de couture ou coiffure ? Comment sont envisagés les motivations, l’intégration et l’avenir des jeunes atypiques ? Cette présentation des points de vue d’adultes des lieux de formation se base sur deux enquêtes qualitatives menées en Basse et Haute-Normandie en 2007 et 2008 : soixante-huit entretiens auprès d’adultes de lycées publics et CFA (Centres de formation d’apprentis) et des observations au sein de ces établissements. Même si le personnel de l’enseignement professionnel s’est homogénéisé depuis plus d’une décennie (Tanguy, 1991), la diversité de ses prises de position réinterroge, bouscule et freine parfois la mise en œuvre de la mixité, mais aussi celle des politiques publiques proposées dans le cadre d’actions positives (Prix de la vocation scientifique et technique par exemple) qui contrecarrent la réaffirmation d’une posture universaliste bien présente dans les lycées et CFA français contemporains. Lemarchant C. (2011), «Genre et formations techniques : une approche par les trajectoires atypiques», in Béduwé C., Bruyère M., Couppié T., Giret J-F., Grelet Y., Lemistre P., Werquin P. (dir), Relief. Les nouvelles ségrégations scolaires et professionnelles, n°34, Céreq, p.321-330. Lemarchant C. (2010), «Etre rare, un avantage dans le métier ? Les filles dans les filières techniques masculines et inversement », Vie et Santé mentale (VST), Revue du champ social et de la santé mentale, n°106, p.57-63. Lemarchant C. (2007), «La mixité inachevée : garçons et filles minoritaires dans les filières techniques», Travail, genre et sociétés, n°18, p.47-64.
    Mots-clés:
    orientation scolaire, formations techniques, genre
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Genre, mixité, parité dans les formations techniques : le point de vue des personnels des lycées et CFA (centres de formation d’apprentis)

    Il s’agit d’interroger ici cette relation sociale asymétrique qu’est la relation professeur/ élève au prisme du genre dans le cadre des formations techniques, lesquelles restent très caractérisées par le caractère sexué de leurs effectifs : 3,5% de filles en bac construction, 1% de filles en bac mécanique auto, 4% de garçons en bac secrétariat et 3% en bac coiffure. Pour le BEP, les chiffres sont semblables (source : Enquête Génération 2004-2007, Céreq ; Lemarchant 2011). Si ces formations techniques sont toutes devenues mixtes juridiquement, essentiellement dans le milieu des années 1960, elles restent aujourd’hui très sexuées statistiquement. Après m’être centrée sur les témoignages d’élèves et apprenti-e-s qui prennent des chemins inhabituels, en termes de genre, dans des formations techniques courtes, (Lemarchant, 2007, 2010), je m’intéresse cette fois au regard des adultes les encadrant le temps de cette formation. Que pensent les enseignant-e-s, formateurs et formatrices, responsables d’établissements, CPE… des filles en formation de mécanique ou électronique et des garçons en formation de couture ou coiffure ? Comment sont envisagés les motivations, l’intégration et l’avenir des jeunes atypiques ? Cette présentation des points de vue d’adultes des lieux de formation se base sur deux enquêtes qualitatives menées en Basse et Haute-Normandie en 2007 et 2008 : soixante-huit entretiens auprès d’adultes de lycées publics et CFA (Centres de formation d’apprentis) et des observations au sein de ces établissements. Même si le personnel de l’enseignement professionnel s’est homogénéisé depuis plus d’une décennie (Tanguy, 1991), la diversité de ses prises de position réinterroge, bouscule et freine parfois la mise en œuvre de la mixité, mais aussi celle des politiques publiques proposées dans le cadre d’actions positives (Prix de la vocation scientifique et technique par exemple) qui contrecarrent la réaffirmation d’une posture universaliste bien présente dans les lycées et CFA français contemporains. Lemarchant C. (2011), «Genre et formations techniques : une approche par les trajectoires atypiques», in Béduwé C., Bruyère M., Couppié T., Giret J-F., Grelet Y., Lemistre P., Werquin P. (dir), Relief. Les nouvelles ségrégations scolaires et professionnelles, n°34, Céreq, p.321-330. Lemarchant C. (2010), «Etre rare, un avantage dans le métier ? Les filles dans les filières techniques masculines et inversement », Vie et Santé mentale (VST), Revue du champ social et de la santé mentale, n°106, p.57-63. Lemarchant C. (2007), «La mixité inachevée : garçons et filles minoritaires dans les filières techniques», Travail, genre et sociétés, n°18, p.47-64.
    Mots-clés:
    orientation scolaire, formations techniques, genre
  • doctorante en sociologie
    RT24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Le genre, et puis ? Explorations autour de la dialectique catégorisations, dominations et résistances dans la mouvance féministe alternative

    Cet exposé proposera quelques pistes de réflexion sur le rapport entre résistance, domination et catégorisation à partir d'une recherche ethnographique en cours portant sur des pratiques de résistance aux logiques de domination basées sur le système sexe/genre (PRECIADO, 2005, 2008). A l'échelle de la France et des pays limitrophes, ces pratiques impliquent quelques milliers de personnes que rassemblent par ailleurs des collectifs informels, des associations, des lieux physiques aussi bien que des réseaux internet. Une micro galaxie féministe avec ses coutumes, ses normes, ses frontières, qui apparait comme une « mode » à certain-e-s et une véritable contre-culture à d'autres. A partir des années 1990 aux EUA, des auteures ont suggéré qu'on la qualifie de « third wave », de troisième vague du féminisme (notamment FINDLEN, 1995, etWALKER, 1995). Une des caractéristiques de la third wive consiste à investir les corps comme lieu central de la politicité ; avec elle, les « arts de la résistance » (SCOTT, 1998) se muent en somatopolitiques, du grec σῶμα « qui se rapporte au corps ». La communication traitera plus précisément de contre-technologies du corps et du sujetpublicisées sous la dénomination « autodéfense féministe ». L'origine de l'autodéfense féministe est à chercher dans les années 1960-1970 sur le continent nord-américain et en Europe, en même tant que les mouvements de libération des femmes ; elle a été conçue pour doter les femmes d'outils pour réagir face aux violences sexistes. Les méthodes les plus répandues sont le Seito Boei autrichien et le Wendo canadien (duquel d'autres techniques sont issues). Depuis leur importation en France, dans les années 1980, un nombre croissant d'associations propose au public féminin d'expérimenter et d'apprendre, à travers des stages et des ateliers, des techniques d'empowerment à la fois « physiques, verbales, émotionnelles et mentales ». Un premier temps de l'exposé traitera des enjeux liés au cadre d'exercice de la pratique, entre ancrage affinitaire et prestation fournie par un acteur associatif. Comment cohabitent les deux logiques, avec quelles retombées sur les activités concernées ? Et avec quel rapport à l'expérience, et à l'enseignement par l'expérience ? Plus largement, comment s'agence la dynamique de professionnalisation et de service par rapport à l'ancrage historique axé « auto-support », qui voudrait qu'il revienne à chacun-e d'élaborer les modalités de son émancipation ? Un deuxième temps questionnera la dialectique catégorisation/subjectivation. Ateliers et stages sont ouverts aux femmes, aux femmes et aux lesbiennes, ou bien encore aux femmes, aux lesbiennes et aux trans MtF (« male to female ») sur un principe d'autodéfinition. Classe, rare, genre, mais aussi âge, validité, grosseur, etc., sont appréhendés comme des critères discriminatoires fruits de rapports de pouvoir. Quelles sont les conséquences de l'enrichissement du lexique de la dénonciation ? Quid de la portée heuristique du triptyque initial « sexe, race, classe » ? Dans quelle mesure les catégories dessinant le cercle des acteurs concernés structurent-elles des luttes, contribuent-elles à leur donner leur direction, et au-delà, à produire les sujets politiques qu'elles impliquent ? Un troisième volet conclura l'intervention en rapportant à l'activité de recherche le questionnement transversal sur la domination, la catégorisation et les arts de la résistance. Engagement dans une recherche ouvrant sur un terrain imprégné de théorie critique, proximité grandissante avec des acteurs devenus des camarades... Entre rendre compte et rendre justice, les interpellations dont la chercheuse a été le témoin, celles dont elle a directement fait l'objet et les circonvolutions de ses propres interrogations, la mise en perspective de la trajectoire de recherche révèle une série d'ajustements continués... loin d'avoir été conduits à leur terme.
    Mots-clés:
     
  • Recherche

    Co-auteurs: Kevin Toffel

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5c Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Enjeux de luttes au sein de la profession infirmière. Une approche structurale

    Problématique. A l’heure où la profession infirmière connaît d’importantes transformations en Suisse, notamment sous les effets conjugués de l’académisation de sa formation et de la perte relative d’autonomie du champ médical, notre communication présentera les résultats d’une recherche ayant pour objet les enjeux de luttes qui la traversent. Les approches sociologiques de la profession infirmière sont fortement marquées par les recherches américaines de la seconde moitié du XXème siècle. On y repère ainsi une prédominance des approches d’inspiration interactionniste hospitalo-centrées, qui présentent la profession comme une entité relativement homogène définie par sa relation à la profession médicale. Tout en prenant appui sur cette tradition, notre analyse vise à rompre avec certains de ses présupposés, en considérant la profession infirmière comme un espace social possédant certaines propriétés du champ tel que défini par Pierre Bourdieu. En révélant l’unité qui se cache derrière la multiplicité des secteurs d’activité, des représentations et des pratiques, la mobilisation de ce cadre théorique permettra de montrer de quelle manière cette profession forme, à l’échelle de la Suisse romande, un système relativement autonome composé de positions spécifiques qui entretiennent entre elles des rapports de domination. La théorie des champs étant habituellement réservée à l’analyse des lieux de pouvoir à dominante masculine, l’analyse d’une profession à dominante féminine en termes de champ constitue une entreprise originale susceptible d’alimenter les discussions sur les apports et les limites de cette approche. En cohérence avec ce cadre théorique, notre communication répondra à trois questions : 1) Comment se structurent les différents secteurs d’activité de la profession infirmière ? 2) Comment se structurent les représentations et pratiques au sein de la profession infirmière ? 3) Quelle est la relation qui unit la structure des différents secteurs d’activité et celle des représentations et pratiques ? Méthode. Nous avons mené 21 entretiens semi-dirigés avec des infirmières exerçant sur l’ensemble de la Suisse romande et occupant les positions les plus emblématiques de la profession. Les entretiens ont été intégralement retranscrits et soumis à une analyse thématique catégorielle. Résultats. Nous montrerons en quoi la profession infirmière peut être considérée comme un espace social dans lequel deux types de capital sont efficients : le capital médical et le capital infirmier. L’espace social infirmier résulte du croisement de la structure et du volume de ces deux formes de capital. Nous montrerons qu’aux différentes positions occupées au sein de cet espace correspondent, tendanciellement, des prises de position. Aux prises de position relativement conservatrices des infirmières fortement dotées de capital médical s’opposent les prises de position plus subversives des infirmières fortement dotées de capital infirmier.
    Mots-clés:
    Sociologie, Champ, Espace social, Infirmières
  • Recherche

    Co-auteurs: Kevin Toffel

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5c Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Enjeux de luttes au sein de la profession infirmière. Une approche structurale

    Problématique. A l’heure où la profession infirmière connaît d’importantes transformations en Suisse, notamment sous les effets conjugués de l’académisation de sa formation et de la perte relative d’autonomie du champ médical, notre communication présentera les résultats d’une recherche ayant pour objet les enjeux de luttes qui la traversent. Les approches sociologiques de la profession infirmière sont fortement marquées par les recherches américaines de la seconde moitié du XXème siècle. On y repère ainsi une prédominance des approches d’inspiration interactionniste hospitalo-centrées, qui présentent la profession comme une entité relativement homogène définie par sa relation à la profession médicale. Tout en prenant appui sur cette tradition, notre analyse vise à rompre avec certains de ses présupposés, en considérant la profession infirmière comme un espace social possédant certaines propriétés du champ tel que défini par Pierre Bourdieu. En révélant l’unité qui se cache derrière la multiplicité des secteurs d’activité, des représentations et des pratiques, la mobilisation de ce cadre théorique permettra de montrer de quelle manière cette profession forme, à l’échelle de la Suisse romande, un système relativement autonome composé de positions spécifiques qui entretiennent entre elles des rapports de domination. La théorie des champs étant habituellement réservée à l’analyse des lieux de pouvoir à dominante masculine, l’analyse d’une profession à dominante féminine en termes de champ constitue une entreprise originale susceptible d’alimenter les discussions sur les apports et les limites de cette approche. En cohérence avec ce cadre théorique, notre communication répondra à trois questions : 1) Comment se structurent les différents secteurs d’activité de la profession infirmière ? 2) Comment se structurent les représentations et pratiques au sein de la profession infirmière ? 3) Quelle est la relation qui unit la structure des différents secteurs d’activité et celle des représentations et pratiques ? Méthode. Nous avons mené 21 entretiens semi-dirigés avec des infirmières exerçant sur l’ensemble de la Suisse romande et occupant les positions les plus emblématiques de la profession. Les entretiens ont été intégralement retranscrits et soumis à une analyse thématique catégorielle. Résultats. Nous montrerons en quoi la profession infirmière peut être considérée comme un espace social dans lequel deux types de capital sont efficients : le capital médical et le capital infirmier. L’espace social infirmier résulte du croisement de la structure et du volume de ces deux formes de capital. Nous montrerons qu’aux différentes positions occupées au sein de cet espace correspondent, tendanciellement, des prises de position. Aux prises de position relativement conservatrices des infirmières fortement dotées de capital médical s’opposent les prises de position plus subversives des infirmières fortement dotées de capital infirmier.
    Mots-clés:
    Sociologie, Champ, Espace social, Infirmières
  • Doctorant
    RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    La dynamique des causes environnementales : De la définition à la remise en cause des rapports de domination

    Des études épidémiologiques conduites aux États-Unis tendent ont montré, pour caricaturer, qu’il vaut mieux être un homme, jeune, blanc, riche et vivant dans une banlieue huppée qu’une femme enceinte, noire, pauvre, habitant dans un quartier défavorisé proche des axes routiers. Les conflits environnementaux permettent également de rendre visible les rapports de domination et les rapports de force qui en découlent. Ces conflits constituent d’ailleurs pour le cinéma des figures de la lutte du « bon » contre le « méchant », du « bien » contre le « mal », du héros ordinaire et solitaire contre un système économique et politique machiavélique. Je pense notamment au film Erin Brockovich, seule contre tous (2000) réalisé par Steven Soderberg. Toutefois, parallèlement à la question des processus sociaux à l’origine des asymétries de prise (Chateauraynaud, 2005) que les risques environnementaux mettent en relief, on peut se demander comment les rapports de domination participent à la dynamique des conflits environnementaux.Premièrement, en m’appuyant sur la comparaison de trois conflits environnementaux (la pollution de l’étang de Berre, le syndrome d’hypersensibilité chimique multiple et l’usage du perchloroéthylène dans les pressing) et en reprennant les notions de « mise en cause » et de « victimisation » définit par Akrich, Barthes et Rémy (2010), je montrerai que le sentiment de ne pas compter, de ne pas avoir voix au chapitre, revient fréquemment comme un motif de mobilisation. Ainsi, on peut supposer que l'émergence de causes environnementales ne saurait avoir lieu sans la définition d'asymétries de pouvoir entre les acteurs à travers la dénonciation de responsables par exemple. Deuxièmement, la mise en relief d’une pollution implique que les arguments mobilisés par les acteurs déstabilisent ou rendent incertain le monopole de certains groupes (experts, industriels, politiques) sur la définition de problème public. Ce qui pouvait être interprété comme un rapport de domination se transforme finalement en rapport de force pour la définition d’une situation (Gilbert et Henry, 2012) obligeant les acteurs à interagir même de manière conflictuelle. J'essaierai alors de montrer que la définition de rapports de domination participe à la dynamique des conflits environnementaux dans la mesure où leur remise en cause, via les conflits, contribue à la constitution d'une pollution environnementale en problème public.
    Mots-clés:
    Riverain, conflits, santé-environnement, pollution
  • Chargée d'études et de recherches
    RT1 Savoirs, travail, professions

    Session: 2c Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Les agents d’accueil au sein de collectivités locales : un groupe professionnel à l’épreuve des prescriptions

    L’amélioration de la qualité de l’accueil passe aujourd’hui par des initiatives de structures sensibles à leur image. Cela concerne des entreprises et administrations de tous secteurs. Le groupe professionnel des agents d’accueil subit une montée de la prescription des activités de travail, susceptible d’impacter leur professionnalité et la manière d’exercer l’emploi. Partant d’une volonté de professionnaliser ces acteurs et contribuer à la valorisation de cet emploi, les structures inscrivent leur politique d’accueil dans des démarches visant à garantir un service de qualité. Mais peut-on considérer les dispositions et normes adoptées (contraintes managériales, gestionnaires) comme gage de qualité d’une activité autonome déjà complexe en pratique ? Tenant compte de la prescription croissante, nous mettons en évidence la complexité d’une activité qui ne se limite pas au simple sourire et à de la courtoisie. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les résultats tirés d’une étude prospective des activités d’accueil (Mahlaoui et al., 2011). Notre enquête qualitative, conduite auprès d’agents de collectivités locales, recourt à la Méthode ETED (Emploi-Type Etudié en Dynamique)afin d’apporter une meilleure connaissance des contenus d’emplois, de leurs exigences et de leurs évolutions. Nous nous intéressons ici à l’activité-type d’agent d’accueil central physique et/ou téléphonique, gérée en interne au sein de structures ayant une mission de service publique. Dans le mouvement général de territorialisation, la fonction d’accueil devient très présente. Au niveau des collectivités, une logique de proximité à l’usager se développe, plaçant l’agent comme le garant de la qualité de l’accueil et de l’image de son institution. En respectant des conditions, les démarches qualité peuvent-elles s’avérer finalement bénéfiques à la qualité du travail d’accueil, la prescription promue par ces démarches n’étant pas éloignée de ce que les agents vivent ou de ce qu’ils cherchent à faire. Au vu de nos investigations, ces démarches tendent néanmoins à buter sur deux éléments. D’abord, elles se focalisent sur les interactions agents-usagers en pointant, via les référentiels, etc., les principales tâches à réaliser et compétences à mettre en œuvre pour garantir un niveau de qualité. Mais elles prennent difficilement en compte le temps investi par l’agent pour l’activité en coulisse, hors interactions directes avec les usagers. Ensuite, dans la mesure où nous avons affaire à des descriptions gestionnaires de l’activité, les démarches qualité passent sous silence une partie du travail qui va bien au-delà des simples prérogatives de ces structures, mais qui donne son sens à un tel travail dans le secteur public. Ces démarches demeurent ainsi muettes sur les actions menées par les agents et qui ne font pas partie de leurs missions officielles, mais qu’ils réalisent tout de même avec la conscience d’exercer une activité au service du public, donc de service public.Mots-clés : agents d’accueil ; analyse du travail ; collectivités locales ; prescription ; relation de service.Quelques éléments bibliographiques : Cadet J-P., Guitton C., Gosseaume V., Kalck P., Kogut-Kubiak F., Labruyere C., Mahlaoui S. Sechaud F. (2012), « Bonjour, que puis-je pour vous? » : les emplois d'accueil et leur professionnalité, Bref, n° 297, Céreq Marseille.Gadrey J., Zarifian Ph. (2001), L’émergence d’un modèle du service : enjeux et réalités, Paris, Editions Liaisons.Mahlaoui S. (coord.), Cadet J-P., Guitton C., Gosseaume V., Kalck P., Kogut-Kubiak F., Labruyere C., Sechaud F. (2011), Au cœur des activités d’accueil - Certifications, emplois, savoir-faire, évolutions, prospective, Net.doc n° 80, Céreq, Marseille.Mandon N. (2009), Analyser le sens et la complexité du travail. La méthode ETED, Paris, L’Harmattan.Siblot Y. (2010), « Contraintes et ambivalences du travail d’accueil du public », in Pélamourgues B. (Coord.), Les services publics face à leurs usagers, Informations sociales, n°158.Ughetto P., Besucco N., Tallard M., Du Tertre C. (2002), « La relation de service : une tension vers un nouveau modèle de travail ? », Revue de l’IRES, n°39.
    Mots-clés:
     
  • Doctorante

    Co-auteurs: Lucile Ruault

    RT28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    La contraception au moment d’une IVG: un « choix » balisé pour les femmes

    Les campagnes régionale (Ile de France, 2012) et nationale (INPES, 2007) récentes concernant la gestion de la fertilité et la planification familiale mettent l’accent sur la notion de choix, tant en matière d’avortement que de contraception. Il s’agira lors de cette communication de rendre compte de ces « choix » de femmes en pratique, des interactions qui les mènent à opter pour un moyen de gestion de leur fertilité, des normes au sein desquelles ces décisions s’effectuent, et des résistances des femmes quant aux normes dont le milieu médical se fait porteur. Ce choix sera interrogé au moment d’un avortement, séquence privilégiée dans les trajectoires des femmes pour engager des processus de (re)médicalisation de la contraception (Moreau, Desfrères, Bajos, 2011). Si l’IVG est un droit, il apparaît encore comme la « mauvaise pratique » évitable par une « meilleure » contraception (Bajos, Ferrand, 2011), « bonne » pratique, à promouvoir et développer (notamment, pilule et stérilet). Nous rendrons compte des discours, pratiques, et normes sociales, cachés derrière cette individualisation idéale de la gestion de la fertilité. Nous présenterons les résultats d’une enquête basée sur des entretiens menés auprès de sept gynécologues et de trente femmes ayant avorté en région parisienne, complétée par une observation aux côtés de quatre gynécologues d’un service hospitalier de province, ainsi qu’un travail ethnographique effectué plus récemment dans des plannings familiaux de région parisienne.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant en sociologie

    Co-auteurs: Anne-Laure PAILLOUX

    RT34 Sociologie politique

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    La construction de la légitimité politique de la décroissance en France

    La décroissance, entendue comme catégorie politique, vise à rejeter les logiques dominantes portées par le principe de croissance économique. Cette prise de position se traduit par l'émergence d'une offre labellisée recrutant des militants déjà multipositionnés. En France notamment, et à la différence d'autres pays où la décroissance est aussi revendiquée, cela se traduit par des tentatives d'intégration du champ politique. Cette dynamique pose alors la question de la légitimité et de la compétence politique. La question de la légitimité apparaît sous deux formes contradictoires : d'une part la légitimation du "bon" militant, c'est à dire celui qui dans le même temps est en capacité de se reconnaître et d'être reconnu comme militant de la décroissance, et d'autre part la confrontation aux formes politiques légitimes, en d'autres termes, la lutte d'intégration du champ politique. De fait, si la compétence militante peut se caractériser par la dialectique entre théorie et pratique, la compétence politique semble ne pas intervenir dans le processus de légitimation"du" militant pour la décroissance. Au contraire, marqués par un capital culturel élevé et valorisant les savoirs faire pratiques, ces militants ont un discours critique à l'égard de la figure du professionnel de la politique. L'enjeu militant doit alors se comprendre dans la volonté de rendre politique, tout à la fois des idées théoriques et des pratiques quotidiennes catégorisées sous le registres d'alternatives. Cette communication cherchera donc à montrer la manière dont s'organise la politisation d'un engagement. Dans un premier temps en analysant les stratégies et tentatives de diffusion des idées au sein des structures légitimes de la représentation politique et dans un deuxième temps en montrant la manière dont la décroissance cherche à se construire comme un espace de socialisation politique spécifique. Pour ce faire, une diversité de matériaux d'enquête sera mobilisée, au travers de la réalisation d'enquêtes qualitatives constituées d'observations participantes et d'entretiens mais aussi d'enquêtes quantitatives effectuées par le biais de questionnaires distribués lors de rassemblements organisés par le Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC). Ces résultats s'appuient sur plusieurs types de terrains d'étude : des organisations politiques "nationales", des collectifs informels et des alternatives locales, principalement situés à Paris et Poitiers.
    Mots-clés:
    décroissance, politisation, légitimité
  • DOCTORANT
    RT16 Sociologie clinique

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    La domination par/de ses émotions : une forme d’échange économico sexuel au prisme du capitalisme émotionnel

    Saisissez ici le résumé de la communication...Le concept de « capitalisme émotionnel » (Hochschild) est un apport puissant pour l’analyse sociologique de nos sociétés dites développées. Le capitalisme ne produit pas seulement des biens et des services, mais des émotions et des formes de relations où l’affectivité s’intrique avec le mercantile. Il en résulte des empêchements et des transformations des relations produites par les « débordements de la pensée mercantile » dans la sphère intime. Les émotions ne procèdent pas d’un innéisme biologique ou d’une construction psychosexuelle seulement, elles sont façonnées socialement au sein de relations et répondent à des règles de sentiments, à moins qu’elles ne les transgressent. L’analyse des entretiens menés auprès d’escortes girls nous permet de faire l’hypothèse que le souci des autres, de leur bien-être dans les relations professionnelles se transforment sous l’effet de l’emprise culturelle du marché et d’une segmentation et d’une spécialisation croissantes des activités dites de services aux personnes. Coûteux subjectivement, ce travail de/sur soi inscrit les escortes dans des relations de domination protéiformes. L’analyse des types de relations qui se nouent entre les escortes, qui délivrent du travail émotionnel, et ceux qui en reçoivent (leurs clients), est particulièrement heuristique du point de vue des processus d’euphémisation et de segmentation –via l’altération de l’authenticité et la modification des règles de sentiments-des formes de domination inscrites dans ce type de relation tout à la fois intime et marchande.
    Mots-clés:
    Dominations- Travail sexuel- Emancipation, Escorting- Capitalisme émotionnel
  • Doctorant en sociologie

    Co-auteurs: Pierre NAVES

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Innovation médicale et jeux de pouvoir intra et inter professionnels : le cas de la radiologie interventionnelle

    S’appuyant sur les premiers résultats qualitatifs (entretiens & observations) d’une étude portant sur la radiologie interventionnelle (RI), nous proposons ici d’étudier les effets socio-professionnels d’une innovation thérapeutique et plus précisément les jeux de pouvoir à l’œuvre entre et au sein des spécialités médicales. L’implémentation progressive de la RI dans les structures de soin depuis les années 60 a conduit à une transgression des frontières entre activités diagnostiques et thérapeutiques et a de fait entraîné une restructuration des espaces professionnels. Nous souhaitons ici étudier ces recompositions ayant été provoquées tant par les concurrences entre spécialités (radiologie interventionnelle vs chirurgie) que par les querelles intra disciplinaires (radiologie interventionnelle vs radiologie « classique »). Ainsi, l’émergence de la RI et les jeux de pouvoir en découlant posent la question de la définition des espaces et champs de compétences professionnels, mais aussi celle du travail et de la construction des frontières entre spécialités médicales.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant en sociologie

    Co-auteurs: Pierre NAVES

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Innovation médicale et jeux de pouvoir intra et inter professionnels : le cas de la radiologie interventionnelle

    S’appuyant sur les premiers résultats qualitatifs (entretiens & observations) d’une étude portant sur la radiologie interventionnelle (RI), nous proposons ici d’étudier les effets socio-professionnels d’une innovation thérapeutique et plus précisément les jeux de pouvoir à l’œuvre entre et au sein des spécialités médicales. L’implémentation progressive de la RI dans les structures de soin depuis les années 60 a conduit à une transgression des frontières entre activités diagnostiques et thérapeutiques et a de fait entraîné une restructuration des espaces professionnels. Nous souhaitons ici étudier ces recompositions ayant été provoquées tant par les concurrences entre spécialités (radiologie interventionnelle vs chirurgie) que par les querelles intra disciplinaires (radiologie interventionnelle vs radiologie « classique »). Ainsi, l’émergence de la RI et les jeux de pouvoir en découlant posent la question de la définition des espaces et champs de compétences professionnels, mais aussi celle du travail et de la construction des frontières entre spécialités médicales.
    Mots-clés:
     
  • professeur de sociologie
    RT40 Sociologie des institutions

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Quand les institutions s’imposent aux professions. Les formes du pouvoir institutionnel à l’épreuve des pratiques inédites : Les prisons pour mineurs

    Cette communication exploite par un questionnement théorique les résultats d’une recherche menée sur des établissements de privation de liberté des mineurs, et notamment sur les EPM (Etab. Pénit. pour mineurs) constituant une innovation en France. Ces prisons dont le principe est arrêté par une loi et des décrets au cours des années 2000 réunissent pour encadrer les mineurs incarcérés, surveillants, éducateurs, enseignants et personnels médical et psychologique. La recherche a révélé une tension au sein de ces établissements inédits qui s’exercent non pas tant avec les détenus, non pas entre professionnels, non pas entre administrations (pénitentiaires, PJJ, EN, santé), mais entre les contraintes normatives portées par l’institution carcérale et les références professionnelles mobilisées par les acteurs pour mener à bien leurs missions. Il apparaît judicieux de discuter ici la nature de cette contrainte (domination, contrôle, effet non maîtrisé) qui se traduit sous la forme de règles, d’objets (murs, clés, meubles, barreaux, uniformes mais aussi jeux, agrès, etc.), d’espaces et de temps, dans la mesure où elle traduit une substance de l’institution et de sa force sociale qui n’est pas réductible à ses agents. Une série de situations concrètes très exemplaires pourront être envisagées ici qui viennent étayer (en termes de théorie ancrée) le constat d’une rationalité du pouvoir institutionnel. Il apparaît en effet que la résolution des situations spécifiques suppose de négocier non seulement entre professionnels de différents horizons, ou avec les administrations de tutelle, mais aussi avec des règles et des objets. Si une rationalité de l’institution est ainsi mise en jeu, c’est parce qu’elle entre en tension avec la logiques des pratiques professionnelles, mais plus profondément encore avec les pouvoirs professionnels. Ceux-ci relèvent de collectifs professionnels dont les modalités de contrôle d’autrui (en l’occurrence les mineurs sous main de justice) inhérent à leur mission répondent à une rationalité autonome qui intervient en conflit croisé avec celle de l’institution qui exerce de la sorte une domination (ou plus exactement un pouvoir, au sens de Foucault : faire faire) à double détente, médiatisée par les acteurs professionnels.
    Mots-clés:
    prison, mineurs, professions, éducateurs, pouvoir
  • chercheuse doctorante
    GT45 Groupe de travail "Sociologie des conflits"

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Négocier l'élitisme architectural. les prix d'architecture en tant qu'espace intermédiaire des conflits

    De nos jours, décrire l’architecture comme milieu dominé par une élite symbolique à la fois très consensuelle et très délimitée n’a rien d’inédit. Les sociologues ayant abordé l’art de bâtir ont interprété les distinctions honorifiques (prix, trophées et autres médailles) en tant que dispositifs de consécration des architectes participant à la constitution de cette élite. Des travaux précurseurs de Raymonde Moulin (1973) à ceux plus récents de Véronique Biau (1999), ces études rapportent l’architecture à un champ de production de biens culturels (Bourdieu 1977). Les récompenses y sont des instruments de stratégie de positionnement des architectes dans les luttes pour l’appropriation du capital symbolique que forment la reconnaissance et la renommée. Plus encore, ces approches considèrent les prix d’architecture comme l’apanage de l’élite symbolique, assurant son maintien et celui de ses valeurs. Elles éludent par là-même les conflits dont ces mêmes prix peuvent être la source et le lieu. Or, il semble que l’issue de certains de ces conflits n’ait pas toujours été au profit des groupes dominants. C’est précisément cet aspect que ma proposition entend mettre en avant. Face à une interprétation présentant les prix d’architecture comme les instruments d’une élite dominante, j’émets l’hypothèse que ces derniers, de par leur nature conflictuelle, forment en réalité un espace intermédiaire où se négocient les rapports de domination. Afin de soutenir cette hypothèse, je reviendrai sur un exemple. Ce dernier permettra d’illustrer dans un premier temps la manière dont une récompense, loin d’être la prérogative des groupes dominants, peut être un outil de remise en cause, de protestation pour un groupe dominé. Dans un deuxième temps, sorte d’étape supérieure, il questionnera la nature « instrumentale » des distinctions, en soulignant comment un prix peut incarner, en lui-même, un espace de négociation. Au début des années trente, le champ architectural belge est principalement structuré par l’Académie des Beaux-Arts. Pièce-maîtresse de ce système, le Prix de Rome régule la constitution de l’élite et assure la reconduction des critères légitimant sa position. En 1927, l’entrepreneur E.-J. Van de Ven fonde un prix afin de défendre le Mouvement Moderne, courant d’Avant-Garde alors exclu du cercle académique. Trente ans plus tard, c’est ce même prix qui sera présenté par la presse, spécialisée et généraliste, comme la plus grande récompense en Belgique. Avec lui c’est désormais une nouvelle élite moderniste qui domine. S’il n’a pas été l’unique raison de ce « triomphe », le prix Van de Ven y a grandement participé. Je m’attacherai à retracer les logiques ayant conduit ce dernier du rôle de dissident, outil de contestation d’un groupe dominé, à celui de distinction prestigieuse. Nous verrons comment par la naissance de cette récompense c’est une nouvelle voie de légitimation qui fut créée. Plus encore, nous verrons comment ce prix a été lui-même la scène de conflits portant sur la définition de l’architecture moderne. C’est notamment travers ces débats que le prix va peu à peu conquérir sa place de plus grande récompense belge. Le milieu des prix, formalisé comme concurrentiel, s’est apparenté à un espace intermédiaire où se sont négociés non seulement les conflits axiologiques entre académisme et modernisme (en témoignent les débats dans la presse…); mais surtout les rapports de domination dans le champ architectural belge. Cet exemple illustre le potentiel d’une interprétation des distinctions en tant qu’espace de négociation d’un conflit. Ce glissement interprétatif complexifie notre lecture des rapports de domination en architecture, souligne leurs retournements et leurs dynamiques. Pour les architectes, il offre un regard différent quant au rôle des prix dans la construction de la discipline. Alors, peut-être serait-il nécessaire de mettre en culture cette interprétation ? Cultiver le prix comme espace de négociation, de discussion face aux conflits, souvent latents, du milieu architectural. C’est du moins sur cette possibilité que je désirerais ouvrir ma proposition.
    Mots-clés:
    Architecture, élite, conflit, prix
  • MCF
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Médicalisation du scolaire ou « scolarisation » du médical ?

    Des travaux récents ont souligné le processus en cours de médicalisation et de psychologisation de l’échec scolaire. Cependant, l’importation, au sein de l’école, de savoirs médico-psychologiques est équivoque. Elle est certes une conséquence de l’effritement de l’autonomie d’une école « en crise » et de l’extension du territoire professionnel des spécialistes du soin. Mais, l’augmentation du recours à ces spécialistes pour interpréter et traiter certains « problèmes » scolaires résulte aussi de la croissance de la demande de résolution des « problèmes » scolaire adressée à l’ensemble des professionnels de l’enfance. C’est cette deuxième piste qui sera ici explorée : souvent analysée en termes de médicalisation ou de psychologisation, le recours croisant au médico-psychologique traduit aussi l’hybridation des représentations et des pratiques de professionnels de santé de plus en plus confrontés aux enjeux scolaires. L’objectif est alors d’étudier les modalités de cette « scolarisation » (au sens de confrontation à l’influence scolaire) des professionnels du soin accueillant des enfants.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant
    RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Les dominations à l’épreuve du quotidien psychiatrique : infirmiers, patients, gestionnaires

    Les descriptions sociologiques des mondes psychiatriques et / ou du quotidien à l’intérieur de cette institution mettent le plus souvent en avant des rapports de dominations (Dodier, 2012). D’une part, les groupes professionnels en présence dans les organisations hospitalières sont décrits à partir des enjeux ou conflits liés à leur position dans l’organisation et à la division du travail négociée entre segments professionnels (Strauss, 1992). D’autre part, les relations de soin sont dessinées comme autant d’espaces de dominations dans lesquels il s’agit de se mettre du côté d’un dominé dénué de ressource et n’ayant pas de possibilité d’agir ou de réagir face au pouvoir des soignants (Goffman, 1968). Enfin, les relations sociales au sein des organisations de soins sont présentées comme n’étant que le produit d’un pouvoir gestionnaire invisible et pourtant omnipotent dans ses effets (Sainsaulieu, 2003). Par cette contribution, dont le matériau ethnographique a été recueilli au sein de deux unités de soins psychiatriques, nous entendons questionner les rapports de domination présentés dans les travaux classiques de sciences sociales et nous interroger sur la pertinence d’une telle catégorisation. Pour ce faire, il s’agit, en suivant « ce à quoi sont attachés » les sujets (Kleinman, 2006) et en interrogeant leur expérience des mondes psychiatriques (Jackson, 2005), de porter non seulement la focale sur la question du pouvoir et des dominations (asymétries relationnelles, différences de ressources, rapports de force entre groupes, etc.) mais aussi sur un possible braconnage (De Certeau, 1980, 1990) ou détournement quotidien des logiques de la domination par ceux qui sont habituellement décrits comme n’étant que leur réceptacle passif. Trois figures (l’infirmier, le patient et le gestionnaire) et, avec elles, les relations qui les lient, seront mobilisées. Leur étude constituera une contribution sur l’expérience du pouvoir et ses braconnages dans le travail psychiatrique. Bibliographie indicative Dodier N., « Ordre, force, pluralité. Articuler descriptions et critique autour des questions médicales » in. Faire des sciences sociales. Critiquer, Haag p. & Lémieux C., Paris, Editions de l’EHESS, 2012 De Certeau, L’invention du quotidien, Paris, Gallimard, 1980, 1990 Goffman E., Asiles. Etude sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Editions de Minuit, 1968 Jackson M., Existential anthropology. Events, exigencies and effects, New York, Oxford, Berghahn books 2005 Kleinman A., What really matters? Living a moral life amidst uncertainty and danger, Oxford university press, 2006 Sainsaulieu I., Le malaise des soignants. Le travail sous pression à l’hôpital, Paris, L’harmattan, 2003 Strauss A., La trame de la négociation. Sociologie qualitative et interactionnisme, Paris, L’Harmattan, 1992
    Mots-clés:
    Travail Organisation Infirmier Psychiatrie Gestion
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    RT34 Sociologie politique

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Mobiliser ses ressources associatives spécialisées ? L’expérience des militants de l’Alliance civique au Mexique

    Cette communication propose de réfléchir aux différentes formes de valorisation des ressources associatives spécialisées à partir du cas des participants à l’Alliance civique. Cette dernière est une association à dimension contestataire qui se constitue, en 1994, afin de plaider pour la transparence électorale, dans le cadre de la transformation du régime politique. Nous proposons une sociologie de la reconversion qui rend compte du phénomène de valorisation des ressources associatives en compétences professionnelles par l’analyse des pratiques des reconvertis. Nous comptons mobiliser les données récoltées lors d’un travail de terrain mêlant 62 entretiens approfondis semi-directifs recueillis auprès d’actuels et d’anciens participants de l’Alliance civique, ainsi qu’un travail de dépouillement des archives de cette organisation et un travail d’observation participante réalisé au cours d’une permanence de dix semaines au siège de l’association en question.
    Mots-clés:
     
  • doctorante

    Co-auteurs: Mame Rokhaya Ndoye

    GT47 Sociologie Visuelle et Filmique

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    « Gros plan » sur la domination : Essai sur des références historiques de l’immigration dans le film « La Pirogue » de Moussa TOURE Sénégal.

    « Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol. Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Il devra conduire 30 hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui l’attend… » A la place d’un pamphlet sociologique redouté, Moussa Touré a préféré une odyssée pour parler de l’immigration clandestine. Dans cet huis clos angoissant et infernal à la Hitchcock, le réalisateur de « Toubab bi » met en exergue un rapport de domination, celui d’un champ du social qui est extérieur et non évoqué dans le cadre fictionnel. La domination symbolique héritée des périodes d’asservitude, qui serait pour beaucoup l’un des principaux justificatifs de l’immigration clandestine. Dans cette contribution, l’enjeu sera de rendre compte de la domination symbolique véhiculée implicitement par le film « La pirogue », à la lumière d’une analyse de sa forme d’écriture et de son discours. Le choix de cet objet s’est imposé tant par le succès du film que par la pertinence de son contenu. Il s’agira de voir la manière dont la diègèse, la captation et le discours permettent la compréhension de cette domination. Cette domination est-elle exagérée, inventée, héritée de la colonisation ou plus récemment du post-colonialisme avec les théories sur le développement ? Relève t’elle alors d’un imaginaire et donc d’une stigmatisation ? Est-ce une représentation, une catégorisation, ou bien une réalité ? Sous quelle forme est-elle présentée par le réalisateur ?
    Mots-clés:
     
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    RT33 Famille, vie privée, vie publique

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Mode de reconfigurations conjugales et nouvelles pratiques du vivre en couple

    De nombreux travaux dont ceux d’Irène Théry (2001), font état de l’augmentation des divorces. Simultanément on peut faire le constat d’une montée de l’union libre. En outre, la conjugalité a progressivement pris son autonomie par rapport à la parentalité (Roussel 1999 ; Déchaux, 2011 ; de Singly, 2012). Cependant, la famille, le couple ne semblent plus être des lieux de construction de l’individu. L’éclosion des familles recomposées qui oscillent entre des schémas anciens fondés sur la cohésion du groupe et des modèles où l’individualité a toute sa place atteste d'une recherche de différents modes d’être ensemble. En effet les modes d’être ensemble semblent multiples, ils donnent à voir des constructions qui rompent avec des schémas anciens traditionnels (Kaufmann, 2010 ; de Singly, 2012), mais néanmoins montrent des constructions singulières et paradoxales d’un mode d’être ensemble où « faire couple » est à la fois une tentative d’échapper à des modèles jugés normatifs générant des formes de dominations ordinaires et à la fois une opportunité de construction pour l’individu dans une entité couple qui s’appuierait ou ne s’appuierait pas sur le modèle de l’amour romantique.Dans cette communication, à partir d’une enquête qualitative menée auprès d’hommes et de femmes (30 entretiens de type récits de vie) ayant connu une séparation, on tentera d’explorer ce qui se joue dans cet espace de liberté contraint ou choisi : quels parcours de reconfigurations conjugales ou modes d’être ensemble émergents viennent construire de nouvelles individualités. Déchaux J.H, 2009, Sociologie de la famille, Paris, La découverte, collection Repères, Kaufmann JC., 2010, Sex@mour, Paris, Armand Colin.Roussel L., 1989 La famille incertaine, Paris, Odile Jacob, 1989 Segalen M., 2012, Sociologie de la famille, (8ème édition 1981) Paris, A.Colin.
    Mots-clés:
    Reconfigurations conjugales, couple, séparations
  • Enseignant-chercheur, Chaire internationale sur les éco-innovations, Membre du bureau RT 38
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    A la croisée des regards sociologiques, l’ambivalence des innovations environnementales entre mouvements subversifs et dominations normatives

    A l’issue de la session conjointe des réseaux thématiques de la sociologie de l’environnement » (RT 38) et de la sociologie des mouvements sociaux (RT 21), je propose de revenir sur la dynamique des regards croisés, à travers le prisme des innovations environnementales, appelées aussi : « éco-innovations ». Depuis la première occurrence du terme en 1996, elles sont identifiées à des processus créatifs qui visent à atténuer ou à réparer les dégradations des ressources naturelles dans un objectif de développement durable (Fussler & James, 1996). Si la notion requiert dès son origine une production de connaissances pluridisciplinaires, ce champ de recherche a surtout été investi par les sciences dites « dures » (écologie, ingénierie, chimie…) et par la littérature anglo-saxonne en économie écologique (Faucheux & Nicolaï, 2011). Les innovations environnementales renvoient ainsi à un « concept nomade » (Stengers, 1987) dont l’appropriation par les sciences sociales est encore limitée. Initialement analysés sur les marchés (Schumpeter, 1942), ces processus de « destruction créatrice » vont être ici plus largement confrontés aux mobilisations sociales et aux formes de dominations mis à jour autour d’objets touchant à l’environnement. En quoi sont-ils porteurs d’innovations dans les répertoires d’action collective ? En m’appuyant sur l’analyse sociologique des mouvements européens d’éco-construction (Némoz, 2009), je présenterai dans un premier temps l’envergure sociale de cette innovation environnementale. La nouveauté d’un habitat vertueux pour la préservation des ressources du milieu naturel dépasse l’invention de nouvelles technologies. L’enquête comparée des mobilisations collectives en amont montrera que leur diffusion sur les marchés résidentiels de la zone euro est loin d’être idéologiquement neutre. Du caractère subversif des premiers mouvements partisans, jusqu’aux récentes normes établies par l’Union Européenne, l’attention sera portée aux changements d’ordres socioculturels et politiques. En retraçant les processus de destruction créatrice d’une « idéologie-mobilisation » (Flichy, 2001), notre approche séquentielle de la légitimation sociale des techniques d’éco-construction permettra de comprendre l’ambivalence des tenants et des aboutissants. Dans un deuxième temps, la pertinence du concept d’éco-innovation sera interrogée au-delà de l’étude d’un cas technologique. En soumettant la question des processus d’innovation aux regards d’autres luttes et dominations environnementales, cette communication contribuera à élargir la discussion conceptuelle des nouveaux mouvements sociaux. Les apports et les limites rencontrés sur les terrains de la sociologie de l’environnement seront finalement soulignés pour enrichir les hypothèses de changement par une perspective plus inductive et circonstanciée.
    Mots-clés:
    éco-innovations - mouvements sociaux - dominations
  • Enseignant-chercheur, Chaire internationale sur les éco-innovations, Membre du bureau RT 38
    RT21 Mouvements sociaux, RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    A la croisée des regards sociologiques, l’ambivalence des innovations environnementales entre mouvements subversifs et dominations normatives

    A l’issue de la session conjointe des réseaux thématiques de la sociologie de l’environnement » (RT 38) et de la sociologie des mouvements sociaux (RT 21), je propose de revenir sur la dynamique des regards croisés, à travers le prisme des innovations environnementales, appelées aussi : « éco-innovations ». Depuis la première occurrence du terme en 1996, elles sont identifiées à des processus créatifs qui visent à atténuer ou à réparer les dégradations des ressources naturelles dans un objectif de développement durable (Fussler & James, 1996). Si la notion requiert dès son origine une production de connaissances pluridisciplinaires, ce champ de recherche a surtout été investi par les sciences dites « dures » (écologie, ingénierie, chimie…) et par la littérature anglo-saxonne en économie écologique (Faucheux & Nicolaï, 2011). Les innovations environnementales renvoient ainsi à un « concept nomade » (Stengers, 1987) dont l’appropriation par les sciences sociales est encore limitée. Initialement analysés sur les marchés (Schumpeter, 1942), ces processus de « destruction créatrice » vont être ici plus largement confrontés aux mobilisations sociales et aux formes de dominations mis à jour autour d’objets touchant à l’environnement. En quoi sont-ils porteurs d’innovations dans les répertoires d’action collective ? En m’appuyant sur l’analyse sociologique des mouvements européens d’éco-construction (Némoz, 2009), je présenterai dans un premier temps l’envergure sociale de cette innovation environnementale. La nouveauté d’un habitat vertueux pour la préservation des ressources du milieu naturel dépasse l’invention de nouvelles technologies. L’enquête comparée des mobilisations collectives en amont montrera que leur diffusion sur les marchés résidentiels de la zone euro est loin d’être idéologiquement neutre. Du caractère subversif des premiers mouvements partisans, jusqu’aux récentes normes établies par l’Union Européenne, l’attention sera portée aux changements d’ordres socioculturels et politiques. En retraçant les processus de destruction créatrice d’une « idéologie-mobilisation » (Flichy, 2001), notre approche séquentielle de la légitimation sociale des techniques d’éco-construction permettra de comprendre l’ambivalence des tenants et des aboutissants. Dans un deuxième temps, la pertinence du concept d’éco-innovation sera interrogée au-delà de l’étude d’un cas technologique. En soumettant la question des processus d’innovation aux regards d’autres luttes et dominations environnementales, cette communication contribuera à élargir la discussion conceptuelle des nouveaux mouvements sociaux. Les apports et les limites rencontrés sur les terrains de la sociologie de l’environnement seront finalement soulignés pour enrichir les hypothèses de changement par une perspective plus inductive et circonstanciée.
    Mots-clés:
    éco-innovations - mouvements sociaux - dominations
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    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    L’étude municipale, une ré-internalisation du travail hors la classe ?

    Notre communication, ancrée dans une sociologie des inégalités d’apprentissage et faisant appel à certains concepts didactiques, entend interroger la volonté de ré-internaliser le travail hors la classe des élèves à l’école primaire. Nous nous appuyons sur l’observation d’inspiration ethnographique de séances d’études municipales d’une ville populaire de la banlieue nord parisienne. Nous tentons dans un premier temps de définir les caractéristiques de la circulation des devoirs. Cette circulation contribue à brouiller les frontières entre la société et l’école parce qu’en externalisant une partie du travail des élèves, l’école tend d’une part à « scolariser » la société, d’autre part à légitimer et importer certaines pratiques familiales puisqu’elle les sollicite, y compris lorsque celles-ci paraissent peu appropriées. En outre, la circulation varie fortement suivant les élèves ; pour les plus fragiles scolairement elle est problématique, et questionne la conduite quotidienne de la classe. La circulation des devoirs participe donc des tensions qui pèsent sur la forme scolaire, traditionnellement caractérisée par une forte démarcation tant matérielle que symbolique entre l’école et son extérieur, et la poussent à évoluer. Nous analysons dans un second temps l’étude en tant que tentative d’adaptation à cette situation, qui témoigne de la volonté de ré-internaliser le travail des élèves, en garantissant une double continuité avec la classe par l’homogénéité de lieu (l’école) et d’encadrants (les enseignants). Nous montrons que l’étude apparaît avant tout comme un élément de régulation qui rend possible l’externalisation d’une partie des tensions liées à la classe sans pour autant les imposer aux familles et permet in fine à une forme scolaire traditionnelle de se maintenir tant bien que mal.
    Mots-clés:
    travail hors la classe, devoirs, inégalités d'apprentissage, études municipales, travail réel
  • Maître de conférences

    Co-auteurs: Emmanuelle Guyavarch, Erwan Lemener, Stephanie Vandentorren

    RT9 Sociologie de l'urbain et des territoires

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    L’instabilité résidentielle des familles sans-domicile source d’une vulnérabilité accrue pour les enfants ?

    Cette communication porte sur les familles sans domicile en Ile-de-France. Ces ménages avec enfants représentent une part croissante, estimée à au moins 30000 personnes, de la population sans-domicile francilienne. Nous souhaitons montrer comment le quotidien de ces familles est structuré par un certain nombre de contraintes, liée en partie aux dispositifs et aux acteurs les prenant en charge, et qui se traduisent notamment pour certaines familles par une forte instabilité résidentielle. Cette instabilité résidentielle induit de nombreuses difficultés pour les familles, en particulier pour assurer une scolarisation satisfaisante aux enfants. Nous nous appuierons sur les résultats du projet ENFAMS (Enfants et Familles Sans logement) réalisé à l’Observatoire du Samusocial de Paris. Ce projet s’articule autour d’une enquête ethnographique en hôtel social, d’une analyse de politiques publiques et, enfin, d’une enquête par questionnaires auprès de 800 familles. Cette enquête quantitative, d’épidémiologie et de sociologie, porte sur les parcours et les conditions de vie de familles privées de logement, et s’intéresse plus particulièrement au développement des enfants. Nous reviendrons tout d’abord sur la mise en place en Ile-de-France dès la fin des années 1990 du système de prise en charge et d’hébergement en hôtel des familles. Nous montrerons que le fonctionnement de cette action publique spécifique conduit à une séparation entre la politique de mise à l’abri de ces familles et leur suivi social. En effet, ces familles étant souvent migrantes, la politique de prise en charge de ces familles amalgame la problématique de l’hébergement urgence et celle de la gestion des flux migratoires. Ce fonctionnement spécifique est source de complexité pour les acteurs, en particulier dans un contexte de croissance des effectifs hébergés et du parc hôtelier. Il entraîne notamment un éloignement géographique entre les lieux d’hébergement, les lieux de prise en charge sociale et sanitaire ou de scolarisation des enfants. Il conduit à un pouvoir accru des hôteliers sur la vie quotidienne des familles ainsi qu’à une maîtrise quasi nulle de ces dernières sur leur trajectoire résidentielle. Dans un second temps, nous nous intéresserons aux conséquences de ce système de prise en charge sur la vie quotidienne des familles. Les données du questionnaire et de l’enquête ethnographique nous permettront de mettre en relation la trajectoire migratoire des familles, leur parcours résidentiel en France et les liens qu’elles entretiennent avec leur pays d’origine. Nous porterons une attention soutenue aux conséquences de l’instabilité résidentielle sur la scolarisation et les relations de sociabilité des enfants. Nous reviendrons enfin sur les différentes stratégies d’adaptation quotidienne des familles et nous fournirons des variables explicatives de la diversité d’ancrage des enfants dans les lieux d’hébergement.
    Mots-clés:
     
  •  
    RT26 Réseaux Sociaux

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Une approche relationnelle pour étudier la controverse entre acteurs financiers autour d'une règle

    L'étude des interdépendances entre les acteurs appartenant à un marché financier permettent de rendre compte de l'impact de la structure sur les controverses régulatoires et les rapports de force entre groupes rivaux pour imposer leur conception des règles. L'analyse du réseau d'échange d'information entre 57 acteurs appartenant à la « communauté de marché » des ETF et l'étude ethnographique de ce milieu montrent une polarisation autour de la controverse de réplication entre deux positions tranchées : celle des défenseurs de la réplication synthétique (qui utilisent des dérivés dans la création de ces produits) et les promoteurs d'une réplication physique (qui investissent en direct dans les titres de l'indice de référence et qui les prêtent). Notre analyse explique l'échec du leader de marché qui défend la réplication physique à imposer sa conception régulatoire par les multiples positions du challenger dans différentes organisations qui lui permettent de mobiliser d'autres acteurs.
    Mots-clés:
    marchés financiers, Règles, controverse, analyse des réseaux, ETF
  • MCF
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Espoirs scolaires, déboires professionnels ? Repenser le double handicap des filles d’origine populaire

    Lorsqu’on évoque les difficultés d’insertion professionnelle propres aux jeunes appartenant aux classes populaires, force est de reconnaître que c’est spontanément aux garçons que l’on pense (et d’ailleurs, le plus souvent, aux garçons issus de l’immigration postcoloniale habitant les « cités »). A la variété des situations et positions que renferment les classes populaires se trouve ainsi substituée la figure – à la fois genrée et racialisée – du « jeune de banlieue », produit d’une intense activité symbolique (à laquelle ont pris part aussi bien les pouvoirs publics que les grands médias et leurs experts, parfois sociologues) ayant peu à peu constitué comme problème social les « banlieues » et comme nouvelles « classes dangereuses » la population des jeunes hommes issus de l’immigration habitant les quartiers populaires. Du fait de la force d’imposition de ces catégories, sont ainsi souvent exclus du champ de vision (politique, médiatique mais aussi sociologique) tous ceux et celles qui ne correspondent pas à l’archétype indiqué plus haut, en particulier les filles issues des classes populaires. Explicitement ou non, on présume que leurs meilleurs parcours scolaires, matérialisés à travers des niveaux de diplôme en moyenne plus élevés, leur permettraient de s’affranchir non seulement des formes les plus brutales de marginalisation socioprofessionnelle, et notamment d’échapper au maintien prolongé dans le sous-emploi, mais aussi des frontières de classe. La reproduction sociale achopperait sur les filles, ces dernières laissant enfin entrevoir l’avenir radieux d’une société fluide et méritocratique. Tout se passe comme si les filles d’origine populaire faisaient ainsi pendant à l’inquiétante figure évoquée plus haut du « jeune de banlieue », rétif à l’encadrement scolaire et « allergique » au travail ; à ce titre, elles apparaissent symboliquement comme l’équivalent structural de ces « pauvres méritants » mis en scène par la philanthropie sociale du 19ème siècle, respectueux des hiérarchies et des convenances et cherchant, par leur travail acharné et leur probité, à s’élever socialement (notamment à travers leurs enfants). Or ce tableau avantageux, sinon idyllique, d’une émancipation par l’école des femmes appartenant aux classes populaires (version modernisée et féminisée du mythe de l’école libératrice), est contredit dès lors qu’on se garde d’ignorer l’ampleur et la multiplicité des inégalités de rentabilisation des diplômes dans le monde du travail. Si le diplôme peut constituer, dans certaines circonstances, « l’arme des faibles » (Poullaouec), sa diffusion tout au long du 20ème siècle au genre féminin – y compris dans les classes populaires – n’a pas suffi à battre en brèche la « ségrégation sophistiquée » (Lagrave) dont elles sont l’objet, et encore moins la reproduction sociale. Il s’agit donc ici de contribuer à une sociologie des destins scolaires et socioprofessionnels des filles d’origine populaire, en s’appuyant sur des matériaux statistiques issus de l’exploitation secondaire des enquêtes longitudinales de la DEPP et du Céreq, et en se demandant si aux espoirs scolaires ne succèdent pas pour elles – avec une régularité liée à l’emprise combinée des rapports de classe et de genre – les déboires professionnels, dans un contexte marqué, au sein du système d’enseignement, par le maintien de fortes inégalités d’orientation (selon le genre) et, dans le monde du travail, par une précarisation généralisée des emplois (notamment les plus féminisés).
    Mots-clés:
    genre, classes populaires, inégalités, insertion
  • MCF
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    Espoirs scolaires, déboires professionnels ? Repenser le double handicap des filles d’origine populaire

    Lorsqu’on évoque les difficultés d’insertion professionnelle propres aux jeunes appartenant aux classes populaires, force est de reconnaître que c’est spontanément aux garçons que l’on pense (et d’ailleurs, le plus souvent, aux garçons issus de l’immigration postcoloniale habitant les « cités »). A la variété des situations et positions que renferment les classes populaires se trouve ainsi substituée la figure – à la fois genrée et racialisée – du « jeune de banlieue », produit d’une intense activité symbolique (à laquelle ont pris part aussi bien les pouvoirs publics que les grands médias et leurs experts, parfois sociologues) ayant peu à peu constitué comme problème social les « banlieues » et comme nouvelles « classes dangereuses » la population des jeunes hommes issus de l’immigration habitant les quartiers populaires. Du fait de la force d’imposition de ces catégories, sont ainsi souvent exclus du champ de vision (politique, médiatique mais aussi sociologique) tous ceux et celles qui ne correspondent pas à l’archétype indiqué plus haut, en particulier les filles issues des classes populaires. Explicitement ou non, on présume que leurs meilleurs parcours scolaires, matérialisés à travers des niveaux de diplôme en moyenne plus élevés, leur permettraient de s’affranchir non seulement des formes les plus brutales de marginalisation socioprofessionnelle, et notamment d’échapper au maintien prolongé dans le sous-emploi, mais aussi des frontières de classe. La reproduction sociale achopperait sur les filles, ces dernières laissant enfin entrevoir l’avenir radieux d’une société fluide et méritocratique. Tout se passe comme si les filles d’origine populaire faisaient ainsi pendant à l’inquiétante figure évoquée plus haut du « jeune de banlieue », rétif à l’encadrement scolaire et « allergique » au travail ; à ce titre, elles apparaissent symboliquement comme l’équivalent structural de ces « pauvres méritants » mis en scène par la philanthropie sociale du 19ème siècle, respectueux des hiérarchies et des convenances et cherchant, par leur travail acharné et leur probité, à s’élever socialement (notamment à travers leurs enfants). Or ce tableau avantageux, sinon idyllique, d’une émancipation par l’école des femmes appartenant aux classes populaires (version modernisée et féminisée du mythe de l’école libératrice), est contredit dès lors qu’on se garde d’ignorer l’ampleur et la multiplicité des inégalités de rentabilisation des diplômes dans le monde du travail. Si le diplôme peut constituer, dans certaines circonstances, « l’arme des faibles » (Poullaouec), sa diffusion tout au long du 20ème siècle au genre féminin – y compris dans les classes populaires – n’a pas suffi à battre en brèche la « ségrégation sophistiquée » (Lagrave) dont elles sont l’objet, et encore moins la reproduction sociale. Il s’agit donc ici de contribuer à une sociologie des destins scolaires et socioprofessionnels des filles d’origine populaire, en s’appuyant sur des matériaux statistiques issus de l’exploitation secondaire des enquêtes longitudinales de la DEPP et du Céreq, et en se demandant si aux espoirs scolaires ne succèdent pas pour elles – avec une régularité liée à l’emprise combinée des rapports de classe et de genre – les déboires professionnels, dans un contexte marqué, au sein du système d’enseignement, par le maintien de fortes inégalités d’orientation (selon le genre) et, dans le monde du travail, par une précarisation généralisée des emplois (notamment les plus féminisés).
    Mots-clés:
    genre, classes populaires, inégalités, insertion
  • Chargé de recherche
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Le savoir scientifique comme « marchandise fictive » : un éclairage par le cas de la lean production en sciences de gestion

    La notion de « marchandise fictive » s’applique chez Polanyi à la Terre, au Travail et à la Monnaie (Polanyi 1983). Le caractère fictif de ces « marchandises » vient du fait que ces biens ne sont pas produits pour la vente. En effet, leur transformation en objets d’échange par l’avancée du « marché autorégulateur » détruit progressivement leur valeur d’usage : la marchandisation de la terre détruit la communauté qu’y vive ; la marchandisation du travail détruit sa capacité productive ; la marchandisation de la monnaie détruit son usage en tant que moyen d’échange. Dans la caractérisation de la nouvelle vague de marchandisation qui connaît le capitalisme depuis la fin des années 1970, Michael Burawoy avance une hypothèse intéressante : celle d’une quatrième « marchandise fictive » – le savoir. Burawoy s’interroge en particulier sur quelles pourraient être les conséquences de la marchandisation du savoir sur sa valeur d’usage. Il ne fournit pas pour autant une réponse claire. Certes, si le savoir cessait d’être un bien public, alors sa production serait de plus en plus orientée vers les intérêts de ceux qui peuvent la payer et les universités deviendraient de plus en plus soumises aux intérêts des industries, « mais est-ce que cela suffirait à faire du savoir une quatrième marchandise fictive ? » (Burawoy 2010, 310). Dans ce papier nous partons de l’hypothèse que la réponse à cette question est oui, et que plus précisément la marchandisation du savoir détruit sa valeur d’usage en lui ôtant sa capacité de critique et, par conséquent, sa capacité heuristique. Puisque l’on sait que les savoirs scientifiques sont performatifs (MacKenzie, Muniesa, et Siu 2007), au sens que leur usage transforme ou en tout cas performe le monde, si cette hypothèse est correcte, un tel processus aurait des conséquences majeures sur les transformations contemporaines du capitalisme. Il permettrait notamment d’expliquer à la fois « le déficit de critique » qui caractérise son « nouvel esprit » (Boltanski et Chiapello 1999) et la position hégémonique acquise en son sein par des théories scientifiques qui seraient fausses mais qui ne seraient pas pour autant falsifiables, car leur valeur d’échange dans l’économie capitaliste aurait supplanté leur valeur d’usage dans la communauté scientifique. Pour tester cette hypothèse ce papier s’intéresse à un domaine disciplinaire – les sciences de gestion – qui a déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études sur son caractère performatif mais qui a été relativement peu investigué quant aux conditions de production de ses savoirs et aux phénomènes de marchandisation qui les caractérisent. En ce qui concerne l’objet, le papier retracera la genèse dans les années 1980 d’une thèse prétendue scientifique – la lean production, ou production frugale, inspirée du système de production Toyota – qui est devenue au cours des années 1990 et 2000 un paradigme dominant tant sur le plan scientifique (large consensus interdisciplinaire) qu’opérationnel (diffusion massive des outils de gestion qui lui sont associés dans l’industrie et les services). Il s’agira, d’abord, de montrer comment les processus de marchandisation qui ont caractérisé de manière très marquée les conditions d’élaboration de la thèse de la lean production au sein de l’International Motor Vehicle Programme (IMVP) au MIT ont eu une influence directe et structurante sur son contenu. Ensuite, on verra comment ces processus de marchandisation s’accompagnent d’une dimension performative particulièrement troublante dans la mesure où « l’expérience naturelle » – natural experiment (Mitchell 2005) – censée démontrer le bien fondé de la théorie (la comparaison des performances de NUMMI, la joint-venture entre General Motors et Toyota créée en 1984, avec des usines américaines et japonaises) est mise en forme de manière conforme à cette exigence par les mêmes acteurs qui ont financé et soutenu le projet de recherche. Enfin, alors même que la thèse de la lean production et l’ouvrage qui l’a popularisée dans le monde entier présentaient un nombre assez impressionnant de fautes, erreurs et approximations, on verra comment l’acceptation passive dont ils ont fait l’objet par la communauté scientifique américaine s’explique en large partie par ces processus de marchandisation des savoirs gestionnaires (ainsi que des domaines annexes de la sociologie des organisations et du travail) qui ont neutralisé leur capacité de critique sous le poids croissant des business schools. Ce papier nait d’une enquête de terrain menée aux États-Unis auprès d’une dizaine de chercheurs en sciences de gestion, sociologie des organisations et sociologie du travail qui ont été directement ou indirectement impliqués dans IMVP au moment de l’élaboration de la thèse de la lean production et dans les débats qui ont suivi. Outre les entretiens semi-directifs réalisés avec ces chercheurs, il s’appuie sur de nombreuses sources secondaires et quelques documents de première main récupérés lors de l’enquête. La méthode s’inscrit dans une démarche de sociologie des sciences. Concrètement, il s’agit de s’intéresser non seulement à la dynamique intellectuelle, mais aussi aux conditions matérielles de production du savoir et à leur évolution dans le temps : modes de financement, contexte et reconnaissance institutionnels, modes de construction des carrières et configurations disciplinaires. Bibliographie Boltanski, Luc, et Eve Chiapello. 1999. Le nouvel esprit du capitalisme. Paris: Gallimard. Burawoy, Michael. 2010. « From Polanyi to Pollyanna: The false optimism of global labor studies ». Global Labour Journal 1 (2): 7. MacKenzie, D. A., F. Muniesa, et L. Siu. 2007. Do economists make markets?: on the performativity of economics. Princeton University Press. Mitchell, T. 2005. « The work of economics, how a discipline makes its world ». Archives européennes de sociologie 46 (2): 297. Polanyi, K. 1983. La grande transformation. Paris: Gallimard.
    Mots-clés:
     
  • Chargé de recherche
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Le savoir scientifique comme « marchandise fictive » : un éclairage par le cas de la lean production en sciences de gestion

    La notion de « marchandise fictive » s’applique chez Polanyi à la Terre, au Travail et à la Monnaie (Polanyi 1983). Le caractère fictif de ces « marchandises » vient du fait que ces biens ne sont pas produits pour la vente. En effet, leur transformation en objets d’échange par l’avancée du « marché autorégulateur » détruit progressivement leur valeur d’usage : la marchandisation de la terre détruit la communauté qu’y vive ; la marchandisation du travail détruit sa capacité productive ; la marchandisation de la monnaie détruit son usage en tant que moyen d’échange. Dans la caractérisation de la nouvelle vague de marchandisation qui connaît le capitalisme depuis la fin des années 1970, Michael Burawoy avance une hypothèse intéressante : celle d’une quatrième « marchandise fictive » – le savoir. Burawoy s’interroge en particulier sur quelles pourraient être les conséquences de la marchandisation du savoir sur sa valeur d’usage. Il ne fournit pas pour autant une réponse claire. Certes, si le savoir cessait d’être un bien public, alors sa production serait de plus en plus orientée vers les intérêts de ceux qui peuvent la payer et les universités deviendraient de plus en plus soumises aux intérêts des industries, « mais est-ce que cela suffirait à faire du savoir une quatrième marchandise fictive ? » (Burawoy 2010, 310). Dans ce papier nous partons de l’hypothèse que la réponse à cette question est oui, et que plus précisément la marchandisation du savoir détruit sa valeur d’usage en lui ôtant sa capacité de critique et, par conséquent, sa capacité heuristique. Puisque l’on sait que les savoirs scientifiques sont performatifs (MacKenzie, Muniesa, et Siu 2007), au sens que leur usage transforme ou en tout cas performe le monde, si cette hypothèse est correcte, un tel processus aurait des conséquences majeures sur les transformations contemporaines du capitalisme. Il permettrait notamment d’expliquer à la fois « le déficit de critique » qui caractérise son « nouvel esprit » (Boltanski et Chiapello 1999) et la position hégémonique acquise en son sein par des théories scientifiques qui seraient fausses mais qui ne seraient pas pour autant falsifiables, car leur valeur d’échange dans l’économie capitaliste aurait supplanté leur valeur d’usage dans la communauté scientifique. Pour tester cette hypothèse ce papier s’intéresse à un domaine disciplinaire – les sciences de gestion – qui a déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études sur son caractère performatif mais qui a été relativement peu investigué quant aux conditions de production de ses savoirs et aux phénomènes de marchandisation qui les caractérisent. En ce qui concerne l’objet, le papier retracera la genèse dans les années 1980 d’une thèse prétendue scientifique – la lean production, ou production frugale, inspirée du système de production Toyota – qui est devenue au cours des années 1990 et 2000 un paradigme dominant tant sur le plan scientifique (large consensus interdisciplinaire) qu’opérationnel (diffusion massive des outils de gestion qui lui sont associés dans l’industrie et les services). Il s’agira, d’abord, de montrer comment les processus de marchandisation qui ont caractérisé de manière très marquée les conditions d’élaboration de la thèse de la lean production au sein de l’International Motor Vehicle Programme (IMVP) au MIT ont eu une influence directe et structurante sur son contenu. Ensuite, on verra comment ces processus de marchandisation s’accompagnent d’une dimension performative particulièrement troublante dans la mesure où « l’expérience naturelle » – natural experiment (Mitchell 2005) – censée démontrer le bien fondé de la théorie (la comparaison des performances de NUMMI, la joint-venture entre General Motors et Toyota créée en 1984, avec des usines américaines et japonaises) est mise en forme de manière conforme à cette exigence par les mêmes acteurs qui ont financé et soutenu le projet de recherche. Enfin, alors même que la thèse de la lean production et l’ouvrage qui l’a popularisée dans le monde entier présentaient un nombre assez impressionnant de fautes, erreurs et approximations, on verra comment l’acceptation passive dont ils ont fait l’objet par la communauté scientifique américaine s’explique en large partie par ces processus de marchandisation des savoirs gestionnaires (ainsi que des domaines annexes de la sociologie des organisations et du travail) qui ont neutralisé leur capacité de critique sous le poids croissant des business schools. Ce papier nait d’une enquête de terrain menée aux États-Unis auprès d’une dizaine de chercheurs en sciences de gestion, sociologie des organisations et sociologie du travail qui ont été directement ou indirectement impliqués dans IMVP au moment de l’élaboration de la thèse de la lean production et dans les débats qui ont suivi. Outre les entretiens semi-directifs réalisés avec ces chercheurs, il s’appuie sur de nombreuses sources secondaires et quelques documents de première main récupérés lors de l’enquête. La méthode s’inscrit dans une démarche de sociologie des sciences. Concrètement, il s’agit de s’intéresser non seulement à la dynamique intellectuelle, mais aussi aux conditions matérielles de production du savoir et à leur évolution dans le temps : modes de financement, contexte et reconnaissance institutionnels, modes de construction des carrières et configurations disciplinaires. Bibliographie Boltanski, Luc, et Eve Chiapello. 1999. Le nouvel esprit du capitalisme. Paris: Gallimard. Burawoy, Michael. 2010. « From Polanyi to Pollyanna: The false optimism of global labor studies ». Global Labour Journal 1 (2): 7. MacKenzie, D. A., F. Muniesa, et L. Siu. 2007. Do economists make markets?: on the performativity of economics. Princeton University Press. Mitchell, T. 2005. « The work of economics, how a discipline makes its world ». Archives européennes de sociologie 46 (2): 297. Polanyi, K. 1983. La grande transformation. Paris: Gallimard.
    Mots-clés:
     
  • doctorante
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Aux frontières du champ médical français: approches concurrentes de la médecine chinoise pour le monopole d’intervention sur les corps

    Malgré la reconnaissance officielle de l’acupuncture[1] par l’État et par l’Ordre des médecins, la pratique de la médecine chinoise reste dominée dans le champ médical[2]. Dans cette communication nous proposons d’étudier le travail des frontières du champ médical[3] exercé par les praticiens en médecine chinoise, afin de reconfigurer les rapports de pouvoir au sein et aux frontières de ce champ, tout en faisant reconnaître leur pratique comme une modalité légitime d’intervention sur les corps. Cela concerne donc à la fois les frontières internes (à travers les médecins acupuncteurs, sages-femmes qui pratiquent l’acupuncture), et externes (à travers les thérapeutes en médecine chinoise non diplômés d’État) de la médecine. Cette communication s’appuie sur un travail de recherche en cours auprès de médecins, sages-femmes et autres thérapeutes[4] qui s’investissent dans une pratique professionnelle de la médecine chinoise en France. L’enquête empirique est fondée sur un corpus d’entretiens, d’observations directes (congrès professionnels, associations et instituts), et d’une « participation observante » dans une école privée de formation à la médecine chinoise. Nous mobilisons également des archives de plusieurs associations professionnelles. Le travail des frontières sera examiné à partir des mobilisations de ces acteurs pour délimiter cet espace, ses représentants et sa place dans, ou en dehors, du champ médical. Un détour par l’histoire de l’implantation de la médecine chinoise en France nous permettra de replacer les reconfigurations actuelles dans un ensemble de rapports de forces et de luttes de pouvoir internes au champ médical. Nous insisterons sur les trois processus d’intégration de la médecine chinoise à la profession médicale en France : une intégration des techniques au sein du monopole médical, une ouverture du monopole aux professions de santé dans le cadre de la délégation de soins, et une remise en cause du monopole au nom de la liberté de choix thérapeutique, du pluralisme médical et du droit de se soigner autrement. Puis nous croiserons ces processus avec les modes de légitimation des pratiques portés par les acteurs : traditionnel/scientifique, valorisation du savoir ou de l’expérience, etc. Ceux-ci varient dans l’espace et le temps et seront appréhendés à travers les trajectoires sociales individuelles et collectives de ceux qui les portent. Nous montrerons par exemple que certains médecins acupuncteurs mobilisent actuellement l’argument scientifique (l’ Evidence Based Medicine) pour inverser les rapports de force au sein du champ, alors qu’ils valorisaient plutôt la « tradition » dans d’autres contextes. [1] L’acupuncture fait partie des cinq techniques de médecine chinoise les plus utilisées, les autres étant la pharmacopée chinoise, la diététique, les massages et le qi gong. [2] Pinell, Patrice. 2009. «La genèse du champ médical : le cas de la France (1795-1870) », Revue française de sociologie, vol. 50, 2009/2 : 315-349. [3] Terme emprunté à la sociologie des sciences et à la sociologie des professions. Abbott Andrew, The System of Professions: An Essay on the Division of Expert Labor, Etats-Unis, University of Chicago Press, 1988 Gieryn Thomas F., « Boundaries of science » in Jasanoff Sheila, Markle Gerard E., Petersen James C., Pinch Trevor (dirs.), Handbook of Science and Technology Studies, Londres & New Dehli, Sage Publications, 1995, p. 393‑443 [4] Marquis Nicolas, Giraldo Silvia, « Médecins et thérapeutes alternatifs. Sur l’usage sociologique et indigène du concept de profession », Sciences de l’Homme et de la Société, 1 Septembre 2010.
    Mots-clés:
    médecine chinoise, professionnalisation, mobilisations, champ médical, santé
  • doctorante
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Aux frontières du champ médical français: approches concurrentes de la médecine chinoise pour le monopole d’intervention sur les corps

    Malgré la reconnaissance officielle de l’acupuncture[1] par l’État et par l’Ordre des médecins, la pratique de la médecine chinoise reste dominée dans le champ médical[2]. Dans cette communication nous proposons d’étudier le travail des frontières du champ médical[3] exercé par les praticiens en médecine chinoise, afin de reconfigurer les rapports de pouvoir au sein et aux frontières de ce champ, tout en faisant reconnaître leur pratique comme une modalité légitime d’intervention sur les corps. Cela concerne donc à la fois les frontières internes (à travers les médecins acupuncteurs, sages-femmes qui pratiquent l’acupuncture), et externes (à travers les thérapeutes en médecine chinoise non diplômés d’État) de la médecine. Cette communication s’appuie sur un travail de recherche en cours auprès de médecins, sages-femmes et autres thérapeutes[4] qui s’investissent dans une pratique professionnelle de la médecine chinoise en France. L’enquête empirique est fondée sur un corpus d’entretiens, d’observations directes (congrès professionnels, associations et instituts), et d’une « participation observante » dans une école privée de formation à la médecine chinoise. Nous mobilisons également des archives de plusieurs associations professionnelles. Le travail des frontières sera examiné à partir des mobilisations de ces acteurs pour délimiter cet espace, ses représentants et sa place dans, ou en dehors, du champ médical. Un détour par l’histoire de l’implantation de la médecine chinoise en France nous permettra de replacer les reconfigurations actuelles dans un ensemble de rapports de forces et de luttes de pouvoir internes au champ médical. Nous insisterons sur les trois processus d’intégration de la médecine chinoise à la profession médicale en France : une intégration des techniques au sein du monopole médical, une ouverture du monopole aux professions de santé dans le cadre de la délégation de soins, et une remise en cause du monopole au nom de la liberté de choix thérapeutique, du pluralisme médical et du droit de se soigner autrement. Puis nous croiserons ces processus avec les modes de légitimation des pratiques portés par les acteurs : traditionnel/scientifique, valorisation du savoir ou de l’expérience, etc. Ceux-ci varient dans l’espace et le temps et seront appréhendés à travers les trajectoires sociales individuelles et collectives de ceux qui les portent. Nous montrerons par exemple que certains médecins acupuncteurs mobilisent actuellement l’argument scientifique (l’ Evidence Based Medicine) pour inverser les rapports de force au sein du champ, alors qu’ils valorisaient plutôt la « tradition » dans d’autres contextes. [1] L’acupuncture fait partie des cinq techniques de médecine chinoise les plus utilisées, les autres étant la pharmacopée chinoise, la diététique, les massages et le qi gong. [2] Pinell, Patrice. 2009. «La genèse du champ médical : le cas de la France (1795-1870) », Revue française de sociologie, vol. 50, 2009/2 : 315-349. [3] Terme emprunté à la sociologie des sciences et à la sociologie des professions. Abbott Andrew, The System of Professions: An Essay on the Division of Expert Labor, Etats-Unis, University of Chicago Press, 1988 Gieryn Thomas F., « Boundaries of science » in Jasanoff Sheila, Markle Gerard E., Petersen James C., Pinch Trevor (dirs.), Handbook of Science and Technology Studies, Londres & New Dehli, Sage Publications, 1995, p. 393‑443 [4] Marquis Nicolas, Giraldo Silvia, « Médecins et thérapeutes alternatifs. Sur l’usage sociologique et indigène du concept de profession », Sciences de l’Homme et de la Société, 1 Septembre 2010.
    Mots-clés:
    médecine chinoise, professionnalisation, mobilisations, champ médical, santé
  • Enseignant-chercheur

    Co-auteurs: Eric Maleyrot

    RT1 Savoirs, travail, professions

    Session: 1c Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    La migration contrainte des formateurs de terrain dans l’espace et le temps de la formation initiale : entre sentiment de déprofessionnalisation et stratégies d’acteurs

    Notre contribution s’intéresse aux effets de la réforme de la formation des enseignants mise en œuvre à la rentrée 2010. Le recrutement des enseignants à un niveau Master a conduit à une réorientation de la formation initiale des enseignants dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) et à une réorganisation de l’accompagnement à l’entrée dans le métier (Perez-Roux, 2012). Cette transformation des processus de professionnalisation modifie, chez les formateurs pluricatégoriels des IUFM un certain nombre de repères que les uns et les autres, individuellement et collectivement, ont à redessiner dans le nouveau paysage de la formation initiale. Dans ce nouveau cadre, les Professeurs des Ecoles-Maîtres Formateurs (PEMF) jusqu’ici intégrés au sein des IUFM comme professionnels de terrain, ont été contraints, dans leur grande majorité, à déplacer leur activité de formation dans l’espace propre à l’Education Nationale, assurant pour l’employeur (Inspection académique) des tâches d’accompagnement consistant à favoriser l’adaptation à l’emploi des lauréats du concours de recrutement (Maleyrot, 2012). Comment les PEMF ont-ils vécu ce changement ? Quels compromis, quels arrangements ont-ils pu trouver pour faire face à cette transition professionnelle contrainte par une réforme ? Au plan méthodologique, un questionnaire a été proposé à l’ensemble des formateurs des IUFM (n=584) en fin d’année universitaire (juin 2011). 40 PEMF y ont répondu. Une enquête qualitative par entretiens compréhensifs a été conduite à la même période auprès de 9 PEMF ou ex-PEMF d’un même département de l’ouest de la France. Au niveau des résultats, l’enquête par questionnaire met en relief un objectif majoré par les PEMF : préparer au métier réel d’enseignant constitue une priorité qui se heurte à une « crise de l’alternance » conduisant à « l’impossibilité de former des professionnels ». Les énoncés reviennent sur l’abandon de dispositifs permettant, par une articulation forte au terrain, de construire des compétences professionnelles. Par ailleurs, les PEMF expriment une forme de clivage entre la pratique et les savoirs dispensés à l’université, combinée avec la disparition des liens institutionnels et personnels avec les formateurs de centre, ce qui dénote une difficulté à se situer face à des enjeux de professionnalisation en mutation, engageant un sentiment de déprofessionnalisation (Demailly et de la Broise, 2009 ; Périsset-Bagnoud, 2010), voire un sentiment d’être exclus d’un système dans lequel auparavant, ils avaient construit une réelle légitimité. L’enquête qualitative apporte des nuances aux résultats du questionnaire et montre diverses stratégies développées par ces PEMF. Plusieurs d’entre eux fortement impliqués dans l’ancien dispositif de formation, ressentant une véritable déprofessionnalisation, abandonnent leur fonction de formateur, alors que certains, dans une stratégie de contournement, migrent vers une autre fonction de formateur de terrain. D’aucuns gardent leur statut de PEMF et, tandis que se repèrent des stratégies de résistance « de l’intérieur », d’autres révèlent des formes d’engagement, s’accommodant finalement assez bien du recentrage de leur mission vers l’accompagnement sur le terrain des futurs professeurs. Demailly, L. & de la Broise, P. (2009). Les enjeux de la déprofessionnalisation. Etudes de cas et pistes de travail. Socio-logos. Revue de l’association française de sociologie [En ligne], 4 |2009. Consulté le 7 juillet 2012. URL : http://socio-logos.revues.org/2305. Maleyrot, E. (2012). Ruptures et transformations identitaires des maîtres formateurs face aux réformes de la formation des enseignants, Les Sciences de l’éducation pour l’Ere Nouvelle, 45 (3), 65-88. Perez-Roux. T (2012). Des formateurs d’enseignants à l’épreuve d’une réforme : crise(s) et reconfigurations potentielles. Les Sciences de l’Education pour l’Ere Nouvelle, 45 (3), 39-63. Périsset-Bagnoud, D. (2010). Le sentiment de professionnalisation des enseignants et les nouvelles gouvernances : un entre-deux en jachère. Travail et formation en éducation [En ligne], 7 | 2010, mis en ligne le 18 février 2011, consulté le 25 mars 2012. URL : http://tfe.revues.org/index1507.html
    Mots-clés:
    Identité, réformes, stratégies, formateurs.
  • MCF
    GT49 Histoire de la sociologie

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Histoire de la sociologie en RDA

    Dans un article intitulé « A quoi servait la sociologie en RDA ? » (1991, dans la Revue française de sociologie), François Bafoil a déjà relaté l’histoire de la sociologie en RDA. Il ne s’agit donc pas ici de reprendre cette description au demeurant fort complète, mais de revenir sur quelques points qui s’inscrivent dans notre analyse des rapports de domination, suite à une publication récente : L’Allemagne de l’Est (1949-1989). Religion et politique en mutation, Montpellier, 678 p. Le premier est celui du rapport entre la sociologie et le matérialisme historique et scientifique dont le contenu reposait sur l’interprétation des œuvres de Karl Marx, revues par Lénine et Staline. Cette doctrine imposée par la dictature du parti unique et les appareils idéologiques d’Etat se donnait comme la seule explication possible de la réalité sociale et de l’histoire et s’était de fait substituée à la sociologie. Mais la doctrine totalement figée n’apportait aucune réponse aux changements sociaux (émergence de la demande consumériste des classes moyennes, révolution médiatique, résistance religieuse, insatisfaction au travail, faible identification des jeunes aux valeurs socialistes). La sociologie ne devait en aucun cas être une sociologie bourgeoise. Elle devait être un instrument de la classe ouvrière, une composante de l’idéologie socialiste. Cela explique pourquoi son apport a été si pauvre et que les tardives tentatives d’élargissement par l’intégration des penseurs marginalistes n’ont pas été suffisantes pour la maintenir au-delà du régime qui l’avait imposée.
    Mots-clés:
    Sociologie, Matérialisme historique comme idéologie et
  • Assistant
    RT7 Vieillesses, vieillissement et parcours de vie

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    L’invisible retraite du « gotha » helvétique : Réflexion méthodologique et analyse descriptive.

    Un rapide coup d’œil sur les productions scientifiques dans le champ de la sociologie du vieillissement laisse percevoir une centration sur l’étude de la population âgée selon des variables autres que la classe sociale. Les enjeux de dominations, l’étude des pratiques distinctives semblent relever d’un impensé dans ce champ d’analyse. Nous nous proposons à travers la réalisation d’un doctorat, de combler ce vide en s’intéressant aux pratiques et aux schèmes d’activations des différentes ressources à disposition des personnes les plus aisées du canton de Genève. Disposant de toutes les formes de capitaux en abondance, il sera sans doute intéressant de mesurer l’impact de ces derniers sur le vieillissement, ou plus exactement lors ou au cours d’une perte de dépendance, et donc de mesurer à quel point l’autonomie est ou n’est pas gage de sa position sociale et des avantages qui l’accompagnent. Cette question semble d’autant plus pertinente au regard de l’émergence d’un nouveau modèle de vieillissement celui que la littérature scientifique nomme de « réussi ». Par là même la gérontologie lie à cette conception du vieillissement les compétences d’agentisme de l’individu. La vieillesse est ainsi conçue comme le produit des choix que l’individu fait dans les étapes précédentes de son parcours de vie, comme la résultante d'avantages cumulés. Il ne semble dès lors pas y avoir de lieu plus approprié que celui des classes très aisées qui devrait en tout état de cause disposer d’avantages maximaux. Nous proposons de présenter outres quelques résultats préliminaires une réflexion méthodologique concernant les stratégies et démarches employées pour accéder à une population particulièrement invisible et insaisissable – sans doute une conséquence du tabou très fort en Suisse concernant les fortunes, dès lors qu’il n’existe aucune données publiques permettant de saisir cette information. Quels canaux utiliser ? Quels types de résistances sont rencontrés pour accéder à cette population très aisée ? Quels arguments utiliser pour inciter à la participation à l’enquête ? Selon les résultats obtenus lors des premiers entretiens réalisés sur le terrain, une analyse descriptive des pratiques et ressources engagées par ces populations pour faire face à l’occurrence d’une dépendance seront également discutées. Quel capital semble primordial ? Quels types de ressources sont activés ? Quels lieux de vies ? Sont-ils privés ou publics ? Quels sont les agents impliqués ? Sont-ils intra- ou extra-familiaux ? Quelles formes de réagencement spatial ?
    Mots-clés:
    vieillesse, classes aisées
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    Co-auteurs: Didier Torny

    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Lʼopen access : du militantisme aux marchés régulés

    Le mouvement open access prône la libre circulation des connaissances scientifiques, avant ou après leur publication. Il considère les résultats de la recherche comme un bien public, produit, vérifié et certifié par les chercheurs eux-mêmes financés sur fonds publics, et ne pouvant donc être approprié de manière exclusive par des intérêts privés. Ce faisant, il remet en cause les formes stabilisées du marché de lʼédition scientifique, largement déléguées pendant deux siècles à des acteurs privés (éditeurs scientifiques) ou associatifs (sociétés savantes). Instruite des principales étapes de lʼhistoire de ce mouvement, cette communication se centrera sur lʼirruption récente dʼinstances publiques de financement dans les débats sur lʼaccès aux publications. Elle sera particulièrement attentive aux conceptions de lʼédition scientifique alors promues et mises en œuvre tout en documentant la coexistence de différentes formes de régulation de ce marché de lʼédition. Les années 1990 ont en effet été marquées par diverses initiatives militantes qui ont vu dans la généralisation de lʼaccès des communautés universitaires aux réseaux électroniques (Usenet, FTP, WWW) des opportunités de transformation. Cʼest le cas des premières archives électroniques permettant la diffusion des articles avant publication en physique (ArXiv, 1991), ou des papiers de travail en économie (RepEc, 1997) et en sciences sociales (Social Sciences Research Network, 1994). Cʼest aussi le cas de lʼappel à lʼauto-archivage systématique pour lʼensemble des chercheurs (Harnad, 1994), ou encore de la création des premières revues à comité de lecture uniquement électroniques et sans abonnement (Psycoloquy et Postmodern Culture, 1990). Au cours des années 2000, les initiatives militantes se sont poursuivies avec notamment les «déclarations dʼindépendance» de revues, les comités de rédaction abandonnant un éditeur privé pour fonder une nouvelle revue en open access. Parallèlement, différents éditeurs scientifiques ont mis en place le principe de lʼauteur-payeur (BioMed Central, 2000 ; Public Library of Science, 2003), pendant que des archives ouvertes ont été promues par des autorités publiques (PubMed Central, 2000 ; Hyper-Archives en Ligne, 2001). Face à ce mouvement, des éditeurs scientifiques commerciaux plus traditionnels ont ouvert certaines de leurs revues au principe de lʼauteur-payeur au choix des auteurs (Springer, 2004 ; Elsevier, Taylor & Francis, 2006) ou ont autorisé lʼauto-archivage des articles publiés sous certaines conditions (Sage, 2005). Cʼest dans ce contexte quʼapparaissent les premières mesures publiques, promulguées soit par des universités, soit par des institutions publiques. Cette communication portera plus précisément sur trois dʼentre elles : la politique de dépôt obligatoire dans PubMed Central adoptée par les National Institutes of Health en 2005 et ses suites récentes (projet de loi Research Works Act, pétition The Cost of Knowledge...) les expérimentations (projet PEER) de la Commission Européenne et son adoption dʼune obligation de dépôt pour les projets financés par le PCRD en 2008 (projet OpenAIRE) les réflexions du Parlement britannique depuis 2004, ayant conduit en 2012, via le Finch Report, à lʼadoption dʼun principe de publication en open access des recherches financées par des fonds publics, en suivant la voie de lʼauteur-payeur. Cette communication se fondera sur lʼétude de ces différentes mesures qui seront analysées en tant que résultat plus ou moins stabilisé de la rencontre entre les prises de position des divers acteurs engagés (chercheurs, sociétés savantes, élus, éditeurs, revues...) et de dispositifs sociotechniques particuliers. Elle soulignera les conceptions contrastées du marché de lʼédition scientifique qui sont véhiculées par ces régulations publiques et inscrites dans les technologies. Nous examinerons notamment comment sont traitées les questions de lʼexclusivité (totale ou partielle, marquée par une période dʼembargo...), de la propriété intellectuelle (licencescreative commons, copyright...), et du prix (différenciation suivant la solvabilité des auteurs, modèle freemium).
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Didier Torny

    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Lʼopen access : du militantisme aux marchés régulés

    Le mouvement open access prône la libre circulation des connaissances scientifiques, avant ou après leur publication. Il considère les résultats de la recherche comme un bien public, produit, vérifié et certifié par les chercheurs eux-mêmes financés sur fonds publics, et ne pouvant donc être approprié de manière exclusive par des intérêts privés. Ce faisant, il remet en cause les formes stabilisées du marché de lʼédition scientifique, largement déléguées pendant deux siècles à des acteurs privés (éditeurs scientifiques) ou associatifs (sociétés savantes). Instruite des principales étapes de lʼhistoire de ce mouvement, cette communication se centrera sur lʼirruption récente dʼinstances publiques de financement dans les débats sur lʼaccès aux publications. Elle sera particulièrement attentive aux conceptions de lʼédition scientifique alors promues et mises en œuvre tout en documentant la coexistence de différentes formes de régulation de ce marché de lʼédition. Les années 1990 ont en effet été marquées par diverses initiatives militantes qui ont vu dans la généralisation de lʼaccès des communautés universitaires aux réseaux électroniques (Usenet, FTP, WWW) des opportunités de transformation. Cʼest le cas des premières archives électroniques permettant la diffusion des articles avant publication en physique (ArXiv, 1991), ou des papiers de travail en économie (RepEc, 1997) et en sciences sociales (Social Sciences Research Network, 1994). Cʼest aussi le cas de lʼappel à lʼauto-archivage systématique pour lʼensemble des chercheurs (Harnad, 1994), ou encore de la création des premières revues à comité de lecture uniquement électroniques et sans abonnement (Psycoloquy et Postmodern Culture, 1990). Au cours des années 2000, les initiatives militantes se sont poursuivies avec notamment les «déclarations dʼindépendance» de revues, les comités de rédaction abandonnant un éditeur privé pour fonder une nouvelle revue en open access. Parallèlement, différents éditeurs scientifiques ont mis en place le principe de lʼauteur-payeur (BioMed Central, 2000 ; Public Library of Science, 2003), pendant que des archives ouvertes ont été promues par des autorités publiques (PubMed Central, 2000 ; Hyper-Archives en Ligne, 2001). Face à ce mouvement, des éditeurs scientifiques commerciaux plus traditionnels ont ouvert certaines de leurs revues au principe de lʼauteur-payeur au choix des auteurs (Springer, 2004 ; Elsevier, Taylor & Francis, 2006) ou ont autorisé lʼauto-archivage des articles publiés sous certaines conditions (Sage, 2005). Cʼest dans ce contexte quʼapparaissent les premières mesures publiques, promulguées soit par des universités, soit par des institutions publiques. Cette communication portera plus précisément sur trois dʼentre elles : la politique de dépôt obligatoire dans PubMed Central adoptée par les National Institutes of Health en 2005 et ses suites récentes (projet de loi Research Works Act, pétition The Cost of Knowledge...) les expérimentations (projet PEER) de la Commission Européenne et son adoption dʼune obligation de dépôt pour les projets financés par le PCRD en 2008 (projet OpenAIRE) les réflexions du Parlement britannique depuis 2004, ayant conduit en 2012, via le Finch Report, à lʼadoption dʼun principe de publication en open access des recherches financées par des fonds publics, en suivant la voie de lʼauteur-payeur. Cette communication se fondera sur lʼétude de ces différentes mesures qui seront analysées en tant que résultat plus ou moins stabilisé de la rencontre entre les prises de position des divers acteurs engagés (chercheurs, sociétés savantes, élus, éditeurs, revues...) et de dispositifs sociotechniques particuliers. Elle soulignera les conceptions contrastées du marché de lʼédition scientifique qui sont véhiculées par ces régulations publiques et inscrites dans les technologies. Nous examinerons notamment comment sont traitées les questions de lʼexclusivité (totale ou partielle, marquée par une période dʼembargo...), de la propriété intellectuelle (licencescreative commons, copyright...), et du prix (différenciation suivant la solvabilité des auteurs, modèle freemium).
    Mots-clés:
     
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    L'ouverture du marché de la formation des cadres professionnels des activités physiques : un exemple de domination des acteurs marchands

    Cette communication se propose d'aborder le thème de la domination dans le champ des professions sous l'angle de la formation des cadres sportifs professionnels en montrant, par le jeu des variations d'échelle, comment les choix du législateur en matière de dispositif de formation sont le fruit d'une lutte entre des acteurs aux intérêts divergents. Ainsi il s'agira ici de montrer que la réforme des diplômes permettant l'accès aux métiers d'encadrement des activités physiques opérée en 2001 sous le ministère Buffet entérine la domination des acteurs du monde sportif proche d'une conception marchande de l'encadrement, au détriment des fédérations et des organismes les moins ajustés à la vente de ce type de services. Construit comme un monopole d'Etat relativisé par le système des délégations à des acteurs privés, le marché de la formation des professionnels de l'encadrement d'activités physiques promulgué en 2001 permet à tout organisme de prétendre à l'organisation de formations au brevet professionnel de la jeunesse , de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), diplôme permettant l'exercice du métier. Les conditions de l'organisation de ce marché laissent cependant à penser que, malgré les vœux ministériels lors de l'examen du projet de loi par les instances parlementaires de répondre à un « besoin de qualification adapté à la diversité des pratiques», les chances de voir se construire un marché ouvert de la formation en « élargissant les missions confiées au mouvement sportif [notamment le] développement de l'emploi » ne se répartissent pas de manière homogène entre les différents acteurs du champ de la formation de cadres sportifs professionnels. L'analyse des débats parlementaires et d'entretiens effectués auprès de responsables pédagogiques permettent de se rendre compte des forces qui ont pesé sur les termes de la loi et des textes réglementaires qui ont suivi et montre que l'ouverture du marché profite à des formations et à des marchés déjà fortement investis d'une logique marchande entre un prestataire de service et un client. C'est le cas du secteur des prestations des moniteurs de ski, dont les revendications ont vivement pesé , par l'entremise des députés et des sénateurs des régions dépendantes du «tourisme blanc». C'est aussi le cas des professionnels de l'animation équestre dont le fonctionnement est lié en grande partie au secteur marchand et à la satisfaction des besoins d'une clientèle. Ainsi se dessine un dispositif qui entérine la domination des acteurs les plus en phase avec un marché déjà existant, alors même que les organismes construits historiquement autour d'une activité d'encadrement bénévole, le plus souvent des associations, éprouvent plus de difficultés à rendre opérantes leurs velléités d'intégration dans ce secteur de la formation professionnelle. Une étude en cours concernant le marché de la formation et ses transformations dans la région des Pays de la Loire entre 2001 et 2012 permet de montrer les inégalités objectives des chances entre les organismes de formation. Sous l'apparente égalité du dispositif, les conditions d'accès et plus encore de conservation de sa position sur le marché varient fortement selon les diplômes et selon les organismes de formation qui les proposent.
    Mots-clés:
     
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    L'ouverture du marché de la formation des cadres professionnels des activités physiques : un exemple de domination des acteurs marchands

    Cette communication se propose d'aborder le thème de la domination dans le champ des professions sous l'angle de la formation des cadres sportifs professionnels en montrant, par le jeu des variations d'échelle, comment les choix du législateur en matière de dispositif de formation sont le fruit d'une lutte entre des acteurs aux intérêts divergents. Ainsi il s'agira ici de montrer que la réforme des diplômes permettant l'accès aux métiers d'encadrement des activités physiques opérée en 2001 sous le ministère Buffet entérine la domination des acteurs du monde sportif proche d'une conception marchande de l'encadrement, au détriment des fédérations et des organismes les moins ajustés à la vente de ce type de services. Construit comme un monopole d'Etat relativisé par le système des délégations à des acteurs privés, le marché de la formation des professionnels de l'encadrement d'activités physiques promulgué en 2001 permet à tout organisme de prétendre à l'organisation de formations au brevet professionnel de la jeunesse , de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), diplôme permettant l'exercice du métier. Les conditions de l'organisation de ce marché laissent cependant à penser que, malgré les vœux ministériels lors de l'examen du projet de loi par les instances parlementaires de répondre à un « besoin de qualification adapté à la diversité des pratiques», les chances de voir se construire un marché ouvert de la formation en « élargissant les missions confiées au mouvement sportif [notamment le] développement de l'emploi » ne se répartissent pas de manière homogène entre les différents acteurs du champ de la formation de cadres sportifs professionnels. L'analyse des débats parlementaires et d'entretiens effectués auprès de responsables pédagogiques permettent de se rendre compte des forces qui ont pesé sur les termes de la loi et des textes réglementaires qui ont suivi et montre que l'ouverture du marché profite à des formations et à des marchés déjà fortement investis d'une logique marchande entre un prestataire de service et un client. C'est le cas du secteur des prestations des moniteurs de ski, dont les revendications ont vivement pesé , par l'entremise des députés et des sénateurs des régions dépendantes du «tourisme blanc». C'est aussi le cas des professionnels de l'animation équestre dont le fonctionnement est lié en grande partie au secteur marchand et à la satisfaction des besoins d'une clientèle. Ainsi se dessine un dispositif qui entérine la domination des acteurs les plus en phase avec un marché déjà existant, alors même que les organismes construits historiquement autour d'une activité d'encadrement bénévole, le plus souvent des associations, éprouvent plus de difficultés à rendre opérantes leurs velléités d'intégration dans ce secteur de la formation professionnelle. Une étude en cours concernant le marché de la formation et ses transformations dans la région des Pays de la Loire entre 2001 et 2012 permet de montrer les inégalités objectives des chances entre les organismes de formation. Sous l'apparente égalité du dispositif, les conditions d'accès et plus encore de conservation de sa position sur le marché varient fortement selon les diplômes et selon les organismes de formation qui les proposent.
    Mots-clés:
     
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Le footballeur et son agent : une relation d’interdépendance

    Nous nous intéresserons aux types de relations entretenues entre footballeurs et agents, c’est-à-dire aux relations de pouvoir et/ou de domination comme aux stratégies employées par ces sportifs pour équilibrer et/ou inverser ces rapports. Lors de ces quinze dernières années, suite aux grandes transformations du marché du travail footballistique, la profession d’agent de footballeur n’a cessé de se développer. Il s’agit d’anciens joueurs, dirigeants de clubs, journalistes, avocats reconvertis en agents ; ils sont devenus au fil des années des acteurs incontournables du monde sportif professionnel. L’essentiel de l’activité des agents consiste à négocier les contrats de ses clients et à les conseiller. Cependant, ils sont de plus en plus nombreux à diversifier leurs services auprès des joueurs : gestion de patrimoine, investissement immobilier, négociation de contrats publicitaires, « Personal Assistant », etc. Ainsi les agents sont censés représenter et protéger les intérêts de leurs joueurs face aux clubs qui les emploient. La réputation est un élément fondamental de la carrière d’un agent : une écurie constituée de joueurs à forte valeur médiatique et marchande lui permettra d’enrôler de nouveaux espoirs. A contrario, la faiblesse ou le manque de capital social amènent à investir sur des joueurs au capital sportif et à la médiatisation moins importante. Si la carrière du footballeur reste ou devient précaire et incertaine, la rentabilité de ce dernier apparaît contestable du point de vue de l’agent, justifiant qu’il se désintéresse, voire abandonne ce joueur et investisse sur d’autres, a priori plus prometteurs. Pour attirer de nouveaux joueurs, les agents jouent de leurs relations pour proposer des opportunités d’emploi, sous la forme de périodes d’essai, aux footballeurs au chômage ou en fin de contrat. Il semblerait que ces footballeurs précaires ont intériorisé et accepté, temporairement du moins, le rapport de force défavorable qui caractérise leur relation de travail avec leurs agents. Dans le cadre d’une recherche doctorale portant sur les carrières et les trajectoires professionnelles de footballeurs français émigrés en Grande-Bretagne, nous avons récolté des données (tirées d’une soixantaine d’entretiens semi-directifs réalisés en Angleterre et en Ecosse entre 2008 et 2012), qui témoignent d’une part de la relation complexe et ambigüe entre les joueurs de football et leurs agents, d’autre part du grand décalage entre les promesses faites par des agents aux joueurs et la réalité vécue par certains d’entre eux. Par exemple, des enquêtés ayant suivi les conseils de leur agent ont migré à l’étranger (Roumanie, Belgique, Israël, etc.) pour y réaliser des essais dans des clubs professionnels. Ils ont été abandonnés sur place et livrés à eux-mêmes sans aucune ressource. Tantôt « complices », tantôt « ennemis », agents et footballeurs sont liés par un étroit rapport d’interdépendance.
    Mots-clés:
    Footballeurs, Agents, Interdépendance, Précarité, Réputation
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT31 Sociologie du sport et des activités physiques

    Session: 3d Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h (session parallèle)

    Le footballeur et son agent : une relation d’interdépendance

    Nous nous intéresserons aux types de relations entretenues entre footballeurs et agents, c’est-à-dire aux relations de pouvoir et/ou de domination comme aux stratégies employées par ces sportifs pour équilibrer et/ou inverser ces rapports. Lors de ces quinze dernières années, suite aux grandes transformations du marché du travail footballistique, la profession d’agent de footballeur n’a cessé de se développer. Il s’agit d’anciens joueurs, dirigeants de clubs, journalistes, avocats reconvertis en agents ; ils sont devenus au fil des années des acteurs incontournables du monde sportif professionnel. L’essentiel de l’activité des agents consiste à négocier les contrats de ses clients et à les conseiller. Cependant, ils sont de plus en plus nombreux à diversifier leurs services auprès des joueurs : gestion de patrimoine, investissement immobilier, négociation de contrats publicitaires, « Personal Assistant », etc. Ainsi les agents sont censés représenter et protéger les intérêts de leurs joueurs face aux clubs qui les emploient. La réputation est un élément fondamental de la carrière d’un agent : une écurie constituée de joueurs à forte valeur médiatique et marchande lui permettra d’enrôler de nouveaux espoirs. A contrario, la faiblesse ou le manque de capital social amènent à investir sur des joueurs au capital sportif et à la médiatisation moins importante. Si la carrière du footballeur reste ou devient précaire et incertaine, la rentabilité de ce dernier apparaît contestable du point de vue de l’agent, justifiant qu’il se désintéresse, voire abandonne ce joueur et investisse sur d’autres, a priori plus prometteurs. Pour attirer de nouveaux joueurs, les agents jouent de leurs relations pour proposer des opportunités d’emploi, sous la forme de périodes d’essai, aux footballeurs au chômage ou en fin de contrat. Il semblerait que ces footballeurs précaires ont intériorisé et accepté, temporairement du moins, le rapport de force défavorable qui caractérise leur relation de travail avec leurs agents. Dans le cadre d’une recherche doctorale portant sur les carrières et les trajectoires professionnelles de footballeurs français émigrés en Grande-Bretagne, nous avons récolté des données (tirées d’une soixantaine d’entretiens semi-directifs réalisés en Angleterre et en Ecosse entre 2008 et 2012), qui témoignent d’une part de la relation complexe et ambigüe entre les joueurs de football et leurs agents, d’autre part du grand décalage entre les promesses faites par des agents aux joueurs et la réalité vécue par certains d’entre eux. Par exemple, des enquêtés ayant suivi les conseils de leur agent ont migré à l’étranger (Roumanie, Belgique, Israël, etc.) pour y réaliser des essais dans des clubs professionnels. Ils ont été abandonnés sur place et livrés à eux-mêmes sans aucune ressource. Tantôt « complices », tantôt « ennemis », agents et footballeurs sont liés par un étroit rapport d’interdépendance.
    Mots-clés:
    Footballeurs, Agents, Interdépendance, Précarité, Réputation
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Jeu de dominations subies et possibles résistances des étudiants infirmiers universitarisés. Process de construction des représentations d’un métier

    La question des rapports de domination médicale intra et inter professionnelle et de ceux que subissent les patients est une question peu étudiée chez les étudiants infirmiers. Pourtant, dès les premiers stages, les étudiants pratiquent le terrain. Et depuis 2010, la réforme d’universitarisation des IFSI en France exacerbe ces rapports de domination en soulevant de nouvelles problématiques sur le devenir du métier d’infirmier et de sa professionnalisation. En effet, il existe une représentation collective du pouvoir médical et technique dominant le care ou la prise en soin, comme il existe une double injonction contradictoire entre pratiques normalisées des tâches et comportements personnalisés auprès des patients. Des entre-deux et des incertitudes composent, le plus souvent de manière informelle, le cursus de l’étudiant en soins infirmiers. Cette communication a pour intention d’interroger les rapports de domination et les éventuelles résistances que produisent les représentations des étudiants de leur futur métier d’infirmier, et sur leurs effets. Confronté à une image de la réalité sociale du travail édifiée dans les tréfonds du discours dominant de l’autorité médicale, le stagiaire novice craint les effets de ses sentiments éprouvés dans le rapport au patient, ou au contraire les érige comme résistance à des formes de rationalisation. A partir d’une enquête qualitative menée dans deux IFSI de la région parisienne et constituée d’une quinzaine d’entretiens semi-directifs de type compréhensif, nous nous sommes intéressés au point de vue des étudiants infirmiers, et sur le sens qu’ils donnent à leur comportement. L’enquête a été menée sur les trois années d’étude confondues nous permettant ainsi de comprendre les process de construction du métier en soins infirmiers. Une partie plus informelle liée à notre statut de chercheur également enseignant en IFSI a donné lieu à des observations participantes mettant en scène des interactions autour des questionnements de ces étudiants. Les premiers résultats montrent que la période du stage est au fondement des représentations. D’une part, c’est moins l’aspect technique que la relation entretenue avec l’équipe soignante et ses rapports au pouvoir, qui influence l’orientation professionnelle des étudiants de notre enquête.D’autre part, le développement des techniques dans les soins renvoient à de nouvelles compétences et capacités d’action. De ce point de vue, l’image idéale de l’infirmier prenant en compte les attentes individualisées du patient représente parfois la passivité et l’effacement, voire des formes d’invisibilité. Ce détournement négatif que semble posséder la compétence relationnelle pose un problème de reconnaissance, non pas dans la fonction même de la pratique mais dans la représentation que l’étudiant infirmier se fait de cette pratique. Enfin ces réflexions nous amèneront sans doute à discuter autour de l’autonomie comme « idéal normatif » dominant la trajectoire de l’étudiant.
    Mots-clés:
    étudiants infirmiers - représentations - relation care , résistances - sociologie de l'affect
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    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Jeu de dominations subies et possibles résistances des étudiants infirmiers universitarisés. Process de construction des représentations d’un métier

    La question des rapports de domination médicale intra et inter professionnelle et de ceux que subissent les patients est une question peu étudiée chez les étudiants infirmiers. Pourtant, dès les premiers stages, les étudiants pratiquent le terrain. Et depuis 2010, la réforme d’universitarisation des IFSI en France exacerbe ces rapports de domination en soulevant de nouvelles problématiques sur le devenir du métier d’infirmier et de sa professionnalisation. En effet, il existe une représentation collective du pouvoir médical et technique dominant le care ou la prise en soin, comme il existe une double injonction contradictoire entre pratiques normalisées des tâches et comportements personnalisés auprès des patients. Des entre-deux et des incertitudes composent, le plus souvent de manière informelle, le cursus de l’étudiant en soins infirmiers. Cette communication a pour intention d’interroger les rapports de domination et les éventuelles résistances que produisent les représentations des étudiants de leur futur métier d’infirmier, et sur leurs effets. Confronté à une image de la réalité sociale du travail édifiée dans les tréfonds du discours dominant de l’autorité médicale, le stagiaire novice craint les effets de ses sentiments éprouvés dans le rapport au patient, ou au contraire les érige comme résistance à des formes de rationalisation. A partir d’une enquête qualitative menée dans deux IFSI de la région parisienne et constituée d’une quinzaine d’entretiens semi-directifs de type compréhensif, nous nous sommes intéressés au point de vue des étudiants infirmiers, et sur le sens qu’ils donnent à leur comportement. L’enquête a été menée sur les trois années d’étude confondues nous permettant ainsi de comprendre les process de construction du métier en soins infirmiers. Une partie plus informelle liée à notre statut de chercheur également enseignant en IFSI a donné lieu à des observations participantes mettant en scène des interactions autour des questionnements de ces étudiants. Les premiers résultats montrent que la période du stage est au fondement des représentations. D’une part, c’est moins l’aspect technique que la relation entretenue avec l’équipe soignante et ses rapports au pouvoir, qui influence l’orientation professionnelle des étudiants de notre enquête.D’autre part, le développement des techniques dans les soins renvoient à de nouvelles compétences et capacités d’action. De ce point de vue, l’image idéale de l’infirmier prenant en compte les attentes individualisées du patient représente parfois la passivité et l’effacement, voire des formes d’invisibilité. Ce détournement négatif que semble posséder la compétence relationnelle pose un problème de reconnaissance, non pas dans la fonction même de la pratique mais dans la représentation que l’étudiant infirmier se fait de cette pratique. Enfin ces réflexions nous amèneront sans doute à discuter autour de l’autonomie comme « idéal normatif » dominant la trajectoire de l’étudiant.
    Mots-clés:
    étudiants infirmiers - représentations - relation care , résistances - sociologie de l'affect
  • Maître de conférences

    Co-auteurs: Chloe Delaporte IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle

    RT37 Sociologie des médias

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    De la rhétorique émancipatoire à l’idéal normatif. Représentations et réceptions des émissions de relooking.

    Depuis les années 2000, les émissions de relooking sont des lieux privilégiés de production de modèles de genre, en tant qu’elles promeuvent des « bons » et des « mauvais » looks. Cette communication propose de se pencher sur deux émissions de relooking diffusées sur la chaîne M6 depuis 2004 et 2008, Nouveau Look Pour Une Nouvelle Vie et Belle Toute Nue, étudiées dans le cadre du projet collectif Arpège financé par le Ministère de la culture. Dans un premier temps, elle interrogera les rapports sociaux de genre à travers l’étude des représentations médiatiques. Les émissions de relooking prennent-elles le contre-pied des modèles normatifs, voire les stéréotypes, de la féminité et de la masculinité et l’hégémonie masculine ? Dans un second temps, cette communication se penche, à l’aide d’entretiens, sur les négociations des spectateurs avec les modèles de genre proposés par les émissions, en interrogeant la place de l’usage des dispositifs numériques dans l’activité de visionnage et les modes de lecture développés. Elle défendra l’idée selon laquelle les dispositifs d’écriture numérique sont certes des moyens de formulation et d’expression d’une réception parfois critique et distanciée des modèles de genre proposés dans les émissions de relooking, mais qu’ils activent et encouragent également des lectures sur le mode hégémonique, notamment par leur instantanéité et leur participation aux aspects répétitifs des émissions.
    Mots-clés:
    genre, normes, usages numériques, télévision
  • professeur
    RT14 Sociologie des arts et de la culture

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Les palmarès des artistes les plus reconnus et des personnalités les plus influentes de l’art contemporain. Qui sont les juges et qui sont les élus ?

    Si les historiens d’art considèrent généralement que l’art contemporain est apparu après la seconde guerre mondiale, les curateurs fixent, quant à eux, l’émergence de l’art contemporain à la toute fin des années 1960 avec l’organisation, en 1969, de la grande exposition séminale organisée par Harald Szeeman « Quand les attitudes deviennent formes ». C’est donc pratiquement dès l’apparition de l’art contemporain qu’un journaliste économique allemand, Willy Bongard, a créé, en 1970, un palmarès – d’abord publié par Capital puis par Manager Magazin - entendant rendre compte des 100 artistes contemporains les plus en vue, le Kunstkompass (la boussole de l’art). Publié quasi-annuellement depuis lors, le classement nous permet, en lui appliquant une grille de lecture sociologique, d’étudier comment ont évolué les caractéristiques des artistes les plus consacrés en termes d’âge, de genre ou de nationalité (ou de pays de résidence) entre autres caractéristiques sociales qui l’on pourrait également prendre en compte. Les grands traits de nos résultats seront ici présentés pour rendre compte des « territoires des dominations artistiques » en termes de groupes d’âges, de genre ou de géo-politique. Puis nous présenterons un autre palmarès, le Power 100, publié annuellement depuis onze ans par le mensuel en ligne The ArtReview, qui entend rendre compte des personnalités les plus influentes du monde de l’art contemporain. Cela nous permettra d’analyser, là encore sociologiquement, les caractéristiques des juges, de ceux qui composent les académies informelles du monde de l’art contemporain, et d’étudier comment elles ont évolué au cours de la dernière décennie. Cela nous permettra également de comparer les caractéristiques des juges et de ceux qui sont élus, et de tester ainsi l’hypothèse bourdieusienne d’homologie entre les deux ensembles de traits.
    Mots-clés:
    art contemporain - expertise - palmarès - notoriété
  • Professeur des universités
    GT49 Histoire de la sociologie

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    « Brève histoire de la sociologie de la science : une lente dissolution de l’objet ? »

    Il revient à Merton d’avoir tenté, à partir des années 40, de penser l’unité de la science. Laissant aux historiens et philosophes des sciences le soin d’analyser les contenus cognitifs de la science, Merton s’est attelé en priorité à une analyse de sa structure normative, qu’il a prolongée par des investigations sur le système d’évaluation et de rétribution de la science, sur la nature concurrentielle de l’activité scientifique et les processus de stratification sociale interne à la science. Cette vision monolithique de l’institution scientifique a longtemps prévalu, au moins jusque dans les années 60. Puis elle a progressivement disparu pour faire place à des analyses plus soucieuses de rendre compte de la différenciation interne de la science, de l’éclatement de sa base institutionnelle. Certains spécialistes se sont penchés sur les logiques de segmentation en disciplines ou en spécialités, d’autres se sont intéressés à la science dans une perspective de sociologie des organisations et des professions. Parmi les dernières, certaines analyses ont attiré l’attention sur la diversification croissante des situations professionnelles des scientifiques liée à la sécularisation multiforme de la science. Soucieux de mettre en exergue l’hétérogénéité de la science, la complexité et le morcellement de sa base institutionnelle, à force de relativiser son autonomie, les sociologues des sciences qui ont œuvré à la suite du Programme Fort initié par Bloor et Barnes sont parvenus à substituer aux idées de champ, de système ou d’espace scientifique, l’image d’une constellation sans frontières constituée de myriades de réseaux éphémères en évolution perpétuelle. Progressivement, un changement de focale s’opère qui se traduit par une substitution du niveau d’analyse microsociologique au niveau macrosociologique, une valorisation de l’idiographie, un rejet des schémas causalistes et un repli des sociologues dans le présent. Il importe désormais de focaliser sur l’individu, sur sa capacité à construire et sémantiser, en relation avec d’autres, le contexte de son activité et sur les processus toujours locaux et contingents par lesquels le réel émerge et est catégorisé. Les notions « classiques » de champ, de système, de discipline, de spécialité, les distinctions entre société et nature, entre science et société ne sont plus considérées désormais que comme de simples démarcations artificielles. Mais ce n’est pas tout. La dissolution de la réalité institutionnelle de la science trouve une forme de parachèvement, d’une part, dans la substitution récurrente d’une explication des pratiques scientifiques par les intérêts à une explication plus classique par l’apprentissage de normes spécifiques et, d’autre part, dans la dénégation de sa spécificité épistémologique.
    Mots-clés:
    Sociologie des sciences, constructivisme, relativisme
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    RT33 Famille, vie privée, vie publique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La parentalité adoptive entre décisions personnelles et normes de références

    Dans cette communication, il s’agira de mettre en lumière la manière dont les parents adoptifs vivent et gèrent les injonctions qui leur sont adressées. La parentalité adoptive est une fenêtre d’observation privilégiée des modalités de réception et de gestion des normes par les parents contemporains. Si tous les parents sont aujourd’hui en prise avec une série de normes liées à la parentalité (disponibilité et investissement continu auprès de l’enfant, assurance de sa protection et défense de son intérêt, accompagnement de celui-ci dans la découverte et la réalisation de soi, participation à son autonomisation, souci de son avenir et de son insertion sociale), dont l’articulation s’avère parfois difficile voire délicate, les parents adoptifs y sont confrontés de manière tout à fait spécifique, car explicite. Dans le cas de l’adoption, le projet parental et familial, pourtant éminemment personnel, sort en partie de la sphère privée, intime : sa réalisation et sa mise en œuvre sont conditionnées à l’approbation et à la validation d’un tiers institutionnel, l’Etat, d’abord en charge de délivrer un agrément pour l’adoption, puis de procéder à des contrôles successifs une fois l’enfant arrivé au foyer. Cette étude est réalisée dans une perspective de sociologie compréhensive à partir d’entretiens réalisés avec 60 parents ayant adopté à l’étranger au cours des cinq dernières années. Elle est financée par la CNAF et menée avec Florences Brunet et Pauline Kertudo de FORS- Recherche sociale.
    Mots-clés:
    parentalité adoptive, normes éducatives
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    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Remaniements des entreprises : organisation en reseau et restructurations - Vers un brouillage de la figure de l’employeur ?

    Par-delà la crise financière qui tend à occuper le devant de la scène, la période actuelle est marquée par des recompositions du système productif. Du débat en cours sur le sens de ces remaniements, deux types d’interprétations peuvent être dégagées : une « financiarisation » accrue, se traduisant par une recherche de compression des coûts (en particulier salariaux) ; l’essor d’un modèle productif postfordien ou néofordien, axé sur une quête de flexibilité. Ceci se manifeste notamment par des mouvements de restructurations récurrents et l’essor d’organisations en réseaux (intraentreprises et interentreprises). Dès lors, dans nombre de cas, la structure « classique » de la firme est remise en cause, avec un périmètre et des frontières instables, en constante reconfiguration. Notre hypothèse est que ces remaniements organisationnels tendent à brouiller la figure de l’employeur. Aussi, alors même que ces changements affectent les situations de travail et d’emploi, la question des modes de négociation (au sens large, incluant la contestation et le conflit) se pose en des termes renouvelés aux salariés et à leurs représentants. Nous proposons de contribuer à la réflexion sur ce thème, dans une perspective d’analyse au carrefour de l’Economie industrielle et de la Sociologie du travail. Sur la base d’observations conduites au sein de grandes entreprises industrielles implantées sur le territoire français, nous conduirons une analyse articulant trois niveaux. Nous examinerons en quoi les remaniements organisationnels de ces entreprises conduisent à complexifier l’identification des lieux de prise de décisions managériales (dispersion, emboitement, changements récurrents). Nous aborderons les conséquences de ces remaniements dans les situations de travail : changements de périmètres des entités organisationnelles et des collectifs de travail, nouvelles répartitions des taches, externalisations partielles, réductions d’effectifs, émergence de collectifs atypiques (par exemple mêlant des salariés de différents services ou sociétés),etc. Nous dégagerons les questions qui se trouvent alors posées aux salariés et leurs représentants pour conduire des négociations sur les transformations de leur activité et la défense des conditions de travail et d’emploi, en conduisant une réflexion quant aux effets induits en terme de relations salariales et plus largement de rapport de subordination. Références AGLIETTA M., 2008, La crise, Paris : Michalon. BERCOT R., DE CONINCK F., 2003 « Que devient le travail collectif dans des groupes entrecroisés et transitoires ? Une analyse simmelienne », Gérer et Comprendre, n° 72, Juin, pp. 69-78. BOLTANSKI L., CHIAPELLO E., 1999, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris : Gallimard. BOYER R., DURAND J-P., 1998, L'après fordisme, Paris : Syros. DEJOURS C., 1998, Souffrances en France, Paris : Seuil. DURAND JP., 2004, La chaîne invisible. Travailler aujourd'hui : du flux tendu à la servitude volontaire, Le Seuil, EYMARD-DUVERNAY F., 2004, Economie politique de l'entreprise, Paris : La Découverte. FREYSSINET J., 2005, « Quels acteurs et quels niveaux pertinents de représentation dans un système productif en restructuration ? », in M. Raveyre (dir.), Restructurations, nouveaux enjeux, La Revue de l'IRES, n°47, p. 319-334. LINHART D., 2009, Travailler sans les autres ? Paris : Seuil. MARIOTTI, F., 2005, Qui gouverne l'entreprise-réseau ?, Paris : Presses de La Fondation Nationale de Sciences Politiques. RAVEYRE M., 2008, « Le management social des restructurations et la prise en compte du travail », Enjeux et défis des restructurations d’entreprises, numéro spécial, Montréal, International Management, vol.12, pp. 11-18. VELTZ P., 2000, Le nouveau monde industriel, Paris : Gallimard.
    Mots-clés:
    réorganisation, entreprises, employeur
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    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Remaniements des entreprises : organisation en reseau et restructurations - Vers un brouillage de la figure de l’employeur ?

    Par-delà la crise financière qui tend à occuper le devant de la scène, la période actuelle est marquée par des recompositions du système productif. Du débat en cours sur le sens de ces remaniements, deux types d’interprétations peuvent être dégagées : une « financiarisation » accrue, se traduisant par une recherche de compression des coûts (en particulier salariaux) ; l’essor d’un modèle productif postfordien ou néofordien, axé sur une quête de flexibilité. Ceci se manifeste notamment par des mouvements de restructurations récurrents et l’essor d’organisations en réseaux (intraentreprises et interentreprises). Dès lors, dans nombre de cas, la structure « classique » de la firme est remise en cause, avec un périmètre et des frontières instables, en constante reconfiguration. Notre hypothèse est que ces remaniements organisationnels tendent à brouiller la figure de l’employeur. Aussi, alors même que ces changements affectent les situations de travail et d’emploi, la question des modes de négociation (au sens large, incluant la contestation et le conflit) se pose en des termes renouvelés aux salariés et à leurs représentants. Nous proposons de contribuer à la réflexion sur ce thème, dans une perspective d’analyse au carrefour de l’Economie industrielle et de la Sociologie du travail. Sur la base d’observations conduites au sein de grandes entreprises industrielles implantées sur le territoire français, nous conduirons une analyse articulant trois niveaux. Nous examinerons en quoi les remaniements organisationnels de ces entreprises conduisent à complexifier l’identification des lieux de prise de décisions managériales (dispersion, emboitement, changements récurrents). Nous aborderons les conséquences de ces remaniements dans les situations de travail : changements de périmètres des entités organisationnelles et des collectifs de travail, nouvelles répartitions des taches, externalisations partielles, réductions d’effectifs, émergence de collectifs atypiques (par exemple mêlant des salariés de différents services ou sociétés),etc. Nous dégagerons les questions qui se trouvent alors posées aux salariés et leurs représentants pour conduire des négociations sur les transformations de leur activité et la défense des conditions de travail et d’emploi, en conduisant une réflexion quant aux effets induits en terme de relations salariales et plus largement de rapport de subordination. Références AGLIETTA M., 2008, La crise, Paris : Michalon. BERCOT R., DE CONINCK F., 2003 « Que devient le travail collectif dans des groupes entrecroisés et transitoires ? Une analyse simmelienne », Gérer et Comprendre, n° 72, Juin, pp. 69-78. BOLTANSKI L., CHIAPELLO E., 1999, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris : Gallimard. BOYER R., DURAND J-P., 1998, L'après fordisme, Paris : Syros. DEJOURS C., 1998, Souffrances en France, Paris : Seuil. DURAND JP., 2004, La chaîne invisible. Travailler aujourd'hui : du flux tendu à la servitude volontaire, Le Seuil, EYMARD-DUVERNAY F., 2004, Economie politique de l'entreprise, Paris : La Découverte. FREYSSINET J., 2005, « Quels acteurs et quels niveaux pertinents de représentation dans un système productif en restructuration ? », in M. Raveyre (dir.), Restructurations, nouveaux enjeux, La Revue de l'IRES, n°47, p. 319-334. LINHART D., 2009, Travailler sans les autres ? Paris : Seuil. MARIOTTI, F., 2005, Qui gouverne l'entreprise-réseau ?, Paris : Presses de La Fondation Nationale de Sciences Politiques. RAVEYRE M., 2008, « Le management social des restructurations et la prise en compte du travail », Enjeux et défis des restructurations d’entreprises, numéro spécial, Montréal, International Management, vol.12, pp. 11-18. VELTZ P., 2000, Le nouveau monde industriel, Paris : Gallimard.
    Mots-clés:
    réorganisation, entreprises, employeur
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    RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    "La frontière du thérapeutique et de l’éducatif dans le cadre du traitement des criminels sexuels : médicalisation et effets d’impositions"

    C’est à partir des années 80 qu’a émergé le problème public de la criminalité sexuelle avec une attention particulière portée sur les violences sexuelles sur enfants. Cette émergence s’est traduite par une hausse conséquente de la population carcérale des criminels sexuels ainsi que par la mise en place de dispositifs visant à gérer le risque de récidive, perçu comme élevé, de cette population. Deux dispositifs ont particulièrement retenus notre attention : l’injonction de soins qui contraint un condamné à un suivi médical ou psychologique après sa peine de prison et les programmes de prévention de la récidive (PPR) qui consistent en une prise en charge, en groupe, du condamné, par des CPIP (conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation). La mise en œuvre de ces deux dispositifs a été sous-tendue par l’émergence de deux champs professionnels : la psychiatrie pénitentiaire (sous tutelle du ministère de la santé) et les SPIP (Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation sous tutelles du ministère de la justice). Ces deux dispositifs mobilisant des techniques différentes (éducatives et thérapeutiques) se sont projetés cependant dans des objectifs similaires : faire travailler le criminel sur lui-même, sur sa conscience, sur ses ressentis. Dès lors un des enjeux pour les acteurs a été de définir les frontières de leurs pratiques : qu’est ce qui relève du soin ? Qu’est-ce qui relève de l’éducatif ? L’intérêt sera ici de s’interroger sur la façon dont le contenu des tâches a été défini à travers un certain nombre d’interactions (E. Hugues, 1996). Notre communication s’inscrit dans un travail de recherche mené dans le cadre de notre thèse et s’appuiera sur des analyses d’entretiens menés auprès d’acteurs soignants et CPIP. Elle s’appuiera également sur un travail de recherche bibliographique et sur l’observation de situations d’interactions entre équipes de soignants et équipes de CPIP. Notre enquête montre que ce travail de définition laisse apparaitre un rapport de domination entre le champ du soin et le champ du travail social. D’une part à travers l’imposition d’une définition de la situation problématique du condamné par les acteurs soignants. D’autre part par la construction d’un scénario de prise en charge rythmé et tourné vers des objectifs définis par les acteurs du soin.
    Mots-clés:
    Programme de prévention de la récidive, criminels sexuels, médicalisation
  • MCF
    RT18 Relations Professionnelles

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Entrepreneuriat, pouvoir patronal et contrepouvoir syndical dans les petites entreprises

    L'histoire française du droit syndical en entreprise est celle d'un développement compliqué qui s'arrête aux portes des plus petites d'entre elles. Le patronat a toujours réussi à défendre l'idée d'une inadéquation du fait syndical à la réalité des relations sociales dans les TPE. Les responsables patronaux considèrent notamment que les échanges y sont suffisamment directs et naturels, personnalisés et permanents pour qu'une représentation collective dans l'entreprise soit justifiée. Inutile, elle pourrait même être une menace à cet équilibre naturel. A partir de recherches récentes et en cours sur l'action syndicale en direction des TPE-PME, ma communication interroge les fondements de cet argumentaire patronal contre la présence syndicale dans les petites entreprises et le met en perspective d'une idéologie de l'entrepreneuriat qui se conjugue mal avec les contrepouvoirs salariés.
    Mots-clés:
    Syndicats, démocratie sociale, petites entreprises
  • Doctorante
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation

    Session: 2b Mardi 3 sept. - 8h30-10h (session parallèle)

    Forme scolaire des savoirs et inégalités à l’école maternelle : appropriation, construction et reconnaissance différentielles des savoirs des élèves dans les activités pédagogiques

    A l’école maternelle, comme dans l’ensemble du système éducatif, des liens forts entre performances scolaires et origine sociale des élèves peuvent être observés (Duru-Bellat, 2003). Plusieurs études récentes montrent, en outre, qu’à ce niveau de la scolarité, l’activité scolaire elle-même contribue à la construction des inégalités (Joigneaux, 2009 ; Bautier, 2008 ; Crinon, Rochex, 2011). En lien avec ces travaux, et s’appuyant sur la sociologie de la pédagogie proposée par Basil Bernstein (Bernstein, 2007 ; Frandji, Vitale, 2008), ma recherche doctorale interroge plus particulièrement les processus sociaux et épistémiques participant aux différentiations d’apprentissage chez les élèves. L’enquête se base sur une centaine d’heures d’observations, réalisées au cours de l’année 2010-2011, dans six classes de Grande Section (dernière année d’école maternelle, destinée aux enfants de 5-6 ans) de la région PACA et situées dans des milieux sociaux variés (3 écoles classées « éducation prioritaire », 3 écoles « ordinaires »). Cette communication se propose de montrer plus particulièrement en quoi la forme scolaire (Vincent, 1994) se traduit dans les classes observées par des attentes implicites au niveau des types de savoirs considérés comme légitimes et les relations de domination que cela recouvre. Le propos s’organisera en deux temps. On commencera par montrer comment, dans les activités pédagogiques, se donnent à voir différents modes d’appropriation des savoirs par les élèves, modes diversement positionnés par rapport aux formes scolaires attendues. Cela permettra, dans un deuxième temps, d’exposer la réception de ces différentes formes de savoir dans la situation scolaire, tant sur le plan de la construction des apprentissages que de la valeur qui leur est accordée par les enseignants et les autres élèves. Sera ainsi mis en évidence en quoi la forme scolaire donnée aux savoirs tend à invisibiliser, voire à nier, les autres formes de savoir qui s’expriment dans les classes et, par là même, à établir, dès l’école maternelle, des inégalités, des « dominants » et des « dominés » dans les activités scolaires.
    Mots-clés:
    Pédagogie, Inégalité, Ecole maternelle, Savoirs
  • Doctorante en sociologie
    RT24 Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l'altérité

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Pratiques et expressions de la domination masculine au regard d'une culture de métier : l'exemple de la logistique et du transport de marchandises

    Haude Rivoal - hauderivoal@hotmail.fr Doctorante Université Paris VIII- CRESPPA-GTM Pratiques et expressions de la domination masculine au regard d'une culture de métier : L'exemple de la logistique et du transport de marchandises. La chaîne logistique frigorifique (transport et logistique sous température dirigée) organise les flux de marchandises (frais et/ou surgelés) auprès des différentes filières de distribution. Les techniques de stockage, de manutention ou d'acheminement des produits s'y développent sous de fortes contraintes (organisationnelles et structurelles). Secteur à 85% masculin, la sexuation des métiers y est très forte. La pénibilité liée aux emplois (flexibilité des horaires, travail de nuit, travail sous température négative, forte mobilisation du corps) accentue la naturalisation des compétences. Cette division sexuelle du travail est confortée par une culture de métiers aux normes très masculines. A la domination numérique, s’ajoute une domination structurelle et organisationnelle qui enferme dans une dichotomie les rapports sociaux de sexe par la combinaison de dimensions matérielles et symboliques. Cependant, dans le domaine du transport et de la logistique, un mouvement récent de féminisation semble être un phénomène (même s’il est marginal) assez remarquable pour être interrogé. La modernisation des outils de production et les nouvelles normes de la division sexuelle du travail ont permis une féminisation de ces professions. Cette féminisation intervient dans un monde du travail en pleine mutation (économique, organisationnelle, technique et sociale). Aujourd’hui, de nouveaux enjeux socioculturels comme les inégalités hommes-femmes ou la protection de l’environnement, s’ajoutent aux anciens enjeux socio- économiques (répartition des richesses, propriété ou contrôle des moyens de production), portés par de nouveaux types de mouvements sociaux. L’égalité professionnelle est désormais un enjeu de la RSE intégrant à la dimension économique, des dimensions environnementales et sociales, car si l’égalité professionnelle contribue au bien-être des salariés, elle contribue aussi à la mesure de la performance d’une organisation. Celle-ci est désormais contrôlée, voir encadrée car la progression du profit ne suffit plus pour apprécier la performance globale d’une entreprise. Dans cette dynamique, l’état s’impose comme un régulateur. Or cette problématique se complexifie dans des milieux « masculins » où à l’obligation légale et à la féminisation de la sphère professionnelle se heurte des contraintes organisationnelles et/ou culturelles. Il s'agit donc d'étudier si les nouvelles normes de la DST (imposées par la loi ou résultant d’une évolution sociétale) peuvent interroger les normes de domination dans un secteur masculin, voir créer de nouvelles formes de solidarités au-delà d’une bipartition genrée. À partir d’une étude de cas réalisée dans un grand groupe européen de la logistique et du transport frigorifique (15% d’effectif féminin sur un Groupe qui compte près de 15 000 employés), il s’agira donc d’interroger la DST dans une perspective interactionniste, selon les manifestations concrètes et tangibles (la négociation d’un accord Groupe sur l’égalité professionnelle, les politiques diversité engagées, etc.) au regard de la subjectivité culturelle et des contraintes locales ou globales.
    Mots-clés:
     
  • Professeur
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Une science au service des entreprises multinationales ? La contribution de l’agronomie roumaine à la production des formes économiques légitimes

    L’agriculture roumaine constitue une cible de choix pour les entreprises multinationales de l’industrie agrochimique. En 2008, l’utilisation de produits phytosanitaires n’y dépasse pas 2kg par hectare en moyenne, contre 12kg par hectare dans l’ensemble de l’UE. Ce décalage offre une importante marge de développement. Il trouve à s’expliquer par la structure agraire formée après la chute du régime communiste. Les petits propriétaires privilégient la polyculture, sur une base familiale et dans une logique de subsistance. Ils utilisent très peu d’intrants. Parce qu’elles couvrent dans leur ensemble une large surface, les terres des petits exploitants sont perçues comme un potentiel inexploité. Elles sont convoitées par de grandes exploitations qui se tournent vers la monoculture intensive et l’exportation, en recourant à des produits phytosanitaires et des semences commerciales. Les firmes multinationales de l’agrochimie qui s’implantent en Roumanie (Monsanto, BASF Agro, Pioneer Hi-Bred) préconisent en conséquence une diminution du nombre d’agriculteurs et un regroupement des terres. Elles financent des recherches agronomiques tout entières tournées vers les productions intensives. Les études qu’elles commandent contribuent symétriquement à ranger les micropropriétés dans la catégorie des formes économiques rétrogrades. Elles disqualifient préventivement toute démarche qui consisterait à les valoriser par d’autres modes d’organisation (circuits courts ; certification biologique, etc.). Pour autant, l’évolution observée ne saurait être réduite à un glissement mécanique des recherches, provoqué par l’apparition de nouvelles sources de financement. L’emprise de l’industrie agrochimique trouve à s’expliquer par des logiques d’intéressement plus complexes. Elle doit être mise en rapport avec des luttes internes à l’agronomie et des enjeux proprement académiques. Pour bien l’appréhender, il importe de prendre en compte les positions occupées sous le régime communiste et après son effondrement. Un point d’appui théorique peut être trouvé dans la sociologie des sciences développée par Pierre Bourdieu et dans ses « adaptations créatives » (Albert & Kleinman, 2011). La démarche consiste à caractériser un « champ scientifique » dans lequel les agents dominants sont les chercheurs qui instaurent « en mesure de toute pratique scientifique l’étalon le plus favorable à leurs capacités personnelles et institutionnelles » (Bourdieu, 1976, 90). Les structures de l’échange scientifique peuvent être identifiées avec précision, dans la mesure où il existe « une homologie à peu près parfaite entre l’espace des prises de position, conçu comme espace de formes, de styles, de modes d’expression autant que de contenus exprimés, et l’espace des positions occupées par leurs auteurs dans le champ de production » (Bourdieu, 1984, 296-97). L’agronomie roumaine peut être étudiée à travers ce prisme. Le point de départ est constitué par le rapport de force établi entre l’Académie des sciences agricoles et l’Université. La première a été placée au cœur du dispositif de recherche sous le régime communiste, en appui sur un puissant réseau de stations agronomiques. Maintenue en place après 1990 et toujours introduite dans les groupes de travail constitués par le ministère de l’Agriculture, elle est privée de tout financement public récurrent et ne peut plus mener des recherches de pointe ni attirer de nouveaux cadres scientifiques. L’Université a quant à elle été tenue à l’écart de la recherche. A défaut de pouvoir compter sur de puissants relais politiques et administratifs à l’échelle nationale, elle bénéficie désormais du fait que ses structures sont ajustées aux standards étrangers et au fonctionnement des réseaux scientifiques internationaux. Deux hypothèses peuvent être formulées sur cette base : (1) La structure générale des positions occupées par les animateurs du champ scientifique permet d’analyser les prises de positions et de comprendre la façon dont chaque institution scientifique cherche à valoriser ses propres atouts au détriment de sa concurrente. (2) En attribuant des ressources compensatoires aussi bien aux stations de recherche qu’à l’Université, les entreprises agrochimiques renforcent leur emprise: elles tirent parti des luttes académiques enregistrées et orientent les recherches dans un sens qui sert leurs desseins économiques. Ces hypothèses sont examinées au moyen d’enquêtes empiriques réalisées entre 2007 et 2012. Quatre corpus complémentaires ont fait l’objet d’un traitement qualitatif. (1) Une première enquête documentaire nous a conduit à dépouiller les organigrammes, la documentation institutionnelle, les contrats de recherche et les rapports d’évaluation de 12 Stations de recherche agronomique et des Universités de sciences agricoles (2) Au cours de l’année 2010, nous avons recueilli les curricula des chercheurs et enseignants-chercheurs statutaires ; des diplômés d’agronomie ; des agronomes salariés par les principales entreprises multinationales de l’agrochimie installées en Roumanie et des agronomes impliqués dans les organisations professionnelles de l’agrochimie. (3) Les principales revues spécialisées publiées depuis 2000 ont été dépouillées. Notre attention s’est portée. (4) En 2010 et 2011, 13 entretiens semi-directifs d’une durée d’une heure et demi à trois heures ont été réalisés avec des chercheurs en agronomie. 6 entretiens avec des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont permis d’obtenir des informations complémentaires. ALBERT Mathieu, KLEINMAN Daniel L. (2011) Bringing Pierre Bourdieu to Science and Technology Studies. Minerva 49(3) : 1-11 BOURDIEU Pierre (1976), « Le champ scientifique », Actes de la recherche en sciences sociales, 2(2-3), pp. 88-104 BOURDIEU Pierre (1984), Homo academicus, Editions de Minuit
    Mots-clés:
     
  • Professeur
    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Une science au service des entreprises multinationales ? La contribution de l’agronomie roumaine à la production des formes économiques légitimes

    L’agriculture roumaine constitue une cible de choix pour les entreprises multinationales de l’industrie agrochimique. En 2008, l’utilisation de produits phytosanitaires n’y dépasse pas 2kg par hectare en moyenne, contre 12kg par hectare dans l’ensemble de l’UE. Ce décalage offre une importante marge de développement. Il trouve à s’expliquer par la structure agraire formée après la chute du régime communiste. Les petits propriétaires privilégient la polyculture, sur une base familiale et dans une logique de subsistance. Ils utilisent très peu d’intrants. Parce qu’elles couvrent dans leur ensemble une large surface, les terres des petits exploitants sont perçues comme un potentiel inexploité. Elles sont convoitées par de grandes exploitations qui se tournent vers la monoculture intensive et l’exportation, en recourant à des produits phytosanitaires et des semences commerciales. Les firmes multinationales de l’agrochimie qui s’implantent en Roumanie (Monsanto, BASF Agro, Pioneer Hi-Bred) préconisent en conséquence une diminution du nombre d’agriculteurs et un regroupement des terres. Elles financent des recherches agronomiques tout entières tournées vers les productions intensives. Les études qu’elles commandent contribuent symétriquement à ranger les micropropriétés dans la catégorie des formes économiques rétrogrades. Elles disqualifient préventivement toute démarche qui consisterait à les valoriser par d’autres modes d’organisation (circuits courts ; certification biologique, etc.). Pour autant, l’évolution observée ne saurait être réduite à un glissement mécanique des recherches, provoqué par l’apparition de nouvelles sources de financement. L’emprise de l’industrie agrochimique trouve à s’expliquer par des logiques d’intéressement plus complexes. Elle doit être mise en rapport avec des luttes internes à l’agronomie et des enjeux proprement académiques. Pour bien l’appréhender, il importe de prendre en compte les positions occupées sous le régime communiste et après son effondrement. Un point d’appui théorique peut être trouvé dans la sociologie des sciences développée par Pierre Bourdieu et dans ses « adaptations créatives » (Albert & Kleinman, 2011). La démarche consiste à caractériser un « champ scientifique » dans lequel les agents dominants sont les chercheurs qui instaurent « en mesure de toute pratique scientifique l’étalon le plus favorable à leurs capacités personnelles et institutionnelles » (Bourdieu, 1976, 90). Les structures de l’échange scientifique peuvent être identifiées avec précision, dans la mesure où il existe « une homologie à peu près parfaite entre l’espace des prises de position, conçu comme espace de formes, de styles, de modes d’expression autant que de contenus exprimés, et l’espace des positions occupées par leurs auteurs dans le champ de production » (Bourdieu, 1984, 296-97). L’agronomie roumaine peut être étudiée à travers ce prisme. Le point de départ est constitué par le rapport de force établi entre l’Académie des sciences agricoles et l’Université. La première a été placée au cœur du dispositif de recherche sous le régime communiste, en appui sur un puissant réseau de stations agronomiques. Maintenue en place après 1990 et toujours introduite dans les groupes de travail constitués par le ministère de l’Agriculture, elle est privée de tout financement public récurrent et ne peut plus mener des recherches de pointe ni attirer de nouveaux cadres scientifiques. L’Université a quant à elle été tenue à l’écart de la recherche. A défaut de pouvoir compter sur de puissants relais politiques et administratifs à l’échelle nationale, elle bénéficie désormais du fait que ses structures sont ajustées aux standards étrangers et au fonctionnement des réseaux scientifiques internationaux. Deux hypothèses peuvent être formulées sur cette base : (1) La structure générale des positions occupées par les animateurs du champ scientifique permet d’analyser les prises de positions et de comprendre la façon dont chaque institution scientifique cherche à valoriser ses propres atouts au détriment de sa concurrente. (2) En attribuant des ressources compensatoires aussi bien aux stations de recherche qu’à l’Université, les entreprises agrochimiques renforcent leur emprise: elles tirent parti des luttes académiques enregistrées et orientent les recherches dans un sens qui sert leurs desseins économiques. Ces hypothèses sont examinées au moyen d’enquêtes empiriques réalisées entre 2007 et 2012. Quatre corpus complémentaires ont fait l’objet d’un traitement qualitatif. (1) Une première enquête documentaire nous a conduit à dépouiller les organigrammes, la documentation institutionnelle, les contrats de recherche et les rapports d’évaluation de 12 Stations de recherche agronomique et des Universités de sciences agricoles (2) Au cours de l’année 2010, nous avons recueilli les curricula des chercheurs et enseignants-chercheurs statutaires ; des diplômés d’agronomie ; des agronomes salariés par les principales entreprises multinationales de l’agrochimie installées en Roumanie et des agronomes impliqués dans les organisations professionnelles de l’agrochimie. (3) Les principales revues spécialisées publiées depuis 2000 ont été dépouillées. Notre attention s’est portée. (4) En 2010 et 2011, 13 entretiens semi-directifs d’une durée d’une heure et demi à trois heures ont été réalisés avec des chercheurs en agronomie. 6 entretiens avec des hauts fonctionnaires du ministère de l’Agriculture et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont permis d’obtenir des informations complémentaires. ALBERT Mathieu, KLEINMAN Daniel L. (2011) Bringing Pierre Bourdieu to Science and Technology Studies. Minerva 49(3) : 1-11 BOURDIEU Pierre (1976), « Le champ scientifique », Actes de la recherche en sciences sociales, 2(2-3), pp. 88-104 BOURDIEU Pierre (1984), Homo academicus, Editions de Minuit
    Mots-clés:
     
  • Enseignement et recherche
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Enseigner en service d'oncologie pédiatrique : réflexion à partir d'une année d'observation ethnographique

    Dans cette communication, je souhaite interroger les rapports de domination existant entre professionnels dans le champ de la santé. Plus particulièrement, je m'intéresserai à la fonction enseignante en service d'oncologie pédiatrique. En quoi les normes du champ médical impactent-ellesle travail enseignant ? En quoi les normes de bonne professionnalité enseignante sont-elles mises en tension par les rapports de pouvoir dans le service d'oncologie pédiatrique ? On utilisera des résultats issus de méthodes qualitatives, dans une filiation interactionniste. Ces matériaux ont été recueillis dans le cadre d'observations ethnographiques réalisées pendant une année scolaire dans des services d'oncologie pédiatrique, en utilisant une méthode ethnographique d'observation participante et de participation observante. On analysera ces matériaux au prisme du travail relationnel et du travail de care.
    Mots-clés:
    élève, cancer, enseignement
  • Enseignement et recherche
    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Enseigner en service d'oncologie pédiatrique : réflexion à partir d'une année d'observation ethnographique

    Dans cette communication, je souhaite interroger les rapports de domination existant entre professionnels dans le champ de la santé. Plus particulièrement, je m'intéresserai à la fonction enseignante en service d'oncologie pédiatrique. En quoi les normes du champ médical impactent-ellesle travail enseignant ? En quoi les normes de bonne professionnalité enseignante sont-elles mises en tension par les rapports de pouvoir dans le service d'oncologie pédiatrique ? On utilisera des résultats issus de méthodes qualitatives, dans une filiation interactionniste. Ces matériaux ont été recueillis dans le cadre d'observations ethnographiques réalisées pendant une année scolaire dans des services d'oncologie pédiatrique, en utilisant une méthode ethnographique d'observation participante et de participation observante. On analysera ces matériaux au prisme du travail relationnel et du travail de care.
    Mots-clés:
    élève, cancer, enseignement
  • Psychologue Clinicienne, Doctorante en Anthropologie
    RT2 Migrations, Altérité et Internationalisation

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Contraintes et négociations dans la prise en charge des familles migrantes

    Les logiques qui sous-tendent les interactions entre institutions et familles migrantes sont, parfois, le théâtre de contraintes qui produisent du contrôle social et des pratiques différentielles. Les institutions mettent les familles migrantes face à des injonctions paradoxales : « Faites - vous soigner, mais quand c’est du culturel allez chez vous ! » ; « Élevez bien vos enfants mais ne leur transmettez pas vos valeurs ! ». Ce sont des contrats obligatoires qui s’imposent à l'Autre en plusieurs situations sociales, et lui assignent une place selon la classe, la culture, la génération, le genre. Dans le domaine de la santé mentale, traiter ces relations d’altérité signifie améliorer la prise en charge des familles migrantes à travers des interventions qui prennent en compte ces contraintes. La création d'un dispositif de Médiation, d'Accueil et d'Orientation (Médiacor) des demandes de prise en charge au sein d'un C.M.P. qui s'adresse aux populations migrantes, permet aux usagers de pouvoir exprimer leur demande et aux professionnels de les analyser afin de promouvoir une intervention adaptée à leurs besoins.
    Mots-clés:
    Familles migrantes, Analyse de la demande, Clarification, Médiacor
  •  

    Co-auteurs: Fabrice Muller

    RT23 Travail, activité, technique

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Hiérarchies et ordre social sur les plateaux de tournage

    La forme organisationnelle mise en œuvre pour la fabrication d’un film épouse la structure d’uneorganisation par projet. Un certain nombre de chercheurs ont identifié à grands traits les caractéristiques de telles organisations : très forte autonomie et responsabilité professionnelle, transversalité des formes de communication, collégialité, prédominance de l’ajustement mutuel. Dans le modèle du « projet » souvent opposé à celui de l’organisation « bureaucratique », la hiérarchie n’apparaît pas comme principe structurantde fonctionnement.En étudiant de manière ethnographique les pratiques individuelles et collectives de travail sur les plateaux de tournage nous voudrions pourtant mettre au jour l’importance de ce nous appellerons « l’ordre hiérarchique professionnel » dans la structuration de l’activité productive. Cet ordre forme un ensemble composite et fluctuant que nous nous proposons de décrire et d’expliciter. Dans quelle mesure l’organisation hiérarchique du travail peut-elle être considérée comme la clé de voûte du fonctionnement de telles organisations ? Réinterroger la place et le rôle de la hiérarchie dans ces organisations est une manière de rendre compte des formes sociales qui les structurent. Ce faisant, nous serons amenés à interroger les fondements des ressorts de la discipline sociale dans des univers du travail où il n’est pas possible de penser les rapports de travail en suivant les oppositions classiques bien connues des sociologues et ethnologues du rravail (prescrit vs réel, hiérarchie informelle vs hiérarchie formelle, autonomie vs contrôle), oppositions qui débouchent sur une représentation souvent binaire des organisations productives. Cette communication a été préparée en collaboration avec Fabrice Muller, étudiant en Master 2 de l'université de Paris Ouest Nanterre.
    Mots-clés:
    cinéma, , organisation par projet, hiérarchie
  • MCF

    Co-auteurs: Julie Voldoire

    RT6 Politiques sociales, protection sociale et solidarités

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Les Comités d’Usagers. Une participation encadrée.

    Cette communication émane d'un projet de recherche qui ambitionne de questionner l’accès aux droits et aux services sociaux à l’aune du non-recours que nous saisissons dans une approche critique ou tout du moins compréhensive. Dans ce cadre, l’opportunité nous a été donnée d’animer et de participer au Comité d’Usagers (CU) du CCAS d’Angers dont l’un des champs de réflexion appelé chantier porte sur le non-recours aux droits. Afin de saisir au mieux les tentatives par les représensants d'usagers de participer et de s'ajuster au mieux au cadre institutionnel du CCAS qu'incarne le CU, nous emprunterons le concept d'acculturation institutionnelle. Qu’est-ce que les regards portés par ces représentants d'usagers sur la question de leur accès aux droits et aux services sociaux – ou de celui de leur entourage - nous permet de dire de cette acculturation institutionnelle ; une acculturation qui ne s’effectue pas sans une certaine violence – que nous analyserons ? En considérant plus spécifiquement cette instance qu’est le Comité d’Usagers, instance d’expression, délibération : comment rend-elle particulièrement saillante la structure de domination observée ? En effet, nous faisons l’hypothèse que par le rôle de «porte-voix » que ces usagers sont censés incarner, se fait jour une forme de requalification sociale - les usagers acquérant des « compétences à opiner socialement » (Déloye, 2007). Toutefois, parce que le Comité d’Usagers encadre rigoureusement les prises de parole, les usagers se retrouvant enserrés dans un cadre normatif imposé, l’injonction n’est évidemment pas absente. D’où la question suivante : le Comité d’Usagers s’inscrit-il bien dans une démarche de démocratie participative ou est-on face à un paradoxe au sens où la liberté d’expression n’est qu’illusoire ? Si ce sujet s'ancre assez naturellement dans la discipline des sciences politiques, nous proposons ici d’aborder cet objet dans une approche sociologique élargie aux concepts et cadres d'analyse de la domination sociale.
    Mots-clés:
    non-recours aux droits, démocratie participative
  • ATER
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Le coaching en entreprise, un dispositif de gestion vecteur de nouvelles formes de domination sur les cadres ?

    Apparu aux Etats-Unis dans les années 1980 puis développé en France dans les années 1990, le coaching en entreprise est une activité qui suscite des réactions affectives tranchées et antinomiques : ses promoteurs le voient comme le vecteur d’une « humanisation » de l’entreprise et de l’émancipation des salariés qui pourraient reprendre l’initiative sur leur travail et même sur leur vie, tandis que ses détracteurs le présentent comme un dispositif de contrôle subtil témoignant de l’emprise de l’organisation sur le comportement et le psychisme des individus. Le coaching est-il un outil de domination désincarné ? Une forme de « barbarie douce » ? Ou au contraire, permet-il l’émancipation des salariés coachés ? Notre communication se propose d’éclairer ces questions en entrant dans la boîte noire de ce dispositif managérial, au moyen de l’analyse d’entretiens avec des coachs, avec des cadres coachés et avec des gestionnaires de ressources humaines prescripteurs de la prestation, réalisés dans le cadre d’une thèse de sociologie du travail en cours de rédaction, consacrée à l’émergence du coaching et à ses effets dans l’entreprise. Il faut d’emblée préciser que la prestation est majoritairement « prescrite » (selon le terme en vigueur) aux cadres supérieurs et dirigeants des grandes entreprises, pour développer leur « savoir-être » et leurs « compétences managériales ». Derrière ce mandat flou, quelles sont les attentes des directions des entreprises, via leurs services de gestion des ressources humaines, envers leur « salariat de confiance » (Bouffartigue, 2001) ? Notre enquête donne tout d’abord à voir les épreuves auxquelles sont confrontés les cadres des grandes organisations modernes, pris dans différentes injonctions à la fois multiples (par exemple, entre les directives et les aléas du terrain), partiellement invisibles (par exemple, lorsque c’est la logique de l’activité de travail qui impose des actualisations et des réagencements) et parfois contradictoires (par exemple, entre autorité et écoute dans l’exercice de l’encadrement, ou dans les missions antagoniques de services qui doivent malgré tout coopérer et qui n’ont pas le même pouvoir dans l’organisation). Ces épreuves, qui font la matière de ce qui est réellement traité en coaching, concernent essentiellement les temporalités de travail des cadres, leurs relations avec leur hiérarchie, avec leurs subordonnés et avec leurs pairs, ainsi que leur carrière. Ces problèmes professionnels sont retraduits par les coachs en des questions d’adaptation personnelle et comportementale, dans un prisme psychologiste qui rend invisibles tant les rapports sociaux que les réalités du travail. L’effet du coaching est ainsi d’œuvrer à une pacification des relations de travail des cadres, en agissant sur les individus, leur interprétation des situations, leurs réactions comportementales, de manière à renforcer leur autocontrôle : les réactions affectives spontanées à des situations problématiques de travail – frustration, agressivité, réaction accusatoire… – s’efforcent d’être domestiquées et transformées de façon à ne pas augmenter les tensions, à désamorcer un conflit avec la hiérarchie ou avec d’autres services, ou encore à ne pas provoquer l’inhibition d’un subordonné. Nous montrons alors que le recours au coaching obéit à une double logique : une logique productive, liée aux transformations du travail des cadres dans le sens d’une abstractisation, d’une complexification et d’une augmentation des échanges relationnels, dans un contexte d’interdépendance croissante ; et une logique politique, qui vise essentiellement à reporter sur les cadres la responsabilité de l’origine et du traitement de problèmes de travail, ou celle des blocages de carrière imputables aux règles implicites et officieuses de fabrication des dirigeants. Le recours au coaching peut ainsi être lu comme un régime de mobilisation et de maintien des cadres au travail, dans la mesure où il vise à aider ces derniers à s’adapter aux contradictions du système qui pèsent sur eux, en évitant ainsi l’exit (Hirschman, 1970) (de professionnels qualifiés et expérimentés) ou le voice (sous forme d’actions collectives, mais aussi de contestations plus sourdes et plus individuelles qui n’en nuisent pas moins à l’image de l’entreprise par exemple, surtout dans un contexte de médiatisation des risques psycho-sociaux). Toutefois, les cadres coachés ne sont ni passifs, ni complètement dupes de la transaction qui se joue autour de cette prestation que leur finance leur entreprise : un dernier volet de la communication montrera comment et pourquoi une grande partie des cadres coachés s’approprient ce dispositif, qu’ils voient comme un moyen de « s’équiper » individuellement pour mieux faire face aux épreuves et aux attentes organisationnelles.
    Mots-clés:
    coaching, travail des cadres, psychologisation
  • ATER
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Le coaching en entreprise, un dispositif de gestion vecteur de nouvelles formes de domination sur les cadres ?

    Apparu aux Etats-Unis dans les années 1980 puis développé en France dans les années 1990, le coaching en entreprise est une activité qui suscite des réactions affectives tranchées et antinomiques : ses promoteurs le voient comme le vecteur d’une « humanisation » de l’entreprise et de l’émancipation des salariés qui pourraient reprendre l’initiative sur leur travail et même sur leur vie, tandis que ses détracteurs le présentent comme un dispositif de contrôle subtil témoignant de l’emprise de l’organisation sur le comportement et le psychisme des individus. Le coaching est-il un outil de domination désincarné ? Une forme de « barbarie douce » ? Ou au contraire, permet-il l’émancipation des salariés coachés ? Notre communication se propose d’éclairer ces questions en entrant dans la boîte noire de ce dispositif managérial, au moyen de l’analyse d’entretiens avec des coachs, avec des cadres coachés et avec des gestionnaires de ressources humaines prescripteurs de la prestation, réalisés dans le cadre d’une thèse de sociologie du travail en cours de rédaction, consacrée à l’émergence du coaching et à ses effets dans l’entreprise. Il faut d’emblée préciser que la prestation est majoritairement « prescrite » (selon le terme en vigueur) aux cadres supérieurs et dirigeants des grandes entreprises, pour développer leur « savoir-être » et leurs « compétences managériales ». Derrière ce mandat flou, quelles sont les attentes des directions des entreprises, via leurs services de gestion des ressources humaines, envers leur « salariat de confiance » (Bouffartigue, 2001) ? Notre enquête donne tout d’abord à voir les épreuves auxquelles sont confrontés les cadres des grandes organisations modernes, pris dans différentes injonctions à la fois multiples (par exemple, entre les directives et les aléas du terrain), partiellement invisibles (par exemple, lorsque c’est la logique de l’activité de travail qui impose des actualisations et des réagencements) et parfois contradictoires (par exemple, entre autorité et écoute dans l’exercice de l’encadrement, ou dans les missions antagoniques de services qui doivent malgré tout coopérer et qui n’ont pas le même pouvoir dans l’organisation). Ces épreuves, qui font la matière de ce qui est réellement traité en coaching, concernent essentiellement les temporalités de travail des cadres, leurs relations avec leur hiérarchie, avec leurs subordonnés et avec leurs pairs, ainsi que leur carrière. Ces problèmes professionnels sont retraduits par les coachs en des questions d’adaptation personnelle et comportementale, dans un prisme psychologiste qui rend invisibles tant les rapports sociaux que les réalités du travail. L’effet du coaching est ainsi d’œuvrer à une pacification des relations de travail des cadres, en agissant sur les individus, leur interprétation des situations, leurs réactions comportementales, de manière à renforcer leur autocontrôle : les réactions affectives spontanées à des situations problématiques de travail – frustration, agressivité, réaction accusatoire… – s’efforcent d’être domestiquées et transformées de façon à ne pas augmenter les tensions, à désamorcer un conflit avec la hiérarchie ou avec d’autres services, ou encore à ne pas provoquer l’inhibition d’un subordonné. Nous montrons alors que le recours au coaching obéit à une double logique : une logique productive, liée aux transformations du travail des cadres dans le sens d’une abstractisation, d’une complexification et d’une augmentation des échanges relationnels, dans un contexte d’interdépendance croissante ; et une logique politique, qui vise essentiellement à reporter sur les cadres la responsabilité de l’origine et du traitement de problèmes de travail, ou celle des blocages de carrière imputables aux règles implicites et officieuses de fabrication des dirigeants. Le recours au coaching peut ainsi être lu comme un régime de mobilisation et de maintien des cadres au travail, dans la mesure où il vise à aider ces derniers à s’adapter aux contradictions du système qui pèsent sur eux, en évitant ainsi l’exit (Hirschman, 1970) (de professionnels qualifiés et expérimentés) ou le voice (sous forme d’actions collectives, mais aussi de contestations plus sourdes et plus individuelles qui n’en nuisent pas moins à l’image de l’entreprise par exemple, surtout dans un contexte de médiatisation des risques psycho-sociaux). Toutefois, les cadres coachés ne sont ni passifs, ni complètement dupes de la transaction qui se joue autour de cette prestation que leur finance leur entreprise : un dernier volet de la communication montrera comment et pourquoi une grande partie des cadres coachés s’approprient ce dispositif, qu’ils voient comme un moyen de « s’équiper » individuellement pour mieux faire face aux épreuves et aux attentes organisationnelles.
    Mots-clés:
    coaching, travail des cadres, psychologisation
  • docteur en sociologie, chercheur
    RT18 Relations Professionnelles

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Les organisations syndicales prises dans la tourmente des plans de sauvegarde de l’emploi

    La présente communication exploite une enquête prenant pour objet des négociations d’accords collectifs de plan de sauvegarde de l’emploi ou de plans de départs basés sur le volontariat réalisés, dans la période récente, dans deux entreprises lorraines du secteur industriel de la construction automobile. La focale d’analyse retenue cherchera à comprendre pourquoi les syndicats ont accepté la décision patronale de procéder à une réduction des effectifs de l’entreprise. En effet, dans une première entreprise pratiquement aux portes du dépôt de bilan, dont l’histoire n’est qu’une succession de plans sociaux, d’âpres luttes syndicales, rien ou presque n’a été obtenu par les syndicats en contrepartie des licenciements économiques. Dans une seconde entreprise, trois plans de départs volontaires successifs ont été effectués en l’espace de quatre ans. S’ils n’ont aucune légitimité économique, ils masquent mal des délocalisations, la contestation des syndicats a été peu virulente. Comment expliquer les positions sages, les stratégies défensives tenues par les différentes organisations syndicales face à la restructuration de leur entreprise ? Comment l’acteur syndical appréhende et affronte un tel évènement ? C’est à cette question que souhaite principalement répondre cette communication. La sociologie des justifications sera mobilisée pour apporter toute la lumière sur les agissements des syndicats, et en particulier sur les inhibitions qui ont pesé sur leur décision d’accompagner les restructurations plutôt que de les remettre en cause. Nous verrons que, dans ces entreprises, et pour des raisons différentes, les syndicats se sont toujours trouvés pris en tenaille.
    Mots-clés:
    restructurations, syndicats, négoication collective
  • docteur en sociologie, chercheur
    RT21 Mouvements sociaux

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    Discours syndicaux nationaux et pratiques locales, concordance ou discontinuité ? L’exemple des négociation de PSE

    La présente communication interroge la capacité de mouvement social des organisations syndicales en observant si les revendications du « nouveau statut du travail salarié » à la CGT et de la « sécurisation des parcours professionnels » à la CFDT, qui sont promues au niveau des confédérations syndicales, impactent ou non les pratiques syndicales d’entreprise. Pour traiter ce sujet, on s’intéressera plus précisément à des entreprises lorraines du secteur industriel de la construction automobile confrontées récemment à une restructuration. On analysera les résultats des négociations collectives pour comprendre si ces revendications syndicales nationales parviennent à être testées localement et dans ces circonstances particulières. En effet, face à une restructuration de leur entreprise, les militants syndicaux sont amenés à revendiquer, à négocier et à obtenir des droits et des avantages en faveur des salariés licenciés de leur entreprise. De fait, ils se retrouvent en quelque sorte en situation d’expérimenter ces revendications confédérales, car elles visent principalement à encadrer les individus transitant de l’emploi vers le chômage. On mobilisera l’outil idéal-typique pour saisir les enjeux de chacun de ces discours confédéraux et se doter ainsi d’une grille de lecture apte à jauger la conformité des accords collectifs d’entreprise avec les référentiels idéologiques nationaux. La communication exposera les résultats de l’analyse de données purement factuelles pour observer si les positionnements des militants syndicaux, sur ces objets de lutte, varient d’une organisation syndicale à une autre. Nous verrons les limites de ces positionnements locaux en regard des discours tenus au niveau confédéral. sissez ici le résumé de la communication...
    Mots-clés:
    mouvement social, revendication syndicale, négociation
  • Prof HES en soins infirmiers
    RT17 Gestion politique du corps et des populations

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Entre gants et baisers : administrer les personnes âgées dépendantes.

    Les personnes âgées atteintes de démence reçoivent de nombreux soins corporels nécessitant une relation de corps à corps entre soignants et patients. Cette étude, à partir de l'analyse de 31 entretiens semi-dirigés avec 14 infirmières et 16 aides soignantes, décrit leurs expériences des pratiques du toucher auprès de cette population. Les soignantes reprennent à leur compte les soins du corps. Elles font en majorité usage des gants pour réaliser la toilette, et considère le soin intime comme étant le geste le plus problématique. Si l’utilisation des gants est en soi compréhensible, sa justification diverge pour les deux groupes de professionnelles. Comme pour contrebalancer ces phénomènes de rejet ou de dégoût, la majorité des soignantes évoquent aussi les baisers qu’elles reçoivent ou donnent, parfois en cachette, afin de rétablir une relation de proximité avec le résident. Les sujets des bisous et des gants sont donc révélateurs de ce qui se joue entre ces différents registres de distance et de proximité du corps, faisant notamment référence aux notions de famille de substitution revendiquée par les directions des institutions de soins de longue durée. Gants et baisers, distance et proximité se conjuguent dans toutes les activités qui jalonnent le quotidien des soignantes et des résidents. Au coeur de ce paradoxe les soignantes prennent une place qu’elles ne souhaitent pas toujours, celle de substitut familial, mais qu’elles finissent parfois par occuper malgré elles.
    Mots-clés:
    Alzheimer - représentations - toucher
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    RT28 Recherches en sciences sociales sur la sexualité

    Session: 6a Jeudi 5 sept - 16h – 17h

    Etre vieux et gays : premiers résultats d’une enquête exploratoire

    Les premiers résultats d’une enquête exploratoire par entretiens menée en 2012 auprès d’hommes et de femmes, homosexuel-le-s et hétérosexuel-le-s, âgé-é-s de de 60 à 74 ans en France m’amènent à questionner la thèse selon laquelle les homosexuels âgés seraient exclus du « marché de la sexualité ». L’analyse des carrières sexuelles de plusieurs hommes gays avec qui j’ai réalisé des entretiens de type récit de vie montre que deux types de stratégies principales sont privilégiées par certains hommes afin de continuer d’entretenir une vie sexuelle (indépendamment du fait qu’ils soient en couple ou non). La première consiste à investir positivement l’âge en tant que ressource. Dans ce cas, les partenaires recherchés sont de loin plus jeunes et la relation se fonde selon un modèle « paternaliste » de la sexualité. Dans ce cas, l’âge est un capital mis en avant en tant qu’« expérience » ou « savoir faire ». La seconde stratégie, consiste à avoir recours à des professionnels des prestations sexuelles (escorts et masseurs). Ce dernier aspect pose, d’une manière renouvelée, la question des dimensions économiques dans l’échange sexuel.
    Mots-clés:
    vieillissement, sexualité, homosexualité
  • Docteure
    RT1 Savoirs, travail, professions

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Segmentations ouvrières et relations de travail aux chantiers navals de Saint-Nazaire

    Cette communication propose d’étudier les relations de travail entre les ouvriers « maison » et les ouvriers sous-traitants dans l’industrie, à partir du cas singulier des chantiers navals de Saint-Nazaire. Sur ce site, le groupe ouvrier se caractérise par son hétérogénéité. Ces segmentations résultent de l’amplification du recours à la sous-traitance, tant nationale qu’étrangère. Ainsi, cohabitent, sur un même site industriel, des ouvriers Chantiers –minorité stable recrutée par l’entreprise donneuse d’ordres- des ouvriers sous-traitants nationaux et des ouvriers sous-traitants étrangers. Dans ce cadre, quelles sont les relations de travail aux chantiers navals ? L’étude des interdépendances entre différents sous-groupes ouvriers coopérant dans un même espace de travail permet de rendre compte des processus de hiérarchisation et de domination entre des segments professionnels proches. Norbert Elias et John L. Scotson ont montré que la réputation négative des « marginaux » permet aux« établis » detirer une image et une identité positives (Elias et Scotson, 1997). Comment les ouvriers Chantiers montrent-ils qu’ils détiennent une certaine valeur professionnelle par rapport aux sous-traitants ? Dans quelle mesure leurs relations tournent-elles à l’avantage des ouvriers Chantiers ? Les relations entre les ouvriers sous-traitants et les ouvriers Chantiers prennent d’abord la forme d’une coopération technique et matérielle, nécessaire dans l’industrie navale car les travailleurs partagent un même espace de travail, à bord des navires en construction. Cependant, ce sont les ouvriers Chantiers qui posent les règles de cette coopération en contrôlant le rythme collectif du travail, le prêt d’outils et de matériel, etc. La coopération entre sous-traitants et Chantiers paraît donc relative. En outre, les ouvriers Chantiers, qui nourrissent un fort attachement à leur travail, dévalorisent le travail effectué par les ouvriers de la sous-traitance. Leurs critiques sont d’autant plus vives lorsqu’il est question des ouvriers étrangers. Ces derniers sont également suspectés de « voler » le travail des ouvriers nationaux. Si les ouvriers de la sous-traitance, nationaux et étrangers, ne sont pas sans ressources pour résister à ces formes de dévalorisation, les ouvriers Chantiers détiennent un fort pouvoir symbolique à bord des navires. Ils en retirent un sentiment aigu de supériorité technique, mais aussi « sociale », puisqu’ils détiennent les attributs d’une aristocratie ouvrière.
    Mots-clés:
    Monde ouvrier, Chantiers navals, Relations de travail
  • ATER
    RT14 Sociologie des arts et de la culture

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Les festivals du livre en Bretagne : domination symbolique et inégalités territoriales

    S’agissant d’étudier les formes « festives » de pratiques culturelles, il convient de se prémunir des représentations spontanées qui s’y attachent et notamment de la forme institutionnalisée, apparemment évidente et finalement opaque que peut prendre un festival. Ces « espaces culturels » recouvrent en réalité des configurations locales singulières structurées par un ensemble hétérogène d’agents sociaux aux propriétés sociales, représentations et pratiques culturelles distinctes. L’étude comparative de deux festivals du livre : festival du livre en Bretagne (à Carhaix) et Etonnants voyageurs (à Saint-Malo) – par le retour opéré sur la socio-genèse de formes associatives tendant à se professionnaliser et s’institutionnaliser de manières différenciées – rendra compte ici des enjeux économiques, culturels et politiques qui structurent les festivals. Le regard porté sur les conditions de possibilité sociales et historiques des inégalités territoriales quant à la mise en œuvre d’un festival de littérature permettra, dans cette contribution, de révéler le processus de domination symbolique à l’œuvre dans la naturalisation de celui-ci.
    Mots-clés:
     
  • Postdoctorante

    Co-auteurs: Hélène Cléau

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Le réaménagement des régulations professionnelles en cancérologie. Le cas du développement conjoint des réseaux de cancérologie, des référentiels de pratiques cliniques et des réunions de concertation pluridisciplinaire.

    L’objet de notre communication a pour but d’éclairer la question du rapport de domination contemporain dans le champ de la médecine à travers le réaménagement des régulations professionnelles à l’œuvre depuis une quinzaine d’années dans le domaine hautement spécialisé de la médecine du cancer. Trois circulaires ministérielles successives et trois plans nationaux de lutte contre le cancer ont en effet dessiné un nouveau cadre d’organisation de la cancérologie et fixé de nouvelles règles du jeu à ses multiples acteurs dans le but d’harmoniser l’exercice de la cancérologie dans les nombreuses institutions où il est pratiqué, et entre les différentes spécialités intervenant à un moment ou à un autre de la prise en charge (spécialiste d’organe, chirurgien, radiothérapeute, oncologue médical). Nous nous focaliserons sur l’examen de trois dispositifs d’organisation de la coordination intra et interprofessionnelle mais aussi intra et interhospitalier en cancérologie, entendus comme trois formes distinctes de mises en forme de pratiques coopératives : (1) les réseaux régionaux de cancérologie, (2) dans lesquels sont élaborés les recommandations régionales des pratiques cliniques, (3) mises en œuvre ensuite au sein de réunions médicales (appelées en cancérologie les réunions de concertation pluridisciplinaire ) qui ont pour but de réunir les principales spécialités du cancer pour discuter et décider collectivement des plans de traitements. En s’inscrivant au carrefour de la sociologie de la médecine, des professions et des organisations de santé, notre analyse se fonde sur le croisement de nos thèses de doctorat en sociologie, l’une portant sur la fabrique des réseaux de cancérologie de 1990 à 2010 (Sifer-Rivière, 2012), et l’autre portant sur la prise en charge du cancer de la prostate et les interactions patient-médecin (Cléau, 2012), toutes deux appuyées sur des méthodes ethnographiques (observations, entretiens, constitution de différents corpus de données). Nos thèses, prises ensemble, nous permettent de renseigner finement les processus qui réaménagent les régulations professionnelles en cancérologie à ces trois niveaux distincts d’organisation des soins. D’une part, l’analyse conjointe de ces trois dispositifs d’organisation des soins suggère que le réaménagement des régulations professionnelles dans le domaine de la cancérologie se caractérise par de nouveaux phénomènes d’interdépendantes et de concurrence liés autant aux normes (et aux rapports contrastées des médecins à la biomédecine) qu’à la reconfiguration de l’hôpital et à la redistribution régionale de l’offre de soins. D’autre part, elle témoigne de la capacité des médecins à « résister » aux pressions normatives et gestionnaires des politiques nationales de santé grâce à leur participation active dans les activités des réseaux régionaux. Ces nouvelles formes de régulations donnent à voir de nouveaux rapports de concurrence et de lutte de classement tenant moins à la dimension du prestige d’une discipline médicale qu’au reclassement des hôpitaux dans lesquels les médecins exercent.
    Mots-clés:
     
  • Postdoctorante

    Co-auteurs: Hélène Cléau

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap

    Session: 1d Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    Le réaménagement des régulations professionnelles en cancérologie. Le cas du développement conjoint des réseaux de cancérologie, des référentiels de pratiques cliniques et des réunions de concertation pluridisciplinaire.

    L’objet de notre communication a pour but d’éclairer la question du rapport de domination contemporain dans le champ de la médecine à travers le réaménagement des régulations professionnelles à l’œuvre depuis une quinzaine d’années dans le domaine hautement spécialisé de la médecine du cancer. Trois circulaires ministérielles successives et trois plans nationaux de lutte contre le cancer ont en effet dessiné un nouveau cadre d’organisation de la cancérologie et fixé de nouvelles règles du jeu à ses multiples acteurs dans le but d’harmoniser l’exercice de la cancérologie dans les nombreuses institutions où il est pratiqué, et entre les différentes spécialités intervenant à un moment ou à un autre de la prise en charge (spécialiste d’organe, chirurgien, radiothérapeute, oncologue médical). Nous nous focaliserons sur l’examen de trois dispositifs d’organisation de la coordination intra et interprofessionnelle mais aussi intra et interhospitalier en cancérologie, entendus comme trois formes distinctes de mises en forme de pratiques coopératives : (1) les réseaux régionaux de cancérologie, (2) dans lesquels sont élaborés les recommandations régionales des pratiques cliniques, (3) mises en œuvre ensuite au sein de réunions médicales (appelées en cancérologie les réunions de concertation pluridisciplinaire ) qui ont pour but de réunir les principales spécialités du cancer pour discuter et décider collectivement des plans de traitements. En s’inscrivant au carrefour de la sociologie de la médecine, des professions et des organisations de santé, notre analyse se fonde sur le croisement de nos thèses de doctorat en sociologie, l’une portant sur la fabrique des réseaux de cancérologie de 1990 à 2010 (Sifer-Rivière, 2012), et l’autre portant sur la prise en charge du cancer de la prostate et les interactions patient-médecin (Cléau, 2012), toutes deux appuyées sur des méthodes ethnographiques (observations, entretiens, constitution de différents corpus de données). Nos thèses, prises ensemble, nous permettent de renseigner finement les processus qui réaménagent les régulations professionnelles en cancérologie à ces trois niveaux distincts d’organisation des soins. D’une part, l’analyse conjointe de ces trois dispositifs d’organisation des soins suggère que le réaménagement des régulations professionnelles dans le domaine de la cancérologie se caractérise par de nouveaux phénomènes d’interdépendantes et de concurrence liés autant aux normes (et aux rapports contrastées des médecins à la biomédecine) qu’à la reconfiguration de l’hôpital et à la redistribution régionale de l’offre de soins. D’autre part, elle témoigne de la capacité des médecins à « résister » aux pressions normatives et gestionnaires des politiques nationales de santé grâce à leur participation active dans les activités des réseaux régionaux. Ces nouvelles formes de régulations donnent à voir de nouveaux rapports de concurrence et de lutte de classement tenant moins à la dimension du prestige d’une discipline médicale qu’au reclassement des hôpitaux dans lesquels les médecins exercent.
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Christele Assegond, Estelle Durand

    RT1 Savoirs, travail, professions

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Changements de pratiques, recomposition des savoirs et hiérarchisation dans les métiers de l'agriculture

    Après la seconde guerre mondiale le secteur de l’agriculture a connu un important mouvement de rationalisation, qui a engagé les agriculteurs dans un modèle productiviste légitimé par une mission : nourrir la population. Promu par les pouvoirs publics, ce processus de modernisation s’est accompagné d’un renforcement de l’encadrement institutionnel qui, à travers les nombreuses structures politiques, techniques et économiques, se décline à différentes échelles sur l’ensemble du territoire français. L’importance de la représentation syndicale dans ces organismes de développement économique et technique, dans les dispositifs de formation, initiale et continue, dans les instances de mise en œuvre des politiques publiques, a contribué à la reconnaissance et à la légitimation de l’activité agricole, en tant que métier caractérisé par des savoirs et des conditions d’exercice spécifiques. On assiste alors à une relative homogénéisation des pratiques culturales, mais aussi à la domination, politique, économique et symbolique, de la fraction des agriculteurs la plus conforme au modèle légitimé par les institutions. Ce secteur se trouve aujourd'hui dans un contexte de fortes injonctions au changement, liées notamment à la mise en œuvre des politiques environnementales. Les agriculteurs sont désormais investis d'une double mission, potentiellement contradictoire : nourrir la planète et préserver la biodiversité. Le modèle productiviste antérieur se trouve contesté tant par les institutions, que part les agriculteurs eux-mêmes. Les premières tentent désormais de promouvoir un nouveau modèle « d’agriculture durable », dont la définition reste floue, mais dans lequel la vision technocratique de production / diffusion des savoirs reste dominante. Les seconds voient une opportunité de sortir du « système » et / ou de renégocier un nouveau statut au sein de ce dernier. Ainsi, on assiste à une diversification des pratiques culturales qui s’inscrivent dans trois modèles conventionnel / raisonné / alternatif, dont la légitimité est au cœur des enjeux de reconnaissance sociale et institutionnelle des agriculteurs. L’apparente unité du groupe professionnel laisse place à l’émergence de sous-groupes qui, jouant du cadre institutionnel, tentent de se réapproprier le métier. Dans ce contexte de recomposition du secteur de l’agriculture et de contestation d’un modèle soutenu par le sous-groupe dominant, la communication propose, en partant de l’analyse des pratiques professionnelles des agriculteurs, d’observer la manière dont ces derniers négocient les nouvelles hiérarchisations à l’œuvre au sein de la profession. Nous nous appuyons sur une recherche qualitative en cours (entretiens approfondis et observations filmées) financée par la Région Centre, portant sur les pratiques professionnelles d’agriculteurs de différentes filières : grandes cultures, maraîchage, viticulture, arboriculture et horticulture.
    Mots-clés:
    Agriculture, recompositions, pratiques culturales
  • DOCTORANTE
    GT48 ARTS - Articulation vie professionnelle/vie familiale et Recomposition des Temps Sociaux

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Opinions sur les rôles dévolus aux hommes et aux femmes et comportement d’activité : peut-on parler de conciliation ? Le cas de la France et de l’Italie

    La France et l’Italie s’opposent à l’égard de la fécondité et de l’activité féminine. L’indicateur conjoncturel de fécondité compte 2 enfants par femme en France en 2010, tandis qu’en Italie, il s’établit à 1,4 enfant par femme. Quant au taux d’emploi, il est supérieur à la moyenne européenne dans le premier pays, mais inférieur dans le second. En raison de ces différences, cette communication propose d’étudier comment la sphère familiale et professionnelle s’articulent dans les deux pays. L’objectif est donc de comprendre quelles sont les spécificités sociétales, en termes de logiques de comportement, à l’égard de la participation au marché de l’emploi des hommes et des femmes en âge d’avoir des enfants. Deux axes structureront l’analyse : d’abord, les opinions concernant les rôles dévolus aux hommes et aux femmes seront interrogées. Par la suite, la mise en regard des taux d’emploi des personnes en âge d’avoir des enfants, dans les deux pays, permettra de mesurer les conséquences de la présence des enfants dans le ménage sur l’activité professionnelle. Pour ce faire, les données de l’enquête European Value Study (dans les deux versions nationales) de 2008 et des enquêtes Labour Force Surveys de 2011 seront mobilisées.
    Mots-clés:
    emploi, famille, rôles sexués, France et Italie.
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    RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    L'émergence des écoles de gestion chinoises : vers un idéal-type des business schools ?

    Depuis le début des années 2000 en Chine, les offres de formation en gestion se sont multipliées et différents acteurs (en particulier le gouvernement finançant l'éducation et les individus choisissant leur formation) ont manifesté des exigences croissantes en termes de responsabilités des établissements d'enseignement supérieur, bousculant le positionnement de ces écoles de gestion. Elles ont été amenées à construire leur valeur en s'affirmant dans un espace de référence qui n'est plus chinois mais de plus en plus international. En invoquant l'alignement sur des standards internationaux, les écoles les plus prestigieuses recherchent aujourd'hui une légitimité en s'insérant dans le champ organisationnel mondial des écoles de gestion. Pour cela, elles intègrent progressivement l'idéal-type de la business school comme un point d'ancrage guidant leur développement. Ce standard international, que nous désignons par idéal-type des business schools, se caractérise par quatre éléments : des formations spécifiques à ces établissements (notamment des formations à destination des professionnels comme les célèbres Master of Business Administration – MBA devenus une forme légitime de l'enseignement de la gestion dans le monde) ; une forte concentration des activités sur la recherche et la production de connaissance ; une dimension internationale des activités (notamment des corps enseignants et étudiants) et une accréditation externe auprès d'agences spécialisées reconnues. Notre travail s'appuiera sur l'étude de trois écoles chinoises prestigieuses (école d'université continentale, école d'université hongkongaise et école non universitaire). Ces écoles se situent à trois étapes différentes dans la trajectoire qui les conduit à devenir des business schools. Nous présenterons tout d'abord le contexte chinois d'émergence de ces écoles et la manière dont elles se sont affirmées à leurs débuts dans un contexte de réforme économique majeure. Puis nous mettrons en exergue les fondements de cette nouvelle légitimité de l'idéal-type des business schools dans le monde et son affirmation comme référence légitime dans l'espace chinois. Enfin, en nous appuyant sur ces trois terrains d'enquête, nous analyserons la mobilisation de cet idéal-type à l'échelle de chacune des écoles. Cette analyse permettra de comprendre comment ce standard revendiqué par la plupart des acteurs constitue une ressource permettant de mettre en place des changements au sein des écoles. Les trois écoles étudiées permettront de montrer qu'alors même que les critiques à leur encontre se multiplient, les schémas occidentaux de l'enseignement de la gestion tendent à s'imposer progressivement dans l'espace chinois où il existe peu de standards alternatifs.
    Mots-clés:
    Chine, école, gestion, enseignement supérieur
  • Doctorant
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Domination et résistance dans un cabinet d’audit : rôle de la compétition interne pour la carrière dans la régulation des comportements

    Cette communication s’intéresse aux modes de contrôle et aux pratiques organisationnelles dans les organisations de services professionnels et notamment les cabinets d’audit. En effet les cabinets d’audit sont réputés pour leur efficacité et la grande implication professionnelle de leurs salariés, et à ce titre leur modèle organisationnel et leurs méthodes managériales sont imitées et citées comme exemplaires. La littérature a présenté souvent la mise au travail des auditeurs comme étant le résultat d’une identité professionnelle et d’une socialisation très forte qui produit de l’obéissance et de la conformité au travail. A partir d’une enquête ethnographique, ce travail veut montrer que la mise au travail dans les cabinets d’audit n’est pas que l’effet d’un contrôle culturel : le niveau structurel des pratiques et des règles organisationnelles doit être articulé avec le niveau culturel. Ainsi nous montreront que le cabinet est une formation sociale où les dépendances réciproques lient les individus les uns aux autres pour l’acquisition du prestige nécessaire à leur carrière. La carrière a une fonction de régulation et de consolidation des tensions. La réputation est obtenue par des jeux complexes formels et informels où les ressources sont inégales. C’est la compétition pour la réputation qui produit la mise au travail. Ce faisant cet article souhaite interroger la relation salariale et ces effets de domination. L’obéissance est en partie consentie par la participation des salariés à une compétition interne pour la carrière qui génère des interdépendances et un contrôle des pairs aliénant. Néanmoins la mise au travail générée par la compétition interne est convergente avec les intérêts de l’entreprise et l’efficacité productive. La domination peut donc être analysée comme la capacité de l’organisation à piloter cette compétition et à l’orienter dans le sens de ces intérêts.
    Mots-clés:
     
  • Doctorant
    RT25 Travail, organisations, emplois, RT30 Sociologie de la gestion

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    Domination et résistance dans un cabinet d’audit : rôle de la compétition interne pour la carrière dans la régulation des comportements

    Cette communication s’intéresse aux modes de contrôle et aux pratiques organisationnelles dans les organisations de services professionnels et notamment les cabinets d’audit. En effet les cabinets d’audit sont réputés pour leur efficacité et la grande implication professionnelle de leurs salariés, et à ce titre leur modèle organisationnel et leurs méthodes managériales sont imitées et citées comme exemplaires. La littérature a présenté souvent la mise au travail des auditeurs comme étant le résultat d’une identité professionnelle et d’une socialisation très forte qui produit de l’obéissance et de la conformité au travail. A partir d’une enquête ethnographique, ce travail veut montrer que la mise au travail dans les cabinets d’audit n’est pas que l’effet d’un contrôle culturel : le niveau structurel des pratiques et des règles organisationnelles doit être articulé avec le niveau culturel. Ainsi nous montreront que le cabinet est une formation sociale où les dépendances réciproques lient les individus les uns aux autres pour l’acquisition du prestige nécessaire à leur carrière. La carrière a une fonction de régulation et de consolidation des tensions. La réputation est obtenue par des jeux complexes formels et informels où les ressources sont inégales. C’est la compétition pour la réputation qui produit la mise au travail. Ce faisant cet article souhaite interroger la relation salariale et ces effets de domination. L’obéissance est en partie consentie par la participation des salariés à une compétition interne pour la carrière qui génère des interdépendances et un contrôle des pairs aliénant. Néanmoins la mise au travail générée par la compétition interne est convergente avec les intérêts de l’entreprise et l’efficacité productive. La domination peut donc être analysée comme la capacité de l’organisation à piloter cette compétition et à l’orienter dans le sens de ces intérêts.
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Cornelia Hummel, Laura Bernardi

    RT22 Parcours de vie et dynamiques sociales

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Parcours de monoparents en Suisse romande

    Les familles monoparentales en Suisse sont une énigme. Elles le sont, d’abord, pour les agents de l’administration publique qui recourent à des grilles de lecture différenciées de la monoparentalité selon la nature des services d’encadrement qui leur sont destinés. Elles le sont, ensuite, pour les chercheurs en sciences sociales qui, quelque discipline et méthode d’investigation dont ils se réclament, travaillent à dessiner les contours d’un échantillon d’étude qui soit le plus pertinent à leurs yeux pour défendre une thèse. Les familles monoparentales ou la monoparentalité est, enfin, énigmatique auprès des premiers concernés, c’est à dire les monoparents qui font face aux définitions, désignations, catégorisations diverses qui leur sont assignées, et avec lesquelles ils ne sont pas toujours d’accord, ce désaccord pouvant motiver certains à substituer aux termes courants d’autres moins impersonnels, faisant sens à leurs yeux parce que résumant mieux leur réalité sociale. Le congrès de Nantes sera l’occasion pour notre équipe de présenter les premiers résultats d’une enquête qualitative longitudinale menée auprès de monoparents en Suisse romande. L’objectif est d’étudier tant les conditions d’entrée dans la monoparentalité que, par la suite, les parcours qu’empruntent les monoparents sur plusieurs années (monoparentalité courte puis recomposition familiale, monoparentalité longue, monoparentalités itératives). En privilégiant les outils qualitatifs adaptés à l’approche en terme de parcours de vie, nous nous concentrerons notamment sur l’impact des différentes entrées dans la monoparentalité (directe : mère seule dès le départ ; différée : séparation plus ou moins conflictuelle, veuvage) sur le vécu au quotidien. On s’intéressera également aux différentes ressources qui sont à disposition, objectivement et subjectivement, des monoparents – ressources institutionnelles, familiales, sociales, économiques – et aux éventuelles formes de vulnérabilités telles qu’exprimées par ces parents ainsi qu’à la définition subjective de la monoparentalité.
    Mots-clés:
     
  • enseignant-chercheur
    RT40 Sociologie des institutions

    Session: 4b Mercredi 4 sept - 9 h -10h30 (session parallèle)

    L’INVISIBILISATION INSTITUTIONNELLE EN DEPIT D’UNE PRESENCE REELLE : AGENTIVITE’, INTERDEPENDANCES ET INTERACTIONS ENTRE L’INSPECTION DU TRAVAIL ET LES TRAVAILLEURS ETRANGERS DES ABATTOIRS BRETONS

    Cette communication prend appuie sur les propos d’un certain nombre d’inspecteurs du travail interviewés dans le cadre d’une recherche menée entre 2009 et 2010 (Souchard et Tersigni, 2010 et 2011) sur les modalités de recrutement et d’installation en Bretagne de travailleurs « délocalisés sur place » (Terray, 1999) dans le cadre de l’industrie agro-alimentaire. Ces derniers montrent plusieurs rhétoriques face à la mise en place de stratifications ethnico-raciales, dans une région historiquement minorisée à l’intérieur du processus de construction de la nation française. En effet, la présence croissante de travailleurs étrangers dans l’industrie bretonne des viandes échappe aisément à la comptabilité officielle de l’immigration. Puisqu’une partie considérable d’entre eux arrivent, dans un contexte de prospection intensive d’entreprises de prestation de service et d’intérim transnational, dont la libéralisation s’est effectuée en 2008. Or, ces ouvriers ne sont pas détachés pour des courtes périodes de leur parcours professionnel, ni nécessairement spécialisés dans ces métiers. En effet, dans cette localisation bretonne des rapports salariaux de l’industrie de la viande se construisent d’une manière spécifique des relations salariales et humaines qui s’inscrivent dans le cadre de « systèmes globaux » (Friedman, 2000), du moins propres à l’Union Européenne. En dépit d’une présence de plus en plus remarquée dans les ateliers, leur invisibilité sociale en dehors du travail s’impose lourdement et s’accompagne d’un faible accès à une sociabilité locale, voire à l’isolement. Pourtant, les logiques asservissantes qui appuient ce phénomène sont souvent renvoyées à l’ordre de l’insaisissable et pourtant pas complètement dénouées de traces. Mon propos vise à mettre en miroir la « parole experte » des inspecteurs du travail (dont certaines postures recoupent celles des directeurs des entreprises ou coopératives et en partie celles des syndicalistes rencontrés) et les récits des expériences migratoires, de travail et de vie de ces travailleurs étrangers, pour en questionner l’agentivité. Il en résulte une relative invisibilité des travailleurs migrants originaires de l’Europe de l’Est dans les abattoirs, ce qui renvoie à une invisibilisation institutionnelle tout autant qu’opérationnelle. Ainsi, cette idée de micro-pouvoirs fragmentés et éclatés nécessite de prendre également au sérieux les postures et les expériences des migrant-e-s, leurs contraintes et leurs manières de se rapporter à soi pour saisir comment, entre déni et dénégation de la racisation, la subjectivation s’impose à la fois comme soumission et comme ouverture. Références Archer Margaret, Being Human: The Problem of Agency, Cambridge, Cambridge University Press, 2000 Bonny Yves et Demailly Lise, dirs., L’institution plurielle, Villeneuve d’Asq, Presses universitaires du Septentrion Foucault Michel, L'herméneutique du sujet : cours au Collège de France (1981-1982), Paris, Gallimard, Le Seuil, 2001 Friedman Jonathan, « Concretizing the Continuity Argument in Global Systems Analysis », in Friedman Jonathan et al., World System History: The Science of long term change, Routledge, Londres, 2000 Gros Frédéric, « Sujet moral et soi éthique chez Foucault », Archives de Philosophie, n°2, tome 65, 2002, p. 229-237 Terray Emmanuel, « Le travail des étrangers en situation irrégulière ou la délocalisation sur place », in E. Balibar, M. Chemillier-Gendreau, J. Costa-Lascoux, E. Terray, dirs., Sans papiers : l’archaïsme fatal, La Découverte, Paris, 1999 Tersigni Simona et Souchard Nadine, « Entre captation et subjectivation, travailleurs migrant-e-s et travailleurs délocalisé-e-s dans les abattoirs bretons », Revue Hommes et migrations, n°1301, janvier-février-mars 2013, dossier thématique Migrations et mondes ruraux, p. 89-98
    Mots-clés:
     
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    Co-auteurs: Pascal DURET

    RT38 Sociologie de l'environnement et des risques

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Résistances ordinaires contre la gestion publique des territoires : de l’impérialisme vert au projet participatif à La Réunion.

    communication propose d’interroger l’impérialisme vert dans la société réunionnaise ; nous illustrerons notre propos avec deux cas de gestion de risque environnemental. Les résultats de deux enquêtes de terrain sur la gestion du risque invasion biologique et du risque requin seront ainsi comparés dans le but d’éclairer la lecture du traitement des risques dans une situation particulière de déni du post-colonialisme (Bancel, Blanchard, 2006[1]). Nous interrogerons d’abord les rapports de force entre les acteurs de la gestion du risque environnemental et verrons de quelles manières ces jeux de pouvoirs impulsent les transformations des pratiques individuelles sur les territoires du risque (acception collective/organisationnelle et individuelle/subjective). Nous observerons ensuite la circulation particulière du sentiment d’injustice chez les acteurs qui subissent le risque : comment il émerge, comment ces acteurs s’en accommodent puis s’adaptent en modifiant leurs pratiques et leurs représentations de leur environnement, comment ils se réapproprient les territoires du risque en justifiant leurs actions dans leur rapport à l’injustice vécue. Dans un premier temps, nous analyserons les rapports de force entre trois types d’acteurs de la gestion du risque : ceux qui savent, ceux qui gèrent et ceux qui subissent (Reghezza et al, 2010[1]). Nous examinerons alors la question de l’expertise légitime et de l’arbitrage du risque. Nous verrons qu’à la domination culturelle des uns répond la domination institutionnelle des autres ; ces jeux de domination créant alors un mélange des genres. En voulant se donner de la légitimité pour agir, ceux qui subissent le risque sont par exemple amenés à réclamer un statut de « sachants » et vont développer des initiatives originales à l’encontre des politiques de gestion institutionnelles. Dans un second temps, nous verrons comment, de ce jeu de domination, émerge un sentiment d’injustice chez les « populations concernées ». Pour remédier à la frustration d’être privés de l’usage de leur espaces de vie, ces groupes, particulièrement hétérogènes, vont développer des initiatives individuelles et collectives pour se réapproprier les territoires du risque. Nous nous attacherons alors à interroger les discours justifiant ces nouvelles pratiques. Nous prendrons alors comme support d’exposé le cas des vigies-requins et les projets participatifs mis en place par le Parc National de La Réunion. Nous rapporterons deux attitudes révélant l’ambivalence face aux enjeux environnementaux : les attitudes opportunistes (les enjeux environnementaux ne pas primordiaux et l’on assiste à une captation des financements à des fins autres qu’environnementales) et les attitudes responsables (elles émergent surtout quand la vie est en jeu : il s’agit alors de se désolidariser des politiques publiques de gestion du territoire). [1] Meschinet de Richemond, N., M. Reghezza, M., 2010, La gestion du risque en France: contre ou avec le territoire(pages ), Annales de Géographie, nº673 (3/2010), p. 248-267. [1] Bancel, N., Blanchard, P., 2006, Culture post-coloniale, Paris : Ed. Autrement
    Mots-clés:
    impérialisme vert, post-colonialisme, éco-citoyenneté, , Ile de la Réunion, risque requin, Parc National
  • Doctorant en Science politique
    RT14 Sociologie des arts et de la culture

    Session: 4a Mercredi 4 sept - 9 h -10h30

    Talent fort et talent faible. Hiérarchies externes et hiérarchies internes entre sortants d'école de théâtre

    Dans un monde professionnel où l’autodidaxie reste un mythe largement répandu et où il n’existe aucune barrière véritable à l’entrée, qu’elle soit juridique ou « technique », l’importance des écoles de théâtre pourrait sembler à première vue secondaire. Pourtant, à bien y regarder, ces institutions sont très fortement hiérarchisées et, loin de s'en faire seulement le réceptacle, génèrent des rapports de domination, non seulement verticaux (entre élèves issus d’écoles différentes) mais également horizontaux (entre élèves d’une même école), qui structurent durablement les pratiques de leurs membres. Pour le montrer, cette communication se fonde sur une étude et une comparaison de populations d’aspirants-comédiens fraîchement sortis de deux écoles distinctes, situées aux deux extrémités de la pyramide que vient à former, au sein du champ théâtral, le sous-champ des établissements d’enseignement dramatique : une « promotion » d’anciens élèves d'une école nationale et une « promotion » d’anciens élèves d'un Conservatoire à rayonnement régional. À partir d’entretiens longs menés durant l’année ayant suivi immédiatement leur sortie d’école et leur entrée (ou tentative d’entrée) sur le marché du travail théâtral, et à travers la comparaison systématique des capitaux, réseaux, carrières et positions professionnelles de chacun de ces individus et des discours qui y sont associés, nous chercherons à rendre compte de l’idéologie talentocratique qui imprègne le champ théâtral et légitime, en son sein, la domination, ainsi que de ses effets sur les parcours théâtraux – en particulier ceux des individus les plus faibles et les moins « talentueux ».
    Mots-clés:
    domination charismatique, domination talentocratique, talent, légitimation, culture anti-école, professionnalisation, comédiens
  • Directeur de recherches

    Co-auteurs: David Pontille

    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Lʼopen access : du militantisme aux marchés régulés

    Le mouvement open access prône la libre circulation des connaissances scientifiques,avant ou après leur publication. Il considère les résultats de la recherche comme un bienpublic, produit, vérifié et certifié par les chercheurs eux-mêmes financés sur fonds publics,et ne pouvant donc être approprié de manière exclusive par des intérêts privés. Ce faisant,il remet en cause les formes stabilisées du marché de lʼédition scientifique, largementdéléguées pendant deux siècles à des acteurs privés (éditeurs scientifiques) ou associatifs(sociétés savantes). Instruite des principales étapes de lʼhistoire de ce mouvement, cettecommunication se centrera sur lʼirruption récente dʼinstances publiques de financementdans les débats sur lʼaccès aux publications. Elle sera particulièrement attentive auxconceptions de lʼédition scientifique alors promues et mises en oeuvre tout endocumentant la coexistence de différentes formes de régulation de ce marché de lʼédition.Les années 1990 ont en effet été marquées par diverses initiatives militantes qui ont vudans la généralisation de lʼaccès des communautés universitaires aux réseauxélectroniques (Usenet, FTP, WWW) des opportunités de transformation. Cʼest le cas despremières archives électroniques permettant la diffusion des articles avant publication enphysique (ArXiv, 1991), ou des papiers de travail en économie (RepEc, 1997) et ensciences sociales (Social Sciences Research Network, 1994). Cʼest aussi le cas de lʼappelà lʼauto-archivage systématique pour lʼensemble des chercheurs (Harnad, 1994), ouencore de la création des premières revues à comité de lecture uniquement électroniqueset sans abonnement (Psycoloquy et Postmodern Culture, 1990).Au cours des années 2000, les initiatives militantes se sont poursuivies avec notammentles «déclarations dʼindépendance» de revues, les comités de rédaction abandonnant unéditeur privé pour fonder une nouvelle revue en open access. Parallèlement, différentséditeurs scientifiques ont mis en place le principe de lʼauteur-payeur (BioMed Central,2000 ; Public Library of Science, 2003), pendant que des archives ouvertes ont étépromues par des autorités publiques (PubMed Central, 2000 ; Hyper-Archives en Ligne,2001). Face à ce mouvement, des éditeurs scientifiques commerciaux plus traditionnelsont ouvert certaines de leurs revues au principe de lʼauteur-payeur au choix des auteurs(Springer, 2004 ; Elsevier, Taylor & Francis, 2006) ou ont autorisé lʼauto-archivage desarticles publiés sous certaines conditions (Sage, 2005). Cʼest dans ce contexte quʼapparaissent les premières mesures publiques, promulguéessoit par des universités, soit par des institutions publiques. Cette communication porteraplus précisément sur trois dʼentre elles :• la politique de dépôt obligatoire dans PubMed Central adoptée par les NationalInstitutes of Health en 2005 et ses suites récentes (projet de loi Research Works Act,pétition The Cost of Knowledge…)• les expérimentations (projet PEER) de la Commission Européenne et son adoptiondʼune obligation de dépôt pour les projets financés par le PCRD en 2008 (projetOpenAIRE)• les réflexions du Parlement britannique depuis 2004, ayant conduit en 2012, via leFinch Report, à lʼadoption dʼun principe de publication en open access desrecherches financées par des fonds publics, en suivant la voie de lʼauteur-payeur.Cette communication se fondera sur lʼétude de ces différentes mesures qui serontanalysées en tant que résultat plus ou moins stabilisé de la rencontre entre les prises deposition des divers acteurs engagés (chercheurs, sociétés savantes, élus, éditeurs,revues…) et de dispositifs sociotechniques particuliers. Elle soulignera les conceptionscontrastées du marché de lʼédition scientifique qui sont véhiculées par ces régulationspubliques et inscrites dans les technologies. Nous examinerons notamment comment sonttraitées les questions de lʼexclusivité (totale ou partielle, marquée par une périodedʼembargo…), de la propriété intellectuelle (licences creative commons, copyright…), et duprix (différenciation suivant la solvabilité des auteurs, modèle freemium).
    Mots-clés:
    revues; politiques publiques; open access; bibliométrie
  • Directeur de recherches

    Co-auteurs: David Pontille

    RT12 Sociologie économique, RT29 Sciences et techniques en société

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Lʼopen access : du militantisme aux marchés régulés

    Le mouvement open access prône la libre circulation des connaissances scientifiques,avant ou après leur publication. Il considère les résultats de la recherche comme un bienpublic, produit, vérifié et certifié par les chercheurs eux-mêmes financés sur fonds publics,et ne pouvant donc être approprié de manière exclusive par des intérêts privés. Ce faisant,il remet en cause les formes stabilisées du marché de lʼédition scientifique, largementdéléguées pendant deux siècles à des acteurs privés (éditeurs scientifiques) ou associatifs(sociétés savantes). Instruite des principales étapes de lʼhistoire de ce mouvement, cettecommunication se centrera sur lʼirruption récente dʼinstances publiques de financementdans les débats sur lʼaccès aux publications. Elle sera particulièrement attentive auxconceptions de lʼédition scientifique alors promues et mises en oeuvre tout endocumentant la coexistence de différentes formes de régulation de ce marché de lʼédition.Les années 1990 ont en effet été marquées par diverses initiatives militantes qui ont vudans la généralisation de lʼaccès des communautés universitaires aux réseauxélectroniques (Usenet, FTP, WWW) des opportunités de transformation. Cʼest le cas despremières archives électroniques permettant la diffusion des articles avant publication enphysique (ArXiv, 1991), ou des papiers de travail en économie (RepEc, 1997) et ensciences sociales (Social Sciences Research Network, 1994). Cʼest aussi le cas de lʼappelà lʼauto-archivage systématique pour lʼensemble des chercheurs (Harnad, 1994), ouencore de la création des premières revues à comité de lecture uniquement électroniqueset sans abonnement (Psycoloquy et Postmodern Culture, 1990).Au cours des années 2000, les initiatives militantes se sont poursuivies avec notammentles «déclarations dʼindépendance» de revues, les comités de rédaction abandonnant unéditeur privé pour fonder une nouvelle revue en open access. Parallèlement, différentséditeurs scientifiques ont mis en place le principe de lʼauteur-payeur (BioMed Central,2000 ; Public Library of Science, 2003), pendant que des archives ouvertes ont étépromues par des autorités publiques (PubMed Central, 2000 ; Hyper-Archives en Ligne,2001). Face à ce mouvement, des éditeurs scientifiques commerciaux plus traditionnelsont ouvert certaines de leurs revues au principe de lʼauteur-payeur au choix des auteurs(Springer, 2004 ; Elsevier, Taylor & Francis, 2006) ou ont autorisé lʼauto-archivage desarticles publiés sous certaines conditions (Sage, 2005). Cʼest dans ce contexte quʼapparaissent les premières mesures publiques, promulguéessoit par des universités, soit par des institutions publiques. Cette communication porteraplus précisément sur trois dʼentre elles :• la politique de dépôt obligatoire dans PubMed Central adoptée par les NationalInstitutes of Health en 2005 et ses suites récentes (projet de loi Research Works Act,pétition The Cost of Knowledge…)• les expérimentations (projet PEER) de la Commission Européenne et son adoptiondʼune obligation de dépôt pour les projets financés par le PCRD en 2008 (projetOpenAIRE)• les réflexions du Parlement britannique depuis 2004, ayant conduit en 2012, via leFinch Report, à lʼadoption dʼun principe de publication en open access desrecherches financées par des fonds publics, en suivant la voie de lʼauteur-payeur.Cette communication se fondera sur lʼétude de ces différentes mesures qui serontanalysées en tant que résultat plus ou moins stabilisé de la rencontre entre les prises deposition des divers acteurs engagés (chercheurs, sociétés savantes, élus, éditeurs,revues…) et de dispositifs sociotechniques particuliers. Elle soulignera les conceptionscontrastées du marché de lʼédition scientifique qui sont véhiculées par ces régulationspubliques et inscrites dans les technologies. Nous examinerons notamment comment sonttraitées les questions de lʼexclusivité (totale ou partielle, marquée par une périodedʼembargo…), de la propriété intellectuelle (licences creative commons, copyright…), et duprix (différenciation suivant la solvabilité des auteurs, modèle freemium).
    Mots-clés:
    revues; politiques publiques; open access; bibliométrie
  •  

    Co-auteurs: Simon Le Roulley

    RT25 Travail, organisations, emplois

    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Domination et résistance dans l’Éducation Nationale : un collectif de surveillants contre une nouvelle organisation du travail

    Outre la réduction drastique des effectifs de fonctionnaires et le recours croissant aux contractuels pour effectuer des missions pérennes, la politique de « modernisation » de l’Education Nationale a entraîné la transformation, progressive et inégale suivant les corps concernés, du statut, de l'organisation du travail et de la mission des agents publics, mais aussi de l'architecture même de l'appareil éducatif d'État (notamment par le biais des processus de décentralisation et d’autonomisation). A l’instar des agents Techniques, Ouvriers et de Service (TOS) transférés aux collectivités territoriales dans le cadre de la décentralisation en 2004, les Maîtres d’Internat et Surveillants d’Externat (MI/SE) ont été supprimés en 2003 et remplacés par les Assistants d’Education (AE) pour exercer les fonctions d’encadrement et de surveillance des élèves voire d’aide à l’accueil et à l’intégration scolaire des élèves handicapés.Personnel atypique de l’Education Nationale, en raison de leur situation d’étudiants salariés, les surveillants ont fait l’objet d’une très faible attention de la part des syndicats, des politiques et des chercheurs, alors qu’ils sont indispensables au fonctionnement des établissements et que l’évolution de leur statut peut préfigurer le sort de l’ensemble des personnels d’un système éducatif « modernisé » par le projet libéral. La présente contribution visera à analyser la réorganisation des rapports de pouvoir dans un lycée de l’académie de Caen et leurs conséquences sur les conditions de travail, d’étude et de vie des surveillants ainsi que les possibilités de résistances collectives des AE. Une attention particulière sera portée sur la création d’un collectif de surveillants durant l’année scolaire 2007 – 2008 pour l’amélioration de leurs conditions d’emploi et de travail. Outre l’analyse des discours et textes produits par le collectif, la recherche se base principalement sur l’observation participante des auteurs de la communication, ayant travaillé en tant qu’Assistant d’Education durant plusieurs années dans l’établissement et participé à la création du collectif de surveillants. Ayant été à la fois dans la peau du scientifique et du rat, de l'observateur et de l'observé (Devereux), et assumant l’absence de neutralité dans le traitement des résistances et des mouvements sociaux, nous nous rapprochons ainsi de l’analyse institutionnelle (Lourau).La loi de 2003 a créé une nouvelle génération de surveillants : temps de travail augmenté et annualisé, flexibilité contractuelle, recrutement et évaluation par le chef d’établissement sont les principales caractéristiques de ce nouveau cadre national qui laisse une large place à l’interprétation et à l’adaptation locales des textes. Le nouveau statut inverse le processus historique de sécurisation des conditions matérielles d’existence des étudiants salariés et brise l’esprit de corps qui caractérisait auparavant les MI/SE, rappelant ainsi la situation des maîtres d’étude dans le lycée napoléonien du début du XIXème siècle. Dans l’établissement du secondaire où nous avons exercé, les Conseillers Principaux d’Education (CPE), supérieurs hiérarchiques directs et dorénavant recruteurs et évaluateurs des surveillants par délégation du proviseur, ont expérimenté une nouvelle organisation du travail au sein de la Vie Scolaire : à la stricte spécialisation des tâches s’ajoutent le cloisonnement des lieux de travail et l’autonomisation des équipes d’AE. Cette nouvelle organisation du service, complétée par une redéfinition des rapports hiérarchiques et une (tacite) réorientation sécuritaire de la mission, articule les deux grands modèles historiques d’agencement des rapports de pouvoir au sein de la communauté éducative, la discipline (Foucault) et le contrôle (Deleuze). La redéfinition du rapport de domination par les changements statutaires nationaux et organisationnels locaux a des implications sur le quotidien des étudiants salariés. Au travail : monotonie des tâches, peur de la prise d’initiative, méfiance et tensions entre collègues, etc. Dans la poursuite des études : insécurité des revenus, difficulté d’accès au logement, incompatibilité des emplois du temps, réduction des possibilités de réussite, etc. La réaction des AE a oscillé, dans un premier temps, entre stratégies opportunistes et résistances individuelles, avant, dans un second temps, de se cristalliser dans la constitution d’un collectif. Tirant les enseignements de la démarche strictement syndicale entreprise l’année précédente, ce choix organisationnel visait à recréer des liens de solidarité face à l’atomisation des AE et à construire une force collective alternative à la forme syndicale traditionnelle face à la hiérarchie de l’établissement. Les revendications avancées par le collectif devaient être portées au Conseil d’Administration de l’établissement afin de briser le rapport de subordination direct et obliger cette instance à se saisir de la situation des nouveaux précaires de l’Education Nationale.
    Mots-clés:
     
  • Maitre de conférences

    Co-auteurs: Jessie Dubief, Frédéric Mougeot

    RT20 Méthodes

    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Approcher l’enquête à partir de ses archives

    Cette communication cherchera à éclairer différentes dimensions de l’enquête sociologique en s’appuyant sur les archives de L’œil à la page, une étude portant sur l'implantation de matériel audiovisuel dans huit bibliothèques publiques : Caen, Cambrai, Castres, Chaville, Evry, Grenoble, Toulouse-Empalot et Villé. Réalisée en 1978 pour la Direction du livre par les chercheurs du GIDES (Groupe Inter-universitaire de Documentation et d’Enquêtes Sociologiques) sous la direction scientifique de Jean-Claude Passeron, coordonnée par Michel Grumbach, cette enquête multiméthodologique combine les approches qualitatives et quantitatives. Son compte-rendu a pris la forme d’un rapport et d’un livre, L’œil à la page : enquête sur les images et les bibliothèques, publié en 1985. S’intéressant aux différents moments de cette enquête, dans une logique descriptive, nous voudrions rendre compte des opérations qui lui sont propres : mode de mise en problème, usage des concepts dans la collecte et la mise en forme des données, articulation des outils quantitatifs et qualitatifs, constitution des figures du discours sociologique, etc. Cette approche ne vise donc pas à mettre en question la validité d’un travail déjà effectué, comme elle ne vise pas, non plus, à réaliser une base de données qui serait disponible pour de nouvelles recherches. Mais, à travers le réexamen et la reconstruction des moments de cette enquête dirigée par l’auteur du Raisonnement sociologique, elle cherche à proposer une réflexion contextualisée sur ce que voulait dire enquêter et rendre compte de l’enquête pour cette équipe de chercheurs afin d’en tirer les conséquences dans nos pratiques d’enquête aujourd’hui.
    Mots-clés:
    Archives, revisite, matériau, pratiques d’enquête, arti
  • Sociologue

    Co-auteurs: Mathilde de Saint Léger

    RT20 Méthodes

    Session: 5a Jeudi 5 sept - 14h – 16h

    La sociologie française vue à travers le Congrès 2011 de l'Association française de sociologie - Comparaisons longitudinales et avec la sociologie américaine et allemande

    Nous avons précédemment analysé par une méthode de co-occurences de mots clefs, des congrès de l'Association française de sociologie (2004, 2006 et 2009), de la Deutsche Gesellschaft für Soziologie (2004) et de l'American Sociological Association (2003-2005) en comparant la structure et le contenu des résumés de présentations. Nous comptons présenter les premiers résultats de l'analyse du congrès 2011 à Grenoble de l'AFS, les comparer avec ceux des congrès précédents et développer des moyens et des méthodes de comparaison longitudinale de l'évolution de ces structures et contenus.
    Mots-clés:
    Sociologies français, allemande et américains; et l'AFS
    Doctorant
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations


    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    L’ "employabilité" comme critère de domination de la jeunesse.

    Depuis les années 1970, l’organisation productive française connait de lourdes transformations (externalisation de productions, flexibilisation des situations de travail, délocalisation de sites de production)[1]. Ces transformations, en visant à amoindrir les coûts de production et notamment les dépenses salariales, entrainent une forte augmentation du nombre de chômeurs. Ainsi, en 1975, le taux de chômage français atteignait à peine 3%, il oscille désormais autour de 10% de la population active. Ce phénomène, observable sur l’ensemble du territoire national, affecte particulièrement les territoires les plus industriels marqués par des taux de chômage bien supérieurs aux moyennes nationales[2]. En outre, les situations professionnelles les plus précaires et le chômage affectent très fortement les jeunes actifs[3]. Au niveau national, le taux de chômage des moins de 25 ans est de 25,5 % en octobre 2012[4], et peut atteindre des niveaux bien supérieurs dans les régions les plus ouvrières.
    Dans cette communication, je tenterai de pointer les mécanismes de mise à l’écart des jeunes des situations professionnelles stables au sein des territoires désindustrialisés. Pour cela je me centrerai sur les communes de Chauny-Tergnier, et celles de leur proche campagne qui constituent l’un des territoires les plus touchés par la désindustrialisation de Picardie, qui est elle-même l’une des régions les plus industrielles de France[5].
    En m’appuyant sur l’exploitation d’une base de données regroupant les caractéristiques des offres d’emploi proposées par la mission locale de Chauny, sur une enquête auprès des jeunes en recherche d’emploi, et sur une étude de la prise en charge institutionnelle de cette population, je montrerai qu’à Chauny, l’accès à l’emploi est lié à la possession de différents « capitaux » (diplômes, compétences, « savoir-être » et expérience, critères qui définissent « l’employabilité »[6]) dont sont particulièrement déficitaires les jeunes locaux. Dans un second temps, je montrerai comment cette « inemployabilité » sert à justifier et à légitimer le non-emploi des jeunes actifs présents sur place en replaçant la responsabilité de leur situation sur les individus et leurs incapacités à développer leurs capitaux humains[7]. Enfin, je tenterai de montrer en quoi cet éloignement des situations professionnelles stables influe sur les rapports à l’emploi de ces jeunes actifs et les stratégies qu’ils doivent développer pour accéder à la ressource économique en ayant recours, pour certains, à un sur-investissement de la mobilité, pour d’autres à un repli sur des petits trafics, pour d’autres encore à un recours à l’armée perçue par les jeunes homme comme l’un des seuls moyens de faire carrière et d’accéder avec certitude à une retraite.

    [1]- François Chesnais, La mondialisation du capital, Syros, Paris, 1994.

    [2]- Laurent Davezies, La crise qui vient, La nouvelle fracture térritoriale, Seuil, Paris, 2012.

    [3] - Chauvel Louis, « Les nouvelles générations devant la panne prolongée de l’ascenseur social », Revue de l’OFCE, n°96, 2006.

    [4]- Eurostat

    [5]- INSEE, La France et ses régions, 2010.

    [6] - Lynda Lavitry, « Le jugement d'employabilité : un nouveau savoir pour gérer les chômeurs ? »,
    Sociologies pratiques, n° 24, 2012, p. 53-65.

    [7] - Astier Isabelle, Sociologie du social et de l’intervention sociale, Armand Colin, Paris, 2010. Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Essai sur la société néolibérale, La Découverte, Paris, 2009.

    Mots-clés:
    Jeunesse, Désindustrialisation, Employabilité, Politiques néo-libérales
  • Doctorant
    RT4 Sociologie de l'éducation et de la formation, RT15 Jeunesse, Ages de vie, Générations


    Session: 1b Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30 (session parallèle)

    L’ "employabilité" comme critère de domination de la jeunesse.

    Depuis les années 1970, l’organisation productive française connait de lourdes transformations (externalisation de productions, flexibilisation des situations de travail, délocalisation de sites de production)[1]. Ces transformations, en visant à amoindrir les coûts de production et notamment les dépenses salariales, entrainent une forte augmentation du nombre de chômeurs. Ainsi, en 1975, le taux de chômage français atteignait à peine 3%, il oscille désormais autour de 10% de la population active. Ce phénomène, observable sur l’ensemble du territoire national, affecte particulièrement les territoires les plus industriels marqués par des taux de chômage bien supérieurs aux moyennes nationales[2]. En outre, les situations professionnelles les plus précaires et le chômage affectent très fortement les jeunes actifs[3]. Au niveau national, le taux de chômage des moins de 25 ans est de 25,5 % en octobre 2012[4], et peut atteindre des niveaux bien supérieurs dans les régions les plus ouvrières.
    Dans cette communication, je tenterai de pointer les mécanismes de mise à l’écart des jeunes des situations professionnelles stables au sein des territoires désindustrialisés. Pour cela je me centrerai sur les communes de Chauny-Tergnier, et celles de leur proche campagne qui constituent l’un des territoires les plus touchés par la désindustrialisation de Picardie, qui est elle-même l’une des régions les plus industrielles de France[5].
    En m’appuyant sur l’exploitation d’une base de données regroupant les caractéristiques des offres d’emploi proposées par la mission locale de Chauny, sur une enquête auprès des jeunes en recherche d’emploi, et sur une étude de la prise en charge institutionnelle de cette population, je montrerai qu’à Chauny, l’accès à l’emploi est lié à la possession de différents « capitaux » (diplômes, compétences, « savoir-être » et expérience, critères qui définissent « l’employabilité »[6]) dont sont particulièrement déficitaires les jeunes locaux. Dans un second temps, je montrerai comment cette « inemployabilité » sert à justifier et à légitimer le non-emploi des jeunes actifs présents sur place en replaçant la responsabilité de leur situation sur les individus et leurs incapacités à développer leurs capitaux humains[7]. Enfin, je tenterai de montrer en quoi cet éloignement des situations professionnelles stables influe sur les rapports à l’emploi de ces jeunes actifs et les stratégies qu’ils doivent développer pour accéder à la ressource économique en ayant recours, pour certains, à un sur-investissement de la mobilité, pour d’autres à un repli sur des petits trafics, pour d’autres encore à un recours à l’armée perçue par les jeunes homme comme l’un des seuls moyens de faire carrière et d’accéder avec certitude à une retraite.

    [1]- François Chesnais, La mondialisation du capital, Syros, Paris, 1994.

    [2]- Laurent Davezies, La crise qui vient, La nouvelle fracture térritoriale, Seuil, Paris, 2012.

    [3] - Chauvel Louis, « Les nouvelles générations devant la panne prolongée de l’ascenseur social », Revue de l’OFCE, n°96, 2006.

    [4]- Eurostat

    [5]- INSEE, La France et ses régions, 2010.

    [6] - Lynda Lavitry, « Le jugement d'employabilité : un nouveau savoir pour gérer les chômeurs ? »,
    Sociologies pratiques, n° 24, 2012, p. 53-65.

    [7] - Astier Isabelle, Sociologie du social et de l’intervention sociale, Armand Colin, Paris, 2010. Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde, Essai sur la société néolibérale, La Découverte, Paris, 2009.

    Mots-clés:
    Jeunesse, Désindustrialisation, Employabilité, Politiques néo-libérales
  • Professeur

    Co-auteurs: Elena Spina

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap


    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Vers une recomposition des différenciations de genre dans le champ médical ?

    Objet de la recherche
    Les recompositions des différenciations de genre dans les jeunes générations de médecins : vers une reconfiguration des relations sociales et des hiérarchies professionnelles ?

    Problématique
    L’étude de l’évolution de la domination médicale en Italie (Vicarelli 1997 ; 2010) a permis de mettre en lumière la mise en place des rapports de domination intra-professionnelles fondés sur le genre.
    Dans la phase de genèse de la profession moderne (de 1861 à 1925), les pionnières tendent à ne pas pratiquer la médecine, ou à la pratiquer au sein d’associations privées ou bénévoles.
    Dans la phase expansive (de 1925 à 1975), on concède à un plus grand nombre de femmes (les innovatrices) de travailler dans certains secteurs d’activité (pédiatrie, anesthésie) et d’occuper les positions les moins reconnues de la hiérarchie professionnelle (assistance ou aide des hommes médecin).
    Dans la phase de récession (de 1975 à 2000) on assiste a une grande expansion du nombre des femmes médecins (les professionnelles) dans tous les secteurs (moins de ségrégation horizontale) mais sans position de pouvoir (ségrégation verticale presque identique).
    En 2012, les femmes représentent 39,8% des médecins italiens enregistrés dans le fichier de la Fédération Nationale des Ordres des médecins (FNOMCEO) et 64,6% des médecins âgés de 30 à 34 ans. On peut donc étudier les jeunes générations de femmes et d’hommes pour s’interroger sur la recomposition des différenciations de genre dans le champ médical.

    Méthodologie
    En 2011, une enquête a été conduite auprès de 131 jeunes médecins (47 M et 84 F) sélectionnés dans le fichier du Conseil de l’Ordre du département de Ancona. L’Ordre de Ancona compte 2 902 inscrits et il représente 0,8% du total national (345 323 médecins). La distribution selon le genre et l’âge est identique à celle nationale. Les médecins interrogés représentent 20% de ceux inscrits à l’Ordre pour la première fois entre 2001 et 2011. Ces derniers ont répondu à un questionnaire structuré (envoyé par mail) et composé de 95 questions.

    Résultats
    Les résultats obtenus semblent confirmer l’hypothèse d’une tendance à la disparition des différences de genre dans le domaine médical. Les femmes médecins choisissent des spécialisations, des types d’activités, des horaires de travail quasiment identiques à ceux de leurs collègues masculins. Dans la sphère familiale, contrairement au passé, les doctoresses se marient plus et ont plus d’enfants que les hommes. Cependant plusieurs d’entre elles sont fatiguées et stressées puisqu’elles assurent à temps plein le travail familial et médical.
    On peut donc imaginer une reconfiguration future des hiérarchies professionnelles.

    Mots-clés:
    Dominations intra-professionnelles; médecins; genre
  • Professeur

    Co-auteurs: Elena Spina

    RT1 Savoirs, travail, professions, RT19 Santé, Médecine, Maladie et Handicap


    Session: 5b Jeudi 5 sept - 14h – 16h (session parallèle)

    Vers une recomposition des différenciations de genre dans le champ médical ?

    Objet de la recherche
    Les recompositions des différenciations de genre dans les jeunes générations de médecins : vers une reconfiguration des relations sociales et des hiérarchies professionnelles ?

    Problématique
    L’étude de l’évolution de la domination médicale en Italie (Vicarelli 1997 ; 2010) a permis de mettre en lumière la mise en place des rapports de domination intra-professionnelles fondés sur le genre.
    Dans la phase de genèse de la profession moderne (de 1861 à 1925), les pionnières tendent à ne pas pratiquer la médecine, ou à la pratiquer au sein d’associations privées ou bénévoles.
    Dans la phase expansive (de 1925 à 1975), on concède à un plus grand nombre de femmes (les innovatrices) de travailler dans certains secteurs d’activité (pédiatrie, anesthésie) et d’occuper les positions les moins reconnues de la hiérarchie professionnelle (assistance ou aide des hommes médecin).
    Dans la phase de récession (de 1975 à 2000) on assiste a une grande expansion du nombre des femmes médecins (les professionnelles) dans tous les secteurs (moins de ségrégation horizontale) mais sans position de pouvoir (ségrégation verticale presque identique).
    En 2012, les femmes représentent 39,8% des médecins italiens enregistrés dans le fichier de la Fédération Nationale des Ordres des médecins (FNOMCEO) et 64,6% des médecins âgés de 30 à 34 ans. On peut donc étudier les jeunes générations de femmes et d’hommes pour s’interroger sur la recomposition des différenciations de genre dans le champ médical.

    Méthodologie
    En 2011, une enquête a été conduite auprès de 131 jeunes médecins (47 M et 84 F) sélectionnés dans le fichier du Conseil de l’Ordre du département de Ancona. L’Ordre de Ancona compte 2 902 inscrits et il représente 0,8% du total national (345 323 médecins). La distribution selon le genre et l’âge est identique à celle nationale. Les médecins interrogés représentent 20% de ceux inscrits à l’Ordre pour la première fois entre 2001 et 2011. Ces derniers ont répondu à un questionnaire structuré (envoyé par mail) et composé de 95 questions.

    Résultats
    Les résultats obtenus semblent confirmer l’hypothèse d’une tendance à la disparition des différences de genre dans le domaine médical. Les femmes médecins choisissent des spécialisations, des types d’activités, des horaires de travail quasiment identiques à ceux de leurs collègues masculins. Dans la sphère familiale, contrairement au passé, les doctoresses se marient plus et ont plus d’enfants que les hommes. Cependant plusieurs d’entre elles sont fatiguées et stressées puisqu’elles assurent à temps plein le travail familial et médical.
    On peut donc imaginer une reconfiguration future des hiérarchies professionnelles.

    Mots-clés:
    Dominations intra-professionnelles; médecins; genre
  • sociologue

    Co-auteurs: Jamal LAMRANI

    RT16 Sociologie clinique


    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Le « café psychosocio » favorise-t-il les savoirs émancipatoires ?

    Saisi

    Le « café psychosocio » (www.cirfip.org), animé par Jamal Lamrani et par Jean Vincent, est un lieu expérimental et convivial de réflexion collective entre professionnel.les inspiré.e.s par la psychosociologie clinique et critique. Ces rencontres mensuelles (2 h) se déroulent depuis début 2011 dans un café. Elles sont assez « informelles », « ouvertes », « coopératives », mais aussi structurées : accueil de nouvelles personnes à chaque séance et surtout choix du sujet suite à un tour de table, la priorité étant donnée, s’il y a lieu, à une situation de travail posant question à tel.le participant.e. Le traitement du thème choisi (environ 1h15) est suivi d’échanges finaux sur des « coups de cœur » (livres,…). Chaque fois, un compte rendu de 2 à 8 pages est rédigé et diffusé.

    Ce dispositif constitue un métissage entre réunion de créativité, analyse des pratiques, interview de groupe et débat. C’est aussi un lieu de socialisation entre praticiens psychosociologues ou non, de profils très variés.

    Dans la communication, des exemples de processus collectifs de pensée relevant d’un savoir émancipatoire sont étudiés (par ex. la violence possible de dispositifs de formation). Le bilan des 21 premières séances est très positif et ceci pourrait s’expliquer en partie par la notion de disponibilité (F. Jullien, 2012) et surtout par un fonctionnement relié à une « sociologie au service de la liberté » (R. Sennett, 2011 ; Z. Bauman, ISA, 2012).
    ssez ici le résumé de la communication...

    Mots-clés:
    émancipation, groupe ouvert, informel, coopératif
  • sociologue

    Co-auteurs: Fançois FORT, Jelloul MESSAOUDENE

    RT16 Sociologie clinique


    Session: 1a Lundi 2 sept. - 16h30 -18h30

    Processus de subjectivation et parcours de chercheurs

    La recherche présentée (qui a déjà fait l’objet d’un article de F. Fort, J. Messaoudene, J. Vincent) traite des réflexions sur leurs parcours professionnel (75 interviews individuels peu directifs) de chercheurs de quatre entreprises mettant en œuvre des technologies avancées et relevant des secteurs privé ou semi-public.
    Les entretiens en question sont étudiés à la lumière de deux approches théoriques éventuellement complémentaires et proches de celle de la sociologie clinique : la notion de « cadre » (E.Goffman, 1991) qui articule « production sociale des individus » et processus de subjectivation des personnes ; les logiques de l’action selon François Dubet (1994), ici légèrement revues, permettant de « classer » les principales raisons d’agir des chercheurs rencontrés (« logique de l'intégration », « logique de l'intérêt », « logique de la subjectivation »).
    Concilier contribution à une innovation dans leur domaine de prédilection et le besoin d’autonomie de la recherche (la passion épistémologique) avec l’encadrement de plus en plus étroit et/ou changeant de la hiérarchie amène bon nombre des chercheurs interviewés à adopter des attitudes mixtes dans lesquelles ils associent dans des proportions variables la conformité aux normes de l’entreprise et leur « projet » personnel, leur subjectivité : peut-on parler d’une sorte de « savoir émancipatoire » ?
    Saisissez ici le résumé de la communication...
    Mots-clés:
    Parcours de chercheurs, subjectivité, cadres d’analyse,
  • RT40 Sociologie des institutions


    Session: 2a Mardi 3 sept. - 8h30-10h

    Le care comme modalité du contrôle des déviances maternelles? Enquête sur la prévention en périnatalité

    Mots-clés:
  • chargée de recherche

    Co-auteurs: Anaik Purenne

    RT40 Sociologie des institutions


    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    Fabriquer des institutions policières décentes ? Regards croisés sur les polices française et canadienne, entre visées de neutralisation des classes dangereuses et enjeux de reconnaissance des « acteurs faibles »

    Comme d’autres institutions, la police apparaît soumise à des orientations et des exigences plurielles (Bonny, Demailly, 2012). D’un côté, les valeurs hégémoniques du néo-libéralisme autant que les exigences de réduction des risques conduisent à la diffusion de logiques de contrôle des « classes dangereuses » (Feeley, Simon, 1992 ; Garland, 1998 ; Wacquant, 1999). Dans cette perspective, il s’agit moins de normaliser tous azimuts les criminels en faisant appel au registre traditionnel de la faute et de la réhabilitation, que d’assurer la protection de la société par la neutralisation des groupes identifiés comme à risque (Slingeneyer, 2007). Ces logiques punitives ciblées touchent de plein fouet les minorités dites visibles (Open Society Institute, 2009 ; Charest, 2010) et les groupes défavorisés, conduisant à faire endosser à la prison « le rôle des hôpitaux généraux et des dépôts de mendicité dans la gestion quotidienne des pauvres, des vagabonds, des prostituées, des groupes marginalisés et de certains malades mentaux » (Landreville, 2007 : 39). Mais ces formes de domination sont aussi de plus en plus contestées au nom du juste emploi de la force publique(Wuilleumier, Purenne, 2009). Les critiques se cristallisent en particulier autour des questions de profilage dit illicite (racial, social…), confirmant la prégnance d’exigences de prise en charge « décente » et de respect des personnes stigmatisées (Honneth, 2000 ; Margalit, 2007).
    Dès lors, la question se pose de savoir comment et dans quelle mesure des institutions policières accusées de participer aux processus de marginalisation des « acteurs faibles » (Payet, Giuliani, Laforgue, 2008) et de (re)production d’un ordre social inégalitaire s’ouvrent à ces exigences de justice et d’inclusion sociales. Cette interrogation, relativement occultée dans les travaux contemporains sur la police, est l’objet de la présente analyse, qui s’appuie sur deux enquêtes en cours réalisées l’une en France, l’autre au Canada. Il s’agit plus précisément de saisir la manière dont les enjeux de non-discrimination et de reconnaissance de groupes stigmatisés sont pris en charge dans des contextes très différents et d’interroger la portée de ces initiatives en termes de transformation des formes de domination institutionnelle. Les données recueillies suggèrent à cet égard que des registres variés sont investis, du développement de la formation des personnels sur les enjeux de déontologie et d’éthique à la mise en place de dispositifs d’accompagnement personnalisé des publics socialement marginalisés. Si l’on peut y voir des outils de politique symbolique ou performative permettant à l’institution d’éviter l’ingérence de propriétaires extérieurs dans ses affaires (Thoenig, 1994), on peut aussi les appréhender comme des dispositifs d’enrôlement ou d’innovation institutionnelle visant à ancrer les discours sur le respect de la personne dans les pratiques ordinaires, en diffusant une représentation différente de ces publics au sein de l’institution. Ce parti-pris conduit alors à s’intéresser aux ressources et stratégies par lesquels les « passeurs » ou les réformateurs chargés d’expérimenter et diffuser de nouvelles représentations, manières de faire, etc. se positionnent face à leurs pairs aux prises avec d’autres exigences et formes de travail institutionnel. La portée institutionnelle de ces entreprises réformatrices ne doit toutefois pas être surestimée, soit que ce processus d’imprégnation de nouvelles normes apparaisse encore faiblement outillé comme c’est le cas en France, soit que les nouveaux modes d’intervention se révèlent chargés d’ambigüités : ainsi au Canada, la traduction des exigences de reconnaissance tend à s’opérer sur le registre de l’activation des publics marginalisés, valorisant ce faisant des formes d’assujettissement plus douces, mais particulièrement intrusives (Astier, Duvoux, 2006). Elle peut cependant être saisie en partie à l’aune de sa capacité à aplanir les tensions entre différentes exigences (Nay, Smith, 2002), assurant alors un rôle de « cadrage » des modalités légitimes d’exercice de la domination.

    Mots-clés:
  • doctorante
    RT20 Méthodes


    Session: 3a Mardi 3 sept. - 10h30 - 12h/13h

    La construction de catégories dans les études sur le long terme. Une illustration à travers l’ouvrage sur les Métamorphoses de la question sociale.

    Comme le souligne M. Dreyfus, historien de la mutualité, la plupart des travaux sur la construction des Etats-Providence circonscrivent d’ordinaire leur étude à la période 1930-1960 (Dreyfus et al., 2006). L’existence antérieure d’une protection sociale, dont les linéaments remontent aux années 1880-1910, est, ainsi, systématiquement occultée. Sur ce point, la sociologie ne se distingue pas vraiment de l’histoire sociale. L’approche de R. Castel (Castel, 1995) est emblématique de cette difficulté à rendre compte des soubassements pluriels du social. En effet, R. Castel, dans son ouvrage de 1995, part du postulat implicite selon lequel l’Etat disposerait du monopole des fonctions de solidarité. Or, la solidarité face aux risques sociaux est toujours le résultat de l’intervention de plusieurs acteurs. Si bien qu’à travers cet ouvrage, c’est la construction des catégories d’analyse du sociologue souhaitant mener une « histoire du présent » que nous souhaiterions questionner. Cette analyse permettra de comprendre comment s’élabore une perception de la solidarité ne relevant que du monopole étatique en sociologie. D’une manière plus large, cette étude souhaite interroger le travail de construction de catégories supposées nécessairement invariantes et universelles pour une étude sur le long terme, avec pour objectif d’éviter le piège de la constance nominale qui consistent à étudier un élément de la société contemporaine à partir de sa forme actuelle en la considérant comme identique au cours du temps (Bourdieu et Chartier, 2010).
    Mots-clés:
    Approche socio-historique- Etat social